L’actualité de la crise: la Grande Crise s’auto-alimente, par François Leclerc

Billet invité.

LA GRANDE CRISE S’AUTO-ALIMENTE

Une constatation s’est déjà imposée : la Grande Crise est sortie de son état aigu, au moins provisoirement, pour entrer dans une phase chronique. Ce que l’on peut traduire par durable et installée. A poursuivre son observation – prenant un peu de recul face à la succession à cadence rapprochée de ses épisodes – on peut désormais également comprendre qu’elle s’auto-alimente. En d’autres termes qu’elle ne se poursuit pas uniquement parce qu’il n’a pas été fait face aux causes initiales de son déclenchement, mais aussi parce que les tentatives d’y remédier sont en elles-mêmes porteuses de sa poursuite et de son approfondissement. En ce sens, elle se reproduit.

Une conclusion s’impose alors : faute d’une reconfiguration en profondeur du capitalisme financier, pouvant aboutir à sa remise en question car il s’y oppose, la Grande Crise est devenue endémique. Pour s’en débarrasser, il n’y a d’autre issue que d’en faire autant d’un système financier parasitaire qui continue de s’accrocher à un corps social de moins en moins sain. Dont il est ressentit qu’il est vital de le préserver par un nombre grandissant de ses acteurs.

Afin de mettre en évidence ce phénomène de pérennisation désormais bien enclenché, tout peut partir d’une autre constatation, qui ne souffre pas discussion. Trois bulles financières distinctes coexistent actuellement, les deux dernières étant les produits d’une tentative inachevée et inopérante de faire face à la première. La bulle-mère est celle des actifs toxiques, qui est fort loin d’être résorbée. Les actifs y sont parqués dans ces bad banks de fait que sont les banques centrales, dans de discrets Special Purpose Vehicles, ou bien au fin fond des bilans mêmes des établissements financiers zombies, où ils sont très progressivement dépréciés.

Cette bulle-mère a été depuis rejointe par celle des actifs publiques – produit, dans une large mesure, du sauvetage du système bancaire et des mesures de soutien à l’économie – puis par celle des actifs privés, créée à force d’injections massives de liquidités des banques centrales, afin que le système financier puisse rééquilibrer son bilan. Mais ces trois bulles qui coexistent ne sont pas indépendantes l’une de l’autre : dans la pratique, elles interagissent entre elles, se contaminant réciproquement.

La nécessité de résorber la bulle des actifs publics fait ainsi obstacle à la relance de l’économie, qui réduit à néant l’espoir de revalorisation des actifs toxiques, qui permettait à leur bulle de se dégonfler sans douleur. Ce qui rend d’autant moins possible de retirer du marché les liquidités qui y ont été injectées, qui soutiennent le système financer et contribuent au gonflement de la bulle des actifs privés. Et qui rend également impossible toute stricte régulation financière des instruments spéculatifs et hautement pathogènes pourtant répertoriés, mais qui sont paradoxalement considérés comme étant indispensables au sauvetage de ce qu’ils ont coulé. On décrit là un enchaînement de phénomènes appelés à durer pendant probablement de très longues années, si rien ne vient briser leurs interactions qui ont tout du cercle vicieux.

Ce mécanisme diabolique observé, on s’interrogera alors sur la raison impérative pour laquelle il est aujourd’hui nécessaire de résorber de toute urgence la bulle des actifs publics, tout en laissant simultanément prospérer celle des actifs privés. Une étonnante asymétrie de traitement (pour parler comme les économistes distingués), les Etats devant financer sur les marchés privés leur dette, tandis que les établissements privés sont financés à taux presque nul par les banques centrales, elles-mêmes émanations des Etats (sauf aux Etats-Unis, où leur fonction a été privatisée).

On entre là dans les dédales d’un système qui ne trouve pas d’issue à sa propre crise, emprisonné dans sa logique même. La machine s’alimente – c’est dorénavant largement établi – avec comme combustible de la dette. Dette des entreprises, des particuliers, des Etats ou même des acteurs financiers eux-mêmes. Toutes les occasions sont suscitées et prétextes pour prêter du capital et percevoir des intérêts, à la recherche permanente des meilleurs rendements, dans une sorte de course sans fin qui s’emballe… jusqu’à ce qu’elle s’enraye. Là où nous en sommes arrivés.

La Grande Crise a créé de gigantesques besoins de financement, principalement des Etats et des établissements financiers. Dans la logique de ce qui précède, une telle situation devrait en soi satisfaire au fonctionnement de la machine, sauf qu’une demande d’une telle ampleur va avoir pour inévitable conséquence une hausse des taux du marché, et que les financiers – qui doivent renforcer les fonds propres de leurs établissements – craignent cette hausse qui viendrait encore plus limiter leurs performances, déjà atteintes en raison de la crise (et qui le sera encore davantage par des mesures de régulation, mêmes limitées). Ne sont-ils pas eux-mêmes soumis aux lois du marché et à l’optimisation de leurs rendements ?

Les Etats doivent donc, du point de vue du système financier qui a quelques raisons de les considérer comme de simples rouages, réduire leurs propres besoins, afin que la pression sur les taux obligataires diminue, en raison d’une contagion qui veut que le marché obligataire public détermine le barème des obligations privées.

A cette raison, que l’on pourrait appeler de circonstance, viennent se rajouter d’autres blocages. On a vu comment les instruments monétaires aux mains des banques centrales (leurs différentes taux) avaient permis à ces dernières d’arrêter la chute libre du système financier, pour ensuite constater que ces mêmes instruments étaient devenus inopérants lorsqu’il s’agissait de le réparer. Laissant les banques centrales dans une situation inédite, plantées aux milieu du gué, incapables de prendre de nouvelles initiatives comme de revenir sur celles qu’elles ont prises (et amusant la galerie pour donner le change). On remarque aujourd’hui qu’elles prétendent toujours appuyer leurs analyses et fonder leurs décisions sur le même corps de doctrine monétariste qui a permis de forger leurs outils d’intervention dépassés.

Au bout du compte, on ne peut que constater que les institutions financières qui sont supposées constituer la clé de voûte du système – lui-même censé se réguler au mieux – ne remplissent plus leur fonction suprême face à la furie financière. Les masses de capitaux flottants étant telles que les instruments dont disposent les banques centrales en deviennent dérisoires. On savait déjà qu’elles étaient devenues – les rapports de force l’imposant – très humbles dans leur approche des marchés des devises ; on comprend qu’elles le sont tout autant face à la masse en croissance exponentielle des produits dérivés financiers dérégulés qui les surplombent.

Si leurs instruments sont inopérants, que dire alors de leur sacro-sainte mission  ? Que pèse en effet, dans ces conditions, la barrière des 2% d’inflation érigée en règle intangible, alors que l’Europe connaît une quasi-stagnation économique ? D’autant que celle-ci est doublement mise en question. Comme mesure uniquement appliquée aux prix des biens et des services, et non pas aussi à ceux des actifs financiers (dont l’inflation galopante est saluée) ; ou bien comme stricte norme faisant obstacle au financement du déficit public par une politique de création monétaire dont les bienfaits sont réservés aux établissement financiers ? Somme toute, il y aurait selon cette science économique en déroute et cramponnée à ses derniers bastions une bonne inflation et une mauvaise, de bons destinataires des liquidités-cadeaux et de mauvais (comme le cholestérol !).

Une même équation est posée, sans solution affichée, qui voudrait que la relance économique puisse intervenir en même temps que la diminution des déficits publics. Alors que l’investissement privé n’y contribue pas comme espéré, et la consommation non plus. Car ceux-ci subissent les effets de la crise économique et ne peuvent plus bénéficier de la manne du crédit issu de la titrisation, en panne sèche. Cette équation ne trouve pas de solution parce qu’elle n’en a prétendument pas. Celle qu’elle a en réalité n’est pas considérée comme acceptable puisqu’elle suppose une redistribution de la richesse.

Cette option rejetée, il va falloir d’une manière ou d’une autre faire sauter les verrous. Ou bien accepter un financement partiel des déficits publics grâce à une politique de création monétaire, ou bien aussi, prendre le risque que les Etats les plus faibles fassent défaut, ou bien encore, mutualiser les risques, ou bien enfin, faute d’un relai de financement, s’engager dans la rigueur et prendre le risque de fortes confrontations sociales. On en est pour l’instant, dans tous les pays occidentaux, à jouer au jeu du chat et de la souris, mais cela ne pourra pas durer, il va bien falloir entrer dans le vif du sujet si une relance miraculeuse n’intervient pas. Une relance porteuse d’une substantielle amélioration de l’emploi, est-il besoin de le préciser.

La crise de la dette publique porte en elle les germes d’une crise sociale et politique profonde, à moins que n’interviennent des remises en question qui ne sont aujourd’hui préconisées que par des voix isolées. En Europe, la création d’un FMI européen ou le lancement d’émissions d’euro-obligations seraient parmi les solutions les plus à portée. Le lancement d’un programme d’investissement communautaire avec comme objectif de créer de l’emploi pourrait être étudié. Mais toutes ces options paraissent bien lointaines.

La question est alors de savoir qui va parler au nom du destin et comment celui-ci va savoir se faire entendre, ou mieux encore s’il va être prié de rester à sa place.

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135 réflexions sur « L’actualité de la crise: la Grande Crise s’auto-alimente, par François Leclerc »

  1. Synthèse et réflexions excellentes.

    Juste une chose sur la dernière phrase.. : le destin va venir tout seul frapper à la porte comme nous pouvons le constater en Islande.
    Et encore… ils se retiennent.

  2. Excellente et claire analyse des 3 principaux rouages de cette grande crise qui s’alimente toute seule pour devenir incontrôlable, comme Cronos.
    Les états doivent commencer par se policer dans leur débauche de création de déficit, C’est évident. Mais ce billet aborde la question de la réduction du « flottant » qui est devenu énorme. Cependant la conversion en obligation ne fera certainement que repousser à très tard la résolution de l’excédent, faute d’une croissance à 2 chiffres.
    Je comprends dans cette crise la conséquence d’une idéologie financière totalitaire qui asservit les peuples. Un phénomène de même nature que le communisme, mais homothétique…… avec son goulag qui est la misère, l’insécurité….
    Le grand visionnaire qu’était De Gaulle a dit que « la Russie absorberait le communisme comme le buvard l’encre ». C’est sur cette piste qu’une solution est à envisager. Quel buvard est-il capable de « pomper » les capitaux flottants ?
    Comment « détruire » globalement cette énorme masse monétaire qui afflue et reflue au gré des spéculations » ? La réponse n’est plus du ressort d’un roi ou même d’un pape traficotant ses pièces pour payer des dettes de guerre.
    Peut on envisager la vente des actifs d’un pays à un créancier comme au temps des seigneurs et du servage ? Peut on décemment « étaler » sur 100 ans cette masse et la faire payer par 2 ou 3 générations futures ? La réponse n’est plus au niveau des nations battant leur propre monnaie. Les peuples ne sont plus disposés à vendre leurs enfants comme esclaves, à subir l’inflation sans réaction violente.
    Il faut un échange plus ou moins obligatoirement consenti par les peuples à l’échelle de la planète entre ceux qui ont des créances souveraines et les états, ceux qui ont des créances civiles et ceux qui se sont endettés. il y a une graduation à opérer.
    Quelle est donc la « matière » universelle pour cet échange, ce troc, ce « swap » ?
    La terre pourrait servir de support, parce que les états sont de grands propriétaires fonciers. Mais les peuples vont hurler à l’asservissement et au patriotisme. On meurt pour le sol de sa patrie. Le sol n’étant pas négociable, il y a le tréfonds: Qui va s’en déposséder ? L’espace aérien ? Impossible pour raison de sécurité d’une nation. Les océans et les mers hors des eaux territoriales? L’antartique ? La lune ?
    Les oeuvres d’arts relevant du patrimoine mondial ? Faudra t-il payer un fonds d’investissement pour voir la joconde ou des pièces d’art vendues par des musées nationaux comme celui d’Athènes par exemple ? Sachant que des oeuvres du XVIIIème siècle qui valaient des fortunes ont vu leur cote chuter, qui voudra accepter ce troc ? Et à quelle valeur ?
    Il faut donc une « valeur » sans connotation sentimentale, artistique, patriotique, culturelle, humanitaire…..indestructible, capable de rassasier la cupidité des hommes.
    Une valeur qui apportera à terme la ruine à ceux qui la thésauriseront…. Des fonds d’états ? Personne n’en voudra sur le long terme sinon à un taux criminel.
    Une seule matière a déjà fait la preuve de sa redoutable efficacité. Examinez l’histoire de l’Espagne au temps des conquistadors.
    L’or.
    La question maintenant est de préparer les esprits.

    1. mais pourquoi les peuples, pourquoi la piétaille devrait payer les dettes que les dominants et les élites ont fait aux noms des peuples pour leur propre enrichissement ?

      Pourquoi ?

      pour qu’une minorité puisse continuer à avoir plusieurs résidences , aller aux sports d’hiver, prendre l’avion pour des destinations exotiques, avoir toujours plus d’argent pour spéculer ……

      pourquoi mes enfants et mes petits-enfants devraient se sacrifier pour que les héritiers s’en sortent …. ?

      pourquoi ?

    2. Préparez les esprits au remboursement des dettes générales, de la dette publique avant la crise, de quoi voulez-vous parler, avant de rembourser, il faudrait déjà se mettre d’accord sur le montant et la répartition publique/privée.

      Valeur des « arts »…de l’or… de la monnaie…du kilomètre de bitume…du camenbert au lait cru (j’sui normand et la crémière en prime)…pour le partage c’est facile le camenbert, bien malin celui qui pourra le déterminer. La négociation sera contrainte, qui représentera le nombre Souverain le plus important, j’attends avec une certaine impatience le moment du partage ou du non partage.

      L’état est garant de sa monnaie scripturale en valeur faciale, un vaut un, la garantie sur les comptes de dépot en France est de 100.000€ (montant équivalent en Europe me semble-t’il)

      Me vient à l’esprit cet adage populaire « local normand? », l’argent ne compte que pour du beurre, le pourquoi du comment de cette expression serait-il d’actualité!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    3. Les grands challenges que nous souhaitons relever demandent des chefs, des options que nous n’aurions pas élu(e)s en d’autres circonstances. Les grandes crises génèrent elles-mêmes leur remèdes…
      Les voix que je n’aurai pas écoutées en 2006 me sont devenues audibles. Même un français moyen apparemment apathique sait se mobiliser au besoin pour mettre une autre organisation en place. De Gaulle a su fermer la bourse en d’autres temps. Le Monde Diplomatique de ce mois-ci préconise également ce moyen. Ou est le leader capable d’oser des actions que tous les autres n’oseraient même pas envisager?
      Il est là au milieu de nous…soit la crise passera, soit elle mettra à bas la confiance des citoyens envers nos hommes politiques, de tous bords, bien pépères et bien installés dans leurs collusions avec les milieux financiers.
      Si Paul Jorion et vous tous avez raison, alors accrochez-vous, ça pourrais bien accélérer sous peu et avec une certaine énergie…

    4.  » Un phénomène de même nature que le communisme, mais homothétique…… avec son goulag qui est la misère, l’insécurité…. »
      Veuilles éviter ces rapprochements qui n’en sont pas.
      1°) Les pays de l’Est ont été SOCIALISTES, quoi que vous puissiez croire à ce propos.
      Diriez-vous d’un pays dirigé par des démocrates chrétiens que ce pays est vraiment démocratique et chrétien?
      2°) Le communisme se définit -négativement, jusqu’à présent comme un monde sans argent, sans classes, sans état…veuillez vous instruire à ce propos, au lieu de tout mélanger. (socialisme/communisme) dans une tentative de jeter le discrédit sur le projet et le mouvement communiste.

