Chris Wylie, lanceur d’alerte, sur une élection truquée au Royaume-Uni

Chris Wylie est ce jeune Canadien (déjà mentionné à plusieurs reprises ici) qui, dans une déposition de quatre heures (+ plusieurs heures d’audition à huis clos) nous a révélé à la manière d’un Edward Snowden (si ce n’est qu’il bénéficie lui de la protection des gouvernements dont il a dénoncé les dysfonctionnements), comment nos sociétés marchent vraiment, en particulier la façon dont en 2016 les élections présidentielles américaines et le référendum britannique du Brexit ont été manipulés par des officines d’extrême-droite exploitant les données personnelles des utilisateurs de Facebook.

Dans un article publié hier dans The Guardian, il pose quelques questions de bon sens :

Si cela s’était produit au Kenya ou au Nigeria, un nouveau vote serait exigé par les observateurs internationaux. Si cela se produisait dans une circonscription locale, une nouvelle élection partielle serait organisée. La démocratie britannique est certainement assez mûre pour réagir quand quelque chose semble avoir mal tourné, surtout quand les enjeux sont aussi élevés. Le référendum a été remporté par moins de 2 % des voix. Cela aurait-il pu faire la différence ? Le stratège en chef de Vote Leave [appel au Brexit] affirme que ce fut le cas : dans une citation – désormais effacée – pour le site Web d’AggregateIQ [le bureau d’étude ayant travaillé pour Vote Leave].

Je suis un eurosceptique progressiste. J’ai soutenu Leave [quitter l’Union européenne]. Il ne s’agit pas de « remords tardif ». Il s’agit de faire respecter la règle de droit. Le Royaume-Uni est sur le point d’entreprendre le changement le plus profond de son règlement constitutionnel depuis une génération. Nous devons être absolument certains que cela se fait sur une base juridique appropriée. Ce sont là des faits inconfortables et des questions difficiles. Mais la Grande-Bretagne ne doit pas se cacher derrière un « c’est la faute à Facebook ». Le déni n’est pas la réponse appropriée.

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35 réflexions sur « Chris Wylie, lanceur d’alerte, sur une élection truquée au Royaume-Uni »

  1. Quand le résultat ne plait pas a maitre Jorion , c ‘est de la manipulation et donc il faut revoter !
    Etrange il me semble déjà avoir vu ca quelque part…..

    1. Vladimir, pourquoi les trolls, qui se croient très malins, se trahissent-ils toujours par leur pseudo, qui révèle encore mieux que leurs radotages venimeux qui ils sont vraiment ?

      J’ai retrouvé l’autre jour dans la poubelle un commentaire que Julien y avait – très judicieusement – « modéré », d’un gars qui se faisait appeler, avec encore moins de retenue que toi : « God » !

      Mégalos, mais sans avoir rien à dire.

      1. Dommage, dès que vous avez un peu de contradiction, vous devenez sec, cassant, presqu’haineux. C’est l’une des raisons pour lesquelles je vous délaisse.

      2. Plusieurs référendums portant sur des aspects fondamentaux de l’UE ont donné des résultats contraires à ceux attendus par l’UE, au Danemark, en Irlande, en France, en Hollande. Chaque fois le résultat a été invalidé, en obligeant les peuples à revoter (bien comme il faut) ou en contournant le résultat (France et NL en 2005). Le Brexit est le 1er exemple de référendum négatif dont le résultat soit accepté et mis en oeuvre.
        Aucun résultat positif n’a JAMAIS été contesté, malgré l’appui de presque tous les médias qui « informaient » les populations. Pourquoi??

      3. Aucun résultat positif n’a JAMAIS été contesté, malgré l’appui de presque tous les médias qui « informaient » les populations. Pourquoi??

        Parce qu’il n’y avait rien de légalement contestable (la question en était-elle vraiment une ?).

        Ce qui n’est pas le cas ici, mais vous le saviez déjà.

    1. La vie ça va , ça vient .

      On peut divorcer sans jurer de ne plus se revoir , et tout est dans la richesse des liens ..distendus , recousus .

      L’histoire des ententes plus ou moins cordiales entre nos deux pays
      ( ça fait 1000 ans que ça dure ) témoigne de la continuité de ces liens qui resserviront .

      On peut se souvenir que si certain voulait l’Angleterre toute nue , c’est un peu grâce aux fuites organisées par notre « ennemi héréditaire » que la France a su se doter de l’arme atomique .

      On a besoin des britishs comme ils ont bien besoin de « nous » .

      Mais tout ce temps et cette énergie perdus , alors que « tout s’agite autour de nous  » , c’est navrant .

  2. Dommage que Paul Jorion (que j’apprécie beaucoup!) ne donne pas la moindre explication sur la manière dont les élections auraient été truquées, ce qui empêche le lecteur ( novice en la matière, je l’avoue) de se faire une opinion…

    1. Il suffit de lire ce que j’écris, ce n’est pas si compliqué, et également suivre les liens.

      Pourquoi écrivez-vous « que j’apprécie beaucoup », pour prouver aussitôt le contraire ?

