L’actualité de la crise: un pot à confiture ou beaucoup puisent, par François Leclerc

Billet invité.

UN POT A CONFITURE OU BEAUCOUP PUISENT

L’affaire du swap de devises monté par Goldman Sachs au profit de la Grèce, afin de répondre aux conditions du Traité de Maastricht, fait couler pas mal d’encre. Personne n’en sort blanchi ni grandi. Ni les Etats, ni les banques, ni les institutions communautaires, au premier rang desquelles la BCE.

Il ressort en effet, d’après l’éditorial du Financial Times – ainsi que d’autres commentaires des agences ou de la presse – qu’Eurostat aurait été parfaitement au courant du swap en question, qui n’aurait pas eu de caractère illégal à l’époque, mettant à profit une faille réglementaire depuis comblée. Que la dénonciation de ce scandale, par ailleurs, est venue fort à propos pour alimenter les pressions exercées sur le gouvernement grec et braquer l’opinion publique allemande pour qu’elle s’oppose à tout sauvetage financier (la fuite a bénéficié au Spiegel, reste à trouver son origine  !).

Les dessous de cet épisode, s’ils sont un jour connus, seront sans nul doute instructifs. Ils témoigneront de l’âpreté de la partie qui est actuellement engagée, qui est loin d’être finie. Spéculations contre l’euro d’un côté – partiellement calmées pour l’instant – rigidités politiques sans avenir de l’autre, au nom d’une orthodoxie financière qui ne pourra pas être tenue. Les contradictions d’intérêt s’exacerbent entre les intervenants, quelque soit leur nature, il va être difficile de longtemps les dissimuler.

Les interrogations se multiplient, à ce sujet, sur les débats internes à la coalition gouvernementale allemande, et sur l’orientation que ce pays cherche à prendre, opinion publique comprise si l’on en croit les sondages, comme s’il se sentait pris dans une nasse dont il voulait s’échapper.

Plus intéressantes encore, des informations continuent à sortir, qui démontrent que d’autres pays ou régions ont également mis la main dans le pot à confiture, en utilisant avec l’aide des mégabanques les produits dérivés et la titrisation. Gillian Tett, du Financial Times, a enquêté et a mis à jour quelques premiers cas. Les autorités de la Ligurie et des Pouilles (en Italie) ont ainsi utilisé il y a quelques années leurs « fonds d’amortissement », destinés à d’autres usages, pour investir avec l’aide de la banque japonaise Nomura et la banque suisse d’UBS dans des dérivés de crédit, améliorant ainsi leurs comptes à court terme, tout en chargeant l’avenir.

L’Italie, encore, a utilisé la titrisation de certains de ses actifs afin d’émettre des obligations, non prises en compte dans le déficit public, dans le but de créer des recettes immédiates, avant qu’Eurostat ne durcisse ses règles. Ont été ainsi titrisées les recettes de la sécurité sociale et même … des billets de loterie. Avec le soutien à l’époque de la défunte Lehman Brothers et d’UBS. La Belgique, enfin, a titrisé la recette future des impôts  ! (Pour la Grèce, on a notamment parlé des taxes d’aéroport ou portuaires dont les recettes ont été gagées dans le cadre du deal avec Goldman Sachs). Dans tous les cas, un pari sur l’avenir a été proposé aux investisseurs, la partie devant être naturellement intéressée en contrepartie, en gageant des recettes futures de l’Etat.

A propos de ces pratiques, la Cour des comptes italienne vient de rendre public un rapport. Elle estime que l’utilisation des produits dérivés par les collectivités locales va peser sur leurs finances pendant les 20 à 30 prochaines années. Leur utilisation était permise afin de s’assurer contre les risques, mais ces instruments financiers ont été, reconnaît-elle, utilisés à des « fins spéculatives », ou bien afin de disposer sans attendre de liquidités. Depuis 2008, ce n’est plus possible en Italie, officiellement.

Les pratiques qui sont véhémentement reprochées à la Grèce se sont en fait très largement répandues dans toute l’Europe durant les deux dernières décennies, au point de devenir banales. Non sans profiter aux mégabanques, qui touchent d’importantes commissions, élargissent leur domaine d’intervention et se créent une nouvelle clientèle, captive. Chargeant d’autant la machine à faire de la dette avec un nouveau combustible, car celle-ci est exigeante et en épuise les gisements. Les règles les plus élémentaires de la comptabilité publique, rappelées pour mémoire, ayant pris un sérieux coup de vieux au passage. Mais comment un territoire aussi lucratif, pourvu de garanties aussi solides, aurait-il pu échapper à la financiarisation, dont la seule loi est de s’étendre ?