    1. L’auteur de la traduction reconnait lui-même avoir traduit « lâchement » le terme « corporation ». Reste que pour un francophone, cela prête à confusion.

  3. Monsieur Leclerc,

    merci pour ce billet qui est, dans ces constatations tragiques, tristement jubilatoire.

    Entrons donc dans le vif du sujet, nous sommes écoeurés par la morgue et la voracité de cette
    ‘finance’ qui sacrifie sans état d’âme (!!) la vie et les valeurs de millions de gens, qui viole les lois, les règles et les conventions pour se repaître toujours davantage.

    Cette Chose obscène et destructrice, ‘la finance’, a fait long feu. (Bien trop long).

    Cessons immédiatement de lui permettre de poursuivre son sinistre objectif : accaparer toutes les richesses à son seul profit.

    Et si les différentes instances qui sont censés la réguler (hum) sont , comme elles l’ont montré jusqu’ici, TOTALEMENT inefficaces; changeons- les.
    Idem pour les Etats, pathétiques dans leur impuissance (?).

    Un système, quel que soit son nom, qui n’a pas pour objectif, au coeur de son fonctionnement et de sa pensée, le bien être des Citoyens, leur respect et leur épanouissement n’a pas sa place dans nos vies, dans nos cités et dans le Monde que nous souhaitons.

    Une seule constante en ce monde : Changement.

  4. François Leclerc écrit les 4 possibilités : « Ou bien accepter un financement partiel des déficits publics grâce à une politique de création monétaire, ou bien aussi prendre le risque que les Etats les plus faibles fassent défaut, ou bien encore mutualiser les risques, ou bien enfin, faute d’un relai de financement, s’engager dans la rigueur et prendre le risque de fortes confrontations sociales. »

    Un point très important est le coût de la 3ème possibilité : « mutualiser les risques ».

    Ce coût est devenu aujourd’hui gigantesque, inimaginable, exorbitant.

    Paul Mortimer-Lee, économiste chez BNP Paribas, a calculé combien coûterait le sauvetage de la Grèce : sauver la Grèce nécessiterait de lui prêter 50 milliards d’euros.

    Je dis bien : il faudrait prêter à la Grèce 50 milliards d’euros.

    Lisez cet article :

    D’après les rumeurs de marché, un éventuel plan de sauvetage pour la seule Grèce coûterait 20 milliards d’euros. Insuffisant, d’après l’économiste de BNP Paribas : 20 milliards, c’est le montant des sommes allouées à la Hongrie et à la Roumanie, soit aux alentours de 20 % du produit intérieur brut de ces pays.
    Appliqué à la Grèce, le même ratio équivaut à 50 milliards d’euros, à 35 milliards d’euros pour l’Irlande, et à 30 milliards d’euros pour le Portugal.
    Le sauvetage le plus cher concernerait l’Espagne, avec une enveloppe de 200 milliards d’euros.
    Car, «pour mettre en place un plan qui ait une chance raisonnable de réussir, il faut venir en aide à tous les pays en difficultés», avertit Paul Mortimer-Lee. L’enveloppe totale de 320 milliards d’euros représenterait au final 3,5 % du PIB de la zone euro, ou encore trois fois le déficit budgétaire allemand.

    Le Figaro

    1. Le défaut de notre fonctionnement, c’est qu’aucune des quatre voies ne sera choisie avant qu’une majorité d’électeur ne soit profondément convaincue de la necessité de le faire.

      La conscience de tout cela a beau progresser chaque jour, pas mal de monde croie encore que l’eau de la marée ne montera pas jusqu’à lui, que ce n’est pas la peine de déplacer sa serviette sur la plage.

      Pour faire un des quatre choix, à mon avis, n’importe quel gouvernement attendra d’être appuyé par des faits qui auront suffisament touché l’ensemble de l’opinion. La situation risque de moisir encore un peu plus.

  5. La question est alors de savoir qui va parler au nom du destin et comment celui-ci va savoir se faire entendre.

    Surement, la réalité économique Evidemment, plus la dette publique est élevée et plus les efforts d’ajustement (baisses de dépenses et ou des hausses d’impôts) sont importants et au final, la croissance s’en trouve affectée ce qui entre nous fait le lit de nouveaux actifs pourris.(voir ci-dessous) A partir d’un taux d’endettement de 90% du produit intérieur brut, il y a un impact négatif significatif aboutissant à une perte de croissance de l’ordre de 1 à 1,5 point par an ! Or il se trouve que la France est dans le mur. Ce qui doit nous rendre très humble sur les chances d’accélération de la croissance dans les années qui viennent. (Sic) En attendant, la réalité n’attend pas … à l’image des derniers chiffres de la Coface…

    Extrait Coface : Les 6 313 défaillances du mois de janvier 2010 sont en hausse de 23% par rapport au mois de décembre (5 133), le coût des défaillances pour les entreprises fournisseurs (somme des encours fournisseurs des entreprises qui ont fait défaut) connaît également une augmentation. En atteignant 526 millions d’euros pour le mois de janvier 2010, il double par rapport à décembre dernier (259 M€) et progresse de 18,5 % par rapport au mois de janvier 2009 (444 M€). En conséquence, le cumul sur 12 mois glissants repart à la hausse en ce début d’année pour s’approcher du seuil des 5 Mds€ (4 978 M€), qui n’a plus été franchi depuis novembre 2009. Il progresse de 8,4 % sur un an (4 592 M€ à fin janvier 2009) et de 1,7 % sur un mois (4 896 M€ à fin décembre 2009). Ce sont les micro-entreprises (entre 500K€ et 2M€ de chiffre d’affaires) qui ont le plus contribué à la hausse du coût des défaillances. Ces entreprises représentent pour le mois de janvier presque 24% des défaillances contre 21,5% il y a un an. L’accroissement de la part des micro-entreprises dans les défaillances en janvier est la principale raison de l’augmentation du nombre d’emplois menacés par les faillites d’entreprises. Avec 21 298 emplois menacés, le mois de janvier 2010 enregistre une hausse de 26,6 % par rapport au même mois de l’année dernière et de 27,1 % par rapport à décembre.

    PAR CHRISTIAN SAINT-ÉTIENNE : http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2010/02/20/01006-20100220ARTMAG00138–scenario-fiction-le-j-o-ur-o-l-euro-explosa-.php

    A mon avis ça sent la panique !!!

    1. La panique ?

      Une véritable peur panique oui, dans mon département, les prix dans les appels d’offres des projets de construction s’écroulent entre 20 et 50 %, une telle baisse des prix est intenable, le nombre de candidats en lots séparés ou en entreprise générale explose, la spirale à la baisse s’amplifie d’elle même, les carnets de commandes s’effondre, les projets privés et publics ne sont pas financés, on repart pour un tour dans une concurrence folle, c’est donc une débâcle sans précédents qui s’annonce. 2010 va être une année terrible qui va emporter bon nombre d’entreprises, même saines et anciennes, et ainsi grossir les rangs déjà bien fournis des candidats à la recherche d’un emploi et des ardoises qui ne seront pas réglées. A part ça on est en sortie de la crise ? C’est une plaisanterie ? La réalité c’est un recul des flots avant une vague gigantesque qui va emporter au moins 20 à 30 % des PME du bâtiments et à vu de nez dans les 400 à 500 milles emplois du secteur dans les 12 à 18 mois qui viennent.

  6. Le Spiegel vient d’annoncer qu’un plan de sauvetage financier de la Grèce aurait été mis au point. Les pays de la zone euro, au prorata de leur participation au capital de la BCE, prêteraient ou garantiraient une somme globale de 20 à 25 milliards d’euros. Ni confirmation formelle, ni démenti n’ont été enregistrés.

  7. Il y a de quoi être inquiets:
    Le grand corps de l’économie monde a vieilli brutalement.
    Son métabolisme stabilisé résultait d’un équilibre croissance crédit dette.
    La crise a accéléré une grave défaillance hormonale, une fuite du système de diurèse.
    L’état chronique est dépassé maintenant nous sommes en phase aigüe et le corps renonce de toutes parts.
    Les divers traitements appliqués ont tous eu des conséquences fâcheuses et toute médication locale entraine des conséquences catastrophiques sur des organes sains.
    Combien de temps ce grand corps malade tiendra-t-il dans l’unité de soins palliatifs?
    Il est trop tard pour la réa…çà traine, le malade ne souffre plus et la famille va bientôt demander son euthanasie.
    Qu’on en finisse , qu’on l’enterre et qu’on aille baptiser un nouveau machin, pour voir.

    1. ceux qui ne souhaitent pas voir l’héritage dispersé sont capables de trafiquer le tracé de l’ECG et de l’EEG
      Au vu sur écran du monitoring, la Mort est imprononçable.

      Impensable même.

      Alors, encore un petit coup de potassium, et un petit shoot d’adrénaline, cela fait tressauter la ligne de base
      et ça mime des ondes P, QRS et T, Tau comme thanatos?

  8. @ une synthèse intéressante
    .. et qui permet de prendre du recul.
    Je crois que la manière dont la crise a été gérée dans cette affaire est tout à fait logique. Il fine les autorités ont toutes réagi dans cette crise en appliquant les enseignements de la crise de 29 ( dits keynésiens)
    Et la synthèse de FL traduit simplement l’épuisement de ces enseiignements.
    Ce qui donne des raisons d’espérer car si l’avenir économique semble bouché, l’avenir intellectuel et pour la même raison va se débloquer : car il faudra bien réagir un jour ou l’autre et cette fois inventer
    J’observe quant à moi l’opportunité que donne le statut hybride de l’Europe. Aujourd’hui chacun sent qu’il n’y a pâs de solution en dehors d’une intégratiion plus forte de l’EUROPE
    Sur quel modèle politique et institutionnel ? le jeu est enfin ouvert, une pensée autonome n’est plus inéluctablement vouée à l’échec comme cela a été le cas pendant 40 ans
    Comparé à cela le prix à payer est finalement assez faible
    amicalement

    1. « Aujourd’hui chacun sent qu’il n’y a pâs de solution en dehors d’une intégratiion plus forte de l’EUROPE ».
      Non pas d’accord , pas forcément.

  9. Concernant l’information de Der Spiegel : la zone euro pourrait prêter 25 milliards d’euros à la Grèce. Cette information de Der Spiegel a aussitôt été démentie par le ministère des Finances allemand.

    Germany doesn’t have plan to aid Greece, Finance Ministry says.
    Germany’s Finance Ministry said it has no specific plans for helping Greece combat its deficit crisis, denying a magazine report that euro-area governments may offer as much as 25 billion euros ($ 34 billion) in aid.

    Businessweek.com

    1. Le Spiegel bénéficie de beaucoup de fuites ces temps-ci, qui convergent pour justifier l’idée qu’il ne faut pas aider la Grèce. Car dévoiler prématurément un projet dans lequel l’Allemagne serait partie prenante est une manière de couler.

      Voilà l’extrait significatif de la dépêche de Bloomberg, avec citation entre guillemets des termes employés par le porte-parole du ministre des finances:

      It’s “incorrect” that Germany is considering a “concrete” plan for countries sharing the euro to pump billions in financial aid to Greece, ministry spokesman Martin Kreienbaum said in an e-mailed statement. “The Finance Ministry has taken no decisions in this regard,” the statement said.

      Selon le porte-parole, il est « incorrect » de dire que l’Allemagne considère un plan « concret » et « aucune décision n’a été prise à cet égard ». On a connu des démentis plus catégoriques et définitifs  !

  10. « Les institutions financières qui sont supposées constituer la clé de voûte du système – lui-même censé se réguler au mieux – ne remplissent plus leur fonction suprême face à la furie financière. »

    Les États non plus. Et rien qui au sein de ces États légitiment leur statut de ‘démocraties’ ie partis politiques, syndicats et autres machins et colifichets

    Les ‘fédérations’ ou alliances d’États non plus.
    Les Trucs transnationaux, résultat d’accouchements au forceps de la deuxième guerre européenne mondialisée du siècle dernier, non plus.

    Quelques entités, fascinées par ce jeu de puissance virtuelle financière, comme la Chine ex-pop essaient de tirer une épingle de ce mikado.

    Aucun discours structurant, hormis ceux des peuples détruits par le gonflement démesuré de la grenouille Us, qui réclament de ne pas se faire délocaliser sous les bombes pas virtuelles celles-là et qui migrent par millions dans des contrées qui sonnent pour nous comme une musique lointaine qui peine à se faire entendre. Falloujah mon amour. Marjah qui ne plia pas même sous la férule alexandrine.

  11. Seule une inflation généralisée résorbera douloureusement autant que longuement les bulles de dette créées par la surconsommation mondiale. La chute de niveau de vie sera sensible, surtout dans les pays les plus endettés. Cela c’est déjà produit souvent dans l’histoire. Ce qui est historiquement neuf c’est la convergence de plusieurs crises globales.

    Ceux qui pensent encore rembourser des dettes pharamineuses tout en restructurant l’économie pour des gains de productivité miraculeux alors que la consommation baisse et que la déplétion limite les ressources sont des zozonomistes. Projeter les courbes du passé dans un monde qui ne lui ressemble plus du tout est pure vanité politique: cet aveuglement accroit un désarroi de plus en plus dangereux.

    Il n’y a pas d’équivalent d’une « nouvelle révolution technologique » en vue, les quelques prémisses sont à une autre échelle de temps.

    Il faut penser la déflation et l’organiser mais c’est interdit d’imagination. La situation est bloquée, le déni règne au bénéfice des derniers profiteurs.

  12. Une image me vient car votre dessin est fort clair : une machinerie, celle … des « Temps Modernes », où les roues diverses tournent pour produire on ne sait quoi et avalent d’abord des plaques où l’on y visse des écrous puis l’Homme lui-même, devenu complètement fou.

    Merci de votre précision d’horloger dans le démontage des mécanismes. Mais pour que les temps modernes coulent encore, il est nécessaire de remonter l’Horloge. Et à défaut de posséder les plans de l’Architecte, il faudra bien un créer un. Minuit, c’est le destin qui sonne, à tâtons, dans l’obscurité des rouages …

  13. @ TOUS,

    puis-je vous recommander, VIVEMENT, d’aller relire le commentaire de Jack :

    TRES éclairant sur la situation que nous connaissons.

    Et les commentaires qui suivent sont vraiment supers aussi !

    Jack le 17-02 à 16h27, ans le billet de Monsieur Leclerc « La grande crise : quand le brouillard se dissipe ».

  14. Je reviens à la 3ème possibilité évoquée par François Leclerc :

    « ou bien encore mutualiser les risques ».

