Archives par mot-clé : dette publique

LES NOUVEAUX INSTITUTEURS, par Jeanne Favret-Saada

Billet invité.

Gros titre en première page du Monde : « France, Italie : l’offensive des mauvais élèves contre l’Europe« .

Et au cas où l’on n’aurait pas bien compris, l’article suivant : « Les réformes d’abord, les demandes de dérogation ensuite ».

Hollande serait-il le seul à n’avoir pas compris le scrutin municipal ?

A ce sujet, un intervenant sûr d’avoir raison a dit sur une radio : « Hollande a été sanctionné pour n’avoir pas appliqué les règles d’austérité, puisque la grande majorité des électeurs ont voté à droite. »

On assiste en ce moment à une grande opération de brouillage, qui prélude peut-être à la réforme du langage qu’avait enregistré Klemperer à propos de l’allemand dans « LTI, Lingua Tertio Imperii ».

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Solder la faillite des États-Unis d’Amérique, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Le financement de la république impériale étatsunienne par la création monétaire oligarchique est la clé d’intelligibilité historique de la déroute financière d’aujourd’hui.

Schématiquement les États-Unis ont achevé la construction de leur empire intérieur en même temps que les grandes puissances européennes ont achevé leurs empires coloniaux. Tout le monde s’est retrouvé en 1914 à court de conquêtes pour gager les politiques monétaires.

Après le pari financier perdu de la première guerre mondiale, la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis ont cru résoudre leur problème monétaire en prenant des gages sur l’empire allemand vaincu en 1918. Les dettes publiques et internationales adossées à la guerre ont donné l’effondrement financier mondial de 1929 et la deuxième guerre mondiale comme annoncés par Keynes en 1919 dans « Les conséquences économiques de la paix ».

En 1945, les États-Unis qui n’ont jamais pensé les conditions de la stabilité monétaire ont profité de leur super puissance pour étendre au monde la fuite en avant qu’ils pratiquent depuis leur indépendance. Les terres du Far West sur lesquelles était gagé la dette publique fédérale ont été remplacées par l’armée étatsunienne protégeant les investissements et les dividendes de la croissance économique dans le monde entier.

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2015 : DE GIGANTESQUES EFFACEMENTS DE DETTES PUBLIQUES, par Bruno Colmant

Billet invité. A paru le 30 août sur son blog de L’Écho.

Phase intermédiaire :

Chypre est la première opération Gutt du 21ème siècle

En 2015, la dette publique de la zone euro devrait frôler 100 % du PIB, auxquels il faut ajouter l’endettement caché, c’est-à-dire la partie non financée du coût du vieillissement de la population. En un an, les dettes publiques européennes ont augmenté de 400 milliards d’euro et, depuis 2007, de 3.000 milliards d’euro ! Les critères de Maastricht ayant fixé le seuil d’une dette publique supportable à 60 % du PIB, cela signifie que l’excédent de la dette publique européenne atteint aussi 3.000 milliards d’euro, soit l’équivalent du PIB allemand. C’est insupportable.

La question n’est plus de savoir si les Etats de la zone euro sont en défaut : la plupart le sont sociétalement dans la mesure où le poids des dettes publiques n’est plus transposable dans le futur. Car ce n’est pas la dette, en tant que telle, qui importe, mais sa cohérence avec la prospérité et les revenus futurs. Or la dette publique ne bénéficie plus en rien aux générations futures, alors que le remboursement est mis à leur charge. Cette dette ne finance d’ailleurs plus des investissements mais des transferts. Au surplus, comment expliquer qu’une crise de l’endettement se règle à coups de rigueur budgétaire et de chômage, c’est-à-dire au détriment de ceux qui devront la rembourser ?

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Une autre approche pour une sortie de crise, par Rémi Chanrion

Billet invité.

