Archives par mot-clé : Europe

L’actualité de la crise: préparation d’artillerie en Europe, par François Leclerc

Billet invité.

PREPARATION D’ARTILLERIE EN EUROPE

Etre entré dans une phase plus politique de la crise, qu’est-ce que cela signifie dans l’immédiat ? D’abord, cela ne fait pas disparaître pour autant ses autres manifestations : financières, économiques et sociales, qui interagissent entre elles de manière peu contrôlée. Chacune gardant sa propre logique, porteuse de ses incertitudes particulières. Sont ainsi à prendre en considération : l’épée de Damoclès du crédit immobilier commercial, parmi d’autres inconnues de ce monde financier toujours aussi opaque ; la confirmation de la faible reprise économique et de sa configuration ultérieure prévisible dans les pays OCDE ; l’accroissement du chômage et la reconnaissance de sa dimension structurelle réelle, assorti de mises en cause du bouclier de la protection sociale, au nom de la réduction des déficits publics.

Ensuite, cette nouvelle dimension politique reflète l’impérieuse nécessité devant laquelle les gouvernements sont désormais d’agir, après avoir confié aux financiers les clés des coffre-forts publics afin qu’ils règlent à leur manière le chaos qu’ils ont créé. Elle est susceptible d’ouvrir des champs d’intervention, de générer des initiatives dans l’opinion publique, là où l’apathie semble s’être installée.

Voilà ce qui est en cause. Nous donnant l’occasion d’être attentif au développement des contradictions déjà apparues parmi les décisionnaires – amenant certains à tenir des propos rompant avec l’orthodoxie de la pensée unique – ainsi qu’aux initiatives et contestations de tous ordres, qui sont susceptibles de se développer. L’un de leurs modèles, non reproductible tel quel nécessairement, étant par exemple le mouvement Américain « Move your money », auquel il a été fait référence par Corinne Lepage. Ce qui est en question, au final, c’est l’interaction qui pourrait naître entre les contradictions exprimées par les uns et les actions des autres.

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« La Commission européenne, otage de l’industrie financière », EurActiv.de, vendredi 15 janvier

Pour ceux qui lisent l’allemand.

NGO: Die EU-Kommission als Geisel der Finanzindustrie

Maintenant aussi en anglais.

EurActiv.de :
De nombreux experts, y compris de l’industrie financière elle-même, ne se sentent pas capables d’expliquer le contexte complexe et les causes de la crise financière. La Commission a-t-elle assez d’experts indépendants et compétents ?

Vassalos :
Lorsque nous avons montré notre étude, l’eurodéputée verte Sven Giegold a déclaré à juste titre qu’il n’est pas facile de trouver des économistes véritablement indépendants n’ayant aucun lien avec l’industrie financière, en raison de la manière dont les écoles de commerce ont été réformées ces dernières décennies. Pourtant, ils existent. Beaucoup ont mis en garde contre la crise et ont été ignorés. John Christensen, et Paul Jorion sont deux exemples qui me viennent spontanément à l’esprit. Mais la Commission n’a même pas essayé d’utiliser des économistes indépendants pour obtenir des conseils. Elle se conforme aux désidérata de l’industrie financière. Elle est l’otage de la doctrine: « Ce qui est bon pour le « big business », est bon pour le marché, et est donc bon pour la société dans son ensemble. » Cette doctrine n’est pas confirmée dans la vie réelle.

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L’actualité de la crise: les débats s’engagent sur les taxes de la finance, par François Leclerc

Billet invité.

LES DEBATS S’ENGAGENT SUR LES TAXES DE LA FINANCE

Barack Obama, soucieux de reprendre l’initiative et de se démarquer de Wall Street auprès des Américains, n’a pas attendu avril prochain et les conclusions de l’étude confiée au FMI à propos de la taxation des banques, afin de déterminer quelle pourrait en être la meilleure formule. Il a pris les devant et, après étude des différentes possibilités qui s’offraient, en à choisi une. Celle d’une taxation au prorata des engagements d’une cinquantaine des principaux établissements financiers opérant aux Etats-Unis (américains et étrangers), assorti d’un montant global à recouvrir (pour l’instant estimé à 90 milliards de dollars) ainsi que d’une période d’a priori dix années pour l’atteindre.

