Mur de la dette, désintégration du système monétaire international, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Les banques centrales recommencent à prêter en devise à leur système bancaire. La BCE prête aux banques européennes les dollars qu’elles ne peuvent plus emprunter aux money funds étatsuniens ; lesquels sont des intermédiaires interbancaires d’évaluation du risque de crédit en dollar à court terme entre banques.

Comme après la chute de Lehman Brothers, le marché interbancaire international est en train de disparaître : il est à nouveau rationnellement impossible d’apprécier la solvabilité d’une banque entre deux zones monétaires différentes.

Le marché interbancaire international est tenu par quelques grands réseaux bancaires privés associant des filiales et des correspondants privilégiés dans des accords de change bancaire automatique. La circulation du capital et les paiements internationaux est en temps normal complètement assurée par des lignes de crédit interbancaires privées. Les transactions internationales sont accumulées dans des positions de change interbancaires. En permanence, les têtes de réseau font de la compensation à l’intérieur du réseau et échangent leurs positions sur le marché des changes inter-réseaux le « forex ».

Les teneurs de marché du forex gèrent des méga-positions de change qui sont des positions de crédit entre zones monétaires. L’ensemble d’un système bancaire d’une zone monétaire, prête ou emprunte sa monnaie contre l’emprunt ou le prêt d’une autre monnaie. Les teneurs de marché du forex consolident l’appréciation du risque de crédit de l’ensemble des banques empruntant dans une monnaie. Ils achètent aux mégabanques bien implantées dans une zone monétaire une répartition des positions de crédit interbancaire qui minimise leur propre risque.

Les risques interbancaires internationaux sont couverts par des actifs réels déposés en garantie et par des instruments dérivés. Les dérivés – primes de change, primes de crédit d’un emprunteur particulier (CDS) et primes de capital (option de souscription ou de vente d’un titre de capital particulier) – remplacent les garanties réelles par une probabilité de perte réglée à l’avance à celui qui prête la mesure du crédit.

L’effondrement mondial de l’économie réelle révélée par la crise de la dette publique européenne et étatsunienne fait disparaître la confiance internationale dans le prix des actifs réels déposés en garantie des positions de change. Les banques et assurances se ruent sur les produits dérivés pour couvrir leurs pertes potentielles. Mais les encours de crédit sous-jacents aux primes de dérivé ne sont pas consolidés à l’échelle mondiale du fait de la « libre circulation internationale des capitaux ».

L’invisibilité de l’économie réelle sous les produits financiers dérivés crée une volatilité infinie des primes. Les spécialistes de la cotation de ces produits comme les hedge funds cessent d’en vendre et d’en acheter. Le marché de la liquidité internationale se contracte inexorablement faute d’opérateurs assez puissants pour porter les risques sous-jacents non mesurables.

Des murailles de risque invisible sont en train de se construire entre les zones monétaires. Il ne reste plus que les banques centrales pour se risquer à prêter la monnaie des autres aux banques de leur zone qui sont créancières nettes sur les autres zones. La BCE prête des dollars aux banques européennes que les banques en dollar dans les autres zones ne veulent plus leur prêter. La BCE crée des dollars hors de ses statuts sur la base de vagues garanties données par la Fed hors de ses statuts.

La propagande financière des États-Unis fait croire que ce sont les banques européennes qui sont en difficulté parce qu’elles ne trouvent plus de dollars à emprunter. La réalité est totalement inverse. Ce sont les banques possédant des dollars qui ne veulent pas les prêter : elles veulent conserver le plus possible de créances directes et indirectes sur la Fed.

Le dollar n’existe plus comme instrument financier fiable de mesure des prix futurs dans le monde entier. En revanche, le dollar est une créance sur l’armée des États-Unis. La plupart des banques internationales prévoient la grande liquidation mondiale des dettes internationales. La seule chance d’assurer sa survie est de garder un potentiel de saisie physique des actifs réels internationaux. Ce potentiel consiste en l’autorité des États, les lois nationales et les droits de propriété confirmés par l’autorité publique.

