L’actualité de la crise : UNE COMBINAISON PAS VRAIMENT GAGNANTE, par François Leclerc

Billet invité.

On ne devrait pas dire l’actualité de la crise, mais des crises ! Ce qui complique le jeu s’il est vraiment nécessaire, et explique pourquoi ceux qui voudraient la voir dépassée le sont à ce point. Ce que confirme la confluence des deux grandes échéances américaine et chinoise, toutes deux destinées à ne rien résoudre.

Première constatation dérangeante : la réussite de la mondialisation se retourne contre ses artisans. Dernier en date à critiquer l’épouvantail de la « concurrence déloyale » d’un yuan non convertible et sous-valorisé, François Hollande dénonce à son tour, depuis Vientiane, ce que les Américains ne cessent de marteler sans succès. Comme si son appréciation allait combler le différentiel du « coût du travail » et rééquilibrer le commerce mondial !

Deuxième constatation, la Fed retarde autant qu’elle le peut le moment où il faudra l’admettre : la suprématie du dollar a fait son temps et ne tient plus qu’à elle, devenue le principal acheteur de la dette américaine, entraînant la baisse des taux obligataires et du cours du dollar.

Troisième constatation, qui n’est pas nouvelle, l’Europe est enlisée dans une stratégie de réduction de la dette qui ne lui réussit pas, en avance de ce point de vue sur le Japon et les Etats-Unis qui ne savent pas comment s’y prendre.

Pour tenir, les banques centrales absorbent la dette publique et privée, jouant les bad banks en attendant le venue de jours meilleurs. Mais ce n’est pas seulement la machine financière qui est grippée.

Les dirigeants chinois freinent la mue qui consisterait à appuyer le développement de leur société sur le développement de leur marché intérieur. Les Américains tentent de redonner au leur de la vigueur et les Européens font tout le contraire. Quelle cacophonie ! on comprend que le G20 ne soit plus de circonstance. Les uns adoptent une stratégie du surplace, les autres jouent les retardataires et les derniers, les suicidaires.

Le concours est ouvert : la droite française était selon Guy Mollet « la plus bête du monde », une phrase qui est restée, mais c’est un statut qu’elle partage dorénavant avec la droite européenne, à voir l’étendue des dégâts. A moins que la droite républicaine américaine ne lui ravisse son leadership. Tétanisés par le risque de connaître le même sort que les frères soviétiques, les dirigeants chinois ne sont pas plus inspirés. Cette ruée collective vers le précipice porte semble-t-il un nom savant…

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91 réflexions sur « L’actualité de la crise : UNE COMBINAISON PAS VRAIMENT GAGNANTE, par François Leclerc »

    1. Meuh non, y’a pas de programme du genre:
      05 REM sortie d’urgence saturation du modèle croissance.
      10 IF A$= »se comportent comme des lemmings » .
      20 THEN « direction la falaise pour tous »= TRUE.
      30 ELSEIF 1 THEN GOTO 20. REM if=1 toujours vrai.
      40 END.
      ( c’est un vieux basic microsoft (c)1984)

      Juste un panneau « business as usual ».

    2. L’apoptose de l’état est consommé. Dixit une connaisseuse :

      « La France n’est plus un État. Nous n’avons plus aucun pouvoir d’État. Nous n’avons plus le pouvoir de battre monnaie, de faire les lois, de rendre la justice ou de décider de la paix et de la guerre. On avait encore un pouvoir parlementaire de voter le budget ; on l’a perdu il y a quinze jours, dans le vote de ce malencontreux traité… »

      Marie-France Garaud, sur le plateau de l’émission Ce soir ou jamais.

      Autres paroles savoureuses prononcées par Marie-France Garaud au cours de l’émission

      « Régis Debray dit : un État ou une Nation c’est un peuple, des frontières et une transcendance. Nous avons toujours un peuple, nous n’avons plus de frontières et nous n’avons pas beaucoup de transcendance. Alors, l’État ou la Nation sont tout de même en péril redoutable. On pourrait même se demander s’ils existent encore en tant que tel, juridiquement et politiquement… »
      « Ce qui me paraît frappant en ce moment en Europe, c’est la désagrégation des États… »

      « Les discussions entre Copé, Fillon et autres, ça n’a aucun intérêt… »
      « Les partis monopolisent la vie politique et les partis ne sont pas le peuple français. Ce n’est pas les partis qui sont souverains, c’est le peuple français ! »

      « Le basculement, c’est quand Sarkozy et Fillon ont fait voter par le parlement français, en 2008, un texte qui avait été rejeté par les Français (…) Autrefois ça ce serait appelé une forfaiture… »

      « On est dans un période dramatique : nous n’avons plus de pouvoirs d’État, nous sommes dans une crise qui va s’aggraver, nous allons être dans une situation absolument désastreuse et il n’y a aucune chance qu’on tienne les engagements qu’on a pris, bien entendu… il va falloir à un moment que l’Europe éclate, soit parce que l’Allemagne sortira, quand elle se sentira assez forte, soit parce que d’autres sortiront. Mais ce système n’est pas viable, les gens sensés le savent (…)

      On est sur une pente qui ne peut que s’aggraver ; ça c’est vraiment quelque chose qui peut amener une situation révolutionnaire !