Pris au collet de la dette et des limites apportées à leurs domaines d’intervention, des Etats et des collectivités locales ont commencé à se mettre sous la protection d’un nouveau bienfaiteur, les mégabanques. Partageant avec elles des petits secrets et n’ayant désormais plus les moyens de s’opposer à leurs exigences, pour être leurs obligés. Peuvent-ils, tous autant qu’ils sont, encore s’en libérer ? Bien peu, dans les mois qui viennent de s’écouler, peut venir à l’appui de cette idée.

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58 réflexions sur « L’actualité de la crise: un pot à confiture ou beaucoup puisent, par François Leclerc »

  1. Admirable article … qui ne peut que vous faire, d’horreur, dresser les cheveux sur la tête. Mais quand et comment, bon Dieu, va-t-on s’en sortir ? Et dans quel état ??

  2. On le pressentait depuis plus d’un an, l’époque dite du « sauvetage » des institutions financières en Europe: rappelons-nous les petits jeux de Dexia avec des collectivités territoriales françaises et belges, à cette différence que Dexia, n’étant pas une mégabanque, a ensuite bu un sacré bouillon que doivent amèrement partager aujourd’hui (sans parler des années qui viennent) le conseil général du Nord, le conseil général de Seine-Saint-Denis, etc. La question à 100.000 dollars porte évidemment sur les collusions entre les banques et d’autres gouvernements nationaux que celui de la Grèce: la France, la Grande-Bretagne, d’autres encore, sont-ils impliqués? Je ne peux m’empêcher de penser aux raisons souterraines qui font de Goldman Sachs et de JP Morgan Chase des pourvoyeurs OFFICIELS de gaz naturel à l’Etat français… Un prêté pour un rendu? Un engagement secret pris il y a des années?

    D’évidence, il n’est plus temps de parler des mégabanques comme d’un simple cancer à extirper: les métastases sont multiples, et il est sans doute trop tard pour opérer. Je perçois un profond pessimisme dans les dernières phrases du billet de François, mais la question revient, lancinante: et maintenant, qu’est-ce qu’on fait?

    1. et maintenant qu’est ce qu’on fait ?

      on va devoir nettoyer les écuries ; car ce ne sont pas les gouvernements de droite comme de gauche qui vont le faire : ils ne sont ques les executeurs des basses oeuvres.

      ce système mafieux ne connait qu’une seule loi : le rapport de force ; l’oublier nous a causé beaucoup de problèmes, continuer à jouer aux bisounours nous coutera encore plus.

      socialisme ou barbarie

    2. Je partage tout à fait ton questionnement sur l’octroi de la concession de gaz à JP Morgan et Goldman Sachs…quand j’ai vu la parution au JO relayée par contreinfo et autres, je n’ai pas compris…mais au regard de ce qui se dévoile en Grèce et ailleurs, tout s’éclaire !

  3. Francois, il conviendrait d’ajouter quelques chiffres ‘réels’ au tableau du ‘ Extend and pretend ‘, quelques balises dans le brouillard ou l’ enfumage dont nous sommes les victimes

    – GS a encaissé 735 millions d’euros sur le ‘maquillage’de la dette grecque..

    – Entre février et avril,les pays européens ont à « rollover » 324 millions d’euros de dette publique

    – En 2010, la France et l’Italie sont en tete du ‘hit-parade’ du ‘rollover’ pour 281,5 millions d’euros et 243,5 millions d’euros respectivement

    – En termes de besoin de financement total en 2010, la France et l’Allemagne sont en ‘tete de peloton’ avec € 377.5 milliards d’euros et 341.6 mds d’euros….

    Enfin, coincidemment, comme pour conforter votre analyse, celle de Robert Mundell:La Grèce
    n’est pas la plus grande menace pour l’Euro, la plus grande menace c’est l’Italie:

    Italy: the Biggest threat for the Euro

    1. De toute maniere quoique fasse l’UE ou l’euro groupe, rien n’empecheras « les marches » de se livrer a une nouvelle attaque contre quelque pays que ce soit, car le probleme n’est pas de faire un exemple, la grece en l’occurence, mais de couper les couilles des speculateurs!

      Car enfin, il est pathetique d’entendre Junker tenter de rassurer les marches finnaciers alors que ce sont les etats qui leur ont sauve la mise.

      La situation exige des geants et nous avons des nains politiques aux commandes, obama compris!

