Après le scandale Facebook, il est temps de baser l’économie numérique sur le choix entre propriété publique et privée des données, par Evgeny Morozov

After the Facebook scandal it’s time to base the digital economy on public v private ownership of data

Evgeny Morozov © The Guardian

Ouvert aux commentaires. Merci à Timiota pour la traduction (avec l’aide de DeepL) !

Après le scandale Facebook, il est temps de baser l’économie numérique sur le choix entre propriété publique et privée des données.

Au lieu d’appeler les utilisateurs Facebook à supprimer leurs comptes, nous devrions nous occuper de réorganiser le mode d’opération de l’économie numérique

La perte en cours de la confiance du public envers Facebook est une bonne nouvelle pour ceux d’entre nous qui ont émis mains avertissements sur les dangers de l’ « extractivisme des données » depuis des années.

Il est rassurant d’avoir une preuve décisive et définitive que sous la rhétorique de haute technologie de Facebook – « construire une communauté globale qui fonctionne pour nous tous » – se cache un projet cynique et agressif : construire un aspirateur global de données qui nous suce tous autant que nous sommes. Comme d’autres dans cette industrie, Facebook gagne de l’argent en forant profondément nos données personnelles – les pokes et les likes sont simplement la façon dont nos données émergent – tout comme les entreprises pétrolières creusent bien profond dans les puits de pétrole : les bénéfices d’abord, les conséquences sociales et individuelles plus tard.

Dans la même veine, l’avenir numérique rose – où des publicités intelligemment personnalisées subventionnent la fourniture de ce que même Mark Zuckerberg appelle « l’infrastructure sociale » – n’est plus quelque chose que beaucoup d’entre nous vont prendre pour acquis. Alors que les coûts monétaires de la construction et de l’exploitation de cette « infrastructure sociale » pourraient être nuls – pour les contribuables de toute façon – ses coûts sociaux et politiques sont peut-être encore plus difficiles à justifier que les coûts du pétrole bon marché dans les années 1970.

De tels moments de vérité, aussi soudains et choquants qu’ils puissent être, ne suffisent pas. Facebook est un symptôme, pas une cause de nos problèmes. À long terme, fustiger sa culture d’entreprise est susceptible de s’avérer aussi futile que de nous fustiger nous-mêmes. Ainsi, au lieu de débattre de l’opportunité d’envoyer Zuckerberg à l’équivalent entrepreneurial de l’exil, nous devrions faire de notre mieux pour comprendre comment réorganiser l’économie numérique au profit des citoyens – et pas seulement d’une poignée d’entreprises multimilliardaires qui considèrent leurs utilisateurs comme des consommateurs passifs, sans idées politiques ou économiques; ni aspirations qui leurs soient propres.

Les obstacles qui s’opposent à ce programme de transformation sont nombreux et, pire, ils sont structurels – fort peu susceptibles d’être résolus avec une appli intelligente. Ces obstacles proviennent principalement de la dynamique inquiétante du capitalisme contemporain – qui stagne plus que ne le suggère notre obsession de l’innovation ordinaire ou si possible « disruptive » – plutôt que de notre supposée dépendance aux réseaux sociaux ou à l’usage abusif de cette dépendance de la part des entreprises technologiques.

Avant tout, bien que nous puissions continuer à dénigrer les « big tech » à qui mieux mieux, nous ne pouvons pas par facilité ignorer le fait que Facebook, avec Alphabet, Amazon, Microsoft et d’autres ont joué un rôle clé dans la relance du marché boursier américain à ses niveaux records de maintenant. Ils ont assuré un sympathique minimum de prospérité à un moment où le reste de l’économie est toujours aux prises avec les retombées de la crise financière.

En un sens, les marchés technologiques américains des années 2010 ne sont pas très différents des marchés américains du logement des années 2000 : tous deux ont essayé de générer de la richesse, au moyen de la valorisation des actifs, même lorsque l’économie réelle battait de l’aile. Supprimez les gains immenses de la valeur boursière des grandes entreprises technologiques au cours des dernières années et il n’y aurait guère de raison de parler d’une reprise post-crise significative. C’est en tout cas la principale raison pour laquelle l’Amérique ne fera probablement rien pour lier les mains de ses géants de la technologie, en particulier lorsque les entreprises de technologie chinoises montrent leurs biceps et se développent à l’étranger. Trump continuera à maudire Amazon de son courroux rageur – jusqu’au jour où il découvrira Alibaba.

Facebook peut, bien sûr, essayer de modifier son modèle d’affaires. Amazon et Alphabet, par exemple, se sont récemment diversifiés dans le secteur beaucoup plus lucratif des services, l’intelligence artificielle et le cloud computing leur offrant des marges bénéficiaires plus élevées et aidant à contrebalancer les problèmes émergents que connaissent leurs activités principales. Facebook, bien qu’il dispose d’excellents chercheurs en IA et de masses de données pour les occuper, est très en retard à ce jeu. Après tous les récents scandales, il lui sera difficile de convaincre ses clients potentiels des milieux d’affaire (« corporate ») que leurs données sont en sécurité.