  3. Je ne vois pas en quoi ca implique de revoter.
    Il n’y a aucune « manipulation ». Pas de bourrage des urnes, pas de magouille dans le recompte des voix, pas de vote sous hypnose, pas de fusil sur la tempe.
    Seulement du marketing politique mieux ciblé car bénéficiant de moyens techno d’aujourd’hui.
    Les citoyens ont voté sur la base des informations qui leur ont été mises sous le nez, leur jugement était autonome.
    Si on rejette ça autant rejeter la démocratie. Ou réintroduire le vote censitaire, entre ceux qui sont doué d’un jugement critique et autonome, et les autres… Ce qui de fait implique la mort de la démocratie (même si les politiques menées ne sont de toute façon pas alignées sur les intérêts de la majorité).
    Je trouve plutôt positif, à l’inverse, d’être parvenu à faire voter des gens qui sans ça ne se seraient pas déplacés.

    Les electeurs sont de plus en plus contents de Trump, dixit PJ. Donc bon, l’affaire me semble pliée.

    Pour le Brexit, sur le principe, je ne vois pas pourquoi les anglais ne pourraient pas décider revoter s’ils le souhaitent. Pas besoin de soupçon de manipulation pour ça d’ailleurs. Ils font bien ce qu’ils veulent.
    Mais il faudrait d’abord un vote pour savoir si on revote.

    Par contre je propose qu’on refasse l’election de Macron. Sans le contrôle de la presse par ses amis, il ne serait jamais parvenu au deuxième tour. Ca, ca me parait une manipulation infiniment plus grave.

  4. Dommage que le vote du Brexit ait été truqué, dommage que le vote en faveur de Trump ait été truqué : il y avait une si belle leçon à tirer du fait que ç’aurait été le peuple – les écailles lui tombant des yeux – qui les aurait adorés…

  5. Au sujet de ce brexit, et de ces élections, je ne comprend pas une chose :
    Le vote « leave » l’a emporté. La Grande Bretagne va quitter l’Union Européenne. Bon, très bien.
    Certes le vote a été influencé, il y a eu de la manipulation, de l’influence, mais tout les votes ne sont ils pas influencé d’une manière ou d’une autre ?
    Ce que je ne comprend pas, c’est en quoi est ce une catastrophe ?
    Voila des années que nous subissons une austérité, une casse du service public, tout ça à cause de la religion frelaté de L’UE, – et les Grecs se la prennent en pleine poire, c’est un labo, et à la fois, un exemple de ce qui pourrait bien nous tomber dessus. Bref…
    L’UE, à ne pas confondre avec l’Europe, est une saloperie, et personnellement, je me réjouis quand elle se prend une mandale.
    Nous avons un pays membre qui décide de reprendre ses billes et de retrouver son autonomie de décision, au niveau de ses petites affaires. (la renationalisation des chemins de fer, par ex, n’aurait pas été admise par les trouduc de Bruxelles).
    Bon, certes, les Grands Bretons, bien que membres de l’UE, ont toujours fait chambre à part, et certes, ils quittent le navire pour de mauvaises (?) raison.
    Mais je ne pige, vraiment pas en quoi, un pays qui reprend son autonomie, sa Souveraineté, c’est une mauvaise chose.
    Cela fait deux fois cette semaine que des gens, dont l’avis compte un peu, s’alarment du Brexit : Vous Paul, et Frederic Lordon.
    Bon, voila.
    J’ai pas fait d’études supérieures, je n’ai que le bac (et je vous embrenne ! 😛 ), et je ne comprend pas.
    Merci d’éclaircir.

    1. La Grande Bretagne quitte l’U€ et il y a bien lieu de s’en réjouir. Ses dirigeants reprochaient notamment à l’U€ de ne pas être assez « libérale » (au sens dévoyé d’aujourd’hui, parce que les père du libéralisme ne se reconnaitraient pas dans les dogmes que l’on nous assène en leurs noms). Donc bon débarras. Ce qui ne veut pas dire que l’U€ va changer du jour au lendemain, loin s’en faut.
      La politique économique des Etats membres est verrouillée par les traités, c’est une négation de la démocratie. La casse de l’Etat social n’est pas une spécificité française, c’est la feuille de route de l’U€. La fameuse concurrence omniprésente du traité de Lisbonne.
      Il est illusoire de faire miroiter un plan A de négociations/refondation. L’exemple de la Grèce est un avant gout des prochains qui s’y risqueraient. Nous aurons besoin directement du plan B avec ses décisions souveraines et unilatérales.
      L’U€ est une construction mortifère et dogmatique. Il y a tout lieu de promouvoir des accords bilatéraux tout azimut comme le pratiquent les 165 pays de la planète qui ne sont pas dans l’U€.

  6. On sait qu’il y a eu manipulation, de là à en mesurer l’impact réel !
    Sur wikipedia qui recense les résultats on voit que la majorité passait régulièrement d’un côté à l’autre, ( 50-50 moyenne des 6 derniers sondages ), donc qu’il ait basculé d’un côté ou de l’autre peut être du à tout et n’importe quoi.

    De même de nos jours, le soutien à la poursuite du processus passe régulièrement d’un côté à l’autre ( brève recherche sur google ) qui la aussi doit subir des influences extérieures, notamment la façon dont les européens appellent à négocier .

    1. Ça veut dire quoi « de là à en mesurer l’impact » ?

      Certains l’ont fait. Pourquoi juger la tâche impossible a priori ?