      1. Elle s’arrange pas la Marie-fRance. « La France n’est plus un État » N’importe quoi. Limiter la France à son État. J’pense qu’elle nous a fait un gros,lapsus. Elle voulait dire un truc du genre « la France n’est plus un État-Nation » mais elle pensait trés fort « Marie-fRance n’est plus en état », ce qui est absolument pertinent, tout comme pour le pauvre Régis d’ailleurs. Ah que ses malheureux géniteurs ne l’ont-ils pas baptisée Marie-Chantal! La face de l’Europe en eût été changée…
        Comment ça faisait le truc des Nuls ? « Régis est un… » boh j’sais plus. Toujours est-il que la France est décidément le pays des régicides. Après les Capet c’est les Nuls qu’ont exterminé les Régis.Il en naît plus un depuis quinze ans… Reste Debray.

      2. Es-tu bien « en état, » toi, pour parler comme ça à une dame de quatre vingts ballets, ? 🙂
        Génériquement , la vieillesse serait pour toi un argument imparable de discrédit ?
        Son « n’importe quoi » mérite mieux comme contradiction que tes suspicions de lapsus. Tu sais lire ?

        « un État ou une Nation c’est un peuple, des frontières et une transcendance. Nous avons toujours un peuple, nous n’avons plus de frontières et nous n’avons pas beaucoup de transcendance. »

        Allez, transcende nous tes frontières intellectuelles La Vigne !

      3. # Régis, pseudonyme du résistant Jean Moulin…… Un max en 48, ….. puis en 68
        Si t’étais canonisé, tu crois qu’y ‘aurait beaucoup de petits Vignerons ?

  1. Je pense quil faut arrêter de parler de « crise(s) ». Ce n’est pas une crise, mais plutôt un processus continu, donc quelque chose de dynamique qui ne s’estompera pas si vite.
    Une crise est passagère, mais ce que nous vivons aujourd’hui est différent. Même les règles de Kondracheff ne servent plus comme phénomène de référentiel.

    1. Il faut ? Combien de fois ai-je commencé ainsi mes phrases ?
      Sans compter toutes les embardées du côté de chez Sapho inconsciemment. Oops…

    2. Vous avez raison de prendre le contre-pied de l’opinion commune, je me livre à cet exercice aussi souvent que possible, et les occasions ne manquent pas sur ce blog !… Mais ce n’est pas une raison pour que je vous donne raison : il y a bel et bien crise si j’en crois mon Petit Robert fétiche :  » phase grave dans l’évolution des choses, des événements, des idées. » Quand on perd son boulot, quand on se retrouve « en fin de droits », j’aime autant vous dire que c’est gravissime pour les gens qui vivent ça ! Et ils seront, en Europe et ailleurs, de plus en plus nombreux à subir ce type de situation : une chute radicale dans la pauvreté, sans espoir de retour.

      1. Effectivement, quand vient la fin des droits, il fait froid dehors . Et comme le travail est une denrée qui va de plus en plus manquer ( ce ne sont pas des humains qui s’occuperont des robots mais bien d’autres robots… Réparateurs! ) il faudra bien trouver des revenus alternatifs à ceux du travail … Et là, seule l’imagination et L’inventivité feront la différence !

      2. @ charles
        la grève générale en Europe
        Ah ben voilà une idée qu’elle est bonne , faire gréve quand il y a de moins en moins de boulot !!! Désolé j’accroche pas , ce n’est pas le monde du travail en Europe le nœud du problème , mais la possibilité de gagner beaucoup , beaucoup plus d’argent avec une seule machine LA FINANCE .La finance doit être chargée comme le monde du travail .
        Diminution du temps de travail à salaire égal (4 jours) avec promesse d’embauche et aides sur les charges ,et non pas crédits d’impôts pour les grosses boites , mais ceci est un autre débat.