    Cette 3ème possibilité pourrait donner ceci : la Grèce est proche du défaut de paiement, donc les 15 autres pays de la zone euro viennent tous à son secours en lui prêtant 50 milliards d’euros.

    Je reprends les calculs de Paul Mortimer-Lee, économiste chez BNP Paribas : sauver la Grèce nécessiterait de lui prêter 50 milliards d’euros.

    Concrètement, qu’est-ce que cela donnerait ?

    1- Première possibilité. Les 15 pays de la zone euro prêteraient 50 milliards d’euros à la Grèce, avec un taux d’intérêt égal à ce que la Grèce paie lorsqu’elle emprunte sur les marchés. A quelque chose près, les 15 pays de la zone euro lui prêteraient donc 50 milliards d’euros à 6,2 %.

    Conclusion : cela ne ferait que rajouter de la dette à la dette. La Grèce aurait encore plus d’argent à rembourser.

    2- Seconde possibilité. Les 15 pays de la zone euro prêteraient 50 milliards d’euros à la Grèce, avec un taux d’intérêt égal à ce que l’Allemagne paie lorsqu’elle emprunte sur les marchés. A quelque chose près, les 15 pays de la zone euro prêteraient donc 50 milliards d’euros à la Grèce à 3 %.

    Conclusion : cette seconde possibilité serait une excellente opération pour la Grèce … mais ce serait une opération désastreuse pour le Portugal, l’Irlande, l’Italie et l’Espagne.

    En effet, le Portugal, l’Irlande, l’Italie et l’Espagne prêterait des milliards d’euros à la Grèce avec un taux d’intérêt de seulement 3 %, alors que ces quatre pays sont obligés d’emprunter eux-mêmes à un taux d’intérêt bien plus élevé !

    Ces quatre pays prêteraient des milliards d’euros à 3 %, et ils continueraient à emprunter sur les marchés à des taux d’intérêt bien supérieurs !

    Donc ces deux possibilités sont toutes les deux des fausses bonnes idées.

    Prêter des milliards d’euros à la Grèce est une fausse bonne idée.

    Je termine en rappelant ce qu’a toujours dit le Premier Ministre grec : la Grèce ne demande aucune aide aux autres pays de la zone euro, car la Grèce est capable de s’en sortir seule.

    Le Premier Ministre grec l’a encore répété aujourd’hui :

    « Interrogé par le magazine allemand Der Spiegel, le Premier ministre grec George Papandréou a rappelé à l’Allemagne qu’il ne demandait aucune aide, tout en critiquant l’attitude de la Commission européenne concernant le pacte de stabilité. »

    Boursorama

    1. Selon le Bafin, l’autorité de tutelle du secteur financier, la Grèce pourrait « être à l’origine d’une dislocation » du système financier allemand.

      « Des problèmes graves de turbulences dans les marchés pourraient être provoqués par des spéculations et des problèmes financiers touchant l’ensemble des PIIGS ».

      Voici, selon le Bafin, l’exposition en Grèce des banques allemandes (valeur des titres obligataires des banques grecques détenus) : Hypo Real Estate (HRE), (9,1 milliards d’euros), Commerzbank (4,6 milliards d’euros), LBBW (2,7 milliards d’euros) et Bayern LB (1,5 milliard d’euros).

  15. Vous mettez bien en lumière dans ce billet l’impasse ou les cercles vicieux dans lesquels nous sommes piégés.
    C’est peu de dire en effet que nos « fondamentaux » prennent l’eau de partout; pour n’en citer que quelques uns:
    – la croissance: évaporée, oubliez la et bienvenu dans le monde fini de la terre ronde
    – le travail: en voie de disparition, productivité oblige; bientôt « gagner moins que rien, mais sans travailler »!
    – l’énergie surabondante: on vient juste de passer le Pic Oil sans publicité tapageuse
    La folie financière qui continue à créer ces bulles qui explosent les unes après les autres me semble le symptôme révélant des soubresauts profonds de nos sociétés qui vont devoir renoncer au mythe de l’éternelle expansion, de la course en avant et de la concurrence (forcément libre et non faussée) qui l’accompagne.
    A quel esprit simple mais de plus en plus éduqué et informé fera t ‘on encore croire que tout ce qu’il nous est nécessaire de produire pour (bien) vivre sur cette terre nécessite le travail continu (et l’asservissement ) des milliards d’individus qui la peuplent?
    Le riche a besoin du regard du pauvre pour se sentir riche. Et si nous cessions de convoiter le bien d’autrui?

    1. Dans un monde où le potentiel de production et la productivité sont tels, le Travail et la Finance ne représentent en fait qu’une supercherie qui s’effrite à vue d’oeil.

  16.  » Aujourd’hui chacun sent qu’il n’y a pâs de solution en dehors
    d’une intégratiion plus forte de l’EUROPE ».
    De l’ humour ?
    La doctrine libérale a failli ? pas grave, il suffit de nous faire avaler
    encore plus de libéralisme !

    Le mot ‘intégration’ est dangereux dans ce contexte.
    Les brit ne veulent pas plus d’intégration et moi non plus;
    mon voisin sans doute pas.
    La question est de savoir ce que intégration veut dire.
    L ‘Europe n’est qu’une juxtaposition d’ égoismes, rassemblés
    dans un marché inégalitaire et faussé.
    Laissons tomber le mythique marché; il n’existe pas.
    De toutes les promesses pré-électorales, l’ Europe n’en a tenu
    aucune. Elles étaient à forte teneur économique comme pour
    ne s’ adresser qu’ au porte-monaie. J ‘ai l’impression
    que l’opinion publique ne veut plus de cette démagogie.
    L ‘Europe doit être sociale, penser social et faire rêver social.
    ( et le social actuellement, c’est exclusivement l’ obssession
    du chômage).
    Plus d’ intégration façon acuelle, ancrée dans le passé,
    c’ est plus d’une concurrence absurde entre pays,
    c’est plus de chômage.
    Quand l’ Europe va-t-elle s’ orienter vers la construction,
    sans cesse plus étroite, d’une économie sociale ?
    Il y a beaucoup d’ oripeaux, démolis à l’ épreuve de cette
    crise, à mettre joyeusement aux buchers des espérances
    sans fondements.
    [ social peit être remplacé par humain, à taille humaine]

  17. Mais pourquoi ne parle-t-on jamais de qui est à l’autre bout de ces dettes? Qui sont les créditeurs? Comment en sont-ils venus à avoir ces masses énormes d’argent? C’est cela qui est important.

    Merci à Paul d’enfin aborder la question dans ses bouquins mais il faudrait insister là-dessus un peu plus sur ce blog. Et c’est juste une invitation, pas une sommation. 🙂

  18. « La question est alors de savoir qui va parler au nom du destin et comment celui-ci va savoir se faire entendre, ou mieux encore s’il va être prié de rester à sa place. »

    Brillante synthèse toute dialectique, et excellentissime conclusion qui ouvre une perspective !

    Vous avez raison, la question n’est pas seulement quand, mais aussi qui ?
    La politique, l’économie ce sont des forces immenses avec leur force d’inertie et leur logique propre, mais ces forces ne sont pas invincibles, pour peu que l’on sache toucher ses points névralgiques.

    Il faudra une action inaugurale émanant d’une forte personnalité politique et avec les mots pour le dire, et la vision sans laquelle rien de décisif ne peut être entrepris. Cette action ne sera peut-être pas déterminante à court terme mais suffisamment en rupture de ce qui se fait et se dit officiellement depuis le début de cette crise pour cristalliser un nouveau climat idéologique de façon à ce que tout au moins une partie de l’élite et plus encore le peuple puisse se dire : « voici une alternative ».

    La personnalité courageuse et indépendante qui prendra le risque du geste devra prendre le peuple à témoin, car bien entendu, dans le camp des décideurs il y aura des réfractaires, des timorés, voire des adversaires farouches.

    Il devra avoir une force de conviction suffisante pour enclencher une dynamique.

    Si j’étais pessimiste je dirais que cet homme ou cette femme n’est pas encore née, ou pas encore arrivée à maturité. Mais comme je suis optimiste par nécessité je pense qu’il n’y a aucune raison de penser qu’un de Gaulle ou un Churchill n’attendent pas quelque part leur heure. Peut-être même ne savent-ils pas encore eux-mêmes qu’ils seront les initiateurs de quelque chose de nouveau. Bref, il faudra une personnalité qui a une intelligence suffisante des évènements pour peser sur le cours de l’histoire, pour forcer le destin. C’est vite dit, bien sûr, mais le contraire tout aussi bien. Et n’oublions pas que le qui n’est rien sans le quand.
    Un qui émerge quand certaines conditions sont réunies. De Gaulle n’aurait pas été de Gaulle sans la défaite de l’armée française en 1940. QU’on ne se méprenne pas, je ne dis pas qu’il faut attendre un sauveur ou une sauveuse providentielle. Bien au contraire, puisque les personnalités qui auront les actions décisives seront ceux qui auront le mieux compris leur époque, pour dépasser les limites qu’elle se donne à elle-même.

    1. Mais Pierre-Yves, cette personne existe: c’est Strauss-Kahn. Son problème est celui de l’ambition sporadique (c’est à dire une forme de dilettantisme), qui lui a déjà nui dans le passé. Autrement, je suis convaincu qu’il se rend parfaitement compte de l’impasse dans laquelle les Etats se sont fourrés, à la suite des banques. De plus, il est crédible, et pas seulement en France. Je doute cependant qu’il se hisse au niveau de général d’empire, condition sine qua non de l’émergence de toute personnalité continentale nouvelle.

  19. Et je viens d’apprendre ceci sur leap2020 (c’est une référence à un article de journal): « Head Of Greek Debt Office Replaced By Former Goldman Investment Banker ».

  20. Actifs financiers …

    Dans nos sociétés modernes, il y a deux comportements distincts visibles :

    – le consommateur (passif, il cherche à augmenter son pouvoir d’achat)
    – le producteur (actif, il cherche à vendre en augmentant son bénéfice)

    Le consommateur n’étant plus producteur, il a besoin d’argent pour continuer à consommer.

    Le producteur ne pouvant pas consommer (pour rester compétitif), a besoin de produire.

    Tout cela ne pourra fonctionner sauf si le troisième personnage arrive:

    L’acteur financier. Celui-ci va prêter de l’argent au consommateur (moyennant intérêt), et il va récupérer cet argent auprès du producteur qui placera lorsque l’achat aura été réalisé.

    Comme le consommateur doit verser un intérêt au financier, il devra tout faire (*) pour augmenter son pouvoir d’achat (son argent disponible)

    Comme le producteur veut être compétitif, il devra sacrifier son rôle social, pour améliorer sa productivité.

    Le financier lui, n’aura qu’a fabriquer de l’argent pour préserver sa marge d’intérêt.

    C’est simple l’économie non ?

  21. Dans les années 1930s à défaut d’avoir obliger les états à aider les banques, on avait fini par « s’en sortir » en relançant l’emploi puis « grâce » à la guerre. Maintenant on a bien soutenu les banques mais pas l’emploi et donc la création de richesses nouvelles. Donc on scie allègrement le bout de branche qu’il nous restait. On nous explique à tort et à travers que sans les plus riches pour nous prêter de l’argent rien n’est possible et à contrario que ce que l’on est payé est fonction du mérite au travail là où la seule chose que l’on paye est le prêt d’argent par ceux qui en ont déjà. Le mérite devient de l’idiotie à la fin ou certains payent de leur derniers biens tels les agriculteurs le « droit » de travailler jusqu’à n’avoir plus le droit que de s’endetter et de finir par être corvéable à vie. Quand la plupart d’entre nous sommes prêts à travailler dans les pires conditions et même parfois à payer pour ce droit les riches ne peuvent que rigoler et dormir en le devenant encore plus. Le comble s’est qu’en entretenant des sortes de loteries qui permettent à un gagnant non méritant de toute évidence de s’enrichir une multitude d’autres votent pour maintenir ce système où ils auraient une chance aussi infime soit-elle d’eux aussi d’être riche « en dormant ». Chacun ne se rendant même pas compte que le fossé entre ce gagnant, ce footballeur, ou le patron d’une entreprise du CAC40 (1000x le smig) n’est qu’un pauvre face au vrais riches (qui n’ont même pas de responsabilité sociale) mais donc la richesse est d’un ordre de 100 fois plus ! On désignera le « pauvre » trader ou patron qui finalement n’est qu’un pauvre chez les riches à la vindicte populaire qui n’est même plus capable de faire la différence entre le 1 désigné et le 1000 pourtant à peine caché. L’écran de fumée produit par les plus riches nous est asséné par les médias et personne n’y prête attention et personne ne semble rien voir. Depuis deux ans ont nous désigne des boucs émissaires sans qu’aucun riche réel n’ai même été cité par ces médias. Par ailleurs personne depuis 30 ans n’a réellement défendu le « Droit au travail » mais a bien fait des « compromis » ou plutôt des compromissions en acceptant de payer en reversant une part de plus en plus grande de ce qu’il produisait ou même de ce qu’il possédait auparavant pour avoir le droit de travailler ce qui fait qu’aujourd’hui tout le monde est prêt à s’endetter pour cette soi disant intégration sociale en « croyant » que le travail est une quantité limitée et en « croyant » que seuls certains on le droit de vous y autoriser et que ceux là vous font un honneur même là ou de fait vous l’acheter ! Le travail crée de la richesse et son droit ne s’achètent pas si ce n’est pour les « croyants » d’une société consuméristes qui ont confondu l’achat avec la vente en ne voyant plus que la valeur de l’échange quelque soit son sens même s’il est à l’inverse du sens commun et à leur détriment. On peut tout à fait dire aujourd’hui que la plupart payent pour travailler alors on peut se demander si ils ne sont pas malades et masochistes et les riches finalement les seuls psychologiquement sains ?

  22. Les choses évoluent: Les comiques sont ceux qui disent la simple vérité. Hier soir, chez Ardisson, en face d’un Eric Woerth laminé, « Blaco » a fait très fort, avec sa remarque du fait qu’un élément de choix était toujours passé sous silence: Prendre l’argent là où il est.

    Sur la question de « la fermeture des paradis fiscaux », l’homme en noir a joué à l’interviewer américain (ne jamais laisser l’interlocuteur créer une diversion).

    Puis, un agriculteur a posé le problème qui tue: Le privilège donné à l’intelligence supposée, sur la créativité de travail, supposée démunie de cerveau.

    Si ça continue comme ça, on va finir par parler de la réalité, de la dominance sociale, elle-même sous-tendue par l’idéologie du mérite. Peut-être, après dix années de « crise », si Obama ne parvient pas à déclencher une troisième grande guerre mondiale, en viendra-t-on à créer un parti d’éthologie politique. Peut-être même en viendra-t-on à comprendre le concept « aire d’application » et à l’opposer à la mondialisation, qui sait ?