    2. Affirmation inexacte de dire que GS a maquillé les comptes budgétaires de l’Etat grec.
      GS s’est fait payé grassement pour du face-à-face de haute volée.
      C’est le gouvernement grec qui est responsable de la dissimulation et la CEE qui a été roulée dans la farine par incompétence: la confirmation directe en audit est la base de la vérification.
      GS a fait son boulot. point barre !
      Quand m. Pierre Conso pdg des Ciments Français a dissimulé du hors bilan dans une opération de portage de titres (opération de dérivé), malgré ses titres de prof de fac et son extraordinaire livre de finance, il a été VIRE par les actionnaires !
      Aucun grec ne voudra virer ses dirigeants parcequ’ils ont la magouille dans le sang. Vous tuez l’économie grecque si vous mettez les échanges souterrains au grand jour.
      Les grecs ne sont pas faits pour la mentalité rhénane.

    3. Qui parle d’un grossier et vulgaire maquillage ? Un simple contournement de la réglementation, en se servant de ses failles, est bien plus élégant ! Le résultat étant le même. Et il est difficile de savoir qui est le complice de l’autre, de GS ou du gouvernement grec en l’occurrence.

      S’il y a un savoir-faire éprouvé dans les métiers de la finance, c’est bien celui-là. Pourquoi les conseillers fiscaux sont-ils d’ailleurs rétribués ?

    4. September 2005 … (Fraudes d’états aussi massives qu’ENRON déjà dénoncées, et probablement bien avant dans l’indifférence sinon le refus de voir … ENRON au moins a pu être trainé en justice)

      How Europe’s governments have enronized their debts

      Europe’s government bond markets are built on a lie.

      Ministries of finance … have adopted corporate financing techniques to give a false impression of their true debt levels.
      Regulators … appear unwilling or unable to do anything about it.
      Investors and taxpayers ought to know. Mark Brown and Alex Chambers reveal all.

      AFTER FAILING TO abide by its own internal guidelines, sidestepping industry best practice, and ignoring internationally agreed standards, a one-time star borrower is brought low. Underlying this is a combination of highly structured financing; often suggested and effected by competing investment banks; and inconsistent accounting. This has disguised the true, excessive extent of the borrower’s debt. All of the deals involved might have been legal, but their revelation has left investors shocked and out of pocket.

      It sounds like the depressingly familiar tale of corporate accounting in the Enron era: but the sort of borrower we are talking about is a government not a corporate. And the governments involved are the very ones that have explicitly set themselves the task of borrowing responsibly; western Europe’s EU members.

    5. State of the States …
      As can be seen below (graphique des spreads de CDS des CINN et des PIGS – suivre le lien),
      an equally-weighted composite of the CINN states (California, Illinois, New Jersey, New York) I created shows a greater degree of stress than is seen by the Euro Zone GDP-share weighted composite of the PIGS.

      http://www.financialsense.com/Market/wrapup.htm

      Tiens ?
      Les CINN ne bénéficient pas des hurlements anglo-américains alors que leurs spreads de CDS sont historiquement plus élevés que ceux des PIGS ?
      Et
      que font les Goldmand Rats dans la gestion des CINN ?

  4. Là on sort du domaine de l’économie pour entrer dans celui de la politique voire meme de la responsabilité individuelle.
    Si les élus et responsables divers sont véreux et corrompus à ce point, ce n’est plus une affaire économique.
    Pour l’instant on nous parle de la grèce de l’Italie.. dans ce genre de magouilles digne de voyous mafieux, mais si d’autres pays plus « responsables » sont touchés on assistera aux memes spectacles.
    Comme solution on pourrait imaginer la fin du métier de politicien en limitant tous les mandats à 1.
    On pourrait meme choisir un citoyen au hasard comme dans l’ancienne grèce, au moins il ne pourrait pas faire pire.

    1. Si vous trouvez un Caïus Graccus qui reprend son boulot dans son champs après avoir été élu président de la république,……
      Depuis de Gaulle il n’y en a plus de part le monde.
      Faut aimer se faire insulter par la moitié des humains locaux

    2. A l’époque c’était légal de tritiser, même des élus communistes en Seine Saint-Denis s’y sont mis, c’est dire.
      Cela montre avant surtout la réalité du consensus néo-libéral, malgré tous les moulins à paroles des différents partis, y compris de gauche, contre le néo-libéralisme. Le dogme de l’efficience des marchés avait contaminé les professions intellectuelles au delà du cercle des libéraux purs et durs. On ne le voit que trop bien avec les positions frileuses adoptés par le PS.

