Archives par mot-clé : Grande-Bretagne

L’actualité de la crise : THE CITY, FOR EVER !, par François Leclerc

Billet invité.

Pas de conte pour Noël et pas de bonnes résolutions pour le Nouvel An ! Tout au plus aurait-il pu être fait appel à Dickens et à son personnage détestable de Mr Scrooge, dans A Chrismas Carol, pour dépeindre la vision du monde des milieux financiers, mais Martin Wolf a déjà utilisé le procédé dans sa dernière et féroce chronique du Financial Times.

Abandonner la fiction et redescendre sur terre s’impose, d’autant plus que l’actualité – comme nous nous y sommes accoutumés au fil des ans – fournit une ample et édifiante matière à commentaire. La City de Londres est ainsi le théâtre d’une histoire exemplaire, ses représentants du haut du panier feraillant avec acharnement contre les projets de la coalition gouvernementale formée par les Tories et les LibDem, ce qui est tout de même un peu surprenant, indeed ! Faut-il que la période soit pleine d’imprévus…

L’affaire s’est mal engagée à propos des bonus, thème choisi pour faire passer la pilule, en raison de sa forte portée symbolique en ces temps d’austérité non partagée. Puis elle s’est poursuivie sur un sujet moins grand public, mais à plus forte répercussion : l’éventualité d’une séparation entre les activités risquées et traditionnelles des banques. Une commission ayant été mise en place par le gouvernement pour l’étudier, ce qui semble déjà être en soi intolérable pour ces messieurs.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : THE CITY, FOR EVER !, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : MANQUE DE RESSOURCES, par François Leclerc

Billet invité

Le silence peut parfois être plus inquiétant qu’autre chose. C’est le cas en Europe, où nous sommes loin d’en avoir fini. La fin de l’année est une occasion choisie par les médias pour faire le point, amenant son lot de rétrospectives.

Revenant sur la fameuse promenade d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy sur les planches de Deauville, le 18 octobre dernier, les journalistes du Wall Street Journal viennent de mettre en perspective l’épisode irlandais de la crise européenne et la mise en scène pour les médias de leurs pas de deux. Ils relatent la tentative très politique et maladroite des deux dirigeants européens de maîtriser des événements qui leur échappent des doigts et les poussent à agir. Sous la forme de ce qu’ils savent faire le mieux : passer un compromis. Sans voir plus loin, convaincus une fois de plus que le pouvoir qu’ils expriment sera suffisant.

De quoi est alors fait ce deal, que l’on leur reprochera d’avoir passé à la sauvette et imposé aux autres ? D’un nouveau montage destiné à financer les pays touchés par la tempête, qui prévoit de renouveler et rendre permanent un dispositif de stabilisation financière initialement prévu comme provisoire. De soulager un peu la pression sur les Etats, afin qu’ils réduisent la voilure de leurs déficits, en faisant passer à la trappe l’automaticité des sanctions frappant les réfractaires, mesure souhaitée par les Allemands. Et de faire passer à la caisse les banques européennes, principales créancières des Etats.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : MANQUE DE RESSOURCES, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : DES FRACTURES QUI NE SE RÉDUISENT PAS, par François Leclerc

Billet invité.

Il n’y a pas que nos sociétés qui soient à deux vitesses, l’Europe aussi en a pris le chemin. Etrange et frappante similitude, qui veut que les inégalités s’accroissent, aussi bien entre pays qu’au sein de chacun d’entre eux. Persévérant ainsi dans ce qui a été considéré – par les plus éclairés – comme cause majeure de la crise dans laquelle nous restons plongés : la distribution inégale de la richesse. Faut-il s’en étonner ?

Tandis que les agences de notation continuent de dégrader à tour de bras la note de l’Europe d’en-bas, l’écart s’est désormais creusé sur le marché obligataire avec celle d’en-haut. L’accès au marché financier est devenu hors de prix pour les pays dans le besoin et en comparaison presque donné pour les riches. Déroutante constatation : l’argent n’a pas le même prix pour tout le monde.