Tout cela ne laisse à l’entreprise qu’un seul choix, déjà promu par certains de ses premiers investisseurs tels que Roger McNamee : larguer le secteur de la publicité corps et bien et introduire des frais mensuels – essentiellement, les frais d’abonnement – pour ses services. L’idée ici est que Facebook peut faire d’une pierre deux coups : en faire un lieu moins propice à la propagation de fausses nouvelles, tout en se désintoxiquant de la compulsion de collecter et stocker autant de données utilisateur. Les auspices d’une telle démarche ne sont actuellement pas très favorables – qui veut payer pour Facebook après tout ce qu’elle a fait ? – mais les choses peuvent changer à mesure que les scandales actuels s’estompent et qu’une foule d’acteurs, des gouvernements aux universités en passant par les philanthropes, se mobilisent pour prendre en charge ces factures Facebook mensuelles.

En attendant, bien sûr, nous serons soumis à un barrage de promesses – par des politiciens, en particulier en Europe, mais aussi par des patrons de la tech – affirmant qu’ils feront de leur mieux pour renforcer le contrôle de nos données et même pour introduire de nouvelles lois punissant les mauvaises pratiques flagrantes. C’est un développement que nous devrions surveiller de très près, car une telle rhétorique essaiera inévitablement de restaurer le sens de la normalité quant à l’état général de l’économie numérique : elle essayera de nous convaincre que, sauf quelques pommes pourries et leurs dérives éthiques, tous les fondamentaux sont bons et rien de majeur n’est en jeu.

Un tel sentiment de normalité restaurée s’ajustera bien avec la vision du monde partagée par deux des camps en jeu qui sont pourtant souvent présentés comme habitant deux univers diamétralement opposés : les technocrates européens et les techniciens de Facebook. Car, en dépit de leur antagonisme tant vanté, ils se ressemblent beaucoup dans leur compréhension du monde : pour les deux, le centre du monde est le marché intouchable et d’ordre divin, où des entreprises (réglementées) offrent toutes les sortes de services possibles et imaginables à des cohortes d’utilisateurs-usagers omnipotents et maximisant leur « utilité », et qui, s’ils sont mécontents, peuvent toujours choisir de faire affaire ailleurs.

Les seules interventions autorisées dans ce monde sont les initiatives visant à renforcer les droits des consommateurs et des données, à renforcer la concurrence et, peut-être, à extraire plus d’impôts (c’est là où interviennent les technocrates européens) ou à concevoir de meilleurs services et technologies (le territoire des ingénieurs de Facebook) . Dans ce monde fantastique, l’histoire a vraiment pris fin et le capitalisme mondial ne se contente pas de régner en maître suprême, il fonctionne réellement, apportant la prospérité et la méritocratie partout où il vient se poser.

Ainsi, il n’est pas nécessaire de considérer ou d’imaginer d’autres formes d’organisation sociale et politique – des modèles où, disons, des villes ou des groupes de citoyens ou bien l’État-nation joueraient un rôle plus important dans la formation du marché ou encore décideraient quelles parties de notre vie est à laisser hors de cela – car, si ces nouvelles formes étaient vraiment nouvelles et utiles, le marché aurait déjà pensé à elles. Et pourquoi s’embêter, puisque le marché est présumé fonctionner à l’optimum de toute façon ?

Cette conception du monde est, bien sûr, directement contredite par la réalité empirique : le succès des géants de la technologie aux États-Unis et en Chine, par exemple, est la conséquence directe d’une intervention étatique forte sur le fonctionnement du marché et non de le laisser suivre son cours. Dans le cas des États-Unis, il a fallu des décennies de financement militaire pour lancer la Silicon Valley et au moins autant de décennies passées à une ingénierie de ré-articulation soigneuse du système commercial mondial afin de rendre plus difficile à d’autres pays le rattrapage et le développement de technologies similaires.

La différence entre Européens et Américains, cependant, c’est que tandis que les Américains prêchent une chose et en font une autre, les Européens, ces abrutis, font souvent exactement ce qu’ils disent. Ainsi, alors que la Chine et les États-Unis ont fait de leur mieux pour protéger leurs industries technologiques en constante expansion, l’Europe a fait de son mieux pour s’assurer que ces industries étrangères rivalisent avec les propres siennes à des conditions équitables.

La mauvaise nouvelle est que cela a laissé le continent sans grande capacité technologique domestique. Les bonnes nouvelles sont que, contrairement aux États-Unis – où une grande partie de l’économie nationale est liée à la technologie – ou à la Chine – où il n’y a guère d’impact de l’extractivisme des données sur les élections, parce qu’il n’y a pas d’élections – l’Europe est le seul acteur bien positionné pour mener une révolution des données très différente – un chamboulement qui révolutionnera l’industrie de la technologie et stimulera l’innovation tant sur le plan technologique que politique.

