CONVOQUER BRETTON WOODS SUR LE DÉFAUT DU 2 AOÛT, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Convoquer un Bretton Woods dès aujourd’hui est une urgence absolue : le défaut sur la dette publique étatsunienne est avéré et profond même si un relèvement provisoire du plafond est voté. Il n’y a plus aucun étalon international sûr pour adosser la liquidité internationale. L’implosion est enclenchée.

Un système monétaire multi-étalons n’aura aucune viabilité car les zones monétaires vont être en conflit permanent pour l’évaluation des dettes internationales. Le système financier exacerbera les conflits pour faire monter les primes de change et les primes de crédit. La spéculation va exploser et mettre États et économie réelle à genou. Les peuples auront le choix entre l’esclavage ou l’émeute.

Si les politiques veulent garder la main et conserver un minimum d’État de droit, ils n’ont pas d’autre possibilité que la compensation internationale des crédits et des monnaies. C’est aux Européens de le proposer aux États-Unis à partir de l’expérience européenne de régulation financière publique multinationale. Une compensation mondiale par une monnaie commune d’équité financière.

L’objectif de la compensation doit être de retrouver un équilibre international des parités monétaires qui répartisse les potentiels nominaux de croissance afin que toutes les dettes soient remboursables. Sans dévaluation ordonnée du dollar, les États-Unis vont s’asphyxier et rentrer en conflit ouvert avec la Chine. Sans dévaluation des monnaies du sud de l’Europe, l’Allemagne règnera sur un champ de ruines.

Comme tout autre, le totalitarisme financier détruit. La réalité humaine ne peut pas être enfermée dans la seule rationalité des prix, des dettes et des modèles de risque. Le vivre ensemble est au-dessus de la finance. La politique au service exclusif de la finance perd sa raison d’être.

Le défaitisme de la finance internationale non régulable est une démission de la raison et de la pensée. Pire, renoncer à la civilisation a cause de son impéritie financière est un non sens. La politique n’existe pas qui ne fixe pas le cadre de négociation des prix. La politique dictée par les prix n’existe pas non plus.

Le monde est dans la même situation qu’à la veille de la Révolution Française ou qu’à la veille de la Première Guerre Mondiale. On imagine quelques péripéties à venir alors qu’on va en prendre pour 10 à 30 ans. Les élites qui hypnotisent les opinions sont faillibles. Le déclenchement de la Première Guerre puis les combats qui suivirent furent complètement improvisés. Les élites politiques engagèrent l’Europe dans quatre ans d’horreur absolue avec une légèreté confondante.

En 1918, élites et peuples n’avaient toujours pas compris. Les traités de paix posèrent en toute inconscience les conditions de la deuxième guerre mondiale avec encore plus d’horreurs méthodiquement pensées et organisées. Le passage de la première à la deuxième guerre s’est fait par la monnaie en dépit de Keynes ; il avait prévenu de ce que donnerait l’absence d’ordre monétaire international et d’équilibre raisonnable des dettes entre pays.

Toute la Révolution Française a été rythmée par la crise financière publique qui a mis le peuple parisien en colère et a livré les débats parlementaires aux extrémistes et aux démagogues. Il a fallu la dictature et les guerres napoléoniennes pour rétablir un ordre politique et financier. Quand les élites ne sont pas à la hauteur de leurs responsabilités, cela dégénère très très vite ; et il faut des décennies pour remonter la pente.

La science économique et financière aux États-Unis apparaît désespérante de platitude. Personne aux États-Unis ne semble capable d’expliquer la vraie fonction du dollar dans le système monétaire international actuel ; ni le processus de création monétaire à partir de la dette fédérale. Avec l’effondrement du dollar, les États-Unis s’apprêtent à revenir chez eux comme en 1919 et laisser le monde s’écrouler avec la finance de marché néo-libérale soi-disant autorégulée.

L’Union Européenne et le monde se bercent d’illusions sur la bataille à venir de la régulation financière. Tous les gouvernements ont profité de l’endettement facile pour ne pas avoir à tenir les comptes de l’action publique. Toutes les dettes sont internationales et non exhaustivement contractualisées ni comptabilisées. Il faut des règles internationales de civilité financière surveillées par le consensus des États qui garantissent les dettes publiques au-dessus des dettes bancaires. IL FAUT CONVOQUER UN BRETTON WOODS CETTE SEMAINE. Après, il sera trop tard.

