COMMENT RECAPITALISER RÉELLEMENT LES BANQUES, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Où est le capital bancaire ?

BNP Paribas affiche actuellement une capitalisation boursière de 37 milliards d’euros pour 85 milliards de capitaux propres comptables ; Société Générale capitalise 15 milliards d’euros pour des capitaux comptables de 51 milliards ; Crédit Agricole capitalise 13 milliards pour 52 en comptabilité.

Le marché financier estime que les capitaux propres des banques sont notoirement surévalués. Une telle situation est significative d’une incongruité systémique : soit les règles comptables sont hors de la réalité objective, soit le marché est irrationnel. Soit encore les groupes bancaires sous-capitalisés vont éclater pour que les propriétaires du capital retrouvent au moins leur quote-part de l’actif net dans le prix de leurs titres.

Pour anticiper ce qui ne peut pas ne pas arriver et arbitrer les options latentes, il faut nécessairement se placer dans un cadre de raisonnement qui n’est pas le système actuel contradictoire en lui-même. La contradiction réside dans un prix du capital bancaire réellement dissociable de l’obligation effective des banques à rembourser l’intégralité de leurs emprunts.

L’actuelle impasse systémique n’est soluble que par le changement de paradigme monétaire. La transformation en monnaie de la mesure du crédit produite par les banques est nécessairement erronée quand la garantie comptablement affichée par les banques est capitalisée en dessous de son prix nominal par les créanciers des banques.

Si la régulation du crédit n’est pas une science exacte ni à l’échelle de l’emprunteur, ni à l’échelle d’une banque, ni à l’échelle du système bancaire mondial, la seule variable de compensation des erreurs d’anticipation du crédit est la parité réelle de la monnaie. La parité réelle des monnaies émises sur le crédit bancaire est la loi de transformation réciproque des dettes bancaires en capital bancaire.

Reconstruire la relation entre le crédit, le capital et la monnaie

L’insuffisance globale du capital disponible à garantir la masse des crédits déjà émis ne peut pas être résorbée autrement que par la dévaluation réelle des monnaies. Dévaluation par changement de la loi de transformation du crédit nominal en capital nominal. Dévaluation par dépréciation du capital nominal en capital réel apprécié par le marché financier.

Dévaluation enfin par enchâssement du marché financier dans la responsabilité du crédit nominal par le capital réel. Le capital est en logique une estimation du prix de la réalité présente indépendante de l’unité de mesure nominale du prix. Par conséquent, la dévaluation d’une monnaie comptabilisant un portefeuille de crédit ajuste le capital effectivement disponible à la garantie du crédit effectivement comptabilisé.

Le changement de paradigme monétaire consistera à réconcilier la définition légale abstraite de la monnaie avec le fonctionnement concret de la transformation bancaire du crédit. Posons l’hypothèse qu’une banque se dote d’une gestion active de la monnaie réelle que son bilan permet d’émettre. La monnaie réelle devient ici le prix intrinsèque des créances qu’une banque peut escompter à la banque centrale.

Supposons que le risque d’insuffisance de capital en couverture de chaque émission nette de crédit soit personnellement porté par les gérants des portefeuilles de crédit et par les fonctions bancaires internes qui garantissent le calcul, l’anticipation, la gestion et la liquidation des crédits nominaux.

Si les décideurs à l’intérieur des banques sont propriétaires de leur allocation de capital et libres de ré-allouer le capital aux compétences internes qu’ils croient capables de couvrir leurs décisions, alors il existe un intérêt de chaque centre de décision à proportionner le prix nominal des crédits au prix estimé par la conviction professionnelle personnelle.

Les crédits actifs sont dans ce schéma réellement adossés aux compétences et à la liquidité effectives d’une estimation prudente de la solvabilité des débiteurs bancaires internes et externes. De même que la prime positive de capitalisation de marché reconnaît la certitude d’une évaluation comptable de l’actif net, de même la solvabilité bancaire est analytiquement confirmée par la capitalisation interne.

Équilibre anthropologique de capitalisation financière

La capitalisation interne de nature prudentielle reste logiquement inférieure aux fonds propres comptables. Une capitalisation mesurée par confrontation d’appréciations humaines vendeuses et acheteuses est optimiste à l’extérieur de la décision de crédit et pessimiste à l’intérieur. La prudence bancaire véritable requiert l’équilibre de l’optimisme de marché par le pessimisme individuel de la technique.