Lorsqu’un gouvernement souhaite résorber sa dette publique, il cherche, le plus souvent, à diminuer le poids de son déficit public, dit autrement, de sa dette annuelle. Pour ce faire, il utilise deux leviers à sa disposition. A savoir l’augmentation des impôts et la réduction des dépenses. La méthodologie classiquement utilisée pour réduire les dépenses publiques est la suivante. Elle consiste dans l’examen des différents postes de dépenses (Education, Intérêt de la dette, Famille, Santé, Défense nationale etc.). Cet examen met alors en évidence les postes de dépenses qui pèsent le plus sur la situation financière du pays. Ils subiront alors une diminution de leur montant. Cette méthode qui entraine une baisse de la demande, dont découle un affaiblissement de la croissance, et qui aboutit à accroissement de la dette du pays est contreproductive, lorsqu’elle appliquée à la réduction des dépenses publiques.

Elle gagnerait, en revanche, à être appliquée aux agents économiques constitués par les ménages. Ainsi, il conviendrait, dans un pays donné, soucieux de réduire son déficit public tout en conservant, ou en augmentant, sa croissance, de procéder à l’examen de l’ensemble des postes de dépenses qui pèsent, non plus sur les comptes de l’Etat, mais désormais sur le portefeuille d’un ménage moyen. Et cela dans le but d’en faire ressortir les éléments pesant le plus sur le pouvoir d’achat du dit ménage. Ces dépenses sont classiquement, en mettant volontairement de côté la problématique complexe du prix des loyers, l’alimentation, le paiement des différents services nécessaire à l’activités du ménage (l’eau, électricité, moyens de communication constitués par la téléphonie et internet).

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L’actualité de demain : COMMENT NE PAS SORTIR DU CADRE ? par François Leclerc

Billet invité.

Présentée comme étant un laboratoire de la crise tant qu’il était espéré que l’expérimentation engagée allait bien se passer, la Grèce a perdu ce statut auquel l’Espagne est désormais en mesure de prétendre, tel un modèle à suivre dans la décennie perdue qui s’annonce.

Selon le FMI, le pays doit se préparer à une longue période de croissance anémique n’atteignant pas 1%, avec comme conséquence le maintien du chômage au dessus de la barre de 25%, soit 6 millions d’Espagnols (il est actuellement de 26,2%). Afin de « générer de l’emploi et de la croissance », le fonds préconise de prendre davantage de mesures d’assouplissements du droit du travail, présentées comme abaissant les barrières à l’embauche et au licenciement, en diminuant la précarité des contrats temporaires pour réduire la protection des contrats permanents. Car, remarque-t-il, « le poids de l’ajustement [fiscal] continue de reposer sur les employés temporaires et jeunes ». Il faut donc mieux le répartir, au prétexte d’améliorer la consommation et de favoriser la relance (et de rendre la situation sociale moins explosive).

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Taux d’intérêt et situation de la zone euro (II) Le cadre restreint des alternatives

Le cadre théorique ayant été posé, nous disposons des éléments qui nous permettent de faire un exposé à la fois cohérent et suffisamment complet de la situation présente de la zone euro pour évoquer ensuite la dynamique des cas de figure envisageables.

L’originalité de la zone euro réside dans le fait qu’à la zone économique dont l’euro est la devise ne correspond pas une zone unifiée d’un point de vue fiscal et que du coup, les dettes souveraines libellées en euro des différents pays de la zone se voient associer des primes de crédit et de convertibilité propres, reflétant la santé économique et financière spécifique de chacun des pays. Cet aspect de la question, qui est aujourd’hui la source de tensions susceptibles de faire exploser la zone, a été ignoré par les architectes de l’euro qui ont imaginé que l’unité fiscale se ferait d’elle-même et que l’on tendrait pour les pays de la zone à un taux d’intérêt unique par maturité, les primes de crédit et de convertibilité étant de facto de valeur zéro pour l’ensemble des pays constitutifs de l’union. À l’origine d’une telle candeur se trouvait l’optimisme qui a présidé à la création de la monnaie commune.

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » : Dette (de l’État), par Bertrand Rouziès-Leonardi

Billet invité. Après la version sortie en salle le 11 juillet, voici le « Director’s cut ».

