Archives par mot-clé : dollar

Les armes des citoyens contre la politique mondiale de délinquance financière, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’humanité est poussée dans le vide par le pouvoir mondial de la délinquance financière. Quel est ce pouvoir et pourquoi est-il délinquant ? Comment les citoyens vont-ils se défendre ?

Vérités primaires inaccessibles aux cerveaux oligarchiques

La manifestation la plus explicite du pouvoir de la délinquance financière est l’Union Européenne munie de l’euro. Les banques en euro ont massivement acheté des actifs subprimes librement négociables par le marché unique sans frontière et sans régulation. Pour sauver les déposants de la faillite, les États de la zone euro ont massivement augmenté leur endettement pour prêter gratuitement des liquidités aux banques. Ces liquidités sont reprêtées aux États contre un intérêt qui donne aux banques privées un pouvoir de captation illimité de la ressource fiscale des États. Les États virtuellement en faillite à la suite des banques diminuent leurs dépenses et augmentent les impôts afin de simuler un équilibre comptable des actifs et des dettes en euro. Ainsi le prix nominal surévalué des actifs en euro égale le prix réel sous-évalué des dettes en euro.

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Solder la faillite des États-Unis d’Amérique, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Le financement de la république impériale étatsunienne par la création monétaire oligarchique est la clé d’intelligibilité historique de la déroute financière d’aujourd’hui.

Schématiquement les États-Unis ont achevé la construction de leur empire intérieur en même temps que les grandes puissances européennes ont achevé leurs empires coloniaux. Tout le monde s’est retrouvé en 1914 à court de conquêtes pour gager les politiques monétaires.

Après le pari financier perdu de la première guerre mondiale, la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis ont cru résoudre leur problème monétaire en prenant des gages sur l’empire allemand vaincu en 1918. Les dettes publiques et internationales adossées à la guerre ont donné l’effondrement financier mondial de 1929 et la deuxième guerre mondiale comme annoncés par Keynes en 1919 dans « Les conséquences économiques de la paix ».

En 1945, les États-Unis qui n’ont jamais pensé les conditions de la stabilité monétaire ont profité de leur super puissance pour étendre au monde la fuite en avant qu’ils pratiquent depuis leur indépendance. Les terres du Far West sur lesquelles était gagé la dette publique fédérale ont été remplacées par l’armée étatsunienne protégeant les investissements et les dividendes de la croissance économique dans le monde entier.

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L’actualité de la crise : UNE COMBINAISON PAS VRAIMENT GAGNANTE, par François Leclerc

Billet invité.

On ne devrait pas dire l’actualité de la crise, mais des crises ! Ce qui complique le jeu s’il est vraiment nécessaire, et explique pourquoi ceux qui voudraient la voir dépassée le sont à ce point. Ce que confirme la confluence des deux grandes échéances américaine et chinoise, toutes deux destinées à ne rien résoudre.

Première constatation dérangeante : la réussite de la mondialisation se retourne contre ses artisans. Dernier en date à critiquer l’épouvantail de la « concurrence déloyale » d’un yuan non convertible et sous-valorisé, François Hollande dénonce à son tour, depuis Vientiane, ce que les Américains ne cessent de marteler sans succès. Comme si son appréciation allait combler le différentiel du « coût du travail » et rééquilibrer le commerce mondial !

Deuxième constatation, la Fed retarde autant qu’elle le peut le moment où il faudra l’admettre : la suprématie du dollar a fait son temps et ne tient plus qu’à elle, devenue le principal acheteur de la dette américaine, entraînant la baisse des taux obligataires et du cours du dollar.

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DOLLAR ET EURO, LA DICTATURE DE L’ABSURDE AURA UNE FIN, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Une importante synthèse qui nous conduit du « théorème de l’intérêt » de Bernard Schmitt au bancor, en passant par l’euro et la Chine.