Entrés à reculons dans des dispositifs infernaux de sauvetage, la Grèce et l’Irlande se préparent à devoir repousser toujours plus loin toute perspective de sortir de ceux-ci et de recouvrir leur autonomie financière, en attendant que d’autres les rejoignent dans leur calvaire. Car il semble qu’une fois la pente descendue, elle ne puisse plus être remontée. Comme si l’ascenseur social – dont on sait qu’il ne fonctionne plus – avait trouvé à une autre échelle son équivalent.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : DES FRACTURES QUI NE SE RÉDUISENT PAS, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : DEUX POIDS, DEUX MESURES, par François Leclerc

Billet invité

Réunis jeudi et vendredi prochains en Conseil européen, les chefs d’Etat et de gouvernement vont ramasser les copies pour adopter à l’unanimité un communiqué final avec pour objectif de stopper la cacophonie de ces derniers jours. Un projet de texte a déjà fuité auprès de la BBC, qui s’en tenait au minimum décent, mais les débats se sont depuis élargis à un nouveau sujet, une augmentation de capital de la BCE ayant entretemps été posée sur le tapis.

Rien toutefois ne présage – on s’en doute un peu – que les réponses qui vont être apportées en fin de semaine vont changer la face de l’Europe.

La crise part pourtant dans tous les sens. La nouveauté réside dans le développement de la protestation dans plusieurs pays : après le Portugal, la Grèce, l’Irlande, ce sont le Royaume-Uni et l’Italie qui connaissent leurs premières grandes manifestations, emmenées par les étudiants qui jouent leur traditionnel rôle d’éclaireurs. Si elles ont en commun de ne pas avoir de débouché politique revendiqué, la situation générale devrait être considérée comme inquiétante par ceux qui sont au pouvoir ou aspirent à y accéder.

En ce sens, la crise n’est pas devenue uniquement sociale, elle est également profondément politique, car mettant en évidence l’absence de répondant pouvant la canaliser. Les bonnes âmes parleront de montée du populisme et du danger des extrémismes, mais elles n’offriront pas pour autant d’alternatives, cloîtrées dans le cadre étroit de la rigueur – dont elles ne savent ni ne veulent sortir – avec des mots creux et des programmes timorés pour seule vaine promesse.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : DEUX POIDS, DEUX MESURES, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise: LE GRAND JEU ET LES PETITS GARÇONS, par François Leclerc

Billet invité.

Les projecteurs sont braqués sur l’Europe, et plus particulièrement sur la zone euro, depuis que le grand jeu s’y est déplacé et installé. Ce qui ne devrait pas faire oublier le reste du monde, en particulier les pays développés. Où en sont donc les Etats-Unis, le Japon et le Royaume Uni ? Sont-ils dans la même impasse que la zone euro, qui s’enferre dans sa propre crise ?

Aux Etats-Unis, c’est la Fed qui joue le rôle du sauveur. Bien qu’elle ne semble pas trop assurée de son affaire et ne cesse d’expliquer que l’Etat fédéral doit également jouer le sien afin de conjointement relancer l’économie. A ce point que son président, Ben Bernanke, laissait dernièrement entendre qu’après le QE 2, un QE 3 serait envisageable. En termes moins elliptiques, qu’un nouveau round de quantitative easing (assouplissement quantitatif) serait si nécessaire engagé, se traduisant par un nouveau programme d’achats d’obligations américaines.

De son côté, l’administration Obama s’adapte à la situation politique créée par la victoire des républicains à la Chambre des représentants, où ils vont être majoritaires dès la nouvelle législature. Faisant face à de très virulentes offensives, elle concède des compromis peu glorieux. Ils n’augurent pas dans l’immédiat d’une réduction du déficit budgétaire, tant en raison de la prolongation pour deux ans de la détaxe dont bénéficiaient les revenus les plus élevés que des délicates discussions au sein de la commission ad hoc chargée d’étudier entre parlementaires des deux bords des mesures de réduction de celui-ci.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise: LE GRAND JEU ET LES PETITS GARÇONS, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : LA CRISE DE TROP, par François Leclerc

Billet invité

Les événements sont en train de prendre en Europe une drôle de tournure, confirmant que l’Irlande est la crise de trop. L’accalmie enregistrée lundi matin sur les marchés n’est plus qu’un vague souvenir. Annoncé à toute vitesse, le sauvetage irlandais n’a été adopté que dans son principe, et sa concrétisation est depuis devenue hypothétique. Plus on entend affirmer que la situation serait maîtrisée, moins elle se révèle l’être.

