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COMMENT RECAPITALISER RÉELLEMENT LES BANQUES, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Où est le capital bancaire ?

BNP Paribas affiche actuellement une capitalisation boursière de 37 milliards d’euros pour 85 milliards de capitaux propres comptables ; Société Générale capitalise 15 milliards d’euros pour des capitaux comptables de 51 milliards ; Crédit Agricole capitalise 13 milliards pour 52 en comptabilité.

Le marché financier estime que les capitaux propres des banques sont notoirement surévalués. Une telle situation est significative d’une incongruité systémique : soit les règles comptables sont hors de la réalité objective, soit le marché est irrationnel. Soit encore les groupes bancaires sous-capitalisés vont éclater pour que les propriétaires du capital retrouvent au moins leur quote-part de l’actif net dans le prix de leurs titres.

Pour anticiper ce qui ne peut pas ne pas arriver et arbitrer les options latentes, il faut nécessairement se placer dans un cadre de raisonnement qui n’est pas le système actuel contradictoire en lui-même. La contradiction réside dans un prix du capital bancaire réellement dissociable de l’obligation effective des banques à rembourser l’intégralité de leurs emprunts.

L’actuelle impasse systémique n’est soluble que par le changement de paradigme monétaire. La transformation en monnaie de la mesure du crédit produite par les banques est nécessairement erronée quand la garantie comptablement affichée par les banques est capitalisée en dessous de son prix nominal par les créanciers des banques.

Si la régulation du crédit n’est pas une science exacte ni à l’échelle de l’emprunteur, ni à l’échelle d’une banque, ni à l’échelle du système bancaire mondial, la seule variable de compensation des erreurs d’anticipation du crédit est la parité réelle de la monnaie. La parité réelle des monnaies émises sur le crédit bancaire est la loi de transformation réciproque des dettes bancaires en capital bancaire.

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L’actualité de la crise : DESSOUS DES CARTES, par François Leclerc

Billet invité

A quoi tiennent parfois les choses ! L’avenir de l’Europe et de l’euro est désormais prisonnier des péripéties de la vie politique allemande, au fil des élections régionales qui se succèdent et que la coalition au pouvoir semble continuer à devoir perdre.

L’intelligence de la crise de la dette européenne et de sa solution se résumant pour Berlin à l’impérieuse nécessité de réduire par tous les moyens les déficits publics, il en découle deux conséquences qui éclairent les épisodes en cours, le gouvernement étant dans l’obligation d’être exemplaire sur ce terrain.

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L’actualité de la crise: pour prévenir, il faudrait guérir, par François Leclerc

Billet invité.

POUR PRÉVENIR, IL FAUDRAIT GUÉRIR

A Bâle, le plus distingué des aréopages vient de mettre au point le nouveau dispositif destiné à ce que nous ne connaissions plus jamais cela. Afin que plus jamais le système financier ne soit dans l’obligation d’être renfloué par les Etats sur fonds publics, car ils n’en ont plus les moyens. C’est tout du moins ce qui est reconnu par ses ténors quand ils sont en mal de franchise.

L’histoire dira, mais on ne sait pas quand, s’il s’agit ou non d’une forfanterie de plus. D’un accord de circonstance marqué dès l’origine par une incompréhension de la nature profonde de la crise actuelle, par une incapacité à remettre en cause des rouages qui vont tôt ou tard reproduire les mêmes effets. Dans un contexte qui aura évolué – que l’on voit se dessiner à grands traits – et d’une manière qui ne sera pas la même que la dernière fois.

Dans l’immédiat, un notable renforcement des fonds propres que vont devoir détenir les banques a été décidé par les représentants des banques centrales et des régulateurs des 27 pays membre du Comité de Bâle, sous les auspices de la Banque des règlements internationaux. Le prochain G20 de Séoul devrait donner l’occasion aux Chefs d’Etats d’entériner cet accord.

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L’actualité de la crise: ils sont incorrigibles, par François Leclerc

Billet invité.

ILS SONT INCORRIGIBLES

Alors que s’approche le coeur de l’été, période propice à de douces flâneries, de sympathiques promenades et d’aimables incursions littéraires, ou à tout autre plaisir à convenance, était-il bien avisé de se plonger dans l’un des sujets les plus arides et rébarbatifs de la planète financière, à savoir la réglementation bancaire ?

Les journalistes des agences de presse, ainsi que ceux de la grande presse internationale, se sont manifestement posé la question, avant de finalement se résoudre à pondre tardivement leurs papiers d’analyse des premières décisions du Comité de Bâle, pour se mettre enfin à leurs valises. Quel métier  !