      3. Crapaud Rouge
        Ce qui me dérange c’est le verbe « phase ». Je doute que ce soit seulement une « phase ». Il s’agit d’une évolution rampante, mais permanente, sans fin perceptible. On a tendance à employer le terme « crise » pour tout et n’importe quoi. D’où ma remarque.
        Pour le reste, je vous donne raison. Regardez les Etats-Unis: la société américaine est divisée et psychologiquement perturbée (upset, en anglais) comme jamais dans son histoire: parce que les illusions et perspectives auquelles les américains sont habitués, s’évanouissent.

      4. @Germanicus : bien sûr que le terme « phase » dérange, parce que nous estimons la durée aux jours qui passent. Mais pour moi, cette crise ne fait que commencer. Elle va s’approfondir parce que les gouvernements ne peuvent rien faire, (François Leclerc en a fait sa chronique d’hier), et parce que les entrepreneurs n’ont encore rien compris : pour eux-mêmes ils continuent d’exiger des baisses de « charges » et d’impôts, et pour les autres, (nous), ils continuent d’exiger des augmentations de charges et d’impôts. (Cf. l’actualité la plus récente.) Que les inégalités soient la cause première de la crise n’est manifestement pas une vérité pour tout le monde.

    3. Ce n’est pas la crise.

      La crise, c’est quand les prix augmentent sans raison, lorsque la pauvreté augmente via un taux d’endettement extravagant, lorsque les gens ne peuvent pas se loger décemment sans s’endetter déraisonnablement, lorsqu’on peut gagner plus par la spéculation que par son travail, lorsque la richesse virtuelle a plus d’importance que ce qui est tangible.

      Actuellement, c’est le retour à la normale.

      Malheureusement, pour les plus pauvres, pour la « variable d’ajustement » capitaliste, la situation sera encore plus difficile.

  2. la droite française était selon Guy Mollet « la plus bête du monde

    La « gauche » française qualifiant erronément le Ps l’est aussi !

    Pour le suicide, sans être voyeur, j’aimerais y assister mais je crains fort que les dégâts collatéraux soient gravissimes pour la « survie de l’espèce »

    1. Clémenceau aurait dit, mais je ne sais à quel moment de son « parcours »
      de politicien, c’est à dire d’intégration au système…
      « Votez pour le plus bête, c’est le moins dangereux ».
      Voilà sans doute un des meilleurs arguments pour se déplacer à voter.

    1. Ouais ouais, encore des histoires de petits rentiers, menfin en l’occurrence de joueurs de poker à temps plein. J’connais un peu l’histoire et ya de quoi gerber, tout est à l’avenant de l’épilogue dans l’histoire…

  3. Chacun espère une relance de la consommation intérieure chez les autres, pour pouvoir exporter, mais condamne sa propre consommation intérieure au nom des « équilibres budgétaires » et de la « compétitivité« . Oui, la « réussite de la mondialisation se retourne contre ses artisans« , parce que plus personne ne sait produire et consommer pour lui-même d’abord. (C’est jamais rentable, les marchés nationaux sont toujours trop étroits pour nos mégas capitalistes.)

    1. la « réussite de la mondialisation se retourne contre ses artisans«

      Le danger des phrases toutes faites…
      Il n’y a pas de « réussite », ni passée ,ni présente. Et le futur sera probablement pire. Surtout si ce genre de petites phrases implante dans les têtes que « réussite » aurait été possible, mais que la mondialisation n’est pas assez approfondie pour que « réussite » se maintienne.

      La concurrence de tous contre tous est un processus d’élimination darwinienne. Il y a un vainqueur et une masse de perdants. La coopération est la voie de sortie naturelle. Dans 1 siécle… le temps que le « gagnant » ploie sous ses propres problème (contradictions internes).

      .

      1. Oui, bien sûr, mais il est clair que le mot « réussite« , sous la plume de M. Leclerc, est stylistique, voire ironique.

      2. Comment pouvait on imaginer que la mondialisation allait être sélective et pire qu’elle le serait différemment pour chaque intérêt.
        Chais pas moi, j’ai toujours compris qu’il y avait deux faces à une pièce et que prendre femme c’était prendre sa famille avec. (Notez que c’est pareil pour la femme :-))

        Dans le mariage, ils préviennent bien que c’est pour le meilleurs et pour le pire.
        Ils ont cru, sérieusement, qu’il n’y aurait que du meilleurs? Noooon…!

  4. « Troisième constatation, qui n’est pas nouvelle, l’Europe est enlisée dans une stratégie de réduction de la dette qui ne lui réussit pas »

    Il me semble lire partout que la dette continue d’augmenter y compris en Grèce (qui joue le rôle du canari). D’ailleurs si le TSCG inscrit un déficit de 3%, la dette ne peut qu’augmenter.

