L’actualité de la crise: la dette ou comment s’en débarrasser, par François Leclerc

Billet invité.

LA DETTE OU COMMENT S’EN DEBARRASSER

Olivier Blanchard, chef économiste du FMI, vient d’annoncer la couleur dans une interview accordée au quotidien italien La Repubblica : « l’assainissement (des finances publiques) sera extrêmement douloureux », prédit-il. Il détaille ensuite ses modalités : des efforts devront être accomplis pendant 10 à 20 ans, faits de sacrifices sur les salaires, de réduction des dépenses sociales et d’augmentation des impôts.

Sa vision dramatique n’est cependant pas sans arrière pensée, quelques jours après la publication d’une note de recherche, cosignée, qui a fait grand bruit et dans laquelle il est évoqué la possibilité de relever aux environs de 4% le taux d’inflation considéré comme admissible dans les sociétés occidentales. Alors que la norme édictée par les banques centrales est actuellement de 2%. Car, si sa suggestion devait être retenue – ce qui est dans l’immédiat impensable – cela créerait quelques marges de manoeuvre pour concevoir et mettre en oeuvre de nouveaux plans de relance publics, totalement à contrepied de l’ire du moment, qui veut que la lutte contre les déficits publics est la tâche urgente et prioritaire pour les gouvernements. Que cela soit suffisant est une autre affaire, c’est l’intention qui compte  !

Mervyn King, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, vient d’ailleurs de dire tout haut ce que chacun murmure tout bas  : « … la reprise dans notre principal marché d’exportation, la zone euro, semble avoir calé ». Il a aussi estimé que la petite flambée des prix enregistrée au Royaume-Unie allait retomber, évoquant si nécessaire la reprise du programme de rachats d’actifs, interrompu alors que l’enveloppe initiale de 200 milliards de livres a été dépensée.

Le débat est donc posé, en dépit de tous ceux qui voudraient le clore. Sans croissance, les objectifs affichés de réduction des déficits ne seront pas tenables et les pays endettés vont droit dans le mur. Une situation auquel le système financier ne pourra pas résister et qui va impliquer qu’une alternative apparaisse, sans laquelle la crise s’approfondira encore plus. Les épisodes de la crise grecque et l’incapacité des gouvernements à y faire résolument face après l’avoir créée en donnent un petit avant-goût peu encourageant.

Deux prétextes – le danger de l’inflation émergente et de la croissance de la dette publique – font obstacle à l’adoption de nouveaux plans de relance, alors qu’il est désormais démontré que la faible croissance enregistrée ces derniers mois s’éteint lorsque cessent les effets des plans de relance publics. En dépit de l’existence de fortes capacités de production inemployées, ainsi que de la tendance déflationniste de l’économie occidentale, qui rendent fort peu probable un brutal et proche démarrage de l’inflation.

Quant aux déficits publics, c’est encore une autre paire de manches. Les restrictions qui sont envisagées, qu’elles touchent les retraites, la couverture maladie, les allocations chômage ou les mesures d’aide sociale, ont en commun de toutes diminuer le pouvoir d’achat global et donc de porter un coup supplémentaire à la croissance, accentuant les tendances déflationnistes, Est-ce bien raisonnable ?

Le lot des dogmes les mieux établis est de se voir un jour ou l’autre inévitablement mis en question. Peut-on penser qu’il n’en sera pas ainsi ? La profonde absurdité d’une situation dans laquelle l’inflation des produits et des services fait l’objet de toutes les restrictions, tandis que celle des actifs est portée aux nues par des inconscients qui veulent y voir la manifestation de la reprise, n’est plus à démontrer.

Le FMI – pourtant l’un des gardiens du temple – vient d’illustrer le fait que les esprits évoluent confrontés à des épisodes montants de la Grande Crise: il a récemment préconisé le rétablissement du contrôle des changes en Asie, en raison de l’afflux de capitaux occidentaux, à la recherche d’un rendement et de bonnes affaires, qui déstabilisent les marchés financiers et perturbent l’économie de la région.

Une modeste remise en cause est donc déjà intervenue, va-t-elle s’arrêter là? Que ce soit à propos de l’inflation, de ses manifestations, ses causes et moyens de la combattre, ou bien des déficits budgétaires à réduire toutes affaires cessantes ? Sur ce dernier chapitre, va-t-il être possible de s’en tenir aux contes pour enfants qui sont proposés ? A cette analogie spécieuse entre dette des Etats et dette des particuliers et des entreprises ?

Des questions sont déjà posées, elles portent en premier lieu sur l’appréciation de la dette publique et les modalités de son calcul. Certains économistes font en effet remarquer que le patrimoine de l’Etat, une fois ses actifs valorisés (une problématique de même nature que la mesure de la richesse), devrait être mis en face de sa dette. Certains calculs montrant que la balance, de négative, devient alors positive. Mettant en évidence qu’il ne faut pas confondre dette brute et dette nette et qu’il faut prendre en compte la capacité d’endettement de l’Etat en fonction de la valeur de son patrimoine, afin de juger de la réalité économique de la menace qu’il représente.

La mesure de la dette, par ailleurs, devrait être exprimée par le rapport entre celle-ci et le budget de l’Etat, et non le PIB comme c’est actuellement le cas. L’adoption de ce mode a en effet été justifiée par le fait que la croissance du PIB permettait, à partir d’un certain seuil, de rembourser en douceur la dette grâce aux nouvelles recettes budgétaires qui en résultaient. Et que la capacité d’un État à rembourser sa dette était donc fonction de ses ressources, elles-mêmes fonction de la taille du PIB, puisque provenant de prélèvements assis sur l’activité économique du pays.

Or ce schéma ne fonctionne plus, car la croissance est devenue trop faible et les revenus des Etats sont de plus affectés par le moins d’état auxquels ils sont soumis et la baisse des prélèvements fiscaux auxquels ils ont été astreints (ainsi que par le transfert des bénéfices des grandes entreprises dans les paradis fiscaux). Le mécanisme déclenché est alors irrésistible: la dette augmente d’année en année, ainsi que le coût de sa charge (les intérêts), non compte-tenu de l’augmentation des taux sur le marché obligataire, qui vient le surenchérir. En conséquence, non seulement la dette n’est plus remboursable, mais elle ne peut que continuer à croître: elle est devenue perpétuelle, sa mesure en fonction du PIB n’a donc plus aucun sens.