Loin d’être circonscrite à un seul pays, la crise est en train de s’inviter non seulement au Portugal et en Espagne, les deux futures victimes toutes désignées, mais menace directement par ses répercussions la Grande-Bretagne – pourtant hors zone euro – ainsi que le système bancaire européen, à commencer par celui des Allemands.

Ce ne sont pas seulement les taux obligataires des pays de la zone des tempêtes qui se retendent – après ne s’être que faiblement détendus – c’est l’euro qui connaît un nouvel accès de faiblesse prononcé vis-à-vis de toutes les grandes devises. Ce sont aussi les valeurs financières (celles des banques) qui sans exception trinquent depuis deux jours sur toutes les places boursières européennes, entraînant avec elles les indices dans leur chute.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : LA CRISE DE TROP, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : A TOUTE VITESSE, par François Leclerc

Billet invité

Tout s’est précipité avant l’ouverture des marchés, les bourses asiatiques commençant le jeu dans la nuit européenne. Dans l’après-midi de dimanche, une réunion extraordinaire du conseil des ministres irlandais a été suivie de plusieurs conférences téléphoniques, réunissant successivement les ministres de l’Eurogroupe (zone euro), de l’Ecofin (les 27), et enfin du G7. Brian Owen, le premier ministre irlandais, confirmait qu’une aide avait été officiellement demandée, tandis que les Européens donnaient leur feu vert de principe, annoncé par Didier Reynders, le ministre belge des Finances. Brian Owen a précisé à cette occasion que le montant final de l’aide serait précisé d’ici « plusieurs semaines », ce qui donne une idée de l’importance des questions qui restent à résoudre. Mais il fallait sans tarder annoncer que tout était réglé.

Reste à mettre au point les détails et montants d’un plan qui réunit de nombreux concours : la Commission octroie des garanties, le fonds de stabilité européen (EFSF) et le FMI vont prêter des fonds. La Grande-Bretagne et la Suède, qui ne font pas partie de la zone euro, y participeraient également. Le montant du plan devrait être inférieur à 100 milliards d’euros, ses conditions n’ayant pas été divulguées, les discussions se poursuivent.

Tandis que le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, expliquait à contre-courant depuis Berlin que Dublin allait devoir convaincre que la stabilité de la zone euro était en jeu, les Britanniques, d’après la BBC, se déclaraient prêts à apporter 7 milliards de livres. Le Royaume-Uni, annonçait le porte-parole du ministère des finances, « sera étroitement impliqué dans les discussions sur le montant et les modalités de l’aide », ce qui laisse entendre qu’un intérêt particulier sera apporté aux cessions d’activités que les banques irlandaises pourraient être amenées à opérer… La remise en cause de la taxation très basse des entreprises, demandée par les Allemands et les Français plus particulièrement, pourrait avoir été écartée de la discussion selon Brian Owen, mais il reste du grain à moudre…

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : A TOUTE VITESSE, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : C’EST LA BCE QUI DONNE LE TON, par François Leclerc

Billet invité.

La réunion d’hier soir mardi des ministres des affaires des finances n’a pas été conclusive, c’est le moins que l’on puisse dire. Pour faire simple, elle a fait un très gros flop.

Le gouvernement irlandais a persisté dans sa farouche résistance en refusant l’aide financière qui lui était de toutes parts proposée, voire imposée, prétendant négocier son objet et ses conditions. Les deux Brian – Cowen le premier ministre et Lenihan de celui des finances – allant finir par devenir des héros dans leur pays, ce qui n’était pas particulièrement bien engagé.

Les Britanniques sont entrés dans la négociation, ayant indirectement tout à gagner – ou moins à perdre – d’un sauvetage des Irlandais, se préparant à être mis parallèlement à contribution bien que n’appartenant pas à la zone euro. Mais les pourparlers étaient hier soir au point mort, Olli Rehn, commissaire aux affaires économiques et monétaires, parvenant seulement à annoncer, à la fin de la rencontre, que les discussions avaient été « intensifiées ». On a connu des réunions de travail plus productives.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : C’EST LA BCE QUI DONNE LE TON, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : L’EUROPE DANS UN CERCLE VICIEUX, par François Leclerc

Billet invité.