Un même soupir d’abattement ne pouvait manquer d’échapper au chroniqueur de l’actualité financière du blog de Paul Jorion, qui se cale consciencieusement tous les jours de cette nourriture inspirée pour tenter de la restituer, lorsqu’il a constaté qu’il allait falloir aussi s’y plonger. Et, oh horreur ! que les analyses qu’il avait récupérées ne se recoupaient pas aisément et semblaient même parfois se contredire. Pas sur l’interprétation, mais sur le factuel, la pire des situations. Comme s’il n’était pas seul à la peine.

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L’actualité de la crise: tests, premiers enseignements, par François Leclerc

Billet invité.

TESTS, PREMIERS ENSEIGNEMENTS

Tout bien pesé, les tests des 91 établissements bancaires européens ont finalement été d’un beaucoup plus grand intérêt que prévu. Non pas en raison de leurs résultats – tout le monde les considère fabriqués pour la circonstance et ils ne rassurent en façade que ceux qui les ont décidés – mais pour tout ce qui les a entourés et nous a été montré.

En premier lieu, en raison de la pagaille accrue qui entoure toutes les décisions européennes, retrouvée pour la circonstance, et qui reflète des divergences d’intérêts exacerbées entre les pays de l’Union. Cela n’est pas destiné à s’arranger. En second, à cause de la tenue pour le moins brouillonne de ces tests, qui a permis de chercher et trouver – en raison même du secret dont ils ont été entourés – d’innombrables finesses.

Toutes concourent à masquer la situation effective des banques. Inutile d’y revenir, la liste en a été faite précédemment ces derniers jours dans cette chronique. En creux de ce qui a été testé, l’inventaire a pu être fait de ce qui ne l’était pas, ou effectué de manière accommodante.

Derrière l’omniprésent discours de propagande sur le danger imminent que représente la dette publique, destiné à justifier d’importantes restrictions budgétaires, il n’y a qu’une seule intention : préserver à tout prix le système financier, toujours dans une situation de grande fragilité que l’on cherche à masquer. Car, au-delà des tests où les banques sont prises une par une, c’est dans son ensemble qu’il est le plus inquiétant, en raison du risque systémique que ceux-ci n’ont même pas essayé de mesurer.

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L’actualité de la crise: un test… mais des gouvernements, par François Leclerc

Billet invité.

UN TEST… MAIS DES GOUVERNEMENTS

Comme prévu, il est des secrets que l’on ne peut garder pour soi bien longtemps. Sans attendre la date fatidique du 23 juillet, c’est à qui s’épanchera à propos des stress tests des 91 banques européennes retenues : tout va bien, aucun souci n’est à se faire, est-il partout proclamé de manière précipitée !

Une maladresse de plus, qui accrédite l’idée largement répandue que ces tests sont complaisants. Une constatation confirmée par les informations en provenance de plusieurs établissements bancaires, qui ont procédé à leurs propres estimations, et qui voient moins en rose la vie du système bancaire européen.

Les uns après les autres, les représentants les plus officiels affirment que leurs banques nationales sont bonnes pour le service. Seuls quelques victimes expiatoires pourraient être recalées, tentative un peu dérisoire de crédibiliser des tests qui font penser à ces élections remportées à 99,98% des suffrages que l’on a connu (le vote étant obligatoire).

Réunis plus discrètement, au siège de la BCE à Zürich, les représentants de 40 banques participantes à l’examen bénéficient cet après-midi, en avant-première et 48 heures à l’avance, de la divulgation des résultats. Aucune conférence de presse n’est prévue à l’issue de cette rencontre.

Le temps, remarquent les esprits chagrins, de se concerter sur ce qui va être effectivement rendu public et ce qui sera conservé par devers soi. Car la décision avait été laissée en suspens, lors de la dernière réunion de l’Eurogroup, en raison de désaccords persistants et dans l’attente des résultats péniblement ajustés – à force de modifications successives des paramètres testés – d’un examen dont les résultats étaient redoutés.

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L’actualité de la crise: ni fleurs, ni couronnes, par François Leclerc

Billet invité.

NI FLEURS, NI COURONNES.

Pour accorder son vote à la loi de régulation américaine, un sénateur républicain a réclamé que soit abandonnée la taxation des banques qui y était inscrite. C’est chose faite, un enterrement se prépare : son adoption.