Les plans d’austérité imposés à l’Europe du Sud ressemblent à la politique de la République de Weimar et de la France qui préparèrent le terrain du nazisme. Les partis de gouvernement qui prétendent monter la garde contre les extrémismes se décrédibilisent. Les institutions européennes jouent le rôle de la défunte Société des Nations. La société étatsunienne éclate. Le gouvernement des États-Unis est paralysé. Et le reste du monde assiste effaré au sabordage de l’économie mondiale. N’est-il pas temps que la politique reprenne ses responsabilités ?

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89 réflexions sur « CONVOQUER BRETTON WOODS SUR LE DÉFAUT DU 2 AOÛT, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Bretton Woods me fait un effet naphtaline . Keynes pour renégocier en Zombie ?
    Ce n’est plus le passage du relais entre Empire Britannique et USA qui se joue .
    Les Chinois ont un gros pb intérieur , une réévaluation du yuan , c’est aussi augmenter les prix
    industriels et urbains par rapport aux prix agricoles et artisanaux de leur immense masse paysanne , d’une part ; d’autre part nous ne sommes pas en tant qu’Européens dans la méme
    position que les Anglais en 45 . Nous n’avons pas vocation du moins je l’éspére à nous maintenir
    où nous promouvoir en tant que place financiére , mais en tant que place productive , par là à ne
    pas nous accomoder d’une monnaie surévaluée .
    Vos positions sont bonnes comme transition vers autre chose , j’en conviens , pourvu que ce ne soit qu’une transition .

  2. Un nouveau BW ne pourrait être organisé que par les hommes au pouvoir,or comme vous le dites dans le billet ceux ci sont TOUS au service de la finance,qui n’en veut pas ,donc …

  3. Il me semble que nous sommes passé au ‘niveau supérieur’, comme lors de la crise précédente : de la dette privée à la dette publique et de la dette publique à la monnaie.
    Nous atteignons ‘enfin’ le bout du chemin …
    Tout le problème se situe ainsi autour de cette question : comment dévaluer le dollar, monnaie de référence mondiale, pour qu’elle puisse passer au stade de monnaie régionale ou locale, sans que les autres monnaies ne s’apprécient outre mesure ?
    Comment éviter les effets dévastateurs de transvasement des richesses par les monnaies (notamment via le carry trade) ?
    A supposer qu’il y ait un accord (vote non obtenu encore) et que la dégradation de la note des USA n’intervienne pas non plus (ce qui portera un coup fatal à la réputation des agences de notation), la réalité apparaît ainsi dans toute sa nudité : comment parler des dettes (publiques, privées) sans parler de monnaie ?
    La position des pays émergents (BRIC notamment) sera essentielle car ce sont eux qui souffrent de cet absence de cadre monétaire, par les effets de flux financiers dévastateurs (intérêts à verser, inflation, bulles spéculatives, …), notamment économiquement et socialement.
    A noter : la bourse de Shanghai ouvrait à 0,14% ce matin. Attentisme, donc, côté chinois.

  4. Merci beaucoup pour cet excellent appel informatif et synthétique

    En 1918, élites et peuples n’avaient toujours pas compris

    ce passage permet de rappeler qu’il y a bien dans l’Histoire deux acteurs distincts, les élites et le peuple, ce qui disparaît un peu dans le reste de l’appel où les élites apparaissent plutôt comme des deus ex machina munis (au mieux) de leur seule raison et honnêteté.

    on a déjà je crois dépassé historiquement la situation où les élites servent objectivement les intérêts du peuple : ils servent depuis 20 ans les intérêts des détenteurs de grands capitaux

    C’est là où ça se corse : quel pouvoir démocratique peut-il renverser ce système fait d’élites non démocratiques ?

    Peut-être quelque chose comme les référendums d’initiative populaire capables de créer de grandes surprises (en Italie : 54 % de participation et 98 % de « oui » à l’abrogation de 4 lois sur la privatisation de l’eau le nucléaire etc. ? (j’adore ce chiffre : 98 %)

    1. @emmanuel,
      Plutôt qu’acteurs, élite et peuple sont des rôles distincts d’une même action. Les élites sont des éléments de la société qui prennent en charge pour la collectivité l’analyse et la conceptualisation d’une partie de la réalité commune. Le peuple en opère la transformation. Quand dans n’importe quel domaine, l’élite travaille pour son intérêt exclusif ou se détourne du peuple en ne se rendant pas compréhensible, l’action ne produit plus de bien commun. Des minorités se ménagent des avantages prélevés sur l’intérêt général et sur l’appauvrissement collectif.