    Paul déplorait, au sujet de Fernandel, que la simple vérité fasse rire. Hier, je n’ai pas eu l’impression que notre ministre des finances ait passé un bon moment, et encore moins l’impression que les téléspectateurs aient pu s’abstenir du tri entre propagande et réalité. « Plus c’est gros, mieux ça passe », disent-il… Pas si sûr…

    1. Ne vous inquiétez pas on ne paye pas non plus les cerveaux, ingénieurs ou chercheurs, on ne payent que ceux qui sont déjà riches ou fils de riches qui sont les seuls qui puissent payer les écoles de leur petits sans que ceux ci ne soient obliger de travailler et donc les seuls de fait à pouvoir les faire.

  23. Je vois qu’il y a une convergence des idées autour d’une réforme du système.
    N’étant pas un expert en finances mais intéressé par le crise actuelle, je vais sûrement vous paraître candide et naif.

    Je vais également apporté plus de questions que de réponses.
    Y’a-t-il une possibilité de trouver un accord mondial?
    Je pense que les pays en voie de développement qui commencent à toucher du doigt aux vices du capitalisme auront du mal à faire des concession. Comme pour l’environnement, ces Etats souhaitent pour en « profiter » et qu’on leurs laissent la chance de « s’amuser ». Vivant en Chine, j’assiste quotidiennement à cette consommation compulsive que font preuvent les autochtones.

    Si (par miracle), les Etats se mettaient d’accord pour de grandes réformes et pour un changement radical.
    Combien de temps faudrait-il pour accoucher d’un système sain et équilibré?

    Que se passerait-il si le monde se divisait en 2 avec d’un côté les pays occidentaux voulant changer et les pays en voie de développement refusant le changement?

    Ces derniers ne ressentent pas la crise ou ils la vivent différemment (en se focalisant sur le marché en temps de « crise mondial »). Ils ont encore les ressources pour trouver leurs comptes dans ce cycle.

    Serait-il possible que la Chine deviennent une sorte d’énorme banque mondial qui financerait les Etats en difficultés?
    Désolé de faire ce constat BAB64 mais des pays sentent encore ce désire de course en avant, d’expansion éternelle.

    Peut-être que nous serons à l’avenir ceux qui regarderont les pays en voie de développement (à l’heure actuelle: Chine, Inde Brésil) afin qu’ils se sentent riches à leur tour….

    1. L’élan des BRIC ne va pas s’émousser rapidement, c’est sûr; j’espère simplement que nous ne les feront pas se sentir riches: cela voudrait dire que nous n’avons rien compris, rien appris (en continuant à envier leur opulence nouvelle).

  24. « Interrogé par le magazine allemand Der Spiegel, le Premier ministre grec George Papandréou a rappelé à l’Allemagne qu’il ne demandait aucune aide, tout en critiquant l’attitude de la Commission européenne concernant le pacte de stabilité. »

    Boursorama

    Ce rappel du Premier ministre grec devrait remettre les pendules à l’heure.

    Le Premier ministre grec ne demande aucune aide : il reste persuadé que la Grèce va s’en sortir seule.

    Bon.

    A partir de là, deux questions peuvent être posées :

    1- Première question : pourquoi les médias continuent-ils de nous répéter : « Les 15 pays de la zone euro vont prêter 25 milliards d’euros à la Grèce. Les 15 pays de la zone euro vont prêter 25 milliards d’euros à la Grèce. Les 15 pays de la zone euro vont prêter 25 milliards d’euros à la Grèce. » ?

    2- Seconde question : pourquoi les dirigeants politiques européens continuent-ils de nous répéter : « Nous allons prêter des milliards d’euros à la Grèce. Nous allons prêter des milliards d’euros à la Grèce. Nous allons prêter des milliards d’euros à la Grèce. » ?

    Mon interprétation est la suivante :

    les dirigeants politiques européens bluffent.

    Les dirigeants politiques européens mentent.

    Les dirigeants politiques européens savent qu’il faudrait 50 milliards d’euros pour sauver la Grèce, 35 milliards pour sauver l’Irlande, 30 milliards pour sauver le Portugal, 200 milliards pour sauver l’Espagne, etc.

    J’ai bien écrit : il faudrait 200 milliards d’euros pour sauver l’Espagne (voir lien ci-dessus : calculs de l’économiste Paul Mortimer-Lee).

    Conclusion : les dirigeants politiques européens savent que les marchés vont demander des primes de risque de plus en plus élevées pour prêter de l’argent à la Grèce. Les marchés vont demander un taux d’intérêt à 6,5 % à la Grèce, puis à 7 %, puis à 7,5 %, etc.

    Les dirigeants politiques européens savent que l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche, la Suède, etc, ne verseront pas un seul euro pour aider la Grèce.

    Les dirigeants politiques européens savent que tous les pays membres de la zone euro sont dans une situation économique, financière et sociale dramatique : même si ils le voulaient, ils ne POURRAIENT pas aider la Grèce.

    Donc les dirigeants politiques ne peuvent faire que mentir pour essayer de calmer les marchés : ils disent aux marchés :

    « Ne vous inquiétez pas. Nous allons aider la Grèce. Nous pouvons aider la Grèce. Nous n’allons pas tarder à aider la Grèce. Nous nous préparons à aider la Grèce. Nous pouvons le faire. Nous n’allons pas tarder à le faire. Nous nous préparons à le faire. »

    C’est un mensonge.

    C’est du bluff.

    C’est du poker menteur.

    1. Le prêteur a parié plus sur le risque de la Grèce fasse défaut que la Grèce ne pourrait lui verser d’intérêts pendant… De plus le prêteur est justement celui qui à la main sur la gâchette puisqu’en ne prêtant pas il y aura défaut. Le but du prêteur étant de gagner le plus comment voulez vous que cela se termine…

    2. Je ne peux pas vous contredire : il faut toujours gratter un peu pour comprendre ! Mais, souvent, je me gratte la tête deux fois !

      Les multiples raisons pour laquelle il est probable – mais pas certain – qu’il sera finalement (discrètement) décidé au sein de la zone euro et mis en pratique (au moment opportun) d’aider financièrement le gouvernement grec sont sur la table :

      1/ Très fragilisé en dépit de certaines apparences, le système financier européen, notamment les banques allemandes, doit être protégé du risque de défaut grec : dette obligataire et autres engagements de tous ordres, y compris capitalistique. Les systèmes bancaires nationaux sont totalement imbriqués les uns des les autres, sans considération de frontières.

      2/ les Etats craignent quant à eux une hausse des taux obligataires, certains pays déjà identifiés étant alors automatiquement en ligne de mire. Il faut observer la maturité moyenne de la dette souveraine des Etats pour analyser leur sensibilité à une hausse des taux !

      Certes, les gouvernements préféreraient ne pas mettre la main à la poche. Mais ils devront toutefois s’y résoudre si le calme ne revient pas sur les marchés. Rien n’est réglé de ce point de vue : prochain rendez-vous, le 16 mars prochain, à l’occasion du premier examen de passage du gouvernement grec, si rien n’intervient avant.

      Il est probable, comme d’ailleurs le projet de plan dévoilé dans ses grandes lignes par le Spiegel le précise, que l’effort sera alors partagé le plus possible (afin de le rendre financièrement et politiquement le plus acceptable), l’aide apportée étant le plus possible sous forme de garanties apportées au gouvernement grec, afin qu’il aille sur les marchés financiers dans les meilleures conditions possibles.

      Le risque d’une extension européenne de la crise de la dette est tel – faisant atteindre des sommets au plan de sauvetage financier qui serait alors nécessaire, comme vous le soulignez – que les pays de la zone euro n’ont pas d’autre alternative que de calmer le jeu autrement qu’avec de bonnes paroles, si les choses se gâtent.

      (Détail : la Suède n’est pas membre de la zone euro)

    3. Détail ? La Suède, hors euro, a les mêmes problèmes que l’eurozone avec les pays Baltes, et relativement pire.

      In the last decade, Sweden’s banks plowed billions of kronor into their tiny but booming neighbors across the Baltic Sea. Now severe recessions are turning the Baltic states into the Swedish equivalent of what subprime mortgages were to American banks.
      http://www.nytimes.com/2009/03/13/business/worldbusiness/13krona.html

      Le défi est la convergence des spéculations … en un rallye des banksters du monde.

      Rappelons nous Soros se faisant une fortune sur la seule Livre anglaise. Ces spéculateurs ont grandis en taille, nombre et organisation. Ils sont en réseaux maintenant et manifestement avec la collaboration active du Financial Times: expert en création et propagation de rumeurs et autres coups juteux.

    4. Papandréou a raison sur un point:
      Si la corruption et la fraude fiscale n’étaient pas à ce point criantes en Grèce, les recettes du gouvernement grec seraient sans doute suffisants pour réduire leur déficit. Mais il se heurte sans doute aussi à des traditions longues qui s’opposent à ce genre de prise de conscience. l’incivisme n’est pas une spécialité grècque, et j’ai tendance à penser plus fondamentalement, que le SMD est un instrument pervers qui gratifie l’incivisme et le fraude.

    5. @ Lambert Francis

      Loin de moi l’idée de penser que la Suède est un détail ! Je répondais à BA et lui faisais remarquer, en post scriptum, que la Suède n’était pas dans la zone euro comme il le suggérait…

    6. @François Leclerc

      Effectivement, les autres pays de la zone euro n’ont pas d’autre choix que celui d’aider la Grèce. A par l’Allemagne, quels sont les autres pays qui pourraient mettre la main à la pâte, selon vous ?

      J’imagine qu’on ne va pas demander à ceux qui sont déjà trop endettés et qui sont à l’aube de subir le même régime que la Grèce !

  25. « et que les financiers-qui doivent renforcer les fonds propres de leurs établissements »
    En gonflant artificiellement les actifs grace au « mark to fantasy » aux USA
    En placant des dettes (obligations par ex) comme actifs dans les fonds propres à la SG
    « les institutions financières qui sont la clef de voute du système »
    Les calendes grecques sont deja la.Il n’y aura plus de voute,ni de système.

    Merci Francois pour ce début de troisième testament qui n’a pas encore découvert son prophète.

  26. Je suis un béotien en économie, c’est donc un message de « candide » que je poste.

    Si je crois comprendre, les spéculateurs sont à l’affut de proies nouvelles pour se remplir les poches (et maintenant, en utilisant NOTRE argent que les états leurs prêtent pour quasi rien).
    Une fois que la proie est dépecée, qu’il ne reste plus de gras, ils lancent une nouvelle rumeur pour en créer une autre.
    Ca a été le pétrole, il n’y a pas de pénurie, on le voit maintenant
    puis le blé-le riz (pas grave si des populations du tiers monde ont souffert de la faim à cause de ça), il n’y avait pas de pénurie de blé non plus, les cours se sont d’ailleurs effondrés depuis.
    les subprimes,
    et maintenant l’euro.
    Mon questionnement de Candide, c’est pourquoi l’euro alors que les USA ne semblent pas en bien meilleure position que la Grèce ou le Portugal !
    Les spéculateurs vont-ils se tourner vers le dollar maintenant que tout le monde doit vouloir se débarasser de ses euros?
    Et si l’euro et le dollar chutent, ça ne provoquerait pas une réévaluaton automatique de la monnaie chinoise, ce que les chinois refusent de faire ?????
    J’ai dû énoncer plein d’aneries, éclairez ma lanterne svp
    merci

  27. @ Paul * 21 février 2010 à 06:10
    Très bien vu. Il faudrait poursuivre en disant combien il est dommage que le financier ne soit pas l’Etat. Pour que cela soit acceptable par tous les peuples, il faudrait que ce soit l’ « Etat Monde ». Rien, dans ce que nous observons, ne s’oppose à ce que cela ne soit pas le cas à terme.
    Dans cette hypothèse, nous irions vers un inévitable alignement des niveaux de vie sur la planète entière. Ce serait très douloureux pour les pays développés, mais moralement et au regard de ce qu’ils ont puisés dans les richesses non renouvelables de notre terre à tous, ce ne serait pas totalement injuste. On peut entrevoir le jugement dernier.

  28. A François Leclerc,
    Oui, la crise s’auto-alimente et s’auto-alimentera encore pour de longues années si les banques centrales continuent à émettre des signes monétaires qui ne circulent pas.
    En dernier recours, et après avoir pris le plus possible, via des aller-retours spéculatifs, les plus fortunés refuseront de s’engager dans une relance dont ils sont les seuls à en avoir les moyens. Car, ces dettes que vous signalez impliquent bien que des fortunes financières sont d’un montant total identique à toutes les dettes qui se sont constituées. Et ces fortunes cherchent toujours le meilleur rendement, même si elles ne le trouvent pas. Ne le trouvant pas, elles exercent la pression ultime, c’est la véritable arme d’autodestruction massive dont le capitalisme est toujours porteur, à savoir le repli liquide (les thésaurisations) dans une logique de chantage et d’attente. Le capitalisme est un système intenable fonctionnant selon une logique fétichiste et perverse.
    Or, il n’est pas possible, comme vous le pointez, aux banques centrales de contrer cette mécanique efficacement actuellement.
    Le signe monétaire durable (SMD) des banques centrales est une émission de liquidités qui, à court et à moyen terme ne circulent pas et ne servent quasiment à plus rien. Vous le pointez, les banques centrales sont devenus incapables d’organiser une circulation monétaire convenable, et il est devenu dès lors impossible de « bouger les lignes ». Nous le voyons d’une façon spécialement flagrante au Japon, où, après chaque très brève relance, la déflation repointe son nez depuis déjà vingt ans bientôt. Cette même déflation est effectivement la conséquence de thésaurisations massives, les « inflations d’actifs » dans le secteur spéculatif ne sont guère que des « boucles d’attente » qui ne font que différer encore le retour des investissements dans les secteurs de l’économie dite « réelle ». Car les entreprises, les ménages et les états restent, en fait, largement ionsolvables car surendettés.
    La question se pose:
    Comment « contraindre » intelligemment que les liquidités reviennent dans l’économie sans aggraver la charge de sa dette? Cela sousentend, évidemment, que les prêteurs doivent être amenés à renoncer aux rendements élevés auxquels ils sont addicts. Et se contenter de taux proches de zéro. Ce qui ne me semble pas très grave pur un milliardaire, et cela impliquerait qu’il cesserait de s’enrichir toujours davantage grâce à la rente du capital (déjà 40% du PIB).
    Or, cela vire à la farce, car le remède, simple et immédiatement applicable, serait l’émission par les banques centrales d’un signe monétaire marqué par le temps (ou SMT), qui ne pourra plus, sans risque pour les investisseurs, se contenter de rester dans les boucles d’attente de la spéculation et qui devra, même à rendement faible ou nul, obligatoirement circuler et « redescendre » dans l’économie réelle, seule source de revenus nouveux possible grâce au travail productif réel.
    La façon de procéder, je l’ai rédigée souvent, et dernièrement, j’ai écrit un petit livre dont j’attends une réponse d’un éditeur pour publication. J’ai envoyé le texte à Paul, mais j’aimerais vous l’envoyer également.
    Vous remarquerez que je renonce au mot trompeur de « monnaie fondante », car il ne saurait s’agir de cela, car Silvio Gesell lui-même ne proposait aucunement une « fonte » de la masse, il proposait simplement la prise en compte de l’action du temps sur toute chose, y comris sur le signe monétaire. Mais son projet maintient parfaitement le pouvoir d’achat du signe monétaire à tout moment, car il indique que la « fonte » serait toujours compensée par la BC.
    Il me semble que l’urgence du moment peut parfaitement justifier que les banques centrales agissent par l’émission d’un SMT, car elles n’ont plus les moyens d’une politique monétaire efficace dès lors qu’elles émettent les SMD destinés à NE PAS CIRCULER.

