L’actualité de la crise: ni fleurs, ni couronnes, par François Leclerc

Billet invité.

NI FLEURS, NI COURONNES.

Pour accorder son vote à la loi de régulation américaine, un sénateur républicain a réclamé que soit abandonnée la taxation des banques qui y était inscrite. C’est chose faite, un enterrement se prépare : son adoption.

Conservée, cette mesure n’aurait certes pas changé quoi que ce soit à l’esprit de cette loi – resserrer un peu certaines mailles d’un filet dans lequel des ouvertures béantes ont été aménagées – mais un tel abandon de dernière minute augure mal de la suite des événements. A défaut de trouver en lui-même les ressorts de son aggiornamento, le capitalisme financier vient de victorieusement faire opposition aux velléités affichées d’encadrer, sinon de contrarier, sa logique destructrice. La loi, c’est sa loi.

Le travail n’est pas terminé, car il reste encore un gros morceau à casser. Il s’agit de Bâle III, le dernier rempart des régulateurs, la réglementation destinée à renforcer la capacité des banques à résister à une prochaine grande crise. Une issue inévitable au vu de ce qui a déjà été décidé par le Congrès américain, en plus de la poursuite de l’actuelle.

Le mandat initialement donné par le G20 prévoyait l’accroissement en quantité et en qualité des fonds propres des banques, ainsi que des dispositions techniques visant à décourager de trop forts leviers d’endettement. A Toronto, il a depuis été décidé d’assouplir l’implémentation des nouvelles règles en gestation, afin de ne pas brider le retour espéré de la croissance, ainsi que de tenir compte des conditions économiques nationales (puisque les décisions collégiales du G20 laissent désormais de larges marges de manoeuvre à chacun de ses membres).

Plus on plonge dans les chinoiseries dont sont entourées ces futures normes, plus l’on en ressort persuadé que leur destin est tout tracé : rejoindre plus tard celles de Bâle II au cimetière des réglementations sans effet. Mais pour l’instant, au fur et à mesure que se déroulent les discussions qui réunissent – et opposent – le Comité de Bâle chargé d’en définir l’architecture et ceux qui devront les respecter, le calendrier de leur lancement par tranches successives s’étire en longueur.

Nous en sommes à dix ans pour parvenir au terme du processus. A l’arrivée, cela donne toutes les raisons de penser qu’il en sera de Bâle III ce qu’il est advenu de Bâle II : ses dispositions n’étaient pas encore appliquées (en l’occurrence aux Etats-Unis) qu’elles étaient déjà obsolètes, n’ayant en rien empêché la crise systémique de menacer d’emporter tout le système financier.

Ces débats, dont nous ne percevons que les échos assourdis de loin en loin, sont entrés dans le vif du sujet. Pénétrant au coeur du fonctionnement du système bancaire, permettant ainsi aux observateurs d’en distinguer une image abasourdissante. Car, quand on parvient à ce niveau de technique financière, lorsque l’on est confronté à la complexité de mécanismes qu’il s’agit de maîtriser en élevant des barrières réputées infranchissables, on ne peut en tirer que deux conclusions : il subsiste des deux côtés de l’Atlantique une forte disparité réglementaire du système bancaire, qui fait obstacle à l’adoption de mesures unifiées de gestion de la finance, qui est elle globalisée ; l’affrontement entre les autorités réglementaires et ceux qui sont chargés de l’appliquer s’apparente de facto à la lutte contre le dopage sportif, les tricheurs ayant toujours une longueur d’avance et les surveillants étant suspectés de complaisance.

D’ici le prochain G20 de Séoul, en novembre prochain, le processus de consultation en cours devrait être terminé, avant que Bâle III ne soit adopté en grandes pompes. On croit en connaître les étapes successives : ce mois-ci la définition des éléments éligibles aux fonds propres, qui serviront de base au calcul de trois différents ratios, mis au point en septembre prochain.

Mais plein d’autres diaboliques détails, plus ou moins anodins mais ayant tous leur importance, font l’objet de discussions acharnées. Le monde des mégabanques n’est pas homogène, chacune ayant ses petites faiblesses ou ses petits secrets. Toutes essayant, au gré de ceux-ci et soutenu par ses autorités nationales, d’obtenir des assouplissements à son avantage, ou bien au contraire des durcissements pénalisant ses concurrents.

Cette cuisine laisse perplexe en raison de la multiplicité de ses ingrédients et de ses dosages à géométrie si variable. Quand elle ne renforce pas la conviction que tout ce système est un non-sens total. Qu’il est illusoire de vouloir renforcer un échafaudage financier qui va in fine reposer sur des compromis politiques. Que celui-ci cédera simplement là où on ne l’attend pas. Et, enfin, que les justifications qui sont encore données à ce système zombie – apporter la croissance et l’emploi – ne valent pas plus que la parole d’un banquier, vu la crise actuelle. Sa fonction première est désormais dévoilée pour ce qu’elle est réellement : profondément parasitaire.

Cette foire d’empoigne a comme toile de fond des études d’impact contradictoires de la future réglementation, afin d’argumenter en faveur de son assouplissement ou de son maintien dans ses dispositions actuelles. L’Institute of International Finance – le lobby international des mégabanques – a tiré le premier en prévoyant le pire (en terme de points de croissance et d’emplois en moins, selon l’argumentation habituelle) pour obtenir le desserrement de contraintes que ses mandants jugent inacceptables ; le Comité de Bâle va s’essayer le mois d’août prochain, avec le soutien de la Banque des règlements internationaux et du FMI, à une contre-offensive sur le même terrain, afin de présenter une étude d’impact plus avenante et de justifier ses positions.

Sans vouloir se risquer à des pronostics, vu la discrétion avec laquelle ce dossier est traité, il est probable qu’un deuxième enterrement se prépare déjà. Quoi que l’on puisse penser de garde-fous, jamais aussi bien nommés et destinés de toute manière à être rompus, tant la folie que l’appétit au risque (et aux profits) suscite est impétueuse lorsque celui-ci est supporté par les autres. Ce sont ses leviers qui devraient été mis hors d’usage, on en est loin.

L’application des dispositions de la loi américaine au marché des dérivés va être une autre occasion de prendre sa mesure. Une partie de la masse actuelle des produits dérivés amassés depuis les années 90, pour une valeur notionnelle estimée à 615.000 milliards de dollars, va désormais devoir utiliser les services de chambres de compensation. Combien d’années cela va-t-il prendre pour y parvenir ? Quelle proportion va être déclarée par le régulateur comme devant y souscrire ? Seule une toute petite proportion, malgré les efforts entrepris à sa demande pressante avant même que la loi ne soit adoptée, passe déjà par des chambres de compensation. Or il y a des millions de contrats à régulariser. La liquidation de Lehman Brothers illustre la lenteur avec laquelle ce type d’opération financière peut être dénouée.

Dans l’immédiat, un tri va devoir être fait par le régulateur, afin de séparer les produits standards des autres. Puis, il va falloir homologuer les chambres de compensation qui vont être autorisées à intervenir (et qui auront accès au guichet de la Fed comme les banques de dépôt, selon la nouvelle loi). C’est ensuite que les choses plus compliquées vont intervenir. Car toute une nouvelle mécanique va devoir être mise sur pied, puisque les chambres de compensation procéderont à des appels de marge et de collatéral, ce qui suppose une estimation des risques attachés aux titres qu’elles accueilleront puisqu’elles assumeront le risque de contrepartie.

Or, les coûts risquent d’être très élevés à l’arrivée pour les intervenants, s’il se confirme que de très nombreux contrats existants ne sont pas adossés à du collatéral les garantissant. Si c’est bien le cas, le processus n’en sortira pas accéléré. L’International Swaps and Derivatives Association considère que 23% des contrats sont dans ce cas, mais le Comité de Bâle s’interroge sur la situation réelle des 77% restant, vu les pratiques peu claires observées sur ce marché de gré à gré.