Nominalement, les techniques appliquées dans le passé n’ont pas de raison de ne pas rester efficaces dans le futur. En revanche, la décision de crédit par celui qui met en œuvre des techniques implique l’interprétation d’une réalité constamment renouvelée. L’acteur d’une technique confronté à la réalité est plus prudent que celui qui considère la technique abstraitement sous son prix et sa dénomination.

Anthropologiquement la parole de l’acteur résume une certitude que le sujet n’a pas dans l’action. La cause nommée d’une action est nécessairement plus certaine que ses conséquences encore inconnues dans la réalité. La parole synthétique de l’acteur est plus rassurante que l’analyse de l’action. Le prix de la capitalisation par le nom de l’objet est plus élevé que le prix de la capitalisation par la réalité qui est seulement anticipée.

La capitalisation des actions humaines à l’intérieur d’une institution financière par les hommes-mêmes qui sont à l’origine des actifs et passifs comptabilisés apporte de la substance au prix nominal. La réalité des actifs et passifs est humainement constituée sous le calcul abstrait de la confrontation marchande des paroles.

Les acteurs de la décision disposent des éléments du prix dont la capitalisation externe du marché financier n’a pas connaissance. Les causes de la perte de capitalisation marchande sur la comptabilité peuvent être identifiées et traitées. La somme des décisions prudemment capitalisées ne peut pas demeurer supérieure à une estimation globale nécessairement ignorante des prix unitaires des décisions.

Ainsi le marché organisé à l’intérieur d’une banque d’échange des allocations de capital comptable provoque une auto-organisation de la chaine de décision. La responsabilité humaine est rétablie dans la règle abstraite. Chaque acteur interne voit la transformation qu’il opère par ses emprunts de crédits et de fonds propres nominaux dans le calcul de crédits actifs.

Si les décideurs internes ont des droits personnels reconnus sur le capital qu’ils consomment et qu’ils produisent par leur portefeuille de risques, ils ont un intérêt objectif à structurer leurs actifs pour ne pas amputer leur capital à l’échéance de leurs passifs. Le capital nominal collectif d’une entreprise bancaire est transformable en sûreté du crédit à la condition d’une responsabilité financière personnelle des acteurs de la décision.

Transformation du capital en prime de réalité

La circulation interne organisée du capital rend tout décideur interne, quelle que soit son activité, acheteur et vendeur de capital pour garantir toutes les causes de remboursement des crédits dus à l’intérieur et à l’extérieur de la banque.

Un marché bancaire interne de régulation du risque de non-remboursement des crédits consiste à traiter sur un pied d’égalité toutes les contreparties de crédit internes et externes, créditrices ou débitrices. Le crédit objectivement évalué ne change pas de nature ni de cause selon l’internalité ou l’externalité du créancier.

Le principe fondamental de la sûreté comptable est la couverture de tout crédit actif par un débiteur engagé par du capital interne. Il est alors impossible qu’une perte de crédit retombe sur un créancier externe. Si un apport de capital externe est mesuré nécessaire pour compléter la couverture des débiteurs internes, il est matérialisé par un apport réel de compétence humaine ou de liquidité monétaire.

La compensation bancaire interne du crédit hiérarchise les causes du crédit par la réalité. Un crédit requiert une compétence humaine identifiée à anticiper les prix ; elle est garantie par le capital d’une autre compétence humaine à apprécier la responsabilité financière. La liquidité monétaire représente la disponibilité réelle du capital à porter la compétence humaine à réduire par la réalité connue l’incertitude de l’anticipation financière.

Dans le paradigme de la liquidité monétaire du crédit couvert par le capital, le prix nominal du crédit doit être systématiquement dissocié du prix des couvertures. Les primes sont systématiquement achetées par des acteurs distincts de l’emprunteur et du prêteur : le prix nominal d’un crédit ne peut pas être objectivement garanti par celui qui prête ou celui qui emprunte.

La dissociation par la responsabilité humaine nominale du prix du crédit et du prix de l’incertitude du prix oblige l’acheteur de la prime de crédit à porter la conséquence réelle des erreurs de calcul ; donc à agir dans le temps pour réduire les causes réelles et non les causes nominales de l’incertitude.