  5. Monsieur Pierre Sarton du Jonchay, votre prose est plein de certitudes et de platitudes, et surtout plein de TINA (There Is No Alternative) et de pensée-unique. Vous semblez en fait faire partie du problème.

    Exemples ?:

    « Il n’y a plus aucun étalon international sûr pour adosser la liquidité internationale. »

    Certes, mais avez-vous envisagé que c’est la montagne de liquidité qui pourrait s’évaporer, au lieu d’affirmer qu’il faut absolument trouver de nouvelles bulles pour la regonfler ? En effet, elle est due à une dette démesurée qui l’a créé par le mécanisme de la réserve fractionnaire, et pourrait disparaître en même temps que la dette est répudiée ! Correction : « disparaîtra« , au futur, pas au conditionnel. Le ratio habituel de flux financier / flux de marchandises est de 2 dans le monde, aujourd’hui et depuis 20-30 ans il est de 20. En gros, il y a 10 fois trop d’argent en circulation dans le monde, adossé à rien qu’à lui-même, comme dans le cas des tulipes de Hollande, et leur valeur réelle est nulle: des reconnaissances de dette intenables. Vous comprenez cela ? Cela s’appelle un système pyramidal, où les intérêts insensés sont payés avec l’argent frais amené par les nouveaux entrants: plus de nouveaux entrants -> plus d’intérêts -> les gens retirent leur argent -> qui a été dépensé par les gestionnaires -> police, menottes, prison: 1-ière année de DEUG d’éco.

    « Un système monétaire multi-étalons n’aura aucune viabilité »

    Serait-ce en réponse à on de mes messages précédents ? J’en serais flatté. Mais encore faudrait-il le démontrer. Quant-à moi, je vais vous démontrer le contraire:

    ***************************************
    Une quelconque zone monétaire souveraine (qui peut émettre sa propre monnaie à sa guise et qui contrôle ses frontières physiques) peut mettre en place une chambre de compensation obligatoire, par laquelle doit passer tout argent entrant (comme une douane quoi), et sur laquelle elle peut appliquer une taxe d’entrée (une taxe Tobin quoi). Toutes les banques et organismes financiers doivent passer par cette chambre de compensation, doivent lui déclarer les échanges internationaux. Cette zone sera alors protégée de la spéculation externe – en haussant la taxe d’entrée temporairement lors d’afflux de capitaux – et aussi protégé des paradis fiscaux – en appliquant des taxes différentes en fonction de la provenance des capitaux – et aussi de l’arnaque des prix de transferts pratiqués par les multinationales, ce qui lui donnera une économie locale forte.

    Une telle zone peut être grande – à l’échelle d’un continent – ou petite – un pays – c’est pareil.

    Et voilà. Certes, l’internationale capitaliste n’apprécierait pas une telle zone monétaire, et ferait tout pour l’attaquer comme elle le pourra. Mais une zone monétaire ayant assez de ressources internes – pas Cuba donc – pourra y résister.

    En fait, le système d’après – le non-système comme vous disiez – sera un monde avec plusieurs zones monétaires protégées par des « douanes Tobin », et où la montagne de liquidité aura disparu, envolée.

    ***************************************

    « Il faut des règles internationales de civilité financière surveillées par le consensus des États... »

    Ah ben elle est bonne celle-là. Le G20, l’OTAN, le FMI, la Banque Mondiale, l’ONU… ne vous suffisent donc pas ? Vous voulez créer encore une autre instance et celle-là, promis-juré-craché, va fonctionner ? « pour le bien des citoyens » ? Vous nous prenez pour des billes ?

    1. En gros, il y a 10 fois trop d’argent en circulation dans le monde, adossé à rien qu’à lui-même, comme dans le cas des tulipes de Hollande, et leur valeur réelle est nulle: des reconnaissances de dette intenables.

      Vrai et aussi pour le reste.
      La valeur des produits dérivés (hedge funds) a été estimé à plus de 600.000,- Milliards de $ alors que le PIB mondial se monte à 60.000,- Mds de $.
      Exactement le même pourcentage qu’avec le marché de l’or papier/physique.
      Nous avons une belle illustration des Assignats modernes.

      Les moyens sont modernes, la méthode est ancienne.