Une estimation effectuée par le FMI a abouti à la somme de 200 milliards de dollars afin de couvrir les appels de marge et les garanties prévisibles, qui seront à la charge des intervenants sur le marché. Leurs profits en sortiront très amoindris. Mais tout dépendra, en fin de compte, des décisions prises par le régulateur, en application de procédures qui n’ont pas été encore précisées et dont il est à craindre qu’elles ne soient pas des plus transparentes.

Au final, un choix va devoir être opéré. Standardiser au maximum les produits dérivés, ce qui va réduire les profits ; mais aussi, dans une proportion incertaine, le danger systémique inhérent à ce marché. Ou procéder à l’inverse, avec comme conséquence d’agir en contradiction avec l’esprit de la nouvelle réglementation et d’en réduire fortement la portée, voire de la réduire à néant.

Quoi qu’il en soit, le processus va être long à se mettre en place, à l’image de la réglementation de Bâle III. Cela ne sera pas sans offrir de nouvelles opportunités à des rebondissements de la crise actuelle.

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125 réflexions sur « L’actualité de la crise: ni fleurs, ni couronnes, par François Leclerc »

  1. « Quand elle ne renforce pas la conviction que tout ce système est un non-sens total. Qu’il est illusoire de vouloir renforcer un échafaudage financier qui va in fine reposer sur des compromis politiques. Que celui-ci cédera simplement là où on ne l’attend pas. Et, enfin, que les justifications qui sont encore données à ce système zombie – apporter la croissance et l’emploi – ne valent pas plus que la parole d’un banquier, vu la crise actuelle. Sa fonction première est désormais dévoilée pour ce qu’elle est réellement : profondément parasitaire. »

    Il est vrai que c’est fou. Ils cherchent un paravent d’éventuelles justifications, en fin de compte, non..??
    Mais pourquoi..??
    Essayer de s’exonérer d’une responsabilité..?? On la connait, leur responsabilité.

    1. Nous oui,on la connaît leur responsabilité.Mais eux?Ils ne veulent pas de la part maudite du pouvoir.L aliénation sur le plan symbolique est a l oeuvre. Demeurent le spectacle et la jouissance ironique du spectacle. L indifférence ,c est peut être tout ce qui reste a la population,conjuguée a la jouissance spectaculaire du politique.Finalement c est une forme de revanche.De la a réfuter toute autre forme de vengeance a l avenir…

  2. Pourriez vous precisez (brievement), a propos de « Bale III »:
    _ qui sont les personnes en charge de proposer cette nouvelle reglementation ?
    _ qu’ont apporte les reglementations Bale I et Bale II ?

    Je precise que ces questions ne sont pas ironiques. Il est difficile de trouver des informations y repondant …. alors si vous en avez, merci de les partager.

    cordialement,

  3. « Sa fonction première est désormais dévoilée pour ce qu’elle est réellement : profondément parasitaire.  »

    Lisant ceci (et étant persuadé de ce fait dès avant la crise) je suis très étonné que ce blog avait par le passé fait l’apologie du plan Paulson…

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    http://www.pauljorion.com/blog/?p=791

    « Arrivé à ce stade-ci, il faut abandonner l’ambition de résoudre les problèmes : il faut d’abord stopper la finance dans sa chute en gelant la situation. »

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    Alors que justement la solution EST dans la chute de la finance, le plus tôt étant le mieux avec pour résultat qu’ils ne nous emmerderont plus pendant au moins 50 ans et qu’ils sauront que prendre trop de risques cela pique parfois les fesses.

    Je considère donc que l’absence de toute régulation est ce qu’il y a de mieux, qu’on les laisse creuser leurs tombes ; s’ils sont idiots ils le feront ; s’ils ne sont pas stupides ils ne « fusilleront » pas leurs fonds propres à de la spéculation et dans des risques trop élevés…

    Il y a à cet effet une régulation très simple et qui fonctionne depuis la nuit des temps…
    Tu ne peux plus remplir tes engagements…
    => Hop… tribunal des faillites, à la queue comme tout le monde…
    Quand tu sais que si tu te plantes c’est direct la procédure, là tu deviens un peu plus scrupuleux et prudent…

    Par contre (même sans régulation) leurs comptes devraient être épluchés menu, menu par des cabinets indépendants (qu’ils ne fassent pas passer du papier tout puant pour du AAA de première fraicheur)…
    Les bilans et comptes de résultat maquillés à la Bibi Fricotin cela suffit…

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    Nb : je viens de voir que les primary dealers ont vendu pour 9 milliards de titres émis par FNM et Freddy et deux mois après la vente ne sont pas capables de fournir les titres à la FED de New York. Ce sont donc des ventes à nus pour lequel le vendeur (et ceci deux mois après) est incapable de livrer… Tout va bien, les magouilles continuent chez les banques…

    1. @ phev

      « ce blog avait par le passé fait l’apologie du plan Paulson… »

      Ce n’est pas la bonne foi qui vous étouffe. Vous prenez des risques : mes billets sur le sujet sont accessibles ici-même et mes livres sont dans toutes les bonnes librairies. Et en plus, mes positions sont relativement connues, je ne passe pas aux yeux du public, que je sache, pour le chantre du plan Paulson. Voyons donc voir ce que j’en disais.

      On est le 28 septembre 2008, Lehman Brothers est tombé je le rappelle, le 15. Voici ce que j’écris :

      Trop peu, trop tard. J’aurais quand même préféré que le plan Paulson « version centre-gauche » passe. Ce ne fut pas le cas : avec 47,3 % de voix en sa faveur, il a raté de peu la majorité. Les parlementaires démocrates ont voté pour à 60 % et les républicains à 33 %. Le compte n’y était pas. L’indice Dow Jones a perdu dans la foulée, 6,98 %. Plus fort que Paris un peu plus tôt dans la journée, avec – 5,04 %.

      Qu’est-ce qu’il faut faire ? A ce stade-ci, le mieux que l’on puisse espérer, c’est un gel de la situation. Ce serait déjà une très bonne chose. Je le disais il y a quelques jours, quand je résumais l’article qui a paru aujourd’hui dans Le Monde – Economie : « Je reviens sur l’idée d’un moratoire. Il ne s’agit pas de « résoudre » la crise mais de trouver le moyen d’introduire au moins un temps d’arrêt qui permette de déterminer un plancher » (Le Monde, lundi 29 septembre). Dans l’article du Monde, « Le piège des Credit–Default Swaps », je suis plus explicite. En voici le dernier paragraphe :

      Mais il faut aller beaucoup plus loin : d’ici à ce qu’un marché organisé puisse être mis en place, un moratoire permettrait d’examiner les conditions à remplir pour que les CDS puissent être relancés sans générer un danger systémique. Et si ces conditions ne peuvent être réunies, il conviendrait de transformer ce moratoire en interdiction permanente. Tant que les autorités n’auront pas réglé la question des Credit–Default Swaps, leur affirmation qu’elles prennent toutes les mesures qui s’imposent pour résoudre la crise ne pourra pas être prise au sérieux.

      Arrivé à ce stade-ci, il faut abandonner l’ambition de résoudre les problèmes : il faut d’abord stopper la finance dans sa chute en gelant la situation. Si on tarde trop, il ne restera plus que la méthode ultime, celle que j’évoquais dans un autre billet. J’y reproduisais le texte d’un ex-voto de marins bretons :

      « Ayant fait tout ce que les hommes peuvent faire, nous nous mîmes en cercle, et nous tenant par la main, nous recommandâmes notre âme à Sainte Anne » (De la prière).

      Ils avaient quant à eux au moins commencé par « faire tout ce que les hommes peuvent faire ».

      Dans le genre « apologie du plan Paulson », on peut sans doute repasser. Phev, seriez-vous, vous aussi, un Croisé de l’Anti-Internet ? Partisan de la Vérité avec tampon officiel ? Déterminé à prouver que l’internet ce n’est que « mensonges et compagnie », et à ajouter votre propre contribution pour faire bonne mesure ?