Bernard Schmitt (BS) économiste du Research Laboratory of Monetary Economics (RME Lab), en Suisse a publié en juin 2009 un « théorème de l’intérêt » (on pourra lire ici l’étude complète) qu’il a discuté avec la Banque Mondiale et le FMI. Ce théorème pose l’anomalie systémique de la double charge d’intérêt que subissent les économies nationales étrangères aux monnaies de réserve internationales.

Les règlements financiers du commerce international effectués pour l’essentiel en dollar et euro rapportent aux États-Unis et à l’Europe les frais de gestion de la masse monétaire mondiale. En plus du prix de la liquidité internationale, les pays émergents doivent subir le prix de la dévaluation du dollar et de l’euro facturés sur des excédents commerciaux automatiquement financés par un crédit international qu’ils ne contrôlent pas.

Distinguer l’intérêt du crédit et l’intérêt d’investissement

Le théorème de Schmitt dit autrement ce que Paul Jorion (PJ) exprime dans « L’argent mode d’emploi » (2009) et dans « Le prix » (2010). En l’occurrence qu’une reconnaissance de dette en paiement d’un bien réel concret ne peut pas être un système équilibré d’échange si celui qui reconnaît sa dette doit s’acquitter d’un intérêt de liquidité unilatérale. Un intérêt majoré par le fait-même que le vendeur emprunte la monnaie en accord avec sa contrepartie pour s’émanciper des contraintes du troc par un règlement en monnaie de crédit.

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RÉTABLIR L’ÉCONOMIE DE LA LOI PAR LA MONNAIE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Continentaux et anglo-saxons se chamaillent sur la priorité entre recapitalisation des banques et réduction des déficits publics. Ce débat sur la poule et l’œuf dissimule la cause commune de l’insuffisance du capital bancaire et du surendettement public et privé. Il n’y a ni poule ni œuf sans coq pour féconder la poule. De même, il n’y a ni capital ni dette remboursable sans régulation internationale des monnaies. La loi publique féconde l’échange économique.

La monnaie est l’unité de compte de l’échange. L’échange engendre le prix. Le prix porte sur l’objet que quelqu’un vend à un acheteur. L’acheteur transfère le prix au vendeur contre l’objet. L’objet de l’échange est pure convention entre l’acheteur et le vendeur. Tout ce que l’homme peut nommer et négocier s’achète par un prix qui est le règlement du vendeur de l’objet. Le prix en monnaie est un concept de quantification des objets échangés.

La mondialisation de l’échange donne à penser que l’échange est purement bilatéral entre des individus. Cette interprétation dissimule la cause qui fait matériellement exister la monnaie de règlement. Pour que le prix réalise l’échange équitable, il faut que l’acheteur et le vendeur s’entendent sur une loi commune. La loi fonde le crédit qui provoque le règlement en monnaie.

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Mur de la dette, désintégration du système monétaire international, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Les banques centrales recommencent à prêter en devise à leur système bancaire. La BCE prête aux banques européennes les dollars qu’elles ne peuvent plus emprunter aux money funds étatsuniens ; lesquels sont des intermédiaires interbancaires d’évaluation du risque de crédit en dollar à court terme entre banques.

Comme après la chute de Lehman Brothers, le marché interbancaire international est en train de disparaître : il est à nouveau rationnellement impossible d’apprécier la solvabilité d’une banque entre deux zones monétaires différentes.

Le marché interbancaire international est tenu par quelques grands réseaux bancaires privés associant des filiales et des correspondants privilégiés dans des accords de change bancaire automatique. La circulation du capital et les paiements internationaux est en temps normal complètement assurée par des lignes de crédit interbancaires privées. Les transactions internationales sont accumulées dans des positions de change interbancaires. En permanence, les têtes de réseau font de la compensation à l’intérieur du réseau et échangent leurs positions sur le marché des changes inter-réseaux le « forex ».