    La solution par l’inflation généralisée, susceptible aussi de faire revenir l’argent vers la circulation dans l’économie, comporte pour les épargnants bien davantage de risques que le SMT. De plus, une fois déclenchée, elle va s’auto-alimenter vigoureusement, et les banques centrales auront du mal à la contenir, en raison de l’énorme quanité de liquidités présentes et revenir comme une avalanche dans léconomie, l’inflation s’auto-alimentant dès lors aussi par une vigoureuse accélération de la circulation monétaire et virant vers une hyperinflation qui balayerait tout sur son passage. Les coups de freinpar les banques centrales étouffraient cependant la reprise ou alors seraient insuffisants. Les détenteurs de fortunes montaires n’aimeraient pas l’inflation, c’est certain, les débiteurs davantage, mais une telle surchauffe en rapport avec un signe monétaire se dépréciant violemment par l’inflation deviendrait incontrôlable et ruinerait en premer lieu les petits épargnants et ceux qui reçoivent des revenus fixes.
    Alors qu’un SMT pourrait être émis sans aucun risque inflationniste dès lors que l’on prendrait soin de laisser dormir, autant que possible, les masses liquides dormantes émises en SMD.
    Alors, si mon texte vous branche, qui propose de vraies solutions, je vous l’enverrai par mail – si vous m’indiquez votre adresse.
    Bien cordialement, jf

    1. Votre solution est plaisante. Sauf pour les capitalistes, soit, ceux qui, justement, capitalisent.
      Elle ne sera donc jamais mise en place.

      Pour l’hyper-inflation, là, cela semble tomber sous le sens à cause aussi d’un esprit capitaliste.
      Ainsi, il se détruit lui-même.
      Entrainant tout le monde dans sa chute.

      Pour une fois qu’il pense aux autres…

    2. Je comprends le mécanisme que vous proposez d’adopter, dans la lignée de Silvio Gesell. Il est intellectuellement séduisant mais a pour moi le défaut d’inscrire dans l’ordre monétaire le remède à un problème qui à la base n’y appartient pas (pour faire vite !)

      Je vous envoie un mail par ailleurs, je lirai avec intérêt votre texte.

      C’est accessoire, mais vous avez par ailleurs raison de ne plus utiliser le terme « monnaie fondante », qui n’aide pas à la compréhension.

    3. à Yvan:
      Je ne partage pas totalement votre pessmisme. En fait, je ne cherche pas à « convaincre » les plus riches, très peu nombreux, mais j’espère que l’opinion des économistes et des politiques se réveille pour abandonner toute cette débilité universitaire qui fait desanalyses fausses et éloignées de la réalité, et cette attitude arrogante et ignorante est la meilleure caution des milliardaires.
      Si les opinions à l’université pouvaient évoluer (ce n’est pas fait, hélas), il y aurait une chance. Par ailleurs, il y a dans les banques centrales non seulement le « grand capital », mas de temps en tems aussi des techniciens qui ont un sincère souci de leur mission, à savoir obtenir une stabilité monétaire. Et cela n’est possible que si on adopte le SMT.
      Bien à vous, jf

  29. Un des plus grands fonds obligataire mondiaux, PIMCO qui déconseille l’Euroland estime à 80% les chances d’une dégradation de la note du Royaume-Uni qui devrait mettre un terme en mars à ses rachats d’actifs.

    En janvier : Déficit du budget britannique avec une chute des recettes fiscales couplée à des dépenses publiques en hausse.

    CIT USA, spécialisé dans le financement des PME s’était mise sous la protection de la loi le 01.11.09, dans l’incapacité de financer 1 Md de dollars d’obligations.

    CNBC a confirmé le 8 janvier l’achat par la FED en 2009 de 80% des T-Bonds.

    D’après le Sénat, les créances liées à l’immobilier commercial seraient de 1,4 trillion de dollars
    http://cop.senate.gov/reports/library/report-021110-cop.cfm

    Le 11.02.10, CNBC après avoir titré :
    ‘ Failed 30-Year Auction Closes Rough Week; Treasurys Fall ’
    a titré :
    ‘Long-Dated Treasurys Slide on Weak Auction, Greece Help ’

    Le Trésor ayant éprouvé les pires difficultés de placement de ses T-Bonds. http://www.cnbc.com/id/35348388

    Puis annonce par Ben Bernanke de la possibilité d’une remontée rapide du relèvement du taux d’escompte, annonce suivie jeudi dernier par son relèvement de 0,50% à 0,75%.

  30. Pour valider la thèse défendue par Francois Leclerc et comprendre le système de dominos, déjà vu
    lors de la phase Bear Stearn-Lehman Brothers-TARP en 2008, et rappeler qu’ici il s’agit ici
    d’Etats-nations ou de leur « restes »:

    Sovereign debt theories

  31. En tant qu’individu unique et précaire je ne comprends pas. Je ne comprends pas, en effet avec nos capacités techniques et le socle de connaissances accumulées :

    Pour quelles raisons n’arrive-t-on pas à faire de cette planète une oasis d’étonnement devant la simple réalité qui nous entoure ?

    Pour quelles raisons n’arrive-t-on pas à ce passer de cet écran de fumée qu’est l’argent ?

    Pour quelles raisons perdons nous notre énergie et nos vies dans ce système débile et absurde ?

    Toutes les solutions sont là sous la main, prêtes à l’emploi pour sortir définitivement de ce cauchemar multi-millénaire, mais non on reste tous enfoncés dans ce délire. Nous sommes tous fous selon mon opinion, fous et dangereux, de quoi diable avons-nous peur, qu’est-ce qui nous rend dingue ?

    La croissance économique telle que présentée tous les jours par les dirigeants est une chimère mortelle, la liberté individuelle vantée est une parodie macabre, nous sommes tous entrain de nous suicider à petit feu, c’est l’île de Pâques planétaire qui se déroule sous nos yeux, et les nouvelles idoles financières viennent se rajouter aux anciennes qui n’ont pas disparue. Et encore et toujours le même blabla infernale sur une usine à gaz stérile.

    Personne n’y comprend rien, et les débats sur l’inflation, le système financier et tout le tralala ne sont que des discours de sots pour les sots, de dingues pour les dingues, de fous pour les fous.

    Nous sommes capables de construire, de réaliser, une société mondiale qui au delà des différences culturelles sera en mesure d’assurer à tous partout et pour des générations un accès garantie à l’eau, à la nourriture, aux vêtements, au logement, à l’éducation, à la connaissance, à la communication, au transport et à l’énergie. Et cela en consommant moins et en pompant moins la nature. Et sans utiliser aucune monnaie mais simplement une société de droits et devoirs. Uniquement des droits et des devoirs entre les Hommes sans aucun artifice et artefact. Mes amis se meurent et se désespèrent, leurs enfants aussi.

    Bon dieu n’y aura-t-il donc personne pour tendre la main ? Tendre simplement la main et faire de cet acte l’élément fondateur d’une constitution planétaire. Allez c’était mon délire du dimanche on est tous des crétins, on en sortira jamais. L’enfer disait une petite histoire c’est une grande salle avec des hommes qui ont des baguettes très grandes et qui ne peuvent pas porter le riz qui est dans le bol devant eux à leur bouche, alors ils souffrent éternellement de faim. Le paradis c’est la même la salle, les mêmes baguettes mais les hommes se nourrissent l’un l’autre en portant à la bouche de leur voisin d’en face le riz qu’il puisent dans leur propre bol, ils sont éternellement rassasiés. Les mêmes données, deux états différents. Et puis zut !

    1. Et non ce n’est pas un délire, c’est le paradis perdu de l’enfance. On se prend au sérieux à un moment donné, par l’habitude que nous donne la société, notre environnement donc et par facilité. Oui par facilité : en refusant de regarder la réalité de la vie en face, en refusant de l’affronter, on préfère largement choisir le modèle « occupatoire », qui s’occupe de tout, de tous les détails de notre vie, qui répond pratiquement à nos questions existentielles, enfin qui répond comment l’on peut pratiquement s’occuper pour éviter de se retrouver seul avec ses questions existentielles.
      Alors non ce n’est pas un délire, ou alors des milliards de gens délirent…En Inde par exemple, beaucoup de gens ont un quotidien beaucoup plus spirituel que le nôtre…mais il faut qu’ils gèrent en même temps la place qu’occupe le pays « sur l’échiquier international » comme on dit dans les milieux qui s’autorisent plein de choses.

      C’est à vous de faire…hein ? bon d’accord…c’est à nous de faire bouger les choses !

      Facile non ? 🙂

  32. Il y a un truc qui me chiffonne.

    Si les Etats décident d’aider la Grèce, il leur faudra trouver l’argent pour çà.
    Donc l’emprunter quelque part !

    Même en étant très discrets, façon « oui, j’ai besoin de quelques milliards pour refaire la façade de l’Elysée » les financiers les verront venir de loin avec leurs gros sabots !

    Sachant que c’est pour repréter à la Grèce, les financiers ne vont pas leur faire de cadeau sur les taux!

    Non ? Me trompe-je ?

    1. L’argent ? Le voici Louise, lisez Jane : attention l’unité est le tera; (mille fois le Giga ou milliard)

      David Jane, head of equity investment at M&G – which controls more than £170bn on behalf of small investors – said it now costs just £1 a day to speculate in £1m worth of currency.

      Every day, global dealing in foreign exchange totals around $4tn, 90% of it purely speculative, and London traders dominate the market.

      M&G’s concern is the fall in what is known as the « cost of carry », which is allowing speculators to place currency bets worth billions of euros at historically low cost. « You can currently short the euro for almost no cost at all. It’s one of the unintended consequences of quantitative easing and action by central banks across the world to keep interest rates low, » said Jane.

      According to Euromoney, the top five traders in currencies in 2009 were Deutsche Bank, UBS, Barclays Capital, RBS and Citi.

      http://www.guardian.co.uk/business/2010/feb/19/currency-speculating-euro-investor-risk#history-link-box

  33. Louise écrit : « Si les Etats décident d’aider la Grèce, il leur faudra trouver l’argent pour çà.
    Donc l’emprunter quelque part ! »

    Tout le drame grec est résumé dans ce message de Louise.

    Si nous étions pendant la période des Trente Glorieuses, les 15 Etats membres de la zone euro pourraient emprunter 50 milliards d’euros sur les marchés, et ensuite les re-prêter à la Grèce.

    La monnaie unique, l’euro, est une monnaie qui ne peut vivre que pendant les périodes fastes, comme par exemple pendant les Trente Glorieuses.

    Mais aujourd’hui, en février 2010 ?

    Aujourd’hui, tous les Etats membres de la zone euro viennent d’entrer dans une crise économique, financière et sociale terrible.

    Aujourd’hui, la situation économique, financière et sociale des Etats européens est la pire crise depuis 1929.

    Autrement dit, deux problèmes semblent insolubles :

    1- Premier problème : plusieurs Etats membres de la zone euro ne veulent absolument pas aider la Grèce.

    2- Second problème : tous les Etats membres de la zone euro sont INCAPABLES de verser à la Grèce les 50 milliards d’euros qui pourraient la sauver, même si ils le voulaient.

    Où les 15 Etats membres de la zone euro vont-ils trouver les 50 milliards d’euros pour sauver la Grèce ?

    Où ?

    Ils vont les emprunter sur les marchés ? Mais ils sont déjà surendettés eux-mêmes.

    Alors ?

    Qui va payer ?

    Et avec quel argent ?

    1. C’est la question que je me pose aussi. A part l’Allemagne, quelles autres nations ont la capacité d’aider la Grèce à hauteur de 25 milliards ?

      Ce ne sont sans doute pas les autres pays dits « PIGS », ni la France avec son grand emprunt de 35 milliards d’Euros en route !

    2. Le projet de plan dévoilé dans le Spiegel, comme je l’ai déjà évoqué, prévoit:
      1/ Que le montant de 20 à 25 milliards d’euros serait partiellement couvert par des garanties.
      2/ Que l’effort serait réparti au prorata des participations au capital de la BCE

      .

    3. @ François Leclerc

      Merci pour ces informations précises.
      Si l’aide est au prorata de la participation au capital de la BCE, cela veut dire que l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne seront les plus gros contributeurs et comme ces derniers sont déjà endettés plus que de raison… Cela ne va pas arranger les choses pour la crédibilité de la solidité de la zone euro. Tout ceci devient inquiétant.

  34. Un intéressant article en provenance d’Allemagne:

    « Trade in the risk of Greek insolvency in the past five months has enabled fantastic earnings. That is made clear by the price-development for credit-default insurance on that financially-weak Euroland. On 16 October 2009 a Credit Default Swap (CDS), which investors use to insure themselves against insolvency from Athens, still cost 123 basis points (1.23 percentage points). This meant a yearly premium of 12,300 euros in order to insure a claim on 1 million euros. On 4 February the insured had to pay 42,820 euros for that, a fee three times as high. Greece’s risk-premium – in market jargon the CDS spread – is the fever-curve of the debt crisis.

    For the growth in the expense of the insurance against non-payment reflects the reduced creditworthiness of the country. Speculation in the CDS market began after 4 October 2009, as the Greek Socialists celebrated their election victory…London investment bankers name AIG as a further CDS-seller. That company had to be nationalized during the financial crisis due to its having written insolvency insurance on American mortgages. This debt-load would have led to the collapse of the world’s biggest insurer. Prior to the financial crisis AIG is said to have widely held State credit-risk. If yet-larger insurance positions on Greece exist, then the American government would have a strong interest in preventing that country’s insolvency. »

    CDS Just another evanescent bubble ?

    1. @ Louise : traduction rapide de l’extrait proposé par Lambert Francis ==>

      « David Jane, responsable du placement en actions chez M & G – qui contrôle plus de 170 milliards de £ au nom de petits investisseurs – a dit qu’il en coûte désormais seulement 1 £ par jour pour spéculer sur 1 million £ de devises.

      Chaque jour, le montant global échangé sur les marchés des changes (ndlr :Forex en anglais, contraction de Foreign Exchange) oscille autour de 4 Trillion de $, 90% étant de la spéculation pure, et les traders de Londres dominent le marché.

      La principale préoccupation de M & G est la chute du «cost of carry» (ndlr : le coût prélevé sur les positions maintenues ouvertes d’un jour à l’autre, exprimé habituellement en $ ou pips), qui permet aux spéculateurs de faire des paris valant plusieurs milliards d’euros à un coût historiquement bas. «Vous pouvez actuellement vendre à découvert des euros pour un coût quasi nul. C’est l’une des conséquences inattendues de l’assouplissement quantitatif (ndlr : en anglais, quantitative easing) et de l’action des banques centrales à travers le monde visant à maintenir les taux d’intérêt bas, » d’après Jane.

