Archives par mot-clé : Facebook

L’Écho, La libra, une fausse bonne affaire pour l’usager ? le 9 juillet 2019

La libra, une fausse bonne affaire pour l’usager ?

En 1844 la Cour suprême des États-Unis affirma qu’une entreprise « a la capacité d’être traitée comme un citoyen [de l’État où elle a été fondée], au même titre qu’une personne naturelle ».

À dater de ce jour, les entreprises avaient acquis une qualité qui faisait défaut aux « personnes naturelles » : une immortalité potentielle. L’intention était louable : était ainsi mis fin à un scandale préjudiciable aux entreprises en tant que telles ainsi qu’à l’économie en général : qu’elles soient automatiquement dissoutes à la mort de leur propriétaire, plongeant leurs employés dans la précarité et lésant leurs clients.

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Le temps qu’il fait le 21 juin 2019 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 21 juin 2019.

Bonjour, nous sommes le vendredi 21 juin 2019. C’est l’été. Il y a une époque où je faisais une vidéo par semaine pendant de très nombreuses années. J’appelais cela « Le temps qu’il fait » et puis je vous donnais la date. Ma raison de procéder était la suivante : d’abord, il y avait énormément d’actualité. Je parlais essentiellement de la crise des subprimes quand j’ai commencé à faire ces vidéos et, s’il l’avait fallu, pour être logique, il fallait faire une vidéo par jour ou plusieurs par jour alors j’avais trouvé la formule d’en faire une par semaine. C’était plus difficile aussi de faire des vidéos. La technique que vous proposait YouTube était moins sophistiquée. Ça allait beaucoup moins vite aussi sur les machines. Il fallait des heures et des heures pour que ça télécharge. Ce n’était pas très facile.

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Libra : beaucoup à dire – et s’interroger, par Alexis Toulet

Ouvert aux commentaires.

1. Le libra ne sera pas une monnaie souveraine comme l’euro ou le yen – ce que dit craindre Bruno Lemaire. Il lui manquerait pour cela d’avoir cours légal sur un certain territoire, de même que l’euro a cours légal sur le territoire des Etats qui l’ont adopté comme monnaie, c’est-à-dire qu’il existe une obligation légale pour les débiteurs de l’accepter en paiement. En revanche, nul ne sera obligé d’accepter d’être payé en libras, dans aucun pays. Il n’est cependant pas acquis que cela fasse une vraie différence, tant sont populaires les médias sociaux.

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La temps qu’il fait le 21 juin 2019

Ouvert aux commentaires.

Bruits de bottes
On avait déjà Trump, on risque d’avoir Boris Johnson
La Libra
Andrew Feenberg

P.S. Ci-dessous, remplacement de la vidéo initialement téléchargée sur YouTube (qui était pleine de trous).

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Trends-Tendances – Facebook et la post-vérité, le 24 janvier 2019

Facebook et la post-vérité

Une très intéressante analyse du mouvement des Gilets jaunes en France nous est offerte par la Fondation Jean Jaurès *. Les personnalités évoquées sont bien sûr propres à cette nation mais la dynamique décrite est certainement commune à l’ensemble des mouvements de ce type, quel que soit le pays.

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Le Monde / l’Écho – Facebook : Vie et mort d’un business plan, le 3 décembre 2018

Le Monde : « Le plus étonnant dans la chute de Facebook est peut-être que l’on s’en étonne »

L’Écho : Facebook, vie et mort d’un business plan

La compagnie américaine Facebook, fondée en 2004 par Mark Zuckerberg, qui en est toujours le président et en contrôle 60%, compte 30.000 employés et gère un réseau social de deux milliards d’utilisateurs. Son chiffre d’affaires en 2017 a été de 35 milliards d’euros. Mais au cours des cinq derniers mois, l’action Facebook a perdu 38% de sa valeur, dont 21% sur la seule semaine du 24 au 30 juillet. La perte se monte, pour ses actionnaires, à plus de 100 milliards de dollars. Certains réclament la démission de Zuckerberg.