      Un peu comme les religions et ses dogmes.
      Le New Age et les matérialistes de la spiritualité moderne ont pris la relève.
      Les produits dérivés de pseudos philosophies du bien être du corps et de l’âme par des orientations et des techniques soit disant dites nouvelles, promettent un gain d’une liberté d’être retrouvée et un capital bonheur illimité sans toutefois garantir l’illumination.
      Il y a eu une gourouisation financière comme une gourouisation spirituelle.
      L’audience de la mouvance Maya, 2012, les prophéties de fin du monde et autres prophètes du malheur et de catastrophes planétaire, messages de maitres ascensionnés voire galactique … en sont la représentation la plus répandue.

      Dans le monde matériel comme dans le domaine du spirituel, la plupart des gens gens sont prêts à remettre leur sort entre les mains des politiques et ou de représentant d’institutions non élus, de de gourous auto-proclamés.
      Le réveil pour les uns s’est toujours avéré brutal tandis que pour les autres, l’Eveil n’a été possible que par un très petit nombre d’entre eux.

    2. @Zolko,

      En fait, le système d’après – le non-système comme vous disiez – sera un monde avec plusieurs zones monétaires protégées par des « douanes Tobin », et où la montagne de liquidité aura disparu, envolée.

      en quelle(s) monnaie(s) se font les échanges internationaux entre ses zones? Par exemple une zone n’a pas de pétrole et en achète à une autre. Ces monnaies sont elles convertibles entre elles? selon quel mécanisme?
      Qu’est ce qui assure que la « montagne de liquidité aura disparu »? Que se passe t’il si certaines zones mettent en place des taxes tobin élevées, d’autres moyennes, d’autre nulles?

      Quand vous aurez réfléchi à toutes ses questions, et il y en a bien d’autres encore, vous comprendrez peut être que ce dont PSDJ parle n’est pas si bête que cela.

      Quand à la prose « pleine de platitudes et de certitudes » il me semble que vous vous débrouillez pas mal.

  6. Depuis 4 decennies on vit dans l’illusion et maintenant on sait qu’il faut donner raison à Von Hayek « le retour à l’étalon-or » pour une politique monétaire internationale parce que la monnaie-papier ce n’est pas autre chose que de « la monnaie de singe ».

  7. PSdJ, vous parlez avec la voix de la sagesse. Je pense aussi qu’une remise à plat du système juridique des dettes internationales est impérative et urgente. Donner une légitimité démocratique aux dettes est tout aussi impératif sinon ça ne peut pas marcher.
    Je cherche un homme, disait Diogène.

    En 2009, Europe2020 avait publié dans de grands journaux un encart pour prévenir le G20, les politiques et le public qu’une décision révolutionnaire devait être prise rapidement sous peine d’aller à la cata où nous sommes avec la faillite virtuelle de la Grèce etc. Bien sûr personne n’a bronché.

    En 2008 fut créé le G20 chargé de réformer la finance en profondeur pour éviter le retour d’une faillite façon LB. Faut-il vous détailler la portée des mesures décidées lors de ces G20?
    Sion sentait une certaine motivation dans les premiers jours, la stabilisation qui a suivi et les bons conseils des banquiers ont tué toute velléité de réforme.

    Vous savez, nous savons, que personne ne bougera tant que ce n’est pas urgemment impératif. L’économie dépend de la politique, et les politiques sont conseillés voire bousculés par ceux auxquels ils voudraient ressembler, les riches et puissants banquiers et hommes d’affaires.
    Rien ne changera tant que les uns et les autres auront l’espoir de pouvoir conserver leur richesses et leurs avantages. La sagesse n’a rien à y voir, elle est même l’ennemie du conservatisme.
    Le Bretton Woods n°1 suivant la 2GM devait refonder un système sur des bases entièrement nouvelles issues de la guerre. Je crains qu’il ne faille attendre une nouvelle donne similaire pour pouvoir créer un nouveau système.

    Il ne vous reste, avec PJ, qu’à crier dans le désert jusqu’à ce que quelqu’un cherchant un homme vous entende et se dise « Le voilà ! ». Patience, et surtout ne cessez pas de crier…

  8. Entièrement d’accord avec ce que proposent Pierre Sarton du Jonchay et Paul Jorion. Merci infiniment de votre belle sagesse, cette rose sans pourquoi qui nous est si nécessaire…

    Bon, victime d’un désarroi que je sais passager, face à l’inconscience et à la légèreté de nos politiciens, je vais me limiter à transcrire un poème, un long poème de Branko Miljovic, brillant poète serbe, mort en 1961, et qui, à mon humble avis, a toute sa place dans le contexte que nous vivons aujourd’hui ; oui, c’est peut-être loin de tout langage économique, loin de toute réflexion concrète sur ce qui arrive, mais bon, c’est un peu comme si la seule lueur que j’envisageai aujourd’hui était l’éclat de ce qu’il y a de poétique dans ce monde, l’éclat d’une offrande de lumière, de sagesse, de beauté, d’amitié…

