L’OXYMORE DE LA PROPRIÉTÉ PRIVÉE, par Frédéric Pellion * 

L’oxymore de la propriété privée a paru initialement dans Champ lacanien2012 ; 11 : 213-218

Ce texte s’inspire de : Jorion, Paul. Le capitalisme à l’agonie. Paris : Fayard : 2011.

Il s’en inspire — et je m’en excuse d’avance auprès de ceux qui préféreraient trouver ici un compte-rendu en bonne et due forme du livre — assez librement ; c’est-à-dire que, partant du texte — plus précisément, prenant au sérieux deux thèmes abordés comme en passant par son auteur —, il cherche à donner à ces deux thèmes quelques prolongements, qui, pour être de mon cru, ne sont, me semble-t-il, qu’autant de conséquences nécessaires.

On aura compris que j’assume les paris de la liberté de ma lecture, et, dans le même temps, de ma supposition que l’auteur ne renierait probablement pas ces prolongements — le trait d’union entre ces deux paris étant aussi, j’y reviendrai, un usage un peu différent (moins oblique, dirai-je) de la référence à Jacques Lacan.

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Situons tout de même, rapidement, le propos. Dans ce livre, Paul Jorion propose une anthropologie historique de la crise dite « financière » ayant débuté en 2008 et dans laquelle nos sociétés occidentales semblent bien, malgré les annonces contraires (au demeurant de plus en plus timides) s’installer dans une durée qui invalide de facto le terme de « crise » initialement utilisé.

Le propos de l’auteur déborde bien vite le cadre contraint de la science économique institutionnelle pour s’égarer, en apparence, dans des sentiers traversiers : dans des références à Hegel et à Saint-Just qui peuvent sembler périphériques au propos (1), comme dans les détails du règlement (ou plutôt du non-règlement) judiciaire des questions soulevées par l’apparition à Paris, dans les années 1880, d’un marché boursier parallèle (2) — qui portait déjà sur ce qu’on appelle communément, aujourd’hui, « produits dérivés » (3).

On reconnaît assez vite la méthode propre à Paul Jorion : à savoir, premièrement, traiter les choses établies, les choses qui sont censées aller de soi, qui sont censées être des faits de nature — des « réalités objectives », pour reprendre une des têtes de chapitre de son livre à ce jour le plus ambitieux  (4)—, comme des constructions humaines, et qui, comme telles, répondent à une raison et à un motif. Et, deuxièmement, dans une sorte de laïcisisation documentaire généralisée qui découle de ce qui précède, de n’écarter a priori aucune source, même la plus incongrue et la plus éloignée, en apparence, du champ disciplinaire où on localise habituellement le thème traité.

Cette méthode, remarquons-le, et ce jusque dans sa mise en cause de l’idée également « naturelle » de progrès, n’est pas très différente de celle du Sigmund Freud anthropologue, celui de L’analyse profane, de L’avenir d’une illusion, de Malaise dans la culture, voire du Moïse. Et, à cet égard de la méthode, le relatif  (5) silence de Paul Jorion à l’endroit de Jacques Lacan reçoit peut être une explication assez simple : Freud a pénétré dans le champ anthropologique avec une résolution systématique vis-à-vis de laquelle Lacan — dont la contribution anthropologique, quelle que soit sa grande valeur, demeure fragmentaire et disséminée — est resté, d’une certaine manière, en retrait. Les cliniciens n’ont pas forcément le monopole de la clinique, après tout…

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Il faut maintenant en venir aux deux remarques, ou deux séries de remarques, en vue desquelles j’ai entrepris ce petit développement. 

1) Première série. Il s’agit de la définition du capital comme « la ressource qui manque à l’endroit où elle est nécessaire pour permettre un processus économique ». La thèse n’est pas accidentelle, qui, pour être énoncée d’abord presque distraitement (6), est ensuite reprise et systématisée dans un chapitre ultérieur consacré, si je peux me permettre de le résumer ainsi, à l’impossibilité du « retour à Marx » (7).

Conçoit-on bien les conséquences de cette petite phrase ? Elle implique en effet la défaite — défaite non seulement programmée, mais aussi obligatoire — de toutes les entreprises politiques qui voudront, et qui auront voulu, fixer la place du capital — par exemple en faisant coïncider celui-ci avec le pourtour de l’entité État.