      C’est rétrospectivement que l’on porte un regard sévère, car à l’époque personne n’imaginait que le casino aurait de gros ennuis. Peu de gens avaient identifié où se trouvait le principal danger dans les différents produits proposés par le casino.
      A l’époque c’était le marché actions qui était montré du doigt, pas des CDS et autres subprimes. Avec le recul cela paraît aberrant que personne ou presque n’ait tiré la sonnette d’alarme au niveau politique.
      Mais c’est un fait.

      Les mégabanques ont elles agi en toute connaissance de cause et d’ailleurs elles continuent.
      De même des politiques qui avaient occupé des postes stratégiques dans les grandes banques, comme l’italien Draghi, qui était un candidat potentiel la la présidence de la BCE. De même un Trichet, qui avait officié au Crédit Lyonnais, lequel, on l’a déjà oublié, avait défrayé la chronique pour ses activités spéculatives.

      Pour le reste il s’agit surtout victimes d’une idéologie et d’une analyse déficiente du système. Ce qui rend d’autant plus décisif le combat idéologique contre le néo-libéralisme. Les supporteurs du système ne sont plus très nombreux, le problème est qu’ils occupent des postes stratégiques. Lorsque au sein de leurs rangs il y aura quelques défections, alors le renversement de tendance s’opérera. Ce d’autant plus que l’opinion publique est de moins en moins ignorante, même s’il reste encore du travail à accomplir sur ce plan.

    3. Mais la titrisation est toujours légale ! Même si elle est en panne, avec l’espoir de pouvoir la réactiver. La FDIC a un projet en ce sens aux Etats-Unis, l’espoir fait vivre !

      Quant à la BCE, puisque vous en parlez, son futur vice-président, le socialiste Portugais Vitor Constâncio, a été fortement mis en cause dans son pays. En tant que gouverneur de la Banque du Portugal, il a été accusé d’avoir fermé les yeux sur les malversations opérées par les dirigeants des banques BPP et BPN.

      Allez-vous en tirer argument pour dire qu’il a le profil adéquat pour ses nouvelles prochaines fonctions ?

    4. Oui tout à fait. J’ai fait un lapsus en pensant à l’affaire du swap de GS avec la Grèce.
      J’étais au courant au sujet de la FDIC, d’ailleurs je vous avais déjà demandé dans un autre de vos billets si la tritisation avait repris. Vous m’aviez répondu la même chose.

      Autant pour moi. A vrai dire, si je vous avais posé cette question c’est parce qu’un blogueur — Thomas le Cimbre –, soutient mordicus que la titrisation a d’ores et déjà repris aux USA, ce qui lui fait dire qu’en plus des « bulles » de la dette d’Etat et de l’immobilier commercial, il y aura une troisième bombe celle relative aux prêts immobiliers résidentiels « Obama » lesquels occasionneraient t une tritisation, réalisée de gré à gré si je me souviens bien.
      Voici un extrait de son article : « Les banques se jettent sur les Obama Mortages, les titrisent en RMBS avec les partenaires assureurs comme AIG, parce qu’elles sont sûres que les défaillances de remboursement des emprunteurs sont garantis à 100% par l’intermédiaire de la Ginnie Mae et de la FAH: » (Obama a été entreposé à la Présidence par les lobbies financiers de Wall Street – Le mariole de la Maison Blanche, par Thomas, le Cimbre, le 20 janvier 2010). Qu’en penser ?

      A vu de nez, c’est plutôt compromis pour le portugais …
      Cette fois les opinions publiques ont les yeux braqués sur la BCE, la situation est bien différente de ce qu’elle était lorsque Trichet avait été choisi.

    5. Je n’ai pas connaissance de ces prêts garantis par l’Etat de Ginnie Mae et de la FAH, qui feraient l’objet d’une titrisation et vais donc partir à la pêche ! Cela me semble devoir être marginal, toutefois, par rapport à ce qu’a représenté la titrisation. La question de sa relance reste en effet entière, aux dires de tous.

  5. « Non sans profiter aux mégabanques, qui touchent d’importantes commissions, élargissent leur domaine d’intervention et se créent une nouvelle clientèle, captive. »
    Là est l’important. Mettre à genoux.

    « s’endetter est avoir confiance en l’avenir.. »
    Paroles d’un candidat élu à la présidence de l’état français…

  6. Quand les États, réduits à leurs pouvoirs régaliens, renoncent à administrer les économies en délégant cette tâche au Marché, alors, la folie spéculative se déchaîne.
    Tout devient machine de Ponzi.
    Fraude et délinquance s’emparent du système et en deviennent les rouages essentiels. Les seuls carburants.
    L’histoire de ces 30 dernières années nous enseigne qu’aucune réglementation ne peut avoir de prise sur les mécanismes qui confèrent à la finance sa nature destructrice.
    L’issue de ce qui se transforme aujourd’hui en un gigantesque collapsus a quitté définitivement le domaine du représentable.

