DOLLAR ET EURO, LA DICTATURE DE L’ABSURDE AURA UNE FIN, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Une importante synthèse qui nous conduit du « théorème de l’intérêt » de Bernard Schmitt au bancor, en passant par l’euro et la Chine.

Bernard Schmitt (BS) économiste du Research Laboratory of Monetary Economics (RME Lab), en Suisse a publié en juin 2009 un « théorème de l’intérêt » (on pourra lire ici l’étude complète) qu’il a discuté avec la Banque Mondiale et le FMI. Ce théorème pose l’anomalie systémique de la double charge d’intérêt que subissent les économies nationales étrangères aux monnaies de réserve internationales.

Les règlements financiers du commerce international effectués pour l’essentiel en dollar et euro rapportent aux États-Unis et à l’Europe les frais de gestion de la masse monétaire mondiale. En plus du prix de la liquidité internationale, les pays émergents doivent subir le prix de la dévaluation du dollar et de l’euro facturés sur des excédents commerciaux automatiquement financés par un crédit international qu’ils ne contrôlent pas.

Distinguer l’intérêt du crédit et l’intérêt d’investissement

Le théorème de Schmitt dit autrement ce que Paul Jorion (PJ) exprime dans « L’argent mode d’emploi » (2009) et dans « Le prix » (2010). En l’occurrence qu’une reconnaissance de dette en paiement d’un bien réel concret ne peut pas être un système équilibré d’échange si celui qui reconnaît sa dette doit s’acquitter d’un intérêt de liquidité unilatérale. Un intérêt majoré par le fait-même que le vendeur emprunte la monnaie en accord avec sa contrepartie pour s’émanciper des contraintes du troc par un règlement en monnaie de crédit.

De fait, un règlement en crédit avec intérêt appauvrit celui qui emprunte par rapport à celui qui prête. Mais de fait aussi, l’emprunteur ne s’appauvrit pas s’il peut produire avec son emprunt davantage que l’emprunt plus l’intérêt. Or PJ a bien montré dans « Le prix » qu’il est des organisations et des pratiques marchandes qui favorisent l’investissement des emprunts de façon que l’emprunteur et le prêteur soient gagnants dans le temps en dépit d’asymétries matérielles et psychiques des positions d’échange.

Nous pouvons supposer dans les échanges internationaux deux composantes de l’intérêt qui sont l’intérêt du crédit et l’intérêt de l’investissement. Dans « Le prix », le métayage est présenté comme une loi logique d’équilibre de l’intérêt du crédit par l’intérêt de l’investissement. BS montre par son théorème que le système monétaire international fondé sur le crédit ne contient pas de loi rationnelle d’équilibre de l’intérêt par l’investissement.

La loi internationale de l’investissement, si loi il y a, n’est à l’évidence pas rationnelle puisqu’elle débouche concrètement sur des déséquilibres mondiaux insoutenables des échanges commerciaux et financiers. Sans loi explicite d’équilibre du crédit par la garantie de l’investissement, l’équation des échanges internationaux n’est pas soluble par la seule variable de l’intérêt du crédit. Sans compensation par l’intérêt de l’investissement, le système du crédit international n’est pas résilient dans le temps réel.

La finance qui suit la loi de l’intérêt du crédit international sans avoir de loi de circulation des capitaux s’autodétruit sous nos yeux. Les intérêts du crédit international atteignent des niveaux exorbitants sur les pays surendettés par le fonctionnement-même du système monétaire international asymétrique en droit.

Éléments d’analyse financière du théorème de Schmitt

BS expose une équation mathématique sans solution de l’équilibre mondial de la balance des paiements internationaux. La seule variable de l’intérêt du crédit négociée dans les échanges financiers ne peut pas équilibrer la variable cachée non négociable de l’intérêt de l’investissement.

BS constate indiscutablement que les règlements commerciaux des PVD en monnaie de réserve des pays développés entraînent une asymétrie : les développés reçoivent un intérêt sur la masse monétaire engendrée par leurs déficits commerciaux. La crise actuelle montre que cette asymétrie favorise une croissance exponentielle des dettes internationales entretenant et accentuant les déficits commerciaux intenables des pays développés émetteurs de monnaie de réserve.

A ce stade de la (dé)monstration de BS, il est important de remarquer que tout est factuel sans qu’on sache s’il existe une alternative logique qui soit équilibrée par un critère de justice. On peut supposer que la non-présentation de cette alternative nourrisse le scepticisme ou la prudence des pouvoirs financiers actuels. Dans sa démonstration factuelle, mathématiquement habillée pour faire plus scientifique et amadouer ses interlocuteurs (Cf. la critique de PJ du théorème d’incomplétude de Gödel dans « Comment la vérité et la réalité furent inventées » 2009), BS n’analyse pas son cadre de démonstration qu’est l’ordre géopolitique international déterminé par la suprématie du dollar et de ses dérivés européens.

Cet ordre géopolitique est clairement platonicien : les États-Unis et leurs alliés européens dictent une loi monétaire qui n’est pas discutable bien qu’elle ne soit pas viable dans le monde multipolaire contemporain. Pour pouvoir envisager une alternative à l’impasse systémique de la république mondiale du dollar, il faut basculer dans un référentiel démocratique aristotélicien.

Comme PJ le suggère dans « Comment la vérité et la réalité furent inventées », il faut revenir sur la bifurcation épistémique de la Renaissance qui nous a fait abandonné la cosmologie aristotélicienne pour la cosmogonie platonicienne. Concrètement il faut reconstituer la séparation entre l’« être donné » et la « réalité objective » ; reconsidérer la réalité objectivable prétendument exactement représentée dans la théorisation scientifique ; envisager le risque de la connaissance humaine objective de l’« être donné ».

Dans l’ordre de la monnaie, cela signifie retrouver la différentiation des philosophies, des cultures et des nationalités par des unités de compte différentiables. Concrètement l’intérêt du crédit et l’intérêt de l’investissement doivent être négociables par l’intérêt du change.

En décomposant l’intérêt du crédit international en trois composantes crédit-investissement-change, l’équation de Schmitt déclarée à juste titre sans solution équitable devient soluble et potentiellement équitable. L’intérêt du crédit que prélève le système financier international sur les emprunteurs de monnaies de réserve est redistribuable en intérêt d’investissement et en intérêt de change aux épargnants internationaux détenteurs et prêteurs de dépôts internationaux de change.

Avec trois variables, le théorème de Schmitt devient une démonstration. Les pays émetteurs de monnaie de réserve ont un intérêt économique évident et inique à contrôler la liquidité mondiale : ils sont rémunérés sans contrepartie réelle par la prime de change sur l’intérêt de crédit des épargnants internationaux.

La cupidité est l’explication du double intérêt constaté par BS : les PVD paient un premier intérêt en empruntant du dollar pour investir dans l’économie internationale puis un deuxième intérêt pour protéger leurs réserves de change contre la dévaluation des monnaies de réserves adossées aux déficits commerciaux des pays développés.

Illustration par la réalité absurde du théorème du double intérêt

La finance en dollar est intéressée à l’accumulation de réserves par l’économie chinoise ; les primes de change sont de plus en plus astronomiques que les Chinois doivent régler sur leur épargne internationalisée. Le gouvernement fédéral des États-Unis et la Fed sont intéressés par la suprématie du dollar dans l’épargne internationale grâce au refinancement mécanique de la dette publique fédérale et aux commissions de liquidité perçues par la Fed sur l’ensemble du système financier mondial.

Par l’intérêt du change en dollar, le gouvernement des États-Unis, le système financier international et le capitalisme communiste chinois se livrent à un pillage en règle de l’épargne chinoise accumulée par l’esclavage de la main d’œuvre chinoise. Esclavage qui impose de mettre l’économie étatsunienne et la zone euro au chômage et dans la précarité afin de reverser aux Chinois les intérêts de crédit de leurs créances en dollar et en euro.

La spéculation en dollar et en euro masque le règlement de la prime de change en croissance exponentielle par les primes de crédit des emprunteurs en euro et en dollar. La prime de change payée par les PVD sur leurs réserves de change est dissimulée par une compensation avec les primes et intérêts de crédit payés par les économies étatsunienne et euro-européenne sur leur dette extérieure.

L’opacité des comptabilités financières internationales des banques masque la compensation du risque de crédit par le risque de change. Cette compensation est très rémunératrice pour le système financier qui accumule d’énormes plus-values de change et de crédit dans les paradis fiscaux pendant que les pays développés et PVD n’ont plus de crédit pour financer leurs investissements.

Le pillage financier des pays surendettés de la zone euro montre que le double intérêt de Schmitt se mue en triple intérêt. Le captage de la plus-value d’émission de la liquidité internationale s’est retourné contre les intérêts nationaux des États-Unis et des pays de la zone euro. Les pouvoirs politiques de la zone euro ont opté pour la monnaie unique afin de profiter du même avantage que le gouvernement fédéral étatsunien : se financer gratuitement avec l’épargne internationale en captant la prime de change pour alléger la prime de crédit.

Par la monnaie unique à plusieurs États développés, le système financier international mené par les banques européennes, a transformé le double intérêt du dollar en triple intérêt de l’euro. Les dettes interétatiques ont explosé entre les pays euro-européens. Les primes de crédit en euro des pays les plus endettés permettent aux banques de récupérer auprès des États de la zone euro la prime de change qu’ils captent sur l’épargne internationale en euro.

L’euro a été transformé en subprime systémique pour permettre au système financier de se racheter du subprime sur l’immobilier. Le problème systémique évident depuis le deuxième semestre 2011 est l’épuisement de l’économie réelle par la spéculation politique et financière en dollar et en euro. Le parasite est obligé de tuer la bête exsangue pour espérer survivre.

Sortir du non-système par la compensation keynésienne en bancor

Si les États ont encore quelques forces pour combattre le parasitage financier de la monnaie, du crédit et de l’investissement, ils n’ont pas d’autre solution que de diviser la monnaie en étalon de crédit international et en étalons d’investissement nationaux ou régionaux. La monnaie de crédit internationale peut être le bancor, ou le DTS monétisé du FMI ou encore l’euro.

Un étalon de crédit international est une monnaie qu’aucun État ne puisse emprunter sans l’autorisation juridique de tous les autres et sans paiement explicite de sa prime de crédit et de sa prime de change. Comme les lois de crédit et les lois d’investissement procèdent des États nationaux qui les font appliquer, il est impossible de soustraire l’étalon international de crédit à la captation d’un État ou des banques qu’il régule si cet étalon est une monnaie nationale.

L’euro est impossible à sauver comme monnaie commune des euro-Européens sans réémission de monnaies nationales ou régionales. Le dollar est impossible à sauver comme monnaie du système politique étatsunien si les banques européennes peuvent l’émettre librement hors du contrôle de la Fed. Dès qu’une monnaie véritablement internationale sera émise dans le monde, alors les Chinois pourront y placer toutes leurs réserves de change.

Les primes de change réglés par les épargnants chinois ne sont plus captés par des intérêts nationaux ou financiers étrangers à la Chine. Les primes de change sont capitalisées par les banques véritablement internationales chargées de garantir le prix à terme des investissements et des créances internationales sur le monde.

Bien évidemment, les crédits internationaux en monnaie internationale ne seront pas consentis par les banques acheteuses du risque de change, du risque de crédit ou du risque d’investissement. Le crédit en monnaie internationale ne peut être mesuré et alloué que par des banques dédiées au crédit dont le risque soit intégralement acheté par des investisseurs ne participant pas à l’adossement des échéances de prêt aux échéances d’épargne.

Bien évidemment, aucun État n’a de privilège de régulation sur un quelconque aspect de la monnaie internationale. Une dette publique nationale ne peut être émise qu’en monnaie nationale et donc librement garantie en monnaie internationale par des primes de change et des primes de crédit négociées en transparence.

Les monnaies du monde garanties par le rétablissement de la démocratie européenne

Bien évidemment, la négociation de l’intérêt du crédit, de l’intérêt de l’investissement et de l’intérêt du change est transparente et publique en monnaie internationale. Aucun intérêt particulier ne doit pouvoir prévaloir aux dépens de la masse des créanciers ou des débiteurs en monnaie internationale. Les institutions politiques européennes sont les seules actuellement à même d’exercer un contrôle de légalité démocratique sur des transactions financières internationales.

Le Parlement Européen est la seule chambre législative internationale désignée par un processus démocratique. La création d’un marché financier public en euro est immédiatement envisageable sous le contrôle du pouvoir législatif de l’Union Européenne devant lequel la BCE et les autorités européennes de régulation financière soient responsables.

Dès que les dettes publiques européennes sont converties en monnaie nationale, cotées et garanties en euro ; dès que les banques en monnaie nationale séparées des banques en euro cotent leur capital et leur passif en euro ; dès que le dollar, le yuan, le yen, la livre deviennent convertibles en euro à la condition d’un achat transparent de la prime de change sur le marché financier public européen, alors le double et le triple intérêt de Schmitt sont rationnellement calculés, réglés et répartis selon des rôles financiers transparents et efficients.

Les parités de change en crédit national se mettent à fluctuer vers un équilibre mondial de la liquidité du crédit et de l’investissement. L’équilibre est assuré par l’achat primaire du risque de change impliquant le rachat des fluctuations de parité pendant la durée d’un crédit international. Le traçage des flux de capitaux restaurent le financement des lois nationales et internationales par la fiscalité délibérée par des procédures démocratiques.

Les monnaies des pays trop endettés se dévaluent alors que les monnaies des pays excessivement créditeurs se réévaluent. Un marché international des changes libres et régulés se met en place où le critère d’équilibre à long terme du crédit est le potentiel réel et civilisationnel de l’économie des ensembles politiques.

Les idéologies, les religions et les philosophies sont suffisamment diverses au sein de l’Union Européenne pour que le capitalisme financier totalitaire subisse une vraie concurrence dans un marché financier multinational ouvert en euro. Pour rejeter le totalitarisme financier du dollar non régulé en dehors de l’économie européenne, il suffit d’interdire la circulation libre du dollar ; la liquidité de la BCE en euro est conditionnée à la cotation en euro des actifs en dollar. Aucun règlement ne peut plus intervenir en euro ou en monnaie de la zone euro sur un actif non coté en droit d’un des pays de l’Union.

Le « théorème de l’intérêt » de Schmitt est vérifié dans l’effondrement actuel du système monétaire international. Mais cette vérification ne débouche sur rien sans les deux variables soigneusement dissimulées par la spéculation financière et politique : l’investissement et la convertibilité économique des systèmes juridiques nationaux. La compensation keynésienne internationale du crédit est la démonstration du théorème de Schmitt depuis 70 ans.

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97 réflexions sur « DOLLAR ET EURO, LA DICTATURE DE L’ABSURDE AURA UNE FIN, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Pour mémoire…

    Extraits de C’ETAIT DE GAULLE d’Alain PEYREFITTE
    (Première publication : 1994…)

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    (Source Le Livre de Poche – 2009 – Tome II, pages 99 à 113)

    PARTIE I

    Chapitre 12
    « L’IMPERIALISME AMERICAIN LE PLUS INSIDIEUX EST CELUI DU DOLLAR »

    Salon doré, 27 février 1963.