En un mot, au lieu de laisser Facebook nous facturer pour ses services ou continuer à exploiter nos données à des fins publicitaires, nous devons trouver un moyen de faire payer à des entreprises comme Facebook l’accès à nos données – mais conceptualisées, pour la plus grande part, comme quelque chose que nous possédons en commun, et pas comme quelque chose que nous possédons en tant qu’individus.

Beaucoup d’autres institutions intéressées à travailler avec ces données et à construire des services – des universités aux bibliothèques, des institutions de l’État-providence aux agences de transport public, des entrepreneurs aux municipalités – peuvent avoir leurs propres conditions d’accès, parfois gratuites et parfois fortement subventionnées, y compris peut-être par des fonds de capital-risque gérés par l’État, qui pourraient également veiller à ce que les capacités-clés pour pleinement tirer parti de ces données, tel que le développement de l’intelligence artificielle, soient abondamment financées.

D’où proviendraient tous ces fonds ? Eh bien, cela aiderait certainement si les gens comme Facebook et Alphabet avaient à payer des frais pour accéder aux données, au lieu de simplement « optimiser » leur minime fardeau fiscal comme ils le font maintenant. Le point ici, cependant, ne serait pas de maximiser les revenus générés par cette nouvelle couche de données (si c’était le cas, on pourrait tout aussi bien déployer un système d’enchères pour vendre des sortes de « droits sur les données »). Non, l’objectif serait de « planter » différents arbres de données qui pousseraient selon différentes logiques : si Facebook veut offrir des services qui monétisent la surveillance perpétuelle, ils devraient être libres de le faire – à un coût très élevé, sous surveillance complète, et avec le plein consentement de leurs utilisateurs [!] – mais il ne devrait y avoir aucune raison pour que d’autres types de modèles (frais d’abonnement, accès subventionné, accès totalement gratuit basé sur le revenu [!!], etc.) ne soient pas offerts autour des mêmes ensembles de données.

Il existe de solides arguments pour décider comment pondérer les droits individuels et collectifs à la propriété des données. Ceux qui soutiennent que nous devrions simplement devenir des « actionnaires de données » et obtenir un rendement financier sur nos données, Facebook et Google continuant à les exploiter à des fins publicitaires ou autres, devraient peut-être se préoccuper du fait que ces données n’émergent qu’une fois agrégées entre plusieurs individus (encore plus dans le cas de l’utilisation de l’apprentissage automatique), on ne peut pas simplement prendre le revenu total de ces entreprises et le diviser par le nombre d’utilisateurs individuels pour savoir ce qui est dû à chacun d’entre nous. De plus, une grande partie des données que nous produisons lorsque nous marchons dans une rue municipale financée par l’impôt et munie de réverbères intelligents tout autant financés par l’impôt est probablement mieux conceptualisée en tant que données sur lesquelles nous pourrions avoir des droits d’usage sociaux et collectifs en tant que citoyens, mais pas nécessairement des droits de propriété individuels en tant que producteurs ou consommateurs.

L’argument habituel contre un tel système est qu’il risque de conduire à des abus de la part des gouvernements, car les données ne seraient plus entre les mains d’entreprises telles que Facebook (Facebook !) et seraient stockées sur une sorte de « cloud public ». C’est certainement possible, mais le système actuel ne semble pas générer moins d’abus, si ce n’est que nous les traitons indulgemment comme exceptions, plutôt que comme véritables règles du jeu. Et nous continuons à le faire même dans le sillage des révélations de grande envergure sur les abus systématiques du gouvernement révélés par Edward Snowden.

Cependant, il n’est pas nécessaire de mettre au rebut la tradition européenne révérée de protection des données ; il faut seulement rediriger son point focal. Au lieu de continuer sur une voie qui prétend exister en dehors de l’histoire, enregistrant à peine les pressions exercées par le capitalisme mondial, la montée en puissance de la Silicon Valley ou le modèle de bien-être social-démocrate européen, il faut combiner protection des données et un agenda économique et démocratique proactif qui veillera à ce que les citoyens ne perdent pas le contrôle de la précieuse ressource (données) et de l’infrastructure (intelligence artificielle) autour desquelles la plupart des futures institutions politiques et économiques seront édifiées.

La droite, au moins de la variété la plus créative, la plus aux franges, a bien compris les enjeux de cette bataille imminente. Lors d’un récent événement organisé par le Financial Times, Steve Bannon, ancien stratège en chef de Donald Trump, a inclus comme point-clé la lutte pour restaurer la « souveraineté numérique » – qu’il a définie comme la revendication de propriété intellectuelle personnelle des grandes entreprises technologiques – parmi les trois grands thèmes qui formeront l’ossature de la rage populiste contre la mondialisation. L’anti-mondialisme de Bannon n’est cependant qu’une pseudo-version, une posture, car la seule véritable façon de monétiser nos données et d’en recevoir un dividende réel serait de laisser fermement en place les institutions les plus mondialisées – les marchés financiers mondiaux (en étendant même encore davantage leur pouvoir dans des zones passées sous la domination de Facebook et Alphabet, c’est-à-dire la vie quotidienne) [NdT : les marchés sont vus ici comme institution publique, surtout].