Une épreuve de force est en cours en Europe, qui a pour champ de bataille le marché obligataire. Les taux des obligations irlandaises et portugaises, et dans une moindre mesure grecques et espagnoles, continuent de grimper pour atteindre à nouveau des records. Le taux des emprunts irlandais à 10 ans s’établissait ce mercredi matin à 8,165%, le Portugal ayant de son côté placé 686 millions d’euros à 10 ans à 6,806%, contre 6,242 lors d’une émission similaire intervenue le 22 septembre. En conséquence, l’euro continue de descendre par rapport au dollar, les marchés arbitrant en faveur de la monnaie considérée la moins risquée relativement.

Ce nouvel accès de fièvre anticipe les dangers qui se profilent dans les mois qui viennent, notamment lorsque l’Irlande va devoir réemprunter. Les pays entrés dans la zone des tempêtes sont assassinés à petit feu et la pression ne fait qu’augmenter. Cette fièvre s’appuie sur la conviction que la barre qu’il leur est assigné de franchir est trop haute, et qu’il sont irrévocablement engagés dans une spirale descendante. Elle exprime également un clair et catégorique refus d’être mis à contribution dans le cadre de futurs plans de sauvetage, comme cela est désormais envisagé dans son principe. Les éclairages apportés par le ministre allemand des finances montrant que, bien que la peine envisagée soit bénigne, son principe fait à lui seul réagir brutalement.

Il se confirme également que, dans ce calendrier rapproché, le seul parapet existant sur une route devenue très sinueuse et pentue est le fonds de stabilité financière (EFSF). Dont les moyens potentiels – 440 milliards d’euros maximum, qui doivent être trouvés sur les marchés – apparaissent sous-dimensionnés par rapport aux besoins conjoints de ces quatre pays.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : L’EUROPE DANS UN CERCLE VICIEUX, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : LE GRAND ÉCART, par François Leclerc

Billet invité.

Deux stratégies si radicalement opposées l’une à l’autre sont adoptées aux Etats-Unis et en Europe que l’on en vient à se demander si c’est bien la même crise mondiale qui y est vécue. D’un côté on étudie les mesures permettant de relancer de l’économie, de l’autre celles qui la dirigent tout droit vers la récession.

Aux Etats-Unis, les débats au sein de la Fed sont quasiment sur la place publique, les gouverneurs multipliant les prises de parole pour défendre leur point de vue. Une minorité de toujours voudrait que la Fed s’oriente vers la hausse de ses taux directeurs, afin de prévenir l’inflation. Tout à l’opposé, ce qui semble être une forte majorité oscille entre deux voies, qui pourraient être complémentaires. Relancer la planche à billet et donner l’assurance que les objectifs d’inflation sont relevés pour une longue période.

Tout cela a l’allure d’un conciliabule entre alchimistes tâtonnants à la recherche d’une pierre philosophale nommée relance. Sans se préoccuper des répercussions monétaires internationales de cette tentative incertaine et de dernier ressort

Les débats européens ne sont pas moins caricaturaux et hasardeux. La future succession à la tête de la BCE de Jean-Claude Trichet – qui oppose dans les coulisses Alex Weber à Mario Draghi – symbolise un débat de portée générale qui a peiné à déboucher dans les méandres diplomatiques de Bruxelles, face aux intérêts contradictoires des Etats.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : LE GRAND ÉCART, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise: L’HEURE DES FUITES EN AVANT A SONNÉ , par François Leclerc

Billet invité

Durant des mois et des mois – et même encore aujourd’hui – un déni généralisé a prévalu. Une attitude adoptée par tous ceux qui, dépassés par les événements ou dissimulant leur collusion, se sont ingéniés à ne pas reconnaître l’étendue et la profondeur des dégâts.

Minimisant ceux-ci et se conduisant comme s’ils étaient en mesure d’y faire face. Montant des opérations de diversion, comme l’ont été la traque des évadés fiscaux ou la lutte avortée contre les primes et les bonus des banquiers et traders. S’essayant à désigner des boucs émissaires. Usant de toutes les ficelles de la communication pour masquer l’inanité de leurs réponses à la crise. Ainsi que la légèreté avec laquelle ils abordaient la mise en place d’une régulation financière.