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Chris Wylie, lanceur d’alerte, sur une élection truquée au Royaume-Uni

Chris Wylie est ce jeune Canadien (déjà mentionné à plusieurs reprises ici) qui, dans une déposition de quatre heures (+ plusieurs heures d’audition à huis clos) nous a révélé à la manière d’un Edward Snowden (si ce n’est qu’il bénéficie lui de la protection des gouvernements dont il a dénoncé les dysfonctionnements), comment nos sociétés marchent vraiment, en particulier la façon dont en 2016 les élections présidentielles américaines et le référendum britannique du Brexit ont été manipulés par des officines d’extrême-droite exploitant les données personnelles des utilisateurs de Facebook.

Dans un article publié hier dans The Guardian, il pose quelques questions de bon sens :

Si cela s’était produit au Kenya ou au Nigeria, un nouveau vote serait exigé par les observateurs internationaux. Si cela se produisait dans une circonscription locale, une nouvelle élection partielle serait organisée. La démocratie britannique est certainement assez mûre pour réagir quand quelque chose semble avoir mal tourné, surtout quand les enjeux sont aussi élevés. Le référendum a été remporté par moins de 2 % des voix. Cela aurait-il pu faire la différence ? Le stratège en chef de Vote Leave [appel au Brexit] affirme que ce fut le cas : dans une citation – désormais effacée – pour le site Web d’AggregateIQ [le bureau d’étude ayant travaillé pour Vote Leave].

Je suis un eurosceptique progressiste. J’ai soutenu Leave [quitter l’Union européenne]. Il ne s’agit pas de « remords tardif ». Il s’agit de faire respecter la règle de droit. Le Royaume-Uni est sur le point d’entreprendre le changement le plus profond de son règlement constitutionnel depuis une génération. Nous devons être absolument certains que cela se fait sur une base juridique appropriée. Ce sont là des faits inconfortables et des questions difficiles. Mais la Grande-Bretagne ne doit pas se cacher derrière un « c’est la faute à Facebook ». Le déni n’est pas la réponse appropriée.

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Après le scandale Facebook, il est temps de baser l’économie numérique sur le choix entre propriété publique et privée des données, par Evgeny Morozov

After the Facebook scandal it’s time to base the digital economy on public v private ownership of data

Evgeny Morozov © The Guardian

Ouvert aux commentaires. Merci à Timiota pour la traduction (avec l’aide de DeepL) !

Après le scandale Facebook, il est temps de baser l’économie numérique sur le choix entre propriété publique et privée des données.

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Les temps qui sont les nôtres : Trump contre le FBI et la CIA, le 20 mars 2018 – Retranscription

Retranscription de Les temps qui sont les nôtres : Trump contre le FBI et la CIA. Merci à Cyril Touboulic !

Bonjour, nous sommes le mardi 20 mars 2018, et si vous êtes allés au cinéma quelquefois, vous avez dû vous faire une idée de ce qu’est le FBI (Federal Bureau of Investigation) : c’est la police au niveau fédéral aux États-Unis.

Vous savez qu’il y a une police des États et vous connaissez ces scènes où la voiture du shérif est obligée de s’arrêter à la limite du comté, et le bandit ou le sympathique héros – c’est souvent le même – continue son voyage vers le Mexique, ou je ne sais quoi, ou vers le Canada, et la voiture doit s’arrêter. Continuer la lecture de Les temps qui sont les nôtres : Trump contre le FBI et la CIA, le 20 mars 2018 – Retranscription

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ALGOS ET INFOS NE FONT PAS BON MÉNAGE, par François Leclerc

Billet invité.

Les géants d’Internet, « qui avaient jusqu’ici une relation distante avec le journalisme, sont devenus ces dix-huit derniers mois des acteurs dominants de l’écosystème de l’information », observe le Tow Center for Digital Journalism de l’université américaine de Columbia, qui fait autorité.

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LA NSA A DE BEAUX JOURS DEVANT ELLE, par François Leclerc

Billet invité.

Dix-huit mois se sont écoulés depuis les révélations d’Edward Snowden et le Sénat américain vient d’étouffer dans l’œuf, au moins provisoirement, les timides velléités de réforme des activités généralisées d’espionnage de la National Security Agency (NSA).