La gauche, à l’exception de quelques expériences courageuses de propriété de données au niveau municipal, a très peu à dire sur le sujet. C’est dommage car ce débat sur les données fournira également à la gauche une opportunité sans pareille de repenser à nouveaux frais plusieurs de ses autres positions : sur la façon d’organiser la fourniture du bien-être à l’ère de l’analyse prédictive ; comment organiser la bureaucratie et le secteur public à l’ère des citoyens équipés de capteurs et, souvent, de hautes technologies ; comment organiser de nouveaux types de syndicats à l’ère de l’automatisation omniprésente ; comment organiser un parti politique centralisé à l’ère des communications décentralisées et horizontales ?

Au lieu de cela, la gauche continue à frapper les tambours technocratiques appelant à davantage de protection des données, davantage d’impôts et davantage de législation antitrust (et le timbre de ces tambours, indépendamment de l’intention originale, sonne de plus en plus néolibéral). Rien de mal à propos à ces mesures en soi, mais elles sont inadéquates pour la tâche à venir, compte tenu notamment des crises multiples qui assaillent les institutions mêmes – État-providence, secteur public, syndicat, parti politique – que la gauche a utilisé à travers l’histoire pour marquer son territoire et promouvoir les intérêts de ses électeurs défavorisés. Plus de réglementation, quand il s’agit d’une mauvaise réglementation, ne devrait pas être célébrée, quel que soit le degré de confiance que cela procure aux responsables européens de se dire que le capitalisme imaginé par leurs pères fondateurs dans les années 1950 continue de fonctionner comme promis.

Nous faisons face à trois options politiques. Nous pouvons continuer avec le modèle actuel, donc avec Facebook, Alphabet, Amazon et d’autres reprenant de plus en plus de fonctions de l’État. Avec le temps, peut-être, nous n’aurons pas à nous inquiéter que leurs technologies soient utilisées pour influencer les élections parce que la plupart de nos vies dépendront de ce qui se passe dans leurs salles de réunion – et non de ce qui se passe dans nos parlements.

Alternativement, nous pouvons opter pour le pseudo-antiglobalisme soutenu par Bannon, revendiquant une certaine autonomie vis-à-vis des géants de la technologie en donnant plus de pouvoir au secteur financier (que Bannon, bien sûr, veut aussi apprivoiser avec des cryptomonnaies ; nous verrons qui apprivoisera qui, mais jusqu’ici les banques semblent avoir survécu à leurs challengers – voire même les avoir avalés ).

Enfin, nous pouvons utiliser les controverses récentes sur les données pour articuler une politique véritablement décentralisée et émancipatrice, selon laquelle les institutions de l’État (du niveau national au niveau municipal) seront déployées pour que soient reconnus, créés et favorisés des droits sociaux aux données. Ces institutions organiseront différents ensembles de données dans des pools [bassins] avec des conditions d’accès différenciées. Elles veilleront également à ce que ceux qui ont de bonnes idées, qui ont peu de viabilité commerciale mais qui promettent un impact social majeur reçoivent un financement de capital-risque et mettent en œuvre ces idées sur la base de ces bassins de données.

Repenser dans cette voie de nombreuses institutions existantes dans lesquelles les citoyens semblent avoir perdu confiance, voilà qui contribuerait grandement à résoudre le profond sentiment d’aliénation de la vie publique et politique ressenti à travers la planète. Ce ne sera pas facile mais cela peut encore être fait. Cependant, cela pourrait ne pas être le cas dans 10 ans, voire dans cinq ans, à mesure que les coûts politiques et économiques à long terme de l’extractivisme des données surgissent à la surface. Car les puits de données à l’intérieur de nous, comme tous ces autres puits des gisements pétroliers, ne dureront pas non plus pour toujours.

Partager :

21 réflexions sur « Après le scandale Facebook, il est temps de baser l’économie numérique sur le choix entre propriété publique et privée des données, par Evgeny Morozov »

  1. Honnêtement, quel est l’intérêt concret pour l’utilisateur lambda d’utiliser ce ‘réseau social’ Facebook ?
    Je suis effaré de voir dans le train, le matin ou le soir, le plus souvent 6 personnes sur 10 rivées à leurs petits écrans d’appareils photos-caméra (avec possibilités de téléphonie!), quelle gabegie de moyens techniques pour de la fausse communication entre les gens.
    A La Havane, les gens se parlent encore dans les transports en commun, quoique, les plus jeunes cédant à la mode, s’équipent également de ces étranges petites lucarnes qui leur donnent l’illusion de pouvoir dialoguer avec toute la planète… !