En effet, cette définition, si elle vaut effectivement comme une définition, implique que ce manque à sa place propre au capital vaut quelle que soit la place de celui-ci. Ce qui veut dire que rien ne sera résolu en déménageant le capital — quand bien même ce déménagement serait réalisable — ici ou ailleurs : nationalisez, par exemple, le capital, le manque de celui-ci se retrouvera dans une « économie parallèle ». À cet égard, le capital se retrouve au lieu du réel lacanien, qui toujours échappe à toute prévision quant au lieu qui lui conviendrait.

Et la métaphore freudienne de la libido comme élément d’investissement, si fréquemment employée par Freud lui-même, trouve, dans l’après-coup de cette définition, une vigueur nouvelle — mais également, peut-on ajouter, celle de la lamelle lacanienne (8), censée éclairer l’insaisissabilité des métamorphoses de cette libido. Pas de libido sans investissement, sans déplacement, de même que pas de capital sans atopie, donc.

2) Seconde série de remarques, je voudrais dire maintenant quelques mots de l’étrange agencement des réflexions sur la propriété privée qui concluent, peu ou prou, Le capitalisme à l’agonie.

En lui-même, en arriver à ce thème n’a rien d’étrange, puisqu’on perçoit bien, à suivre l’auteur, que la constitution du capital comme objet d’appropriation suffit à engendrer les conséquences qui sont le prétexte du livre.

On s’attendrait donc à une histoire du processus de légitimation qui a conduit à la légalisation de la propriété privée — plus précisément, à la position du droit à la propriété privée dans la série intangible des éléments constituants du droit « naturel » —, dont la légalisation d’une propriété essentiellement immatérielle, comme celle du capital, ne serait que le dernier avatar.

Mais il n’en est rien : plutôt que d’analyser en détail l’histoire de la propriété privée comme institution sociéto-juridique occidentale (9), comme on s’y attendrait, Paul Jorion, parvenu à ce point, quitte le terrain qui était jusqu’ici celui sur lequel il se situait, et nous, lecteurs, avec lui, pour proposer, à partir d’emprunts à son expérience d’anthropologue de terrain — expérience dorénavant ancienne et dont on imagine sans doute trop facilement, à le lire, qu’il l’a dépassée depuis longtemps —, un complet renversement de perspective concernant les pouvoirs attachés à certains objets.

Et ce renversement le ramène, autrement que précédemment, à Karl Marx, qui défend (contre, en particulier, Georg Wilhelm Friedriech Hegel) l’idée que les choses, loin d’être seulement une « manifestation objective de la volonté humaine », ont leur volonté propre, qui à l’occasion s’impose à l’homme qui s’en fait le récipiendaire (10).

L’histoire récente montre bien que le capitalisme et un certain degré d’animisme s’accommodent très bien l’un de l’autre, et l’objet, pris dans cette perspective, reprend toute sa part dans le tissage du réseau dit « symbolique » dans lequel se fomente le sujet (11).

Mais cette seconde série de réflexions fait aussi le lien avec la première : en effet, c’est par une facilité mythifiante, homogène à celle qui conduit à attribuer à un agent imaginaire l’origine de la privation réelle d’un objet symbolique (12), que l’on réduit au sens unique de l’avidité « ploutocratique » la co-appartenance du capitaliste et de son capital ; le capital, comme toute propriété, possède son possédant autant qu’il est possédé par lui, ce qui complique bien évidemment la tâche de qui se hasarderait à vouloir l’exproprier.

En somme, et ceci posé, le problème est le suivant : comment, par quel accident, en est-on venus à vouloir posséder quelque chose, plutôt que rien ? Du hüzün stambouliote  (13) à l’objet a de Lacan (14), la relation de propriété la plus propice au désir — lequel désir est, tout de même, une forme bien plus durable de relation de co-appartenance entre sujet et objet que toute autre relation de possession (15) — est pourtant celle qui porte sur un objet dont le manque est sans espoir de retour.

*

Il est arrivé à Lacan, un certain jour de 1972 à Milan, d’affecter de se croire quitte avec le fait clinique du capitalisme en en proposant le mathème ironique consistant à intervertir S1 et $ dans le mathème du discours du maître (16).

Les faits ont semble-t-il montré depuis que ce demi-tour, tout spirituel qu’il soit, n’y suffisait pas (17).