Dette (de l’État) : Artifice par lequel le gouvernement mal élu d’un État prétendument souverain masque à son peuple le tribut qu’il verse à un Empire insaisissable, celui de la finance internationale, dont le triomphe tient moins à des victoires éclatantes qu’à la faible combativité de ses adversaires déclarés. Payer sa dette, si possible sur une durée tendant vers l’infini et par le biais d’un service dit « de la dette » mis sur le même plan que les dépenses nécessaires du budget de l’État, cela s’appelle, dans la novlangue ministérielle, « honorer ses engagements », comme s’il s’agissait d’un règlement entre gens d’honneur où la cupidité n’eût aucune part. Autant organiser vos obsèques avec des vautours en feignant de croire qu’ils attendront que vous soyez tout à fait mort pour passer à table. Puisque la lâcheté, dans les cercles décisionnaires, distingue l’homme d’honneur, décrétons que le défaut sur la dette signale l’homme de qualité.

Des hommes de qualité, il s’en est trouvé et il s’en trouve encore heureusement quelques-uns. Ils se sont glissés parmi les acéphales ectoplasmiques qui incarnent la politique pour leur rappeler que ce n’est rien de l’incarner si on ne l’anime pas. La liste est longue des hommes et femmes politiques animés qui ont dénoncé les « dettes odieuses » (Alexander Nahum Sack), autre nom des ardoises laissées par les dictatures, friandes de projets pharaoniques et de matériels létaux dernier cri (d’agonie) dont l’utilité ne saute aux yeux du citoyen qu’en les lui arrachant. À côté des dettes odieuses, on rencontre – bonjour, désenchanté de vous connaître – les dettes illégitimes, qui ne sont pas forcément des dettes à taux variables usuraires, mais le plus souvent des dettes qui n’en finissent pas de rouler et d’amasser mousse. Cette mousse amalgame la dette publique et la dette privée.

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DETTE PUBLIQUE : LA SEULE APPROCHE RAISONNABLE, par Zébu

Billet invité.

Le débat sur l’étude de Reinhart et Rogoff, portant sur les erreurs d’appréciation de ces deux économistes éminents, qui aurait été utilisée par les gouvernements occidentaux pour justifier les politiques d’austérité mises en œuvre afin d’éviter le précipice, nous avait fait oublier qu’il est bien plus pertinent d’évaluer la méthode et son objectif que ses marges d’erreurs. Car, même en intégrant (ce qu’ont fini par faire les auteurs) les critiques, nous continuons de tourner aux alentours des fameux 90% comme seuil de criticité.

90%, c’est rassurant : ce n’est pas la totalité, ou pire encore, le surendettement. ‘Il reste de la marge’, pourrait-on dire, ‘du grain à moudre’ pourrait répondre le FMI. Mais ce 90%, qu’il soit ‘réellement’ à 85% ou à 92%, n’en sort pas moins d’un mode de calcul qui ne signifie pas grand chose : un ratio entre la dette publique et le PIB, comme si on pouvait comparer la dette d’un Etat avec ce qu’un pays tout entier produit en une année …

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Exercice de style : POUR UN VIBRANT ÉLOGE DE LA DETTE ! par François Leclerc

Billet invité. Edit du 30/05/13 : En préconisant la dette perpétuelle, je dois le reconnaître, je plaisantais ! Mon intention était de pousser le raisonnement à son propos jusqu’au bout. J’évoquais la possibilité de commissionner les émetteurs de ce genre de titres obligataires, au prétexte qu’ils permettaient aux investisseurs d’accroître leur implication sur des marchés à haut rendement ; cela pouvait mettre la puce à l’oreille, d’autant que j’avais changé en « Exercice de style » l’habituel « L’actualité de demain » de la chronique !

Que penser de la dette perpétuelle ? Que son émission règle par construction le problème de son remboursement, mais que cela n’est pas souhaitable dans une situation marquée par l’hypertrophie des actifs financiers (rapport de un à dix par rapport à « l’économie réelle » mesurée en termes de PIB). Une restructuration s’appuyant sur une remise de peine (décote) aurait au contraire comme conséquence de réduire le volume de ces actifs, ce qui serait une mesure de salut public.