Dans ces conditions, la perspective change, la dette n’est plus aussi écrasante, car c’est son seul service qu’il faut financer. Une telle rente perpétuelle répond certes aux besoins du capitalisme financier, la dette publique lui assurant le gîte et le couvert, un havre en cas de pépin et un revenu garanti. On comprend que, ne voulant perdre le bénéfice ni de l’un ni de l’autre, celui-ci exerce une pression maximale afin d’écarter la perspective de défauts ou le retour de l’inflation, qui tous deux mineraient ses avoirs. Mais le coût économique et social qui risque d’être à payer afin d’y parvenir est-il justifiable ? Une telle rente, par ailleurs, peut-elle être éternellement perçue ?

Pour alourdir encore le montant de l’addition et rendre l’équation encore plus complexe, des dettes implicites viennent alourdir la dette explicite, celle-ci résultant des engagements formels pris par l’Etat. Elles résultent de l’effet de l’aléa moral avec lequel nous sommes désormais familiers, qui va sortir renforcé de la régulation financière telle qu’elle se profile. D’ores et déjà, et à lui seul, le coût intervenu de cet aléa est tel qu’il est peu vraisemblable que les Etats parviennent à l’absorber grâce à des restrictions budgétaires, ne pouvant résorber leur dette d’autant, accroissant celle-ci.

Dette implicite et explicite additionnées, le total explose définitivement, tel une démonstration par l’absurde. Nous rappelant que, convention comptable parmi d’autres, les retraites des fonctionnaires ne sont pas prises en compte dans le montant de la dette. Ce qui démontre qu’il n’y a décidément, derrière ces statistiques, que des conventions et qu’elles ne permettent pas de décrire une réalité économique à laquelle il est fait sans arrêt référence, mais dont la mesure échappe à l’entendement sous les effets de l’obscurantisme ambiant.

L’histoire économique est pleine d’enseignements, et il est utile de s’y référer. Afin de se rappeler que l’essor des dettes publiques a de tous temps correspondu à la nécessité de financer les guerres, avant même que l’Etat ne soit constitué sous sa forme contemporaine, et que la dette puisse être considérée comme publique. Mais, au sortir de la seconde guerre mondiale, la situation a changé. La forte croissance et l’inflation ont contribué dans les années 60 et 70 à gommer le déficit. Puis, une brusque envolée de l’endettement a été enregistrée dans les années 80, suite à la baisse générale du taux de croissance de l’économie occidentale et la hausse simultanée des taux d’intérêt obligataires.Tout a alors pivoté.

L’écart grandissant entre ces deux taux est devenu un facteur majeur de la croissance de la dette publique, concomitant à l’essor progressif du système financier de ce début du XIX ème siècle, dont nous connaissons aujourd’hui la crise profonde. Des facteurs plus particuliers y contribuant au démarrage du processus, aux Etats-Unis les baisses d’impôt des années Reagan, en Europe le coût de la réunification allemande. Au court des années 90 puis 2000 la situation s’est ensuite améliorée, l’écart entre le taux de croissance et le taux d’intérêt ayant diminué. La Grande Crise est survenue, et tout est remis en question.

La période qui s’annonce allant être marquée, en raison de la Grande Crise, par une croissance insaisissable et une hausse des taux obligataires qui l’est davantage, un seul pronostic est possible pour la zone euro : le retour à la barre des 3% de déficit annuel et 60% de dette (par rapport au PIB) ne pourra pas être accompli, en dépit des lourdes restrictions budgétaires qui vont être recherchées. Pour les autres pays occidentaux, qui peuvent laisser filer leur monnaie, la situation sera aussi tendue cette soupape mise à part. Mais, s’agissant des Etats-Unis et du Royaume-Uni, ces deux pays auront le handicap d’un taux d’endettement des particuliers très élevé, auquel le crédit ne pourra pas suppléer comme précédemment.

Dans tous les cas de figure, l’équation de la dette publique ne pourra pas être résolue sans que n’interviennent de profondes remises en cause, qui résulteront des rapports de force sociaux et politiques. Si l’on se replonge dans l’histoire économique, il est flagrant de constater que les Etats ont utilisé à de très nombreuses reprises deux leviers afin de faire face à leur dette, lorsqu’elle devenait ingérable et qu’il n’était pas possible de lever davantage d’impôts : la monétisation de la dette (via la création monétaire) et le défaut de remboursement, partiel ou total. Ces deux leviers étant frappés d’interdit et la croissance n’étant pas au rendez-vous, l’impasse est certaine.

Dans une note intitulée “Sortir des politiques d’intervention de crise”, le FMI vient de délivrer mardi soir son message : “Si des niveaux élevés de dette devaient persister dans nombre des plus grandes économies en même temps, une hausse des taux d’intérêt pourrait s’ensuivre au niveau mondial, avec des conséquences négatives sur l’investissement privé et la croissance mondiale”. Une constatation qui ne propose aucune solution mais fonde ses espoirs dans une résorption de la dette par certains pays, sans pouvoir les identifier ni expliquer comment ils pourraient y parvenir.

La relance mondiale, qui pourrait y contribuer, reste une incantation. L’une des images les plus paradoxales de la situation – qui n’en manque pas – est illustrée par le refuge que continue de constituer la monnaie la plus malade du monde, le dollar américain. Le capitalisme financier marche sur la tête.

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181 réflexions sur « L’actualité de la crise: la dette ou comment s’en débarrasser, par François Leclerc »

    1. C’est bien pour cela qu’Obama est accusé de faire une politique de gauche.
      Et aux US, ça a du mal à passer… Et va les tuer.
      Surtout, laissons-les faire.

  1. La remarque de Mervyn King est une recherche
    de bouc-émissaire ou un refus de responsabilité.
    (Le mois de Janvier a été calamiteux pour
    l’économie et le fisc Britt)
    Tout le monde sait que la politique économique Britt
    est judicieuse. Elle aurait dû produire une croissance
    positive, mais la ‘riche’ zone Euro a boudé le rendez-vous
    et Merwyn-Perrette en est pour sa peine…

    Encore un effort et les Britt vont comprendre qu’ils sont
    dépendants du Continent. Gratter les plaies de
    la Grèce va être comme se tirer une balle dans le pied.
    Et les exhortations à la rigueur et au réalisme pour
    l’ Europe du Sud – Pritchard ne s’en prive pas-
    va leur revenir comme un boomerang…

    Il y a peut-être une autre raison à la déception
    de Merwyn: quel est le produit du génie créatif Britt
    que la zone euro voudrait acheter ?
    A part les produits financiers pourris de la City, je n’en connais pas.
    Ne cherchons pas dans la production matérielle: leur
    industrie et services exportables ont été sacrifié à une City vampire.
    Rien de ce qui est nouveau et attractif n’est anglais.

