Une autre approche pour une sortie de crise, par Rémi Chanrion

Billet invité.

Lorsqu’un gouvernement souhaite résorber sa dette publique, il cherche, le plus souvent, à diminuer le poids de son déficit public, dit autrement, de sa dette annuelle. Pour ce faire, il utilise deux leviers à sa disposition. A savoir l’augmentation des impôts et la réduction des dépenses. La méthodologie classiquement utilisée pour réduire les dépenses publiques est la suivante. Elle consiste dans l’examen des différents postes de dépenses (Education, Intérêt de la dette, Famille, Santé, Défense nationale etc.). Cet examen met alors en évidence les postes de dépenses qui pèsent le plus sur la situation financière du pays. Ils subiront alors une diminution de leur montant. Cette méthode qui entraine une baisse de la demande, dont découle un affaiblissement de la croissance, et qui aboutit à accroissement de la dette du pays est contreproductive, lorsqu’elle appliquée à la réduction des dépenses publiques.

Elle gagnerait, en revanche, à être appliquée aux agents économiques constitués par les ménages. Ainsi, il conviendrait, dans un pays donné, soucieux de réduire son déficit public tout en conservant, ou en augmentant, sa croissance, de procéder à l’examen de l’ensemble des postes de dépenses qui pèsent, non plus sur les comptes de l’Etat, mais désormais sur le portefeuille d’un ménage moyen. Et cela dans le but d’en faire ressortir les éléments pesant le plus sur le pouvoir d’achat du dit ménage. Ces dépenses sont classiquement, en mettant volontairement de côté la problématique complexe du prix des loyers, l’alimentation, le paiement des différents services nécessaire à l’activités du ménage (l’eau, électricité, moyens de communication constitués par la téléphonie et internet).

Ces postes de dépenses ayant été identifiés, il conviendrait de tenter de les diminuer, dans l’objectif de rendre leur poids relatif, sur le portemonnaie des ménages, moins important. Ce qui permettrait aux ménages de « récupérer » du pouvoir d’achat, qu’ils affecteraient ensuite à d’autres secteurs de l’activité économique, augmentant ainsi la demande de ceux-ci et entrainant des effets multiplicateurs en chaîne.

Cette diminution, qui passerait par la réglementation, ne serait appliquée qu’aux postes de dépenses principaux des ménages, correspondant à des secteurs non délocalisables et réalisant des profits substantiels. Elle serait, dès lors, sans aucun risque pour l’économie, et porteuse d’effets bénéfiques. Ces secteurs, non délocalisables et réalisant des profits substantiels, augmentant l’épargne de quelque uns et diminuant la consommation individuelle et collective de l’ensemble de la nation, sont facilement identifiables.

Ils sont notamment : le secteur de la grande distribution dont il conviendrait de plafonner les marges (ce qui diffère d’un plafonnement des prix) mais aussi les secteurs de l’énergie (EDF, à titre d’exemple, semble réaliser des profits substantiels, chiffrables en milliards, chaque année.) de l’eau ou encore des outils de communication.

Cette approche est d’autant plus légitime que les secteurs de l’alimentation, de l’énergie, ou encore de l’eau, devraient avoir pour objectif, non pas de réaliser des profits privés mais de servir le plus grand nombre, au meilleur coût sur le modèle d’une gestion à l’équilibre (le prix d’achat devant servir à couvrir le coût de production, de distribution et de rénovation).

Il ne s’agirait pas, cependant, bien entendu, d’introduire une pratique de gestion à l’équilibre. Ces secteurs fonctionneraient, de la même manière qu’à l’heure actuelle, c’est-à-dire dans le domaine privé conservant une logique de profit privé. Ils seraient toutefois réglementés, au niveau des marges qu’ils réalisent, afin de réduire les prix pratiqués, dans le but de relancer la consommation des autres secteurs d’activités du pays. Ce qui entrainerait un phénomène bien connu en économie. À savoir une augmentation de la consommation, entrainant tout à la fois une augmentation de la production, de la croissance et donc de l’emploi, ainsi qu’une hausse des recettes fiscales permettant de résorber l’endettement du pays.

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