Car en somme, et pour finir d’une phrase, la « propriété privée » porte merveilleusement mal son nom : remède  (18) de choix au sans espoir de la privation — un désespoir que toutes les tentatives de privatisation des objets ne font que creuser —, elle dit parfaitement, quoique sans le vouloir, comment l’impropriété foncière de toute « possession non-moi » (19) peut s’élever à la dignité d’un fait de civilisation.

Tant est pressante la demande de « donner sens de perte au manque » (20).

Notes :

(1) Jorion, Paul. Le capitalisme à l’agonie. Op. cit., pp. 277 sqq. & 301 sqq.

(2) Ibid., pp. 194 sqq.

(3) Terme absolument adéquat à la chose, au demeurant, si on se souvient que le propre de la dérivation, en mathématiques, est de changer la nature de l’opération en cours : ainsi, la dérivée d’une fonction dont la représentation graphique est une parabole est une fonction dont la représentation graphique est une droite.

(4) Jorion, Paul. Comment la vérité et la réalité furent inventées. Paris : Gallimard ; 2009, particulièrement pp. 173 sqq.

(5) Mais ce silence est relatif, j’y insiste : de même que, dans Comment la vérité et la réalité furent inventées, Jorion croise Lacan beaucoup plus fréquemment que la seule et unique fois où il le cite clairement (cf. Pellion, Frédéric. Voyage au centre de la philosophie. Champ lacanien 2011 ; 9 : 181-184), de même, dans Le capitalisme à l’agonie, l’appui pris sur Lacan  est bien plus consistant que ne le laisse supposer la seule bibliographie — j’y reviendrai.

(6) Jorion, Paul. Le capitalisme à l’agonie. Op. cit., p. 30.

(7) Ibid., pp. 283 sqq.

(8) Lacan, Jacques. Position de l’inconscient. In Écrits. Paris : Seuil ; 1966, pp. 845 sqq.

(9) Il faut dire que cette voie a déjà été magistralement tracée par le passé (Weber, Max. L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme. Tr. fr. Paris : Gallimard, coll. Tel ; 2004).

(10) Jorion, Paul. Le capitalisme à l’agonie. Loc. cit.

(11) Ainsi, la thèse lacanienne du signifiant régissant le statut du sujet apparaît indissociable de celle de la « matérialité » du signifiant, qui fait le signifiant analogue à un objet (cf. Lacan, Jacques. Le séminaire sur « La lettre volée ». In Écrits. Op. cit., pp. 11-61). Et, inversement, du point de vue de l’anthropologie au sens strict, on observe assez souvent que l’objet, de même qu’un signifiant, agit pour déterminer les places de chacun au sein des réseaux symboliques qui le concernent (cf. par exemple Godelier, Maurice. L’énigme du don. Paris : Librairie Arthème Fayard ; 1996).

(12) Lacan, Jacques. Le séminaire, Livre IV, La relation d’objet. Transcription Paris : Seuil ; 1994.

(13) Pellion, Frédéric. Acedia un jour, acedia toujours… Champ lacanien 2010 ; 8 : 211-219.

(14) Pellion, Frédéric. Histoire de l’a. In Figures de rationalité en psychanalyse. Mémoire pour l’habilitation à diriger les recherches. Université Paris Diderot ; 2008. 2 vol.

(15) On rappelle seulement ici cette évidence phénoménale qu’on peut tout à fait être possédé — ou « arraisonné », comme le disait Martin Heidegger (Heidegger, Martin. La question de la technique. Tr. fr. Essais et conférences. Paris : Gallimard ; 1958, pp. 9-48) — par un objet qu’on ne possède absolument pas, c’est-à-dire dont on ne peut prévoir aucun des mouvements.

(16) Lacan, Jacques. Du discours psychanaytique. Conférence inédite du 12 mai 1972. Version italienne in Lacan in Italia 1953-1978. Milan : La salamandra ; 1978, pp. 32-55.

(17) Ni à faire refluer l’adhésion au capitalisme, considérée comme un symptôme à déchiffrer, ni même à assurer les commutations d’un discours à l’autre censées amener du discours du maître à celui de l’analyste.

(18) On reconnaît bien sûr là un des termes centraux du Malaise (Freud, Sigmund. Le malaise dans la culture. Tr. fr. in  Œuvres complètes, T. XVIII. Paris : P.U.F. ; 1994, pp. 245-333).