    GdG : « L’impérialisme américain, aucun domaine ne lui échappe. Il prend toutes les formes, mais la plus insidieuse est celle du dollar.
    « Les Etats-Unis ne sont pas fichus d’avoir un budget en équilibre. Ils se permettent d’avoir des dettes énormes. Comme le dollar est partout la monnaie de référence, ils peuvent faire supporter par les autres les effets de leur mauvaise gestion. Ils exportent leur inflation dans le monde entier. C’est inacceptable, ça ne doit pas durer.

    AP. – Ca ne doit pas, ou ça ne peut pas ?

    GdG. – Ca peut très bien durer ! Tout le monde se couche. Ca durera… tant que nous ne l’aurons pas dénoncé et que n’y aurons pas mis le holà.
    « Heureusement que nous avons empêché les Anglais d’entre dans le Marché Commun. Sinon les investissements américains sur l’Angleterre se seraient multipliés. Elle aurait été le point de passage des capitaux américains envahissant l’Europe. Et tant pis si notre économie passait sous la coupe des Américains. »

    Curieux que le Général se lance ainsi dans une critique économico-financière qui ne lui est pas familière. Il est vrai qu’il ne lui faut pas longtemps pour assimiler une discipline nouvelle. En 1946, entre son départ du pouvoir et le discours de Bayeux, il avait, en quelques semaines, absorbé nombre de livres de droits constitutionnel et bâti pour notre pays une Constitution selon son cœur ; elle set la nôtre aujourd’hui. Voici que, plus âgé de dix-sept ans, il assimile les techniques de la finance internationale et des relations économiques extérieures.
    Il est vrai que Rueff doit être passé par là, relayé par les conseils de Burin et les éclaircissements de Lévêque (1). Ce que ces deux derniers me confirment dans l’après-midi.

    « L’invasion américaine se déroule comme le cours d’un fleuve »

    Salon doré, 30 avril 1963.

    GdG – « Les Américains sont engagés dans un processus de mainmise sur l’ensemble des circuits économiques, financiers, militaires, politiques dans le monde. C’est une invasion qui se déroule comme le cours d’un fleuve. Les Américains le voudraient-ils, ils ne pourraient pas s’y opposer. D’ailleurs, ils n’y a pas de risque qu’ils le veuillent. Qui dresse une digue ? Ce n’est pas le fleuve. Ce sont les hommes qui ont intérêt à se mettre à l’abri de l’inondation. Or, personne n’en a le courage. C’est donc à nous qu’incombe ce devoir. Vous verrez, on finira par suivre notre exemple, si nous le donnons avec éclat. »
    Il se reprend : « Avec éclat, mais sans arrogance. Il faut ménager l’amitié.

    AP. – Tant que vous serez là, cette ligne peut être suivie : contenir la poussée américaine, mais sans se fâcher. Seulement, votre successeur, quel qu’il soit, n’en aura pas la capacité.

    GdG – « C’est pourquoi, là comme ailleurs, il faut créer l’irréversible. L’irréversible, pour les monnaies, ce serait l’étalon-or. Nous y sommes théoriquement, mais pratiquement nous lui tournons le dos. Le dollar a remplacé l’or. Si nous retournions à l’étalon-or, les monnaies seraient sur des rails, dont elles ne pourraient pas dérailler. Ca supposerait que, chaque fois que nous avons des dollars, nous les convertissions en or, et que tout le monde en fasse autant. Les pressions politiques ne pourraient plus manipuler les monnaies, même si les gouvernements sont soumis aux pressions électorales ou sociales. Les autorités monétaires auraient les moyens d’empêcher les dérives.
    (C’est du Rueff pur sucre, mais concentré et cristallin.)
    « Tant que je serai là, j’obligerai le gouvernement à lutter contre le déficit et l’inflation (2), donc à tenir le franc. Quand je ne serai plus là, vous verrez, la facilité reprendra son cours. Mais le franc pourrait tenir s’il était rattaché à l’or, comme les autres monnaies ; ça obligerait les gouvernements à être raisonnables, le gouvernement américain et tous les autres comme lui.
    « L’élection populaire du président n’est pas faite pour moi, mais pour qu’après moi, l’état et le pays aient une tête. De même, il faut créer une situation telle que les autorités politiques et monétaires soient obligées, après moi, d’assumer leurs responsabilités. »

    « Bull, c’est vraiment une entreprise française ? »

    Conseil du mardi 18 février 1964.

    Le Général, méfiant, se tourne vers Giscard : « Bull, c’est vraiment une entreprise française, avec ce nom ?

    Giscard (incollable). – Bull était un ingénieur norvégien qui a vendu son brevet à une entreprise française. Cette société est venue demander au Crédit national un crédit de 45 millions. Dans une firme fabriquant des machines pour connaître à tout instant les comptes au centime près, on avait laissé se créer une situation financière désespérée, sans que personne s’en fût aperçu.
    « La General Electric propose d’apporter de l’argent frais contre une participation de 20% au capital. Nous allons constituer une solution française. Non sans mal ; les compagnies voisines, qui sont jalouses de leurs prérogatives, ne voient pas l’importance de l’enjeu. Le nouveau groupe apporte 70 millions et détiendra deux tiers des parts, les anciens actionnaires ne disposant que d’un tiers. L’aide de l’état se fera sous forme de passation de marchés.

    Pompidou. – Les capacités financière et techniques des grandes sociétés américaines sont telles, qu’il n’y a guère de sociétés françaises, voire européennes, dans l’aéronautique, l’électronique, l’informatique, l’automobile, qui soient en mesure de résister à leur puissance, par absorption ou par achat, si les gouvernements ne se mettent pas en travers. Des entreprises familiales, incapables de soutenir le rythme, ne suivent pas l’avance technique et ferment les yeux devant le trou qui se creuse.
    « Il faut sauver cette entreprise, mais en lui gardant son caractère privé. Si nous la nationalisions, elle vivoterait aux crochait de l’Etat. Seule l’Europe formera un marché suffisant. Il ne faut pas s’imaginer pouvoir tenir, face aux colosses américains, avec un petit marché intérieur.

    GdG – Tout cela est bien préoccupant. C’était fâcheux que Bull soit menacé. Il s’agit d’une entreprise française de pointe, qui n’est quand même pas mal dans sa partie technique. (La foi dans le génie français est émouvante.) Si General Electric entrait dans le capital, ce serait le loup dans la bergerie. Mais si on s’allie avec un partenaire européen, il ne faut pas non plus tomber sous sa coupe ; Ce serait qu’une autre façon de tomber sous celle ses américains. »

    Pompidou me fait passer un billet : « Pas un mot de bull. On n’en a pas parlé. » (Non ! Si on m’interroge, je dirai : « No comment. »)

    « Sans indépendance économique, il n’y a plus d’indépendance tout court »

    Conseil du 18 novembre 1964.

    Giscard et Pompidou présentent au Conseil un projet de loi sur le vote plural. Il s’agit de protéger les entreprises françaises contre des immixtions étrangères, en accordant plusieurs voix à des actions qui sont restées depuis dix ans attachées à la même société.

    GdG (visiblement fort satisfait) : « C’est un gros coup. Comment croyez-vous que ça va passer à l’Assemblée ?

    Pompidou (sans hésiter). – Ca passera sans difficulté. »

    Après le conseil, le Général me commente ce texte :
    « Vous pouvez dire que cette disposition va permettre d’éviter que des capitaux américains ne viennent sauvagement faire basculer le pouvoir dans une société française. Vous savez sans indépendance économique, il n’y a pas d’indépendance tout court. »

    « Nous payons les Américains pour qu’ils nous achètent »

    Un an plus tard, au conseil du 20 octobre 1965, le sujet revient, à l’occasion d’une communication de Maurice Bokanowski (3)

    Bokanowski : « L’Allemagne, où les entreprise sont plus concentrées, poursuit la modernisation de son équipement à un rythme accéléré, et les moyens de nos deux pays s’écartent de plus en plus. Chez nous, les concentrations sont très difficiles, elles posent des problèmes insurmontables de personnes.

    GdG. – Nous devons nous armer pour amener, et au besoin pour contraindre, notre industrie à la concentration. Le mouvement général y pousse, mais je ne crois pas que ce soit suffisant.
    « Nous ne sommes pas non plus armés pour lutter contre l’invasion américaine. Compte tenu de l’énormité des Etats-Unis, nous ne pourrons tenir le coup qui si nous sommes capables de nous défendre. Je vous demande d’y réfléchir très sérieusement. C’est primordial. Comment ferons-nous pour empêcher que nous soyons submergés par un monstre comme General Motors ou IBM ?
    « Les Américains exportent partout leur inflation, et à notre détriment. Ils veulent absolument investir à l’étranger, et ça ne leur coûte à peu près rien. Nous les payons pour qu’ils nous achètent !

    Pompidou. – Le traité de Rome nous interdit de faire aucune discrimination entre les entreprises installées dans le marché commun. Or, compte tenu des investissements étrangers très importants en Hollande, en Belgique, en Italie, nous ne savons comment faire pour empêcher ces entreprises d’essaimer ensuite chez nous.
    « Et puis, est-il de l’intérêt français de laisser Ford s’installer en Italie, ou plutôt en France de manière à faire travailler des Français ? De toute façon, les investissements se feront et nous n’y pourrons rien. »

    Pompidou, voici moins de trois ans, enchérissait sur la diatribe du Général contre l’invasion des capitaux américains (4). Il est devenu plus nuancé.

    Quand le Général ne voit encore dans l’investissement étranger en France qu’une défaite de la France, son Premier ministre y voit une source d’activité. Le premier reste méfiant. Le second, sur ce point, me semble avoir des vues plus sereines et sans doute plus justes.

    Chapitre 13
    « LE DOLLAR DECROCHERA, UN JOUR OU L’AUTRE, DE L’OR »

    Salon doré, 18 septembre 1963.

    GdG. – « Les Américains vont beaucoup s’intéresser à la prochaine réunion du Fonds monétaire. Le système monétaire mondial ne fonctionne pas correctement. Il oblige la France et l’Allemagne à garder aux Etats-Unis des dollars, qui sont une source d’inflation.

    AP. – Alors, vous allez dénoncer ce système ?

    GdG. – Pas tout de suite. Nous ne ferons pas encore cette fois de proposition révolutionnaires. Pompidou, Giscard et Couve m’ont conjuré de ne pas bousculer le pot de fleurs. Je reconnais que ce n’est pas immédiatement nécessaire de dire leur fait aux Américains. Mais ils ne perdront rien pour attendre. »

    Le lendemain matin, je tamise cette confidence pour Pompidou : « Le Général m’a laissé entendre qu’il remettrait à plus tard… » Le Premier ministre éclate de rire :
    « Le Général voudrait dénoncer le système monétaire international, mais j’essaie de l’en dissuader. Ce n’est pas le moment ! »
    Pour Pompidou, on ne prend jamais assez de précautions. Pour le général, son premier ministre en prend trop, et l’inopportunité sans cesse invoquée ne lui paraît qu’un prétexte pour se dérober devant l’obstacle.

    « Il faut rendre à l’or son rôle de support essentiel »

    Conseil du 16 septembre 1964

    Un an plus tard, Giscard rend compte d’une nouvelle réunion du Fonds monétaire international à Tokyo. Cette fois, par sa bouche, la France a sinon « bousculé », du moins déplacé le « pot de fleurs ».

    GdG : « Nous avons lu la communication que vous avez faite à Tokyo ; elle correspondait bien à ce que nous pensions devoir être dit. Ce système monétaire ne peut pas durer. Il est américain. Il n’est pas mauvais parce qu’il est américain, mais parce qu’il est déséquilibré. »

    (En conseil, le Général ménage ceux de ses ministres qui pourraient s’offusquer de son «anti-américanisme ». Il ne tient pas à renouveler l’incident de la démission des ministres MRP (5).)

    Après le conseil, j’essaie d’aller plus loin : « Allez-vous prendre une initiative ?

    GdG. – Giscard a dit tout haut à Tokyo ce que beaucoup pensent tout bas, à savoir que tout ne va pas pour le mieux dans le système actuel des règlements monétaires internationaux. Ce système, établi au gré des circonstances, permet aux pays dits « à monnaies de réserve », c’est-à-dire les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, de solder les déficits chroniques de leur balance des paiements. Il est en grande partie responsable du déséquilibre des règlements internationaux, ainsi que des tendances inflationnistes qui se manifestent actuellement partout dans le monde.

    « Il faut donc rendre pleinement à l’or son rôle de support essentiel du système mondial des paiements. Seul l’or, parce qu’il est inaltérable et qu’il inspire confiance, échappe aux fluctuations des soi-disant « étalons de change or (6) » et à l’égoïsme des politiques nationales anglo-saxonnes.

    AP. – Vous prônez un changement radical du système actuel ?

    GdG. – Non, ce qu‘il faudrait, c’est une évolution progressive et concertée, qui devrait permettre un meilleur ajustement du système mondial des paiements aux besoins réels. En attendant, il faudrait mettre sur pied une surveillance multilatérale des politiques monétaires nationales. »

    Où l’on voit que le Général n’a pas la religion de la « souveraineté monétaire » des états. Il sait qu’ils ne l’utilisent que trop pour manipuler leur monnaie. L’or fait la police. Il est extrapolitique.

    « La livre est à bout de souffle, les Anglais aussi »

    Salon doré, 23 décembre 1964.

    Le Général m’annonce qu’il compte tenir une conférence de presse en février prochain.

    AP. « Quels thèmes comptez-vous développer ?

    GdG. – En particulier, la question monétaire internationale.

    (Ainsi, il aura attendu un an et demi avant de « bousculer le pot de fleurs ».)

    AP – D’ici là, le sterling risque d’être dévalué ?

    GdG. – Oh ! Les Anglais tiendront bien cahin-caha jusque-là, et même au-delà. Le trésor américain leur a donné assez de dollar pour ça. Mais ça va très mal. La livre est à bout de souffle, les Anglais aussi. Ils peuvent, comme les faibles, essayer d’abord une dévaluation masquée, vous savez, à la manière de Félix Gaillard ? Ils feront 10 %, 15 % , camouflés en prélèvement sur les importations et en détaxes sur les exportations. Et puis, ça ne suffira pas (7).

    AP. – Si le dollar suivait le sterling, nous serions obligés d’en faire autant nous-mêmes ?

    GdG. – Je ne sais pas encore. Cela dépendra des conditions. Les Anglais ont en caisse quatre milliards de dollars. Nous n’avons qu’un milliards trois cents millions de dollars en billets verts. Nous avons converti en or tout le reste, quatre milliards de dollars. Evidemment si tous les avoirs étrangers en dollars voulaient être convertis en or, ça mettrait à sec les réserves d’or américaines, ça démontrerait que le dollar n’est plus la monnaie de réserve qu’il prétend être. Seulement, si le dollar est dévalué, nos prix deviendraient tout de suite trop chers par rapport aux prix américains. Alors, pour nos exportations, ça deviendrait difficile. »

    « Nous ne sommes pas assez riches pour nous ruiner »

    Salon doré, 3 février 1965.