    1. D’un autre côté, ignorer tout ce que font de bien les voisins de son quartier ou les amateurs du même hobby que soi, c’est un peu dommage. Morozov plaide pour un statut de « chose commune » à la bonne échelle pour tout cela.
      Pas de raisons d’être contre tant que la dynamique ne nuit pas à plus de gens que ne le fait l’hypocrisie ordinaire de la vie urbaine. Je plaiderais pour un « primum non nocere » des données numériques, mais docteur Faecebook (ô la typo) nous a mis à la coke numérique.

  2. En résumé, les citoyens doivent être maître du support qui stocke, partage et traite les messages, puisque l’information n’est pas dans les 1 et les 0, mais dans une communauté qui les reconnaît et leur donne sens.
    Nous sommes le « Cloud » (il y a pas si longtemps on l’appelait l’humanité), hackeurs, programmeurs ,ingénieurs et chercheurs en IA de tous bords, construisez le réseau qui utilise l’infrastructure mobile déjà présente, vous et moi avec notre « teddy bear » dans la poche et un digne successeur au TCP/IP.

  3. La gauche étant favorable au progrès sous toutes ses formes s’abstient le plus souvent de soumettre les changements que permettent l’évolution des techniques à l’examen critique que ces changements mériteraient. Tout se passe donc à ses yeux comme si les évolutions techniques tombaient du ciel sans qu’elles n’aient rien à voir avec l’organisation économique et le contexte politique dans lequel elles apparaissent (depuis le milieu du XXème siècle c’est d’ailleurs presque toujours des États-Unis qu’il viennent.)

    Internet n’aurait pas pu apparaître en URSS, pays ou la possession d’une machine à écrire était soumise à une autorisation. Il n’aurait pas non plus pu apparaître en France où par construction son anticipation sous la forme du Minitel était conçue pour fonctionner du haut vers le bas et ne permettait pas la communication directe entre les utilisateurs. La Chine semble avoir les moyens de le contrôler en isolant les citoyens des sites non conformes et même paraît-il en leur interdisant d’employer certains mots.

    Aux États-Unis Internet a été mis en place (avec la bénédiction des militaires) pour permettre aux chercheurs universitaires de communiquer facilement entre eux puis il a été détourné par les étudiants (surtout pour échanger des corrigés de devoirs et des photos de femmes à poil, mais les autorités académiques ont laissé faire.)

    L’événement déterminant et qui est la cause de ce qui est en train de se passer s’est produit à la fin des années 1980:

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%27Internet#Ouverture_du_r%C3%A9seau_au_commerce

    La sincérité des intentions exprimées par les créateurs de Google, FaceBook et autres n’a à terme que très peu d’importance, ils ne peuvent pas échapper à la logique de la concurrence et du profit maximum. Au vu de la manière dont ont évolué au cour du temps la presse écrite, la radio et la télévision, l’utilisation actuelle d’Internet par les grandes entreprises du capitalisme globalisé est parfaitement logique. Certains, tout en se prétendant de gauche, risquent fort de détourner les yeux, habitués qu’ils sont à laisser décider le marché orienter ce qu’ils persisteront à appeler « le progrès ».

    1. Le bon sens comme dirait….un Robespierre (ou avant un Descartes) : aujourd’hui, si vous interrogez les générations disons…au-dessous de 50 ans, elles vous diront, quasi unanimement, que l’invention du siècle, non, ce n’est pas la voiture ou l’électricité, mais c’est internet ; matin, midi et soir, et bien sûr, au travail ou pour accomplir des tâches administratives, ou encore pour trouver une recette de cuisine, écouter de la musique ou regarder un film – et considérant également que le smartphone, en tant que mini-ordinateur portable connecté et géolocalisé, est devenu un accessoire quotidien incontournable. Dans ces conditions il serait temps de faire évoluer le droit en la matière, et d’établir une sorte de loi de « secret des correspondances », punissant sévèrement purement et simplement tout individu ou personne morale au comportement intrusif, qui se serait permis d’accèder à vos données personnelles ou à votre utilisation personnelle d’internet, au même titre que quelqu’un qui se permettrait d’entrer chez vous sans votre consentement. Tout simplement, et le raisonnement compliqué ci-dessus n’aurait même plus lieu d’être. Et d’ailleurs, libre à chacun de publier gratuitement ou pas ce qu’il veut, comme cela se passe sur le présent blog par exemple.

      1. À propos du secret des correspondances, partout et toujours remis en question : https://xn--dcodages-b1a.com/2018/03/31/un-livre-decrit-lancetre-de-la-nsa-sous-vichy/

        Antoine Lefébure, l’auteur du livre dont il est question dans l’article de François Leclerc, explique très bien pourquoi la surveillance intensive par le régime de Vichy pendant l’occupation a été laissée dans l’ombre à la libération (en la présentant comme seulement motivée par le souci de connaître l’opinion des français alors qu’elle a surtout servi à la traque des résistants, des juifs et des communistes.)

        Pour ce qui est de la liberté de chacun de publier ce qu’il veut (dans l’esprit du premier amendement de la constitution US et à condition que ce qui est publié ne soit pas contraire à la loi) serait tout à fait à sa place dans le préambule de la Constitution ou encore dans les traités de l’UE.