    De quelle réduction parlez-vous donc ?

      1. Comme le disait si bien notre très chère Christine Lagarde :

        « On assiste ce mois ci à une diminution de l’augmentation du chômage  » .

        Christine , tu nous manques !

  5. M’enfin za navez pas marre de parle de crise (une ou plusieurs), l’autre, du pays du fromage vous dit qu’elle est finie, à l’instar de deux ou trois he! cono miste qui croit entrevoir les signes d’un reprise aux zyou esse!

  6.  » On ne devrait pas dire l’actualité de la crise, mais des crises  »
    Non pas une crise, mais des crises. Non pas une crise financière ou une crise économique, mais une crise des façons de penser un peu partout dans le monde. C’est une crise simultanée des différentes représentations locales d’un système socioéconomique qui, à force de se vouloir universel a perdu tout enracinement dans les concepts brassés tous les jours par chacun des milliards d’acteurs économiques.
    Il y a quelques heures, sur ce blog, j’ai posté un commentaire au précédent billet de François Leclerc, où j’évoquais une autodestruction. Une « apoptose » c’est mieux mais je raté l’occasion de placer le mot. C’est ce qui menace l’espèce humaine par le biais de son système socioéconomique : il est coincé dans un cul de sac conceptuel.

  7. Quatre illustrations de la stupéfaction dans laquelle une idée nouvelle plonge une personne qui n’y est pas préparée.

    I
    L’écrivain : Je suis écrivain.
    Le lecteur : Et à mon avis, tu es de la m…
    (L’écrivain reste un moment atterré par cette nouvelle idée, puis tombe raide mort. On l’emmène.)
    II
    Le peintre : Je suis peintre.
    L’ouvrier : Et à mon avis, tu es de la m…
    (Le peintre devient instantanément blanc comme un linge et se met à se balancer comme un roseau, puis il trépasse inopinément. On l’emmène.)
    III
    Le compositeur : Je suis compositeur.
    Vania Roubliov : Et à mon avis, tu es…
    (La respiration lourde, le compositeur s’affaisse soudain. On l’emmène inopinément.)
    IV
    Le chimiste : Je suis chimiste.
    Le physicien : Et à mon avis, tu es…
    (Le chimiste ne prononce plus un mot et s’effondre lourdement à terre.)

    [ Daniil Harms,13 avril 1933 ]

  8. Le e-commerce, voilà l’ennemi !!

    « Les deux hommes se sont dits favorables à des régimes fiscaux « attractifs » afin de faire venir des entreprises mondiales dans leurs pays respectifs, « mais ils veulent aussi que les multinationales payent des impôts ».
    Selon eux, les changements dans les pratiques commerciales, comme le développement du e-commerce, « permettent à certaines entreprises multinationales d’échapper à la taxation de leurs profits dans les juridictions où ils sont générés, minimisant ainsi leurs versements au fisc par rapport à des sociétés plus petites et moins internationales ». »

    Acheter ‘La survie de l’espèce’ sur internet contribue à l’évasion fiscale : achetez la en espèce …

    Schaüble et Osborne, « Les clowns » de Fellini.

    1. Osborne ? ne se prénomme-t-il pas Gédéon ? le nom même du génial canard inventé par Benjamin Rabier ; un nom prédestiné en quelque sorte …

  9. Quel constat apocalyptique, dantesque !!
    Je viens de visionner un super-nanar nommé « 2012 » (chacun ses faiblesses…). La situation économique mondiale ressemble au scénario de ce film: la Terre se dérobe en tout lieu, c’est la panique, et pendant ce temps les plus riches, qui ont au préalable été prévenu, se font (par des ouvriers chinois) construire des radeaux…
    A ceci près que dans notre cas la catastrophe était (est encore?) évitable.
    Finalement les Mayas avaient peut-être vu juste, d’une certaine façon ! 😉

  10. A ne pas rater: introduction de l’article de Médiapart ce jour sur le rapport Gallois

    Compétitivité : Gallois plagie le patronat avec l’aide de l’UMP

    En matière littéraire, il n’y a rien de plus grave que le plagiat. Celui qui commet cette vilenie s’expose à une lourde condamnation pénale et à un discrédit, le plus souvent, irréversible. En matière économique, en revanche, il semble que les usages ne soient pas exactement les mêmes : il arrive que les plagiés ne réclament aucun droit d’auteur et applaudissent même celui qui s’est approprié leurs idées, pour peu que celles-ci progressent et gagnent en notoriété.