Les teneurs de marché du forex gèrent des méga-positions de change qui sont des positions de crédit entre zones monétaires. L’ensemble d’un système bancaire d’une zone monétaire, prête ou emprunte sa monnaie contre l’emprunt ou le prêt d’une autre monnaie. Les teneurs de marché du forex consolident l’appréciation du risque de crédit de l’ensemble des banques empruntant dans une monnaie. Ils achètent aux mégabanques bien implantées dans une zone monétaire une répartition des positions de crédit interbancaire qui minimise leur propre risque.

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Flash – 23h : OUCH ! ÇA VA MAL ! par François Leclerc

Billet invité

Fatalitas ! Les bourses mondiales ont finalement salement dévissé, en dépit de l’agitation frénétique de ce week-end et de la mobilisation générale.

L’once d’or, baromètre du malheur, a dépassé les 1.700 dollars. Barack Obama a toutefois annoncé comme bonne nouvelle qu’il ferait des recommandations « dans les prochaines semaines », précisant dès maintenant, à propos des problèmes économiques américains : « nous savons ce que nous devons faire pour les résoudre ».

Pour une fois d’accord, les analystes convergent vers une même idée : on peut tout imaginer ! L’un d’entre eux aura le mot de la fin pour ce soir, constatant que « la décision de la BCE n’est pas une arme fatale », triste épitaphe pour une banque de dernier ressort (Gilles Moëc de Deutsche Bank, cité par l’AFP).

« Les marchés sont sourds », s’inquiètent les autorités qui n’arrêtent pas de tenter de s’adresser à eux. Une situation justifiant, selon Jean-Claude Trichet, les mesures exceptionnelles prises par la BCE, car « les marchés sont si secoués que notre politique monétaire ne peut pas sinon avoir d’impact ». On ne saurait mieux reconnaître son impuissance.

Une nouvelle décision de Standard & Poor’s va par contre en avoir – de l’impact ! -, abaissant la notation de Fannie Mae et de Freddie Mac aux États-Unis. Début d’une longue série. Cinq assureurs sont dans le même cas, la note de cinq autres passant de perspective « stable » à « négative ». 73 fonds d’investissement voient leur note baisser de un à deux crans, dont BlackRock et Goldman Sachs Asset management, les stars du métier. Trois chambres de compensation, pivots du système, sont dans le même cas.

En Europe, un institut de conjoncture allemand, DIW, envisage une baisse de la note de la dette française, qui déstabiliserait selon lui le Fonds de stabilité (FESF) et provoquerait l’éclatement de la zone euro.

Il n’est pas nécessaire de prédire l’écroulement du système, aujourd’hui ils s’en chargent eux-mêmes ! Rivalisant, en Italie et en Espagne, de mesures destinées à réduire encore plus rapidement le déficit pour mieux précipiter l’avènement de l’effondrement.

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LA GUERRE MONDIALE DES MONNAIES EST DÉCLARÉE, par Zébu

Billet invité

Vigneron, dans un aphorisme assassin, faisait déclarer récemment aux pays émergents ce qu’ils ressentaient de la situation actuelle : « Bernie m’a tué », à savoir que Ben Bernanke, surnommé « Ben l’hélicoptère » (pour avoir fait référence à une citation de Milton Friedman utilisant l’image d’un « helicopter drop of money » – un lâcher de billets par hélicoptère – pour lutter contre la déflation) assassinait les économies des pays émergents, à coups de dollars redoublés.

Par un autre aphorisme assassin, je lui répondais : « Kill Bernie ».

Car il me semblait logique que lesdits pays émergents, qui ont de quoi répondre, n’utiliseraient pas leurs capacités pour contrer ce qu’ils considèrent ni plus ni moins comme un crime, commis qui plus est sur la scène internationale, au vu et au su de tous (ce qui renchérit la sanction à infliger auxdits criminels).

François Leclerc a très clairement indiqué dans son dernier billet ce qu’en pensait la Chine, par voix de presse officielle : « Si les pays développés, parmi lesquels les États-Unis et l’Europe, refusent d’assumer leur responsabilité, cela va avoir de graves conséquences sur la stabilité du développement de l’économie mondiale ».