      2. « C’est la principale raison pour laquelle j’ai souvent défendu ici l’idée que je préférai un pouvoir délégué sous conditions et sous contrôle réel , où l’on peut dégommer celui qui emmerde le peuple parce qu’il est repérable ( « responsable ») , qu’à des modes de « pouvoir » où la responsabilité se dilue dans le décor . »

        Bien vu. En parlant de chien et d’être humain….

        Pour l’un comme pour l’autre , en cas de crise de dégénérescence auditive avérée, il y a les tranquillisants ou une bonne détente directe et claire des chevilles ou du genou, histoire de faire un CASSE sur les bijoux de famille de l’atrophié du bulbe malentendant. Ces élans spontanés salvateurs zé libérateurs, du pied et du genou, ont le mérite de déboucher et, les conduits auditifs des « durs de la feuille », et de leur faire rapidement retrouvrer leur esprit et la « mémoire » dans un calme et une sérénité bienfaiteurs. Parler la langue que la bête entend, en toute fraternité, est recommandé par tous les grands et zéminents zéthologues. Élégance, tact, diplomatie, discrétion, efficacité. As usual.
        En doutiez-vous… ?

        Amicalement vôtre.

  4. « [Internet]… n’aurait pas non plus pu apparaître en France où par construction son anticipation sous la forme du Minitel était conçue pour fonctionner du haut vers le bas et ne permettait pas la communication directe entre les utilisateurs. »

    Ah bon? Et en quoi l’internet d’aujourd’hui, réseaux sociaux compris, n’est-il pas un fonctionnement du haut vers le bas, dans lequel les utilisateurs se connectent à un serveur centralisé (même si celui-ci peut être physiquement dupliqué des centaines de fois), alors que tout est fait pour décourager, voire criminaliser, la communication de pair à pair?

    Par ailleurs, l’un des éléments qui ont assuré le succès du minitel est très exactement… les forums d’utilisateurs, usage certes non prévu au départ mais qui a fait beaucoup pour populariser le biniou. Autrement dit, ce qui se rapproche le plus d’une « communication directe entre utilisateurs », où les messages, en mode texte bien sûr, n’étaient pas limités à 140 caractères… L’une des différences majeures étant qu’à l’époque, un particulier pouvait héberger un serveur minitel dans un placard de sa cuisine (cas vécu)!

    Hors les facteurs d’échelle et la multiplication des formats de données supportés, Internet tel qu’il fonctionne aujourd’hui ne se différencie guère, sur le plan conceptuel, du Minitel tant honni. Sauf qu’il coûte beaucoup plus cher pour l’utilisateur lambda.

    1. Assez d’accord sur le constat de ce qu’est devenu le web : un immense minitel qui ne dit pas son nom et sans « responsable » identifiable .

      Chassez l’irresponsabilité , elle revient au galop : par l’outil , par son gestionnaire , par ses utilisateurs .

      C’est la principale raison pour laquelle j’ai souvent défendu ici l’idée que je préférai un pouvoir délégué sous conditions et sous contrôle réel , où l’on peut dégommer celui qui emmerde le peuple parce qu’il est repérable ( « responsable ») , qu’à des modes de « pouvoir » où la responsabilité se dilue dans le décor .

      Le principal étant dans le mode et la qualité de la prise de décision , de son suivi , pour rendre compte .

    2. « Ah bon? Et en quoi l’internet d’aujourd’hui, réseaux sociaux compris, n’est-il pas un fonctionnement du haut vers le bas, dans lequel les utilisateurs se connectent à un serveur centralisé (même si celui-ci peut être physiquement dupliqué des centaines de fois), alors que tout est fait pour décourager, voire criminaliser, la communication de pair à pair? »

      Voui ! P2P is freedom !
      http://www.yacy.fr/index.html

      Via…!…. la boîte à sucre mou et gluant….
      Zuckerberg Senate Testimony on Facebook Data Set for April 10
      4 avril 2018 à 14:44 UTC+2 Updated on 5 avril 2018 à 02:22 UTC+2

      « Public hearings last year on Russian use of social media featured top lawyers from Facebook, Twitter Inc. and Alphabet Inc.’s Google but they, too, failed to satisfy a number of senators. The lawmakers said CEOs and decision-makers, not their lawyers, should be held to account for letting their networks be abused and for saying what they will do to prevent a recurrence. »
      https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-04-04/facebook-s-zuckerberg-to-testify-before-house-commerce-panel

      Facebook : “Mark Zuckerberg sait qu’il a merdé”
      https://www.courrierinternational.com/article/facebook-mark-zuckerberg-sait-quil-merde

  5. Pas d’accord.

    Les datas personnelles (et non pas inscrites dans une démarche transversale statistique), parce-que c’est du biographique, parce qu’elles ne sont rattachées qu’à moi (et pas à tous de manière indifférencié, comme ça peut être le cas de l’énergie ou de la connaissance scientifique par exemple), parce qu’elles relèvent de l’intime, ne sont pas un objet de gestion possible (quel que soit le régime de monétisation).