      Selective Exposure to Misinformation: Evidence from the consumption of fake news during the 2016 U.S. presidential campaign, par Andrew Guess, Brendan Nyhan, Jason Reifler, le 9 janvier 2018

      Fake News May Have Contributed to Trump’s 2016 Victory, par Richard Gunther, Paul A. Beck, Erik C. Nisbet, le 8 mars 2018

      1. Medellín, le 9 avril 2018

        Paul Jorion a raison, complètement raison.

        Non seulement parce que ‘certains l´ont fait’, mais notamment parce que la mémoire politique de ´certain(e)s´ n´est pas trop forte.

        Pour les aider un petit peu, lisez sur la relation entre Roy Cohn et Donald Trump, et svp rappelez que ce dernier monsieur suit une agenda bien précise, continuant des pratiques anti-démocratiques dès les années 1947.
        (Et n´oubliant pas les avertissements forts de Eisenhower sur le complexe MIC qui s´était construit dans la période 1940 – 1945).

        https://www.vanityfair.com/news/2017/06/donald-trump-roy-cohn-relationship

        Et lisez cet article (formidable) de Pia de Jong (Princeton Institute for Advanced Study) a publié ce soir dans le NRC Handelsblad de Amsterdam:

        quote

        De Princeton, New Jersey, Pia de Jong écrit sur ce qui la frappe.

        Aujourd’hui, une pièce de théâtre qui évoque à nouveau la peur du sida.

        Un ange avec une grande bouche et des plumes cassées.

        Source : Amsterdam, NRC Handelsblad, lundi 9 avril 2018.

        J’ai grandi avec des anges. Ma jeunesse catholique était pleine d’histoires d’êtres exaltés descendant du ciel pour nous avertir, nous aider et prédire l’avenir. Dans mes rêves, les anges ont lissé leurs plumes dans une lumière blanche éblouissante.
        Les anges n’étaient pas seulement beaux et gentils. Au Lycée, il y avait une estampe de Gustave Doré sur laquelle Jacob se bat avec son ange. Le pauvre Jacob est repoussé par l’ange beaucoup plus grand. Je tenais mon cœur.
        Mais dans mes rêves les plus fous, je n’ai pas vu la bataille que le prieur Walter menait avec son ange dans la pièce Angels in America. Cette œuvre emblématique et acclamée de Tony Kushner est maintenant, 25 ans après sa première, célébrant une fois de plus son triomphe à Broadway.
        La pièce joue dans les années 80 du siècle dernier. Pour ceux qui pensent que nous vivons à une époque folle et que tout allait mieux : Ronald Reagan, un président imprévisible, était au pouvoir ; la guerre froide avec les Russes était effrayante ; et il y avait une maladie mortelle qui touchait particulièrement les jeunes homosexuels. Le méchant dans la pièce, l’avocat manipulateur Roy Cohn, était un complice du détesteur communiste Joe McCarthy – et l’un des premiers mentors de Donald Trump.
        Angels in America est en train de ramener la peur entourant le sida à son paroxysme. La peur de l’infection, la lutte pour les médicaments, le tabou sur l’homosexualité. L’isolement de ces patients, qui sont souvent morts d’une mort horrible dans l’âme de leur mère. Lorsque Kushner a écrit l’article, en 1991, plus d’un million de personnes ont été infectées. Plus de 150 000 personnes sont mortes du sida en Amérique, et il n’y a aucune perspective de traitement.
        L’inspiration de Kushner est venue quand il a vu un ange devant lui quand son ami, un danseur de ballet, est mort. L’ange dans la pièce est à l’heure. Mais le salut ne va pas tout seul. Dans son pyjama, Prior Walter, un homme gai de 30 ans se bat dans un lit d’hôpital, une bataille pleine de désespoir, de peur et d’hallucinations.
        Son ange ne ressemble pas à celui de ma jeunesse.
        C’est une créature imposante avec une grande bouche, avec des ailes grossières et sales de plumes cassées. Elle pousse le Walter mortellement malade si fort dans son ventre qu’il le frappe en retour et le soulève si haut que j’ai peur qu’il s’effondre trop. Mais à la fin, Prior Walter gagne, tout comme l’humanité gagne la bataille contre la terrible maladie.
        À minuit, je traverse Broadway, la tête pleine d’anges en difficulté, en criant.
        Je suis plongé dans les hallucinations pendant près de huit heures, la bataille féroce entre le bien et le mal, le progrès et la stagnation, l’approche d’Armageddon, mais aussi les portraits affectueux et humoristiques des interactions humaines quotidiennes.
        Je pense à la fin étonnamment prometteuse. Walter s’adresse directement au public, debout devant la statue dans Central Park de l’ange de Bethesda qui a donné le pouvoir de guérison de l’eau du bain.
        « Le monde est en train de tourner tout seul. Nous serons des citoyens. L’heure est venue. Salutations. Vous êtes de merveilleuses créatures, chacun d’entre vous. Et je vous bénis : Plus de vie. Le grand travail commence.¨

        Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator
        unquote

      2. https://www.youtube.com/watch?v=8y06NSBBRtY

        ¨Nous ne devrions jamais rien prendre pour argent comptant. Seule une communauté de citoyens prompts à la réaction et bien informés pourra imposer un véritable entrelacement de l’énorme machinerie industrielle et militaire de la défense avec nos méthodes et nos buts pacifiques, de telle sorte que sécurité et liberté puissent prospérer ensemble.¨

        Source: http://reseaux.blog.lemonde.fr/2013/10/26/mises-en-garde-eisenhower-1961/

    2. Le journaliste Sylvestre Huet a rédigé de très bonnes enquêtes sur « la fabrique de l’ignorance » et les « fake news ».
      Il faut bien avoir à l’esprit c’est que les processus à l’oeuvre font réalisent un changement d’échelle de la manipulation. Il s’agit d’une vraie massification et d’une nouveau type de guerre.
      L’article de Huet montre notamment les dégâts terribles sur le négationnisme climatique et l’authentique falsification de données scientifiques.
      Est ce que nos sociétés voire l’humanité, peuvent se permettrent de laisser émerger une nouvelle menace systémique dans l’état ou ils se trouvent?

      http://huet.blog.lemonde.fr/2018/03/05/que-puis-je-contre-lignorance/

      http://huet.blog.lemonde.fr/2018/03/11/lunion-europeenne-sattaque-aux-fake-news/

      http://huet.blog.lemonde.fr/2018/03/08/sur-twitter-le-faux-plus-fort-que-le-vrai/

  7. Bonjour,
    Eh bien, je serais curieux de connaître le résultat si demain le RU devait revoter…
    Le Brexit est une ânerie sans nom d’ailleurs où ils sont ceux qui l’ont plébiscité comme les Nigel Farage. Ils mettent le feu puis après ils partent! La politique de la terre brûlé ! Chapeau les gars!
    Quand je lis certains commentaire comme quoi le probléme c’est l’EU, on est plus chef chez nous, etc,etc….Mais, savent ils comment elles fonctionnent cet EU qu’ils dénoncent tant? Ils savent ce que c’est le Conseil de l’Europe et d’après eux pourquoi on doit toujours attendre que se soit le couple franco allemand pour lancer les grandes réformes Européennes? Parce qu’on est DEJA dans l’Europe des nations! Ce sont elles qui pilotent les politiques Européennes et qui vous font croire que c’est la méchante EU qui les soumets. L’EU c’est le type qu’on paye pour faire la sale besogne, celle que nos dirigeants politiques de nos petites nations ne veulent pas assumer….Mais bordel, ouvrez les yeux!
    J’ai voté NON en 2005 car je voulais pas de cette Europe des Nations et puis Sarko l’a quand même imposé en 2007. On a le résultat! Merci!
    Et puis un dernier truc, l’Europe :
    – soit on l’a fait jusqu’au bout c-a-d un modèle fédéral à l’Américaine, à la Suisse ou autre chose, mais de toute façon avec perte de souveraineté des nations sur certains sujets (défense, immigration, politique étrangère, commerce, etc). On n’y échappera pas! Il faut parfois faire des sacrifices!
    -soit on arrête tout!
    Mais s’imaginer qu’on va faire de la coopération toute gentille et qu’il n’y aura que du gagnant-gagnant. çà c’est le monde des bisounours! Et c’est un gars qui habite dans la ville qui abrite la plus grande réussite Européenne en matière de coopération industrielle ,à savoir Airbus, qui vous le dit. Mais Airbus , avec la mentalité populiste d’aujourd’hui anti européenne , on pourrait plus le construire!

      1. Mea Culpa:
        Je ne pensais pas au « conseil de l’Europe » mais au « Conseil Européen ».
        Si il y a un truc que je concéderais bien au « euro-sceptique »….C’est la non visibilité des structures Européennes…et leur complexité….;-)

    1. L’U€ est un accord entre des Nations, rien de neuf sous le soleil.
      Ces Nations se sont liées les mains avec un traité dont les règles économiques leurs interdisent toute initiative en dehors d’un dogme « libéral » que seule l’U€ applique avec une telle rigueur.
      Le « couple franco-allemand » n’existe que dans la narration française, rien de tel en Allemagne.
      Ce carcan n’est pas négociable. Un Junker a pu dire sans se faire destituer que la démocratie ne peut aller contre le traité.
      Nous sommes au sein d’une organisation totalitaire notamment en ce qui concerne l’économie, c’est ce que retiendront les historiens quand ils étudieront cette période.

  8. Cessons de se prendre le choux pour des questions du niveau de queues de cerises.

    Brexit : sans importance, et pour UK et pour l’Europe. L’Europe est un fait. La Grande Bretagne ne peut que se déterminer par rapport à ce fait. Et le réciproque est vraie. Nous sommes liés par la proximité géographique et par l’histoire. Ce pays et l’Europe n’ont pas de choix face à cette réalité. Tout le reste n’est que péripéties à courte vue.

    Trump? Un non-événement, un accident d’ailleurs non rare. Qui se souvient que Bush avait été élu par des comptages à répétition des votes en Floride , puis finalement déclaré vainqueur dans cet État par décision d’une cours suprême hautement politisée. Le vote pour Trump sous influence? Peut-être. L’autre folle va-t-en guerre a effrayé certainement plus d’un électeur. Les manigances rien moins que démocratiques utilisées par elle pour éliminer Bernie Sanders sont scandaleuses, le vrai scandale de cette élection. La malédiction actuelle des USA est qu’ils n’ont le choix qu’entre la peste ou la peste, comme si le système de pré-sélection électorale ne favorisait que les plus médiocres. Où sont les Kennedy, Carter, Obama?