(19) Winnicott, Donald Woods. Objets transitionnels et phénomènes transitionnels. Tr. fr. De la pédiatrie à la psychanalyse. Paris : Payot ; 1969, pp. 169-186.

(20) Vanier, Alain. Mouvements de l’objet. Mensuel (École de Psychanalyse des Forums du Champ Lacanien – Paris) 2006 : 18 ; 20-30.

* Docteur en médecine et en sciences humaines cliniques. Psychiatre, praticien hospitalier, centre hospitalier Sainte-Anne, 17, rue Broussais, 75674 Paris, Institut National de Jeunes Sourds, 254, rue Saint-Jacques, 75005 Paris, établissement public de santé Érasme, 143, avenue Armand Guillebaud, 92161 Antony cedex ; psychanalyste, 25, rue Tourne-fort, 75005 Paris, 01 42 84 32 13, f.pellion@wanadoo.fr ; directeur de recherches à l’université Paris Diderot (Centre de Recherches Psychanalyse, Médecine et Société) ; enseignant à l’université Paris Descartes, et au Collège clinique de Paris ; membre de l’École de Psychanalyse des Forums du Champ Lacanien.

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4 réflexions sur « L’OXYMORE DE LA PROPRIÉTÉ PRIVÉE, par Frédéric Pellion *  »

  1. L’humour de Pellion qualifiant d’oxymore la propriété privée écarte le trope de périssologie, sous la contrainte du droit, qui fabrique la propriété privée d’État, dite propriété publique, dont le public aurait donc Usus, fructus, abusus, propriété publique au sens juridique parfois nommée « capitalisme d’État ».

    Sa critique logique de la « définition du capital comme la ressource qui manque à l’endroit où elle est nécessaire pour permettre un processus économique » ne porte pas sur le terme « nécessaire » mais sur « l’endroit » visant le « pourtour de l’entité État ». Exit le capitalisme d’État.
    Peillon use du vocabulaire économique freudien d’investissement pour rapprocher le Capital manquant à sa place d’embrayeur économique, pour le rapprocher de la métaphore lacanienne de la libido « lamelle comme « organe qui a pour caractéristique de ne pas exister, mais qui n’en est pas moins un organe ».
    Un agent imaginaire aurait privé réellement d’un objet symbolique ? Lequel ? et pour embrayer quoi ?
    http://www.travelingintuscany.com/arte/arte/treeoffertility.htm
    ça introduit-il au renversement (bottant en touche la pyramide du droit supposé pacifier et régler les différends des différences) ? Un peu abusif d’attribuer aux choses la qualité d’une volonté, mais que les objets exercent un pouvoir n’est pas du même registre de pouvoir que celui du pouvoir formel des autorités.

    Peillon carbure au désir cherchant à combler un manque sans espoir de retour puisque le pouvoir exercé par les objets vise à boucher ce manque. C’est ce que la science produit, des bouche-trous, tétines diverses jamais foutues de satisfaire bien longtemps. C’est le sens du des-espoir qu’il annonce jouant de l’équivoque de la propriété foncière comme impropriété foncière, au sens de l’impropre fondamental de toute possession qui ne serait pas propre, et ici élevée au statut de civilisation.
    Pas simple de s’y retrouver ici sans avoir une petite idée de la seule invention de Lacan dite objet petit a, objet pas mondain mais aussi puissant à tenir un sujet par la barbichette et réciproquement que l’est la loi universelle de gravitation pour garder les pieds sur terre.
    Je reconnais Peillon comme nourri au même sein sans l’être du même lait.

    Pour autant je ne vois pas d’obstacle autre que politique à imposer autoritairement des limites à la boulimie, à définir des plans d’utilité publique autres qu’une fuite en avant des effets des sciences dans des objets à la Egon Musk et consorts, et autres panoplies militaires ou transhumanistes. L’humain d’abord, mais il va falloir choisir lesquels pour assurer la cohésion de la communauté humaine entre : « la contrainte de violence et les relations de sentiment. — les identifications », entre les membres de ce même corps. (Freud).

    1. Ce n’est pas l’une ou les autres qu’il faut choisir .
      Si on les désigne plus simplement par « force » et par « empathie » , on retrouve le duo de « Loi » et  » Lien » .

      Dans  » Loi » on intègre force et organisation .
      Dans  » Lien » on intègre empathie et créativité .