    2. Tout vient à temps à qui sait attendre…
      Comme disent les afghans « nous avons le Temps, vous avez la montre. »

    3. Phev encore démasqué. Il emploie tous les moyens, y compris l’affabulation, pour faire l’apologie du capitalisme.
      Contrairement à ce qu’écrit Phev et la droite en général, la crise n’est pas le fait purement de banquiers, mais le dénouement de la contradiction classique de la suraccumulation capitaliste, retardé et donc aggravé par la financiarisation.

    4. Outre l’affabulation sur ce blog, Phev utilise la même technique que les grands capitalistes dans les années 30. S’attaquer aux banquiers pour exonérer le système capitaliste.

      Cette crise, comme les autres, est due à une contradiction de fond du capitalisme: la suraccumulation de capital par rapport à la demande solvable. Seule la libéralisation des marchés financiers, et la financiarisation, ont permis de retarder son dénouement.

      Que les gouvernements interviennent ou pas n’empêche pas que la reprise capitaliste ne peut se faire que sur la base d’une destruction de moyens de production, et de reculs sociaux historiques.

      La seule alternative à la barbarie qui commence dans les premiers plans d’austérité, c’est la fin du capitalisme. Passer de la logique de l’accumulation privée, au mépris des humains et de l’environnement, à la logique de la satisfaction des besoins durables.

    5. @ Charles : tout a fait d’accord,
      mais le probleme est le changement de systeme : on ne peut l’imposer lorsque ce sont les dirigeants economiques et politiques qui le bloquent (si ce n’est par la violence revolutionnaire – mais elle est toujours sanguinaire et injuste)

      vous ecrivez enfin : »Passer de la logique de l’accumulation privée, au mépris des humains et de l’environnement, à la logique de la satisfaction des besoins durables »
      Comment s’y prendre dans uncontexte ou la planete a ete deja largement pillee et saignee, ou la population augmente de facon exponentielle et les ressources primordiales a notre vie organisee commencent a ne plus suffire?
      La decroissance necessite de refonder totalement nos rapports a la planete, a la propriete, a la consommation… immense tache que je n’envisage que par le developpement de petites communautes locales autonomes mais alors adieu veau vache cochon, vacances aux Bahamas, telepone portable, automobile etc
      Qui s’y prepare vraiment ?

  4. 200 milliards (par an) pour garantir 615.000 milliards (cumulés sur > 10 ans)… les veinards !

    Moi qui en serait resté aux 5 ou 10 % de « réserve fractionnaire » des banques de dépôts, je vois que je ne boxe pas dans la bonne catégorie…

  5. 1ère remarque:

    En lisant votre article, M. Leclerc, on peut se dire en effet que sans fleurs ni couronnes, il ne manque plus que la crucifix pour les citoyens.

    Euh, … enlevez-moi ce doute affreux: on va dans le mur à pleine vitesse tout en ayant coupé les câbles de frein?
    Quant aux nouveaux freins c’est-à dire les nouvelles rêglementations, les mégabanques et leurs lobbies nous sabotent en silence pendant l’Eté, le crayon, le taille-crayon, la gomme, la papier et remplace l’encre noire par de l’encre sympathique, car elles sont encore à l’état d’esquisses sur papier-brouillon les nouvelles rêglementations: pas de prototype et encore moins d’usinage en vue?

    Enfin, on sait déjà ce que seront les prochains G 20, G8 et autres réunions économiques prochaines, pour paraphraser Shakespeare: « Beaucoup de bruit pour rien ».

    2ème remarque, de l’article de The Independent sur la dette britannique du lien de « dissy »:

    Je viens de le lire: si j’ai bien compris, c’est 4 fois plus que prévu!
    On atteint Outre-Manche la bagatelle de 4 000 milliards de Livres Sterling de dettes.

    D’autre part, il y a un peu plus d’une semaine, les journeaux britanniques chiffraient l’impact des mesures de coupes budgétaires de Mr Osborne, leur ministre des finances, aux environs de 1 à 1,3 millions de suppressions d’emplois à court terme (horizon de 1 à 2 ans)
    Une bonne partie des analystes britanniques trouvaient déjà que l’objectif de réduction des dettes de Mr Osborne était insoutenable, surtout sans laisser couler la Livre: Osborne veut diminuer la dette publique 2 fois plus vite que Margaret Thatcher en son temps!
    J’ai l’impression qu’il a oublié à quel prix la Grande-Bretagne y était arrivée durant les années 80.

    Et qu’apprend-on, la situation est 4 fois pire que prévue! Déjà intenable mais ce ne sera pas suffisant!

    Si Osborne veut tenir ses objectifs pour rassurer les marchés (les prêteurs), cela ne va plus être de l’austérité ou de la rigueur mais de grands coups de sabre tout azimuts.
    Socialement, humainement ça ne va être tenable très longtemps.

    On ne va quand même pas en arriver à la situation de l’Argentine en 2000-2001 pour toute l’Europe?

  6. Je veux bien croire que je suis inconscient des conséquences d’un tel scénario réputé cataclysmique alors que je n’arrive toujours pas à m’en convaincre:
    Si le système financier international avait coulé (ou finisse par couler finalement), à mon sens voilà comment les choses se seraient passées:

    – quelques millions d’investisseurs milliardaires dans le monde sont ruinés d’un coup. Ce qui ne me parait quand même pas si terrible.

    – toutes les banques à commencer par les mégabanques font faillite. Soit.

    – ne restent plus que les banques centrales, lesquelles sont forcées par les gouvernements de modifier leurs statuts et financent désormais directement la totalité de l’économie dite réelle. Puis peut-être avec le temps quelques banques totalement sous contrôle gouvernemental prennent le relais.

    Où est le cataclysme là-dedans ?
    Il me semble que la question de la régulation ne se poserait plus pour un long moment pour cause de disparition même de l’objet du délit. Finis les banques et les banquiers. Nettoyés, lessivés, supprimés et aussitôt oubliés. Vincent Auriol ne disait-il pas déjà à son époque qu’il fallait fermer les banques et enfermer les banquiers ?

    Sérieusement, je n’arrive pas à comprendre pour quelle raison objective je devrais ne pas souhaiter un tel cataclysme !

    1. @ Ken Avo : il me semble effectivement que vous en oubliez les consequences/implications :
      a court terme la chute brutale du systeme financier = plus de salaires verses, plus de liquidites pour les entreprises donc faillites et penuries immediates donc chaos social, violences… !
      La chute du systeme financier est necesaire mais cela serait mieux dans le cadre d’un demantelement organise, lequel necessite

      1) une volonte politique adequate : ce qui semble totalement manquer car la classe politique doit son statut au systeme actuel et ne reflechit qu ‘a l’interieur du paradigme dominant

      2) une adhesion de la population au principe de changement radical : la majorite espere toujours la reprise, a fait son trou dans le systeme tel qu il existe et ne souhaite pas prendre de risques
      … et que la vie recommence comme avant : on(=la majorite des occidentaux) a tres bien vecu en laissant mourir de faim l’afrique, en achetant des produits chinois fabriques par des enfants, en pillant la planete. Alors faire chuter le systeme financier au detriment des petites economies de chacun mesquinement gagnees en lechant les bottes de son superieur hierarchique … je n’y crois pas trop tant que la crise n’aura pas atteint une majorite de la population

      De plus le coeur du probleme n’est pas a la finance: la crise financiere n’est que le symptome d’une maladie grave : l’impossibilite pour le monde entier de vivre selon le paradigme de la croissance infinie.
      La conjonction de problemes majeurs( sur-population sur-consommation de ressources finies, pollution et dependance absolue aux energies fossiles) bien identifies depuis le rapport Meadow pour le club de Rome en 1972 rend notre civilisation caduque : il faut tout transformer de fond en comble : ce sont les 12 travaux d’hercule !