  2. @johannes finckh 24 février 2010 à 18:50
    Sauf si je vous ai mal compris, le système SMT interdit pratiquement l’épargne. Vous êtes donc favorable à un mode de vie au jour le jour et, en cas de gros investissement comme l’acquisition d’un logement, il ne reste qu’un achat à 100% par le crédit. Pouvez-vous répondre sans détour SVP. Personnellement, et comme Jonathan, j’ai toujours considéré l’acte d’épargne comme un acte vertueux et sécurisant contrairement à l’endettement qui lui est toujours porteur de risque. Il m’a toujours semblé que le propre de l’homme responsable était de savoir anticiper et s’auto assurer pour éviter d’être trop dépendant des aléas du futur.

    1. Acte d’épargne vertueux et sécurisant, aucune idée sur la vertue d’une épargne, enfin si mais….., j’ose, si comme les dames de petites vertues, il ne faut point y toucher, alors à quoi celà sert d’épargner!.

      Si la”sécurité” de votre épargne (le stock épargné) vous sert d’auto-assurance, le terme assurance est le contraire de l’individualité,les primes sont collectives pour assurer le risque éventuel d’un.

      Epargner une valeur monnaie qui n’a de la valeur qu’au moment de la transaction, ne présente que peu d’intérêt pour couvrir les aléas du futur. Le futur, dieu seul sait ce qu’il sera, de surcroit je ne lui fait surtout pas confiance. Pour les aléas de la vie, personnellement, je fais confiance à nos systèmes assurantiels mutualistes à but non lucratif.

      Je limite mon auto-assurance, disponibilité immédiate, à l’équivalent de 6 mois de revenu. Je consomme ou partage au fur et à mesure.

    2. L’assurance est une arnaque fondée sur la crainte de l’avenir.
      Ne pas thésauriser revient à emprunter à la “répartition” (obtenue grâce au travail productif des tiers) dans un monde en croissance constante absolue et promise croix de bois…
      Or la sainte croissance rendue légale par la légalisation de l’intérêt est le HIV de la civilisation.
      La dérisoire “reprise” étant à coup sûr dûe au retour d’une sainte croissance dont on ne sait si Dieu nous la rendra.
      Les fourmis travaillent (si elles veulent), accumulent des actifs et dépensent dans la mesure de leurs moyens.
      Les cigales travaillent( si elles veulent) dépensent au fur et à mesure, et empruntent en se plaignant de l’intérêt comptant sur un futur incertain et sur une part des actifs des tiers.
      Qui est malade?
      Enfin au lieu d’emballer la machine à coups de monnaie pourrissante vers un but sans cesse fuyant ne vaudrait-il pas mieux la freiner?
      Certes ceci n’est pas créateur d’embauches à priori..mais selon certains Schumpeteriens tout changement de paradigme est créateur de débouchés…

  3. Mercredi 24 février 2010 : les chiffres du chômage viennent d’être publiés.

    Bizarrement, un grand nombre de chômeurs disparaissent des statistiques de Pôle Emploi.

    Sorties de Pôle Emploi :

    – Reprises d’emploi déclarées : + 1,7 % sur un an.

    – Entrées en stage : + 17,2 % sur un an.

    – Arrêts de recherche (maternité, maladie, retraite) : + 8,4 % sur un an.

    – Cessations d’inscription pour défaut d’actualisation : + 25,5 % sur un an. Rien que pour le mois de janvier, 207 400 chômeurs sont sortis des statistiques de Pôle Emploi pour défaut d’actualisation.

    – Radiations administratives : + 1,6 % sur un an.

    – Autres cas : + 48,5 % sur un an.

    Travail-solidarite.gouv

  4. Question candide: Quel serait l’impact d’un refus mondial de payer la dette “extérieure” ? (60% en .fr)

    1. Conséquence d’un “défaut général”: pensez à tous les retraités ou futurs retraités du monde qui ont confié leur revenu de retraite à des fonds de pensions…..
      On n’est plus dans le contexte des “emprunts russes”.

    2. La souveraineté des états entre état, c’est la réciprocité des actes.

      l’Islande répudie ses dettes, l’état qui possède des avoirs Islandais répudie les avoirs Islandais. Et
      ainsi de suite, le solde négatif représentant les pertes.

  5. Le ton monte entre Berlin et Athènes, qui évoque le passé nazi.

    Le vice-Premier ministre grec Theodoros Pangalos a dénoncé mercredi les critiques de Berlin vis-à-vis de la Grèce au sujet de la lourde dette extérieure de son pays, évoquant l’invasion de 1941 par l’Allemagne nazie.

    Athènes, a-t-il affirmé, n’a jamais reçu d’indemnisation pour les pillages subis à l’époque.

    “Ils ont pris les réserves d’or de la banque de Grèce, ils ont pris l’argent grec et ne l’ont jamais rendu. C’est un sujet qu’il faudra bien aborder un jour ou l’autre”, a-t-il affirmé dans une interview à la radio britannique BBC World Service.

    “Je ne dis pas qu’ils doivent nécessairement rendre cet argent, mais ils pourraient au moins dire merci”, a-t-il ajouté.

    Le ministère allemand des Affaires étrangères s’est aussitôt élevé contre ces propos, affirmant que l’équivalent de plusieurs milliards d’euros avait été versé à Athènes.

    “Je dois rejeter ces accusations”, a déclaré Andreas Peschke, porte-parole de la diplomatie allemande.

    Selon lui, l’Allemagne a payé à la Grèce entre 1945 et 1960 environ 115 millions de deutsche marks en indemnisations, sans compter les sommes versées à titre individuel aux travailleurs forcés.

    “Enfin, j’aimerai signaler qu’en plus de cela, l’Allemagne a payé depuis 1960 environ 33 milliards de deutsche marks d’aides à la Grèce, à la fois de façon bilatérale et dans le cadre de l’Union européenne”, a-t-il poursuivi.

    “Discuter du passé n’aidera absolument pas à résoudre les problèmes auxquels l’Europe est confrontée aujourd’hui.”

    Reuters

    Je maintiens mon pronostic : l’Allemagne ne versera pas un seul euro pour sauver la Grèce.

    Et les Pays-Bas non plus.

    Et l’Autriche non plus.

    1. La France et l’Allemagne verseront une aide, ces deux pays n’ont pas d’autre choix que de payer puisque les principales banques détentrices de créances grecques sont… françaises et allemandes.

    2. Nous sommes en total désaccord.

      Mon pronostic :

      Nicolas Sarkozy aidera les banques françaises qui ont des engagements en Grèce : en échange, il leur demandera de ne pas licencier, il leur demandera d’accorder davantage de crédits aux ménages français et aux entreprises françaises, il leur demandera de financer l’économie réelle, etc.

      De même, Angela Merkel aidera les banques allemandes qui ont des engagements en Grèce : en échange, elle leur demandera de ne pas licencier, elle leur demandera d’accorder davantage de crédits aux ménages allemands et aux entreprises allemandes, elle leur demandera de financer l’économie réelle, etc.