      Et il n’y a pas à choisir par l’élimination de l’une ou de l’autre , car les deux pôles ( et les quatre moteurs) sont nécessaires à la communauté humaine en tant qu’organisme vivant autonome .
      Par contre , il y a deux façons d’user des deux pôles que l’on désigne souvent par  » en croissance ou en progrès » et par  » en détresse ou en régression « .

      La version « détresse » apparait toujours quand l’un des quatre n’est pas reconnu ou suffisamment alimenté ( pas sans lien avec la justice du prélèvement des ressources entre travail et rente ).

      Le propre d’une bonne gouvernance sociale c’est de savoir reconnaitre , et alimenter par un pari commun sur l’avenir, ces quatre moteurs et fonctions psychiques . Le leadership efficient est celui qui sait subordonner la force ( gage de la puissance d’agir) qui est toujours côté  » Loi » , à l’ensemble des besoins sociaux exprimés par  » le sentiment » ( empathie et créativité , passé et hors temps ) , la nécessité de repères dans le temps présent (organisation ) et la projection vers un avenir aussi collectivement désiré que possible . Au sens juridique de « loi » , la bonne loi est celle qui marie correctement les quatre temps , et le  » Lien » avec la « Loi » .

      Où l’on retrouve Montesquieu le pouvoir , les contrepouvoirs , les corps intermédiaires ( que l’on veut actuellement anéantir aussi bien par le bas que par le haut ) , la maîtrise temporelles du pouvoir dans l’espace et le temps . La bonne démocratie sera alors celle qui permet à chaque besoin psychique de s’exprimer en connaissance de cause et en comprenant vraiment aussi les enjeux exprimés par les trois composantes dont il n’est pas . On a en général tous , peu ou prou, des dispositions pour comprendre le langage qui n’est pas spontanément le notre , pourvu que ça se fasse dans le calme et le respect mutuel.

      La propriété publique ou privée est autant une garantie de liberté ( c’est le crédo du libéralisme philosophique et de l’église catholique ) qu’un levier possible de pouvoir abusif . Dans un cas comme dans l’autre le danger n’est pas dans l’usus ou le fructus , mais dans l’abusus .

      La question de la propriété devient alors la question du « pouvoir » , au sens institutionnel :

      Quand bien même on tenterait une règle  » à la serpe » telle que je le proposais en 2011 ( pas de propriété privée globale supérieure ou égale à la propriété publique , ce qui est une reproduction archaïque de pouvoir VS contre pouvoir ) , le sujet reste , à niveau de la  » maison commune monde » :
      Qui définit les types de propriétés ? ( voir PSDJ )
      Comment sont elles mesurées et étalonnées ?(voir PSDJ et Bancor )
      Qui en mesure les effets et impacts  » positifs et négatifs « ? ( actuellement plutôt de type ONG )
      Qui définit  » l’abusus » et comment ? ( un divin foutoir )

      PS : ne pas confondre Propriété publique ( état ou CL ) avec Propriété publique privée ( Etat ou CL )
      Exemple : une route communale est une propriété publique de la commune soumise entre autre à la règle d’inaliénabilité .
      La même commune peut avoir des chemins ruraux qui eux sont des propriétés publiques privées de la commune . Elle peut les vendre .

  2. La propriété n’a pas l’air d’intéresser grand monde , et pourtant , sa conception en Chine et en occident fait partie des chantiers où des avancées réciproques , au même titre que l’articulation individu /groupe , qui seront nécessaires pour gérer une planète pacifiée .

    http://fr.theorychina.org/c/2012-08-24/1274517.shtml#:~:text=La%20notion%20juridique%20de%20propri%C3%A9t%C3%A9%20%28%E6%89%80%E6%9C%89%E6%9D%83%20%C2%AB%20suoyouquan,%E2%80%A2%20le%20droit%20d%E2%80%99en%20recueillir%20les%20fruits%20%28fructus%29%2C?msclkid=3ce0478ca6b811ecbeff574375099d83

    ( publié en 2012 , ça mérite sans doute d’être actualisé à l’ère Xi , mais j’ai rien trouvé de mieux en panorama global )

    –  » La propriété c’est le vol  » ( Proud’hon )

    –  » La propriété est le droit de jouir et disposer des choses da la manière la plus absolue , pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements » (code civil , article 544)

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