    AP. – « Annoncerez-vous des choses importantes demain, dans votre conférence de presse, sur le système monétaire international ?

    GdG. Je dirai que le Gold Exchange Standard est devenu caduc.

    AP. – C’est un vœu pieux ?

    GdG. – Ce n’est pas un vœu ! C’est ce qu’il faut faire. J’indiquerai que le Gold Exchange Standard ne repose plus sur les mêmes bases qu’autrefois et que, par conséquent, il faut un changement.

    AP. – Nous ne pouvons pas le changer à nous tout seuls ?

    GdG. – Le fait que nous le condamnons justifie à lui tout seul que nous ne voulions plus des dollars, mais de l’or. On nous imitera. Il suffit que nous le répétions assez longtemps pour que le Gold Exchange Standard finisse un jour par s’effondrer. Mais il faudrait mieux qu’il fût délibérément supprimé par une négociation.

    AP. – Les Américains, accessoirement les Anglais, vont prendre ça pour une agression.

    GdG. – Nous ne considérons plus le dollar comme de l’or, puisque maintenant nous échangeons systématiquement nos dollars contre de l’or… Un tas d’entreprises mondiales sont expropriées au profit des Américains, avec des capitaux qu’ils se procurent par leur inflation… Ils réagiront, mais ça n’a pas beaucoup d’importance.

    AP. – On dit que la France refuserait de participer au prochain relèvement des participations du Fonds Monétaire international.

    GdG. – Parfaitement ! Nous avons déjà énormément de participations internationales. Tout ça pour soutenir une livre qui, en définitive, ne sera pas sauvée, et un dollar qui commence à être ébranlé. Ca suffit comme ça ! Nous ne sommes pas favorables à l’augmentation des quotas. On les a déjà augmentés ! Nous ne sommes pas assez riches pour nous ruiner.

    AP. – Ca va nous faire quelques mois agités.

    GdG. – Les Américains n’ont qu’à faire ce qu’ils doivent faire pour redresser leur balance des paiements.

    Salle des fêtes de l’Elysée, 4 février 1965.
    Conférence de presse des grands jours. Les journalistes sont partagés entre l’éblouissement de cette leçon magistrale, la stupeur de voir ce militaire se lancer dans un sujet technique dont il devrait tout ignorer, et l’ironie de le voir monter allègrement à l’assaut de la forteresse dollar, inexpugnable par définition.

    A peine suis-je rentré dans mon bureau, que Rueff (8) me téléphone. Jamais il n’a entendu parler du dollar, du Gold Exchange Standard, du système monétaire international, avec tant de clarté, de profondeur, de maîtrise. Il est émerveillé.

    AP. – « Vous êtes content de votre élève ?

    Jacques Rueff – Je croyais qu’il était mon maître en toutes choses sauf pour celle-là. Je me demande s’il ne le devient pas aussi pour celle là. »

    « Rétablir l’équilibre, c’est une opération terrible. »

    Salon doré, 17 février 1965.

    AP. – « Ce que vous avez dit dans votre conférence de presse sur l’étalon-or est mal passé dans la presse anglo-saxonne et dans la presse française…

    GdG. – C’est la même chose !

    AP. – Mais c’est bien passé dans l’opinion, peut-être par patriotisme et puis parce qu’on a confiance dans l’or, pas dans le dollar.

    GdG. – Exactement. Dans le tréfonds français, on est pour l’or, parce que qu’on sait, héréditairement, que le règne de l’or s’est confondu avec une situation économique stable.

    AP. – Finalement, la presse elle-même a baissé le ton. Vous n’êtes plus guère contredit en France que par l’opposition, y compris par les MRP, qui disent que c’est un mauvais coup porté aux Américains…

    GdG. – Ou par Raymond Aron.

    AP. – Mais vous êtes suivi par la population.

    GdG. – La masse sent ce que les intellectuels ne veulent pas comprendre.

    AP. – Ca va déboucher sur quoi ?

    GdG. – Sur l’effondrement de la livre et, un jour ou l’autre, du dollar, qui cessera d’être convertible en or.

    AP. Mais nous ne pouvons pas souhaiter l’effondrement de la livre et du dollar !

    GdG. – Bah ! Pourquoi le craindre ?

    (Il pense à l’effondrement en tant que monnaie de réserve, alors que je pensais à l’effondrement en termes de dévaluation – qui nous serait préjudiciable.)

    AP. – Nous sommes solidaires, quand même ?

    GdG. – Les Américains et les Anglais ont pu maintenir artificiellement leur suprématie. Tant qu’ils étaient en mesure de changer leur monnaie contre de l’or, et tant qu’ils avaient des balances de paiement favorables, ça n’incommodait pas les gens. Aujourd’hui, cette situation s’est retournée, leurs balances de paiement sont défavorables, et ils perdent de l’or.
    « Pour que les Américains arrivent à maintenir le Gold Exchange Standard, comme ils sont censés le faire, il faudrait que leur balance des paiements soit équilibrée. Mais ils en sont incapables. Alors, le dollar décrochera, un jour ou l’autre, de l’or, malgré toutes les pressions. Rétablir l’équilibre, c’est une opération terrible. Il faudrait une force politique qu’ils n’ont pas. Ile père Johnson ne l’a pas. Il ne peut pas faire ça. De même qu’il ne peut pas faire la paix avec l’Asie. Il a peur de ses lobbies.

    AP. – Ne croyez-vous pas qu’avant de revenir à l’étalon-or pur et simple, on sera obligé de passer par une monnaie de réserve autre que le dollar, peut-être un panier de devises ?

    GdG. – Il, ne faut pas se laisser couillonner ! Les Américains et leurs séides tâcheraient de garder quand même le dollar comme principale monnaie de réserve, parce qu’elle serait la plus forte des devises du panier ! »

    « Les Américains se prennent pour les gendarmes du monde monétaire. »

    Conseil du 1er septembre 1965.

    Giscard : « Le secrétaire d’Etat américain au Trésor, Fowler, est venu à Paris. Il assure que les Etats-Unis ont mesuré les troubles provoqués par les déséquilibres continus de leur balance des comptes et considèrent son rétablissement comme un objectif prioritaire. Mais ils arguent que leur déficit financier est un déficit mondial. Fowler évoque la possibilité d’un panier de devises. Il reprend à son compte votre thème de la réforme monétaire internationale, mais sans lui donner de contenu pratique.

    GdG. – Les Etats-Unis se prennent pour les gendarmes du monde monétaire. Fowler a dit à la radio que le Fonds monétaire international serait le cadre approprié pour régler la question. En réalité, c’est pour donner l’impression de l’action, mais ils ne veulent rien faire.

    Après le Conseil, j’entreprends le Général sur cette démarche :

    GdG. : « La visite de Fowler n’a abouti à rien. Ca n’a été qu’une première prise de contact, inévitable, sur un sujet que j’ai mis à l’ordre du jour. Rien qui modifie les positions respectives.

    AP. – Le franc et le mark pourraient devenir monnaie de réserve ?

    GdG. : Les monnaies de réserve, ça suffit comme ça ! On ne va pas encore en inventer d’autres ! Il y a l’or. Le reste, c’est des histoires, c’est pour nous couillonner.

    AP. – Petit à petit, les Américains reconnaissent que le système actuel n’est pas satisfaisant.

    GdG. – Pour eux, il n’est plus satisfaisant du tout, puisqu’il a pour effet qu’ils perdent leur or !

    AP. – Nous allons continuer à changer nos dollars en or ?

    GdG. – Bien sûr ! Il n’y a pas de raison que ça s’arrête. Les Hollandais et les Suisses en font autant. Puis d’autres suivront. C’est pour ça que le dollar finira par décrocher.

    AP. – Quand même, les Américains ont un peu rétabli leur balance des paiements.
    GdG. – Ils l’ont rétablie pour un mois ; c’est peu, après des années d’insouciance. Ils sont en pleine inflation. Alors, ils fabriquent des dollars à la planche à billets, ils les exportent, les gogos les prennent comme si c’était de l’or ; c’est commode pour le Américains. Comment voulez-vous qu’ils renoncent à exporter des capitaux ? Il faudrait qu’ils cessent de les créer ! »

    Le Général surestimait quelquefois les difficultés des autres. En tout cas, il sous-estima sûrement la capacité politique de Washington de faire pression sur ses créanciers pour qu’ils ne présentent pas leurs créances. L’exemple français ne fut guère suivi. Et quand il le fut, plus tard, devant l’ampleur prise par la dette américaine, et que la situation fut devenue intenable, Nixon imposa en 1971 son coup de force monétaire : en découplant le dollar et l’or, il allégeait brutalement le fardeau de la dette américaine. Le Général, en un sens, avait gagné : il avait tué le Gold Exchange Standard. Mais, en un autre sens, il avait perdu : Nixon s’acharna à interdire tout retour à l’étalon-or. Mais ceci est une autre histoire…

    (1) Jean-Maxime Lévêque : inspecteur des finances, conseiller technique à l’Elysée.
    (2) premier avertissement d’un plan que le Général imposera en septembre 1963.
    (3) Ministre de l’industrie.
    (4) Cf. ci-dessus, p. 18 et 19.
    (5) Cf. tome 1, p. 171 sq.
    (6) Le dollar et la livre sterling.
    (7) La livre sterling tiendra pourtant encore trois ans, jusqu’en novembre 1967.
    (8) Inspecteur général des finances honoraires, économiste célèbre, chancelier de l’Institut, conseiller financier officieux du Général.

    1. Bullshit, y’en a marre des trolls de Dupont-Gnangnan. Troisième fois au moins que le blog Jorion dissémine cette daube. « Pour mémoire », qu’il dit l’aut naze ! Pour les culs de basse fosse de l’histoire oui…

  2. Vous n’auriez pas une formule mathématique toute simple pour explique  » le théorème de Schmitt  » ? Parce qu’expliquer en français, j’y comprend rien.

    Perso, je me dis que concernant la « dette ».
    Etant donné que ce sont les banques qui fabriquent l’argent et les seuls habilitées à en prêter et ce, avec intérêt, c’est tout simplement un piège d’où il est impossible de sortir, c’est tellement flagrant, que ceux qui ont mis ça en place devait forcément le savoir.

    Voyons cela avec des chiffres.
    Simplifions, simplifions.
    Faisons table rase, imaginons qu’ il n’y a plus d’argent sur terre, personne ne peut fabriquer de l’argent à part « la banque ».
    L’état à besoin de 100 pièces qu’elle demande à la banque…
    La banque lui donne donc 100 pièces avec un intérêt de 1%, l’état lui doit donc 101 pièces.
    A partir de là, on voit qu’il y a déjà une anomalie, ou l’état va t’il trouver la pièce de différence ?

    L’état est pris au piège au tout premier prêt, il doit demander cette pièce à la banque…qui sera ravie de les lui donner, avec…intérêt…mais où l’état va t’il trouver la différence ? etc..

    Quoi que l’on fasse, il est impossible de sortir de ce piège, il est infini…
    La question pour moi est ? Comment ont ils put mettre une telle absurdité en place ? C’est pire qu’une bombe atomique !

  3. Cet ordre géopolitique est clairement platonicien : les États-Unis et leurs alliés européens dictent une loi monétaire qui n’est pas discutable bien qu’elle ne soit pas viable dans le monde multipolaire contemporain. Pour pouvoir envisager une alternative à l’impasse systémique de la république mondiale du dollar, il faut basculer dans un référentiel démocratique aristotélicien.

    Ni viable a priori, ni appropriée, ni juste a fortiori.
    Le problème n’est pas tant que des puissances l’imposent (car sans la puissance le droit ne peut être effectif), mais
    1/que nulle justice ou recherche permanente du vrai ne guide cette force, nul universalisme respectueux mais un universalisme laminant (tel l’argument ontologique), universalisme qui cache mal le fait de n’être que le paravent d’une particularité proprement impériale et conquérante ;
    2/que, pour paraphraser Rousseau, ces puissances transforment les effets de leur force en droit qui s’applique à tous, de manière à pouvoir compenser l’inévitable déclin de cette force et ainsi prolonger leur domination : la loi du plus fort dure le temps que dure sa force, d’où l’intérêt et le nécessaire projet de celui ci à transformer cette loi en droit et à faire passer ce qui n’est pas pour ce qui est et qui donc devra être, ainsi le chef militaire qui se couronne roi et impose sa descendance.

    Quelques points qui comme vous le savez me tiennent à cœur :

    -Platon n’est pas responsable des systèmes qui ont mimé le sien à mauvais escient. (Pas plus qu’Aristote n’a à voir avec l’aristélo-thomisme, système d’ailleurs qualifié souvent de « platonicien »). Ni de l’amalgame postérieur entre son école et les pythagoriciens.

    -La théorie des idées de Platon ne fait que mettre en avant la nécessité d’une hiérarchie des valeurs, son principal défaut étant dans le fait que selon lui cette hiérarchie ne peut être l’œuvre que de personnes justes, la constitution athénienne de Solon par ex (et là la question à cent cacahouètes : comment reconnait on les personnes justes? La réponse de Platon n’est malheureusement qu’un genre de tautologie : « celles qui agissent avec le sens de la justice ». Perso je pencherais pour un consensus démocratique précédé d’un dialogue (un débat si on ne peut faire le dialogue) éclairé et régulier entre les personnes compétentes dans les domaines intéressés, et tant que possible pas toujours les mêmes personnes ou les mêmes écoles).
    Cette hiérarchie, on la retrouve aujourd’hui dans la hiérarchie (ou pyramide selon l’auteur) des normes du droit.

    -Ces valeurs selon Platon (Vrai et Bien, et donc Beau, en un mot la Justice) sont des principes à la fois d’être et d’action, mais sont avant tout et uniquement du domaine moral : elles ont à encadrer le domaine objectif, de ce qui est et de ce qui doit être fait, mais n’ont pas à définir ce domaine objectif (ce qui est et peut être fait : cette définition reviendrait plutôt à une approche type Aristote, qui trace le chemin pour découvrir ce qui est devant nous en acte, alors que Platon s’occupe* de ce qui doit être en droit).
    Sur cet aspect la question et la difficulté sont bien plus de bien distinguer ce qui relève de la prescription morale de ce qui relève de la description objective, et de les maintenir dans leur domaine propre (de même l’économie qui s’occupe des relations entre les membres de la société dite civile, de la politique qui s’occupe des relations de cette société à elle même et aux autres sociétés).
    [*pour quelques bonnes raisons : devant nous c’est la nature et ses lois qui ne sont pas des droits, où la force prime (cf le Gorgias, notamment le passage du dialogue avec Calliclès). Car la (les)personne(s) juste(s) dont Platon appelle le règne est (sont) aussi un (des)érudits qui doi(ven)t connaître aussi bien les sciences théoriques que celles pratiques ainsi que bien sûr, pour simplifier, « la vie » (Platon souvent fustigé comme aristocrate fut aussi bien conseiller (malheureux) de rois, qu’esclave (certes peu de temps), et comme son mentor Socrate (citoyen, mais plutôt pauvre), s’engageait à parler à tous). Les premiers héritiers de l’école de Platon sont souvent classés parmi les sceptiques, quoiqu’ils s’en écartent en théorie politique, et non pas parmi les idéalistes.]