La cause de la certitude du crédit n’est plus dissimulée par la spéculation sur le droit du créancier, mais réalisée de l’action à produire l’objet nommément identifié du crédit. L’incertitude du réel dissociée de la certitude du prix oblige à la solidarité professionnelle dans la production du prix. La monétisation du crédit résulte de la solidarité de personnes différentes et complémentaires engagées dans une répartition explicite de l’incertitude réelle du crédit.

Le réel humainement analysé par la monnaie de banque

L’adoption du paradigme de la responsabilité financière de la monnaie définit quatre fonctions bancaires fondamentales : le prix, le crédit, le capital et l’assurance. Fonctions tenues par des personnes différentes mais solidaires dans la transformation des prix nominaux comptables en réalité objective livrable à terme au prêteur de la monnaie.

A l’intérieur d’un groupe bancaire, la fonction d’assurance garantit l’intégrité et la compétence des décideurs par l’allocation du capital. La fonction de prix garantit l’égalité des droits et obligations de toute la chaine humaine de transformation de l’épargne et du capital en crédit, investissement et assurance des personnes et des biens.

Encadrées par les fonctions d’assurance et de prix, les fonctions de crédit et de capital négocient l’équilibre des anticipations de financement de l’économie réelle. L’échéance des crédits doit correspondre à la livraison des biens et services réellement produits. Le capital alloué au crédit doit couvrir toutes les erreurs possibles d’anticipation des emprunteurs de l’économie réelle.

La sous-capitalisation des banques dans l’économie financière actuelle n’est pas une erreur de calcul ou d’anticipation mais le résultat réel de l’irresponsabilité financière systématique. La séparation des fonctions d’assurance, d’investissement, de crédit et de liquidité du prix à l’intérieur des banques restaure la visibilité de la responsabilité personnelle dans la transformation de toute anticipation en réalité.

Toute banque adoptant la compensation de ses prix internes par la séparation financière quadri-fonctionnelle entre dans un processus de recapitalisation auto-engendré par les conditions objectives de la confiance. Une confiance fondée sur la relation interpersonnelle indépendante de toute possession d’une réalité physique, d’un crédit ou de la plus-value d’investissement.

Si la fonction bancaire de comptabilisation du prix en monnaie est exclusivement dédiée au service des droits du titulaire d’un compte courant, alors toute l’information livrée par le déposant est utilisée à la transformation réelle libre de ses droits nominaux en assurance, crédit et plus-value. Le travail bancaire d’intermédiation équitable du prix est rémunéré par une prime de légalité des objets de transaction réglée par les vendeurs internes ou externes à la banque.

La monnaie créée comme relation d’équilibre réel du capital et du crédit mute le capital en représentation quantifiée en monnaie des droits de la personne. Or le capital fondé dans les droits personnels réalisables est beaucoup moins rare que fondé sur des modèles financiers abstraits délibérément coupés du réel.

L’inflation nominale du crédit n’est pas résorbable sans la ré-humanisation du capital. Il suffit donc de décider que la responsabilité financière personnelle redevienne la cause des prix du futur au présent. Il suffit que le capital rémunère la responsabilité objective du prix des biens réels. La primauté de l’homme sur la monnaie n’a pas de réalité sans être une décision.

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17 réflexions sur « COMMENT RECAPITALISER RÉELLEMENT LES BANQUES, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Très intéressant, mais je suis frappé que sur ce site, seules sont prises en compte les ‘mauvaises’ nouvelles, allant dans le sens de prévisions ‘apocalyptiques’ et jamais les ‘bonnes’…

      1. Oui ou bien lire la lettre secrete des « Tricheurs Brothers » de la BCE. Pour etre rassure rien de mieux que de anxiolitiques et un bon psychologue ou psychiatre.

  2. Responsabilité financière personnelle n’aurait jamais du être réduite.
    Activons pour que Dexia ne soit pas mis à contribution du peuple , mais des fautifs.
    Marche arrière , déspéculation , reprise des engagements , renégociation des prêts etc…..cantonnement , bad bank , 25 ans de travail.

    1. Pour tenter d’augmenter leurs bénéfices les banques françaises font monter et descendre leurs cours tous les jours de +10 à – 10 % , mais au final les cours restent inchangés , c’est la course éperdue avant l’hallali.