Tout cela n’a qu’un temps et ne va pas pouvoir être poursuivi sur le même mode. La guerre monétaire ne fait que commencer et ne va plus permettre de persévérer dans le même autisme.

Aux Etats-Unis, la Fed se prépare à attiser le feu en remettant en marche la planche à billets, accentuant la chute du dollar. En Europe, la BCE fait le grand écart avec elle en adoptant une stratégie opposée, l’Allemagne accentuant sa pression pour imposer sa stratégie de lutte prioritaire contre les déficits publics. Ces deux fuites en avant se valent l’une comme l’autre en raison des dangers qu’elles recèlent.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise: L’HEURE DES FUITES EN AVANT A SONNÉ , par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise: ils s’amusent de la galerie, par François Leclerc

Billet invité.

ILS S’AMUSENT DE LA GALERIE

De sévères plans de rigueur se succèdent et s’amplifient dans une large partie de l’Europe. Pas uniquement en Grèce et Espagne, particulièrement touchés, mais également en Irlande, au Portugal et prochainement au Royaume-Uni.

Au prétexte que « le vrai risque serait de ne rien faire », George Osborne, ministre de l’économie britannique prédit que « notre plan va permettre une croissance de l’économie, c’est ce que j’espère », ne semblant pas en être trop certain. Toute la philosophie de sa « réforme de l’Etat providence » tient en une terrible phrase: il s’élève contre « la profonde injustice [d’un système] qui piège des millions de nos concitoyens dans la dépendance, tandis que des millions d’autres doivent en payer la facture ».

En Irlande, une quatrième version du budget est annoncée, prévoyant des coupes budgétaires supplémentaires d’environ 4 milliards d’euros, la banque centrale révisant à la baisse ses prévisions de croissance 2011 à 0,2%. En Espagne, le nombre des chômeurs a progressé durant le mois de septembre de 1,2% par rapport à août : plus de 4 millions d’Espagnols sont officiellement demandeurs d’emplois. Le gigantesque parc de logements neufs invendus ne bouge pas. Les Grecs préparent leur projet de budget 2011, les recettes n’étant pas au rendez-vous escomptés, ce sont les dépenses qui vont être réajustées. Le chômage va prévisionnellement monter à plus de 14,5% l’année prochaine, pour encore progresser l’année suivante, tandis que les prix augmentent en raison d’une fiscalité accrue.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise: ils s’amusent de la galerie, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise, la guerre des devises a commencé, par François Leclerc

Billet invité.

LA GUERRE DES DEVISES A COMMENCÉ

Toutes les devises ont une valeur trop élevée les unes par rapport aux autres, à l’exception du yuan chinois ! Si l’on écoutait les déclarations qui fusent sur toute la planète, il faudrait donc réajuster sérieusement le tir sur un marché monétaire où le régime des changes flottants a été érigé en dogme, au grand bénéfice d’une intense spéculation financière sur celui-ci, le Forex.

Comment alors procéder, dans ces conditions ? Intervenir n’est pas conforme aux principes et spécialement bien vu, mais devient de plus en plus indispensable. Mais pour aboutir à quoi  ?

L’actualité était faite jusqu’à maintenant du lancinant problème de la parité entre le yuan et le dollar, insoluble dans le contexte actuel. Il a fallu des mois et des mois de palabres et de discours prononcés en vain pour en arriver à une vérité toute simple, à laquelle les Américains ne veulent toutefois pas se résoudre. Parce qu’elle est pour eux très dérangeante.

Non compte-tenu de considérations générales sur le rapport existant entre la force d’une monnaie et la puissance économique du pays qui l’émet, il est ouvertement apparu que le régime chinois n’était pas en mesure de procéder à l’important ajustement qui lui est demandé avec insistance. Car cela mettrait en péril son équilibre, en raison des conséquences économiques et sociales qui résulterait d’une chute des exportations, elle-même causée par une forte réévaluation du yuan. Dixit Wen Jiabao, le premier ministre soi-même.

Si l’on prend un peu de recul, cela signifie que le modèle de développement de la Chine, orienté vers l’exportation de produits manufacturés à bas prix, dans un premier temps magnifié, a été porteur d’un déséquilibre accentué. Ainsi que le déplore l’administration Barack Obama, éludant le fait qu’il ne peut pas être corrigé en claquant des doigts comme l’exigent les républicains.