  7. Ne peut-on pas qualifier les opérations décrites concernant l’Italie et la Belgique de simples opérations de trésorerie destinée à faire face à décalage temporaire entre les encaissements et les décaissements ?

    1. Si un financement sur vingt ou trente ans est considéré comme destiné à faire face à un trou de trésorerie, alors oui !

  8. Un plan de sauvetage européen à 320 milliards d’euros.

    Le Figaro

    Ouch !
    320 milliards d’euros !
    Mais où allons-nous trouver 320 milliards d’euros ?
    Où ?
    Et, surtout, qui va payer ces 320 milliards d’euros ?

    J’ai l’impression que les banques privées ne vont pas être mises à contribution. Parce que, vous comprenez, il ne faut pas fragiliser les banques. Il ne faut pas faire payer les banques parce que cela mettrait en péril la  »  »  » reprise  »  » « .

    En revanche, j’ai l’impression que les peuples vont devoir payer ces 320 milliards d’euros.

  9. Dans un discours prononcé ce soir mercredi, Angela Merkel a mis en cause les banques, sans les identifier, pour leur rôle dans la falsification des statistiques grecques, provoquant une crise dans toute la zone euro.

    Une argumentation tranchant avec celles provenant d’Allemagne de ces derniers jours, ne faisant plus porter la responsabilité de cette dernière sur les épaules de la Grèce.

  10. L’imagination sans limite de la finance avec l’argent des autres, et la complicité des élites, a vraiment passé les bornes, mais quand les Etats vont ils reprendre le pouvoir ? Quand vont ils comprendre qu’ils font n’importe quoi depuis plus de quarante ans sous couvert de toujours moins d’intervention de l’Etat ? En réalité ce n’est pas moins d’intervention des Etats ce à quoi ils sont arrivés, c’est même l’inverse c’est le gaspillage à tout va de l’argent public avec la chute de l’économie réelle et le rappel de ces derniers pour sauver la finance qui de plus belle continue sa mise à mort de l’économie.

    1.  » les Etats vont ils reprendre le pouvoir ?  »

      illusion sur l’état : l’état n’est que le représentant et le bras armé de la classe dominante : je sais ça fait tres archaique en ces temps de modernité libérale mais on voit où nous a mené le libéralisme il serait temps de se poser la question : faut il sauver le soldat Capitalisme ?

      l’objectif de l’enfumage actuel est de sauver la mise des possédants : en 2009 Vincent Bolloré dans le Journal des Entreprises disait s’attendre à une inflation importante et donc travaillait à des placements « solides » …….

      alors laissons le temps à toutes ces élites économiques pour sauver leur patrimoine . Ensuite tout pourra s’effondrer. Ils nous trouveront bien quelques « juifs du XXIème siècle » : les musulmans tiennent la corde.

      ces maffias économiques surnagent dans un océan de désespoir des peuples qui n’entrevoyent pas d’issues par le haut.

  11. Bonsoir.

    Deux remarques:

    1)Manifestement les gouvernants de certains etats sont devenus completements fous, au sens literal du terme, de se livrer a de tel tours de passe-passe qui relevent des tribunaux! Car la on a quite la responsabilite politique qui se sanctionne par le biais des elections pour la basse magouille qui devrais relever du correctionnel, voir du penal. Mais jusqu’ou allons nous tomber, que reste t’il encore a decouvrir, c’est ecoeurant!

    2)Je n’arrive pas a comprendre la position allemande! Leurs banques sont dans un etat aussi calamiteux que celles des autres pays, ils sont un poil mieux sur les criteres de maastricht, mais tout cela n’est pas brillant. Leur devaluation competitive, sur le dos des autres europeens, par le biais de la hausse de leur tva il y a 2 ans a fait long feu et je ne vois comme explication que le reve d’un paradis perdu, celui des rois de l’exportation sur le dos du salariat. Bref, ils sont de mon point de vue dans le dogmatisme pur et l’on sent bien que si un allemand succede a JC Trichet, l’orthodoxie la plus pure s’installeras a la BCE, dans le reve evanouis du mark fort.

    Passe ces remarques, j’en viens a me demander si toutes les statistiques, des etats, des entreprises, ne sont pas fausse, a des degres divers, et si nous ne sommes pas depuis au moins 10 ans, dans l’ere du mensonge, le tout sur fond de declarations vertueuses des differents acteurs de cette mauvaise farce.