Nous vivons un effroyable malentendu ! Tous nos efforts visent à difficilement rembourser une dette plantureuse que nous devrions au contraire chérir, et il en résulte une détérioration de l’activité économique et de la vie de dizaines de millions de gens. Tout cela parce que nous ne raisonnons pas comme il faut !

Posons le problème correctement. Le monde financier vacille à l’idée que la dette pourrait ne pas être remboursée, les débiteurs insolvables pour avoir trop emprunté. La solution est pourtant simple : il suffirait de restructurer cette dette en la transformant en dette perpétuelle. Qu’est-ce donc qu’une dette perpétuelle ? C’est une dette que l’on ne rembourse jamais, mais dont on règle les intérêts. Ainsi, pas de risque de défaut. Cette formule a d’ailleurs déjà été utilisée lorsque l’endettement devenait trop important, au lendemain d’une guerre par exemple. David Cameron, le premier ministre britannique, y a incidemment récemment fait référence.

Avant de voir tout l’intérêt d’une telle démarche, revenons un peu en arrière. À quoi sert la dette ? À assurer le financement des déficits des États et des particuliers, apportant ainsi sa contribution au bon fonctionnement de la société. Mais elle a une autre fonction, quand il s’agit de la dette publique : elle sert de point d’appui au système financier, étant donné la garantie de remboursement à laquelle elle est normalement associée. Supprimez cette garantie, et c’est le grand chambardement assuré dans celui-ci, on en a actuellement une idée ! C’est donc une fausse piste.

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L’ÉCONOMIE POSITIVE : « J’ai des doutes… », par Maurice Lévy, suivi d’une réponse par Paul Jorion

Maurice Lévy, P-DG de Publicis Groupe, fait partie, au même titre que moi-même, du groupe de réflexion sur l’économie positive dirigé par Jacques Attali. Je suppose que les choses se sont passées pour lui de la même manière que pour moi, à savoir qu’il a reçu un jour une lettre de ce dernier lui demandant d’accepter de faire partie du groupe, et qu’il a répondu oui.

Vendredi, Maurice Lévy a adressé une lettre à Jacques Attali intitulée « J’ai des doutes… » Si j’ai eu l’occasion de la voir, c’est que Maurice Lévy en a fait une « lettre ouverte » au sein du groupe en en adressant copie à chacun de ses membres. Ma réaction à ce texte a été d’y apporter une réponse, que les membres du groupe ont reçue hier samedi en début de soirée.

Avec l’aimable accord de Maurice Lévy, et avec les encouragements de Jacques Attali, je publie ici cet échange.

 

L’économie positive : « J’ai des doutes… » par Maurice Lévy.

4 avril 2013

J’avoue mon embarras.

S’agissant de se projeter à l’horizon 2030 l’exercice devrait pourtant s’avérer facile. Il suffit de se laisser porter par l’utopie d’une économie « qui ferait du bien à tous » et du mal à personne. Une économie respectueuse des ressources, de l’égalité entre les hommes (ils naissent et vivent égaux).

Mais,

Il y a une situation de départ qui est de plus en plus déprimante, où la France perd chaque jour des points (ce n’est pas d’aujourd’hui : cette situation trouve son origine dans l’incapacité du modèle social français de s’adapter à un monde qui change..).

Il y a un monde ouvert à la concurrence où la guerre économique a remplacé (pour partie) les guerres de conquêtes de territoires.

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CHYPRE, LE DÉBUT DE LA FIN, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Résumons le compte-rendu de François Leclerc sur les négociations bruxelloises à propos de Chypre. Un paradis fiscal a été démasqué et mis à mort au sein de la zone euro. Concrètement, les déposants inconnus qui se faisaient grassement rémunérer pour blanchir leurs capitaux en euros perdent officiellement leurs avoirs au-dessus de 100.000€.

Comme l’annulation des dépôts en euros ne suffit pas à éponger les pertes des banques chypriotes, la troïka accorde à l’État chypriote un méga-crédit pour porter les pertes bancaires directement dans le budget public. Évidemment, on ne dit pas que le bouclage de ce plan de restructuration des banques chypriotes est financé par un « déficit budgétaire » chypriote de 60 % du PIB : pas 0,6 %, ni 6 % mais bien 60 %.