    En caricaturant à peine, voilà la vraie morale de tout cet invraisemblable psychodrame que l’on vient de vivre depuis plusieurs semaines autour du rapport sur la compétitivité que le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait demandé à Louis Gallois, et qui a été rendu public ce lundi 5 novembre. Car maintenant que l’on connaît le détail des réformes préconisées par l’ancien patron d’EADS, le constat saute aux yeux : le fameux document, qui a mis en émoi de si longues semaines toute la presse et qui a alimenté d’innombrables rumeurs, n’est qu’une compilation de nombreux autres rapports écrits auparavant par… des officines patronales ! Lesquelles officines sont aujourd’hui naturellement trop contentes que leurs idées progressent sous une présidence socialiste. En creux, l’histoire des emprunts faits par Louis Gallois – avec l’aide d’un rapporteur adjoint qui est membre de… l’UMP ! – en dit donc très long sur les vraies sources d’inspiration de la politique économique française impulsée aujourd’hui par François Hollande.

      1. Au milieu de cette agitation fébrile , où tout le Monde attendait le Sauveur , j’ai pensé à « En attendant Godot » ; avec une différence de taille : Godot enfin arrivé , le Monde fut sauvé , il avait LA solution et personne n’en savait rien !

    1. L’ UMP et le PS sont des artisans très actifs pour préparer un système électoral à l’américaine :
      une droite très dure ( via Copée et M Le pen ) version actuelle de Mit Romney .
      une droite aux apparences moins dure ( via Hollande , via Borloo ?) , version de Obamma , mais qui applique les mêmes programmes , avec peut-être quelques  » sou-poudrages » à la marge
      Tout ceci est parfaitement assumé de leur part ( rendez vous des présidentielles française en 2017 , si on ne s’est pas explosé avant )
      Le front de gauche : un  »grain de sable » pour enrayer la machine ?
      Comme les ultra libéraux ( école de Chicago ) se savent en perdition (depuis bien plus longtemps que le peuple à qui on bourre le crane via les médias actuels) , je les crois capable de déclencher une guerre mondiale .
      A ce titre , je m’interroge sur la crise des subprimes, élément fondateur du bordel ambiant , en pensant que les décideurs de Goldman Sachs n’ont pas lancé sciemment ce gros  »grain de sable » , au niveau mondial , sans en connaitre les conséquences ( ces décideurs étant entourés de meilleurs mathématiciens ne pouvaient pas ne pas savoir les risques encourus
      Est il besoin de rappeler que les poursuites judiciaires à l’encontre de mr Loyd Blankfein ont été abandonnées par mr Obamma lui même ? . Bien d’autres responsables de banque devraient d’ailleurs être traduits devant des tribunaux internationaux pour crime économiques contre l’humanité.
      Ce n’est le cas nulle part , donc c’est voulu .
      Faire table rase , et ensuite on recommencera le même cirque , avec des peuples ( ce qui en restera ) sonnés et prêts à tout ré accepter .

      1. @ le chiffre:

        non pas de complot, c’est la théorie des intérêts égoïstes qui développerait involontairement le bien commun qui s’exprime ici, la théorie du complot est un des symptômes du fait que cette théorie ne repose sur rien d’autre que des intuitions fausses, celles qui font qu’un coupable cherche à s’affranchir de sa culpabilité par des tournures intellectuelles pour justifier ses actes :

        exemple : on vole dans un casier à la caserne, toute la chambrée est punie et l’usager du casier
        (la victime) écope d’une double corvée de chiottes accusé à son tour de ne pas avoir bien verrouillé son casier! assez classique comme pirouette intellectuelle.

  11. Tous les jours que Dieu fait, on nous bassine avec cette histoire de compétitivité, dans toutes les émissions radiophoniques de politique, tous les journaux ! J’ai l’impression de vivre dans un asile de fous.

      1. La compétitivité : une volonté de décourager ? De limiter les tensions sociales ? La fatalité……Pour sûr qu’ils sont compétitifs, nos élites (tous de droite) !
        Ils font la compétition avec les peuples…..
        ps : ne pas baisser les bras.

      2. ps : ne pas baisser les bras.

        T’as raison Gaston, Hands up, garde les bras bien haut, « go ahead punk, make my day… »

      3. a touché l’os à la blancheur sépulcrale du patrimoine fRance..

        Bah, faire trembler ces rotules là, tressauter ces osselets, pas dur; faire ciller cette âme là par contre, toute autre affaire… Y’a du marmoréen là d’dans…

    1. Ifop/SudOuest Dimanche 04.10 : 60% des français estiment la France mal placée dans « la compétition économique mondiale ».
      Z’étaient 64% en janvier, 62% en décembre 2010, 50% en décembre 2010…
      Ps : Franciliens plus optimistes que provinciaux, gauche que droite, jeunes que vieux, cadres sup et classes popu quasi pareils (44% d’optimistes contre 40%)….