Les États-Unis ont le monopole de la pression militaire à distance par leur armée déployée dans le monde entier. Ils disposent par leur armée d’une cyber-force crédible pour provoquer des attaques informationnelles modifiant temporairement des rapports de force politique. La cyber-guerre étatsunienne instrumentalise les opérateurs financiers par leur production d’information économique et financière. Des agents du Trésor Étatsunien achètent des attaques informationnelles par des agences financières spécialisées logées dans les paradis fiscaux.

Les agences financières de guerre informationnelle achètent et vendent en dollar n’importe quelle information pour créer des rumeurs qui déstabilisent les centres de décision. Tous les responsables politiques et financiers reçoivent des offres discrètes pour taire ou déclarer ce qui oriente le marché dans le sens de la préservation des intérêts en dollar. Les décideurs qui parlent dans le bon sens sont rémunérés en dehors de leur pays afin d’échapper à toute poursuite judiciaire.

La cyber-guerre étatsunienne du dollar est en train d’être perdue. L’Internet et la superposition des réseaux d’information ne permettent plus de filtrer et d’acheter le sens de toutes les informations en circulation. Les réseaux bancaires de différentes nationalités ont par eux-mêmes constaté que la masse mondiale de crédits en dollar a été totalement déconnectée de la production réelle de richesses. La disparition actuelle de la liquidité internationale exprime la prise de conscience de la déréliction imminente du dollar.

La disparition internationale du dollar comme instrument de compte signifie que tous les contrats en cours de guerre informationnelle n’ont plus de prix fiable. Les clients internationaux du dollar reprennent leur liberté du fait qu’ils n’ont plus confiance dans le prix des rémunérations qui leurs sont versées contre leurs services de propagande.

Le chaos international des prix et des paiements ne peut plus être évité par le crédit gratuit des banques centrales. La matérialisation de la liquidité par les crédits en monnaie et dollars émis par les banques centrales perd son sens. Toute interrogation logique des processus en cours découvre que l’émission monétaire des banques centrales ne repose plus sur une mesure fiable et réelle de l’activité économique et des échanges internationaux.

La course au vide ne peut plus être enrayée sans la fondation d’un étalon monétaire international de crédit vrai. Un étalon qui ne soit la monnaie d’aucun pays mais la règle de compensation internationale des crédits entre zones monétaires appliquant un État de droit. Les démocrates sont nombreux dans le monde entier jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir politique et financier. Mais ils doivent se taire ne sachant pas qui est compromis dans la dictature ploutocratique internationale.

En demandant une chambre de compensation internationale où soit cotée la prime de crédit personnelle des principaux responsables politiques et économiques mondiaux, il devient possible d’indexer la demande internationale de liquidité financière sur la probité personnelle des décideurs qui accordent directement ou indirectement les crédits internationaux.

Le remboursement effectif des crédits accordés doit être constaté par des compensateurs officiels indépendants mandatés par les États et contrôlés exclusivement par le pouvoir judiciaire des démocraties adhérentes au nouveau système de paiement international. Les créanciers internationaux nets achètent la prime de crédit des décideurs en qui ils ont confiance : la compensation internationale oblige les acheteurs primaires du crédit à rembourser à la place des décideurs financiers qui ne recouvrent pas les crédits qu’ils accordent.

La compensation internationale sous contrôle judiciaire des primes de crédit des États, des banques centrales, des banques, des sociétés multinationales et de tous leurs dirigeants a pour conséquence de refonder le pouvoir d’achat des monnaies sur le crédit réel : sur la confiance accordée à un dirigeant dans sa capacité à promettre le prix de ses décisions responsables.