Plus encore, cela met en évidence une contradiction majeure à laquelle la mondialisation a conduit : moteur du développement des pays émergents profitant aux capitaux occidentaux qui s’y sont investis, elle a déséquilibré – sans rémission dans l’environnement actuel – l’économie des pays développés.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise, la guerre des devises a commencé, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : l’Europe tiendra-t-elle munie de béquilles ? par François Leclerc

Billet invité

L’EUROPE TIENDRA-T-ELLE MUNIE DE BÉQUILLES ?

Une lueur serait-elle en train d’apparaître dans les ciels britannique et européen ? Sous l’égide d’une Commission Indépendante sur les Banques (BIC) mise en place par le chancelier de l’échiquier George Osborne, une réflexion est entamée sur les réformes que devrait connaître la City, deuxième place financière mondiale.

A priori, c’est un paradoxe, quand on sait comment les Britanniques défendent becs et ongles leur industrie financière au sein de l’Union européenne. On peut toutefois le comprendre si on considère qu’une nouvelle crise au sein de leur système bancaire n’est strictement pas dans leurs moyens.

La BIC emprunte a priori les mêmes pistes que celles suivies par les Américains, sans surprise excessive, mais apparaît particulièrement entreprenante, tout du moins à ce stade de ses travaux et de la publication d’un premier document.

N’ayant qu’un mandat d’étude, la commission rapportera dans un an à un comité du Cabinet présidé par George Osborne, et il sera alors possible au vu des décisions de ce dernier de mieux faire l’inventaire de ce qui résultera du processus qu’elle vient d’engager. A noter que les banques étrangères présentes au Royaume-Uni devraient avoir les mêmes obligations que leurs consœurs britanniques, ce qui pourrait en premier lieu affecter Santander, la mégabanque espagnole.

Une séparation drastique entre banques de dépôt et d’investissement (du type Glass-Steagall Act) est évoquée, ainsi que des obligations en matière d’accroissement des fonds propres supérieures à celles que Bâle III a déjà défini sont envisagées. D’autres mesures sont également à l’étude, car Bâle III – après adoption – n’a vocation qu’à être une limite inférieure aux réglementations nationales qui pourront être adoptées. Plus novateur, John Vickers, le président de la BIC, n’a pas exclu que celle-ci puisse également se pencher sur le shadow banking, la banque de l’ombre, et ne s’en tienne pas au secteur bancaire stricto sensus.

Devant l’éventualité d’un tel durcissement, HSBC, Barclays et Standard Chartered – les plus grands établissements britanniques que l’Etat n’a pas recapitalisé – ont tout de go menacé d’aller s’établir sous d’autres cieux, Hong Kong ou Singapour, si le cadre réglementaire venait à se durcir. C’est dire que si les dés viennent d’être jetés, ils s’entrechoquent déjà sur le tapis….

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : l’Europe tiendra-t-elle munie de béquilles ? par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise: crise de la dette, phase II par François Leclerc

Billet invité.

CRISE DE LA DETTE, PHASE II

Nous sommes entrés dans la seconde phase de la crise de la dette publique, avec l’entrée en scène des Etats-Unis et du Japon aux côtés de l’Europe. Cela va désormais être à celui qui va bousculer les autres pour leur voler le rôle de vedette de l’actualité.

« L’économie (américaine) ne progresse pas aussi vite que nous voudrions » vient de reconnaître Barack Obama lors de sa causerie radiophonique hebdomadaire. Il en faut des précautions de langage, à un président, pour admettre que la croissance enregistrée ces derniers temps n’est qu’un feu de paille destiné à ne pas durer ! Alors que les effets des plans de soutien de l’Etat fédéral et du restockage des entreprises s’estompent et que rien n’est prévu pour la suite, si ce n’est la nécessité de réduire le déficit public.

Timothy Geithner, le secrétaire d’Etat au Trésor, a pris moins de gants en déclarant devant une commission parlementaire que « notre économie traverse encore une période extrêmement difficile. Des millions d’Américains cherchent toujours du travail et continuent de souffrir des blessures causées par une récession forte ». Dans la foulée, il a aussi admis qu’elle devait faire face « à des défis considérables ».

Continuer la lecture de L’actualité de la crise: crise de la dette, phase II par François Leclerc

Partager :