      1. Les français pour pas changer pleurent la bouche pleine pour une bonne part. L’Allemagne par exemple, citée en exemple, n’a plus de marge de manoeuvre, ils sont à l’os après dix ans d’efforts. Chez nous il reste du gras. Suffit de trouver la mauvaise graisse, de pas s’tromper et d’la faire cramer.

      2. Ah oui, les sondages ?
        Pour faire dire aux Français qu’ils ne sont pas compétitifs ( plus d’un sur deux ou plus). Des messages à faire passer ou des mesures à faire gober ? L’échantillon portait sur 10 personnes choisies ? C’est un transfert freudien ?
        Les sondages ont été commandés par le MEDEF ?

      3. En France, 10 % les plus riches possèdent plus de 45 % de la totalité du patrimoine national. Près de 90 % de la population qui a un revenu inférieur à 33.000 euros.
        Une société avec aussi près de 5 millions de chômeurs, plus de 8 millions de pauvres (dont presque 2 millions de travailleurs pauvres) vivant avec un revenu mensuel inférieur au seuil de pauvreté de 950 euros, sans oublier les 3,6 millions de mal logés ou sans abri, et plus de 4 millions de ménages vivant, une fois le logement payé, avec moins de 500 euros mensuels….

      4. 2010 Insee (revenus fiscaux et sociaux) : 10 400 € le Niveau de Vie (revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation de celui-ci) maximum des 6,5 millions au fond du panier, 36 300 le NdV mini pour être du club des 6,5 millions du haut du panier. Soldats comptez vous.

      5. Le seuil de pauvreté relative correspond ici au critère adopté par l’Insee et Eurostat (l’office statistique de l’Union européenne) et Statistiques extraites du « Rapport mal-logement 2011 » de la fondation de l’Abbé Pierre, rapport publié en février 2012.

      6. @ vigneron 6 novembre 2012 à 13:03

        Chez nous il reste du gras. Suffit de trouver la mauvaise graisse, de pas s’tromper et d’la faire cramer.

        Le patrimoine français n’a pas la valeur actuellement portée aux inventaires.

        Attendez la dévaluation qui nous obligera à payer bien plus cher qu’actuellement ce que nous serons contraints d’importer en énergie et autres matières premières qui nous manquent. Pour y arriver, il faudra se défaire du superflu, dont les résidences secondaires et de loisir. Alors le gras qu’elles représentent va fondre comme neige au soleil entraînant dans sa chute, l’ensemble le l’immobilier (résidentiel et d’affaires) et autres valeurs mobilières. C’est alors que la « valeur France » sera ramassée bien bas, à la petite cuiller, par les rois du pétrole.

      7. jducac
        Tiens, j’ai l’impression que vigneron a touché l’os à la blancheur sépulcrale du patrimoine fRance. D’où réaction vive d’un grand nerveux.

      8. Tain mais ousque t’as appris à compter Trissotin sublime ? 6,5 millions à moins de 10 400 plus 1,5 à moins de 11 300 et tu les as tes 8 millions de pauvres hères soit 12% du total. Quelle buse tu fais majorette…
        Et chez l’abbé Pierre ils font comme tout l’monde, Insee. J’le sais, j’le reçois tous les trois mois, « et les autres « .

      9. @ jducac

        Pour y arriver, il faudra se défaire du superflu, dont les résidences secondaires et de loisir. Alors le gras qu’elles représentent va fondre comme neige au soleil entraînant dans sa chute, l’ensemble le l’immobilier (résidentiel et d’affaires) et autres valeurs mobilières. C’est alors que la « valeur France » sera ramassée bien bas, à la petite cuiller, par les rois du pétrole.

        Comme quoi, tout arrive, les 8 millions de pauvres selon les calculs de vigneron, vont enfin pouvoir trouver un logement….
        Et pour les « méchants capitalistes » finis les chalets à Courchevel, et la maison au Cap d’Agde…
        Effondrement des valeurs mobilières et immobilières…gravissime.
        Chacun défend son « bout de gras » !
        Et selon l’échelle sociale il est plus ou moins gros…
        Alors le malheur des uns fera le bonheur des autres.
        La « richesse » ne se perdra pas , elle changera de mains…..et les inégalités se réduiront peu à peu.

      10. Vigneron,
        « tu les as tes 8 millions de pauvres », merci mais si vous saviez comprendre, vous auriez lu. Ou est le problème ? Vous avez la source et vous confirmez par une addition 6,5+1,5 ! Bravo, vous venez de faire votre première addition….
        Et lisez mieux ! « 10 % les plus riches possèdent plus de 45 % de la totalité du patrimoine national. »
        Question : Quelle est la classe sociale qui pète plus haut que son cul ?