Dans la monnaie internationale de compensation, la parité des monnaies reposant sur la propagande de dissimulation de la réalité économique sera dévaluée par les garants du crédit. Les prêteurs internationaux deviennent responsables de la probité des intermédiaires financiers par lesquels ils placent leur épargne. Dès l’annonce par une coalition de pouvoirs démocratiques d’une compensation multinationale du crédit, la cyber-guerre de la finance cesse instantanément dans toutes les monnaies compensées par la responsabilité réelle du crédit. L’honnêteté devient une réalité économique.

Partager

28 réflexions au sujet de « Mur de la dette, désintégration du système monétaire international, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. la dette des gens n’existe PAS.
    Nourrir ces enfants et vivre décemment n’est pas une DETTE.

    Mais pas dire pourquoi on volent les gens c’est une dette..
    bof

    1. c’est pour rire

      soyons sincères, Mort à Venise comme dans un film infini.
      ok
      personne ici est sous influence?
      l’argent emprunter est emprunter aux BANQUES ,capito ??
      Pourquoi ?
      VAS Y PAUL dégaine …………..
      VAS Y..

  2. Une fois n’est pas coutume, voici une citation de Jean Luc Mélenchon directement tirée de son blog. Je rappelle qu’il est officiellement candidat à la présidentielle et donc qu’il sera possible de voter pour lui en 2012 si le monde n’a pas explosé d’ici là et si ça sert à quelque chose de voter.

    Pour justifier l’austérité, on nous répète que la dette française est insoutenable. C’est faux ! Tout part d’un chiffre lui aussi présenté comme une vérité révélée, une loi de la nature. Il s’agit d’un ratio entre le montant de la dette et celui de la richesse produite telle qu’elle est mesurée par le très discutable « PIB ». Il faut tordre le coup à cet indicateur qui sert à affoler les esprits et à aveugler le débat public. Ce ratio est nettement supérieur dans plusieurs pays à celui de la France et pas de peu. Ainsi le Japon a-t-il une dette publique égale à 200% de sa production annuelle. Personne ne lui cherche noise. Il est à un niveau plafond pour les Etats-Unis et pour l’Islande (plus de 100% du PIB). Les Etats unis n’en font qu’à leur tête et les Islandais ont décidé de ne pas payer ! En fait tout dépend en réalité de qui détient la dette et du rapport de force du pays endetté avec ceux qui lui prêtent. Au Japon ce sont les Japonais qui prêtent à leur Etat. Ils ne lui font donc pas de chantage. Aux Etat unis, l’oncle Sam, ses six cent mille hommes de troupe et ses 50 % de dépenses militaires mondiales ont créé une garantie politique liée à leur puissance ! En Islande c’est la révolution citoyenne ! La dette et ses taux sont un rapport de force, un fait social et politique. Et seulement, après cela, un problème comptable.

  3. C’est peut être lui qu’on attendait tous?

    En Inde, un militant anticorruption marche dans les pas de Gandhi et soulève les foules.

    Le militant indien anticorruption Anna Hazare est sorti de prison, vendredi 19 août, sous les acclamations d’une foule immense, pour observer un jeûne public de quinze jours qui devrait renforcer une vague de soutien populaire, qui a pris de court le gouvernement. « Nous devons apporter un changement total dans ce pays », a lancé cet admirateur de Gandhi, qui exige de l’Etat un durcissement d’un projet de loi exemptant le premier ministre et des magistrats de haut rang d’être inquiétés par la justice en cas de soupçons de corruption.

    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/08/19/en-inde-un-militant-anticorruption-marche-dans-les-pas-de-gandhi-et-souleve-les-foules_1561250_3216.html

    1. Euh, je crois que nouvelobs est un peu sceptique sur ce bonhomme qui fait flageller pour leur bien les déviants de la morale, en caricaturant à peine, et pourrait s’allier avec des droites pas jojo.
      M’enfin combattre la corruption…

  4. Mais bien sûr tout cela est parfaitement exact.

    Aux niveaux actuels, la dette N’EXISTE PAS. Pas plus que l’argent prêté. Cela a toujours été et restera une fiction. C’est pour cela qu’il convient de ne plus honorer les dettes, qui ne sont que des mensonges.