    Reste que si les Russes sont intervenus malicieusement dans l’accession de Trump, alors là c’est grave, pour la démocratie, pour la libre entreprise et pour la paix du monde. Imaginons maintenant qu’au lieu des Russes, un cartel de grosses entreprises s’est glissé dans la tête des votants, à leur insu, grâce à des astuces permises par la technologie, alors là hosanna au plus haut des cieux, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes de la libre entreprise et pour la paix du monde. La fonction de ces entreprises est de vous faire bouffer de la poudre à laver en machine produite par Untel plutôt que celle produite par Telautre. Passer de la poudre de perlimpinpin à un minable politique n’est qu’une translation d’objectifs ne présentant pas de difficulté. Un peu plus de pognon et quelques comparses pas très délicats, sans doute… le ROE le vaut bien. Même les Russes sont assez combatifs pour se payer ce qu’un lessivier achète banalement.

    Je pense, et c’est effrayant, que le pire pour nous serait que Poutine puisse faire élire un clone de lui à la tête des USA. Vu les performances des Russes, et le besoin désespéré de pognon des grands groupes US mercenaires sans état d’âme et sans frontière, le cauchemar pourrait bien devenir réel, et plus tôt qu’on ne le pense.

    Le monde se partage en 2 groupes : ceux qui ne se couchent pas sans vérifier qu’un Russe ne se cache pas sous leur lit. Et ceux qui ne se rendent pas compte que leurs «outils communicants» sont un moyen de les mettre en fiche et les contrôler, à ciel -surtout le cloud- ouvert. Le progrès ultime: pas besoin de lit.

  9. @ Johan
    Emouvant, le texte de Pia de Jong . Merci, on a toujours plaisir à découvrir de nouveaux horizons.
    La MIC de papa Eisenhower commence à dater par ses conséquences… nulles. D’accord, il nous a averti des dangers de ces enragés militaristes, mais on a fait quoi? L’opinion publique US fait quoi ? Après tout, c’est elle qui paiera les 700 milliards de dollars (de 696 à 716 selon les sources) pour le Pentagone, dont une bonne part va au MIC. Budget en forte augmentation, il va sans dire. Eisenhower a toujours été le Général US préféré des Russes, si gentil à Berlin et à Suez! Peut-être sont-ce les Russes qui en font bon usage de cet avertissement. Poutine a décidé de descendre le budget militaire à 3 % du PIB, ce qui correspond à une baisse sensible en roubles, d’une année à la suivante. Ironique, si les Russes sont sincères… douteux c’est vrai.

    Je croyais qu’un des ‘aides’ appréciés de Joe McCarthy était Nixon. Roy Cohn et McCarthy ensembles physiquement, n’y aurait-il pas incompatibilité de date? Je comprends mieux si Roy s’inspire de Joe, mais c’est pas clair.
    Merci encore.

    Juste en passant.
    Région d’afrin, le nettoyage ethnique et ses atrocités suivent leur cours normal. Enfin, des réfugiés choisis vont être relogés…Chuuut, plutôt rêver. Il est vrai que Bruxelles a décidé de surseoir au versement de la seconde tranche de 3 milliards d’Euro au satrape d’Ankara, pour cette année. Elle met en doute le bon emploi des milliards déjà versés, supposés employés à acheter de l’armement plutôt qu’améliorer les conditions d’existence des 3 (?) millions de réfugiés sur le sol du satrape. En clair, les garder par devers lui. En second clair, c’est un blanc-seing au nettoyage ethnique entrepris par lui à Afrin après avoir conquis cette portion de territoire syrien en paix depuis 7 ans etc… ( Merci à François Leclerc pour lever un coin du voile de ce scandale).

    1. @’daniel’
      Et pour répondre vos questions:

      quote
      ANALYSE

      Le président Trump a appelé Roy Cohn, mais Roy Cohn n’était plus là.

      7 janvier 2018
      RON ELVING
      [Source : National Public Radio (NPR)]

      La semaine dernière, une série de reportages étonnants sur le président Trump et sa Maison-Blanche, des reportages que certains Américains ont eu du mal à croire. Mais une citation attribuée au président n’aurait dû surprendre personne : celle du New York Times où le président a demandé : « Où est mon Roy Cohn ?

      Dans un moment de crise, le président a crié pour l’homme du passé de Trump que le Times a décrit comme son « avocat personnel et réparateur ». Bien plus que cela, Cohn était un avocat légendaire et controversé qui a poussé les tactiques juridiques jusqu’aux limites pour un éventail éblouissant de clients – des sénateurs aux mafieux et aux gros bras dans le sport et le divertissement.

      Cohn était lui-même périodiquement en difficulté juridique et a été radié du barreau de New York quelques semaines avant sa mort en 1986. Mais son héritage se perpétue dans la carrière des autres.

      Trump l’a rencontré en 1973 dans une boîte de nuit de Manhattan. Les deux sont devenus amis, alliés, associés. Certains disent que Cohn était le mentor de Trump, ou même son père de substitution. C’est clair : Cohn était le modèle de Trump dans le traitement des relations publiques et de la guerre médiatique.