      Nicolas Sarkozy choisira d’utiliser l’argent des contribuables français pour soutenir les banques françaises (et non pas pour sauver la Grèce). Je rappelle que la France elle-même a une dette publique de 1500 milliards d’euros.

      De même, Angela Merkel choisira d’utiliser l’argent des contribuables allemands pour soutenir les banques allemandes (et non pas pour sauver la Grèce). Je rappelle que l’Allemagne est surendettée elle-aussi. D’après le FMI, la dette publique de l’Allemagne sera en 2014 de 91,4 % du PIB. De plus, un grand nombre de communes allemandes sont en faillite.

      Comme si ça ne suffisait pas, il y a le scandale du jour : le vice-Premier Ministre grec vient d’accuser l’Allemagne de ne pas avoir payé à la Grèce les réparations de guerre datant de l’Allemagne nazie ! Je serais curieux de lire les résultats d’un sondage aujourd’hui, jeudi 25 février 2010, qui demanderait aux citoyens Allemands : “Voulez-vous aider financièrement la Grèce ?”

      Dernière chose : Nicolas Sarkozy et Angela Merkel veulent être ré-élus. Ils n’ont pas du tout l’intention de prendre des décisions qui provoqueraient leur propre suicide politique.

      Ils savent parfaitement qu’utiliser l’argent des contribuables pour aider la Grèce serait pour eux un suicide électoral aux prochaines élections.

      Ils ont le choix : leur ré-élection, ou alors payer pour sauver la Grèce.

    3. C’est en effet, ce que le bon sens pour la sauvegarde des intérêts nationaux imposerait mais ne pas aider financièrement la Grèce lorsqu’elle en aura besoin (et elle va en avoir besoin lorsque ses obligations ne trouveront plus preneurs : sa note va être encore révisée à la baisse), c’est enclencher un effet domino qui pourrait mettre en péril tous les pays endettés de la zone euro comme certains le craignent (on évoque les PIGS mais la France n’est pas mieux lotie, elle prendrait donc un risque en refusant d’aider la Grèce).

      Je reste dubitative donc, surtout après l’article paru dans le Spiegel qui n’est quand même pas le petit canard du coin.

      Et puis, de toute façon, nous aurons la réponse dans un très proche avenir.

  6. Le FMI recommande le contrôle du change en Asie, pour éviter sa déstabilisation par l’afflux de capitaux avides . La Malaisie avait appliqué de son propre chef la recette en 1998, n’en déplaise à Strauss Kahan qui n’a vraiment rien à dire (ah la MNEF , la MNEF)

    @ M. Leclerc,vraiment ce serait délicieux pour la France de gager sa Tour “eiffel’ et les bas-reliefs piqués aux plaines d’entre les Deux fleuves sagement exposés au Louvre.
    On verrait bien des fonds souverains chinois et/ou Qatari venir demander leur livre du château de Blois.
    En raison de privatisations à tout-va, les autoroutes une fois payées ont été données à des potes en fin de mandat de Chirac, peut-être en viendra-t-on à considérer le savoir-faire de nos fonctionnaires et de nos élus comme valeur patrimoniale?

    Encore une fois, merci de nouer tous les fils et de montrer l’impossibilité d’une solution dans le cadre défini du problème.

    Vous démonterez par là-même la nécessité de se placer dans un autre cadre pour atteindre sa résolution- sa disparition.
    Je vais planter quelques arbres, et en prendre soin, pour ceux d’après.

    D’aucuns nomment ce qui se tricote sur votre blog de l’intelligence collective, je veux bien en convenir.
    L’humanité évolue plus par échange et génération de pensée que par échanges chromosomiques qui assure une tâche reproductive.

  7. @ François Leclerc.

    Vous avez écrit le 24 février 2010 à 10:07 :

    “Cela renvoie à une explication de la Grande Crise comme étant le résultat d’une crise de liquidité,
    par opposition à une crise de solvabilité.
    S’accrocher à la première, c’est tourner le dos à la lumière.”

    Alléluia !
    il y a quelque mois je vous avais critiqué en ces termes:

    “Maintenant, il vous suffirait de dire, comme les banquiers, que la crise
    est d’origine une crise de liquidité.
    Ce point de vue de banquier est lui aussi rationel , et même techiquement
    exact. Mais c’est un point de vue stérile; c’est oublier qu’il existe un monde
    en dehors des banquiers; C’ est ne pas voir que la crise de ce monde-ci est
    une crise de solvabilité. Grosse différence qui permet d’ imaginer des solutions.”

    Il reste à dire maintenant que “les énormes masses de capitaux
    cherchant un placement” sont la source privilégiée pour rembourser
    les dettes d’ Etat.
    Il me semble en effet que les commentaires occultent un fait:
    Les dettes d’ Etat ont pour origine essentielle le refus des Etats
    de taxer la richesse à un taux normal ,taux affecté d’un coefficient
    de progressivité. Il suffit de penser aux gains de productivité
    confisqué par la finance depuis 30 ans pour prendre conscience
    de sa prédation sans contrepartie. Avec un point de vue terre à terre,
    il est visible aussi que la Californie n’est failli que par le refus
    de faire payer des impôts raisonnables par ceux qui le peuvent.

    En dehors des questions qui m’agitent, je dois vous avouer que j’ avais
    l’impression que votre énorme travail documentaire n’était pas sans
    influencer vos articles. En d’autres termes, vos articles paraissaient
    prendre trop souvent à coeur un point de vue trop unilatéral,
    celui de la finance comme technique et de ses contraintes
    forcément limitatives.
    La citation notée plus haut et d’autres remarques de votre part
    me rassurent tout-à fait.
    Par exemple:
    “L’actualité de la crise : coup au coeur”.
    J’ ai noté aussi avec plaisir que vous souhaitez desserrer les boulons
    de la machine, plutôt que l’ aider à repartir.

    En résumé, dans la crise actuelle les aspects techniques sont subordonnés.
    Si la technique financière semble fascinante, elle n’est
    qu ‘un outil explicatif, d ‘ailleurs limité.
    Cette crise est entièrement politique : des gouvernants de rencontre se font
    complice des riches pour les faire échapper à l’impôt. Il s’ agit maintenant
    de faire payer les pauvres car les riches ont vidés les caisses.
    Ce point de vue politique renvoie bien sûr aux rapports de force,
    ( idéologie, opinion et moyens électoraux). Le sujet n’en est pas
    épuisé pour autant.

    Ne vous méprenez pas, j’ admire votre énorme travail, comme tous les lecteurs de blog et j ‘ai conscience que mes ‘critiques’ , bien dérisoires, pourraient être
    perçues comme blessantes. Soyez certain que ce n’est pas du tout le cas.