    Merdre à la fiction oui à la réalité.

    1. Un peu rapide…
      C’ est pas ce que dit PSDJ.
      Si j ‘ ai bien compris, il propose plutôt de fermer le casino, d’ arrêter les comptes et de réaliser des compensations sur des critères démocratiquement déterminés.
      Ne pas honorer ses dettes, ou se faire payer ses créances sans cette étape démocratique, c’ est provoquer le chaos.
      Contrairement à ce que propose Zébu, il ne faut pas liquider des comptes d’ assurances vie, cela empêcherait d’ avoir une base fiable de gens sérieux qui ont respecté une règle, base necessaire pour réaliser les compensations entre eux. Les autres, dont l argent sale n attent que le chaos pour etre blanchi, ont intérêt a foutre le Bordel.
      Il ne faut pas oublier que la seule vraie richesse est le résultat du travail des gens qui s’ associent.
      On a les gens, il ne faut pas qu’ ils se dissocient.
      Toute la puissance de la force complexe décrite par PSDJ va s’ abattre pour dissocier, agiter, puis recomposer avec des péages partout prélevant son impôt sur toute association, sur toute création de richesse.
      Les agressions dont sont victimes les JMJ en Espagne, par des éléments perturbateurs physiques, synergiques avec des moyens informationnels, et monétaires, sont une manifestation de cette force complexe (un Terminator). Il y en aura d’ autres. Le système est une sorte de Skynet, ses Terminators, bien que n’ ayant pas forme uniquement humaine existent bien.

  5. J’ai relu deux fois car je n’en croyais pas mes yeux…
    Bravo, c’est courageux. Il y a quelques perles rares dans cet article qui ne vont pas plaire du tout, si même les gueux commencent à comprendre comment ça fonctionne… prenez bien soin de vous.

  6. L’analyse la plus pertinente que j’ai eu à lire depuis longtemps, et Mr Sarton du Jonchay nous a fait le plaisir d’employer une sémantique un peu plus accessible au commun des mortels car, in fine, c’est, quelque part, l’essor prodigieux du partage d’information qui a arréter l’hypocrisie du systéme et entrainé sa chute !
    Tel un homard, la société est occupée à muer, comme pour le homard, la cohérance du systéme social est assurée par un exosquelette et doit, à ce titre, muer de temps en temps, son exosquelette devenant trop étroit pour la contenir.
    Ainsi, en libérant l’information, l’homme a , inconsciement, provoqué la destruction du systéme qui le maintenait cohérant, une période de grande fragilité va venir et restera le temps que notre nouvel exosquelette se soit construit. Ce mécanisme est indispensable à la survie de l’humanité et provient de la partie reptilienne de notre cerveau, berceau de nos instinct et reflexes de survie, notre « bios » en quelque sorte;
    Aujourd’hui, je pense que l’urgence est de savoir gérer, au mieux, la période de vulnérabilité qui commence.
    Capuchonner les faucons me semble de la plus élémentaire des prudences !

  7. « Les États-Unis ont le monopole de la pression militaire à distance par leur armée déployée dans le monde entier. Ils disposent par leur armée d’une cyber-force crédible pour provoquer des attaques informationnelles modifiant temporairement des rapports de force politique. La cyber-guerre étatsunienne instrumentalise les opérateurs financiers par leur production d’information économique et financière »

    et ce n’est pas que « cyber »…près de mille bases militaires réparties sur l’ensemble des continents, 50% des dépenses militaires mondiales (1.700 milliards de $ !! – 10% de celles-ci suffiraient pour régler la faim dans le monde) des guerres en cours et les menaces …combien de mort « réels » ? jusqu’où l’EMPIRE peut aller pour écraser les protestations ?

