Étiquette : Max Weber

  • L’OXYMORE DE LA PROPRIÉTÉ PRIVÉE, par Frédéric Pellion * 

    L’oxymore de la propriété privée a paru initialement dans Champ lacanien2012 ; 11 : 213-218

    Ce texte s’inspire de : Jorion, Paul. Le capitalisme à l’agonie. Paris : Fayard : 2011.

    Il s’en inspire — et je m’en excuse d’avance auprès de ceux qui préféreraient trouver ici un compte-rendu en bonne et due forme du livre — assez librement ; c’est-à-dire que, partant du texte — plus précisément, prenant au sérieux deux thèmes abordés comme en passant par son auteur —, il cherche à donner à ces deux thèmes quelques prolongements, qui, pour être de mon cru, ne sont, me semble-t-il, qu’autant de conséquences nécessaires.… Lire la suite…

  • « Des millénaires ont dû passer avant que tu ne viennes à la vie, et d’autres millénaires attendent en silence ce que tu vas faire de ta vie »

    Ouvert aux commentaires.

    J’écrivais le 4 juin, dans mon billet intitulé, Jacob Taubes (1924 – 1987), l’homme qui avait tout compris … et qui en est mort de rire ! ceci :

    Post-scriptum : Or il n’y a rien au ciel, pas même le Surmoi universel ! Et, non, le banquet des fils où l’on mangeait du steak ou une côtelette de père n’a pas eu lieu : c’est de la mythologie ! Et de plus, le messie ne viendra pas, et l’injustice ne sera pas réparée, alors que la catastrophe – qui ne sera pas une révélation – aura lieu quand même !

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  • LE TEMPS QU’IL FAIT LE 4 AOÛT 2017 – Retranscription

    Retranscription de Le temps qu’il fait le 4 août 2017. Merci à Pascale Duclaud et à Marianne Oppitz !

    Bonjour, nous sommes le vendredi 4 août 2017 et si on veut faire un speech un petit peu programmatique, eh bien le faire un 4 août ce n’est jamais une mauvaise idée parce que, comme vous le savez, le 4 août 1789 un monde est tombé : le monde féodal, en France, et un nouveau monde est apparu.… Lire la suite…

  • Max Weber : Confucianisme et taoïsme VII. Le confucianisme antique

    Le confucianisme était exclusivement une éthique, conçue pour générer des comportements qui seraient en harmonie avec le cosmos tout entier. Les fautes personnelles étaient attribuées à une éducation insuffisante. Les exigences économiques (la survie personnelle) et la libido (la reproduction de l’espèce), étaient conçues comme les deux forces auxquelles les êtres humains sont soumis. Le confucéen n’a pas pour idéal de dire le vrai en soi mais le vrai « convenant » dans le contexte social. La vertu cardinale est la piété, la piété filiale en particulier. Le marchand est soumis aux risques propres à ce qui est particulier, incapable du coup d’atteindre à la paix de l’âme.… Lire la suite…

  • Max Weber : Confucianisme et taoïsme VI. En Chine : ni prophètes, ni juristes, ni savants

    La Chine n’a pas connu de grande conversion des mentalités sous l’influence d’un prophète. La religion d’État, axée sur l’ici-bas, était l’affaire des fonctionnaires. Le bonheur était lui aussi dans l’ici-bas, l’âme se dissipant après la mort. Le bien-être matériel n’était pas dévalorisé mais considéré comme l’encouragement principal à un comportement moral. L’absence d’intérêts capitalistes puissants a réduit la justice à un exercice théocratique de la bienfaisance. Les facteurs ayant conduit en Occident à l’apparition du savant et de l’artiste détenteur d’une « science » de l’art, étaient eux aussi absents en Chine.… Lire la suite…

  • Max Weber : Confucianisme et taoïsme IV. Pouvoir venu d’en-haut et structure familiale firent obstacle au développement en Chine d’un capitalisme industriel

    Face à une autorité locale de fonctionnaires, le groupe familial, à l’étroite solidarité interne, demeura le réceptacle de l’identité ; il fit obstacle à une prolétarisation de ses membres et constitua, avec l’existence d’innombrables clubs, le rempart d’une certaine démocratie spontanée. Le peu de relations extérieures de la Chine, si ce n’est le commerce de la soie au mains de la maison impériale, le fait que les grandes industries relevait de manufactures d’État et l’absence d’un cadre juridique universel (le juge fonctionnait à l’intuition plutôt que comme le porte-voix de textes réglementaires ; le rôle d’avocat était joué par un représentant de la famille) empêchèrent qu’un capitalisme industriel se développe en Chine.… Lire la suite…

  • Max Weber : Confucianisme et taoïsme III. Le pouvoir en lutte contre la concentration des richesses

    L’empire, le pouvoir central chinois, tenta au fil des siècles, essentiellement par l’impôt, d’empêcher la concentration des richesses et l’apparition avec elle de seigneurs (autour desquels se regroupaient spontanément pour obtenir une protection, les familles surendettées) qui contesteraient son autorité. Le relatif succès de l’empire, malgré de nombreuses hésitations au cours de l’histoire entre autoritarisme et laxisme, provoqua cependant au 18ème siècle, une explosion de la population rurale.… Lire la suite…