    1. 1/ La parole est aux connaisseurs de l’Allemagne ! Mais il me semble que la raideur qu’expriment les allemands est un mélange de vaine orthodoxie, s’agissant des libéraux, et de la recherche d’une solution-refuge. Les deux d’autant plus indispensables que la situation des banques, des Länder et du tissu industriel est très inquiétante. L’espoir d’une relance par les exportations est avant tout de l’ordre de l’exhortation!

      2/ On ne peut pas croire à la magie des chiffres si l’on ne les met pas systématiquement en question, ce qui est la seule attitude scientifique possible.

    2. J’exerce dans les metiers de l’assurance et je suis au moins sur d’une chose, le chiffre d’affaire de l’assurance vie en france des differentes compagnie est faux!

      Les promesses de certains contrats d’assurances vies sont fausses car intenables, meme en l’absence de crise telle que celle que nous vivons, mais quand meme commercialises en toute connaissance de cause!

      Qu’en est t’il dans d’autres secteurs economiques?

    3.  » j’en viens a me demander si toutes les statistiques, des etats, des entreprises, ne sont pas fausse, a des degres divers  »

      vous souvelez là sans doute la question qui tue : le fétichisme des nombres est incroyable ; à chaque niveau de la hiérarchie on ment un petit peu oh pas beaucoup juste ce qu’il faut pour que l’entretien individuel annuel se passe bien.

      et puis de toute façon vu la vitesse de rotation des encadrants c’est pas très grave , ni vu ni connu.

      ça tiendra ce que ça tiendra , mais l’essentiel n’est il pas d’avoir une rolex à 50 ans ………..

  12. @ M. Leclerc

    se pourrait-il qu’ « ils » aient gagé les avoirs de la Sécu ou des caisses de retraite pour renflouage auprès de ces méga-banques?
    comment s’en assurer?
    les collectivités locales, ce sont des personnes singulières qui se sont commises avec ces paris faits avec l’argent public.

    de quoi faire comparaître pas mal de monde devant des tribunaux.

    autre question: quand une nation « dévelopée » comptabilise dans sa croissance et son PIB les « services » à la personne, ie les tâches encore gratuites qui reviennent aux familles des pays sous-dev comme le gardiennage des enfants et des personnes âgées,
    les frais de publicité pour des nourritures qui génèrent des pathologies cardio-vasculaires, les traitements de celles-ci,
    où se cache la ‘valeur’ produite par ce type d’activité?
    au dépens de quoi se fait l’extorsion de la plus-value?

  13. Il ne faut quand meme pas oublier que la majorité de l’endettement des Etats ne correspond pas à la prise de pension des actifs pourris des banques et que beaucoup de dettes correspondent à des frais de fonctionnement et pas d’investissement. La Mariane francaise du Grand Emprunt fait une grossesse nerveuse, ce n’est que du vent. Dans le confiturier, sur la planche du haut le pot de l’Australie est plein et, sur la planche du bas celui du Japon est vide.

    1. Il me semble que cet argument qui tente de différencier dépenses de fonctionnement et dépenses d’investissement pour un Etat doit sérieusement être discuté :
      Si on entend par dépenses de fonctionnement par exemple tous les salaires des fonctionnaires d’Etat ou des collectivités territoriales… alors il faut supprimer l’Education nationale, l’ensemble des CHU, tous les services publics assurés dans les territoires (assistantes sociales, inspecteurs du travail, puéricultrices et bien d’autres encore) et qui mobilisent en priorité des frais salariaux…

      Et les remplacer par quoi ? Des entreprises privées qui feront payer leurs services deux ou trois fois plus chers ? Qui aura les revenus nécessaires pour les payer ces services ?
      Certainement pas les fonctionnaires au chômage !

      Conclusion : tant qu’on veut comparer le fonctionnement d’un Etat à un ménage ou à une entreprise on est conduit à dire des bêtises énormes.

    2. De la sémentique.

      Quelle différence faite-vous entre:

      l’obligation de cotisation à la Sécurité Sociale « d’état », à l’obligation de vous assurer en responsabilité civile, en ayant recours à une société de droit assurantielle privé lucrative ou non lucrative(vrai mutuelle)

      Personnellement, je n’en fait aucune, je suis le payeur dans les 2 cas, un avec choix, l’autre sans choix du bénéficiaire de mon paiement. Je mutualise non lucratif, il serait préférable pour tous de ne pas avoir le choix, cette fausse liberté va à l’encontre de l’intérêt commun.