      Selon Euromoney, les cinq premiers acteurs du marché des devises en 2009 ont été la Deutsche Bank, UBS, Barclays Capital, RBS et Citibank. »

      L’original : http://www.guardian.co.uk/business/2010/feb/19/currency-speculating-euro-investor-risk#history-link-box

    2. Julien Alexandre recevez, je vous prie, les remerciements mortifiés d’une quasi inculte en langue anglaise.

      oui, mais çà c’est de la finance, on le sait qu’il y a des sous là dedans.

      Ce que je dis c’est que ladite finance, bien qu’ayant les dents du fond qui baignent dans l’argent, ne va pas le préter gratis aux états !

    3. Louise : les états « roulent leurs dettes » vers l’avenir. Les banquiers ne bouchent aucun trou … mais ils agrandissent le trou par les intérêts.

      1. Les banquier « reprêtent » aux états les montants remboursés à chaque échéances. Une dette n’est pas un gros bateau chargé d’un coup mais un train d’emprunts qui s’allonge infiniment de nouveaux wagons, surchargés d’intérêts qui s’accroissent aussi …
      En « roulant notre train de dettes » nos états roulent surtout les générations suivantes (pour la part « dépenses courantes » des dettes, les investissements devraient leur bénéficier … quoique le Japon nous démontre que les dépenses pharaoniques en infrastructures aboutissent souvent au gaspillage).

      2. Non seulement nos états lèguent nos dettes mais actuellement ils vont jusqu’à prélèver anticipativement les impôts sur les revenus de nos enfants grâce aux produits dérivés.
      Cela fait de chouettes wagons en plus qui roulent et roulent toujours plus vite dans le brouillard de notre ignorance … pour être gentil.

      Notre génération est « trop cool »: après cinquante ans de prospérité nous lèguerons bientôt plus de dettes que la génération précédente ne nous en a laissé après deux guerres mondiales. Beaucoup d’économistes et de politiciens nous disent que la dette n’est pas un problème pour l’état. Ils nous le disent car ils ont plein de diplômes, un air sérieux et souvent avantageux. Pour l’état effectivement. Pour d’autres c’est tout bénéfice. Il n’y a plus de problème donc?

      3. Ce qui est ravissant c’est la convergence de nos legs sur la génération suivante: pollution, déplétion, surpopulation …

      1+2+3 Nos enfants n’arrêteront donc pas d’encenser notre mémoire, tant d’amour en héritage.

      Mr Jorion.
      L’interdiction de la spéculation sur les variations de prix, c’est très bien. On rajoute moins de wagons. Moins …
      Cela reste un dur combat tout à votre mérite.
      Mais que faire du reste du train qui s’allongera moins vite, d’accord ?
      Et puis ce détail nr 3? Je n’ose vous le demander …
      SVP dites moi que j’ai tout faux.

  35. Au fait à propos de Otmar Issing, outre sa position actuelle de conseiller de Goldman Sachs, donc. Je viens d’apprendre qu’il a également fait partie récemment de la commission de Larosière sensée réformer le système financier européen.

  36. Bonjour

    A mon sens ce n’est pas tellement le système financier qu’il qu’il faudrait réformer, mais le système monétaire dans son ensemble, dans le sens proposé par les tenants du « 100% money » (de nombreux économistes) ou de celui proposé par James Robertson http://www.jamesrobertson.com/about-james-robertson.htm qui propose en gros de « nationaliser » la monnaie, c’est à dire de décider simplement que toute la monnaie de dette existente devient « monnaie centrale ».
    Au seul niveau purement financier l’avantage évident serait que les banques seraient limitées dans leur capacité de spéculation puisque la quantités de monnaie (ou de monnaie de crédit) serait gelée au bon vouloir des Banques Centrales
    Au niveau de la dette publique: la Banque Centrale toucherait les intérêts sur la dette, lesquels aboutiraient au budget de l’Etat sous forme de dividendes.

    Il n’y a aucun argument sérieux qui tienne face à cette possible réforme.

  37. Merci pour la densité de cette analyse complète et juste. Il ne vous aura pas échappé que le FMI vient de réviser son objectif d’inflation en le portant à 4%, ce qui accrédite votre hypothèse de « financement partiel des déficit publics par la création monétaire » qui est aussi par ailleurs un moyen de résorber une partie de la dette et donc, a priori, d’éviter les politiques de rigueur qui casseraient la reprise de la croissance.

    Cela étant, nous allons devoir nous habituer à vivre avec un taux de croissance de la masse monétaire supérieur et je crains que la crise sociale que vous évoquez ne se nourrisse de surenchères sur le thème du pouvoir d’achat puisque, si les prix devraient augmenter (y compris pour certains biens actuellement en baisse constante comme les biens électroniques en général), les salaires devront rester modérés.

    Cordialement.

  38. Si, il y a des arguments très sérieux contre cela!
    Notamment le fait que la dette n’est pas monnaie. La monnaie centrale est une dotation régalienne, pas une dette, les dettes sont le pendant d’avoirs monétaires détenus par les épargnants. Et avoir mnétaire n’est pas monnaie, vous vous en apercevrez quand vous recevrez un chèque en bois.
    La monnaie centrale est déjà émise par la banque centrale exclusivement.
    Par contre, les signes monétaires de la BC ne fonctionnent pas toujours comme monnaie circulante, car ils sont très largement soustraits à leur sage via la thésaurisation et la spéculation. Autrement dit, la BC émet de la mnnaie qui largement NE CIRCULE PAS. C’est comme construire des routes interdites à la circulation. Pour que les signes monétaires circulent à « 100% », il n’y a qu’une chose possible d’être faite: Il faut qu’ils soient marqués par le temps. Il faudrait que la BC émette exclusivement des SMT (signes monétaires marqués par le temps). A cemoment-là, nous aurions votre « monnaie 100% ».
    « Geler le crédit au bon vouloir des banques centrales » ne fait absolument pas sens, car l’épargnant qui n’utilse pas tous ses revenus doit prêter ces sommes à d’autres sans recours à une instance centrale, l’agence bancaire du quatier est à même d’être l’instance qui convient, en tant qu’institution chargée de collecter l’épargne et d’affecter des crédit de préférence à des emprunteurs solvables. La BC ne peut pas faire ce travail, car nous aurions, sinon, une interruption massive des échanges économiques qui s’arrêterait tout simplement, et nous aurions aussi une bureaucratisation de l’économie où tout dépendrait du « bon vouloir » de la banque centrale. Une soviétisation de ce genre me semble absolument régressif et un retour à l’âge de pierre. L’écec est prévisible, et il me semble que le communisme, ça suffit!

  39. Sauver la Grèce coûterait un prix exorbitant aux 15 autres Etats memebres de la zone euro : ils devraient prêter à la Grèce 50 milliards d’euros.

    Sauver la Grèce impliquerait un prêt à 50 milliards d’euros, à 35 milliards d’euros pour l’Irlande, et à 30 milliards d’euros pour le Portugal.
    Le sauvetage le plus cher concernerait l’Espagne, avec une enveloppe de 200 milliards d’euros.

    Le Figaro

    Comme les autres Etats de la zone euro sont eux-mêmes surendettés, le problème est réglé de ce côté-là : les autres Etats de la zone euro NE PEUVENT PAS sauver la Grèce.

    Je rappelle la situation de quelques Etats européens, en citant les calculs du Fonds Monétaire International :

    D’après le Fonds Monétaire International, en 2014, quelle sera la dette publique par rapport au PIB ?

    La dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB.

    La dette publique de la France sera de 95,5 % du PIB.

    La dette publique du Royaume-Uni sera de 99,7 % du PIB.

    La dette publique de la Belgique sera de 111,1 % du PIB.

    La dette publique de l’Italie sera de 132,2 % du PIB.

    La dette publique de la Grèce sera de 133,7 % du PIB.

    Conclusion : les Etats ne prêteront pas à la Grèce les 50 milliards d’euros qui pourraient lui éviter le défaut de paiement.

    Nous en sommes toujours à la même question :

    Qui va prêter à la Grèce ces 50 milliards d’euros ?

    Et avec quel argent ?

    1.  » Sauver la Grèce coûterait un prix exorbitant aux 15 autres Etats memebres de la zone euro : ils devraient prêter à la Grèce 50 milliards d’euros.  »

      Ce peut être une bonne affaire: La France emprunte à 3,5% sur les marchés d’OAT donc si elle emprunte et prête 50 Md€ à la Grèce à 6% nous gagnons 2,5% par an soit 1,25 milliard par an: pas à dédaigner. Qui plus est le risque est évidemment très faible, on pourra toujours leur envoyer l’armée 🙂

  40. Analyse ‘globalisante’ de la séquence: Prise de risques, immobilisation des régulateurs et sauvetages: le cycle vers le jour dernier, toujours par les memes, Simon Johnson et Peter Boone, les ‘vigilantes’ 22.02 The Doomsday cycle

  41. Bonjour, vous écrivez :
    « Cette bulle-mère a été depuis rejointe par celle des actifs publiques – produit, dans une large mesure, du sauvetage du système bancaire et des mesures de soutien à l’économie – puis par celle des actifs privés, créée à force d’injections massives de liquidités des banques centrales, afin que le système financier puisse rééquilibrer son bilan. »

    Est ce que la bulle des actifs privés correspond bien aux aides d’urgence accordées par les banques centrales aux différentes banques et qui sont en partie en cours de remboursement pour « empécher » les états de mettre trop leur nez dans les comptes de banques ou est ce qu’il y a autre chose dedans ?

    1. La dette publique a augmenté à la faveur des aides directes aux banques (partiellement remboursées), et surtout de l’ensemble des mesures prises pour faire face à la crise économique qui a résulté de la crise financière.

      Le coût de la Grande Crise, c’est l’addition des deux, et non seulement la première, comme les banques voudraient le faire croire pour s’exonérer de la responsabilité du remboursement de la seconde.

      La bulle des actifs privées a comme origine – le marchés de la titrisation qui y contribuait précédemment en panne – le déversement des liquidités par les banques centrales au profit exclusif (ou presque) des établissements financiers et assimilés.

    2. « La bulle des actifs privées a comme origine (…) le déversement des liquidités par les banques centrales au profit exclusif (ou presque) des établissements financiers et assimilés. »

      Pour préciser les choses, je ne suis pas économiste, je cherche juste à comprendre, l’argent qui est déversé est de la création monétaire ou de la dette souscrite par les états sous la forme de bonds d’états ?
      Si c’est comme j’en ai l’impression de l’argent provenant de bonds d’états qui sont pour partie achetés par les chinois (pour les bons d’état US) et pour partie achetés par les banques avec une partie de l’argent que les états eux mêmes leurs ont prétés/donnés dans le cadre du comblement de la bulle mère, quel est le sens de tout cela ? est ce que le chat n’est pas en train de se mordre la queue ?
      Les chinois ont un intéret par la dépendance de leur économie pour le moment encore basée sur l’exportation (phénomène « usine du monde ») à financer la dette pour que leur activité économique se poursuive.
      Les banques ont besoin de placer de l’argent dans des placements sûrs tout en ayant un bon rendement dans un contexte incertain (fin de crise économique en cours ? il semble que non), donc elles ont de l’argent, du moins leurs clients en ont.
      Au final, et c’est bien ce qui transparet dans vos billets et dans les autres messages du blog pour le moment, ce sont les états qui sont les dindons de la farce…

    3. @ François Leclerc

      « Le coût de la Grande Crise, c’est l’addition des deux, et non seulement la première, comme les banques voudraient le faire croire pour s’exonérer de la responsabilité du remboursement de la seconde. »

      Ces gens sont vraiment formidables, même mon petit banquier l’autre jour il n’a même pas voulu se donner la peine de me recevoir autrement pour le petit client que je suis, je ne sais pas pourquoi, je crois même l’avoir mis de fort mauvaise humeur pourtant je n’avais rien du tout à me reprocher ce jour là, il n’y avait même personne derrière moi ce matin là, je crois même que je lui aurais mis beaucoup plus de petits rouleaux de pièces jaunes sur le comptoir le pauvre bougre il n’y aurait vu que du feu, bref il n’est vraiment plus sympa le Jérémie avec les petits banquiers de Province.

      Hum la confiance est perdue et ils sont pas prêts de la retrouver de sitôt avec moi, je n’ai d’ailleurs jamais beaucoup aimé les banquiers, car ces gens là jugent souvent les autres à travers ce que vous possédez sur votre compte en banque, quand bien même d’ailleurs vous seriez rarement dans le rouge enfin ils ne sont pas tous comme ça non plus. A quand principalement des mesures d’austérité et de contrôle supplémentaire pour les banquiers et pas seulement toujours sur les pauvres petites gens bien sur, on contrôle bien les restaurants de nos jours afin de pouvoir mieux faire respecter certaines règles de base et d’hygiène alimentaire alors pourquoi pas le faire subir aussi ces gens là ? Là déjà ça ricanerait un peu moins entre eux bandes d’hypocrites …

    4. Ce sont les liquidités distribuées par les banques centrales, sous forme de prêts à taux réduit gagés par des actifs mis en dépôt par ceux qui en bénéficient. Cela résulte d’une création monétaire des banques centrales.

  42. @ Vincent,

    il y a des gens comme vous… et dans les moments où j’ai envie de tout lâcher

    vous me ramenez à la vie, la vraie.

  43. « La Grèce demeure fermement ancrée au coeur des préoccupations du marché », notait Michael Hart, analyste chez Citibank.
    Les investisseurs espèrent toujours voir émerger des mesures concrètes d’une aide financière de l’UE à la Grèce surendettée, avant même la prochaine évaluation, à la mi-mars, des comptes grecs par la Commission européenne.
    En quête de solutions pour combler le déficit colossal du pays, la ministre grecque de l’Economie et de la Concurrence Luka Katsélis s’est pour sa part rendue ce week-end à Abou Dhabi pour demander la participation financière de l’émirat à un fonds grec de développement.
    Cependant, même si les dirigeants grecs se veulent rassurants sur l’avancée de leur plan de réduction des dépenses, « les problèmes d’endettement d’autres pays de la zone euro vont continuer à peser sur la monnaie unique », commentait Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.
    L’inquiétude continue en effet de monter en Europe à propos, entre autres, du Portugal, de l’Italie et de l’Espagne, dont les finances publiques sont également fragiles.
    « Les investisseurs européens sont clairement toujours nerveux sur ce qui attend l’euro », notait pour sa part Jane Foley, analyste du cabinet Forex.com.
    « Au-delà des problèmes immédiats d’endettement de la Grèce, le marché s’inquiète de la capacité de la zone euro à maintenir son unité sans renforcer sa coordination budgétaire », ajoutait l’analyste.
    « Et même si les difficultés budgétaires de la Grèce pourront éventuellement être atténuées par un coup de pouce de l’UE, cela ne permettra pas de résoudre les problèmes structurels de la zone euro qui ont été révélés par la récession », poursuivait Mme Foley.
    Dans ce contexte, un porte-parole du ministère des Finances allemand a indiqué lundi que les pays de l’Union européenne vont devoir « réfléchir » à « de nouvelles règles et mécanismes de sanction » européens à l’égard des pays membres dont les finances publiques dérapent.

    Le Point

    Cette information est intéressante :

    « Luka Katsélis s’est pour sa part rendue ce week-end à Abou Dhabi pour demander la participation financière de l’émirat à un fonds grec de développement ».