Conservée, cette mesure n’aurait certes pas changé quoi que ce soit à l’esprit de cette loi – resserrer un peu certaines mailles d’un filet dans lequel des ouvertures béantes ont été aménagées – mais un tel abandon de dernière minute augure mal de la suite des événements. A défaut de trouver en lui-même les ressorts de son aggiornamento, le capitalisme financier vient de victorieusement faire opposition aux velléités affichées d’encadrer, sinon de contrarier, sa logique destructrice. La loi, c’est sa loi.

Le travail n’est pas terminé, car il reste encore un gros morceau à casser. Il s’agit de Bâle III, le dernier rempart des régulateurs, la réglementation destinée à renforcer la capacité des banques à résister à une prochaine grande crise. Une issue inévitable au vu de ce qui a déjà été décidé par le Congrès américain, en plus de la poursuite de l’actuelle.

Le mandat initialement donné par le G20 prévoyait l’accroissement en quantité et en qualité des fonds propres des banques, ainsi que des dispositions techniques visant à décourager de trop forts leviers d’endettement. A Toronto, il a depuis été décidé d’assouplir l’implémentation des nouvelles règles en gestation, afin de ne pas brider le retour espéré de la croissance, ainsi que de tenir compte des conditions économiques nationales (puisque les décisions collégiales du G20 laissent désormais de larges marges de manoeuvre à chacun de ses membres).

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L’actualité de la crise: bricolages en tous genres, par François Leclerc

Billet invité

BRICOLAGES EN TOUS GENRES

Combien de temps les dirigeants de la zone euro vont-ils parvenir à tenir fermé le couvercle de la crise ? Tout tourne toujours autour des stress tests des 91 banques retenues. D’un côté, on nous affirme qu’ils sont menés en toute indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques, alors que l’on reconnait de l’autre que les ministres de l’Ecofin actuellement réunis à Bruxelles vont mettre au point leurs ultimes réglages.

Les déclarations les plus contradictoires continuent d’être recueillies à propos des paramètres d’effort qui ont été ou vont être choisis – on ne sait plus – à propos de la décote que pourraient subir les obligations souveraines des pays attaqués par les marchés.

Que cette question soit au centre des débats est en soi significatif de l’importance qui lui est accordée, des risques de défaut qui sont en réalité redoutés, à défaut d’être publiquement reconnus. Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, a rejeté dans ces termes l’idée selon laquelle les critères auraient été arrondis : « D’abord on a dit qu’ils étaient trop durs, qu’ils allaient conduire toutes les banques à la faillite, le lendemain on dit qu’ils sont trop faibles et que l’exercice ne sert à rien. Généralement, la vérité se situe au milieu ». On ne peut pas mieux avouer qu’un compromis politique est recherché.

Un article du Spiegel retient l’attention. Selon l’hebdomadaire, qui bénéficie souvent de fuites organisées, le gouvernement allemand mettrait au point un plan permettant de gérer des processus de restructuration de la dette souveraine en zone euro. Il faut dire que s’il devait être activé, le gouvernement Allemand serait aux première loges, en tant que premier contributeur du plan de stabilité financière européen. L’idée serait que le secteur privé (les banques) seraient également mises à contribution, une décote consentie par ses soins. En contrepartie, le reste de l’investissement serait garanti suivant un montage pouvant faire appel au FMI et qui serait géré – suivant le modèle du Club de Paris – par un nouveau club qui pourrait prendre le nom de Club de Berlin. Le mécanisme serait à double détente, prévoyant qu’au cas où la décote de la dette ne réglerait pas le problème, le pays qui en aurait bénéficié passerait sous le contrôle financier de la structure.

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L’actualité de la crise: le doute se généralise, par François Leclerc

Billet invité

LE DOUTE SE GÉNÉRALISE

Les membres du Committee of European Banking Supervisors (CEBS) – l’organisme européen réunissant les régulateurs bancaires chargé de conduire les tests d’effort – se sont-ils résignés à accepter l’idée que la transparence était la clé du succès, dans un monde financier où celle-ci est toujours revendiquée mais rarement rencontrée  ?

Suite à d’amicales et insistantes pressions des marchés, une liste de 91 banques a été publiée par leurs soins et des indications partielles ont été données sur les paramètres d’effort qui vont être utilisés. Mais les marchés ne s’en sont pas contentés, à peine ces informations publiées, attendant de nouvelles précisions des régulateurs et le faisant savoir. Ils craignent en effet que les tests soient effectués à l’envers, et que ce soit en fonction des résultats finaux que les paramètres détaillés du test seront déterminés. On n’apprend pas aux vieux singes à faire des grimaces.