  14. Comme on dit, quand on veut bouffer les moutons du voisin, on accuse le chien de celui-ci d’avoir la rage. Comme ça, on l’abat et pendant qu’on l’occis, les moutons sont égorgés.

    @ F. Leclerc : Merkel, l’espoir de l’Europe ?

  15. Le pot à confiture c’est celui dans lequel est puisé le pouvoir dont se gave
    qui en raffole et qui n’est plus rien sans l’exhibition qu’il en donne et la démonstration
    qu’il en fait à qui ne sait plus rien faire d’autre que de tourner autour.

  16. Sauver le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne coûterait 320 milliards d’euros (voir le lien ci-dessus).

    Le problème est le suivant :

    – plusieurs Etats européens ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne verseront pas un seul euro pour sauver ceux qu’ils surnomment avec mépris « les cueilleurs d’olives » ;

    – la plupart des Etats européens ne peuvent pas verser un seul euro pour sauver ces quatre pays, même si ils le voulaient : les Etats européens sont tous très endettés ;

    – par exemple, en Allemagne, de nombreuses communes sont en faillite ;

    Les Echos

    En 2014, la dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB, selon les calculs du FMI.

    – autre exemple : en France, nous venons d’apprendre aujourd’hui que 40 départements français seront en défaut de paiement en 2011.

    France : ces départements au bord de l’asphyxie financière.

    Ils sont une vingtaine à ne pas savoir comment boucler leur budget. En 2011, ils seront deux fois plus. Recettes en chute libre, dépenses sociales qui explosent : les départements courent à la catastrophe financière.

    Les Echos

    En 2014, la dette publique de la France sera de 95,5 % du PIB, toujours selon les calculs du FMI.

    Le problème n’est même plus : « Comment sauver le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne ? »

    Pour les pays européens, le problème est :

    comment faire pour ne pas être en défaut de paiement nous-mêmes ?

    1. pourquoi éviter le défaut de paiement : bien au contraire il faut refuser de payer les dettes contractées par les maffias économiques auprès de ces mêmes maffias économiques.

      laissons les s’entretuer et allons cultiver notre jardin.

      d’ailleurs à qui remboursons nous ? aux smicards qui ont placé leurs économies ou aux riches qui ne savant deja plus quoi faire de leur argent ?

      je sais au moins un chose : les smicards partcipent au remboursement ne serait ce que par la paiement de la TVA; je doute qu’ils aient des économies placées sur les marchés financiers, quoique leurs banques ……..

  17. Bonjour François Leclerc,

    Vous posez:

    « Partageant avec elles des petits secrets et n’ayant désormais plus les moyens de s’opposer à leurs exigences, pour être leurs obligés. Peuvent-ils, tous autant qu’ils sont, encore s’en libérer ? »

    N’est pas un secret de polichinelle ?

    Demandez aux français pour qui il voteront aux présidentielles, ils répondent tous en cœur :

    Dominique Strauss-Kahn au sommet, Nicolas Sarkozy au plus bas

    http://fr.news.yahoo.com/4/20100216/tts-france-dsk-sondage-ca02f96_1.html

    1. Les sondages vont faire l’élection, bonnet blanc ou blanc bonnet, le choix sera déterminé par le pouvoir de l’argent, à moins qu’il n’y ait plus de valeur d’argent d’ici là!!!!!!!!!!!
      ce qui serait peut être souhaitable pour notre devenir?

    2. DSK notre Jeanne d’Arc.
      S’il y avait un impétrant à la présidence certifié « chaste et pur » c’est bien lui.
      Avocat d’affaires magouilleur et prébendier expédié au FMI par Sarko comme on exile un nobliau.
      Sarko devait espérer le couler, à moins que des acords de caste inimaginables à un gentil français ne les lie.

  18. Dites moi si je me trompe, mais il me semble que nous y sommes:

    Corporatisme serait une expression plus appropriée que Fascisme, dans le sens où il s’agit d’une union de l’État et du pouvoir économique
    BENITO MUSSOLINI, Encyclopedia italiana

  19. l’oligarchie financière a décidé de « détruire l’Etat-nation » , elle s’en prendre actuellement à l’Europe par le biais de ses maillons faibles, avant de s’en prendre au dollar,
    comme nos dirigeants en sont « les complices » bienveillants,(il y a des places à prendre dans l’avenir…!), on en connait l’objectif final….!

  20. @ JGorban,

    puis-je vous demander de préciser votre pensée quant aux « smicards » ?

    Je ne suis pas sûre de bien vous comprendre…

    Merci.