  8. Bonsoir,

    Vous avez vu l’article de Jacques DELPA dans les ECHOS (http://www.lesechos.fr/info/analyses/020381328959-keynes-blanchard-et-les-vaches-sacrees.htm) intitulé ” Keynes, Blanchard et les vaches sacrées ?
    Les risques de sortie de la zone euro semblent de plus en plus se préciser pour la moitié des pays de la zone.
    Si je partage le constat de la situation, je suis sceptique sur les remèdes proposés ( baisse de 10 à 30 % à la fois des prix et des salaires correspondant à une dévaluation interne pour retrouver la competitivité et réallocation des ressoources du budget de l’Union Europenne pour aider les pays en difficulté).
    Alors l’éclatement de la zone euro est-il inévitable? Qu’est ce que vous en pensez Mr Leclerc

  9. @Daniel “…des gouvernants de rencontre se font complice des riches pour les faire échapper à l’impôt…”,

    Si l’on accepte le fait que la répudiation devient chaque jour un peu plus inévitable à terme.

    Alors répudier la dette reviendrait à récupérer en une passe la totalité de l’impôt auquel ces “riches” ont échappé depuis bien trop longtemps, un redressement fiscal en quelque sorte !
    (Je ne vois donc pas en quoi votre propos s’oppose vraiment à ceux de François Leclerc. )

    La répudiation consituerait une première mesure préalable, avant de revenir à des niveaux d’impôt “normaux” (c’est à dire progressifs jusqu’au niveau confiscatoire) tels que ceux pratiqués avant le Grand-Délire. C’est comme ça que je verrais bien les choses.

    (J’aimerais bien… quoique je ne suis même pas sûr si tant est seulement qu’on y aboutisse réellement que cela puisse suffire à passer ma colère mûrie depuis 20 ans au moins ! 20 ans ressentis comme une accumulation jour après jour d’injustice flagrante, d’humiliation, de gâchis et d’envie de vengeance)

  10. A “4 août”

    Il n’est nul besoin de répudier la dette; actuellement les obligations (OAT et autres) arrivant à échéance sont financés par de nouvelles émissions pour permettre de payer les détenteurs . Il suffit simplement que la Banque Centrale (Banque de France dans notre cas) achète directement les nouvelles émissions, ainsi l’Agence France Trésor pourra rembourser les échéances mais les nouvelles obligations ne nous couteront plus d’intérêt et nous économiserons progressivement ces intérêts et jusqu’à 1 milliard d’euros par semaine lorsque la dette sera transférée.

    Il faut et suffit soit de dénoncer l’article 123 du Traité de Lisbonne, soit d’utiliser l’article 45A (Article 49 A:
    “1. Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union”). en mettant en route cette procédure … elle n’ira pas loin car les autres partenaires plieront: le risque est trop grand de voir d’autres Etats faire pareil, et l’Allemagne, devant un risque de voir le “nouveau franc” beaucoup plus compétitif que l’euro lui faire très mal en terme de commerce extérieur, pliera très certainement en premier en abandonnant son dogme de l’interdiction imposée aux Banques Centrale de ne pas pouvoir financer directement les Etats et autres Administrations publiques.
    http://www.dettepublique.org/

  11. crise de liquidité ou crise de solvabilité?
    Ce questionnement de la poule et de l’oeuf est surtout révélateur que la plupart des analystes de l’événement économique et bancaire continuent à vouloir ignorer le fait massifde la “fuite dans la liquidité”.
    Pour comprendre cela, il serait déjà basique de saisir que le repli liquide et le retrait liquide sont des phénomènes de mise hors circuit monétaire et hors circuit des échanges d’une somme conséquente de liquidités. A ce titre, ces thésaurisations ne sont pas “épargne” au sens bancaire, car ce retrait liquide implique que ces sommes ont disparu dans une sorte de trou noir. Dans l’exacte mesure où ces sommes ne reviennent pa dans le circuit, elles font défaut au niveau de la demande, le rapport de prix entr monnaie et marchandises s’oriente dès lors lors vers une déflation. Cette déflation est partiellement “compensée” par l’émission de signes monétaires nouveaux. Or, cette crise de liquidités des banques, même compensée souvent par les BC, débouche néanmoins vers une crise de solvabilité, car les invendus en face des sommes liquides thésaurisées et non dépensées ni épargnées causent des faillites en cascade dans le secteur économique productif, et les entreprises, confrontées à une faible demande, deviennent insolvables.
    Les insolvabilités réduisent d’autant les capacités d’endettement. Les capacités d’endettement réduites poussent l’épargne vers des placements purement spéculatifs pour tenter de s’assurer son rendement promis aux épargnants par les grandes banques.
    Or, les boucles d’attente que sont les circuits spéculatifs aggravent encore la crise des liquidités, et la déflation, comme au Japon, peut tout à fait imposer le tempo à la politique monétaire des BC.
    Tant que le SMD, notamment sous forme de gros billets (mais pas seulement) peut être soustrait au circuit de l’épargne dans des proportions aussi massives pour disparaître pour un temps plus ou moins long dans des trésors liquides ou dans des boucles d’attente de la spéculation, nous aurons des crises de liuidité à répétition qui se traduiront toujours en crises de solvabilté.
    C’est pourquoi, en émettant un SMT, à la place du SMD actuel, toute possibilité de crise de liquidité aurait à jamais disparu, et, en suivant, il ne saurait plus non plus y avoir possibilité de crise de solvabilité systémique.
    Donc, si les économistes pouvaient apprendre que la monnaie est circulante ou n’est plus monnaie, ils comprendraient aussi que la liquidité thésurisée cesse d’être économiquement efficace pour la demande solvable, alors que l’épargne en banque n’interrompt pas la circulation monétaire.
    Sans doute est-ce trop simple pour être compris et thématisé, et on continue à vouloir ne pas voir le problème où il est.

  12. Sur CONTREINFO: “L’illusion d’un capitalisme réformable”:

    http://contreinfo.info/breve.php3?id_breve=8875

    1. Le capitalisme s’est historiquement développé sur la base (entre autres) de la destruction et de la privatisation de biens naturels « communs » (en propriété commune : terres, forêts…), aussi bien au centre que dans la périphérie colonisée ou dominée.

    2. Les dirigeants politiques libéraux ont offert sur un plateau au capital financier le pouvoir de contrôler la monnaie et le crédit, qui sont ou devraient être eux aussi des biens communs, et de créer tous les outils d’une spéculation permanente sur tout.