Cette fois-ci, la Chine a dépassé le stade de la critique acerbe, quant à la nécessité impérieuse pour les États-Unis de régler urgemment la question de leur dette, réaction exprimée le week-end dernier après la dégradation de la note américaine.

Cette fois-ci, la guerre est déclarée.

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DE L’UTILITÉ DE LA THÉORIE DE LA FORMATION DES PRIX POUR COMPRENDRE LE FONCTIONNEMENT DU SYSTÈME MONÉTAIRE, par Zébu

Billet invité

Depuis 1971, nous sommes dans un système de changes dits ‘flottants’, c’est-à-dire qui réajuste les variations des monnaies entre elles sans aucun point fixe, à l’inverse d’un système, comme l’était par exemple le précédent (Bretton Woods) où un point fixe était défini pour l’ensemble des monnaies, qui s’y référençaient de manière permanente afin de déterminer leur ‘valeur’ relativement à ce point fixe : les 35 $ que valaient une once d’or.

En fait, le système monétaire actuel n’est pas tout à fait un système sans point fixe puisque, au sein de ce système de change dit ‘flottants’ qui succéda au système de change dollar-or, subsiste néanmoins un point fixe : le dollar. A cette différence près néanmoins que le dollar n’est qu’une monnaie fiduciaire comme une autre et qu’elle n’est plus, cette fois, arrimée à un ‘objet’ de change fixe non fiduciaire, la plupart du temps lié à l’or.

Depuis 40 ans donc, nous aurions dû percevoir ce qu’un tel système monétaire aurait dû refléter, mettre en exergue : les rapports de force entre nations, au travers de leurs monnaies. Or, la spécificité de ce système est que justement, par ‘convention’ entre nations (en fait, l’ensemble des nations mises devant le fait accompli de manière unilatérale par une seule nation, les Etats-Unis), ce système monétaire conserva une monnaie dite de ‘référence’, malgré l’absence de tout change fixe non fiduciaire : le dollar.

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CONVOQUER BRETTON WOODS SUR LE DÉFAUT DU 2 AOÛT, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Convoquer un Bretton Woods dès aujourd’hui est une urgence absolue : le défaut sur la dette publique étatsunienne est avéré et profond même si un relèvement provisoire du plafond est voté. Il n’y a plus aucun étalon international sûr pour adosser la liquidité internationale. L’implosion est enclenchée.

Un système monétaire multi-étalons n’aura aucune viabilité car les zones monétaires vont être en conflit permanent pour l’évaluation des dettes internationales. Le système financier exacerbera les conflits pour faire monter les primes de change et les primes de crédit. La spéculation va exploser et mettre États et économie réelle à genou. Les peuples auront le choix entre l’esclavage ou l’émeute.

Si les politiques veulent garder la main et conserver un minimum d’État de droit, ils n’ont pas d’autre possibilité que la compensation internationale des crédits et des monnaies. C’est aux Européens de le proposer aux États-Unis à partir de l’expérience européenne de régulation financière publique multinationale. Une compensation mondiale par une monnaie commune d’équité financière.

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L’actualité de la crise : JUSQU’OÙ, JUSQU’À QUAND ? par François Leclerc

Billet invité.

La crise américaine présente trois niveaux de lecture.

Le premier est politique et illustre le violent affrontement en cours, qui vise à faire perdre les prochaines présidentielles à Barack Obama, à tout prix. Le second est social et analyse les effets dans la société américaine, ainsi que ses conséquences politiques profondes. Le dernier est économique et financier et déborde par nature du cadre américain, étant donné le caractère mondial de la crise financière.

Les trois ont leur calendrier propre, mais ils se conjuguent et dominent la scène internationale, étant donné leurs répercussions potentielles, ainsi que le rôle du dollar et de la dette américaine dans le système financier.