    L’on oppose très souvent Platon et Aristote selon la dichotomie illustrée par Raphaël, l’un tirant sa vérité du ciel, l’autre de la terre, mais ce sont une illustration et une dichotomie elles même fortement inspirées par la réaction de l’époque à l’aristelo-thomisme (où d’Aquin en gros essaya de concilier Aristote « père des sciences » et l’évangile en utilisant Platon comme colle).
    Il est pour cela toujours bon de rappeler que des textes de Platon, nous ne connaissons que ceux dits exotériques (destinés à tous et aux débutants du cursus. Et, ce dont Platon n’est pas responsable, pour n’avoir « hérité » que de ces textes d’introduction ou de ceux de vulgarisation comme on dirait aujourd’hui, souvent le reproche lui est fait d’être par nature manipulateur), tandis que ceux d’Aristote qui nous sont parvenus sont ceux dits ésotériques (destinés à ses meilleurs élèves), et que la différence entre les deux philosophes est pour les grandes lignes relativement mince (Aristote se réfère même aussi à certaines Idées, celle primordiales de sa métaphysique étant le nous (lire nousse)) :
    d’une certaine façon, Aristote explicite une bonne partie des sous-bassements de la « fabrique des Idées » de Platon, d’une certaine façon, les textes ésotériques ou descriptifs de l’un sont le pendant théorique et pratique des textes exotériques et prescriptifs de l’autre.
    En aparté, Idée est la traduction de eidos (lire éïdoss) qui peut aussi se traduire par « image »…Si je pousse un peu, en mettant de coté la certes significative majuscule de Eidos, je dirais qu’on peut le considérer comme l’ancêtre de l’analogie (qui joue un rôle important en science).

    Pour reprendre ce terme qui me gêne, le bancor que vous développez découle d’une double approche platonicienne ET aristotélicienne, avec pour préalable de principes moraux ET une analyse (le plus possible) objective.

    Bref : plutôt que d’employer l’adjectif « platonicien » sous ses connotations négatives, ne serait il pas possible de parler par ex d' »idéalisme mal placé » : il est ridicule, par exemple, pour un navigateur de s’en remettre au hasard des dieux ou du destin ou de l’astrologue ou du courant pour tracer son chemin et choisir son but, alors qu’il a possibilité d’user de cartes, d’une boussole, de météorologues, d’un moteur et de sa volonté (voire de celle des autres navigateurs à portée, voire de celle de l’équipage au moins quant but).
    De même s’agissant d’un ordre géopolitique.

  4. Une monnaie mondiale, oui, mais contrôlée par qui ???
    La démocratie mondiale n’existe pas. Qui vote pour un représentant de l’ONU ou du FMI ?
    Nous aurons donc une monnaie mondiale contrôlée par ceux qui ont créé le problème. Paradoxal non ?

    1. Facile : le banquier en chef sera nommé par celui qui aura le plus de parts dans cette banque donc le plus riche actuellement un américain, mais surtout si vous avez une banque il vous faut un gardien car on ne revient toujours à ça : qui a la plus grosse armée et qui la paye ?
      L’intérêt que nous payons au dollar c’est le prix de la paix même si c’est au prix de de notre liberté.
      le système n’est donc pas prêt de changer le désespoir n’est pas assez profond et après il est trop tard car pour l’ordre vous pouvez faire confiance aux militaires

      1. J’ai lu dans un commentaire : « Etats-Unis reçoivent un intérêt sur la masse monétaire engendrée par leurs déficits commerciaux »

        Je ne comprends pas : les importateurs américains paient leurs fournisseurs en dollars, ceux-ci vendent les dollars pour recevoir de la monnaie de leur pays et pouvoir payer leurs salariés et leurs propres fournisseurs. Les banques qui ont acheté les dollars peuvent les céder à leur banque centrale. La banque centrale garde ces réserves en devises en contrepartie de sa propre émission de monnaie. Pour valoriser cette réserve, elle la place en bons du trésor américain. Elle prête donc aux Etats-Unis qui paient un intérêt.

        Les exportateurs d’autres pays qui veulent régler en dollars, les achètent auprès d’une banque américaine (généralement via leur banque). Ils paient un intérêt qui bénéficie aux Etats-Unis mais n’est pas engendrée par le déficit américain. Cet intérêt supplémentaire est la conséquence du fait qu’ils sont contraints de passer par le dollar. Ce qui fait problème, c’est la situation privilégiée du dollar qui permet aux Etats-Unis de maintenir un déficit commercial et budgétaire colossal sans subir toute la charge et qui impose aux autres pays une charge dont bénéficient effectivement les Etats-Unis.

        Tout cela c’est très bien. Seulement vouloir remettre en cause la suprématie du dollar c’est s’attaquer à la première puissance mondiale, à son complexe militaro industriel. Pour le moment ce sont les Etats-Unis qui sont à l’offensive et travaillent à saper toute possibilité que l’euro vienne concurrencer le dollar. Certains soutiennent que Saddam Hussein et Kadhafi ont payé de leur vie la prétention pour le premier de vendre son pétrole en euro et pour le second de vouloir créer une monnaie africaine basée sur l’or.

        Donc là-dessus, je partage plutôt votre avis : nous payons un intérêt au dollar faute de pouvoir leur tenir tête. C’est le prix de la paix.

  5. En parlant de dictature : je viens d’apprendre que les sondages dont on nous rebat les oreilles tous les jours et qui affirment une remontée du candidat président, que ces sondages n’ont finalement rien de scientifique !
    En effet une fois les résultats obtenus, certaines personnes sont autorisées a les réajuster selon des critères complètement arbitraires tels que « les sondés sur ce thème n’osent pas dire toute la vérité », « ils n’osent pas dire qu’ils vont voter pour ce candidat » etc. Ces ajustement peuvent aller jusqu’à 5 % et même au delà !!
    De qui se moque-t-on ? On sait que ces instituts appartiennent tous à de grands groupes de presse ou à des milliardaires…
    Que reste-t-il de notre « démocratie » ?

    1. Que reste-t-il de notre « démocratie » ?

      Le principal : un polo-thon la journée, un polochon la nuit, une polo-pot le dimanche et un pol-pot dans les coulisses.

  6. Bonsoir

    Veuillez accepter mes excuses Monsieur Jorion.J’ai douté.Les trolls sans doute.Ce n’est pas mon cas .Je sais ma vie utilisée de façon malhonnête en 2010 ,très difficile à prouver « un montage » avec des moyens technologiques, qui, me semble t-il dépassent nos connaissances .

    Fille d’agriculteur je vérifie ce soir que l’usage des pesticides n’a aucunement diminué de moitié comme annoncé il y a deux ans.Que de promesses non tenues .
    Les agriculteurs favorables à la droite,oui bien sur .Les plus grosses superficies par intérêt ,les plus modestes par ignorance (manque de temps,d’infos honnêtes) et »héritage. »

  7. Pas trop la forme ce soir pour discuter de la chose à fond, mais j’aimerais bien qu’un jour quelqu’un m’explique ce que c’est qu’un « taux d intérêt » !

    Si c’est un partage du profit (métayage tout ça), soit admettons, encore que …
    Si c’est un truc assurantiel, à mon sens on est déjà à la limite de l’escroquerie ! (Si, si : faites les calculs de proba et vous verrez).

    Sinon, c’est quoi ?

    1. Le taux d’intérêt est le « prix de l’argent » ou « le loyer de l’argent », exprimé en pourcentage sur une certaine durée, qui s’ajoute à la somme empruntée au départ. Il rémunère le créancier pour le service qu’il rend au débiteur et pour le risque qu’il prend de ne pas être remboursé (les banques prennent généralement des garanties).

    2. Oui, bon, ça fait deux personnes qui me répondent en gros : c’est de l’assurance.

      Alors, je répète : faites les calculs de proba, et vous verrez que ça colle pas !

      1. Je ne sais pas comment vous faites pour ne pas savoir ce que c’est que l’intérêt. Si vous placez votre argent à la caisse d’épargne, elle vous verse des intérêts (je crois quelque chose comme 3,5% par an). Si vous avez déposé 100 euros qui sont restés un an, vous recevrez 3,50 euros.

        Si vous empruntez, c’est vous qui payerez des intérêts. Vous rembourserez le capital (ce que vous avez emprunté) plus les intérêts. Généralement le remboursement est échelonné (se fait selon un échéancier) : dans ce cas vous recevez un tableau d’amortissement qui vous indique en clair ce qui vous sera prélevé en capital et intérêt à chaque date de remboursement, jusqu’à remboursement du prêt.

        Vous pouvez très facilement sur internet trouver des sites qui vous permettrons de simuler des emprunts et produire les tableaux d’amortissement correspondants

      2. @ Lemoine

        Me croyez-vous si sot ?
        Que si je pose cette question, c’est dans le vide …
        Au passage, ces temps-ci, à la Caisse d’Épargne, c’est 2,25%.

        Le « prix de l’argent » , le « loyer de l’argent’ , et pis quoi encore …

        Si c’est un partage du « profit » (métayage), ça a une certaine légitimité : sauf si le « prêteur » abuse de son rapport de force (Je redis lire Jorion !)
        Si c’est juste un « loyer » ça n’a aucune justification !
        Si c’est une « assurance » contre le défaut, ça devrait avoisiner les 1% (en étant large).

        Tout le reste c’est captation de richesse.

      3. Et bien monsieur Léoned, si vous touchez 2,25% sur votre livret à la caisse d’épargne il faut peut-être vous compter parmi les « captateurs de richesse ». Je serais surpris que vous refusiez un placement plus rémunérateur avec une commodité et un risque équivalent si on vous le propose. Où fixez vous le seuil où commence l’abus de position ?

        Mais je ne vous juge pas. En matière d’économie je considère que les jugements moraux sont inappropriés. Les gérants de portefeuille, les traders et les banquiers sont des agents du capital. S’ils ne veulent pas l’être, il faut qu’ils cessent d’être ce qu’ils sont. Je trouve qu’il est complétement vain de vouloir leur faire la leçon. Dans la vie courante, ils sont souvent des hommes scrupuleux, sympathiques et ouverts.

        Dans notre système, ceux qui détiennent le capital, ceux qui contrôlent les quelques cinquante banques et sociétés qui contrôlent directement ou indirectement 75% de la richesse mondiale, sont invisibles. Ils sont derrière l’écran des sociétés anonymes, des banques, des places financières offshore. Ceux-là aussi sont sans doute des gens très bien. Seulement, ils sont nuisibles et c’est à l’humanité entière qu’ils nuisent.

        PS : il y a une chose qui m’échappe : pourquoi considérez vous le métayage comme légitime ? Pourquoi quelqu’un qui ne cultive pas la terre devrait-il en recevoir une part du produit ? il ne s’est souvent donné que la peine de naître. Si on remonte les générations, on risque de trouver un ancêtre qui est venu fortement armé et a dit : ceci est à moi, je suis désormais le seigneur de cette terre.

      4. @ Lemoine

        Je répète : lisez Jorion, et en particulier Le Prix. Il explique très bien la chose, mieux que je saurais le faire en quelques lignes.

        Vous confondez « métayage » et « fermage » (ce que Jorion appelle location, j’eus préféré qu’il continuât la métaphore agricole).

        Dans le « métayage » il y a partage du risque, dans le « fermage » (ou location) non !

        Pour info : mon montant total d’épargne Livret A + Codevi doit se monter à environ 200 €.

      5. Je ne confonds pas. Je vous ai seulement demandé pourquoi vous jugez le métayage légitime. Vous me répondez que dans le métayage, il y a partage du risque.

        Cette idée de risque est un thème idéologique bien connu (je crois l’avoir dit dans un autre commentaire au sujet du risque encouru par le prêteur). Je dis que c’est un thème idéologique car c’est une demi-vérité qui a pour fonction d’en masquer une autre plus fondamentale. Celui qui l’invoque n’a le plus souvent pas conscience de ce qu’il occulte, il est aveuglé par ses propres intérêts qu’il ne peut pas dépasser.

        En l’occurrence, s’il est vrai que le propriétaire et le métayer ont un risque de perte en cas de mauvaise récolte, ce risque n’est pas le même : le métayer risque de perdre le fruit de son travail, le propriétaire risque de voir sa rente diminuée. Cette rente, elle n’est pas le fruit d’un travail mais d’une position sociale qui l’autorise à vivre du travail d’autrui, à être oisif en vivant du travail du métayer. Car ce qui est véritablement partagé, et que masque le thème idéologique du partage du risque, c’est le fruit du travail du métayer. C’est pourquoi à toutes les époques la revendication des campagnes a été : la terre à celui qui la travaille.

        Le capital est une autre forme de captation des fruits du travail d’autrui. Le capitaliste se plait à dire qu’il donne du travail à l’ouvrier mais cela masque le fait que c’est le travailleur qui lui « donne » le fruit de son travail. La revendication est ici que les fruits du travail reviennent aux travailleurs. Le capital a l’inconvénient de subordonner l’allocation du capital à la recherche du profit. Dans la société libérale ultra financiarisée que nous connaissons, il le fait à travers un système à la fois hyper administré et chaotique (j’ai développé ce thème dans un commentaire à un autre article). Son invocation du risque est donc doublement injustifié car il n’a aucune légitimité à s’emparer des fruits du travail d’autrui et en le faisant il fait courir à la société des risques considérables : allocation anarchique du capital qui ne répond pas aux véritables besoins, crises récurrentes qui provoquent la paupérisation des travailleurs.

      6. @ LEMOINE 29 février 2012 à 10:12

        Le capital est une autre forme de captation des fruits du travail d’autrui.

        Votre déclaration m’amène à penser que vous restituez une façon de présenter les choses telles que, de nos jours, l’esprit anticapitaliste s’emploie à les propager, bien abusivement à mon avis. Permettez-moi de vous faire une autre présentation de ce qu’est un capital, quand on adopte un autre point de vue.

        Quand un travailleur perçoit de son employeur un salaire net, qu’il a payé ses impôts et couvert tous ses frais pour se maintenir en vie, il peut, s’il a été économe, se retrouver avec une marge. S’il fait cela chaque mois pendant un certain temps en résistant aux multiples tentations qui s’offrent à lui et pourraient facilement l’amener à dépenser plus, donc à épargner moins, cet argent mis de côté finit par constituer un petit capital.

        Je pense que vous serez d’accord avec moi pour reconnaître qu’un capital ainsi constitué, n’a rien pour être honteux, bien au contraire. En effet, en plus du travail qu’il a nécessité pour le percevoir petit à petit, il a exigé un effort sur soi, une sorte de travail personnel permanent et prolongé pour le conserver en se contraignant à ne pas se laisser aller à la facilité et à l’agrément de le dépenser pour mieux jouir de la vie. C’est tellement jouissif d’utiliser un pouvoir….. d’achat.