    Il va falloir arrêter, aussi, avec le duo « bien commun/gestion collective », espèce de mantra supposé résoudre TOUS les problèmes politiques et sociaux.
    Il est grand temps de tracer une ligne rouge, qui ne vaut pas d’ailleurs, que pour les datas biographiques.

    1. Tracer cette « ligne rouge » ( et savoir comment la faire respecter ) , est ce que ça n’est pas précisément ce que requiert le titre de ce billet , dans lequel je n’ai précisément compris sans flou artistique ou ignorance , que le titre ?

      Malgré mes efforts , je n’ai pas pu éviter de trouver un peu brouillon et partiel le gros des commentaires ,insuffisance dont n’est pas exempt le texte même de Morozov pour le commun des mortels .

      La « complexité » sort vainqueur de ce premier assaut pour la réduire .

      Le candidat européen devra mieux faire .

      1. Il est exact que le texte est plutôt touffu et les commentaires pas à la hauteur des questions qui se posent.

        D’un côté il y a des rêves, dont par exemple ce que pourrait amener à la médecine la possibilité de rassembler et d’exploiter les masses de données qui deviendront disponibles ou ce que pourrait à l’inverse lui amener une bien meilleure connaissance et surveillance (médicale!) de chaque individu.
        Je pense aussi à la possibilité d’accorder les moyens de transports au besoin réels, etc.

        D’un autre côté il y a des cauchemars qu’il n’est pas vraiment utile de décrire, d’autant plus que nombre d’entre eux l’ont été bien avant qu’ils soient concrètement possibles.

        Pour ce qui est du candidat européen qui, si j’ai bien compris souhaite présenter une version de l’UE nettement plus optimiste que la version sombre que nous avons sous les yeux, c’est en effet une occasion de montrer qu’il existe des alternatives.

        Notre foutue habitude de subir les changements en nous contentant de les qualifier de « progrès » ne facilite pas vraiment les choses.

    2. Je reviens sur la  » ligne rouge » , car c’est bien sa nécessité qui nous fait « homme  » , en situation d’être :

      – sujet et non pas objet ,
      – citoyen non confondu avec le consommateur,
      – prévoyant et non pas prévu ,
      – libre et non pas déterminé …

      Cette ligne de Oui/Non me semble , d’instinct , effectivement , moins définie par le caractère de « propriété » personnelle ou collective
      ( on aura toujours du mal à situer le moment où l’une est totalement étanche à l’autre , et mes demandes de remises à plat de la propriété tendent à détruire ce faux débat qui n’entretient que l’inégalité capitaliste ou « naturelle » ) , que par l’appréciation , et l’interdiction stricte et féroce , de tout ce qui peut « préjuger » et « projeter sans accord démocratique  » à notre place .

      Le glaive du pouvoir juste doit être là : rien ( des choses ou des algorithmes ) , ni aucune secte , ne doit et ne peut préjuger à notre place .

      Pour que vive la Liberté .

      L’Egalité .

      Eclairées de la Fraternité étendue au vivant .

      1. Mais si nous ne sommes , comme le répète Paul Jorion , que des corps qui n’en font qu’à leur guise , nous sommes voués à retourner objet .

        Je ne suis que poussière , avant , pendant , après .

        Je ne Veux pas être objet ,pendant .

      2. Eclairées de la Fraternité étendue au vivant .

        Combien par mois – en euros – pour dire cela avec cette banalité qui nous sidère ?

      3. Pas banalité . Constance .

        La sidération ou l’adhésion se mesurent à combien d’euros en octobre ?

        Etrange mesure que je confie à Lacan .

  6. …/… comment réorganiser l’économie numérique au profit des citoyens …/…
    Internet fonctionne essentiellement comme le minitel, un réseau en étoile.
    Une réorganisation citoyenne devrait favoriser un réseau décentralisé.

  7. Higelinade et facebouquade.

    Donc, selon la presse Britt, Faissebooke fait un retour en force. Ou le voudrait. Dans le doute, je prends les devants. Le sarcophage n’aura jamais assez de clous. Car n’en doutez pas, la promesse de ne plus piller vos données pourrait être celle d’un ivrogne impénitent. Je n’ai pas de preuve que la première assertion soit vraie et vous n’avez pas de preuve que la seconde est fausse.

    Donc, le concours du schmilblick est ouvert!

    Facebouc?, fessebook?, fetshdebooque?, faschbooc? … Bokoharam? Non, hors de propos. Quoique, passer de book à boko est une intéressante dérive, génie du pidgin anglo-africain peut-être. Avec haram, étymologies favorables et agglutination créative, résultat pourtant médiocre; il manque l’inversion du génitif saxon. Rédhibitoire.