En attendant la publication des résultats toujours prévue pour le 23 juillet prochain, des résultats circulent, notamment en provenance du Crédit Suisse qui a effectué sa propre enquête, contribuant à rajouter à la confusion ambiante qui se poursuit. Seuls les chiffres officiels allant faire foi (mais de quoi ?), les questions demeurent en suspens.

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L’actualité: quand les prévenus prononcent leur propre réquisitoire, par François Leclerc

Billet invité

QUAND LES PRÉVENUS PRONONCENT LEUR PROPRE RÉQUISITOIRE

Les dirigeants européens vont-ils réussir leur opération de relations publiques des stress tests de leurs banques, comme les Américains y étaient parvenus ?

A en croire Christine Lagarde, l’affaire est dans le sac, puisqu’elle a sans attendre annoncé lors des Rencontres d’Aix-en-Provence que les banques en triomphaient haut la main. Suscitant les commentaires sceptiques des esprits chagrins qui ont fait valoir qu’il paraissait prématuré d’en annoncer le résultat, alors que leurs paramètres mêmes semblaient faire encore l’objet d’ajustements.

L’affaire est mal engagée, ce qui tend à devenir une constante de toutes les opérations de sauvetage européennes de ces derniers temps. Non pas tant en raison de toutes les interrogations qui circulent – et pour lesquelles aucune réponse claire n’est disponible – que pour une simple et unique constatation.

De deux choses l’une, soit ces stress tests vont être l’occasion d’afficher la bonne santé des banques, et ils ne seront pas crédibles, ne serait-ce qu’en raison des précédents tests, dont c’était la conclusion avec la suite que l’on sait ; soit ils mettront en évidence des signes de faiblesse, soigneusement calibrés, et ils appelleront des recapitalisation pour lesquelles rien n’est prévu. Tout portant à croire que les paramètres des tests auront été déterminés en fonction du résultat que l’on voulait obtenir à l’arrivée.

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L’actualité de la crise : tourner la page ! par François Leclerc

Billet invité.

TOURNER LA PAGE !

Durant toute la journée de lundi, les démentis ont plu de toute part, ne faisant qu’accréditer la rumeur dont avait fait état le Frankfurter Allgemeine Zeitung, un journal qui ne passe pas particulièrement pour faire partie de la presse à sensation. L’Espagne serait au bout du rouleau, un plan d’activation du fonds de stabilité financière européen en préparation. Les mauvais esprits – il n’en manque pas – remarquant que ce scénario rappelait fâcheusement celui de la Grèce, avant qu’elle ne bénéficie d’un soutien longtemps dénié de toutes parts.

Une conférence téléphonique des ministres du G7 avait opportunément eu lieu dans la matinée, dont il était juré qu’elle n’avait pas été consacrée à l’affaire qui mobilisait toutes les attentions. Décidément !

Les rares banquiers et financiers espagnols qui acceptaient de s’exprimer faisaient entendre un tout autre son de cloche : ils reconnaissaient que les banques espagnoles étaient devant le marché international des capitaux comme devant porte close. Plus personne ne voulant se risquer à prêter à un secteur bancaire en pleine crise, sans désormais même faire trop le détail entre ses composantes, faute de visibilité. L’opacité du système financier se retourne contre lui dans les mauvais jours : il est dans l’incapacité de lui substituer la transparence, car elle rendrait encore plus vulnérable.

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L’actualité de la crise: banques qui rient, banques qui pleurent, par François Leclerc

Billet invité.

BANQUES QUI RIENT, BANQUES QUI PLEURENT

C’est en passe d’être réalisé : une loi de régulation financière va être dans les semaines à venir promulguée par Barack Obama, après un rapprochement des textes successivement adoptés par la Chambre des représentants et du Sénat qui va permettre d’encore en édulcorer l’ensemble. Les mégabanques ont d’ores et déjà remporté aux Etats-Unis une écrasante victoire dont elles entendent se prévaloir, dans le monde entier, afin de poursuivre leurs jeux délétères. Il n’y a pas à tergiverser, mais à s’interroger sur ses conséquences.