        Imaginez qu’au bout de dix ans, j’aie réuni un capital suffisant pour créer une entreprise et un emploi auquel vous postulez. Le contrat qui nous lie alors, ne fait pas du tout intervenir la valeur de mon capital, ni de mon chiffre d’affaires, ni de mes risques. Vous vous limitez à me louez votre « capital de connaissances professionnelles » à un tarif qui vous semble acceptable compte tenu de ce que vous estimez normal de le louer sur le marché du travail. A la fin du mois, que je sois rentré dans mes frais ou pas (énergie, matières premières, assurances, taxes, impôts et autres frais) vous entendez recevoir le salaire convenu. Puisque vous êtes un homme correct, vous me remerciez de vous avoir, grâce à mon épargne courageusement accumulée pendant 10 ans, procuré un emploi qui vous permet de gagner votre vie. Moi en retour, je vous témoigne ma satisfaction pour la qualité de votre collaboration.

        Tout va pour le mieux, vous avez un emploi et moi je vois mes 10 ans d’efforts et de sacrifices enfin récompensés.

        Oui mais ça se gâte le jour où sur le net, je constate que M. LEMOINE prétend que mon « capital est une forme de captation du fruit de son travail ». Il me semble alors qu’il y en a un de nous deux qui triche avec la vérité.

        Comprenez vous pourquoi, plutôt que d’investir en France, ceux qui réunissent des capitaux petits où grands, préfèrent investir ailleurs, notamment là où l’archaïque discours marxiste anticapitaliste n’est plus outrageusement propagé ?

      7. @ LEMOINE

        Comme je ne suis pas en total désaccord avec ce dernier message, je ne vais pas me battre ! Même si, à mon sens, vous vous trompez quelque peu.

        Le « métayeur » (pour autant que le mot existe) risque parfois nettement plus qu’une « partie » de sa rente.

        Le « capital » n’est pas en soi une captation du travail, c’est son accroissement qu’il l’est. Ça revient au même me direz-vous : ça a bien commencé un jour. Ben non, si moi petit salarié je mets mes 3 francs 6 sous dans une entreprise, je n’ai capté que mon travail.
        OK, par contre, ledit petit salarié peut très bien se retrouver un jour un gros vilain capitaliste ! Pour ça que j’ai dit que je n’étais pas en total désaccord avec vous.

      8. @ Léoned 29 février 2012 à 22:24

        OK, par contre, ledit petit salarié peut très bien se retrouver un jour un gros vilain capitaliste !

        Bien que vous adressant à LEMOINE, j’ai pensé, vu la teneur de votre message, que vous vous adressiez à moi.

        Vous admettez donc qu’un salarié qui, par un effort permanent et prolongé sur de longues années, s’oblige à résister aux multiples tentations de dépenser ses petites économies laborieusement préservées, n’est pas, en lui-même, une mauvaise personne, surtout si en final elle finit par créer un emploi.

        Malgré tout, il semble que vous éprouviez une gêne à l’idée qu’elle puisse en créer 2 puis 5 puis 10 puis 100. Pourriez-vous expliquer les raisons de votre gêne. A première vue, si une personne peut être considérée méritante d’avoir créé un emploi, pourquoi le serait-elle moins si elle en crée 10 ou 100 ?

        En cette période de chômage, votre réticence ne semble pas justifiée. S’il y avait suffisamment de personnes vertueuses pour de cette manière faire chuter le chômage dans notre pays, qui s’en plaindrait ?

        C’est très important d’identifier l’origine de votre gêne.
        J’ignore tout de la psychanalyse, mais il me semble que par une auto analyse, vous pourriez d’un seul coup vous libérer d’un blocage. A votre insu, votre mode de pensée a peut-être été façonné pour installer chez vous un réflexe de rejet qui vous asservit à une cause pas forcément bénéfique, ni au plan individuel, ni au plan collectif.

        Si vous réussissiez à provoquer ce déblocage, vous pourriez peut-être entrevoir pourquoi c’est important de ne pas s’opposer à la croissance d’une entreprise, quand vous ferez le rapprochement entre la faiblesse des PME françaises à l’exportation, comparativement à leurs consœurs allemandes.

        On peut penser à ce qui pourrait être fait de positif par nos idoles nationales, qu’elles soient du sport ou du showbiz, si elles investissaient dans la création d’entreprises et d’emplois, au lieu de multiplier leurs villas d’agrément disséminées un peu partout, pour leur seul plaisir. On le tolère et même mieux que cela, on place ces dieux très haut sur l’échelle des « personnalités » les plus populaires, surtout s’ils se déclarent du côté des humbles et contre les méfaits des grandes entreprises, tout en s’exilant pour ne pas payer d’impôts. Faut-il que nous soyons stupides !

        Dès maintenant, je vous remercie d’avoir osé réagir de façon positive à l’idée qu’il me semble utile de faire passer.

      9. @jducac

        Je sais bien que vous n’appréciez guère les intrusions « d’idées neuves et porteuses de perversion des esprits » mais je m’autorise à vous suggérer une lecture :

        Écoute, petit homme ! Wilhelm Reich

        NB: l’usage des  » dans « idées neuves… » ne signifie nullement que je vous attribue précisément ces propos. Cela histoire d’économiser une jérémiade.
        NB2: jérémiade ne renvoie pas à Jeremie, que j’aime bien, lui, parce qu’il souffre de la souffrance des autres.

      10. @ jducac

        Combien de fois faudra-t-il expliquer la différence entre un capitaliste et un entrepreneur ?

        Que mon éventuel petit salarié devienne le patron d’une grosse boîte de 100 ou plus salariés ne me gêne en rien ! Bien au contraire : j’en suis ravi et pour lui, et pour les salariés.
        Mais là, il reste un « entrepreneur ».

        C’est s’il se met à « prêter » ses sous contre intérêts à un éventuel autre entrepreneur qu’il passe « capitaliste ».
        Et là, ce qui me gêne, ce n’est pas qu’il prête c’est le contre intérêts !

        D’où ma question initiale !!

      11. @ Vincent Wallon 1 mars 2012 à 11:20
        Merci pour le lien vers Ecoute petit homme! écrit par Wilhelm Reich

        J’ai lu quelques extraits avec le lien ci-dessous, et cela m’a largement suffi.
        http://www.informaticem.net/philo/textePhilo.php?num=90

        Cela m’aurait beaucoup plus intéressé de vous connaître davantage si vous vous étiez exprimé personnellement sur le sujet que j’ai évoqué ci-dessus le 29 février 2012 à 15:34 en répondant à LEMOINE où le 1 mars 2012 à 07:25 à Léoned.

        Vous n’avez aucun avis ? Vous n’avez aucun contre argument à présenter logiquement ? Êtes-vous d’accord avec ce que j’avance ? Craignez-vous de l’annoncer ? Si c’est le cas, il vous faut peut-être relire « Ecoute petit homme »

      12. @ Léoned 1 mars 2012 à 12:06

        Combien de fois faudra-t-il expliquer la différence entre un capitaliste et un entrepreneur ?

        Je vois bien la distinction que vous faites entre un capitaliste et un entrepreneur.

        Mais il ne vous a pas échappé qu’avant d’être entrepreneur, l’ouvrier que j’ai décrit a fait preuve d’un état d’esprit capitaliste. Cet état d’esprit se caractérise par une aptitude à appréhender la vie en termes de préparation concrète d’un futur impliquant un changement, une évolution, dans la situation des êtres et des choses, donc la mise en œuvre de moyens matériels.

        Or, les moyens matériels, à défaut d’être toujours ceux qui font naître les idées nouvelles, sont toujours ceux dont il est impossible de se passer quand on veut faire évoluer les choses, apporter des changements qui permettent de s’adapter à l’inexorable évolution du monde. Ce sont ces moyens matériels accumulés qui permettent de réaliser les investissements les plus performants, c’est-à-dire les moins gourmands en énergie, compte tenu des progrès réalisés dans le domaine des sciences et des techniques.

        Si je vous ai présenté le cas de cet ouvrier entrepreneur, c’était pour vous montrer que l’argent, celui qui est à la base du capital ou des capitaux indispensables à toute création ou adaptation d’entreprise, n’a pas lieu d’être considéré négativement, dès lors qu’il a été acquis honorablement. Vous l’avez admis en déclarant : « Que mon éventuel petit salarié devienne le patron d’une grosse boîte de 100 ou plus salariés ne me gêne en rien ! Bien au contraire : j’en suis ravi et pour lui, et pour les salariés »

        Or, dans l’exemple donné cet entrepreneur issu d’un travailleur vertueux au point de capitaliser pour créer une entreprise, n’a pas lieu d’être devenu moins vertueux et moins économe au cours de sa vie d’entrepreneur. Pourquoi voulez-vous que l’argent qu’il a gagné en tant qu’entrepreneur devenu capitaliste, soit plus condamnable que celui qu’il a acquis jadis en tant que travailleur ? Il a toujours travaillé, s’est souvent décarcassé.

        Dans un cas comme dans l’autre, l’argent acquis l’a été honnêtement, en application de contrats conclus et respectés par les parties contractantes.

        C’est s’il se met à « prêter » ses sous contre intérêts à un éventuel autre entrepreneur qu’il passe « capitaliste ». Et là, ce qui me gêne, ce n’est pas qu’il prête, c’est le contre intérêts !

        Si cet argent est mis en location (ou métayage) par son propriétaire au titre d’un contrat librement conclu avec un autre entrepreneur qui a besoin de faire évoluer son entreprise et de créer des emplois, que voyez-vous à critiquer ? Où est votre logique ? Quelle est la règle morale transgressée ?

        Préféreriez-vous qu’il consomme son argent en achetant une ile dans l’Océan Indien, ou qu’il se fasse construire une foultitude de villas de luxe dans tous les coins de la planète, comme nos idoles du sport et du showbiz ? Préférez-vous qu’il parte investir ailleurs, là où l’on n’est pas critiqué, en Allemagne, en Chine, au Brésil, dans les BRICS?

        Expliquez-moi, car votre attitude consistant à condamner l’entrepreneur lorsqu’il devient capitaliste, ne me semble pas cohérente ?

      13. @jducac

        Faites bien de le rappeler dans un autre fil, je vous avais oublié.

        « cela vous a suffi » dites vous. Suffi à quoi ?

        Je n’ai rien contre le fait de contre-argumenter, mais je peine à trouver des arguments dans votre prose.Pouvez-vous me signaler les passages que vous considérez comme des arguments, cela m’aidera. Merci.

      14. @ Vincent Wallon 2 mars 2012 à 13:46

        « cela vous a suffi » dites vous. Suffi à quoi ?

        Il m’a suffi de lire ces quelques extraits, pour me faire une idée du personnage « Wilhelm Reich » de sa prose et des idées débilitantes qu’il propage. A mon humble avis, il suffirait qu’une part de la population les adopte, pour que cela conduise la civilisation occidentale au naufrage. Je suis même surpris qu’un homme entreprenant comme vous, qui envisage de concevoir un système de production nouveau, associant capital et travail, s’égare dans ce type de littérature et de divagation.

        Je n’ai rien contre le fait de contre-argumenter, mais je peine à trouver des arguments dans votre prose. Pouvez-vous me signaler les passages que vous considérez comme des arguments, cela m’aidera.

        Il vous suffit de vous reporter à la dernière déclaration que j’énonce juste au-dessus de votre post, pour, soit l’approuver, en ajoutant des commentaires qui la confortent quand je dis ;
        « Expliquez-moi, car votre attitude consistant à condamner l’entrepreneur lorsqu’il devient capitaliste, ne me semble pas cohérente ? »

        Ou bien, si vous êtes d’un avis contraire, vous avez la possibilité de contre argumenter.

        PS : Comme vous répondez à la place de « LEMOINE » faut-il penser que Vincent Wallon et LEMOINE sont, en fait, la même personne ?

  8. LEMOINE: « La cupidité est l’explication du double intérêt constaté par BS ». L’universel ne peut pas expliquer le particulier. On ne peut pas expliquer un fait singulier, propre à un moment et des circonstances particulières par un fait général valant pour tous les temps et toutes les circonstances.

    En 1789 il a été mis fin aux effets de la cupidité du seigneur local et de celle du clergé et de sa dîme en raison de circonstances particulières à ce moment donné mais aussi parce que ceux qui en souffraient voyaient clairement les causes de leur souffrance. Ils n’ont pas mis fin à « la cupidité » en général, seulement profité d’un rapport de force favorable pour mettre fin à ce qu’ils estimaient être des abus. Même s’ils leurs ont imposé des poids et mesures plus équitables ils n’ont pas mis fin par exemple à la cupidité des marchands, probablement parce qu’ils ne pouvaient se passer d’eux.

    Si, comme beaucoup le pensent, on ne peut pas se passer des échanges internationaux, il y a tout intérêt à en comprendre les « abus » et à les mettre en lumière le mieux possible. Si vous pensez qu’il suffit d’éliminer ou d’affaiblir le groupe d’intérêt qui les organise actuellement pour tout arranger, sans avoir à comprendre d’où ils tiennent leur pouvoir et par quels mécanisme ils détournent indûment l’argent des autres, alors vous avez raison (c’est seulement la faute des américains?)

    Ceci dit, j’ai du recourir à Wikipédia pour la différence entre « cosmologie aristotélicienne » et « cosmogonie platonicienne » et crains de ne pas être le seul, mais ça n’implique pas que fonder les échanges économiques sur des raisonnements plutôt que sur des croyances ne soit pas une bonne chose.

    1. Bravo : cosmologie aristotélicienne = raisonnement et cosmogonie platonicienne = croyance ; la traduction que vous avez tirée de Wikipedia est parfaite.
      Jouons un peu : Aristote nous donne des raisons de croire et Platon la croyance de la raison. Dans notre monde moderne platonicien, il faut croire que la politique et la finance que nous ne comprenons pas ont toujours raison.

      1. Franchement, il se trouve que la philosophie est mon seul domaine de compétence. Je crois avoir travaillé sur Platon plus que la moyenne des gens mais je ne comprends rien à ce que vous racontez.

        Le seul des dialogues de Platon qui traite de cosmologie est, à ma connaissance, le Timée.
        Timée y est celui qui raconte la création du monde sous la forme d’un mythe qui emprunte à de multiples sources. C’est une œuvre dont l’analyse fait des volumes et où l’exposition rationnelle a au moins autant de place que l’appel à la croyance.

        Je ne crois pas non plus que la renaissance ait été une période où on a assisté à un recul de la raison (un retour à une cosmogonie Platonicienne alors qu’au moyen-âge le raisonnement aurait dominé la croyance).

      2. S’il faut en revenir à Aristote, on pourrait pas, puisque la route est longue, faire un petit crochet et prendre Spinoza sur le porte-bagages?

        Beaudelaire et Rimbaud dans les sacoches et dans la gourde, un peu de la bibine à Contador, parce que la ligne d’arrivée paraît lointaine…

      3. Lemoine

        Si PSdJ cite comment la réalité et la vérité furent inventées de Paul Jorion ce n’est pas pour faire joli dans son exposé mais parce que ce livre explique ce qu’il entend par bifurcation épistémique de la Renaissance.
        Laissez dans un premier temps de coté les questions de cosmologie et cosmogonie et concentrez-vous sur cette partie :

        Concrètement il faut reconstituer la séparation entre l’« être donné » et la « réalité objective » ; reconsidérer la réalité objectivable prétendument exactement représentée dans la théorisation scientifique ; envisager le risque de la connaissance humaine objective de l’« être donné ».