    1. L’armée américaine absorbe tellement d’information qu’elle en est paralysée, le pentagone est, perpétuellement, en situation de crise ! le danger n’est pas là, sauf armes secrétes !!!
      Ce sont vers les sociétés « mercenaires » qu’il faut regarder ! trés souple d’emploi, trés discrèt, et moins chére

      1. exact ! il est vrai que les guerres se privatisent, de 10% au départ de la guerre Afghanne à près de 30% aujourd’hui…bien plus encore en Irak (chiffres à vérifier)…mais ce ne sont que des paravents, des camouflages pour sauvegarder l’image, et privatiser les subventions, les profits…malheureusement être tué par une rafale privé ou publique ne change pas grand-chose pour le mort !!

    2. jusqu’où l’EMPIRE peut aller pour écraser les protestations ?

      Pas très loin rassurez-vous.
      C’est un chiffre bien inquiétant que je ne suis pas en mesure de garantir….mais sur Dailymotion Myret Zaki citant une source bien informée évalue le déficit global des US à 202 000 milliards de dollars….!!!

  8. C’était long mais ça valait le coup.

    Je crois que c’est Vallés qui disait qu’on pouvait compter sur la stupide avidité des riches.

    Je crois que les ploutocrates ont mangé leur pain blanc. Ce genre de cafard aime l’obscurité, ces vampires craignent la lumière. Et les spots s’allument les uns après les autres pour les révéler dans leur obscène et lamentable débauche.

  9. J’entends dans  » Le temps qu’il fait »
    « des batailles qui vont être perdues », « la déliquescence de la zone Euro », « c’est pratiquement terminé ».

    Je vois bien que « la maison brûle », « la France et l’Allemagne regardent ailleurs » … (quand elles n’essaient pas de se refiler le bébé).

    Qui prendra « l’impossible décision », « l’horrible initiative », et quand ? Ah non ! Pas le charismatique Hermann quand même !

    1. N’oublions pas que notre brave hermann a été placé là en tant qu’observateur, on ne peut, dés lors, lui reprocher de ne pas agir, il transmet !
      Ainsi, lorsqu’il déclare – dixit: « nous ne prévoyons pas de déflation », de qui est’il le porte parole ? 😉
      En poéme japonais, j’éspère ! 😉

  10. Ce que vous proposez s’appellerait en gros en physique un
    « couplage entre dette et moralité ».

    Vous rétablissez des termes « non diagonaux » dans une matrice qui relie des quantités des deux sortes (quantité d’argent et « quantité morale ») , ce qui permet de retrouver un étalon pour la première à partir de la deuxième.

    Fort astucieux, je le présumais dans vos autres contributions, mais je n’y voyais pas clair.
    C’est vrai que c’est la suite logique de la vision aristotélicienne de la valeur comme découlant du rapport de statut/ de force. Et que la face brute de la dette/du capital aujourd’hui est la force morale ou immorale des systèmes d’armement et d’information.
    En allant jusqu’au couplage complet entre morale et valeur, on peut rêver qu’on rétabli bien des choses parties en vrille.

    Mais attention à la circulation de l’information sur la partie morale de l’édifice.
    Une fois l’homme mis dans le nouveau contexte couplé, ne trouvera-t-il pas les moyens d’attaquer la bonne « combinaison linéaire » de valeur et de morale, pour obtenir ainsi ce qu’il obtient aujourd’hui en faisant trembler les bourses sur les rumeurs de solvabilité des banques.

    Ceci dit pour l’aspect matriciel « couplé » de deux grandeurs, c’est classique en physique depuis 150 ans, mais un collègue perdu de vue me disait qu’en économie, il avait fallu attendre Keynes pour aller au dela des relations linéaires à une seule grandeur, et encore n’était-ce pas si intuitif pour la plupart des gens.