  • Max Weber : Confucianisme et taoïsme I. Ce qui distingue Chine et Europe anciennes

    En guise d’introduction, Weber distingue l’Europe de la Chine, dont le développement urbain remonte plus loin dans le temps de plusieurs millénaires. La divergence dans leurs grands choix culturels semble reposer sur des déterminations d’ordre purement naturel. L’Europe est ouverte au domaine maritime, du coup les villes peuvent y fleurir dans une relative autonomie. La Chine est essentiellement continentale, les typhons interdisent un trafic maritime fiable, son économie dépend de manière essentielle d’un système de canaux dont la direction est unifiée au niveau de l’empire, du coup les villes – aussi grandes soient-elles – sont interdépendantes, sans autonomie.… Lire la suite…

  • Max Weber et l’origine du capitalisme dans des représentations

    Le juriste devenu économiste Max Weber (1864-1920) est considéré comme l’un des pères fondateurs de la sociologie. Il s’est intéressé en particulier à l’origine du capitalisme et à son fondement dans des formes culturelles de représentation véhiculées par les individus. … Lire la suite…

  • Qui étions-nous ? Comment faire fonctionner une société ? (II) Canonisation de Confucius et révolution confucianiste, par Li Tong-tsun (2004)

    Jean-François Billeter prend soin dans Contre François Jullien de rapporter de manière détaillée les vues d’une historienne chinoise contemporaine du nom de Li Tong-tsun (en pinyin : Li Dongjun), dont il écrit qu’elle « illustre à merveille la position critique » dans le monde intellectuel chinois contemporain (2006 : 25) et dont on comprend que le point de vue correspond de près à la manière dont il se représente lui-même l’histoire chinoise.… Lire la suite…

  • PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – RAPPORT DE FORCES, par Michel Leis

    Billet invité.

    Rapport de forces

    Un rapport de forces décrit un état possible de la relation entre deux parties, il résulte de la volonté de l’un ou l’autre protagoniste d’imposer son point de vue. Une hiérarchie implicite se construit, elle repose sur une évaluation a priori du statut, de la force ou de la capacité de nuisance de l’autre partie. Il arrive parfois qu’aucune hiérarchie claire ne se dégage, le rapport de forces s’équilibre et conduit au pire à une situation de statu quo, et dans le meilleur des cas, à des formes plus ou moins étendues de coopération. Une situation de déséquilibre permet au vainqueur de cette confrontation tacite de se passer de l’accord d’autrui ou d’obtenir des avantages dans le cadre d’un accord nécessitant le consentement de l’autre partie.… Lire la suite…

  • LA BOUCLE RÉTROACTIVE DU TEMPS, par Nadir (Nadj Popi)

    Billet invité

    Je voudrais souligner la sagacité de l’analyse que Bernard Stiegler livre au journal L’Humanité datée du 26 avril dans laquelle il lit Marx en termes de causalité inverse. Je souscris pleinement à son propos en utilisant le système théorique d’Alfred Schütz qu’il est important de mobiliser pour comprendre la causalité circulaire de la dialectique matérialiste de Marx : sa logique extractive et déformatrice en forme de boucle.

    Alfred Schütz (1899-1959) est un sociologue phénoménologue autrichien (qui a influencé des sociologues américains comme Goffman ou encore Garfinkel) qui, avec la publication de son opus magnum de 1932 : « The phenomenology of the social world » a tranché le conflit des méthodes entre les idéalistes et les historicistes qui a resurgi dans les années 1930 avec la critique de l’empirisme historiciste wébérien formulée par Von Mises défenseur de la position idéaliste (apriorisme).… Lire la suite…

  • L’esprit du capitalisme d’après l’œuvre de Max Weber, par Crapaud Rouge

    Billet invité.

    L’esprit du capitalisme d’après le roman l’œuvre de Max Weber
    « L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme »

    En cherchant « Dieu Goldman Sachs » sur le net, vous ne pourrez manquer cet article du site néolibéral Objectif Liberté qui débute ainsi : « Lloyd Blankfein, dirigeant de la banque Goldman Sachs, que la modestie n’étouffe pas, a affirmé dans une interview qu’il accomplissait le travail de Dieu. Je ne suis pas spécialement théologien, mais il me semble que Dieu n’aurait pas confié ses bonnes œuvres à un …euh, enfin, un… ah, oui, un présumé innocent de la trempe de M.Lire la suite…

  • Max Weber et la Bourse, par Pierre de Larminat

    Billet invité.

    Lecteur occasionnel et fort distrait du blog de Paul Jorion, j’y ai aperçu au fil de mes visites différents appels à interdire la spéculation. Le billet invité d’Olivier Brissaud me fait prendre la plume. Forcément, quand j’entends parler d’interdiction de spéculation ou de bannissement de produits financiers je ne peux m’empêcher de penser en même temps à La Bourse, de Max Weber, que j’ai traduite et qui vient d’être publiée chez Allia. Avec ce texte, publié originellement en deux livraisons en 1894 et 1896, Max Weber intervient dans le débat houleux qui animait la vie parlementaire et politique en cette fin de dix-neuvième siècle allemand.… Lire la suite…