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L’actualité de la crise : L’INCOMMENSURABLE, par François Leclerc

Billet invité.

Estimer les conséquences de la crise américaine au cas où le pays ferait défaut sur sa dette, à moins qu’un accommodement de plus en plus improbable n’intervienne, est un exercice de haute voltige. Ce soir, les CDS garantissant contre le défaut de paiement de la dette américaine ont atteint leur plus haut niveau depuis fin mars 2009 et les taux courts se sont très tendus, les taux longs restant stables. L’échéance fatidique est dans quatre jours. les dirigeants américains de tous bords rivalisent de qualificatifs alarmistes et de sombres prévisions pour caractériser la situation. Le Congrès a été pris en otage par le Tea-Party et la droite républicaine dure.

Le dollar est la principale monnaie de réserve mondiale, de loin la plus utilisée pour les transactions commerciales et la dette américaine est au centre du système financier. Elle est utilisée par les money market funds et le marché des repos (les repurchase agreements), qui font la pluie et le beau temps sur le marché de la liquidité bancaire, auxquels il faudrait suppléer ; ou bien pour indexer un très grand nombre d’actifs, dont la valeur va s’en trouver automatiquement modifiée. L’ensemble constitue le squelette du système et l’on peut légitimement s’alarmer de son brutal faux-pas.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 6 MAI 2011

États-Unis
zone euro
Bourse
marchés des matières premières
Friedrich von Hayek (1899-1992)
« Le capitalisme à l’agonie » (2011)

P.S. : Quand je dis « centripète », c’est « centrifuge » que j’aurais dû dire !

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BFM RADIO, LUNDI 27 DECEMBRE A 10h45 – L’ANNEE QUI S’ACHEVE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

D’abord, un petit rappel. Le cadre global, c’est celui d’un système où l’argent manque en général là où il est nécessaire. Il faut alors l’emprunter et payer des intérêts. Comment se détermine le niveau des taux d’intérêt ? C’est le produit d’un rapport de force où interviennent trois facteurs : 1) l’offre et la demande de capitaux, 2) le rendement de l’économie (on est « partageux » quand le choses vont bien, beaucoup moins quand elles vont mal) et 3) le risque de contrepartie, c’est-à-dire le risque de non-remboursement. (Les économistes mentionnent aussi l’anticipation de l’inflation. Une « anticipation » est une représentation, elle peut déterminer le degré de résolution individuelle mais elle n’a aucun impact sur le rapport de force entre prêteur et emprunteur).

Quand, comme aujourd’hui, les taux sont élevés essentiellement parce que la part « prime de risque » est élevée, l’emprunteur se trouve pris dans un cercle vicieux : la prime de risque élevée accroît sa difficulté à rembourser, autrement dit augmente son risque de défaut. C’est le drame de l’Europe aujourd’hui.

L’Europe doit réduire ses déficits, aggravés par la crise financière et économique, d’où l’austérité ; elle doit aussi relancer la machine économique, ce qui exclut l’austérité. Les agences de notation qui mesurent le risque réclament bien entendu les deux. C’est l’impasse ! Pas nécessairement : il existe une solution : augmenter les salaires bas et moyens et baisser parallèlement (pour éviter toute inflation) les revenus du capital et les salaires extravagants. Entre une solution pareille et l’impasse, on n’hésite pas une seconde en haut-lieu : l’impasse fait l’unanimité !

Les États-Unis ont joué cette année sur le statut de monnaie de référence du dollar américain. L’argent ne coûte rien dans ce pays : quand il manque, on en imprime. Cela durera tant qu’il y aura une demande internationale pour le dollar. Si elle s’évanouit, le dollar s’effondre. Les États-Unis doivent aussi relancer leur économie. Ils ont choisi de reconduire une fiscalité amicale aux grosses fortunes. L’argent dégagé de cette manière ne pourra pas s’investir dans une économie déprimée, une partie sera consacrée à l’achat de produits de luxe, l’autre se retrouvera dans la spéculation, c’est-à-dire dans la prédation sur l’économie mondiale. Est-ce bien de cela que nous avons besoin ?