    En vous raccrochant à l’échelon supérieur, un lien « matriciel » entre morale et valeur, vous nous tirez vers le haut. Mais il faut que l’information sur la valeur redescende aussi et soi « adoptée », par ceux qui n’ont que de petits impacts dans le système, faute de quoi, des mouvements populistes seraient manipulés aisément.

    Dernière remarque du lecteur de Bernard Stiegler que je suis, et que j’aime faire connaitre, sa série ne s’apelle-t-elle pas « Mécréance et Discrédit » ? Ne voit-il pas l’échappatoire aux contradictions actuel dans un otium qui s’oppose au neg-otium? Et ce dans un incalculable qu’il faut lier au calculable sans que les chiffres soient ceux de la fortune d’un tel, la taille de son yacht, ou le nombre de km2 de pays étrangers qu’il entend soumettre à son ordre. ?!

  11. Lisez ceci :
    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=e3ced2168ece9c1b74da2651c7bab180

    Mouaaaahahahahahah Mort de rire 😀
    (désolé c’est nerveux je sais c’est pas drôle dans le fond)

    Ca aussi c’est pas mal:
    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=a3ca9282e8b4de958310ee7b3a534145
    Et c’est la marmotte qui va ramener les petits sous à la maison France, hein ?

    Non vraiment là je n’en peux plus : http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=a3ca9282e8b4de958310ee7b3a534145

  12. Emprunter aux marchés ou émettre notre propre monnaie ?
    A écouter certains experts on pourrait penser que tout ce la est compliqué et pourtant mon petit doigt me suggère que c’est peut être simple : « la cyber-guerre de la finance cesse instantanément dans toutes les monnaies compensées par la responsabilité réelle du crédit. L’honnêteté devient une réalité économique. »
    Le sujet a été abordé à C dans l’air, bof, c’est à nouveau compliqué, de nombreux acteurs d’horizons différents et surtout d’intérêts opposés.
    Je me pose actuellement une question simpliste digne d’un néophyte ou amateur : sommes nous contraints d’emprunter aux « marchés » quitte à acquitter des intérêts parfois usuriers ou ne vaudrait il pas mieux faire fonctionner notre propre planche à billets qui engage les citoyens pour le futur et les oblige à bosser en conséquence, contre rémunération adéquate.
    Si c’est pour investir dans des projets d’intérêt général et que chacun mette la main à la pâte.OK.

  13. Une masse d’informations qui sort des chemins habituels, pour le béotien que je suis.
    Et c’est même explosif, surtout pour la partie descriptive.

    En particulier, le chapitre
    « Des agents du Trésor Étatsunien achètent des attaques informationnelles par des agences financières spécialisées logées dans les paradis fiscaux. »
    ( remarque: on pourrait vous accusez de donner des arguments
    aux tenants du complot ! au moins une amorce.)

    Cette portion est la description d’une super-structure discrète ayant pour but d’influencer
    le « marché », au moyen de rumeurs avec l’objectif de favoriser celui qui passe commande
    ( un Etat !) ,si je l’ai bien comprise.
    Inutile de dire, en passant car ce n’est même pas le point principal,
    que le soit-disant « marché » supposé concurrentiel avec l’égalité d’accès à l’information
    est une duperie; et une duperie organisée par et au profit d’un Etat, normalement
    neutre et impartial.
    Traduction de la vie ordinaire: vous allez porter plainte au commissariat de Police
    pour agression et , surprise, celui qui reçoit votre plainte est l’agresseur…

    Le second point concerne la corruption et sa rétribution, rien d’autre que
    la vulgarité ordinaire de ceux qui s’autorisent.

    Vous décrivez un monde Potemkine, fait de faux semblant et violent (« attaques… »),
    moralement intolérable. Le citoyen ordinaire ne peut être que broyé par ces monstres.

    Pourriez-vous donner un exemple -disons modifié et transposé par discrétion-
    des « résultats » de vos affirmations ?

    Deux cas, à première vue:
    Difficile de ne pas y voir les tribulations boursières d’une banque bien connue
    pour d’autres raisons.