    ( L’inversion, marque du génitif ‘saxon’, selon Monsieur Scharschmidt, mon prof d’allemand. Son exemple: «die Hapag-Linie Dampfschiff Kapitänsmütze». Vous voyez où est la casquette? Toujours sur le chef du capitaine mais repoussée loin devant. Claude Hagège, qui pense que le français est «direct» et donc universel, alors que les germaniques, toutes variantes confondues, «inversent», pourrait cependant contester ‘saxon’. Après tout, Scharschmidt, un est-allemand francophile, qui avait franchi le Mur de la honte à ses risques et périls, gage d’un cœur ferme, d’une tête bien faite et de muscles sûrs, puis réussi l’agrégation d’allemand en 3 ans tout en perfectionnant son français, devait avoir quelques raisons pour s’accrocher à ce mot. L’allemand possède aussi la déclinaison du génitif, sans inversion et avec insertion d’un article. Peut-être est-ce sa raison pour distinguer les 2 formes? Quoi qu’il en soit, quel athlète, tête et jambes! Ajoutez un cœur en or et un humour ravageur. Pédagogie remarquable, bien sûr, un effet de son élocution typée: «meuzieur, vous n’afez pas fait fos tefoirs! Hachh!!! Traurig, wirklich!». Impayable, un allemand doué qui imite l’idée que de jeunes collégiens se font de la prononciation de leur langue par un prussien rigide: éclats de rires de toute la classe. («Hachh!!!» présente une des difficultés de l’allemand oral, à la fois feulement d’un tigre devant une proie rétive et raclement de gorge prolongé, sans postillonner.) Toutes les filles à l’adolescence précoce en étaient amoureuses. Moi aussi, de lui, en tout bien tout honneur, et de l’une d’entre elles, mais transi. Dispersion sentimentale regrettable, déjà. Trop longue digression, je sais. Je maintiens ‘saxon’, par fidélité aux amours de jeunesse. En effet, son visage de Madone… OK, j’abrège.)

    Facebouque, harmonieuse synthèse anglo-vieux français et saxonne dans sa construction, a ma préférence. Une bouque est (aussi) un bouton sur le visage (acné, petite et grande vérole etc.) esthétiquement désagréable pour l’observateur, autrement séduit. Inesthétique certes, une bouque est, parfois, l’indice d’un désordre sérieux. Une consultation médicale est souhaitable. Vu, l’image purulente en 3D ? Pas sorcier, non?

    Petit essai de philosophie utilitariste. «Si vous n’aimez pas ça, au moins n’en dégoûtez pas autrui.» Je comprends, chantage Ô combien raisonnable. Hélas, le dressage boy-scout ne s’oublie jamais. «Boy-scout un jour, boy-scout toujours» et «Toujours prêt à rendre service».

    Un exemple sera plus explicite. Vous attendriez sa demande pour aider une vieille dame à traverser cette route d’enfer? Oh, que non! Vous vous précipitez à son aide avant même que l’idée ne lui en vienne. Vous remerciez Goethe, Libet et Higelin, chacun pour ce qui le concerne ( Au commencement était l’action, celle de la dame. Faut-il tout vous dire?: elle agit – en l’occurrence, s’apprêter à traverser- avant d’en prendre conscience, comme nous tous; relisez donc vos notes sur Libet. Mais pourquoi Higelin? Juste une autre avance temporelle.) Et vous la menez à bon port sous votre protection, son bon sourire répondant au vôtre. Le boy-scout et la vieille dame intarissable font fête sur le trottoir. Congratulations mutuelles, joie, fleurs, photos. Champagne! Higelin, alors? Non, encore trop tôt.

    Vous comprenez, tout à coup, que l’infatigable Charon de l’asphalte passeur d’âmes vives sans obole, -moi, comme le lecteur aura deviné, lecteur d’ailleurs harassé par cette prose échevelée-, n’abandonnera rien. Peu importe les responsabilités dévolues à mon invincible compassion, plancher des vaches ou cyberespace je m’investirai avec la même foi. Et vous remballez votre chantage indigne. En effet, la poêsie des correspondances est irrésistible.

    Higelin? égaré dans les brumes cyberspatiales? Lui, non. Mais Facebouque, oui, renvoyé au diable vauvert de l’hyperespace, hors du temps présent, cadeau de l’ami Libet. Higelin se prépare… il est prêt.

    Que le sarcophage s’ouvre enfin! Vous pourriez aimer «Les dieux et les diables en sont venus à douter d’eux-mêmes», comme symbole de l’enfer trumpien actuel, écho higelinien à «Ni dieu, ni maître». Mon choix, si peu assumé: «La folie qui m’accompagne, et jamais ne m’a trahi».
    Nos attentes comblées. Sorcière avenante, sans bouque (sur sa face) . Animation fidèle et y’a pas de flingot menaçant.

    Deux merveilles oniriques étroitement mariées; une lune rousse, un songe, des bulles:
    https://www.youtube.com/watch?v=ejdejyYTW4U

Les commentaires sont fermés.