Sous l’impulsion des sénateurs républicains, l’inscription à l’ordre du jour d’un projet de loi démocrate a été hier repoussé, au prétexte revendiqué de ne restreindre en rien les activités d’espionnage généralisé des réseaux de communication de la NSA. « Alors que les États-Unis mènent une campagne militaire pour affaiblir, démanteler et vaincre l’EIIL, ce n’est pas le moment d’examiner une proposition de loi qui supprime les outils dont nous avons besoin pour combattre l’EIIL », a déclaré le sénateur Mitch McConnell, leader du groupe républicain. Il y avait un avant et un après Snowden en raison du retentissement de son action, entendait-on dire, mais cela ne va pas empêcher la NSA de poursuivre comme avant.

Barack Obama s’étant appliqué à limiter les dégâts, la loi adoptée cet été par la Chambre des représentants n’était pas exempte d’importantes failles et de finesses permettant de se faufiler – à l’image des nouvelles réglementations financières – mais c’était encore trop pour les défenseurs de la NSA au Sénat. Exemple parmi d’autres, que doit-on exactement entendre par « cible » devant être préalablement autorisée par un juge pour être surveillée : une personne, un préfixe téléphonique, un code postal ou une ville entière ?

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NSA : NOUVEAUX ÉCLAIRAGES ET TENTATIVE DE RIDEAU DE FUMÉE, par François Leclerc

Billet invité.

Les dernières révélations concernant la NSA apportent un nouvel éclairage sur ses activités et ses méthodes. Afin de mieux s’immiscer dans les réseaux de télécommunication de toute nature, l’agence pirate les ordinateurs de leurs administrateurs, comme le démontre un document interne intitulé « I hunt sys admins » (je chasse les administrateurs système) analysé par The Intercept. « Qu’y a-t-il de mieux que d’utiliser les clés du royaume de ceux qui les possèdent » s’interroge non sans raison son auteur ? La NSA aurait ainsi à sa disposition une base de données d’administrateurs système, créant autant de portes qu’elle peut ouvrir à sa discrétion. Celle-ci est probablement étendue à des administrateurs de réseaux d’entreprise et d’administrations.

Le géant des télécommunications chinois Huawai aurait été pendant des années une cible privilégiée de la NSA, comme l’a révélé le New York Times et Der Spiegel, afin d’avoir accès aux mails et documents internes de ses dirigeants. Poursuivant également comme objectif de disposer des codes secrets des produits et équipements de l’entreprise, qui permettent d’avoir accès à des « back doors » (portes dérobées) de ceux-ci. En assurant hier à son homologue Xi Jinping que « les États-Unis n’espionnent pas pour s’assurer un avantage économique », Barack Obama a nié l’évidence, après que cela a été déjà démontré au Brésil, avec notamment la surveillance de Petrobras, le géant pétrolier du pays.

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LE MONDE-ÉCONOMIE, Les pigeons de facebook, lundi 4 – mardi 5 juin 2012

Les pigeons de facebook

Merci à Tim Gupwell pour sa traduction en anglais : Ordinary Scandals.

Dans le livre qu’il consacra au krach de 1929 (*), John Kenneth Galbraith faisait remarquer que si l’on parle énormément de fraude durant les périodes de crise, ce n’est pas parce qu’une maladie endémique de la finance a soudainement viré à l’épidémie, mais parce que l’attention de tous étant en éveil, celui qui imagine qu’un soupçon pèse sur lui se transforme promptement, et à toutes fins utiles, en dénonciateur.

C’est là finement observé, mais une autre raison pour une telle recrudescence doit être, si l’on en juge par notre expérience récente, une meilleure éducation du public.

On se plaint amèrement que l’homme de la rue ne soit insuffisamment informé des tenants et des aboutissants de la crise actuelle, il n’en est pas moins vrai que par rapport à la période antérieure, le public est aujourd’hui bombardé d’explications relatives aux mécanismes financiers. Il est permis de penser qu’il a dû en être de même dans le sillage du krach de 1929 et les années de Dépression qui s’ensuivirent.