    Abou Dhabi prêtera-t-il 50 milliards d’euros à la Grèce ?

    Ou alors le FMI sauvera-t-il la Grèce ?

  44. @ françois leclerc

    question:
    pourquoi les états ont-ils perdu leur droit régalien à créer et à gérer la monnaie
    cette situation est-elle irréversible et pourquoi?

    cela résoudrait pas mal de problèmes , notamment les intérêts versés au secteur privé, qui dans ce cas reviendrait au secteur public

    1. C’est le résultat de tout un processus, qui a pris des formes diverses suivant les pays (ou les régions, pour l’Europe). Pourquoi, en effet, ne pourrait-il pas être défait  ?

      Ce processus historique a eu pour objectif le désengagement de l’Etat de la gestion de sa propre dette, largement acquis.

      Pourtant, le besoin de mieux maîtriser cette gestion l’avait au départ engagé à créer la toute première banque centrale : la Banque d’Angleterre (en 1694). Elle était alors sous le contrôle du Parlement.

      Cela a paradoxalement été le coup d’envoi du développement impétueux du système financier mondial, dont nous voyons aujourd’hui, en crise profonde, l’aboutissement. Avec parmi les conséquences la dépossession du contrôle de sa dette par l’Etat.

      L’indépendance des banques centrales – un des dogmes de la religion économique contemporaine – est toute relative dans la pratique. En réalité, elle symbolise la forte dépendance de celles-ci, et des Etats eux-mêmes, vis à vis des marchés financiers, au prétexte de la protéger des errements des gouvernements. Elle prétend substituer à des corps issus d’élections (pour le meilleur et pour le pire) des institutions dont la principale caractéristique est l’opacité, à l’image de l’ensemble du système financier dont elles sont l’un des rouages.

      Les banques centrales ont aujourd’hui pour principale mission officielle de lutter contre l’inflation, un démon dont elles sont les exorcistes et qu’elles combattent donc par des rituels, afin que le corps de l’économie soit délivré du malin.

      Sans se soucier d’analyser les nouvelles conditions dans lesquelles celle-ci se développe. L’inflation des actifs financiers, qu’elles favorisent, ayant pris le pas sur celle des prix des produits et des services, qu’elles combattent. Sans laisser apparaître au grand jour leurs interventions, entre elles ainsi que sur les marchés financiers.

      Elles illustrent, vis à vis des marchés financiers, la dialectique du maître et de l’esclave, qui veut que les rôles ne sont pas aussi clairs qu’attribués !

    2. @ François Leclerc

      Une autre perle, dommage que je ne trouve pas toujours le temps de vous lire et de vous citer à quand un fil sur le blog sur le meilleures citations trouvés sur la crise.

       » Les banques centrales ont aujourd’hui pour principale mission officielle de lutter contre l’inflation, un démon dont elles sont les exorcistes et qu’elles combattent donc par des rituels, afin que le corps de l’économie soit délivré du malin.

      Sans se soucier d’analyser les nouvelles conditions dans lesquelles celle-ci se développe. L’inflation des actifs financiers, qu’elles favorisent, ayant pris le pas sur celle des prix des produits et des services, qu’elles combattent. Sans laisser apparaître au grand jour leurs interventions, entre elles ainsi que sur les marchés financiers. »

      Oui ces gens là sont vraiment plein de contradictions et de bonne volonté je trouve.

  45. Une course contre la montre est engagée entre les Islandais d’une part, les Britanniques et les Hollandais de l’autre.

    Le 6 mars prochain doit se tenir le référendum à propos du projet de loi portant sur le remboursement des gouvernements de ces derniers, qui n’avait pas été promulgué sous la pression populaire.

    S’il se tient, il est fort probable que la loi sera repoussée. Afin de l’éviter, le gouvernement islandais s’efforce de faire aboutir des négociations qu’il a déjà eu beaucoup de mal à engager. Une proposition de sa part – visant à diminuer au maximum le coût de l’opération – n’a pas été acceptée et a donné lieu à une contre-proposition des Britanniques et des Hollandais, qu’il vient de repousser.

    Au vu de ces nouveaux épisodes, il est clair qu’il est recherché de faire plier les Islandais. De les obliger à honorer des dettes contractées par des banques privées, en s’appuyant sur un dossier juridiquement contestable qui plus est. Pour faire l’exemple.

    Cela conforme bien qu’en Islande et en Grèce le même objectif est poursuivi: démontrer au vu et au su de tous les Européens qu’il n’y a pas d’échappatoire et qu’il faut accepter, bon gré mal gré, de régler l’addition de la crise.

  46. @françois leclerc

    deux remarques à votre réponse.

    1°c’est en effet Guillaume II D’Orange en 1694 qui, pour financer ses guerres à fait appel à des banquiers privés. Ceux-ci l’ont en effet financé à une condition, pouvoir créer dans le pays une banque que appelera « BANQUE d’ANGLETERRE ». c’est en effet sous ce nom « PUBLIC » qu’a eu lieu la première privatisation d’une économie nationale.

    2°Vous ne développez pas l’irréversibilité de la situation actuelle ni les avantages qui en découleraient pour le secteur public.

    1. Il me semble nécessaire d’aborder le problème de la dette publique en amont de la crise actuelle, qui appellera inévitablement des solutions batardes dans un premier temps.

      Ainsi, Barack Obama vient de signer un « executive order » afin de créer une commission parlementaire bipartisane chargée d’étudier la réduction du déficit, et il propose en même temps une réforme du système de santé dont le coût estimé est de 900 milliards de dollars sur 10 ans.

      Pendant ce temps les bouches s’ouvrent à propos de la crise européenne. Il apparaît que les swaps monétaires et la titrisation n’ont décidément pas été l’apanage des Grecs.

      Les milieux bancaires, excédés d’être mis en accusation par des politiques qui ont bien su les trouver quand cela les arrangeaient, commencent à « balancer ». Ils ont sorti le nom de KFW, la banque allemande contrôlée à 80% par l’Etat et 20% par les Länder, qui avait déjà fait parler d’elle au moment de la chute de Lehman Brothers.

      Il en ressort que le Traité de Maastricht et ses règles budgétaires deviennent à force une douce plaisanterie, bafoués par tous ceux qui en ont fait une statue du Commandeur.

      Le cas test de la Grèce va finir par démontrer – il n’était pas conçu dans ces intentions – que les données de la comptabilité publique collectées par Eurostat ont été souvent arrangées pour la circonstance, les yeux des gouvernements plongés dans leurs missels.

      Le débat sur les déficits publics pourra reprendre sur de nouvelles bases, si cela éclate comme cela en prend le chemin.

  47. Comment cela ne pourrait il pas éclater ?
    Il n’y aura pas de reprise, donc cela va devenir ingérable.
    Ils ont voulu sauver la finance au détriment des peuples, ils vont avoir la faillite de la finance et la colère des peuples.

  48. Athènes aurait pourtant bien besoin de donner des gages à Bruxelles. Ne serait-ce que pour tenter de rassurer les marchés : alors que selon certaines estimations, le simple renchérissement du coût de sa dette pourrait coûter plus d’un demi-point de PIB à l’Etat grec en 2010, il pourrait chercher à lever, dès cette semaine, 5 milliards d’euros sur le marché obligataire. Contraint d’emprunter 54 milliards d’euros cette année, il devra en effet en avoir récolté une vingtaine d’ici avril ou mai. Or, il craint de devoir proposer des taux très élevés pour trouver preneur. Selon les estimations d’UniCredit, le taux pourrait ainsi s’élever à 7,3 % pour des emprunts à 10 ans.

    Les Echos

    La Grèce devra emprunter sur les marchés 20 milliards d’euros d’ici mai. La Grèce devra verser 7,3 % d’intérêt aux investisseurs.

    Ensuite, elle devra emprunter sur les marchés 34 milliards d’euros d’ici décembre.

    « selon certaines estimations, le simple renchérissement du coût de sa dette pourrait coûter plus d’un demi-point de PIB à l’Etat grec en 2010 »

    Je me demande qui croit encore que le déficit public de la Grèce sera ramené à 2,8 % en 2012.

    Qui croit encore à ces balivernes ?

  49. @ Monsieur Leclerc,

    (en réponse au commentaire du 22-02 à 22h05)

    Fabuleux !! pourvu que ‘ca balance’ encore et encore, c’est tout bon!

    De ‘nouvelles bases’ ! Comme vous dites!! Génial.

  50. Pour revenir sur l’aide des états à la Grèce.

    Ces états n’ont pas d’argent.
    Il faudra donc qu’ils empruntent.
    Pour le moment les banques leurs proposent des taux « raisonnables » mettons 3 %.
    Mais la Grèce étant en difficulté les banques ne lui prètent qu’à 6 ou 7 %.
    Que vont faire les banques pour les états sollicitant un prêt pour aider la Grèce ????

    Mais leur préter à 6,7, ou même peut-être 8 ou 10 % !!!!
    Sachant où va aller l’argent elles ne sont pas folles quand même !!!!

    Du coup les états ne pourront préter à la Grèce au minimum Qu’au même taux !!!

    Ce qui va encore plus enfoncer la Grèce !!
    Et donc les pays préteurs !!!

    Du coup les organes de notation vont dégrader les notes de tout le monde !!!

    Et les banques vont en remettre une couche en prenant des couvertures contre les risques de tout le monde.
    Et faire des paris sur les défauts de tout le monde !!!!

    C’est pour çà que tout le monde est bien embété pour aider la Grèce !

    Bon c’est peut-être un peu brouillon mais c’est l’idée.
    Je pense que M. Jorion avait compris ce que je voulais dire.

  51. Vers une crise systémique des finances publiques ? La Grèce n’est qu’un signe avant-coureur.

    Si la crise des institutions financières semble être en passe de se résoudre, en tous cas pour les grandes institutions, une nouvelle crise financière est en train de prendre de l’ampleur : celle des finances publiques.

    La Grèce a trafiqué sciemment et avec l’aide des banques ses chiffres d’endettement. Elle atteint un niveau record d’endettement par rapport à son Produit National Brut, lui-même grossièrement sous-estimé vu l’importance de son « économie parallèle ».

    Le Premier Ministre Papandreou a expliqué qu’il souhaitait simplement « se financer aux mêmes conditions que les autres pays de la zone Euro ». Ce manque de réalisme à la veille d’une opération d’émission d’obligations internationales montre à quel point les autorités grecques vivent en dehors de la réalité. Le rendement des obligations existantes de la Grèce se traitent a un niveau de 6.1 %, alors que celles de l’Allemagne, le meilleur crédit de l’Europe, se traitent a 3.9 %. Or la Grèce doit refinancer € 20 milliards sur les 300 en cours d’ici la fin du mois de mai. La Commerzbank vient de publier un calcul qui établit cette dette à € 400 milliards. Bref, on nage en plein délire.

    Finance.blog.lemonde

    Vous avez bien lu :

    La Commerzbank vient de publier un calcul qui établit la dette publique de la Grèce à 400 milliards d’euros.

    Pronostic : dans quelques semaines, la Grèce va se déclarer en défaut de paiement.

  52. De Théorie communiste N°22, le moment actuel:
    La crise.

    La crise actuelle doit être historiquement et spécifiquement caractérisée dans sa singularité comme crise du rapport salarial. On peut toujours ramener toutes les crises à la baisse du taux de profit et ne considérer les formes d’apparition que comme des formes phénoménales que l’on peut dans l’analyse fondamentale laisser sur le bord du chemin en ne sachant trop qu’en faire. On oublie que les formes d’apparition sont le tout de la réalité et l’essence (la baisse du taux de profit) un concept, une réalité de pensée. Le concept lui-même de crise est impensable sans ses formes d’apparition, il est produit en elles et non une « vraie réalité » cachée sous elles. La crise actuelle a éclaté parce que des prolétaires n’ont plus pu payer leurs crédits. Elle a éclaté de par le rapport salarial même qui fondait la financiarisation de l’économie capitaliste : compression des salaires nécessaire à la « création de valeur » ; concurrence mondiale de la main-d’œuvre. L’exploitation du prolétariat à l’échelle mondiale est la face cachée et la condition de la valorisation et de la reproduction de ce capital qui tend vers un absolu degré d’abstraction. Ce qui a changé, dans la période actuelle, c’est l’échelle du champ à l’intérieur duquel s’exerce cette pression : le prix de référence est devenu le prix minimal mondial. Ce qui signifie une réduction drastique, si ce n’est une disparition, des différentiels admissibles de taux de profit. La recherche du profit maximum n’est pas une nouveauté, mais la norme salariale a changé avec la fin du parallélisme entre la croissance de la productivité et des salaires, ainsi que l’aire de péréquation à l’intérieur de laquelle s’exerce cette pression : la financiarisation du capital est avant tout une défaite des ouvriers face au capital. Cette compression est nécessaire non seulement en ce que la recherche du surtravail maximum est une nécessité structurelle générale (et toujours historiquement spécifique) du mode de production capitaliste, mais encore spécifiquement en ce qu’elle est la condition fonctionnelle dans le capitalisme financiarisé de la non-propagation des tensions inflationnistes dans un système d’accumulation reposant sur une alimentation constante en liquidités. C’est cette nécessité fonctionnelle qui, avec la crise des subprimes, fait retour de façon négative à l’intérieur du mode historique d’accumulation du capital. C’est le rapport salarial qui est maintenant au cœur de la crise actuelle. La crise actuelle est le début de la phase de renversement des déterminations et de la dynamique du capitalisme tel qu’il était sorti de la restructuration des années 1970 et 1980. Ce qui éclate maintenant et se retourne en entraves et vecteurs de la baisse tendancielle du taux de profit, c’est précisément ce qui avait fait la dynamique du système.

    Toutes les contradictions se nouent après 2005 pour mener au déclenchement de la crise actuelle. D’abord la croissance de la consommation autorisée par la croissance de la dette alors que les salaires stagnent ou croissent faiblement ; ensuite la croissance de l’investissement fixe des entreprises autorisée par un taux de profit en légère augmentation après 2002, reposant elle-même sur la compression des salaires. Il y a simultanément suraccumulation de capital et surproduction de marchandises : suraccumuation parce que sous-consommation ; sous-consommation parce que suraccumulation. Les prolétaires ne consomment jamais une partie de la plus-value, comme le sous-entendent les théories sous-consommationnistes qui opposent la baisse ou la stagnation des salaires à la réalisation de la plus-value croissante qui en est le résultat. Le secret réside dans la trop grande transformation de revenu en capital constant par laquelle la production augmente en masse, alors le taux de profit baisse tendanciellement, ainsi que la capacité de consommation de la société. La consommation ouvrière est bloquée, par rapport à la production croissante, parce que trop de revenu a été transformé en capital constant (en fin de compte la production de moyens de production ne peut jamais qu’être au service de la consommation) ; trop de revenu a été transformé en capital constant parce que le but de la production capitaliste est la production maximale de plus-value et la réduction de la consommation ouvrière. Cette réduction bloque alors la reproduction du capital. La transformation d’une plus-value accrue en capital additionnel est simultanément bloquée, d’une part, par la faiblesse du degré d’augmentation de l’exploitation qui pourrait en résulter et, d’autre part, par le degré déjà atteint de la réduction de la consommation ouvrière qui ne pourrait se poursuivre que par une accélération de la transformation de revenu en capital.