    3. Le capitalisme ne cesse par ailleurs de s’en prendre aux biens communs sociaux que sont le droit du travail, la protection sociale et d’autres droits humains, les services publics, etc. et il est souvent parvenu à les faire régresser depuis les années 1980.

    4. Le capitalisme global s’est développé sur le terreau d’inégalités sociales mondiales (prenant la forme du colonialisme puis du néocolonialisme

    5. Le capitalisme a besoin de susciter sans cesse des désirs de possession de marchandises en faisant passer le futile pour l’utile et les pulsions pour des besoins, en poussant au renouvellement rapide des achats.

    6. Le capitalisme résiste férocement à toute idée de « planification » nationale et mondiale, en désignant par ce terme des projets collectifs à long terme décidés démocratiquement au nom de l’intérêt général des générations présentes et futures.

    7. Le capitalisme consiste à faire fonctionner en priorité la concurrence et non la coopération, aussi bien entre les firmes qu’entre les nations.

    9. Le capitalisme est un frein puissant à la nécessaire diffusion mondiale d’innovations de la durabilité qui ne sont pas seulement technologiques. Avec ses droits de propriété intellectuelle et ses brevets (exemple des médicaments vitaux), il s’avère incapable d’introduire les innovations là où ce n’est ni solvable ni rentable, alors qu’il s’agit souvent des lieux où ce serait le plus nécessaire.

    Sources Jean Gadrey

  13. Un article du new York Times mentionne le nouvel indice de référence agrégeant les CDS assurant les dettes souveraines de 15 pays européens (je l’avais signalé hier). L’épée de Damoclès (c’est le cas de le dire) répond au joli nom de « iTraxx SovX Western Europe ».

    A noter que cette indice a été créé en septembre 2009. Sage précaution ou excellente opportunité d’empocher quelque profit? Toute l’ambiguïté de ces instruments “assurantiels” est là.

    A noter aussi que la valeur notionnelle des CDS est, pour l’instant du moins, largement inférieure à la dette grecque (85/300). Autrement dit, si certaines banques et hedge funds parient sur la faillite de la Grèce, d’autres possesseurs d’obligations d’Etat grecques n’ont pas (encore) estimé utile de se couvrir.

    « Trading in credit-default swaps linked only to Greek debt has also surged, but is still smaller than the country’s actual debt load of $300 billion. The overall amount of insurance on Greek debt hit $85 billion in February, up from $38 billion a year ago, according to the Depository Trust and Clearing Corporation, which tracks swaps trading. »

    http://www.nytimes.com/2010/02/25/business/global/25swaps.html?ref=global-home

    “Denys l’Ancien, tyran de Syracuse, vivait dans un château cerné d’une fosse et sans cesse sous la surveillance de nombreux gardes. Denys, qui était toujours inquiet, se trouva des courtisans qui devaient le flatter et le rassurer. Parmi eux, Damoclès, roi des orfèvres, ne cessait de flatter son maître sur la chance qu’il avait d’être le tyran de Syracuse. Agacé, celui-ci lui proposa de prendre sa place le temps d’une année. Au milieu du festin, Damoclès leva la tête et s’aperçut qu’une épée était suspendue au-dessus de lui, et n’était retenue que par un crin du cheval de Denys. D’autres disent que cette épée était suspendue par le tyran Denys. Et ainsi il montra à Damoclès que son rôle de tyran possédait deux faces, c’était à la fois un sentiment de puissance et le risque d’une “mort” pouvant nous frapper à tout moment. C’est pourquoi depuis le XIXe siècle, on parle d’une « épée de Damoclès » pour décrire une situation particulièrement dangereuse ou pénible.” (Wikipedia)

  14. L’analyse toujours trés fine que vous faites au jour le jour de cette histoire contemporaine me fait penser à l’art du morphing, glissant d’une image connue vers une autre différente sans que l’on sache trop comment a pu s’opérer ce changement. On en est toujours surpris et on vous suit avec ce même effet de surprise et de ravissement qu’exerce avec magie ce changement d’une identité en une autre différente et si proche et pourtant si éloignée. Bravo, c’est toujours un plaisir de vous lire.
    Pour l’image de fond, il semble que l’on glisse tout doucement vers une société qui s’apparente de plus en plus à une forme grise et monstrueuse d’apartheid économique et social.
    On attend la suite en y prenant part.

  15. Merci François de cette analyse qui m’interpelle sur certains points.Vous dites
    “Certains économistes font en effet remarquer que le patrimoine de l’Etat, une fois ses actifs valorisés (une problématique de même nature que la mesure de la richesse), devrait être mis en face de sa dette.”
    Je pose une question que sont devenus les actifs de l’Etat après la privatisation de Total des banques et assurances que de Gaulle avait nationalisées en 1945 et la privatisation de la création de monnaie etc..
    Seule solution pour combler le manque à gagner et abonder le budget de l’Etat en augmentant les impôts et les taxes et en creusant la dette.
    On peut bien sûr continuer dans la même voie en privatisant EDF et GDF en sacrifiant le modèle social pour aboutir à un enseignement, une santé à deux vitesse, on peut continuer d’exonérer et de créer des niches fiscales pour épargner certains et accabler les autres…..
    Le déséquilibre entre les actifs de l’Etat et la dette ne cesse de s’accroitre, je crains que notre modèle social en prenne un coup grace à ceux qui ont sacrifié au libéralisme et transformé des actifs en dette.Un particulier qui fonctionnerait comme cela serait en faillite.
    Rassurons nous les caisses sont vides ..on peut dormir sur nos deux orielles on trouve toujours de l’argent.

    1. Wikipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique#Dette_brute_et_dette_nette)

      Dette brute et dette nette

      Premièrement, certains économistes critiquent la convention comptable qui consiste à tenir compte de la dette brute, plutôt que de la dette nette, c’est-à-dire la différence entre les engagements financiers et l’ensemble des actifs[3]. En effet, à côtés de ses dettes, l’État possède également des actifs, à la fois financiers (actions, etc.) et physiques (terrains, etc.), qu’il faut soustraire à la dette brute pour obtenir la dette nette. La dette brute a plusieurs limites.

      Tout d’abord, elle surestime le problème de la dette. Par exemple, la dette publique française au sens de Maastricht était, en 2006, de 63,6 % du PIB. Si l’on soustrait à cette dette, les actifs financiers, on obtient la dette financière nette qui n’est plus que d’environ 40 % du PIB. Et si l’on calcule le patrimoine public, en intégrant l’ensemble des actifs physiques, le solde est positif, d’environ 38 % du PIB.

      Deuxième limite, elle conduit à présenter comme importantes des opérations qui sont en fait neutre pour le patrimoine public : par exemple un remboursement de dette par une vente d’actifs publics (tels que des terrains ou des participations dans des entreprises), ou inversement une nationalisation payée par une émission de dette.