      Le code de Cohn a été construit sur l’intérêt personnel et la loyauté ; son style était une question d’intensité. S’il était votre avocat, il était prêt à faire n’importe quoi pour vous ; s’il était votre adversaire, aucune prise n’était interdite.

      Melania Trump a dit pendant la campagne que « quand vous attaquerez Donald, il ripostera 10 fois plus fort ».
      C’était le modus operandi de Cohn pendant de nombreuses années avant qu’il ne l’enseigne à Trump.

      Il n’est pas difficile de voir les tactiques de Cohn dans les carrières commerciales et télévisuelles de Trump, sinon dans sa campagne pour la présidence. Il n’est pas difficile non plus de comprendre pourquoi, en tant que président, lorsque Trump a senti qu’il avait besoin d’aide, il a crié : « Où est mon Roy Cohn ?¨

      Il a peut-être manqué Cohn à plusieurs reprises au cours de ces premières semaines, mais l’histoire à succès du Times (de Michael S. Schmidt) s’est concentrée sur un point précis en mars 2017. Trump était en fonction depuis moins de deux mois et, tout en luttant pour prendre les rênes du gouvernement fédéral, il essayait également de limiter les retombées des rapports d’ingérence russe lors de l’élection présidentielle de 2016.

      En janvier, la communauté du renseignement des États-Unis a confirmé les efforts considérables déployés par la Russie pour s’immiscer dans divers aspects de la campagne. De vilains soupçons avaient été éveillés parce que les efforts russes étaient essentiellement dirigés contre l’opposante démocrate de Trump, Hillary Clinton.

      En février, le conseiller à la sécurité nationale de Trump, Michael Flynn, a été forcé de quitter l’administration à la suite de révélations sur les contacts et les relations qu’il entretenait avec divers Russes. Il avait apparemment menti au sujet de ces contacts avec le vice-président, entre autres.

      Le FBI enquêtait sur tout cela, alors le président s’est assis avec James Comey, alors directeur du FBI. Selon Comey, le président a demandé à deux reprises s’il avait la loyauté de Comey. Le président n’a pas obtenu la réponse qu’il voulait. Comey ne serait pas le Roy Cohn du président. (Trump a nié qu’il ait jamais demandé à Comey de promettre sa loyauté.).
      Comey serait éventuellement congédié, mais en mars de l’année dernière, Trump s’occupait encore d’autres questions de loyauté. Il a été frustré par la décision du procureur général Jeff Sessions de se récuser de tout rôle dans l’enquête du ministère de la Justice de Russie. Le FBI fait partie du ministère de la Justice, et Trump a peut-être pensé que Sessions pourrait l’aider à contenir l’enquête du DOJ. [Departement de la Justice JL].

      Trump avait nommé Sessions, qui avait été sénateur de l’Alabama, pour être le meilleur avocat du pays, croyant peut-être que cela signifiait que Sessions serait son meilleur avocat. D’une part, ce travail était une récompense pour les mois solitaires de Sessions en tant que seul sénateur soutenant la candidature de Trump en 2015 et au début de 2016. Mais c’était aussi une indication que le président supposait qu’il avait jusqu’au dernier iota de la loyauté de Sessions.

      Sessions, cependant, avait un problème particulier en ce sens qu’il avait lui-même omis les contacts qu’il avait avec l’ambassadeur russe lorsqu’on lui a posé des questions sur les contacts russes lors de ses auditions de confirmation des charges. De plus, en tant qu’ancien fonctionnaire de la campagne Trump, il ne pouvait pas superviser une enquête sur cette campagne en vertu des règles du ministère de la Justice.

      Sessions ne voyait donc pas d’autre choix que de se récuser selon les règles du ministère de la Justice.

      D’abord Comey, puis Sessions. Trump était furieux. C’est à ce moment-là qu’il a demandé, que ce soit pour la rhétorique ou pour de bon : « Où est mon Roy Cohn ? ».

      L’implication claire était que Cohn, l’avocat qui n’a rien arrêté, n’aurait jamais cowered avant quelques règles ministérielles ou des subtilités procédurales. Il semble que Trump n’a pas compris pourquoi Comey et Sessions ne pouvaient pas ressembler davantage à Cohn.

      Roy Cohn est né à New York en 1927, l’année où Babe Ruth a réussi 60 home runs pour les Yankees. Il a fait ses études dans certaines des meilleures écoles privées de la ville, y compris Fieldston et l’Université Columbia, cette dernière lui donnant un baccalauréat et un diplôme en droit à l’âge de 20 ans.

      Quatre ans plus tard, Cohn était un avocat du ministère de la Justice qui aidait à poursuivre l’affaire d’espionnage de secrets nucléaires contre Ethel et Julius Rosenberg. Ce procès de 1951 a abouti à la condamnation et à l’exécution des Rosenberg. Cohn a également obtenu des condamnations contre plusieurs autres accusés accusés d’avoir des liens communistes.