      La seule solution que j’ai rencontree jusqu a maintenant consiste a fonder de petites communautes qui se detachent progressivement de la societe moderne pour vivre de facon autonome selon des principes plus saints. La mise en application a petite echelle et sans attendre une hypothetique volonte politque des belles idees exprimees sur ce blog et d’autres

      quelques liens :

      une Crise multiforme inevitable :
      http://www.reformons-le-capitalisme.fr/
      http://www.manicore.com/documentation/club_rome.html
      http://www.peakoilandhumanity.com/FR_table_des_matieres.htm

      Agir collectivement :
      http://www.manicore.com/documentation/serre/index.html#Agir_collectivement
      http://www.facebook.com/group.php?gid=15052722430
      http://www.toutpourchanger.com/?tag/Changer%20le%20monde

      Communautes pour vivre autrement :
      http://www.habiter-autrement.org/05.eco-village/eco.htm
      http://www.energybulletin.net/node/48571
      http://www.autarcies.com

      L’internet heberge de nombreux sites d’initiatives positives, a nous de les rejoindre et de les partager…

    2. Vous avez raison tous les deux. Et c’est surtout la peur de l’ « inconnu » qui fait que nous sommes tenus en otage.
      Hors, d’après ce que j’ai pu entendre de gens qui ont tout de même vécu (même si pas forcèment bien) pendant la guerre, l’échange était possible. Mon grand-père disait toujours lorsqu’il entendait les sirènes des usines annonçant la fin de journée : « c’est l’heure du marché noir ».
      Ceci dit, Loic, nous allons revenir au local, d’une manière ou d’une autre, je pense.

    3. « des principes plus saints »
      sains ou saints?
      Saints,ça existe déjà ,on appelle ça des monastères.
      A Loic.

    4. @loic
      OK, vos pistes me paraissent très intéressantes.
      Ne pas rester dans un système nauséabond qui privilégie une minorité qui se reproduit, s’en détacher le plus possible, l’abandonner pour le laisser à lui même. Revenir à des communautés d’intérêts partagés par tous, au service de tous.
      Acheter localement des produits alimentaires de qualité par exemple et promouvoir ainsi le maintien d’une agriculture saine & respectueuse de l’environnement.

    5. @ Loic

      Non, une disparition des banques privées ne signifierait pas le chaos social .
      Je me souviens de l’époque où les salaires n’étaient pas versés sur des comptes en banque, aucune loi n’imposait d’engraisser des banques privées . Mes parents , comme tous les ouvriers, n’avaient pas de compte en banque et recevaient leur salaire en liquide ou sous la forme de mandats d’un organisme public comme l’étaient alors les PTT ( la Poste actuelle) . Mes premiers salaires de fonctionnaire furent des mandats du Trésor Public à retirer en liquide à la perception .

      On pourrait très bien fermer toutes les banques privées , renationaliser totalement la Poste et sa Banque Postale, la Caisse des Dépôts et Consignations , faire en sorte que ces organismes publics destinés au paiement des salaires , à l’épargne et aux prêts avec un taux fixe calculé au plus juste par rapport à celui de l’épargne , aient l’interdiction de spéculer .

    6. Mais bien sûr qu’il y aurait une vie après la catastrophe !

      J’ai lu je ne sais plus où que cela ressemblerait à ce qui existait en France sous l’occupation, sauf que là il n’y aurait pas d’occupant.
      Et, là, en général, on me sort les banlieues qui, que….
      M’enfin, si ils sont capables de dealer je ne sais quoi, ils seront bien capables d’en faire autant avec les poireaux!!!!!

      Mais bien sûr, tant que la majorité est persuadée que la crise c’est pour les autres, elle rejettera cette solution.

      Je discutais ce matin avec une postière qui me disait qu’à la poste aussi il y avait des suicides, mais que l’on n’en parlait pas, elle m’a dit aussi que le nombre des dépressions devenait affolant.
      Lorsqu’elle m’a appris qu’elle était syndiquée je lui ai dit de faire connaître ces chiffres, de se mettre en relation avec d’autres organisations pour en obtenir d’autres, au niveau local car les dirigeants nationaux ne semblent pas faire grand’chose.

      Les standarts où l’on peut payer ses factures en retard sont débordés.
      Les coupures de gaz, d’électricité se multiplient.
      Mais lorsqu’ils auront viré tous leurs clients qu’est-ce qui leur restera pour faire tourner leurs boîtes ?

    7. @ Ken Avo

      La ruine des milliardaires actionnaires des institutions financières ne chagrine qu’eux.
      Le problème, c’est que ce sont les mêmes qui possèdent le capital, qu’il soit financier ou industriel, et qu’ils sont la classe dirigeante, celle qui controle le pays sous couvert de « démocratie représentative », cad du droit formel de choisir ses « représentants », mais pas ceux qui controlent par l’argent les institutions.
      La question, c’est comment on leur arrache le pouvoir. Car ils n’ont jamais, nulle part, cédé. Ils ont toujours employé toute la force de l’Etat, dont la fonction principale est de protéger la dictature du capital contre la démocratie.

    8. @loic

      « Principes plus saints ? » vous allez faire plaisir à Anne (mais elle ne vient plus très souvent ces temps ci).

      A part ça, je vous suis tout à fait.

      Cordialement

    9. @Piotr,

      Excusez moi, j’avais oublié que vous étiez le sniper le plus rapide du Blog, et je n’ai pas tout lu avant de répondre (Double-faute).

  7. « le capitalisme financier … sa logique destructrice. », « Sa fonction première … profondément parasitaire. »… : ça fait un p’tit bout de temps maintenant que cette idée fait son chemin, et malgré cela, nous en sommes encore à l’analyse – certes de qualité- des postures et réactions de la bête. Et pourtant parallèlement la réflexion s’est tournée vers ce qui semble être la base de ce système, la base de la société de consommation et du capitalisme, financier entre autres, simple corolaire, à savoir : le travail rémunéré. Mais malgré cette « attaque à deux fronts » il semble que l’édifice soit inébranlable.

    Résumons : le système de (sur- : pour les âmes sensibles) consommation, pour (sur-) vivre, demande une (sur-) consommation toujours croissante et donc une (sur-) production équivalente ; la seule manière qu’ait trouvé le système pour répondre à ces deux impératifs est le travail salarié.

    Que les défenseurs de la planète, les défenseurs des droits de l’homme et de la femme, enfin tous ceux qui voient dans la vie davantage qu’une course effrénée avec les yeux bandés, s’unissent : les « causes » qu’ils défendent ont un socle commun !

    Au boulot !

    1. Fab,

      Comment se mettre d’accord sur un tel socle commun ? Comment trouver une raison de s’unir et que chacun pourrait comprendre dans son domaine particulier ? Comment chercher ensemble un tel socle commun ? Comment pourrait il être assez solide pour que chacun puisse s’y référer ? Comment pourrait il être assez souple pour que personne ne s’y sente étouffé ?

      Ce truc devrait être, à sa façon, plus grand que chaque individu, aisément reconnaissable, permettre la compréhension réciproque, être reconnu comme si valable qu’il mérite des risques, être intensément multiformes et souple. Ce truc devrait prendre la place de l’argent.

      Les chevaliers de la Table Ronde cherchaient le Saint Graal. Ce socle commun est notre Saint Graal. Je ne suis pas chevalier.

    2. @DidierF

      Mon injonction n´était qu´une boutade en réaction au point final de Fab. C´est un peu une tentative d´humour (j´en manque un peu en ce moment) sur le thème favori de notre omni président et de toute cette pensée unique qui nous a submergé.

      Pour répondre au « oui mais pour quelle rémunération », je reformulerai plutôt en oui mais pour faire quoi d´intéressant et d´important pour le reste de l´humanité.
      J´ajouterai que j´aimerai assez que nous parvenions à définir un système dans lequel on puisse, sans mettre en péril sa survie, dire à tout moment : « Si j´ai besoin d´être payé pour faire mon travail, alors, il est temps pour moi de changer de voie ».

      Pour la quête du « Saint Graal », il me semble que c´est ce que nous tentons de faire ici et ailleurs. Trouver un projet qui permettra à l´humanité d´évoluer enfin, loin des pulsions de mort en direction des pulsions de vie. Une nouvelle transcendance, bien réelle et humaine celle-là.