La Chine a entrepris sur le tard sa révolution industrielle. Dans un contexte où une monnaie nationale, le dollar américain, est aussi monnaie de référence, il n’existe qu’une seule solution : celle que la Chine a choisie, ancrer sa devise nationale à la monnaie de référence. Le dollar devient monnaie de singe ? qu’importe, le yuan le devient aussi ! et le commerce entre les deux pays se poursuit sur une base inchangée.

Le mélange de dirigisme et de capitalisme sauvage auquel recourt la Chine en ce moment est détonnant : bulle immobilière aujourd’hui, inflation demain, bulle boursière après-demain, etc. Cela ne peut fonctionner que dans le cadre d’un système politique autoritaire où des changements de cap instantanés sont possibles : séduire les investisseurs aujourd’hui, les assassiner demain, pour les ressusciter après-demain, si nécessaire. Il faut avoir le cœur bien accroché !

La Chine soutient aujourd’hui le système monétaire international tout entier à bout de bras : le dollar cette semaine, l’euro la semaine suivante et le yen la semaine d’après. C’est son intérêt bien compris, dit-on. Le jour où elle cessera de le faire, ce sera parce que cela aura cessé d’être son intérêt bien compris. N’empêche, on l’accusera alors sûrement de tous les maux.

La Chine réclame depuis l’année dernière une refonte du système monétaire international. On ne l’écoute que d’une oreille distraite. Si l’on ignore sa proposition, la guerre sino-américaine aura lieu sur le marché des capitaux et il n’est pas difficile de deviner qui l’emportera. Mais on n’évitera pas les dégâts collatéraux parmi les spectateurs, pour employer l’expression consacrée. Avis aux Européens.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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VERITES ET MENSONGES DE LA THEORIE MONETARISTE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Champ de cohérence de la théorie

Aliena fait au fil de ses interventions sur le blog une présentation instructive de la Modern Monetary Theory (MMT). Elle explicite les réalités que cette théorie considère et celles qu’elle ne reconnaît pas. Cette théorie dominante aux États-Unis si l’on en croit la politique monétaire actuellement suivie pose la monnaie comme la production spécifique de l’État dans l’économie. Le signe monétaire est une matière sui generis qui n’a pas d’autre cause que la décision souveraine de l’autorité publique d’émettre telle quantité plutôt que telle autre et de faire appliquer la loi à tous les signes émis. Quelles que soient les quantités émises, les signes monétaires sont d’autorité libératoires de toute dette et résolvent toute obligation d’un débiteur qui a remis le nombre de signes correspondant au prix contractuel légal négocié.

Dans cette théorie, la quantité de monnaie mise en circulation n’a pas de cause rationnelle. Elle n’a pas d’autre explication que la science infuse de l’autorité monétaire politique qui est réputée savoir entretenir la croissance sans inflation et sans chômage. Cette théorie est indiscutable sur son volet juridique et pratique. La monnaie est bien le signe légal et efficient de la libération d’une dette. Mais la MMT ne dit rien des causes objectives de la crise des subprimes survenue sous le despotisme éclairé de la Fed, n’explique rien de la crise mondiale de liquidité qui s’en est suivi, ni de la faillite de Lehman Brothers, ni de l’effondrement de la croissance dans les pays développés alors que la « planche à billets » tourne à plein régime. Soit la monnaie n’a rien à voir avec tous ces phénomènes économiques, soit elle les dirige d’une certaine manière qu’il appartient aux seuls tenants de la MMT et aux autorités monétaires étasuniennes de connaître et de comprendre. Comme l’avait déclaré John Connally au monde « the dollar is our currency and your problem ». Continuer la lecture de VERITES ET MENSONGES DE LA THEORIE MONETARISTE, par Pierre Sarton du Jonchay

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