      Cela a conduit J. Edgar Hoover, alors directeur du FBI, à recommander le jeune Cohn à un sénateur qui planifie une série d’audiences d’investigation pour éradiquer les communistes dans la bureaucratie fédérale. Le sénateur était Joseph R. McCarthy, un républicain du Wisconsin, et ses audiences ont dominé les nouvelles nationales pendant plusieurs années – souvent à cause des recherches de Cohn ou de l’interrogatoire de témoins.

      Cohn était encore aux côtés de McCarthy lorsque le sénateur a dépassé les bornes dans une série de 1954 sondes de figures de l’armée américaine. L’échec de ces audiences a mené à la censure de McCarthy par l’ensemble du Sénat plus tard cette année-là, après quoi sa carrière a rapidement décliné. Cohn, cependant, en est sorti indemne, démissionnant du personnel du sénateur et retournant à New York pour reprendre la pratique privée.

      Dans cette quête, Cohn a connu un succès impressionnant au nom de ses clients célèbres. Il s’agit notamment du cardinal catholique romain Francis Spellman, du magnat du transport maritime Aristote Onassis et du propriétaire des Yankees George Steinbrenner. Ils comprenaient également des personnalités politiques des deux partis et des patrons du crime organisé comme Carmine Galante et John Gotti.

      Mais Cohn était aussi l’homme de la ville, souvent vu dans les boîtes de nuit à la mode de l’époque. L’un d’eux était Le Club, où il a rencontré Donald Trump pour la première fois en 1973. Considéré comme beau et courageux, le jeune homme de 27 ans du Queens avait l’intention de faire sa marque à Manhattan. Plus tard dans l’année, Cohn défendit Trump et le père de Trump contre les accusations fédérales selon lesquelles ils avaient systématiquement exclu les Noirs et les Hispaniques de leurs projets de logement. (Ils ont finalement réglé l’affaire sans aveu de culpabilité).

      Cohn était connu pour avoir poussé les tactiques agressives jusqu’aux limites et au-delà, en particulier pour avoir intenté des poursuites et des contre-poursuites pour intimider ses adversaires. Au cours des deux dernières décennies de sa carrière, il a fait l’objet d’une enquête des autorités fédérales pour parjure et falsification de témoins, entre autres accusations. En 1986, un groupe spécial de la Division d’appel de la Cour suprême de l’État de New York a radié Cohn pour conduite contraire à l’éthique et non professionnelle.

      À l’époque, Cohn avait déjà reçu un diagnostic de sida, et plus tard la même année, il mourrait de complications de cette maladie (bien qu’il ait toujours insisté en public sur le fait que sa maladie était un cancer du foie). C’est pour cette raison qu’une jeune génération d’Américains a d’abord rencontré le nom de Cohn dans un contexte théâtral. La dernière phase de sa vie est représentée dans la pièce de Tony Kushner, lauréate du prix Pulitzer en 1993, Angels in America : A Gay Fantasia on National Themes.

      Cohn n’a probablement jamais pensé que le jeune homme du Queens qu’il a rencontré au Club deviendrait le plus célèbre de tous ses clients, celui qui l’a rendu digne d’intérêt pour les nouvelles jusqu’au 21e siècle.
      Depuis Cohn, Trump a eu de nombreux avocats, le défendant lorsqu’il était ciblé et intentant d’interminables poursuites judiciaires contre ses ennemis. Mais aucun pour prendre la place de son mentor.

      Maintenant, en tant que président, Trump a théoriquement des milliers d’avocats à son emploi. Mais il n’a pas leur loyauté, du moins pas dans le sens où il en a envie.

      Et c’est pourquoi il continuera à se demander : Où est son Roy Cohn ?

      Traduction par Deepl.com
      unquote

  10. L´essentiel de Dwight Eisenhower pour moi se trouve dans les mots suivants:
    ¨Le désarmement, dans l’honneur et la confiance mutuels, est un impératif permanent. Ensemble nous devons apprendre à composer avec nos différences, non pas avec les armes, mais avec l’intelligence et l’honnêteté des intentions.¨ (1961).

    Je ne connais pas suffisamment l´histoire politique de La France, mais au moins aux Pays-Bas (1975) le ministre Max van der Stoel (aff étrang) et son secréraire d´état, le prof (éminent) dr. Peter Kooijmans, publiaient pour la toute première fois un document de stratégie (no. Parlement 13.461) sur l´urgence du desarmement, nucléaire, chimique et traditionnel. Un document assez révolutionaire, considérant la pression du coté des industries (étatiques surtout) de tous les cotés, pour faire exactément le contraire. On se rappelle les efforts du gouvernement francais pendant le premier septennat de FM de réducir la production militaire navale à Brest, et la réaction EXPLOSIVE du coté des syndicats laboraux soi-disants de ¨gauche¨ en France…. comment ose-t-on parler d´un desarmement….

    Bref: le problème auquel Dwight Eisenhower me paraissait et me paraît se référer, est un problème au niveau des erreurs (très grandes) de la gauche en Europe au début du 20-ème siècle, profondément raciné dans l´embrassement du nationalisme (a) et (b) le rejet du pacifisme comme ELEMENT ESSENTIEL du socialisme.

    Et, évidemment, également le problème de la bureaucratisation des relations étatiques – entreprises – syndicats laboraux (Robert Michels, Werner Sombart, oui et aussi Eduard Bernstein).
    ¨The iron law of oligarchy and bureaucratisation¨.