    3. DidierF,

      Le socle commun est le travail salarié. Cette question ne date pas d’aujourd’hui : les philosophes grecs, Marx, Lafargue…, Friot ! La remise en cause d’une telle habitude n’est jamais facile, on parlait il n’y a pas si longtemps aux bébés de Dieu…sans même y penser, naturellement ! Cependant, les crises sont des moments privilégiés, et il y a fort à parier que vous avez déjà été adoubé : à l’insu de votre plein gré ou pas, il est fort difficile d’en sortir ! Et tant mieux.

    4. DidierF : 15 juillet 2010 à 09:59

      Toutes vos interrogations tournent autour d’un noyau qu’on appelle communément la vie, il me semble.

  8. Un moment Rooseveltien pour les géants bancaires américains ?

    Simon Johnson

    2010-07-14

    WASHINGTON – Il y a une centaine d’années, la réflexion sur la question du mode de fonctionnement des grandes entreprises – et de la manière de contenir leur pouvoir – était dominée par les Etats-Unis. Rétrospectivement, la réelle avancée législative – non seulement aux Etats-Unis, mais aussi ailleurs – fut la loi Sherman antitrust de 1890.

    Le projet de loi de réforme financière sur le point d’être voté par le Sénat américain prévoit quelque chose d’assez similaire – et attendu de longue date – pour le secteur bancaire.

    http://www.project-syndicate.org/commentary/johnson10/French

    1. Attention c’est THÉODORE Roosevelt, dit « Teddy », qui démembra la Standart Oil de Rockfeller en 1912, après la Northern Securities 10 ans plus tôt!

      Et ça n’avait en rien empêché les perversions du capitalisme qui avaient mené 17 ans plus tard au crash de 29. Une économie qui ne peut vivre QUE des bulles du crédit et des actifs dans une politique salariale, budgétaire et monétaire de déflation assumée ou larvée et d’inégalités croissante ne peut RIEN contre les trusts financiers ou capitalistiques!

      Les impasses devant lesquelles se trouvent toutes tentatives de réformes des régulations timidement engagées en sont la preuve pathétique. Ça ne peut tout simplement pas rentrer dans le cadre idéologique comme réel de nos sociétés coincées dans leur logique de fond, quoiqu’on en dise ultralibérale, sans retour en arrière possible autre que l’anéantissement de cette logique elle même. Dans cette logique la régulation accentuée est non seulement impossible, mais la dérégulation est VITALE! Et mortelle…

      Point de sortie de bulle asiatique ou russe sans effondrement systémique sans bulle dot-com, point de sortie de bulle dot-com sans effondrement systémique sans bulle immobilière, point de sortie de bulle immobilière sans effondrement. Point!

  9. Une agence de notation CHINOISE abaisse la note de plusieurs pays occidentaux !!!

    La notation des dettes souveraines était jusqu’ici l’affaire de trois grandes agences occidentales : Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch. Une petite nouvelle tente de s’inviter dans ce cercle très fermé. L’agence de notation chinoise Dagong Global Credit Rating s’est offert un joli coup de pub en établissant sa propre hiérarchie mondiale de solvabilité de cinquante Etats, une première pour une agence non occidentale.

    La suite est là :

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/07/15/une-agence-de-notation-chinoise-abaisse-la-note-de-la-france_1388089_3234.html

    1. Je trouve que les expressions « plus on est de fous plus on rit ». Ou une autre comme « on s’amuse à mort » me semblent très à propos. Et il en faut quand même de l’humour – politesse du désespoir – pour survivre dans cet asile à ciel ouvert. Les larmes arrivent juste après, si tout ce passe bien.

      http://www.youtube.com/watch?v=vbvl7jv0b0E

    2. Je suis Normand ou Alsacien.
      je veux nuire à la Chine.
      je créé une agence de notation normande, ou alsacienne
      J’abaisse la note de la Chine.

  10. Bon, il me semble que nous avons tous (?) compris qui commande, dirige, décide, (at lib.) le fonctionnement de l’économie financière de ce moment de l’Histoire. Il est évident que ce ne sont pas les « politiques ». Sans même remettre en cause leur honnêteté toute relative, il est clair qu’ils (nous) auront toujours un coup de retard.

    Il me vient la pensée que si nous nous retrouvons si nombreux et attentifs sur le blog de notre « Cassandre » préférée c’est que nous pressentons confusément que, faute d’un cataclysme majeur, les choses financières resteront en l’état et que nous nous préparons à assister et participer à la lente agonie de notre monde sans perspective alternative réelle.

    Junkies de la consommation, chacun à son échelle, nous n’envisageons pas sincérement de changer profondément le mode de vie qui nous a conduit au bord de cette falaise. Certains ont un parachute, d’autres pas. Mais tous nous avons un iphone ou quelque chose du même genre et nous attendons Godot en surfant sur le WEB.

    Ramenez-moi un pastis, Germaine!

  11. TOUT VA BIEN.

    Nous sommes dores et déjà vaccinés contre l’ultra libéralisme, et l’année prochaine, nous serons vaccinés contre l’austérité. Les marchés verrons les cours des actions baisser, à cause de cette austérité qui tirera les économie vers le bas, aucune industrie ne se portera bien. Nous verrons tous l’échec total de l’austérité et surtout les marchés le verrons.

    1. Piotr, d’après mes calculs en imunologie, et vu les évolutions développées par les machins virus et bactéries, au plus on vise à coté, au plus elles se développent coté résistance.
      Déjà, les antibiotiques sont assez révélateurs.
      Pour les vacins, avec la mutation dont est capable la grippe, on atteint le stade marrant où plus on essaie de se vacciner, plus la grippe sera dangeureuse.
      Amusant, non.
      On sert de cobayes 🙂

      Mais bon, tant que ça rapporte aux labos, on va pas les géner non plus.. il serait capable de ne plus nous trouver d’anti-cancer…
      Prise en otage, comme d’hab…

  12. Un article documenté du Wall Street Journal (disponible sur abonnement) est venu ce jour accréditer l’idée que les mégabanques étaient en train d’obtenir de très nombreux assouplissements aux règles initialement proposées par le Comité de Bâle. Et qu’en tout état de cause leur mise en oeuvre allait bien s’étaler sur 5 à 10 ans.

    Tout fait encore débat. Mais il en ressort également que, suivant les pays, des aménagements particuliers sont demandés, les Allemands allant jusqu’à proposer que l’application d’un plus strict ratio d’endettement soit laissé à l’appréciation finale des régulateurs nationaux, après qu’une période d’observation ait été envisagée.

    Les mesures dont il est demandé qu’elles soient rapportées offrent un étonnant catalogue, pays par pays, des expédients employées par les mégabanques pour renforcer leurs fonds propres.

    Sans entrer dans les détails, l’objectif poursuivi par les mégabanques est de limiter au maximum le besoin de renforcement de leurs fonds propres. Le montant de l’addition à payer par les banques présentée par le Comité de Bâle serait désormais de mille milliards de dollars, plusieurs fois inférieur à celui qui avait été calculé par l’Institute for International Finance, pour servir de repoussoir.

    Un des moyens envisagé serait de considérer comme admissibles certaines situations acquises au nom de leur antériorité. Ou bien qu’il ne soit pas nécessaire de remplacer dans les proportions envisagées des financements à court terme par des opérations à long terme (afin de faire face aux futures crises de liquidité).

    Afin de ne pas prêter trop le flanc à l’accusation de faire la part trop belle aux mégabanques, reniant ainsi les objectifs affirmés haut et fort précédemment, il est de source américaine envisagé de ne présenter au G20 de Séoul les dispositions retenues que comme des points de départ, afin de poursuivre les discussions…

    1. « QUE comme points de départ »… ça hume bon le « multilatéralisme »…
      Il y a un peu plus d’un an, je lisais au hasard du net un politologue américain : « un jour, les USA se réveilleront sans plus aucun allié »…
      Ce qui est amusant, quelque part, est cette mentalité auto-bloquante… ils doivent avoir des pavés dans la tête.

      En attendant, il serait bon de se préparer à différents types de situations extrêmes car la logique reste la même, celle de reculer pour mieux sauter.