  3. « L’adoption du paradigme de la responsabilité financière de la monnaie définit quatre fonctions bancaires fondamentales : le prix, le crédit, le capital et l’assurance. Fonctions tenues par des personnes différentes mais solidaires dans la transformation des prix nominaux comptables en réalité objective livrable à terme au prêteur de la monnaie. »

    Auto-traduction :
    L’adoption d’une monnaie n’est pas neutre. Si on choisit d’être responsable dans le choix, il faut en tirer les conséquences quant à la structure des banques. Elles doivent être séparées en quatre entités : la gestion du prix, celle du crédit, celle du capital et celle de l’assurance.
    Ces entités sont différentes mais liées pour faire des produits concrets à un prix réel dans une monnaie précise, pour celui qui paye.

    « La sous-capitalisation des banques dans l’économie financière actuelle n’est pas une erreur de calcul ou d’anticipation mais le résultat réel de l’irresponsabilité financière systématique. La séparation des fonctions d’assurance, d’investissement, de crédit et de liquidité du prix à l’intérieur des banques restaure la visibilité de la responsabilité personnelle dans la transformation de toute anticipation en réalité. »

    Auto-traduction :
    Les banques manquent de fonds propres. Ce n’est pas un hasard, elles font n’importe quoi pour gagner de l’argent et se livrent plus spécialement à des jeux spéculatifs totalement irresponsables. Les structurer en quatre entités distinctes permet d’identifier les responsables de ces conneries (pour leur en mettre plein la gueule).

    « L’inflation nominale du crédit n’est pas résorbable sans la ré-humanisation du capital. Il suffit donc de décider que la responsabilité financière personnelle redevienne la cause des prix du futur au présent. Il suffit que le capital rémunère la responsabilité objective du prix des biens réels. La primauté de l’homme sur la monnaie n’a pas de réalité sans être une décision. »

    Auto-traduction :
    Les crédits gonflés à l’hélium et montés au cric ne disparaîtront pas sans que le capital redevienne sensible. Pour cela, il faut donc obliger les capitalistes à devenir responsables de la zone qu’il sèment sur toute la planète. Et pour y arriver ces mêmes capitalistes devenus réceptifs doivent prendre une claque chaque fois qu’ils manipulent les prix, bidonnent les comptes, magouillent les cours boursiers et planquent de la monnaie à gauche. L’homme prime sur le pognon, mais ça va mieux en le disant.

    1. Sans faire offense à la prose précise mais très personnelle de Pierre SARTON du JONCHAY, merci pour ces « auto-traductions » qui je l’avoue, éclairent en langage profane une pensée brillante mais, souvent mal accessible au peu d’esprit qui me traverse.

  4. L’évolution récente en France du statut de responsabilité des professions dites libérales , vers un état de  » personne morale  » , qui les dédouane de responsablités personnelles gagées sur leurs biens , montre que votre appel à  » ré-humaniser  » le capital est bien à contre-courant des forces en action .

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Personne_morale

    1. @Juan Nessy,
      On peut aussi interpréter la notion de personne morale comme possibilité et obligation de la société à soutenir la responsabilité individuelle. S’il n’y a pas de responsabilité sans individualisation du sujet de l’objet, l’existence d’une société politique peut être le cadre d’une responsabilité solidaire collective de l’exercice effectif de la responsabilité personnelle. Le capital d’une société quelle que soit sa finalité morale se définit dans cette perspective comme le prix liquide du bien commun disponible en couverture de la responsabilité personnelle de chaque membre de la société constituée. Le capital moral est le prix qu’une société engage dans la responsabilité personnelle de chacun de ses membres à réaliser l’objet social endossé par la collectivité.

      1. J’entends bien ( enfin à peu près ) , mais à ce jour , il semble qu’elle permette surtout d’échapper à la responsabilité morale de tenter de payer ses dettes en cas de faillite .Même l’URSSAF reste parfois le bec dans l’eau .

        Tiens , une piste pour la dette publique !