    C’est une crise du rapport salarial.

    1. Pardonnez moi respectons nous bien la dignité de l’homme à travers tout ce vocabulaire ?

      Prolétaire, capitaliste, capital, rente, rapport, salarial, taux, profit, analyse, essence, concept, produit, prolétaire, paye, crédit, financiarisation, économie, capitaliste, compression, salaire, valeur, concurrence, mondial, exploitation, prolétariat, condition, valorisation, reproduction, capital, absolu, abstraction, pression, prix, référence, réduction, disparition, différentiel, nouveauté, norme, parallélisme, croissance, productivité, défaite, ouvrier, capital, travail, maximum, nécessité, structure, général, historique, mode de production, condition fonctionnelle, alimentation, constante, liquidités, début, phase, renversement, restructuration,
      croissance, investissement, autorisation, augmentation, compression, salaires, capital, surproduction, marchandises, sous-consommation, parce que suraccumulation, prolétaires,
      consommation, plus value, théories, résultat, tendance ouvrière, capital constant, moyens de production, consommation.

      Oui je me demande si avec une telle liste de mots, de termes économiques, le monde puisse réellement changer de conduite, pourquoi vouloir ranger et classer systématiquement les individus selon des étiquettes, en quoi le vocabulaire du communisme serait-il plus digne et respectueux pour l’homme que celui du capitalisme ?

      Pardonnez-moi mais j’ai toujours aussi faim et soif d’entendre chose, un peu de poésie non prolétarienne par exemple.

    2. @ Jérémie

      Je m’y perds un peu dans les Jérémie!
      L’avatar qui colle à votre texte ne correspond pas au « Jérémie » auquel je suis habitué, et qui, justement, nous régale souvent de ses textes poétiques, et profonds, et légers (il est ici d’ailleurs, un peu plus haut).

      Ceci dit, en lisant ce que vous venez d’écrire, on découvre qu’un nouveau maître des mots vient de débouler, ce midi!
      Si c’est le fait de s’appeler de ce nom qui vous donne du talent, dites-le moi les gars …j’abandonne sur le champ « Jean-Luc »!

      (suite à ceci, un petit « * » va peut-être apparaître quelque part?…)

  53. @ claude roche

    Je voudrais simplement comprendre.
    Merou pose un problème que vous semblez éluder.
    Vous dites:
    « chacun sent (…) pas de solution en dehors (…) intégration plus forte de l’EUROPE »
    C’est bien sûr en disant « chacun sent » que vous nous paraissez éluder le problème (comme la phrase « Nous savons tous que » congédie toutes les objections).

    Comme Mérou je ne « sens » pas le truc. Il reste encore à me convaincre.
    D’ailleurs, en dehors des mots « plus forte » qui qualifie l’intégration qui serait la solution (et où mon bon sens paysan lit surtout qu’on a donc pas fini d’en baver), il y a un autre terme qui me chiffonne.
    C’est peut-être un lapsus, ou le signe que pour vous la solution serait dans une sorte de « gouvernance élargie » (ce qui se défend, mais ne me plaît vraiment pas -toujours ce bon sens paysans dont je peine à me défaire).

    Vous dites « intégration de l’EUROPE » et non pas « intégration à l’EUROPE ».
    Il s’agit donc bien de l’intégration DE l’Union Européenne à quelque chose de plus grand n’est-ce pas?

    Et d’ailleurs, employer le mot Europe en lieu et place de Union Européenne est une façon de faire disparaître les membres qui composent cette union, les faire disparaître dans un ensemble géographique donné et immuable qui, lui, n’est bien sûr pas négociable. J’ai toujours considéré que c’était un tour de passe-passe pas très « fair play ». La première personne qui m’a convaincu que ma réflexion à ce sujet était fondé est une jeune polonaise.

    Le premier mai 2004 nous étions quelques amis français, et cette polonaise de vingt-cinq ans, qui parlait le français avec un bel accent roulant et chantant. C’était le jour où la Pologne rentrait dans l’Union Européenne. Dialogues entendus ce jour-là:
    – (à la fille) « Bienvenue en Europe! ».
    – (la fille) « Nous, les polonais, sommes en Europe depuis aussi longtemps que vous. Nous ne sommes pas vos invités ».
    – (à la fille) « Oui, mais c’est bien qu’un pays de l’Est rejoigne l’Union Européenne, non? »
    – (la fille) « Regardez une carte. La Pologne n’est à l’Est que de vous. La Pologne est au centre de l’Europe ».

    Moi, ça me plaît toujours quand j’entends des gens fiers de leurs origines et du lieu qui les a vu naître (ou qu’ils se sont choisi), et prêts à les défendre contre la grande machine à produire du Même (que cette machine soit « mondialiste » -même marché économique-, ou « altermondialistes » -même humains, égaux et sans différences de culture ou de race).
    Quand l’autre sera moi, quand il n’y aura plus d' »étrangèreté » à découvrir ailleurs, le monde sera tout petit. Et il sera encore plus petit, quand je serai seul, dupliqué à l’infini de six milliards de mêmes (et non pas « 6 milliards d’autres », ce projet proprement orwellien de Yann Arthus-Bertrand sur le site du même nom – YAB se fait, par les photos de ces gens souriant du même sourire, l’idiot utile de ce système qui écrase l’autre que moi-même). Ce jour là, quand YAB aura fini son recensement, il ne me restera que mes yeux, mes six milliards d’yeux pour pleurer sur la « diversité » que me chantaient les altermondialistes, sur une « musique du monde » signée Manu Chao ou Youssou N’Dour, et moulinée façon Real World Records par Peter Gabriel.

    J’ai en horreur ces français qui passent leurs temps à vomir leur pays (la France « baguette et béret basque, raciste, orgueilleuse, esclavagiste, colonialiste, pétainiste, expulseuse de sans-papiers, etc. »). Si la France se retrouve « intégrée » à quelque chose de plus grand, de trop grand, et qu’elle y perd son âme, ce sera à cause de ces gens qui ne savent plus aimer leur pays.

    La petite polonaise, ce jour-là nous a donné une grande leçon. Je ne suis pas étonné que ce soit une polonaise qui nous la donne d’ailleurs. Rappelons nous d’abord que la Pologne a été le premier pays du continent Européen à se doter d’une Constitution, le 3 mai 1791 (fête nationale), avant même la France. Et surtout si nous, français, avions aussi perdu notre terre, si nous avions vu notre pays disparaître totalement des cartes du monde entre 1795 et 1918, nous saurions l’importance d’une patrie (il n’y a pas que Gombrowicz pour le dire, mais il le dit bien).

    Certains me rappelleront les derniers épisodes de la Pologne. Le magnifique humaniste Bronislaw Geremek suppliant ces amis français de dire « oui » à la Constitution Européenne. Le président Kwasniewski, succédant à Walesa dans l’arrimage du pays aux projets du nouvel ami américain, et l’actuel Kaczynski continuant le travail.
    Il se peut que l’épisode du 1er septembre 1939 ait laissé des traces. Ce jour là les amis européens, et notamment français, ont mis du temps à retrouver le traité de secours mutuel qu’ils avaient signé juste avant, avec leur chère, très chère, si chère Pologne, qu’ils aiment tant aujourd’hui « accueillir dans l’Europe ».
    Peut-être que Geremek voulait conjurer le sors.
    Peut-être que Kaczynski aujourd’hui se souvient de ce proverbe français qui dit que « un homme averti en vaut deux ».

    Un pays averti aussi en vaut deux. Les avertissements que reçoivent les français ne semblent avoir aucun effet pour l’instant. « L’Europe, l’Europe, l’Europe! » continuent à chanter les cabris du Général, le cou un peu raidi pourtant par le dernier traité qu’ils ont dans le derrière. Les français pensent peut-être n’avoir aucune leçon à recevoir de quiconque. Ils se trompent. Il ne s’agit pas de leçons d’ailleurs, mais d’avertissement.
    Un polonais nous dirait peut-être: « Il vous faudrait une bonne guerre, towarzysze! ».

    Allez, vive l’Europe!
    Quant à l’Union Européenne…

  54. « J’ai en horreur ces français qui passent leurs temps à vomir leur pays (la France « baguette et béret basque, raciste, orgueilleuse, esclavagiste, colonialiste, pétainiste, expulseuse de sans-papiers, etc. »). »

    Et pourtant…l’empire colonial, le trafic d’esclaves (Bordeaux, et ses maisons bourgeoises),, la guerre d’Algérie et son métro Charonne, ses officiers réputés es-tortures, et qui s’exporteront, notamment en Amérique du Sud et Centrale, pour enseigner les tactiques de la guerre anti-subversion, guerre(s) qu’ils avaient perdu en vrai, mais comme disait Yupanqui : « Quien a ganado la guerra en los montes del Vietnam : El guerillero en su tierra, y el yanqui en el cinma » (Qui a gagné la guerre dans les collines du Viet-Nam, le guérillero chez lui, et les Yankees au cinéma), Pétain n’est pas venu par hasard, ni le Ministère de l’immigration et de l’identité nationale, les expulsions, les centres de rétention, le Front National dont tous les autres partis s’inspireront, et la gauche qui mis en place les charters, et Rocard, l’ami du Médef, « la France n’a pas vocation à accueillir toute la misère du monde… » C’est-y pas bien français tout ça, non, oui?
    Cette France là existe bel et bien, si on ose dire, mais la France n’existe pas, toujours la manie de l’idéalisme, de l’essentialisme : la France, le Peuple, l’Europe, et surtout, surtout l’Homme éternel et sa nature, la France et son essence, sa francitude, comme oserait le dire la Sainte de Charentes-Poitou…
    Le poète espagnol Machado avait écrit en son temps, avant de mourir dans l’exil de Collioure, « Hay dos Espanas » : il y a deux Espagnes. Il y a deux Frances, aussi, je hais celle éternelle associée aux exploits guerriers, aux entreprises coloniales, à la xénophobie (actuellement essentiellement anti-musulman, avec l’assimilation de l’islamisme au fascisme : voir M. Val (Dr.France inter, par la grâce de C.Bruni) et compagnie..
    Contre les Centres( ce ne ne sont pas des Camps,non) de Rétention des étrangers en situation illégale, des mouvements ont lieu depuis un bon moment, des personnes sont réprimées pour solidarité et action contre ces centres, ou contre ceux qui profitent, il y en a des expulsions, c’est l’autre France…
    Voir Indymédia
    Quant à l’Europe et à son intégration… et aux bénéfices attendus, voilà le langage des patrons du monde et de sa gestion, de son managment en quelque sorte, c’est la langue des ennemis de tout changement, les mots des boss…

    1. Pourquoi tenez-vous tant à ce que je vous « aie en horreur », communisation?
      Pourquoi voulez vous faire de ce lieu-ci un champ de bataille?

      Si on doit sur ce blog se jeter à la figure toute l’histoire de France, d’Espagne et du Monde, on a pas fini d’entendre siffler les dates à nos oreilles. Et puis, qu’est-ce qui vous rend si sûr de vous?
      Je ne crois pas être à ce point assuré, comme vous l’êtes, de me trouver du bon côté de la barricade. D’ailleurs cette barricade de guerre civile que vous appelez de vos voeux, allez la tenir tout seul au milieu de votre Désert des Tartares. Je n’ai que faire de vos aboiements, vous ne m’enrôlerez pas dans vos bataillons.

      Je vous répète ici, comme je l’ai fait ailleurs, que je partage beaucoup de vos points de vue. Voulez-vous à ce point vous fabriquer des ennemis? Ne comptez pas sur moi pour jouer ce rôle.
      J’ai fait une expérience qui m’a servie, et que je vous livre ici pour servir une nouvelle fois. Une expérience de plus de dix années de squat à Paris, dans plusieurs lieux différents, que nous occupions « sans droit ni titre ». Des lieux sans la loi du « dehors », où toutes les libertés étaient possibles. Aucun flic ne venait jamais régler nos litiges. Il y avait avec moi le banc et l’arrière banc de l’extrême gauche idéaliste, des idéologues enflés de leurs lectures, des « autonomes » de tout poil. C’était mes copains, mes frères. Devinez ce qu’il arriva toujours, je dis bien toujours: ces lieux de liberté, grâce à des gens qui se font une idée de la liberté comme étant celle d’en priver les autres, sont devenus à chaque fois des champs de bataille.
      Je me suis mangé les « autonomes » plus souvent qu’à mon tour, et si au début j’étais surpris qu’ils dépensent leur énergie à essayer de me détruire, j’ai vite compris. Pourquoi moi et pas leurs véritables adversaires, en dehors des squats? Pourquoi moi?
      Tout simplement parce que j’étais leur frère, et qu’il jouissait de cette guerre civile. J’étais leur frère, alors il fallait que je sois comme eux. En tous points. Communisation, justement (si vous croyez qu’on ne vous voit pas venir de loin, avec votre uniforme). J’étais comme eux, je parlais et pensais comme eux, mais je refusais leur guerre des boutons, celle qu’ils avaient en tête à force de lecture édifiantes sur les « héros de la Liberté », et à force de tout ce roman frelaté de petits bourgeois bien sages, celui de « l’internationale de la résistance à tous les fascismes ». La bagarre contre la réalité, au dehors, leur aurait peut-être mis sous le nez que les, si fameux, et si terribles géants à abattre n’étaient que des moulins-à -vent, alors il s’accrochaient à taper, dedans, sur celui qui leur était le plus proche. Parce que j’étais réel, et pas décidé à me laisser coller une vareuse à bouton sur le dos. Ils jouissaient de tirer sur leur frère.
      Parce que les armes, une fois chargées, il faut bien qu’elles servent!

      Vous ne m’aurez pas, communisation. J’ai lu vos commentaires qui collaient parfois aux miens, au lieu d’aller se frotter là ou ils seraient plus utiles. Et je le répète ici devant tous, je ne suis en aucun cas votre adversaire.

      Pour le reste, j’ai en tête la seule France que je connaisse, et je ne la retrouve pas dans celle que vous avez dans votre tête, ni dans vos classifications. Mais vomissez la France, si ça vous fait plaisir.

  55. Cool… nous Travaillons, les Grecs depensent… Trop de travail au « Black » chez les Grecs, pas d’entrée d’impot pour le gouvernement Grec donc les Europpéeens qui travaillent pour ceux qui font n’importe quoi de leur pays… je trouve sa inadmissible qu’il aura fallu une alerte pour defaut de payement d’un pays de l’UE… cette Europe dirigé par politiques qui se moquent de tout, la preuve est le 1er exemple Grec… en tout cas, je sais pour qui voter…

  56. La crise de la dette publique porte en elle les germes d’une crise sociale et politique profonde

    Eh oui ! Et ça a bien poussé, depuis… Petite bulle en germe deviendra grande, rejoignant ainsi la grosse « bulle-mère » des actifs toxiques. Tout était déjà bien vu ici. Bravo F. Leclerc pour cet excellent billet, que je viens de découvrir ce matin, en me promenant sur le net.

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