    1. Argg.. Mais bien sûr que c’est exponentiel.
      Deux fondements de base :
      – la technologie permet de diminuer le temps (voir les sémaphores avec utilisation des cours de matière entre Paris et Bordeaux)(par corruption des employés pour avoir l’information PLUS tôt et faire du GAIN)
      – la « nécessaire » instabilité. Car les variations les plus grandes et fréquentes sont celles qui RAPPORTENT.

      D’où aussi, une relation de cause à effet dans le financement des avancées technologiques de l’information.
      (qui se retournent AUSSI contre leurs auteurs avec le net, soit une connaissance plus large des vérités « qui-ne-sont-pas-bonnes-za-dire »)

      De là à pouvoirfaire une projection de LA crise ultime, c’est LA, la bonne question.

    2. Bon, par contre, pour la psychose maniaco-dépressive, laissez tomber.

      A ce moment-là, on pourrait aussi parler de la boulimie naturellement développée chez certaines personnes qui ont eu (ne serait-ce qu’) un sentiment de manque dans leur petite enfance.
      De là à tout accorder aux gosses, le raccourci est facile et dangeureux. (la preuve actuellement)

      Et chaque période de guerre favorise naturellement ce comportement, ce qui est normal et naturel. Comme la guerre.

    3. Un exemple juste amusant.
      J’ai connu un directeur général qui avait un strabisme divergent. Ce gars était tellement complexé qu’il affiché clairement dans son comportement qu’il voulait tuer la moitié de l’humanité. Et étrangler l’autre.
      Il est ainsi devenu directeur général très facilement et rapidement…

      Le raccourci sera alors aussi facile : au plus on souffre, au plus on progresse.

    4. Ce diagramme me fait penser à un bouquin paru en 2000 (Hachette) : « Les arbres de l’évolution » par l’astophysicien Laurent Nottale, le biologiste Jean Chaline et l’économiste Pierre Grou.

      Leur idée est qu’une loi universelle, modélisable par structures fractales, pourrait gouverner les évolutions des grands « systèmes » comme le cosmos, la vie ou la société. Ces systèmes seraient sujets à des complexifications, des accélérations et des ruptures. En matière de société, cette « loi » appliqué à notre histoire et à l’accélération actuelle des phénomènes indiquerait une limite remarquable (date butoir vers 2080+-30), donc un basculement vers une situation complètement nouvelle.

    5. Ce phénomène s’inscrit dans un ensemble. Je tire un exemple au hazard: celui des styles de l’art, qui se succèdent, se recoupent beaucoup plus rapidement qu’au 18e ou 19e siécles qui étaient des périodes d’une remarquable stabilité et continuité. On peut dire que nous vivons dans une époque de crise permanente.

  13. ne devrait on pas parler de méTabanques au lieu de mégabanques ?

    car ce qui se passe c’est que des parties ( banques et produits de spéculation) deviennent supérieur au tout ( le pib mondial) .

    dans les crises précedentes ,c’etait la valeur faciale de la monnaie qui enflait ( des millions de deutschmark pour acheter une baguette de pain ) !

    maintenant ce qui enfle ce n’est pas la valeur nominale unitaire d’une monnaie mais des groupes entiers de fonctions financieres , on dirait que l’on passe d’un algebre classique à un espace mathématique exotique .

    1. Je dirais suprabanques.

      Je garderais « métabanques » pour un agrégat de fonds variée (hedge, souverain,…) qui aurait le pouvoir ou l’étendue d’une suprabanque, un peu comme quand Soros s’en donnait à coeur joie…

    2. Attention, META en Grec signifie « avec, à côté de; ensemble » [= Mit en Allemand, Met en Néerlandais], et nullement « au dessus de, au delà de », comme on le pense généralement [L’origine de l’erreur se trouve dans ce recueil de textes d’Aristote que son éditeur Andronicos de Rhodes, au 1er S av JC, avait nommé triviallement meta ta phusika, comme faisant suite, dans son classement, à la Phusika, la ‘physique’]

      Supra-? Archi-?
      Je pencherais personnellement pour Terato- [monstre]… 😀

  14. Il faut anticiper pour savoir comment agir, dès maintenant.
    En résumé, trois scénarios possibles:

    1) Sénario REGRESSION
    Les gouvernements arrivent à leurs fins avec les plans d’austérité : réduire les déficits publics, éviter les défauts de paiements et la fin de l’Euro.
    Ces plans combinent réduction des dépenses publiques et hausse des impôts.
    Les pays les moins compétitifs souffrent le plus, et accentuent la déflation salariale pour offir un « territoire attractif » ou plus attractif au capital.
    Cela suppose pour tous une régression sociale majeure.

    2) Sénario BARBARIE
    La résistance du monde du travail aux plans d’austérité croit tellement que les gouvernements ne peuvent pas faire payer la dette accumulée par les capitalistes (sous forme privée ou publique).
    Ils recourrent au défaut de paiement d’ampleur variable selon les pays ou à une inflation forte dévaluant les dettes. Dans les deux cas, c’est un peu ou beaucoup « l’euthanasie des rentiers ».
    L’effondrement des banques provoque vague de faillite et luttes sociales intenses. Selon le shéma éprouvé dans les années 30, pour maintenir sa dictature, le capital a recours à tous les moyens répressifs de l’Etat, jusqu’au fascisme en cas de besoin.

    3) Sénario REVOLUTION
    Les peuples, prenant conscience au cours des luttes contre l’austérité de l’impasse du capitalisme et du danger mortel que représente la bête blessée, renforcent tous leurs instruments de résistance.
    La résistance conduit à l’offensive. Ils imposent par tous les moyens nécessaires leur souveraineté, en commençant par exproprier le capital.
    Une révolution de civilisation, le début d’une nouvelle étape de l’humanité : la production au service des besoins, pas de l’accumulation privée. Une production durable, cad respectueuse de la planète.

    1. Scenario probable: vos trois scenari en même temps et … en bien pire ! Sans que bien sûr personne n’ait vraiment conscience de ce qui se passe, où l’on est et où l’on va: la vision du grenadier de base sur le champ de bataille d’Eylau…

    2. Le scénario ré-volution n’a aucune chance de se produire, simplement parce qu’il est dans la nature humaine d’avoir « peur de manquer », mais pas seulement dans la « nature » mais dans la perception du futur
      Il ne pourrait se produire que si chacun avait la garantie d’une vieillesse sans soucis pécuniaires (santé à 100%, retraite suffisante, maisons d’accueil accessibles, etc), bref une société d’abondance, possible peut être à 20% de la population actuelle

    3. « La révolution est impossible », il faut souhaiter que le plus de membres de la classe dirigeante en soit convaincus le plus longtemps possible.
      L’histoire démontre que c’est la condition idéale pour que les révolutions soient les plus rapides et les moins coûteuses…

    4. Le vieux rêve de la révolution était refoulé.

      Nos ennemis, par leurs stupidités cumulées, aident ce rêve à revenir conscient.

      Ainsi, avec la conscience vertueuse, le désespoir peut être refoulé.

  15. M. Leclerc,

    Travaillant à l’Institute of International Finance (IIF), je me dois de défendre ce rapport que vous citez mais semblez ne pas avoir lu. Le but de cette étude est en effet de faire du « lobbying » au sens français (loin du « lobbying » au sens US, consistant à ses mettre les régulateurs et politiques dans la poche, pour faire simple). L’objectif annoncé est donc d’amorcer un débat sur l’impact cumulé potentiel des réformes bancaires nationales et internationales sur le PIB et le chômage. Avant qu’une loi ne soit votée, il y a généralement débat à l’Assemblée. Est-il donc si surprenant d’entendre également différentes opinions dans le cadre de la réglementation financière ?

    Concernant vos assertions : dans un commentaire, vous dites que « Sans entrer dans les détails, l’objectif poursuivi par les mégabanques est de limiter au maximum le besoin de renforcement de leurs fonds propres. Le montant de l’addition à payer par les banques présentée par le Comité de Bâle serait désormais de mille milliards de dollars, plusieurs fois inférieur à celui qui avait été calculé par l’Institute for International Finance, pour servir de repoussoir. »
    Justement, peut-être devriez-vous rentrer un peu plus dans les détails. Vous comparez en effet ce qui n’est pas comparable. Le chiffre avancé par le Comité de Bâle (CB) ne concerne que l’estimation du capital supplémentaire requis dans le cadre de l’application de ses propres propositions de réformes. L’estimation de l’IIF prend en compte les réformes proposées par le CB ainsi que les multiples propositions de réformes nationales (souvent plus coûteuses), y compris taxes bancaires. Le montant cumulé est donc forcément beaucoup plus important.