      Cette convention s’explique notamment par le fait que les actifs les plus caractéristiques du patrimoine public sont extrêmement difficiles à cerner (comment compter l’environnement, la biodiversité, le capital culturel de la nation, etc.) à évaluer (quelle est la valeur des armes nucléaires ?), voire inestimables (que vaut le Château de Versailles ou le contenu du Louvre ?) et très peu liquides[4].

      Autre référence:

      Patrimoines des administrations publiques, à fin 2008 (milliards d’euros)
      à fin 2008
      Passifs = – 1672,3
      Actifs financiers = + 808,9
      Actifs non financiers = + 1449,8
      Soldes = + 586,4

      (D’après INSEE, comptes nationaux) .. ce qui fait qu’à fin 2008 l’actif NET (solde net du patrimoine des administrations publiques, c’est-à-dire dettes déduites) était de 9000 euros par français (après d’ailleurs 12000 € par français à fin 2007, la dépréciation des actifs est passée par là aussi), alors que le discours classique fait état d’une épouvantable dette de plus de 20000 euro pour chaque français.

  16. A l’heure ou je place ce commentaire, déjà 165 autres l’auront précédé. Ce nombre est remarquablement élevé. Je rajoute donc sans vergogne mon grain de sel.

    Un rapide état des lieux (avant saisie) :

    . Les raisons profondes de la crise, parfaitement connues, commentées à l’envi sur ce blog, résident dans un partage inégal des richesses produites.
    . La finance qui s’est vue confier par les États, la tâche de produire les lois qui la gouverne, est de ce fait irréformable (1) . Le système dans lequel nous évoluons se transforme en un système « logiquement irréfutable ». Il est frappé d’inanité et d’incohérence. Toute proposition énoncée en son cadre est vraie et fausse à la fois. Ce qui n’est certes plus une garantie d’avenir.
    . Il en découle que les moyens à mettre en œuvre pour en finir avec la crise, tant qu’ils seront puisés dans la vulgate des institutions économiques et politiques (2), en refusant d’y incorporer les raisons profondes de la crise, n’auront comme seul effet que de repousser des échéances inéluctables.

    Et maintenant :

    . Deux logiques irréconciliables vont nécessairement s’affronter, deux logiques de guerre (3) : celle des peuples qui se rendent compte que le Roi est désormais nu. Celle d’une finance irréparable qui n’a comme solution que de tourner sur elle même, sur l’air de « Que sont mes liquidités et mes effets de leviers devenus ? »

    (1) La crise des caisses d’épargne US, le cas Enron, les prêts subprime et Alt A, la titrisation… en sont autant d’exemples. En un mot comme en cent, toute la recension extraordinaire effectuée sur ce blog depuis quelques années.
    (2) L’interdiction des paris est impossible à mettre en place aujourd’hui. Dans la situation actuelle l’introduction de cette disposition signifierait, ni plus ni moins, que la finance accepte de se faire hara-kiri.
    (3) Je ne crois pas un seul instant à un quelconque conflit armé, à une quelconque guerre civile, ici ou ailleurs. La multiplication de conflits “de basse intensité” certainement. Je suis convaincu que les peuples sauront rejeter les affrontements de masse. Le courage physique et les qualités morales hors pair alors requis apparaîtrons par la grâce de la force des choses et d’un haut niveau d’éducation conjugués.

  17. Paul bonjour…

    Situation des banques US au 31/12/2009 (asset et délinquance) par banque…

    http://dl.free.fr/mmauakaO0

    Votre avis s’il vous plait…
    Avez vous déjà vu quelque chose de comparable dans un pays et/ou à une époque donnée ?

    Merci d’avance.

  18. à taotaquin:
    Je suis d’accord avec votre résumé pris chez Jean Gadrey.
    Mais un point, tout de même: il faut apprendre à distinguer entre capitalisme et libéralisme. En effet, tant que avons ce régime de chantage pervers qu’est le capitalisme, même le “libéralisme” se se voit contraint pour n’être plus “libéral” du tout. Comment imaginer en effet un jeu de concurrence, même “impure et imparfaite”, quand les détenteurs de capitaux sont installés de plus en plus sur des monopoles de fait.
    Cela ne changera que si nous obtenons une circulation monétaire plus satisfaisante et inconditionnelle, sans que le chantage exercé par le détenteur de capitaux ne puisse s’exercer à son seul avantage. Il faut que les risques soient partagés entre le capitaliste investisseur et l’emprunteur. Tant que le capitaliste pourra touhjours extorquer la rente du capital (l’intérêt de la monnaie), rien ne changera dans le rapport de force trop favorable aux capitalistes.

  19. à 3J:
    En fonction de la cotation, la dette publique peut bien varier fortement, tout comme une dette privée quand on considère que la “valeur” d’une maison a bien pu augmenter fortement, ce qui ferait qu’en théeorie, la dette immobilière d’un tel serait couverte par la “valeur” de sa maison.
    Sauf qu’il y a entre une “valeur” théorique et le solde d’une dette une étape que l’on appelle “réalisation”. Nous avons bien vu ce qu’il en était au moment de la crise de subprimes.
    Croyez-vous sérieusement qu’un actif financier se réalise au prix théorique?
    Cela tient au fait que toute vente modifie le cours d’un actif.
    pour y voir plus clair, il convient de s’intéresser exclusivement aux intérêts versés pour les dettes, et le service de la dette est désormais le deuxième poste budgétaire de l’état, et il deviendra le premier très prochainement. Vous avez là déjà une meilleure idée de ce qu’il peut coûter à la collectivité. S’ajoutent à cela les divers services del adette pivée qu’ont les ménages, et nous nous approchons encore davantage du poids de la rente du capital et de ce qu’elle coûte réellement en termes de transfert continu des richesses de la très grande majorité pauvre (80%) vers la très petite minorité (20%) très riche. Sans que cela correspondrait à un réel travail de la part des riches. Ceux-ci se contentent d’exercer leur pouvoir de tout bloquer pour obtenir la rente capitaliste.
    Alors vouloir relativiser le poids de la dette comme vous tentez de le faire me semble pathétique et tout droit sorti des délires universitaires.

    1. Je dis seulement que le montant de la dette (le capital du) n’a strictement aucune importance il ne sera jamais remboursé par aucun pays endetté: pour que ça puisse être il faudrait que les acteurs privés s’endettent à la place des acteurs publics parce que le système fait que nous ne pouvons qu’être endettés: si toute la monnaie existante servait à rembourser les dettes, il en resterait (des dettes).