        Chez Platon l’être donné c’est la réalité supra-sensible, le monde des idées, toute réalité empirique est considérée alors d’un degré de réalité moindre, voire illusoire, par rapport à une réalité première, plus essentielle dont il s’agit de se remémorer grâce à la dialectique qui tien alors plus de l’exercice spirituel que de la science. La dialectique est le mouvement qui doit permettre de nous élever de la réalité sensible pour atteindre la pleine intelligibilité des choses : la contemplation du vrai, du bien. La raison est donc bien subordonnée à une cosmogonie dualiste.
        Aristote procède de toute autre façon. L’intelligibilité des choses du monde n’est pas à chercher ailleurs que dans l’observation du monde empirique dont on dégage des lois, et dont on cherche à décrire le système hiérarchisé par l’analyse, c’est à dire la logique, en particulier à l’aide du syllogisme, qui procède dit Jorion de l’antisymétrie.

        Là où Platon produit deux niveaux de réalité distincts dont l’un est plus « réel » que l’autre, Aristote oppose des couples complémentaires sur un même plan de la réalité cosmo-logique avec le mobile et l’immobile, la puissance et l’acte, et ainsi de suite, ce qui introduit l’ordre du possible dans les phénomènes propres à la nature, et aussi pour ce qui relève des actions humaines qui s’inscrivent dans d’ordre des finalités au sujet desquelles on peut choisir. La démarche de Platon est également architectonique mais à la différence d’Aristote il fige la raison des choses dans un ordre immuable, d’où son rejet de la démocratie, c’est à dire d’un monde où serait possible la confrontation des raisons contradictoires dans le domaine de l’action (praxis chez Aristote) pour traiter les affaires de la Cité.

        L’ « être donné » qui était chez Platon la réalité ultime devient chez Aristote le fond indifférencié sur lequel se détachent des explications objectives que donnent les hommes des choses du monde, ces explications n’étant validées ou invalidées que pour autant que l’ordre des raisons a pu être mis à l’épreuve des phénomènes, des faits empiriques. Autant dire que la réalité objective n’est pas donnée a priori, il faut préalablement la constituer, d’où le risque de l’erreur.

        Pendant la Renaissance, explique Jorion, les hommes de « science » menacés dans leurs prérogatives par l’Eglise réagissent en ayant recours à Platon, en assimilant modèle mathématique et réalité ultime faisant ainsi l’économie du monde empirique où l’on s’expose si facilement à la critique.

      4. @Pierre-Yves D

        Ce que vous dites est très clair. L’idée d’épistémè doit plus à Michel Foucault qu’à Paul Jorion. Chez Foucault « les connaissances du XVIème siècle étaient constituées d’un mélange instable de savoir rationnel, de notions dérivées des pratiques de la magie, et de tout un héritage culturel dont la redécouverte des textes anciens avait multiplié les pouvoirs d’autorité ». (les mots et les choses page 47). C’est le XVIIème siècle qui « marque la disparition des vieilles croyances superstitieuses ou magiques et l’entrée, enfin, de la nature dans l’ordre scientifique » (page 68). On pense ici naturellement à Descartes et, effectivement, à son dualisme des substances, à la mathématisation du monde. Mais selon Foucault « Ce qui rend possible l’ensemble de l’épistémè classique, c’est d’abord le rapport à une connaissance de l’ordre. Lorsqu’il s’agit d’ordonner les natures simples, on a recours à une mathesis dont la méthode universelle est l’algèbre ».(page 86)

        Je ne crois pas qu’il y ait trace chez Foucault de l’idée d’un retour à Platon. Mais, bon ! tout cela est de toute façon excessif s’il s’agit de retourner à l’examen concret de la situation concrète,de ne pas plaquer une théorie universalisante à des situations différenciées. Mais n’est ce pas ce qu’on fait quand on veut ramener toute l’analyse à un tout petit bout de théorie sur l’intérêt qui voudrait que « Concrètement l’intérêt du crédit et l’intérêt de l’investissement doivent être négociables par l’intérêt du change. » surtout si ce concrètement ne dit pas comment il prend concrètement forme. Qui ? comment ? avec qui ? quelles institutions ? quelles autorités ? etc.

      5. @Lemoine,
        Nous sommes libres d’interpréter Platon et Aristote selon ce que nous croyons. Et rien ne nous interdit de suivre Descartes qui pose notre pensée et notre raison avant l’existence « concrète » qui nous fait accéder à l’être sans y croire. Je crois que Descartes opère une réduction de notre essence en la faisant émerger uniquement de ce que nous pensons. Cette réduction est très exactement celle qui s’est accomplie à la Renaissance quand les sciences ont laissé supposer comme les clercs du Moyen Age que leur discours intégrait tout l’être donné. Aujourd’hui le pouvoir clérical est financier et servi par la politique platonicienne de la république sans démocratie.
        Pour faire votre marché quant à la gouvernance et à la philosophie des monnaies : http://www.pauljorion.com/blog/?s=sarton+du+jonchay

    2. La révolution française a mis fin à la domination féodale mais pas à la cupidité. Vous le dites d’ailleurs vous-mêmes. Les causes de la révolution sont aussi nombreuses et complexes que les événements qui ont eu lieu mais vous ne trouverez aucun historien qui fasse de la cupidité une cause. A la rigueur elle peut être un trait de caractère qui explique le comportement d’un protagoniste en particulier (encore que je n’en vois aucun exemple).

      Qu’il faille bien comprendre les choses pour pouvoir agir dessus, j’en suis d’accord. Mais je ne suis pas sûr que l’article publié nous y aide. Il jargonne, mélange les genres et reste flou sur ses analyses et ses propositions et les modalités de leur mise en œuvre (qui, comment, etc.)

      Je lis par exemple : « Le pillage financier des pays surendettés de la zone euro montre que le double intérêt de Schmitt se mue en triple intérêt. » Le sens du mot « intérêt » n’est pas clair, soit il s’agit de l’intérêt que les prêteurs encaissent et il n’est « triple » que virtuellement. On peut alors se contenter de dire qu’il est abusif, spéculatif etc. S’il s’agit d’autre chose, il faut juste me dire les choses en clair et je comprendrai. Plus on est clair dans le propos, juste dans l’usage des mots et cohérent dans l’enchainement des idées, mieux je comprends. Je suis désolé de ne pas pouvoir mieux faire.

      L’idée qu’une partie de l’intérêt paie le risque et une autre l’immobilisation du capital, est un thème idéologique bien connu. La valeur de ce genre d’appréciation du point de vue économique reste floue (complétement dépendante de l’appréciation personnelle). Y a-t-il un sens à dire que dans les cas d’usure, il y a une troisième composante de l’intérêt qui serait la satisfaction de la cupidité de l’usurier ?

      1. Hé bé Lemoine, faut apprendre à lire !

        Le piloage des pays surendettés de la zone euro montre que le double intérêt de Schmitt se mue en triple intérêt du mot « intérêt » n’est pas clair, soit il s’agit de’intérêt que les prêteurs encaissent et il n’est« triple » que virtuellement.

        Le monsieur a tout expliqué juste au-dessus….

        En décomposant l’intérêt du crédit international en trois composantes crédit-investissement-change, l’équation de Schmitt déclarée à juste titre sans solution équitable devient soluble et potentiellement équitable. L’intérêt du crédit que prélève le système financier international sur les emprunteurs de monnaies de réserve est redistribuable en intérêt d’investissement et en intérêt de change aux épargnants nternationaux détenteurs et prêteurs de dépôts internationaux de change.

        PSdJ, bravo, plus vous synthétisez, plus « ça se tient », plus « ça mène large », plus ça commence à avoir de la gueule votre truc.

      2. Et çà vous parait clair ! décomposer l’intérêt du crédit international en trois composantes. Qui le fait ? comment le fait-on ? que deviennent ces composantes ?

        Une solution « équitable » à une équation ? « potentiellement » équitable ? Il faut expliquer ce qu’on entend par « équitable ».

        Les épargnants internationaux ? c’est-à-dire ?? s’agit-il des gens qui placent leur argent dans les paradis fiscaux ? je suppose que si j’ai mon épargne sur un livret à la poste, je ne suis pas un « épargnant international ».

        Les prêteurs de dépôts de change ? s’agit-il des banques qui financent le commerce international, qui font des avances en devises ? Pourquoi serait-il « équitable’ de leur verser une part d’un intérêt sur un crédit consenti à un Etat ?

        Bref, si vous comprenez : expliquez moi tout cela. Je crois que tout le monde en profitera car je suis sûr de n’être pas le seul à trouver tout cela brumeux.

      3. Comment « pillage financier » s’est-il transformé en « piloage » ? et comment « le sens » a-t-il disparu ?

      4. @schizosophie, vigneron part en couille… Un lien vers meyssan traine sur un fil depuis ce matin et il a rien vu. Même un copier-coller lui résiste, les temps sont durs.

      5. Cupidité n’est peut être pas le terme idéal:
        – quand le seigneur percevait des impôts parce qu’il protégeait par les armes ceux qui dépendaient de lui, rendait la justice, etc, le principe de ces impôts était fondé sur des services rendus et seuls ceux qui abusaient de la situation plus que de coutume méritaient d’être traités de cupides (même si ça n’était probablement pas très exceptionnel.)
        – quand quelques siècles plus tard la justification des mêmes impôts n’est plus que la détention de vieux parchemins, l’abus est devenu la règle générale.

        Il y a des préteurs cupides qui abusent plus que d’autre d’un rapport de force qui leur est favorable mais effectivement quand les Etats-Unis reçoivent un intérêt sur la masse monétaire engendrée par leurs déficits commerciaux, le fait qu’ils profitent d’un rapport de force qui leur est favorable n’est pas du à un trait de caractère particulier du président Obama, du patron de la FED ou même de l’ensemble du peuple américain.

      6. L’O d’Azerty (« à vos cazettes, Jean-Christophe ! ») toise son L. Reste que « pilotage des pays surendettés sans autre sens que les vases communicants entre crédit, investissement et change » aurait ressemblé à « C’est moderne tout communique » de Mon Oncle. Telle que transformée, l’expression s’eût bu royalement.

  9. Eh bien il y a un ancien de Goldman Sachs qui veut tout casser : Mario Draghi !
    http://www.presseurop.eu/fr/content/article/1553891-draghi-enterre-le-modele-social-europeen
    Donc, Draghi dehors !
    Surtout lorsqu’on sait d’où il vient et que la dette grecque, il y est bien pour quelque chose…

    Et puis il y a le M.E.S. qui va nous enfoncer encore plus.
    Pas de relance, mais plus possibilité pour les Etats d’emprunter, donc plus de dettes à rembourser…
    Puisqu’on parle de démocratie, je pense que les politiques devraient nous expliquer les traités qu’ils signent au nom du peuple,
    s’ils en sont capables…
    Parce qu’ils nous prennent vraiment pour des billes (pour rester polie)…
    Et ils ont raison, nous ne nous intéressons pas suffisamment à la politique.
    Dans la mesure où nous votons pour un politique, il a des comptes nous à rendre.
    Comme nous lui signons un blanc-seing et il fait ce qu’il veut…
    Après, nous n’avons plus que les yeux pour pleurer.
    Et pendant ce temps-là, nos « présidentieux », gauche, droite, centre, extrêmes, font les guignols !
    Et nous, on fait quoi ?

  10. Il est bien trop tard pour donner un rôle de cette importance au Parlement Européen…Trop tard la finance s’est emparée de tous les leviers en Europe..Il faudrait un effondrement de cette construction bizarre pour changer les choses

    1. J’inverserai bien les termes, c’est à dire que les « politiques » ont donné tous les leviers à la finance.
      Ce sont bien eux, pour ne prendre que cet exemple récent en Europe qui ont ouvert l’espace européen aux agences de notation, non ? Quel que soit le rôle que l’on veuille bien leurs reconnaitre, là n’est pas mon propos.
      Alors, comme il a été ouvert, du jour au lendemain par une décision politique, une autre décision politique peut le refermer et ainsi de suite sur pas mal de sujets, particulièrement ceux qui ont construit la « dérégulation financière ». Même combat avec les niches fiscales et autres exonérations de charges qui assèchent les caisses de l’Etat, un décret, c’est quelques heures, une loi quelques jours.
      L’effondrement ne viendra pas tout seul (quoique . . . ) mais il n’est pas souhaitable ! Ce serait un raz de marée qui emporterai tout sur son passage . . . je n’aurais peut-être pas employé le terme de bizarre pour qualifier cette construction.
      J’hésite entre inique, de classe, oligarchique . . .

  11. Je ne suis pas sûr qu’on puisse prendre au sérieux une affirmation comme : « Les idéologies, les religions et les philosophies sont suffisamment diverses au sein de l’Union Européenne pour que le capitalisme financier totalitaire subisse une vraie concurrence dans un marché financier multinational ouvert en euro ». D’abord parce que l’Europe est assez bien unie idéologiquement. Elle a comme on nous le rappelle souvent « des racines chrétiennes ». Elle est globalement attachée au système représentatif. Mais surtout le problème c’est que « le capitalisme financier totalitaire » a depuis longtemps dépassé le périmètre des Etats. Il est transnational. Les Etats seront en concurrence, le capital financier sera l’arbitre. Il pourra jouer l’un contre l’autre à son aise.

    Il n’y a en fait que deux options : ou on le maitrise ou il nous domine.

  12. Pour reconstruire la solidarité, demain, le revenu inconditionnel d’existence ?

    Le samedi 17 mars de 14 h 30 à 22 h 00

    Amphithéâtre M3 (Faculté de Médecine des FUNDP), Place du Palais de Justice, Namur (Belgique).

    Ciné-débat autour du documentaire « Le Revenu de Base » de Daniel Häni et Enno Schmidt, suivi d’échanges croisés avec Philippe DEFEYT, économiste et président du CPAS de Namur, Bernard FRIOT, sociologue et économiste français qui anime l’Institut européen du salariat et Jean CORNIL, chargé de recherches au PAC.

    Organisé dans le cadre du Printemps de la Décroissance par le Pôle politique du mpOC (Mouvement politique des objecteurs de croissance) en partenariat avec le GRAPPE (groupe de réflexion et d’action pour une politique écologique) et le PAC (Présence et Action Culturelles).

  13. Je crois que nous avons un exemple magnifique de l’illusion technicienne. On part d’une équation sans solution, on y ajoute un nouveau paramètre et tout est résolu. On décompose donc l’intérêt en trois parties plutôt que deux et çà va mieux. Seulement jusqu’à présent l’intérêt ne se décompose que dans l’analyse. Dans les faits, il est ce qu’il est et rien d’autre.

    Je ne vois pas quel peut être le sens d’une phrase comme : « il faut revenir sur la bifurcation épistémique de la Renaissance qui nous a fait abandonné la cosmologie aristotélicienne pour la cosmogonie platonicienne ». A qui s’adresse cette injonction ou ce conseil ? Il faut être convaincu que la terre est plate pour régler les problèmes de la crise monétaire ! ou pour envisager un retour à des monnaies nationales fluctuant autour d’une monnaie commune dédiée aux règlements internationaux.