  21. Bonjour à tous
    En navigation maritime il existe un cas de figure de positions radar des navires dans lequel en suivant fidèlement les procédures de manoeuvres d’évitement, on aboutit à une collision!
    Les dirigeants de grands groupes industriels et financiers n’ont aucune confiance dans la compétence des politiques, étant donné leur mode de sélection, pour gouverner efficacement un pays.
    (Pour le fonctionnement de la classe politique française, voyez l’actualité et relisez Ammien Marcelin sur le fonctionnement clientéliste des princes francs: peu de différences!)
    On ne s’étonnera donc pas de ce que les financiers, industriels et hauts fonctionnaires s’entendent naturellement pour « tenir » les politiques aussi serrés que possible – en fonction de leurs propres d’analyse – dont ils ne voient pas nécessairementles limites et la possible inadaptation à la gestion d’une population – du fonctionnement souhaitable d’un pays qui diffère quelque peu de ce que la plupart des gens mettent dans le mot démocratie: une entreprise, une administration ne sont pas des démocraties dans leur fonctionnement mais des lieux conflictuels.
    On ne gère effectivement pas un état comme un ménage: ne serait ce qu’en raison du facteur d’échelle! ( en architecture , on sait bien que lorsque les dimensions d’une structure sont multipliées par deux, certaines contraintes sont multipliées par un facteur puissance 4: c’est pourquoi, paradoxalement, un petit bateau de plaisance est bien plus résistant qu’un super tanker à une mauvaise répartition des charges!)
    Si un individu propose un investissement confortable et verse les dividendes des premiers entrants sortants avec les cotisations … pardon, avec les investissements des entrants c’est un délit passible de prison en france; si c’est l’état qui pratique celà c’est nommé : rente ( oups quel vilain mot!) pardon : retraite par répartition.
    Vérité en deçà d’un certain seuil, erreur au delà!

    Non pas que je soie partisan de tels comportements, mais des considérations portées à partir de l’individuel ne sauraient être forcément pertinentes au niveau d’un état!
    Ceci afin de nous permettre de mieux réfléchir.

    nb: le nombre de contrats ( CDS) sur l’euro est passé de 47000 à 63000 ( contre info le 17)

    Cordialement.

  22. François, vous mentionnez la situation de la Belgique en laissant penser qu’elle serait aussi grave, voire pire, que celle des autres pays européens montrés du doigt. On n’en parle pas beaucoup, de la Belgique. Trop petite, sans doute.

    Connaissez-vous une source d’information fiable (et pas trop technique) concernant l’économie belge ?

    Et vous, Paul ? Comment voyez-vous l’avenir de votre pays natal ?

    (PS: J’aime bien la nouvelle présentation du site. Elle a un côté organique qui tranche avec la froideur clinique de la majorité des blogs, spécialement ceux qui traitent d’économie. Certains commentateurs la trouvent trop sombre, mais les sujets abordés ici ne sont pas spécialement réjouissants.)

    1. Malheureusement non, j’utilise la presse et les agences internationales, il y a donc des trous que je déplore.

  23. (Pour Jaycib – et autres)

    Sur DEXIA : les complicités/proximités
    vont encore au delà de ce que vs semblez croire (nous en avions parlé/écrit à 4 -actuels/anciens/futurs – Ministres des Finances européens, depuis 2000 : l’un nous a -en toute éthique et correction – aidé; l’un a « pointedly » « tourné la tête »; un n’a pas répondu; nos démarches auprès d’un autre ont eu pour suite ce qui ressemblait fort à des menaces (orales, et via intermédiaire, bien sur).

    Voir (mais cela a été récemment retiré du site DEXIA…) les PV d’AG (REPONSES aux QUESTIONS, notamment écrites) depuis 2002 + les correspondances de certains membres de l’ancienne – un peu en sommeil, sans doute provisoirement – ASBL AIXED …qui en disent long sur l' »inertie » des administrateurs (à une ou deux exceptions, remarquables et remarquées, près ).

    Et ce n’est pas fini : cela continue même à certains égards; il faudrait pourtant que cela cesse et qu’un minimum de vérité soit rétabli (parfois, la candeur réussit..).
    PAR EXEMPLE : le Président du Comité d’audit/ des risques du Conseil était encore récemment (en tout cas lors de l’AGO 2009 – au cours de laquelle le Président de DEXIA nous a dit ent être très satisfait) le même que lors de la déconfiture (et, constamment, depuis le début des années 2000…

    A la disposition des VRAIS intéréssés. Mais pas de manière anonyme.

    PS : P. JORION est remarquable, en effet.

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