C’est cette meilleure conscience de la manière dont opère la finance qui explique sans doute l’indignation récente parmi ceux qui accordent un minimum d’attention à l’actualité économique et financière, à propos de deux incidents : le premier concerne les pertes – difficiles à chiffrer, mais de certainement plus de trois milliard de dollars – subies par la banque américaine J.P. Morgan Chase, dues à une politique calamiteuse de gestion du risque ; le second concerne les irrégularités apparues lors de l’introduction en bourse de la société facebook. Ces pratiques, ou les mécanismes que ces pratiques révèlent, apparaissent aujourd’hui scandaleuses, alors qu’elles constituent le train-train habituel de la finance depuis cent cinquante ans au moins.

Faut-il ainsi s’étonner que le conseil de gestion du risque de J. P. Morgan Chase ait été constitué jusqu’il y a quelques jours seulement d’« amis de la famille », très bien rémunérés sans doute mais dont le manque de compétences sur les matières qu’ils étaient censés superviser, était patent ? Pensons, par exemple, à Mme Ellen Futter, Présidente du Musée américain d’histoire naturelle. Faut-il s’étonner que la banque ait cependant passé haut la main les plus récents tests de résistance des dix-neuf plus grosses banques américaines exigés par la Fed , lui donnant ainsi le droit d’attribuer d’abondants dividendes aujourd’hui malheureusement compromis ?

Faut-il s’étonner que les variations du prix de l’action de la compagnie facebook, le 18 mai, jour de son introduction en bourse, se soient résolues en gains pour les banques responsables du lancement, et ceci que le prix soit à la hausse ou à la baisse, parce que certains de leurs départements pariaient dans une direction et d’autres dans l’autre ? Comme le fait remarquer Daylian Cain, professeur d’éthique financière à la business school de l’Université de Yale, interrogé par le Wall Street Journal : « Le conflit d’intérêt, ça peut rapporter gros ! »

Faut-il s’étonner, toujours dans l’affaire facebook, que les plus gros clients des banques émettrices aient été alertés à titre privé que l’avenir de la compagnie était moins rose que généralement anticipé, ce qui leur avait permis de ne pas se porter acheteur et d’éviter ainsi des pertes ? L’explication n’est-elle pas que la mise en évidence de cet élément d’information supplémentaire avait nécessité une recherche plus approfondie qu’il aurait été injuste de ne pas rémunérer – même si la sacrosainte « transparence » des marchés s’est trouvée écornée au passage ?

Est-il possible de prévenir ces pratiques détestables, d’autant qu’en période de crise comme aujourd’hui, elles se voient étalées à la une des journaux ? La volatilité créée artificiellement le 18 mai autour du titre facebook est due aux ventes à découvert, lesquelles ne sont possibles que parce que des détenteurs d’actions les prêtent à des spéculateurs qui s’empressent de les revendre, avant de les racheter ensuite à un prix déprécié. Cette « location » de titres peut rapporter gros : l’équivalent annualisé de 10 % à 40 % le jour de l’introduction en bourse de facebook. La pratique n’est toutefois légale qu’en raison d’une négligence de la loi : parce que l’emprunteur est autorisé à vendre les actions qu’il a empruntées. Où a-t-on jamais vu deux personnes être concurremment propriétaires du même bien, sinon dans ce seul cas ? Que faudrait-il pour prohiber la pratique, dont la nocivité est criante ? Pas plus qu’un décret. Un tel décret serait-il en préparation que les « marchés » entonneraient leur vieille rengaine sur les risques qui pèserait sur leur « liquidité », et chacun opinerait du bonnet sans se soucier davantage de ce qu’ils veulent dire par là.

« Dumb money » : l’argent stupide, c’est la façon dont les professionnels nomment les opérations passées par des particuliers. 10 % à 15 % d’une offre initiale sont en général réservés à cet argent stupide. Dans le cas de facebook, 25 % avaient été retenus à cet effet. Pourquoi se gêner, alors que de nouveaux pigeons naissent chaque jour que Dieu fait ?

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(*) John Kenneth Galbraith, The Great Crash – 1929, Houghton Mifflin, 1954

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