    Je pense que certaines idées n’ont pas de sens. Ainsi : « La cupidité est l’explication du double intérêt constaté par BS ». L’universel ne peut pas expliquer le particulier. On ne peut pas expliquer un fait singulier, propre à un moment et des circonstances particulières par un fait général valant pour tous les temps et toutes les circonstances. Ou la cupidité est un fait universel et elle n’explique rien, ou elle est un fait nouveau dont il convient d’expliquer la manifestation. Elle est à ranger parmi les « qualités occultes » comme la vertu dormitive de l’opium ou la vertu pulsative du cœur.

    Enfin, je crois certaines analyses incomplètes et surtout de nature à égarer. Ainsi : « Le gouvernement fédéral des États-Unis et la Fed sont intéressés par la suprématie du dollar dans l’épargne internationale grâce au refinancement mécanique de la dette publique fédérale et aux commissions de liquidité perçues par la Fed sur l’ensemble du système financier mondial ». Il me semble qu’un gouvernement ou une banque centrale sont d’abord des instruments au service de groupes d’intérêt. En l’occurrence, aux Etats-Unis tout ce qu’on peut classer sous l’étiquette « complexe militaro industriel » a un intérêt vital à la suprématie du dollar. C’est cette suprématie qui a permis de financer les guerres menées par les Etats-Unis et permet l’extraordinaire envolée du budget militaire du pays.

    Je crains que pour amener les intérêts en cause à lâcher prise, il faudra beaucoup plus que la démonstration qu’une équation peut se résoudre si on y adjoint un nouveau paramètre !

  14. « Le captage de la plus-value d’émission de la liquidité internationale s’est retourné contre les intérêts nationaux des États-Unis et des pays de la zone euro. Les pouvoirs politiques de la zone euro ont opté pour la monnaie unique afin de profiter du même avantage que le gouvernement fédéral étatsunien : se financer gratuitement avec l’épargne internationale en captant la prime de change pour alléger la prime de crédit. »

    Il me semble qu’il y a une ambiguïté et qu’elle est importante à examiner: si ce captage de plus-value par les Etats-Unis et la zone euro pouvait durer indéfiniment et si le bénéfice en était plus également réparti entre les différents groupes sociaux, le financement gratuit qui en résulte pourrait se poursuivre, mais:
    – aux Etats-Unis la répartition entre les groupes sociaux (qui passe nécessairement par des impôts, des allocations de chômage et d’autre formes d’aide aux plus pauvres) est remise en question par le parti Républicain
    – dans la zone euro c’est surtout la répartition de cette manne entre les pays du sud et ceux du nord qui soulève des problèmes insolubles
    – aux Etats-Unis comme dans la zone euro les responsables politiques ont du mal à justifier le montant de l’énorme dette qu’ils ont accumulée, principalement parce qu’elle inquiète « les marchés » (ou, si on préfère, les riches.)

    C’est pourtant pour les plus riches que, même en Chine, le système actuel s’avère profitable. Il est clairement défavorable aux plus pauvres, en particulier pour les chômeurs qui ne trouvent pas de travail parce que la production a été délocalisée. Les classes intermédiaires sont …dans une situation intermédiaire: d’une part elle profitent de la situation (par exemple en achetant à bas prix des marchandises importées) mais d’autre part elles ont de sérieuses raisons de s’inquiéter pour l’avenir quand elles n’ont pas déjà vu leur situation se dégrader.

    Même si à long terme le déséquilibre du système est une menace pour tout le monde, tous dans chaque pays (ou tous les pays à l’intérieur de l’Europe) n’ont pas le même intérêt à en changer.

  15. @ PSDJ
    Si un système de change en monnaie internationale était mis en place avec le Bancor,est ce que l’euro en tant que monnaie unique aurait encore une utilité?

    1. @Garorock
      L’euro monnaie unique n’est pas viable en forçant l’application de mêmes règles à des cultures et des systèmes différents. Mais l’euro monnaie commune est l’expression nécessaire d’un vivre ensemble européen ; l’euro monnaie commune doit être l’instrument de solidarité et de responsabilité du vivre ensemble entre les Allemands, les Français et les Grecs… L’euro peut fonctionner entre les Européens comme doit fonctionner le bancor entre tous les pays du monde. L’intérêt d’avoir un euro commun aux Européens et un bancor mondial est de mettre en œuvre des règles et des budgets de solidarité et de responsabilité différents au niveau de l’Europe et du monde. Dans un premier temps, l’euro peut exister comme bancor européen jusqu’à ce que le reste du monde veuille un bancor mondial par conversion du DTS du FMI.

      1. @PSDJ

        Merci pour votre réponse.
        Si, donc, la Grèce revenait à sa monnaie nationale et gardait l’euro comme monnaie commune. Elle pourrait de nouveau battre monnaie mais continuerait de payer sa dette en euro à ses créanciers européens. Imaginons qu’elle ait un emprunt sur 10 ans à 5%; comment compenser dans ce taux, la part investissement qui est nécessaire à sa survie?

      2. @Garorock,
        Le rétablissement de la drachme exclusivement convertible en euro a un double effet. La solidarité économique et fiscale entre les résidents grecs est rétablie et la rapacité des créanciers en euro de la Grèce est contenue. Plus la zone euro exige un remboursement rapide des dettes grecques, plus la drachme se dévalue et par conséquent le prix de la dette publique grecque en euro. En contrepartie, les créanciers en euro de la Grèce ont une priorité sur les rentrées de capitaux en Grèce ; lesquelles sont d’autant plus substantielles que la dévaluation de la drachme améliore la rentabilité des investissements en Grèce.
        Le rétablissement de la drachme à l’intérieur de la zone euro produit un équilibrage systémique des primes d’investissement et de crédit en euro aux Grecs par les primes de change de la drachme en euro. Pour que votre exemple se réalise, il faut que l’emprunt à 10 ans à 5% soit accompagné de suffisamment d’investissements directs en euro pour que les acheteurs primaires du change permettent aux créanciers de se couvrir sur un prêt à 5%. Autrement dit, la restauration des monnaies nationales dans la zone euro interdit l’usure des épargnant en euro sur les emprunteurs imprudents qui ne veillent pas à une rentabilité suffisante pour attirer des investissement dans la juste proportion de leurs emprunts.
        J’attire au passage votre attention sur l’article 1 du préambule de notre constitution française :

        Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.

        La zone euro est sur le cas de la Grèce en infraction avec la constitution de la République Française. Le gouvernement français et le parlement français sont dans la même situation constitutionnelle que le régime de Vichy. Sous la pression totalitaire extérieure, les principes constitutionnels de notre pays sont suspendus.

      3. @ Pierre Sarton du Jonchay,

        Bonjour,

        Vous proposez d’intégrer SWIFT et CLEARSTREAM sous autorité parlementaire européenne directe en collaboration avec la BCE dont la politique monétaire passerait sous tutelle européenne, d’un organe élu représentativement ?

        Pour remplir son rôle d’embryon exemplaire cet Eurobancor devrait négocier son existence formellement auprès du FMI, la logique historique paraît exiger que celui-ci rallie un consensus sino-américain de tolérance de principe à minima, où il convient de ménager la dette-chèvre des uns et la tirelire-chou des autres, a priori inconciliable sans équivalent de perte stratégique en pensée classique..chez des pays qui jouent la montre et l’affaiblissement ainsi que la mise sous pression des plus faibles ou isolés entre eux et aux dépens leurs peuples sous de multiples formes plus ou moins extrêmes.

        C’est éventuellement un socle « fort » de rééquilibrage politique de la chose folle que devient l’Europe dans un monde pas moins timbré.

        Sans acte multilatéral politique fondateur sur les dettes et la propriété d’un futur toujours plus improbable, la souveraineté ne se partagera qu’au plus haut niveau des « bonnes intentions », faire des drones avec les anglais, suivre la fuite dans la dette à l’américaine, laisser cristalliser les haines opportunes, et ..pis merde quoi.

        Fukushima nous tend la leçon du réel « invisible ». Les rues aussi. Et la cinématique institutionnelle…accompagne l’ensemble en dégageant un sentiment d’anachronisme gênant.

        Ca secoue toujours agréablement de vous lire Pierre, même quand le coeur n’y est pas.

        Si vous y mettez la Suisse en co-signataire, le Brésil et l’Iran en partenaires demandeurs..avec deux empereurs qui s’occuperait des leurs, et non des leurres, en gérant et adaptant leur mécanisme d’antagonisme monétaire et de « way of life » avec créativité bien décadrée, alors peut être, oui, diplomatie et politique, encore, oseraient compter. En évitant de penser à Israël, la syrie, qui font un souverain et pacifique usage de leurs prérogatives étatiques. Parmi d’autres, dont l’Iran qui tente de forcer la barrière de la « normalisation » (avant la bombe, tu la fermes, après tout le monde la boucle..sic), ça coûte cher le cuir au conseil de sécurité, sûrement bien trop…

        Ou cette Grèce qui dit bien la honte politique de l’Europe des comptables perdus, fascinés de zéros mentaux alignés et aveugles. En or elle va valoir plus cher la règle, pour sûr. Pis associée au mot constitution ça va r’dorer le cadre. Réformer les décideurs non élus et élus ad aeternam va-t-il devenir une option nécessaire de compensation, sang prime diraient les vivants ? Après la déprime à la casse, rions un peu ?

        qui veut la paix…vous connaissez la suite, sortez les couteaux, le silence est juste assez épais pour s’en tailler des tranches.

        Belle nuit.

      4. Ben oui Sylla, la dette en € est convertie en drachmes puis la drachme est devaluée proportionnellement aux exigences des créanciers en prime de crédit (prime de change rendue aux grecs), le tout compensé par la prime d’investissement consécutive au gain de compétitivité grec.

      5. Vigneron, ces histoires de prime, c’est très flou pour moi (gain de compétitivité consécutif, çà va, mais prime de *** , çà me reste très ésotérique et je merdoie)…
        Je crois saisir que d’une pression pour une accélération du remboursement ne résultera qu’une priorité au remboursement (remboursement aidé par les gains de compétitivités relatifs à la dévaluation, elle même réaction à la pression des créanciers pour accélérer le remboursement), c’est correct?

        Pour l’histoire de la drachme, avec votre explication, ocky docky, mais en lisant je comprenais alors que la dette était en euros, d’où mon interrogation.

        En passant, vous pourriez prendre le temps de m’expliquer les éventuelles différences entre dévaluation et « planche à billet », et, s’il y en a, les avantages de l’un sur l’autre?

  16. Moi je suis désolé quelle que soit vos superbe théorie et ma pauvre éducation il y a un truc qui turlupine comment voulez vous que la dette des états ne croissent pas alors qu’il n’y a aucune croissance. Quand l’état emprunte a 2 ou 3 % alors qu’il n’y a pas de croissance la dette augmente automatiquement c’est mathématique que les intérêts soit selon nos croyance du ou non il n’est pas possible de payer des intérêt lorsque qu’il n’y a pas de croissance je m excuse pour mon faible développement.

    1. Croissance de quoi ?

      Si la croissance est due à des investissements dans le pays concerné alors l’état emprunte moins parce qu’il perçoit plus d’impôts (d’abord sur les usines qu’on construit, en suite sur les salaires et sur la vente de ce qu’elles produisent) tout en dépensant moins pour l’aide sociale (voire pour la prime à la casse et autres dépenses destinées à « favoriser la croissance ».)

      Il y a malheureusement d’autres formes de « croissance » où les affaires vont mieux mais qui ne correspondent à aucune réelle prospérité…

      1. Le problème n’est pas la croissance quand on me prête de l’argent moi pauvre nigaud on me demande un intérêt et cet intérêt je ne peut le payer que si je croit mais je m’en fout de la croissance mais c’est ce système qui le demande. la croissance de quoi je me le demande moi aussi?

    2. Je vous dirai bien qu’il « suffit » de sortir du cadre, c’est à dire sur ce point précis de l’endettement des Etats, de revenir à des avances des banques centrales et prohiber les emprunts sur le marché. Ce n’est certes pas la seule raison de l’endettement des Etats, mais historiquement, avant 1972, les Etats en Europe n’étaient pas endettés comme ils le sont aujourd’hui.
      Ce qu’une loi a pu faire en 1972 ou un traité un peu plus tard, une autre loi peut le défaire, en quelques jours, le temps d’un aller retour entre le Sénat et l’Assemblée nationale.
      Et l’Europe me direz vous ?
      On ne lui demande pas son avis, c’est aussi simple que cela. On la met devant le fait accompli.
      On commence par rétablir la prééminence du droit national sur le droit européen dans la constitution, ce qui existe aujourd’hui en Allemagne, pour couper court à toute tentative « intérieure » d’aller contre cette mesure et ensuit on prends toutes les mesures unilatérales nécessaires.
      Les français vote cette année, les Allemands l’année prochaine. Essayer d’imaginer ce qui pourrait bien se passer si un pays fondateur, la France empruntait cette voie. Ce serait un bol d’air frais pour tous les peuples d’Europe qui du jour au lendemain comprendraient que l’austérité et la casse du rôle redistributeur de l’Etat, les services publics pour les nommer, ne sont qu’un choix politique et nullement une obligation liée à de quelconques « lois économiques transcendantes »

      un doux rêveur !
      et que vive le rêve général !

      1. Les Belges francophones regardent et écoutent autant sinon plus, les chaînes françaises que les chaînes belges. À vrai dire, tous vivent plus près de Paris que les Bretons, les Bordelais et les Marseillais. Il n’y a que ceux-là pour nous dire à Lutèce: « Et vous êtes venus de si loin? »
        Le père d’un de mes amis disait en réponse à la question de ses opinions politiques, qu’il était gaulliste, et il n’était sûrement pas le seul.
        Après le mai 68 de Paris, il y a eu l’octobre 68 ici.
        Il y a vingt ans, je savais que le maire de Neuilly s’appelait Nicolas Sarkozy, mais j’ignorais les noms de tous les bourgmestres en-dehors de celui de ma ville.
        On y affrète un car pour aller soutenir Mélenchon dans son méga-rassemblement à la Bastille au mois de mars prochain.
        L’actuel ministre des affaires qui nous sont étrangères se déclarait ami de Sarko à toute occasion durant sa première campagne présidentielle.
        Etc.

  17. Je pensais que la BRI de Bâle était à même de gèrer la monnaie internationale référence fixe

    Chaque Bque centrale a un compte à la BRI qui fixe l’int »rêt créditeur et débiteur .Ensuite les dévaluations et réévaluations recherchent l’équilibre.

    1. Les graphiques de Berruyer sont toujours les bien venus, mais il serait intéressant qu’il fasse démarrer ses courbes avant les années 70.