Avec l’appui de l’administration – en dépit de quelques batailles menées par des agences de régulation et d’escarmouches à portée limitée – et avec le soutien qui ne s’est pas démenti, sauf à l’occasion d’alertes qui n’ont pas duré, d’un Congrès miné par le lobbying et la corruption, les mégabanques viennent d’illustrer le fameux « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». La gloire n’était qu’accessoire, elles se contenteront de la victoire. Seuls quelques élus auront tenté de sauver l’honneur, sans succès.

Durant ces mois de travail législatif, Barack Obama n’aura cessé de mettre en scène son courroux et sa détermination pour masquer qu’il n’entendait pas mettre la bride sur le cou au capitalisme financier dont il est en réalité, avec son administration, partie largement prenante. Justifiant l’utilisation du concept d’oligarchie pour qualifier le pouvoir qu’il représente, certains préférant le terme de ploutocratie.

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L’actualité de la crise : Les comparses à la tâche (II), par François Leclerc

Billet invité

LES COMPARSES A LA TÂCHE (partie II)

Si l’on considère la régulation des produits financiers, les dérivés sont incontestablement la grosse affaire. Car la titrisation est toujours en panne, devenue mirage dangereux après avoir été considérée comme pêche miraculeuse, censée abolir tout risque. D’autant qu’il ne serait pas raisonnable de continuer à prêter à tire larigot, en raison de la crise économique, et de fabriquer des titres en les empilant pour les financer en aveugle. En revanche, les dérivés restent plus que jamais au coeur du business. Nerf de la guerre de la finance et à ce titre l’un des grands enjeux de la régulation.

Selon la BRI (Banque des règlements internationaux), le recours aux dérivés est reparti à la hausse après avoir fléchit en 2008. Fin juin 2009, la valeur totale de leurs sous-jacents était supérieure à 600.000 milliards de dollars, soit quarante fois la valeur de tous les titres cotés sur Nyse-Euronext (les Bourses de New York et de Paris). Ce sont des instruments financiers dont la valeur varie en fonction d’un actif (un sous-jacent), que le porteur du titre n’a pas besoin de détenir et qui peut être lui-même financier. Conçus au départ comme des produits d’assurance, afin de se prémunir contre certains risques (variation du taux de change, des cours des matières premières, risque de faillite d’une entreprise…), les dérivés sont devenus avant tout des outils spéculatifs, hautement rentables pour ceux qui savent les manipuler.

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L’actualité de la crise: la régulation, une marche à reculons, par François Leclerc

Billet invité.

LA REGULATION, UNE MARCHE A RECULONS

Quelle loi de régulation financière va finalement sortir du chapeau du Sénat américain ? Il apparaît, selon le Financial Times qui fait ce matin référence à des conversations avec des sénateurs républicains non identifiés, qu’un troisième sujet de discorde avec les démocrates s’est ajouté aux deux précédents.

On savait que la création de l’agence de protection des consommateurs était sur la sellette et avait toutes les chances de faire les frais de l’accord « bipartisan » que Barack Obama continue de rechercher. N’ayant aucune stratégie de rechange et ayant été, en réalité, toujours positionné au centre de l’échiquier politique. Mais aussi, depuis la perte d’un siège démocrate au Sénat, parce qu’il ne dispose plus de la majorité des 60 sièges nécessaire pour contrer le « flibustage » (qui donne alors la possibilité d’empêcher l’adoption d’une loi).

On n’ignorait pas qu’au Sénat, de la part de nombreux démocrates compris, de fortes réticences faisaient obstacle à l’idée d’accorder à la Fed la responsabilité de la future régulation financière. Le FT vient de nous apprendre, ce qui ne nous étonne guère, que les républicains étaient opposés à « tout plan qui imposerait des règles plus sévères de capitalisation et de liquidité aux établissements créant un risque au système financier ».

Le Sénateur Christopher Dodd, président démocrate de la commission bancaire et grand manitou des négociations avec les républicains, a déjà du changer de cheval, après qu’un premier républicain qu’il essayait de débaucher à coups de compromis a déclaré forfait. Un second est encore en selle, mais combien de temps va-t-il tenir ?

Au fur et à mesure que le temps passe, on ne se rapproche pas de l’adoption de mesures de régulation mais l’on s’en éloigne. Pour mettre l’accent sur d’hypothétiques mesures anti-systémiques et des taxations cosmétiques qui ne raccorderont pas des deux côtés de l’Atlantique. Les républicains ayant beau jeu de dire que ces mesures ne serviront à rien, faute de pouvoir à l’avance identifier l’origine du prochain dérapage majeur.

Cela devient une donnée majeure de la situation et de l’approfondissement de la crise.

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