        « Près de 90 % de la population qui a un revenu inférieur à 33.000 euros. »
        D’ailleurs, quel est le coût annuel d’un logement sur Paris et sur les 10 plus grosses villes de France ? 12000-18000 euros/an de dépenses incontournables (sans les charges) !
        Alors, parler revenus sans parler des dépenses, c’est de l’enfumage économique, financier et politique. La structure et la somme des dépenses, cela vous parle ? Et, vous proposez de tirer vers le bas ? A l’américaine ?
        Enfin, « la buse », c’est juste sur le net ou dans la vie active, aussi ?
        S’il vous plait, arrêtez de vous inventer une personnalité ! Par respect…..

        ps : pour ce qui est de compter, un petit rappel sur une discussion à l’occasion de la notion de quadrillion par exemple ?

      11. C’est pas 33 mais 36 300 € en 2010. Et c’est pas un revenu par foyer mais un niveau de vie par tête de noeud, soit 76 200 € pour un couple avec deux enfants de moins de quatorze ans [36 300 × (1+0,5+0,3+0,3)]. Le niveau de vie médian des français était quant à lui de 19 270 €. Terminé sur le sujet. Prends du repos.

      12. @ erde 6 novembre 2012 à 19:04
        Ne vous réjouissez pas trop vite car, si cette hypothèse se concrétisait, ce serait entrer en dépression économique, à l’image ce qui s’est passé dans les années trente, tout perd alors de la valeur. A la suite de la grande dépression, il restait encore de grandes réserves de matières premières disponibles dans le monde et en Europe pour relancer la machine à l’après guerre. Ce n’est plus le cas de nos jours.

      13. « Le niveau de vie médian des français était quant à lui de 19 270 € » prend les 10% et ne compte pas les enfants à charge, les disparités régionales et surtout était en 2010. Mes chiffres sont de 2011.
        Enfin, « un revenu par foyer composé de têtes de noeud » ? C’est simple, il faut prendre le Revenu disponible par ménage (moyenne et médiane), c’est plus parlant !
        http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=natsos04202
        Edifiant, on attend avec impatience le chiffre pour 2011 et surtout 2012….

  12. J’avoue qu’en ce moment, je pète les plombs comme on dit, à propos du rapport Gallois. Je ne supporte plus la prose néo libérale qui démarre dés le matin avec les propos d’un Brice Couturier, mais c’est partout pareil Brice, et Hervé Lorenzi, etc, ce qui est délirant est le rapport et encore davantage la méthode, de se défausser sur un rapport, et puis les commentaires inouïs à propos de ce rapport ! moi j’en peux plus de ce climat.

    1. @Liszt . fr :
      +1, …..Il faudrait que le gouverne-ment comprenne que sa préoccupation 1ere n’est pas la compétitivité (de centaines de pays en décroissance économique )….ce qui a peu de sens …Mais qu’ il est élu pour que chacun ait un toit, un boulot qui plus que des tunes lui permette de sauver la « face » devant ses enfants , et que ce chacun ait une esperance de sur-vie a moyenne échéance qui réponde au « contrat social » …sinon il devra reprendre l’autre volet du contrat : son agressivité intra-spécifique .
      le fait de perdre 1point de PIB internationnal n’ est PAS notre problème …..rien a Bran …. , ce PIB n’ arien a voir avec les possibilitées d’ équité .

    2. On se calme, on se calme…

      Vive le droit à la paresse, là je crois qu’on aura pas à forcer notre talent pour être compétitifs! 🙂

  13. Ayrault a fait son discours à propos du rapport Gallois, il en a profité pour annoncer au 19 décembre prochain le dépôt d’une loi visant à séparer les activités de dépôt des activités financières des banques. En attendant, la compétitivité s’appuie essentiellement sur un une modification de la fiscalité pointant l’augmentation de la TVA pour des rentrées supplémentaires estimées à 7 Mds afin de compenser une baisse d’imposition des sociétés et la réduction des charges sociales et patronales. Plus d’informations à suivre.

  14. Vive la RKO, la plus ancienne société de production de films US :

    Cat People (1942)Even as fog continues to lie in the valleys, so does ancient sin cling to the low places, the depressions in the world consciousness.

    (The Anatomy of Atavism – Dr. Louis Judd)

    – A entendre au sens politique.