    1. Au sujet du calendrier, 70 ans ans dites vous, je vous épargne le sablier.
      .
      Année civile : les occupations humaines sont réglées, dans leur ensemble, par la marche apparente du soleil, c’est à dire :
      1 – par la rotation de la Terre qui commande le jour et la nuit;
      2 – par sa translation qui commande le retour des saisons.
      Aussi deux unités de temps se sont imposées :
      Le jour solaire, qui a été rendu constant par la création du jour solaire moyen;
      l’année tropique, qui en contient 365,2422
      Or, une année, pour être utilisable pratiquement, doit avoir un nombre entier de jours. On a donc été amené à créer :
      l’année civile commune qui contient 365 jours,
      l’année civile bissextile qui en contient 366.
      Calendrier Julien :
      L’année romaine, soumise aux décisions Pontifes, était mal déterminée. Vers la fin de la République, on en était venu à célébrer au printemps les fêtes de d’automne.
      Jules César décida, en l’an 45 avant Jésus Christ après consultation de l’astronome alexandrin Sosigène :
      1 – de remettre l’équinoxe de printemps à sa place,en allongeant l’année en cours (709 de la fondation de Rome) de 80 jours. Ce fut « l’année de la confusion »;
      2 de créer, tous les 4ans une année de 366jours.
      Le jour supplémentaire fut placé après le 6ème jour avant les calendes de mars, qui devint un jour bis; (bis sextus Kalendas Martias), d’où notre adjectif bissextile.
      Depuis cette époque, le mois de février des années millésime divisible par 4 compte 29 jours au lieu de 28 dans les années ordinaires.
      Ainsi l’année julienne compte, en moyenne 365,25 jours, ce qui peut paraître annodin, mais n’oublions jamais que le temps c’est de l’argent et je ne pense pas que les banquiers me contrdiront.
      Calendrier grégorien :
      L’année julienne est pourtant un peu trop longue :
      365,25 -365,2422 = 0,0078
      et, en 1000 ans, le calendrier julien retarde de 7, 8 jours.
      En 325, date du Concile de Nicée, l’équinoxe de printemps était le 21 mars, ce qui déterminait la date de Pâques. Mais 1250 ans après, l’équinoxe de printemps arrivait le 11 mars. En 1582, le pape Grégoire XIII voulut rétablir la place de l’équinoxe de printemps au plus près du 21 mars et l’y maintenir. A cet effet, il ordonna :
      1 – La suppression de 10 jours, de sorte que le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 fut le vendredi 15 octobre.
      2 – La suppression de trois jours en 400 ans, en ne conservant comme bissextiles que les années séculaires dont le millésime est un multiple de 400.
      Exemples : Les années 1600, 2000 sont bissextiles; les années 1700, 1800, 1900 sont des années communes.
      L’année grégorienne compte donc en moyenne 365,2425 jours.
      Elle est un peu trop longue, de 3 dix-millièmes de jour.
      Le calendrier grégorien, adopté après un délai plus au moins long par tous les Etats, est actuellement d’un usage universel.
      Son adoption en France date de décembre 1582; en Angleterre, de 1752.
      Pourquoi je vous parle de calendrier, tout simplement, pour y voire plus clair.
      Par ailleurs tout crédit demande un un calendrier!

      J’oubliais la date grégorienne (nouveau style) d’un jour quelconque surpasse la date julienne 5vieux style) d’un nombre de quantièmes qui augmente de trois unités tous les 400ans;;;Je vous laisse à vos calculette et on en reparle.

      Bonjour Pierre ravis de lire.

    2. Mais nous ne sommes pas confronté à la « connaissance » ou la « méconnaissance » mais à la lutte des classes, même si ce vocable a du mal à refaire surface . . .

  18. Où est le blocage ?
    Les dirigeants ( ceux démocratiquement choisis ) sont-ils dépassés par la complexité du système ( mais ils ont des conseillers techniques j’imagine ) , Ont-ils un intérêt personnel et matériel à tout ce foutoir ? Pas tous quand même !
    Les solutions préconisées sont-elles trop difficiles à mettre en œuvre , ou peut-être n’y a-t-il pas consensus sur leur pertinence ?

    PS : Une chambre de compensation est-elle envisageable quand chaque entité ne cherche qu’à se la jouer perso ?

    1. La chambre de compensation est au sens strict une obligation assumée de mettre ses intérêts en équivalence avec ceux des autres. La compensation applique les mêmes règles de prix à des intérêts qui se reconnaissent complémentaires au lieu de chercher à s’exclure et à se néantiser. La compensation substitue le commerce à la guerre.

      1. Merci pour votre réponse .

        Mes piètres connaissances théoriques en matière économique empêchent une intégrale compréhension de votre exposé ( même si j’ai l’impression d’ avoir saisi le sens général ) .

        J’ai cru comprendre ceci
        X possède un champ , Y possède des semences : Ils peuvent faire fructifier ensemble leurs biens qui pris séparément sont inutiles, en inventant des règles de gestion communes , ou alors se cogner dessus en espérant chacun emporter la totalité du lot .

    2. et bien, si

      Les dirigeants ( ceux démocratiquement choisis )

      ne sont pas au service de l’Etat mais des intérêts de quelques-uns, ce qui n’est plus à démontrer de mon point de vue, alors le paramètre sur lequel il faut agir c’est bien la démocratie, comme échangé sur le poste 1 ci dessus . . .

      1. Les premières lignes de mon post étaient ironiques bien sûr . Je n’ai pas le moindre doute sur le fait que Nico , Angela , Mario ( s) , Sylvio et les autres se foutent bien de nos petites existences , le pire, c’est que nous les avons élu ( Enfin , quand je dit « nous  » , ce n’est que pour l’effet rhétorique ) .

      2. Le blog de Paul Jorioninforme les profanes comme moi des mécanismes et des dévoiements de la finance .internationale . Il donne des pistes de réflexion à ceux qui tirent les ficelles afin qu’ils puissent résoudre intelligemment et durablement cette crise qui broie tant les pauvres que les classes moyenneset pourrait finir par faire effondrer le système tout entier.
        Nous,les petits,même informés et conscientisés, nous n’avons pas plus de pouvoir que des bouchons ballottés par les vagues .La démocratie a été dévoyée par les puissants qui organisent à leur guise les élections, ne tiennent pas compte du résultat d’un referendum quand il leur déplaît et nous savons bien que les Nico, Angela, Mario et Cie,les instances toutes puissantes comme le FMI, la BCE dont les membres ne sont pas élus par les citoyens (aucune transparence ni démocratie),les états et les banques « se foutent bien de nos petites existences » (dixit notre ami Lechat), la question est la suivante :

        Que pouvons-nous faire AUJOURD’HUI MÊME , nous les petits, les quasi-smicards, les smicards, les chômeurs,bref les 99% des Européens, qui survivons péniblement sans épargne ni placements, que pouvons-nous faire individuellement et collectivement pour ne pas nous laisser dévorer sans attendre une décision des grands chefs qui se prendra sans doute une fois de plus à notre détriment ?

        Nous sommes obligés par la loi, depuis une quarantaine d’années, de percevoir nos revenus sur un compte de dépôts . Pour que notre argent ne soit pas utilisé malgré nous par la spéculation privée, mais qu’il rapporte à l’Etat pour nous être redistribué en services collectifs, , avons-nous le droit d’ouvrir un compte au Trésor Public ? A la Caisse des Dépôts et Consignations ?

        Sinon, la « solution Cantona », pour nous qui ne disposons de rien d’autre que de notre salaire ou allocation mensuelle est sans doute la seule : retirer immédiatement cette somme de la banque privée où la loi nous oblige de la faire virer, le jour-même où arrive ce virement pour ne pas faire le jeu des puissants et effectuer le jour-même, si possible en liquide, nos grosses dépenses du mois (loyer , factures et aliments conservables) , une tirelire pour le gros outillage à remplacer, en ne conservant en argent liquide que de quoi acheter au jour le jour nos aliments frais du mois .
        Evidemment, ne pas suggérer comme le fit Cantona un jour de semaine précis totalement irréaliste pour les gens qui sont sous l’autorité d’un employeur, même à temps partiel, ou qui dépendent d’un mode de transport en commun aléatoire pour se rendre à la ville voisine.
        Le faire quand on peut, le jour où l’on s’est préparé à le faire, car cela suppose de prendre des dispositions particulières . Je le sais, je le fais avec des voisins : nous organisons un co-voiturage pour aller régler ensemble ( et pour ceux qui sont au travail) les factures EDF en liquide contre un reçu dans un bureau EDF qui n’est pas fait pour recevoir du liquide ( la première fois nous étions accompagnés par un homme de loi pour prouver que nous voulions payer notre facture, mais en liquide . D’ailleurs,pour toutes les grosses factures (loyer, Veolia …) plusieurs voisins n’ont pas l’autorisation bancaire d’émettre des chèques ni les moyensfinanciers d’envoyer des mandats. Rien ne vaut le paiement en liquide. C’est une satisfaction morale de savoir que la banque , qui a déjà retenu notre argent quelques jours, hélas, sans notre accord avant de daigner le mettre à notre disposition, n’en dispose plus pour spéculer .

        Le changement de ce système devenu fou se fera sans doute dans le sang mais nous, les 99%, ne voudrions pas, après une révolution, voir remplacer des cupides par d’autres cupides en puissance .

        Alors, à part ouvrir un compte dans une véritable BANQUE PUBLIQUE qui enrichisse l’Etat, nous tous, ( et laquelle ? J’ai peu confiance dans de prétendues banques mutualistes) pour y percevoir légalement notre salaire ou allocation mensuelle , ou à défaut appliquer « la méthode Cantona », comment nous, les 99%, pouvons-nous nous opposer au 1% de riches spéculateurs et possédants qui nous dévorent ?

      3. @ Mianne
        Tout le monde peut ouvrir un compte courant au Trésor Public (en tout cas, c’était possible en 1995)

      4. Xynthiadevannes, plus possible depuis 2001 apparemment.
        http://local.attac.org/13/documents/doc18.htm

        @mianne. On parle bien de smicards, mmh ?
        http://vosdroits.service-public.fr/F10999.xhtml

        Paiement en espèces Mise à jour le 18.01.2012 – Direction de l’information légale et administrative (Premier Ministre)
        Principe :
        Le paiement en espèces (pièces et billets) est réglementé et n’est autorisé à l’égard des professionnels, que pour régler des créances d’un montant imité.
        Paiement en espèces autorisé :
        Dès lors que le paiement en espèces n’est pas interdit, le créancier est obligé d’accepter ce type de paiement Obligation d’accepter les espèces Les espèces sont constituées des pièces et des billets. Ni un commerçant, ni un particulier ne peuvent refuser le paiement en espèces dès lors que la somme n’excède pas les plafonds au-delà desquels le paiement en espèces est interdit (voir ci-dessous).
        À noter : un professionnel n’est toutefois pas contraint d’accepter un paiement constitué de plus de 50 pièces de monnaie.
        Possibilité d’exiger le paiement en espèces :
        Un commerçant ou un particulier peut exiger le paiement en espèce et refuser tout autre moyen de paiement.
        Obligation de faire l’appoint :
        Le débiteur doit faire l’appoint. Son créancier peut donc refuser certains billets lorsque le montant à payer est bien plus faible.
        Paiement en espèces interdit :
        Somme excédant un certain montant.
        Les personnes physiques agissant dans un cadre privé sont autorisées à effectuer des paiements en espèces sans limitation de montant En revanche, l’utilisation d’espèces est interdit pour payer un professionnel dès lors que la somme excède les montants suivants :
        -3000 € pour une dépense personnelle comme professionnelle pour un résident fiscal.
        – 3000 € pour une dépense professionnelle et 15 000 € pour une dépense privée pour un non-résident fiscal.
        Pour le paiement d’une somme supérieure au seuil concerné, il faut utiliser un autre moyen de paiement (chèque, carte bancaire par utiliser un autre moyen de paiement (chèque, carte bancaire par exemple).
        Les personnes qui ne possèdent pas de compte de dépôt ne sont pas concernées par cette interdiction. Paiement d’un salaire : Les salaires peuvent être versés en espèces jusqu’à 1.500 € par mois.
        Au delà, le paiement doit être effectué par chèque barré ou par virement à un compte bancaire.
        Envoi d’espèces par courrier L’envoi d’espèces par courrier n’est pas autorisé sauf des billets par ettre recommandée Dans ce cas, la somme envoyée ne doit pas excéder le montant de’indemnité accordée en cas de perte.

        Obligatoire ou juste autorisé le paiement du salaire en espèces jusqu’au 1500 € ?

        http://vosdroits.service-public.fr/F2308.xhtml

        Le paiement en espèces est possible uniquement si le montant du salaire est inférieur à 1 500 € et à la demande du salarié. Dans ce cas’employeur ne peut s’opposer à sa demande.
        Un bulletin de paie est obligatoirement remis au salarié.

        Obligatoire donc… enfin « pour nous, 99% de pauvres smicards et smicards et demi »… dixit les services de François Fion.
        Arf arf arf.

      5. Merci Vigneron

        J’avais entendu dire qu’il n’était plus possible pour un simple citoyen d’ouvrir comme avant un compte de dépôts au Trésor Public mais que la loi nous imposait d’ engraisser une banque privée pour toucher notre allocation, retraite ou salaire .

        Ainsi rien ne nous empêche de recevoir un salaire inférieur à 1500€ directement en liquide et IL SUFFIT D’EN FAIRE LA DEMANDE . Les employeurs n’ont pas l’air de le savoir car ils prétendent que cela leur est interdit . Un homme de loi pourrait peut-être le leur rappeler . Donc, paiement direct en liquide pour les allocations , retraites ou salaires inférieurs à 1500 euros et « méthode Cantona » pour ceux qui dépassent ce montant.

        A part compter les points dans la bagarre entre experts et puissants décideurs à la solde du 1% de très riches, la sortie des banques est notre seul moyen de nous défendre, nous les petits 99%, et de peser sur les événements à notre humble niveau, en attendant que nos zélites décident ou non de suivre les conseils de Mr Sarton du Jonchay « 

        de diviser la monnaie en étalon de crédit international et en étalons d’investissement nationaux ou régionaux ( la monnaie de crédit internationale peut être le bancor, ou le DTS monétisé du FMI ou encore l’euro)

        Bien que dans une prétendue démocratie, nous n’avons aucun pouvoir de décider, seulement d’être spectateurs des empoignades au sommet, et encore à condition que les décisions ne soient pas prises en douce par des personnes non élues par le peuple ou les peuples .

    1. @Le chat
      Au vue que moi et mon égo sont à un stade identique au tien, j’ émet une hypothèse, le Monsieur dit qu’on va morfler grave !!!

      1. J’imagine que dans les pays en voie de sous développement, ils expérimentent depuis pas mal de temps que l’équation de BS présente une erreur dans sa formulation initiale .

  19. Un commentaire, très partiel . . .
    Le rôle et les prérogatives du parlement européen sont bien éloignées du cas d’école que vous décrivez !

      1. En stage de démocratie, oui bien sur ! mais ne la cantonnons pas à la sphère économique !
        Définissons dans un premier temps les besoins, c’est à dire l’intérêt général, qui ne pourra être défini que par la participation du plus grand nombre, et ensuite seulement, donnons nous les outils économiques, mais pas seulement économiques de les faire advenir, de les réaliser.

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