    Dire que ces observations de Eisenhower sont ¨datées¨, quant à moi, est aussi absurde que dire que les observations de Paul Jorion concernant la nécessité urgente de transformer le capitalisme en socialisme, et l´introduction Sismondienne d´une fiscalité à l´automatisation et l´information plus gratuité des services de base, seraient datées.

    Un des gros problèmes (à lire entre autres Yo S. Brenner et Joan Robinson) est précisément ce défaut extrème du capitalisme, où l´on aurait besoin des ¨dead end investments¨, basé sur la fiscalisation publique, pour créer une demande effective qui pourrait absorber (1) les sorties de la production ¨excédentaire¨, (2) le chomage et (3) la création des revenus, ainsi luttant contre la sous-consammation.

    Alors: une conclusion en forme de hypothèse:

    ¨Probablement le MANQUE de pression politique (oui, notamment du coté de la GAUCHE!) pour avancer beaucoup plus l´effort de desarmement est la conséquence du manque de la gratuité des services de base?¨

    Cette malédiction de croire / percevoir que tout est gelé, tout est bloqué, et que la seule perspective est l´abîme, le desastre..

    1. Hé bien, c’est long. Je suis bien content que vous citiez Babe Ruth. J’ai l’impression qu’il va devenir mon joueur de baseball préféré. On a tous des faiblesses. Depuis que ma vue a baissé, j’ai des difficultés à distinguer le base-ball du rugby mais Babe, mondialement connu, restera immortel. Les atrocités d’Afrin aussi.

      Ceci étant éclairci, je suppose que votre notation «Je ne connais pas suffisamment l´histoire politique de La France » se rapporte au complexe (militaro-industriel. Pas de Freud ici…) français. La création de ce complexe est limpide. J’ai cité l’alliance de circonstance militaro-diplomatique soviéto-US pour faire plier les Britt et nous à Suez en 1956, mais pas Israel. Or, les deux complexes, le complexe (non freudien) et le complexe (Freud?) français d’infériorité né de l’humiliation (1940 revisité, pour sûr) résultant de cette alliance contre nature, sont absolument liés. En effet, les hauts fonctionnaires qui se disaient ministres français ont crié «jamais plus!», après avoir rembarqué piteusement nos forces des rivages égyptiens. Le nucléaire était alors l’arme majeure. Constatant la dépendance des forces nucléaires Britt envers les USA, nos hauts fonctionnaires ont donc initié l’élaboration de forces nucléaires nationales ne devant absolument rien aux USA, qui y étaient de toute façon opposés. Ça été une œuvre de très longue haleine, comme on sait. Mais nos scientifiques se sont mobilisés pour cette aventure exaltante, et avec quel succès! En résumé, notre CMI existe non pas à cause des moscoutaires et leurs successeurs, mais à cause des USA, Eisenhower régnant. Ironie . Voltaire a causé de ces choses très humaines. La nécessité de la Force répond à la maxime d’Eden et d’autres britt selon laquelle il faut être suffisamment fort pour peser dans les conseils du monde.

      Je me dis que papa Eisenhower n’avait pas une vue très large des conséquences de ses paroles , essentiellement contingentes comme lors de la course à Berlin en 1945. Course que les soviétiques ont gagné haut la main par jet de l’éponge du partner. 50 ans de malheurs qui auraient été facilement évité. Je crois que Churchill s’est exprimé, avant et pendant , et a émis des prophéties pour l’après, prophéties globalement vérifiées par le temps. Il n’était pas un vieil européen visionnaire sans raison.

      Ce n’est pas à dire que Eisenhower était cynique. Quelle horreur. On a tous des faiblesses. Ici, il convient de citer à nouveau Afrin : en 1956, au moment exact où les USA faisaient plier les britanno-français à Suez, avec l’aide moscoutaire, ces derniers, -le pacte de Varsovie, Moscou étant maître de la manœuvre-, exécutaient la Hongrie qui s’essayait timidement à goûter de la démocratie. Dans le sang. Seule différence, Afrin est tout petit. Le chagrin est sans doute moindre chez les aveugles.

      On peut avoir quelques lueurs sur cette affaire grosse de conséquences intéressant la France et marquant le début du déclin Britt – à l’ouest de Suez, autre ironie- dans «Le piège de Suez», Henri Azeau, Robert Laffont, 1964.
      Afrin ? Ça doit vous lasser.

  11. Post-scriptum.. et pour donner encore de la nourriture aux autres commentaires amères, cyniques ici:

    J´aimerait vous rappelez que Wim Duisenberg, le premier président de la BCE à Frankfurt, publiait sa thèse de PhD chez le grand polémologue le prof Bert Röling (Université de Groningen), ancien membre du Tribunal de Tokyo (1946) (re:https://fr.wikipedia.org/wiki/Tribunal_militaire_international_pour_l%27Extr%C3%AAme-Orient).

    Le titre de la publication PhD de Wim Duisenberg?

    ¨Les conséquences économiques du desarmement.¨ (1965).
    (re: https://search.socialhistory.org/Record/928667)

    Ce n´était pas tellement étrangre que Duisenberg soit le ministre de finances dans ce même gouvernement (le seule gouvernement progressif aux Pays-Bas après 1940) de 1975.

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