      Donc d’accord avec vous que l’important ce sont les intérêts. La dette française coûte 1 milliard d’euros par semaine (avec des taux d’intérêts bas) lesquels ne peuvent être payés que par de nouveaux emprunts. C’est autant que nous ne pouvons pas investir pour le bien collectif. La reprise en main de l’émission monétaire par la banque centrale, directement au bénéfice des États (et non plus des banques privées), est une priorité.

      Où je diverge de ce que j’ai cru comprendre de vos commentaires, c’est que ce sont ( outre les 20% que vous citez qui bénéficient le plus), avant tout les banques et leurs actionnaires qui s’engraissent en demandant des intérêts sur la monnaie de crédit qu’elles émettent.

    2. ” En fonction de la cotation, la dette publique peut bien varier fortement, ”

      Non, les obligations sont toujours remboursées au moins à la valeur d’émission. La dette publique ne varie pas en fonction du marché secondaire.

  20. Quel jeu le Financial Times joue-t-il? L’un de ses articles phares ce jour indique que l’euro chute, ses détenteurs étant en quête de “valeurs refuge”. Cependant, les graphes des indices montrent que si l’euro perd de sa valeur contre la livre sterling (!), le dollar chute contre l’euro, et que le yen dégringole face au dollar! De même, côté marchandises, tant l’or que le pétrole et le maïs sont en baisse sensible. Quelles peuvent être les valeurs refuge en question??? En parallèle, toutes les bourses sont en baisse… sauf Shanghaï. S’agit-il en fait d’un mouvement de repli des seuls Britanniques précédemment positionnés sur l’euro, ce qui paraît assez étrange? Si oui, l’annonce que Moody’s à son tour émet un “avertissement” contre la dette grecque (Fitch l’a déjà fait la semaine dernière) n’est peut-être pas étranger à ce phénomène…

    [Je n’indique pas le lien car, n’étant pas abonné au FT, je n’ai pas accès aux articles qui pourraient éclairer le lecteur.]

  21. à 3J:
    Les banques et leurs actionnaires ne s’engraissent pas autant que certains dirigeants et traders;
    La “monnaie de crédit” qu’elles émettraient selon vous est une formulation impropre comme je le rappelle chaque fois.
    Car les banques ne prêtent que ce que les déposants leur prêtent, les banques reversent donc l’essentiel des intérêts aux “20%” riches que je mentionne.

  22. à 3J:
    Même une dette publique peut se “décoter” fortement, comme nous l’avons vu pour l’Argentine, il suffit qu’un état se déclare en faillite, phénomène que nous vivrons peut-être bien dans pas longtemps, en tout cas la spéculation s’emploie à ce que cela arrive…

    1. Puisque la dette publique de la France est en euro, il “faudrait” que ce soit l’euro qui se décote. Tous les pays européens sont liés tant qu’ils restent dans l’euro. La seule différence est que sur les marchés ils payeront leurs financements avec des taux d’intérêts plus élevés (cas de la Grèce actuellement)

      A ce que je sache l’Argentine n’a pas été “dissoute” comme le serait une société commerciale en faillite …

      Et puis , je le redis, un pays peut toujours émettre sa propre monnaie au lieu de faire appel aux marchés monétaires ou obligataires

  23. Je cite :

    “cela créerait quelques marges de manoeuvre pour concevoir et mettre en oeuvre de nouveaux plans de relance publics, totalement à contrepied de l’ire du moment, qui veut que la lutte contre les déficits publics est la tâche urgente et prioritaire pour les gouvernements. Que cela soit suffisant est une autre affaire, c’est l’intention qui compte !”

    “l’adoption de nouveaux plans de relance, alors qu’il est désormais démontré que la faible croissance enregistrée ces derniers mois s’éteint lorsque cessent les effets des plans de relance publics.”

    Vous vivez vraiment dans votre monde… C’est certain on a trop de dettes, la solution c’est de créer plus d’argent et d’en jeter encore plus à la face des problèmes… Si cela ne mène à rien c’est que l’on n’aura pas assez jeté d’argent…

    Vous devriez relire Mirabeau :

    Discours et réplique sur les assignats-monnoie, prononcés par M. Mirabeau

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k43401z.r=mirabeau.langFR

    Page 4 vue 6

    rappelez vous messieurs ces moments dont nous sortons à peine

    Page 11 vue 13

    quand la pénurie de espèces nous tourmente

    page 19 vue 21

    car il est douteux

    et même page un monument de crétinerie à lire absolument : “Quoi, serait-il nécessaire de le dire ? On parle de vendre aux gens, et l’on ne fournirait aux gens aucun moyen d’acheter ! On veut faire sortir les affaires de leur stagnation, et l’on semblerait ignorer qu’avec rien on ne fait rien… C’est le numéraire qui crée le numéraire ; c’est ce mobile de l’industrie qui amène l’abondance ”

    Tout le passage est à déguster… 200 ans plus tard rien n’a changé… ce sont toujours les mêmes Leclerc-Mirabeau avec les mêmes conseils…

    Je suis tenté de dire à ces personnes : savez vous où vous mettez les pieds ?
    et mon avis… Paye tes dettes d’abord… Les “innovations” qui doivent nous ouvrir une ère de bonheur et de prospérité… garde les pour plus tard.

  24. année valeur
    1 100,00
    2 104,00
    3 108,16
    4 112,49
    5 116,99

    98 4489,87
    99 4669,47
    100 4856,25

    Voila ce qu’est une inflation de 4% annuelle sur 100 ans…
    L’économie ce n’est pas la destruction de la monnaie, c’est plutôt l’utilisation intelligente des ressources. Je n’ai jamais entendu dire que la destruction d’un bien, d’une marchandise [la monnaie est une marchandise] pouvait être la solution à un problème. Au mieux c’est un pis-aller.

    Bon courage… Et pourquoi pas d’ailleurs de l’inflation à 8% les problèmes seraient réglés deux fois plus vite ? Quand on tien tune solution intelligente faut pas hésiter à s’en servir.

    Mon avis : la seule infaltion tolérable est celle liée au jeu de l’offre et de la demande indépendamment de toute volonté politique. Elle est idéale à 0%… Si elle est négative cela ne peut être que mieux… Celui qui arrive à me prouver que le fait de payer plus cher me rend service, je lui tire mon chapeau…

  25. Dernières nouvelles de la ligne de front:
    ‘Deutsch-französische Pläne für europäische Wirtschaftsregierung’, plans franco-allemands pour une gouvernance économique européenne
    Der Spiegel 27.02 Les deux ministres des Finances auraient adressé une lettre d’intention à JC Juncker et Mme Merkel aurait fait de meme avec Mr Van Rompuy et Sieur Barroso, avant le prochain sommet du mois de mars en ce sens
    http://www.spiegel.de/spiegel/vorab/0,1518,680699,00.html

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