    Branko Miljkovic, La nuit avant le rêve

    Le monde disparaît lentement. Ils regardent tous
    le temps trompeur sur le mur : ô allons !
    Les frontières dans lesquelles nous vivons ne sont pas
    les frontières dans lesquelles nous mourons.
    Nuit âpre au corps mort,
    mort est le coeur mais les profondeurs restent.
    Cette nuit l’eau elle-même voudrait
    se boire jusqu’à la lie et reposer.

    Voyage tant qu’il y a encore monde et savoir :
    tu seras beau de poussière, tu connaîtras la cendre et l’éclat.
    Rends-toi aveugle en allant ton chemin, mais sache :
    faux est le soleil, vraie sa course.
    Que les marchands naviguent à travers le temps, les oreilles bouchées de cire,
    toi, ose écouter comment chantent les déserts,
    tant que les fleurs pâles s’agenouillent devant la mer fermée et qu’il y a
    en toi une force qui te déchire.

    Vide, comme les astres sont petits !
    Ton rêve sans corps, ta nuit sans nuit,
    est une épithète de soleil pur, débordante de louanges.
    Mais que je te vois est-ce mon pouvoir ou le tien ?
    Clôture diaphane que l’éclat a vaincu,
    maudite transparence qui me remplit de peur,
    ta
    fleur est le seul astre au-dessus de la ville,
    ta vanité est d’or pur !

    Le monde disparaît lentement, triste monde.
    Qui aura enseveli notre coeur et nos os
    là où la mémoire n’atteint pas, où le mouvement
    ne nous multiplie pas, où les jours ne nous répètent pas !
    Arrachez-moi la langue et mettez une fleur :
    commence l’errance à travers la lumière. Assez de paroles !

    Demain sans doute même les lâches pourront
    ce qu’aujourd’hui ne peuvent que les audacieux et les vrais
    qui, dans l’espace entre nous et la nuit,
    ont trouvé les raisons inouïes d’un autre amour.

    Le monde disparaît. Et nous croyons de toute notre violence
    en une pensée que personne encore ne pense,
    en un lieu vacant, en l’écume lorsque la mer se confond
    avec le vide et s’annonce par un rugissement…

  9. L’heure est parait il à l’urgence… Les cadrans de l’économie sont passés un à un du vert au rouge à présent au noir foncé… Nous roulons à tombeau ouvert vers l »abîme sans frein, sans phare, bourré et sans ceinture ni airbags… Scepticisme, incrédulité, comment croire ces prophètes qui nous prédisent l’Apocalypse… Le gouvernement est parti en vacances… Sarkozy dans le Var dans la propriété de belle maman, pour le marronnier de la presse aux ordres… Nicolas et sa bicyclette… Fillon est en Toscane…. Seul Mariani va assurer une permanence…. Au vu de l’immensité de ses compétences et de ses talents, quand va surgir le tsunami financier, on se sent rassurer, on se prend même à respirer…. Obama a capitulé… Yes he can… La dinde du prochain Thanks giving va avoir un drôle de goût, une odeur de faisandé… Je vais attendre le vote de cette nuit… Ça tangue dans les Bourses… Le CAC a touché son plus bas…. Ça repart à Fukushima…. Tout ça à cause des Mayas…Le nouveau Bretton Woods ne sera pas pour cette semaine….

    1. Amusant; « bourrés » est bien à sa place. Rond comme des queues de pelles
      (d’un cantonnier) , en somme.
      L’image de la bagnole nous change du Titanic, encore que vous revenez en fin de texte
      au liquide salé; la nave qui va essaie de le dompter mais « Ça tangue … ».

      Votre bagnole possède un défaut supplémentaire : ses pneus sont crevés et sa direction
      est monodirectionnelle vous tournez le volant à droite, et elle va toute à droite;
      vous tentez de tourner à gauche, et elle va à résolument à droite…
      Avec un peu de chance, on peut frôler le précipice, ou l’iceberg si vous préférez la nave
      qui va, sans l’atteindre. Quelque chose comme une limite, ou une frontière, celle du trou noir, évidemment.