    Ensuite, votre article annonce que « L’Institute of International Finance – le lobby international des mégabanques – a tiré le premier en prévoyant le pire (en terme de points de croissance et d’emplois en moins, selon l’argumentation habituelle) ». Or, si vous aviez ouvert ce document, vous auriez probablement réalisé que les hypothèses employées sont en réalité assez bénignes, et suivant un modèle rigoureux. L’étude annonce clairement que les différentes estimations des coûts liés aux propositions de réformes (crédit bancaire, croissance, emploi) ne prennent en compte que les coûts bruts, pas les bénéfices (risque et profondeur des crises financières réduites, stabilité du système, diminution du risque systémique, etc…). Le modèle est défini en détail dès le premier chapitre afin de permettre à toute personne qui doute de nos hypothèses ou résultats de recalculer les équations en fonction de paramètres différents.

    Enfin, l’étude a déjà partiellement atteint le but recherché dans la mesure où le CB a annoncé un assouplissement des délais d’implémentation une fois les réformes finales adoptées. J’entends déjà les cris d’orfraie venant des pourfendeurs du libéralisme économique, mais cette dimension est essentielle : actuellement le crédit bancaire aux particuliers comme aux entreprises est dans un état déplorable ; or, un système financier bien huilé est indispensable pour une croissance économique auto-entretenue (c’est-à-dire sans intervention massive du secteur publique, tel un plan de relance) et l’incertitude liée aux réformes, associée aux stricts délais d’implémentation annoncés à l’origine par le CB, ne font que contribuer à la tendance actuelle qu’ont les banques de limiter leur exposition.

    Je suppose que vos approximations viennent de la confusion autour du terme « lobby », qui fait naturellement supposer qu’une étude produite par un institut de recherche, aussi sérieux soit-il, exagère forcément la réalité pour son propre compte. Vous devez savoir que les médias ont parfois tendance à déformer la réalité et exagérer certains aspects afin de créer un plus grand effet, voire un parfum de scandale. Permettez-moi donc de suggérer que la prochaine fois que vous citez une étude, vous la consultiez plutôt que de vous limiter aux coupures de presse.

    1. Qu’il y ait confusion n’est guère étonnant: les lobbies sont toujours des coins un peu sombres, are’nt they?

    2. @ Julien
      Votre employeur, l’Institute of International Finance (IFF), est un lobby comme il en existe bien d’autres, avec les mêmes pratiques que les autres. Le fait de bénéficier de l’appellation « Institute » ne doit pas occulter le fait qu’il s’agisse simplement de l’association des plus grandes banques (entres autres) pour promouvoir leur propre intérêt sur la base de recommandations.

      Vous le reconnaissez d’ailleurs vous-même dans un déroutant accès de sincérité qui invalide totalement votre distinction entre « lobbying au sens français […] ou au sens US », en disant ceci :

      Enfin, l’étude a déjà partiellement atteint le but recherché dans la mesure où le CB a annoncé un assouplissement des délais d’implémentation une fois les réformes finales adoptées.

      Vous dites ensuite :

      actuellement le crédit bancaire aux particuliers comme aux entreprises est dans un état déplorable ; or, un système financier bien huilé est indispensable pour une croissance économique auto-entretenue (c’est-à-dire sans intervention massive du secteur publique, tel un plan de relance) et l’incertitude liée aux réformes, associée aux stricts délais d’implémentation annoncés à l’origine par le CB, ne font que contribuer à la tendance actuelle qu’ont les banques de limiter leur exposition.

      Faut-il comprendre que les profits records dégagés par les membres de votre Institute au détriment du financement de l’économie réelle est une forme de chantage pour signifier aux décideurs politiques que les velléités régulatrices ne sont pas les bienvenues ?

      Jusqu’à preuve du contraire, les tentatives de régulation portées par les pouvoirs publics n’ont pas pour objectifs de tuer la croissance ou la reprise économique, mais de prévenir la survenue d’une nouvelle crise, qui toucherait en premier lieu vos membres.

    3. N’assimilant pas lobby à une injure, tout juste à un phénomène dommageable à la démocratie, je ne vois pas de mal à caractériser ainsi l’IIF, dont voici pour les lecteurs du blog de Paul Jorion l’adresse de son site, qui permet de mieux comprendre ce qu’il représente. Ainsi que, vous en conviendrez certainement, les intérêts qu’il défend.

      J’ai beaucoup trop de respect pour les grands instituts de recherche scientifique pour les confondre avec des structures dont je ne voudrais pas par ailleurs mettre en cause l’honorabilité, et pratiquer ainsi une autre nouvelle détestable « confusion » que vous pourriez dénoncer.

      S’agissant de l’étude que « vous vous devez de défendre », pour reprendre vos propres termes, je m’en suis effectivement tenu, faute de temps, aux compte-rendus qui en ont été fait. Je ne qualifierais cependant pas de « coupures de presse », avec les sous-entendu que vous y mettez, les dépêches de l’Agence de presse Bloomberg où j’ai trouvé les informations que j’ai utilisé. Etant convaincu par avance qu’il n’est pas dans votre intention de mettre en cause cette honorable agence dont l’importance ne vous est pas étrangère.

      Vous me permettrez de maintenir que la manière dont ce rapport « amorce un débat » selon vos vos termes (car je n’emploie pas pour part le terme dévalorisant d’assertion que vous me réservez) n’était pas sans intentions. Je ne savais pas, par ailleurs, que le Comité de Bâle, avec sa représentation des banques centrales, pouvait être comparée à celle des élus de la République. Dont acte. Quant aux intentions elles-mêmes, vous les confirmez en reconnaissant que l’action de l’IFF aurait permis d’étirer dans le temps le calendrier d’implémentation des mesures envisagées. Je vous en remercie donc.

      Pour en venir à mes « approximations », loin de moi l’idée de m’entourer d’un parfum de scandale, considérant que celui-ci se répand tous les jours dans les colonnes de la presse internationale (Wall Street Journal et Financial Times, New York Times et Washington Post, pour ne citer que quatre titres) ainsi que dans les fils des agences de presse (AFP, AP, Bloomberg et Reuters). Que le nom des grandes banques soient associés à ces scandaleuses effluves est effectivement fort regrettable, mais il me semble difficile de m’en faire porter la responsabilité.

      Je m’en tiendrais à mon analyse, remarquantque vous reconnaissez que l’IFF a bien chargé la barque, comme l’on dit dans les milieux que vous fréquentez (moi aussi), en étudiant l’impact de toutes les mesures et taxes possibles et imaginables, y compris peut-être celles dont il n’est pas encore officiellement décidé de les lever. Merci de vos précisions à ce propos.

      La situation, il est vrai, est très fluide dans ce domaine et je suis convaincu que l’Institut auquel vous collaborez oeuvre pour le bien commun de ses membres. Voilà au moins un point sur lequel nous serons d’accord.

      Voici le site de l’Institute for International Finance  :
      http://www.iif.com/about/bod/
      Je crois me souvenir avoir lu une coupure de presse (une dépêche d’agence) annonçant que son Président avait changé et n’était plus Josef Ackerman, Pdg de Deutsche Bank. Le site n’est pas à ce jour, si cela devait être confirmé.

    4. Justement M. Leclerc, la distinction que je fais entre lobby US et lobby « à la française » n’établit-elle pas une distinction en termes de « dommages à la démocratie » ? La démocratie devrait encourager le débat, mais si l’on un des côtés de s’exprimer, il n’y a tout simplement plus débat. Par comparaison, le lobby officiel aux US ne se positionne pas dans l’attitude du débatant puisqu’il emploie des techniques lui permettant de contourner le débat pour influencer directement les personnes en charge de prendre une décision finale.