Ce faisant, il a voulu couper court à toute taxe permanente, ainsi qu’à une taxe sur les transactions financières. Se réfugiant sous l’ombrelle de la loi instituant le TARP (le plan de sauvetage public de 700 milliards de dollars), qui avait prévu, mais seulement sur le principe, que les sommes engagées devraient être remboursées. Ecartant au passage toute estimation supérieure qui prendrait en compte non seulement ses coûts directs, mais tous les autres qui ont été engagés par l’administration et la Fed avec ce même objectif.

S’il est prématuré de chercher à estimer l’impact que va avoir dans l’opinion publique ce projet de taxation, qui doit encore être adopté par le Congrès, il peut être sans attendre relevé qu’il est donc à tiroirs et ne manque pas d’habilité. Dans l’immédiat, il a permis à Barack Obama, dès son allocution radiophonique hebdomadaire du week end, de prononcer des mots bien sentis à propos de ceux qui veulent revenir au « business as usual » : « Si les grands établissements financiers peuvent se payer des bonus massifs, ils peuvent rembourser le peuple américain ». Ou bien : « Les mêmes établissements qui récoltent des milliards de dollars de profit et qui annoncent distribuer plus d’argent en bonus et compensation qu’il n’en a jamais été versé dans l’histoire, plaident maintenant la pauvreté, c’est une manière de voir les choses. »

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L’actualité de la crise: des tests qui tournent mal, par François Leclerc

Billet invité.

DES TESTS QUI TOURNENT MAL

Les deux cas test Européens de la Grèce et de l’Islande seraient-ils en train de tourner au vinaigre  ?

En dévoilant la situation financière catastrophique de la Grèce, afin de l’obliger à la redresser et de créer ainsi une sorte de jurisprudence européenne, au prétexte de ne pas avoir à renflouer le pays, l’Allemagne a ouvert une boîte de Pandore qui va être difficile à refermer. Le marché obligataire public européen est désormais sous tension, surenchérissant les coûts pour les pays les plus fragiles. Ce qui n’est pas pour déplaire aux investisseurs, mais va alourdir encore pour ceux qui les subissent le poids des déficits publics et limiter d’autant les possibilités de leurs gouvernements de financer la relance, tout en diminuant leurs marges de manoeuvres internes.

La dynamique qui est enclenchée est bien celle de l’éclatement de la zone euro, et il n’est pas certain que la volonté politique existe pour la combattre efficacement, si l’on en croit les dernières déclarations d’Angela Merckel et de Jean-Claude Trichet, la première inquiète mais passive devant cette situation et le second figé dans une intransigeance qui risque d’être demain considérée comme aveugle. Ni la Grèce, ni le Portugal, ni les autres pays qui s’apprêtent à les rejoindre sur la liste de l’infamie, ne peuvent faire face avec leurs seuls moyens à la situation dans laquelle ils se débattent.

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L’actualité de la crise: confusions et indécisions, par François Leclerc

Billet invité.

CONFUSIONS ET INDECISIONS

En peu de temps, de nombreux éléments concordants sont venus accréditer l’idée que nous sommes probablement au début d’un tournant de la crise. Sans être en mesure de comprendre où celui-ci va nous conduire. Comme si tous les discours dont nous avons jusqu’à maintenant bénéficié étaient épuisés, leurs veines taries, que le temps des pronostics de circonstance était révolu, et qu’il allait falloir passer d’une manière ou d’une autre à l’acte, mais lequel  ?

On perçoit dans l’actualité qu’une réelle incertitude s’approfondit dans les milieux qualifiés de décisionnaires, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, selon des modes et des sujets différents. A laquelle semble correspondre une non moins réelle et palpable indécision. L’heure est encore à l’énumération des multiples dangers qui nous menacent, celui des déficits publics ayant succédé à celui de l’inflation, qui n’était plus crédible, sans que l’on soit encore franchement entré dans le vif des sujets qui risquent de fâcher. Il faudrait en tirer les conséquences, mais lesquelles précisément ?