      Si les journaux n’étaient pas aux ordres, ils en parleraient. c’est sûrement une conspiration
      la preuve: ils vont se tromper d’arbres…

  10. Depuis longtemps, la situation actuelle me fait penser à au temps orageux du temps peu avant 1914; il fait effectivement très lourd. Mais la guerre n’aura pas lieu, on observera plutôt une reconstitution de la géographie politique d’avant 1939. L’Europe du sud s’appauvrira pour rejoindre son statut quo ante, sans toutefois retrouver son charme pittoresque de jadis. Le pays leader sera probablement l’Allemagne, avec pays fort l’Autriche, la Pologne aussi, parmi d’autres. La France devra se décider pour un camp, soit elle rejoint la zone sud ou bien restera fidèle à l’alliance franco-allemande.
    On dit que l’histoire ne repasse jamais les mêmes plats; je dirais qu’elle repasse toujours les mêmes plats, ce n’est que la vaisselle qui change.

  11. @PSDJ
    Le 23 juin 2010 vous proposiez déjà le Bancor comme « solution » lors de votre première mission sur le blog.
    Depuis vous radotez, le Bancor, le Bancor, le Bancor…
    Je radote aussi, je m’en suis aperçu en passant en juin 2011 une journée à sauvegarder mon bla bla, de plus d’un an donc je m’efface, et pis c’est les vacances…
    N’empêche, entre temps, ça m’avait d’emblée effaré dès j’ai su ce nom de « Bancor ». J’ai depuis appris via Dostaler que « La valeur de cette monnaie pourrait varier, mais elle serait libellée en or. Pour des raisons psychologiques reliées à de vieilles traditions, disait-il, il fallait maintenir un lien purement symbolique pour assurer le prestige de la nouvelle monnaie ».
    De la même façon qu’une majorité de nos « intellectuels » vieillissants ou déjà morts, ont été formatés à la religion en plus de leur famille, dans les bonnes écoles d’avant guerre, et ne s’en sont jamais tout à fait débarrassés, je crains que Keynes ne soit resté dans les repères du 19ème qui l’a vu naître.
    C’est évidemment une connerie de penser se corréler même symboliquement à l’or jusque dans le nom de Bancor (une astuce de publicitaire avant l’heure) tout en dénonçant la relique barbare. Je te sors l’or par la porte, mais je te le fais rentrer par la fenêtre…
    Cette remarque me semble dans le fil de l’apostrophe de Jorion sur le « concept de valeur qui – il me l’accorde – est inutile, voire trompeur, lorsque l’on parle du prix, mais serait nécessaire si l’on veut parler, en sus, de la monnaie ».
    Parler de prix sans parler de monnaie, en dehors du troc voire du Potlatch et encore, je ne connais pas.
    La seule chose qui justifie que le boulot d’un cantonnier indien soit moins rémunéré que celui du cantonnier de votre rue, est l’accumulation du travail mort issu de siècles d’histoires et de rapports de forces économico-politiques donc guerriers aussi, inclus dans la cote monétaire. La poursuite de la mondialisation (qui dure depuis que l’histoire existe) et que personne n’empêchera, mériterait qu’elle cesse d’être sauvage soit trustée par « les marchés ». Que le Bancor y joue son office pacificateur soit, mais les énergumènes aux commandes du tintouin ne sauraient changer leurs offices, sans qu’ils soient eux-mêmes changés. Et là, problème éminemment politique, je ne distingue rien à même de prendre la relève, comme…en Libye. Les sauvages ne partiront pas tout seuls (je parle des capitalistes, des rentiers des intérêts).
    Quand les banques centrales cesseront de croire aux réserves d’or, les couillons aussi. Mais elles ne pourront cesser d’amasser que toutes ensembles avec coopération façon Salt : les couillons suivront comme d’hab. Oui toutes ensembles, les banques centrales aussi. Sinon elles vont finir par construire des silos pour y accumuler des opportunités de circonstances chaotiques…
    Entre réformer l’ONU, le FMI et autres monstres, la génération au pouvoir sera partie avant que ça se termine.
    Mais vous pouvez écrire à Ban Ki-moon, ça commence comme Bancor et quand on demande déjà la lune, ça mange pas de pain.

  12. Sur l’aspect économie et politique des années 20 à 40, je vous conseille la lecture de la passionnante biographie que Nicolas Roberti vient de consacrer à Raymond Abellio. Elle est bourrée d’informations et d’analyses inédites, notamment sur les influences communistes dans la nazisme et, surtout, dans la collaboration française. A consulter l’article de la Cause littéraire qui résume bien le propos : http://www.lacauselitteraire.fr/raymond-abellio-biographie-nicolas-roberti.html

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