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L’actualité de demain : À TABLE, C’EST SERVI ! par François Leclerc

Billet invité.

Les coupes automatiques dans le budget de l’État fédéral sont entrées en vigueur vendredi, et Wall Street a terminé au plus haut depuis 2007 comme si de rien n’était. Au chapitre des bonnes nouvelles que les courtiers ont seules voulu voir figure une légère amélioration de la consommation en dépit d’une baisse des revenus sur la même période, reproduisant un schéma déjà connu.

Standard & Poor’s a de son côté estimé que les coupes automatiques n’auraient qu’en effet limité sur l’économie, « à condition qu’elles ne s’étendent pas dans le temps ». Précisant ainsi sa pensée : « les coupes seront temporaires, et céderont la place au deuxième trimestre à un plan à long terme incluant des baisses de dépenses et des hausses des ressources, c’est-à-dire des hausses d’impôts ». En d’autre terme, un accord politique sera trouvé face à l’échéance du plafonnement de la dette qui suit à la fin du mois.

Cette vision optimiste n’est pas partagée par Ben Bernanke, le président de la Fed, qui a insisté sur les risques qui découleraient d’un resserrement de la politique monétaire et la difficulté de trouver un équilibre entre deux impératifs contradictoires : « Vu la lenteur de la reprise et la persistance d’un niveau élevé de non-utilisation des capacités de production, la reprise d’une partie du concours financier fourni par la banque centrale dans le but de dissuader une prise de risques excessive dans certains secteurs s’accompagnerait de risques propres pour la croissance, la stabilité des prix, et, finalement la stabilité financière ». Il ne voit de solution que dans une meilleure « surveillance et réglementation » du secteur financier, l’une des missions de la Fed dont la mise en vigueur traîne en longueur.

Le désendettement européen ne fonctionne pas et celui des États-Unis (dont la dette est de 16.000 milliards de dollars) adopte un train de sénateur. L’inquiétude grandit à propos de la possibilité de la Fed de stopper son programme d’achat de la dette, aboutissant à ce qui est appelé « un assouplissement monétaire perpétuel », par analogie avec la dette perpétuelle sans doute. Dans les dernières quatre années, la Fed a acheté 2.500 milliards de dollars d’obligations d’État et de titres hypothécaires et devrait en 2013 absorber la quasi totalité des émissions nettes de la dette… Faute d’une réduction d’ampleur du déficit américain, la Fed est condamnée à poursuivre sa politique et à créer les conditions favorisant l’apparition d’une nouvelle bulle financière. La prise de risque augmentant afin de trouver du rendement, le chemin est tout tracé qui mène à une nouvelle crise financière. Pour reprendre l’expression du journaliste Paul Mallon, souvent attribuée à tort à Milton Friedman (que l’on m’excusera de mentionner ici) : « il n’y a pas de déjeuner gratuit », quelqu’un doit toujours payer. Qui ce sera la prochaine fois ?

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LE PARI PASCALIEN DE FRANÇOIS HOLLANDE, par Zébu

Billet invité.

La politique d’endiguement que le gouvernement français est en train de mettre en œuvre ne pourra raisonnablement se perpétuer ainsi sans qu’à un moment donné la question du choix ne se pose.

La croissance se dérobe et se perd dans les sables du désert de la science économique : elle devrait bien rejaillir plus loin, comme le font certains fleuves souterrains, mais personne n’en connaît l’heure et le lieu.

Le niveau d’imposition, pourtant variable ‘d’ajustement structurel’ s’il en était jusqu’à présent, a atteint ses limites, aux dires de certains hiérarques socialistes : ‘trop d’impôts tue la croissance, ce qui tue l’impôt’.

Fermez le ban.

Que reste-t-il dès lors, en attendant ?

Un pari, un pari pascalien, que pourrait avoir formé François Hollande.

Celui d’attendre le moment propice que le rapport de force politique en Europe se modifie pour permettre d’envisager autrement qu’en vaines déclamations un basculement des politiques européennes.

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