    Par ailleurs, certains journalistes et journaux – par exemple
    Pritchard et le WSJ- traitent et commentent les informations sur l’ Europe
    (continentale) et l’ Euro avec des partis-pris surprenant, à la limite
    de la manipulation orientée et interessée.

    Enfin , Y-a-t-il matière à une plainte en Justice, aux USA ou ailleurs, au moins
    en théorie? ( pour ce que vous décrivez) ou bien les moeurs de la Finance
    ont-elles atteint le stade du non-droit intégral ?

  14. Excellente analyse qui, si je ne l’avais pas lu ici, j’aurais pu croire y lire par son titre, la publication de la lettre du LEAP-2020.
    Sauf que les propositions faites ici n’ont jamais été abordés par cet organe politique.

  15. « Les teneurs de marché du forex gèrent des méga-positions de change qui sont des positions de crédit entre zones monétaires. L’ensemble d’un système bancaire d’une zone monétaire, prête ou emprunte sa monnaie contre l’emprunt ou le prêt d’une autre monnaie. »

    Vous décrivez exactement l’organisme nécessaire pour une taxe Tobin. Merci.

  16. @Daniel,

    Les mœurs de la Finance ont-elles atteint le stade du non-droit intégral ?

    Cette dernière question pose le débat sur le plan de la philosophie pratique ; le seul que nous puissions discuter objectivement compte tenu de la nature immatérielle de l’activité financière. Les décisions politiques et économiques qui font la finance sont en soi non matérielles puisqu’il est impossible d’établir une continuité physique entre la réalité de ce qui est décidé et le décret, le contrat et l’écriture comptable qui matérialisent par le langage écrit l’existence de la décision ou de l’intention. La limite cognitive fondamentale de la finance est que les conséquences matérielles d’une décision sont toujours médiatement postérieures à l’acte d’origine : la finance est une activité d’intermédiation entre les sujets humains de l’action.
    Les causalités que je mets en avant sont des interprétations logiques des institutions, des textes en vigueur et des déclarations et commentaires des uns et des autres. Le seul fait que les États-Unis ont imposé leur monnaie au monde en 1944 signifie qu’ils ne reconnaissent pas la validité des comptes tenus dans une autre monnaie que la leur. Le seul fait de la reconnaissance légale des paradis fiscaux par les législations nationales signifie l’acceptation de la possibilité d’inégalité devant la Loi à l’intérieur d’une même nationalité ou résidence.

    La multiplication des banques dans les paradis fiscaux est en soi le signe d’une activité de transformation des exemptions légales et fiscales en plus-values financières sur les activités économiques légalisées et fiscalisées. Enfin l’idéologie néo-libérale plus ou moins affichée de certaines élites affirme que l’Etat comme expression d’un certain équilibre du droit est au mieux un mal nécessaire. Un certain marxisme, l’anarchisme, le libertarianisme et l’affairisme condamnent l’État comme une pollution.

    Quand je dis que des agents du Trésor Public étatsunien achètent des attaques informationnelles, c’est en vertu d’une certaine interprétation des missions de l’État fédéral. Certaines décisions publiques du Trésor US sont parfaitement alignées sur certains intérêts financiers particuliers. Pourquoi Lehman et pas un autre a été mis en faillite ? En France-même il est des banques maintenues juridiquement en vie par une interprétation plus que discutable des règles comptables françaises.

    L’ordre politique et financier actuellement en vigueur repose sur l’hypothèse d’infaillibilité décisionnelle de certains hommes. Objectivement l’acquisition du statut d’infaillibilité rapporte beaucoup d’argent car l’infaillibilité dispense de comparer ce qu’on promet avec ce qu’on produit effectivement. Coter la prime de crédit personnelle des dirigeants des puissances financières publiques et privées est le seul moyen connu de rendre vérifiable le résultat économique d’une décision générant la comptabilisation d’un crédit.

Les commentaires sont fermés.