A Washington, on est étourdi par une multiplication d’initiatives qui partent un peu dans tous les sens. Venant du Congrès ou de l’administration, toutes témoignent, dans leurs genres respectifs, de la même exigence ressentie par leurs acteurs : aller à la rencontre de l’opinion publique, à défaut de résoudre l’essentiel de ce qui la préoccupe, c’est à dire le chômage. Alors que les mégabanques poursuivent sur leur brillante et impudique lancée.

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L’actualité de la crise: premières pentes d’une rude montée, par François Leclerc

Billet invité.

PREMIERES PENTES D’UNE RUDE MONTEE

Un suivi de l’actualité des sous-crises grecque et islandaise permet de mieux apprécier les tâtonnements actuels des gouvernements européens, dans leurs premières tentatives de reprendre l’initiative, dans le cadre de la réduction des déficits publics qu’ils tentent d’engager. De comprendre en quoi ils annoncent, de manière encore imprécise, la suite des événements dans tous les pays européens. Car si les situations et les cas sont très dissemblables, c’est la même chose qui va être mesurée tout au long de l’année dans laquelle nous venons de nous engager.

Ce qui est déjà acquis, concernant ces deux pays, c’est qu’en dépit des martiales déclarations que l’on peut continuer d’entendre ici ou là, des compromis plus ou moins sévères devraient à terme intervenir. Tout un chemin reste cependant à accomplir, afin que les rapports de force soient établis et qu’ils puissent être passés.

Après que de premières voix se soient fait entendre dès hier, appelant la Grande-Bretagne et les Pays-Bas à la clémence vis à vis de la petite Islande, d’autres signaux encourageants sont apparus. Une conversation avec David Milliband, le ministre britannique des affaires étrangères, rapportée par son homologue Islandais Össur Skarphedinsson, selon laquelle la Grande Bretagne continue de soutenir la candidature de l’Islande à l’Union européenne. La confirmation de la prudence du FMI, qui a engagé une consultation de ses membres à propos du déblocage de la dernière tranche de son prêt, laissant une porte ouverte. Une première réaction favorable de Jonas Gahr Stoere, le ministre norvégien des affaires étrangères, affirmant l’intention de son pays de poursuivre la mise en oeuvre d’un prêt des pays nordiques de 1,78 milliards d’euros, dans le cadre de la première étape d’une tournée engagée dans ces pays par Steingrimur Sigfusson, le ministre Islandais des finances.

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L’actualité de la crise : crise bancaire, le long chemin plein d’embûches restant à parcourir, par François Leclerc

Billet invité.

CRISE BANCAIRE: LE LONG CHEMIN PLEIN D’EMBÛCHES RESTANT A PARCOURIR

On attendait la publication de la nouvelle réglementation du Comité de Bâle destinée à renforcer la solidité du secteur bancaire, dont il vient d’être annoncé à Zürich qu’elle a été adoptée. Mercredi matin, une nouvelle est parue dans le quotidien japonais spécialisé Nikkei, et n’a pas cessé depuis d’agiter le monde entier de la finance, qui en a cherché la confirmation. D’après le journal, ces nouvelles règles qui s’imposent à tous, destinées à être introduites en 2012 après une large et longue concertation, pourraient n’être mises en application que très progressivement, au cours d’une période s’étalant sur rien de moins que les dix à vingt prochaines années. Les bourses réagissaient aussitôt et les valeurs financières en grimpaient de soulagement.

Sans connaître encore les détails de cette future réglementation, on sait qu’il s’agit de renforcer la qualité et la transparence des fonds propres (le Tier one) des banques, d’accroître leur ratio d’endettement, et de constituer des « coussins » amortisseurs pour faire face aux situations imprévues. Et qu’il est fort probable que les banques vont, en général, devoir procéder à d’importants appels de fonds, auprès de leurs actionnaires ou des marchés, afin d’y satisfaire. D’où ces délais impressionnants, s’ils sont confirmés, qui trouveraient leur justification officielle dans la crainte de casser la relance économique, en exigeant trop et trop vite des banques.

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