  5. Mise bout à bout pour donner des phrases, franchement qui comprend ce billet.

     » redevienne la cause des prix du futur au présent. « 

    1. @des mots,

      redevienne la cause des prix du futur au présent

      Vous pointez exactement ce qui fracture la réalité entre les financiers et les non-financiers ; et qui rend la réalité des non-financiers si facilement manipulable par la réalité des financiers. Les esprits non-financiers ne comprennent pas ce que les esprits financiers font. Les non-financiers se plaisent à ignorer que le futur ne peut pas échapper aux décisions prises au présent. Les financiers leurrent les non-financiers quand ils laissent croire que le résultat d’une décision pour le futur est déjà là aussi réellement qu’un objet physique qui se touche, se voit et se sent.

      Les financiers leurrent les non-financiers par les esprits financiers leurrant les financiers sans esprit. Les esprits financiers font la différence entre l’esprit et la réalité ; ils jouent les financiers qui confondent la réalité anticipée en esprit avec la réalité actuelle sensible. La double différence entre le présent et le futur et entre le réel et l’imaginaire permet la double manipulation du financier par l’esprit financier et du non-financier par le financier. Le témoignage d’Alessio Rastani dans le rôle du financier sans esprit révèle parfaitement l’articulation de la grande manipulation.

      La finance est la représentation par la monnaie du résultat réel probable d’une décision présente ; d’une décision sur un objet verbalisé qui n’existe pas encore concrètement ; qui existe seulement par l’imagination logique du possible crédible. La manipulation du non-financier et du financier par l’esprit financier utilise la monnaie. En tant que résultat réel probable d’une décision présente d’un objet qui n’existe pas encore, la monnaie est nécessairement matérialisée au présent par une réalité : en l’occurrence un support physique portant le décompte du prix futur de l’objet qu’elle permettra d’acheter.

      En n’évoquant pas la double différence entre le présent et le futur et entre le réel et l’imaginaire, l’esprit financier crée l’opacité du réel par la monnaie ; la monnaie qui est un pouvoir au présent, un décompte du temps par le crédit, et la réalité concrète future de ce qu’elle permettra d’acheter. Ainsi apparaît-il une troisième manipulation de l’esprit financier sur lui-même. Afin de manipuler le non-financier et le financier en toute bonne conscience intellectuelle, l’esprit financier se convainc que la monnaie est une chose et non la représentation du futur dans le présent ainsi que de l’imaginaire du possible dans la réalité. Cette auto-corruption de l’esprit financier s’appelle la cupidité.

      La monnaie est l’instrument idoine de la cupidité financière ; toutes les réalités détournées sont masquées par des prix qui ne signifient rien ; des prix qui ne renvoient à aucune réalité visible à des esprits libres de leur jugement d’observation. L’esprit financier cupide a un ennemi de fond : l’esprit financier libre ; l’esprit qui dit ce qu’il fait selon le réalité qu’il négocie avec d’autres esprits libres selon une même loi de responsabilité. Cependant la cupidité financière ne peut pas combattre l’esprit de responsabilité qui n’est pas monétisable en tant que tel ; qui échappe donc à toute manipulation.

      Le fait majeur en train d’émerger dans la décomposition actuelle du système financier est l’auto-délitement de la cupidité. L’esprit de responsabilité redevient la seule cause de création monétaire. Tant que la cupidité gouverne, la liquidité reste insaisissable ; le moment approche où l’esprit de cupidité ne pourra plus se financer sans reconnaître au moins verbalement la différence réelle entre le présent et le futur, entre le spéculatif et le probable. Alors il sera possible d’instaurer une compensation explicite de la responsabilité financière personnelle.

    2. des mots,
      Depuis votre commentaire, vous avez été invité à réfléchir en réponse.
      … où êtes-vous donc passé ?

  6. « La parole synthétique de l’acteur est plus rassurante que l’analyse de l’action. Le prix de la capitalisation par le nom de l’objet est plus élevé que le prix de la capitalisation par la réalité qui est seulement anticipée. »

    Étrangement on pourrait appliquer cette belle formule pour les politiques depuis un bon 30 ans maintenant. Entre la Rhétorique de nos politiciens et le programme applique par la Droite et la gauche. Le programme pour les élections (propagande, Fausses promesses, Story telling), et l’application du concensus de Washington d’un autre cote dans toutes les contrées.

    Enrichissement d’une classe dites « mondialistes » avec le portefeuille dans des espaces de non droit (paradis fiscaux) et les couillons soumis a une concurrence loyale et « non faussée ». Problème de liquidité alors qu’on est face a un problème de solvabilité.

    Le problème c’est le marche et l’école monétariste.

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