    Par rapport à une utopie au sens de Th. More, nous en sommes vraiment à l’enfance de l’humanité, ou plutôt dans une phase régressive de la part des élites. Jamais leurs propos ne furent plus monolithiques, univoques voire obscènes (le mot n’est pas trop fort, lorsqu’on entend les trémolos de gallois, d’Ayrault, sur le choc etc). L’idéologie libérale seule inspiratrice et jamais remise en question, la « compétitivité » en étant le maitre-mot. Associé à un discours de dénigrement décliniste insupportable. Et cette rengaine court sur toutes les chaines, il n’y a pas UN contradicteur, je n’en n’ai pas entendu un seul ! et ça… c’est pire que du Sarkozysme ! C’est dictature de la pensée !

    Je suis contre la compétitivité, je vomis ce concept ! C’est l’idéologie du plus fort, celle du combat au lieu de la coopération, cette idiotie de dresser les nations les unes contre les autres ! Je ne suis pas en compétition avec personne ! La vie n’est pas un jeu de compétition ! Et personne pour remettre ce dogme en question…

    La compétitivité justifie tout maintenant, elle éclipse même la question que l’on pourrait se poser de la restructuration des dettes, puisque par définition si l’on accepte d’être compétitif, c’est en tant qu’on ne remet pas en cause le cadre. C’est pourquoi ce mot est choisi, parce qu’il implique tout un tas de sous-entendus.

    Et là il y a eu une collusion entre l’invasion d’américains grandiloquents ET le discours sur la compétition.

    1. +1 Lisztfr
      oui, « diviser pour mieux régner », cela se retrouve partout même là ou vous ne l’attendez pas….

  15. Monsieur Leclerc,

    Jacques Sapir soulevait à nouveau hier la question des scénarii et coûts associés à une sortie de l’Euro dans une notre très intéressante: http://russeurope.hypotheses.org/414

    En outre lors du récent débat Copé/Fillon j’ai noté un constat de Fillon qui m’a interpellé et qui, à ma connaissance, n’a pas été mis en évidence par les media dans les comptes-rendus qui ont suivi.

    Cette intervention brève est résumée ici au curseur +/- 5:50 à 6:40 http://www.youtube.com/watch?v=ijyiFv4oAGg en particulier le passage où il déclare:

    Il faut construire avec l’Allemagne et les pays de la zone euro, en tout cas ceux qui sont capables d’y rester…« 

    Venant de celui qui était en charge des affaires il y a encore quelques mois, et donc connaisseur du dessous des dossiers, n’est-ce pas un aveu de l’inexorable sortie de certains des pays les plus mal en point et du fait que l’idée est désormais clairement acquise et assumée?

  16. Ce qu’on nous propose là, c’est le Grand bon en avant, version libérale. Vouloir précipiter tout le monde dans la frénésie, sans délais, sans réfléchir, histoire de bouffer ce qui reste de la planète !

    C’est du maoisme !

    En plus tout est verrouillé et il n’y a plus rien a discuter, les syndicats ne mouftent pas…

    Alors vive Mao hein ! Je crois qu’on peut le crier bien fort, vive Mao, et bientôt nous pourront danser sur les épis de blés, et produire… quelque chose, pas de l’acier mais une illusion. L’avenir radieux nous appartient.

    L’appareil idéologique qui se met en place n’a rien à envier aux dictatures de l’Est du siècle précédent, lorsqu’on ne savait plus quoi faire on déclarait la révolution culturelle, le grand bon en avant, et bref pendant que la Chine prend le modèle économique capitaliste, nous reprenons son régime politique !

    Le matin, les petits apparatchik se pressent devant le micro et déclament les mots d’ordres du Parti unique, les prescriptions, ce qu’il faut penser et croire et ça sans discussion. Au temps de Staline pensez-vous que c’était si différent ? Mis a part la police politique.

    Voilà ce que les gens en Pologne ont vécu et en ex RDA, entendre du matin au soir des mensonges, dans un climat étouffant pour l’esprit qui est tout le contraire de la démocratie…

    Je souffre ! Je n’en crois pas mes oreilles de ce que j’entends dans ce pays, l’alignement des consciences….

    John Donne, Divine Meditations V :

    I am a little world made cunningly
    Of elements, and an angelic sprite,
    But black sin hath betrayed to endless night
    My worlds both parts, and, oh, both parts must die.

  17. « Le matin, les petits apparatchik … »
    et
    « Alors vive Mao..maoiste … »

    Charbonnier est maître chez lui, comme Couturier commissaire à l’orthodoxie chez France-Culture.
    Les ex. sont les plus durs, comme les défroqués: un extrémisme pour faire pardonner l’autre. La girouette cesse de tourner pour annoncer le calme.

    Oppressant et déprimant.

    .

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