      Quant à la traduction « institut de recherche », je n’ai fait que traduire maladroitement le terme anglais « research ». Je devrais donc reformuler cela en « analyse économique ». Votre pique sur les instituts de recherche est amusante, je l’admets.

      Les intentions sont effectivement celles que vous et les commentaires du blog décrivez. Ce que je critique, c’est l’utilisation de ces chiffres dans un contexte erroné comme exemple destiné à montrer à quel point les banques sont pleines de mauvaises intentions. Les banques ne sont pas des anges, personne n’en doute (même pas moi), mais si vous voulez prouver que l’IIF ne fait que représenter le diable, je demande juste que vous le fassiez avec rigueur.

      Concernant Josef Ackerman, je crois qu’il a repoussé de quelques années son départ à la retraite.

    5. @ Julien

      Des « lobbyistes », j’en côtois tous les jours à la Commission et au Parlement Européen. Ils font le même métier que vous, et le définissent de la même façon : ils « participent au débat d’idée », rien de plus, rien de moins. Si on objecte qu’ils servent des intérêts particuliers, et non le bien commun, la formule est toute trouvée : il serait « scandaleux que dans un débat démocratique, on ne laisse qu’une seule partie s’exprimer »… très juste, mais… il y a un mais : ils ne finissent jamais cette phrase ! En effet, qui est en face ? Le peuple, les citoyens. Et comment s’exprime-t-il ? Bon an, mal an, une fois tous les 4, 5 ou 6 ans en votant pour ses responsables politiques. Ca laisse peu de place au débat.

      Pourquoi croyez-vous que les députés européens aient lancé un appel, relayé ici (http://www.pauljorion.com/blog/?p=13204) pour la constitution d’un contre-lobby servant l’intérêt général ? Pourquoi cela n’existe-t-il pas ? Faute d’argent bien sûr. L’intérêt général n’intéresse pas les industriels de la finance, et on ne peut pas leur en vouloir : ce n’est pas leur raison sociale. Mais le problème, c’est qu’en face, l’action des lobbys est quasi-monopolistique : qui peut bien produire de la contre-analyse au kilomètre comme vous le faites ? Personne. Si, ce blog, et quelques autres personnes isolées.

      Dans votre distinction entre lobbys US et européen, vous confondez les moyens et les objectifs, car sur le fond, vous le reconnaissez vous-même, la finalité est de servir au mieux les intérêts particuliers de ceux qui financent le lobby. Aussi, à cet anglicanisme, je préfère le terme approprié en français : « groupe de pression ». Peu importe que la pression soit soft ou hard : seul le résultat compte. Même si cela ne fait pas longtemps que vous êtes arrivé aux Etats-Unis, vous avez du capter ceci dans la mentalité US.

      Cordialement,
      Un autre Julien

    6. Mise en perspective intéressante, merci pour les informations.

      J’ai une question : considérez vous institut tel que Bruegel Institute comme un groupe de pression également ?

    7. @ Julien
      Bien sûr que Bruegel est un groupe de pression. Le fait qu’il soit constitué de compagnies privées ET d’Etats européens n’y change rien. La moitié du board est constituée d’anciens banquiers centraux ou privés.

    8. Mais la question qui me vient spontanément est : l’influence d’un groupe de pression tel Bruegel est-elle forcément néfaste ? Si vous interdisez les lobbies, vous interdisez Bruegel, or leurs analyses sont souvent intéressantes et utiles (je trouve)…

      Cela me rassure un peu quelque part, dans la mesure où certains de nos membres font partie du secteur public (Ministères des Finances, Banques Centrales et organisations internationales) et la plus grosse partie de notre analyse est en macroéconomie plutôt que réglementation financière… on sauve son âme comme on le peut.

    9. @ Julien,

      « …certains de nos membres font partie du secteur public (Ministères des Finances, Banques Centrales et organisations internationales) et la plus grosse partie de notre analyse est en macroéconomie plutôt que réglementation financière… on sauve son âme comme on le peut. »
      =>
      Vous venez de démontrer le mélange des genres et la connivence des membres des secteurs dits publics avec les intérêts privés : tout le monde travaille dans le même objectif, qui est tout sauf celui de l’intérêt des peuples et de la démocratie.

    10. @ Julien

      Personne ne parle d’interdire les lobbys. L’initiative de Pascal Canfin que j’évoquais précédemment vise au contraire à constituer un contre-lobby financier indépendant, afin de fournir une analyse aux décideurs politiques, analyse qui ne soit pas biaisée par les parti-pris ou les intérêts des contributeurs/financeurs.

      Quant à la question de savoir si l’analyse de Bruegel par exemple est forcément néfaste, la réponse est évidente : tout dépend pour qui ! Quand on a dans son board des anciens de Goldman Sachs, de Calyon (filiale américaine du Crédit Agricole), de la Deutsche Bank, de la Fed, de la Banque Nationale Belge et de son équivalent polonais, il y a vraisemblablement un type d’acteurs économiques pour lesquels on est à peu près certain que l’analyse de Bruegel n’est « pas forcément néfaste ».

      Quant à la représentation des pouvoirs publics dans certaines de ces entités, elle est aussi emblématique que la présence de ces mêmes pouvoirs publics au sein des anciennes grandes entreprises nationales privatisées : anecdotique, et visant essentiellement à justifier/rassurer. Le fait que l’Etat soit toujours actionnaire de Renault n’empêche pas que Carlos Goshn ait un des salaires les plus extravagants (versé par Nissan, et pour lequel il se garde bien d’informer ses administrateurs en France), que GDF ait été offert sur un plateau à Suez, qui taille dans le vif des effectifs, etc. Je ne vous fais pas toute la liste, vous saisissez l’idée.

    11. @Julien

      Une question simple: que venez vous chercher sur ce blog, et le faites-vous à titre strictement privé?

    12. @ Vigneron

      Il n’est nul besoin de montrer patte blanche pour intervenir sur le blog, et en toute honnêteté, Julien s’est présenté dès le départ comme collaborateur de l’IIF, donc j’estime qu’il n’y a pas lieu de lui faire de procès d’intention.

    13. Certes, mais aucun procès d’intention de ma part, même si ma formulation était maladroite. Il m’intéressait juste de connaitre ses raisons de ses visites. Au delà du fait qu’il « se devait » de défendre l’étude de son employeur.

    14. Vigneron : aucune raison particuliere (pardonnez les accents, je suis passe a un clavier americain). Je consulte d’habitude des blogs plus « economiques » mais lis de temps a autres des articles ici sans y participer. Paul Jorion est un nom devenu relativement celebre, je ne venais donc pas y chercher quelque chose de specifique. Puis-je demander pourquoi ?

    15. Julien,

      Votre pourquoi semble indiquer que vous suspectez vous aussi de mauvaises pensées de ma part à votre égard…
      Il n’en est rien, je le répète. J’essaye de ne pas mélanger l’homme et sa fonction…Je n’avais pas d’autres « raisons particulières » que celles qui vous mènent en ces lieux: la curiosité et le besoin diffus de lire un avis divergent…

      PS: par blog plus « économique », j’imagine que vous entendez plus « chiffré » ou plus « financier », à moins que ce ne soit plus « économico-économique », plus orthodoxe et plus « neutre », ce qu’il n’est pas assurément et qui en fait sa réputation; réputation qui vous y a mené…aussi.

    16. @octobre

      Oui, et le plus terrible c’est qu’un mauvais salaire devienne le début d’un homme couché dans la rue…

    17. Vigneron:

      pas forcement de mauvaises intentions, mais je me demandais si vous pensiez que mon travail est d’arpenter les blogs pour faire la promotion de ma boite, ce qui n’est pas du tout le cas.

      Par blog plus economique j’entends effectivement plus oriente finance, ou parfois plus technique et ecrit par des economistes (Krugman, Brad deLong, Rodrick, etc…).

  16. Vous conviendrez, cher Julien, qu’une relance du crédit basée sur des taux directeurs durablement trop faibles et une réforme a minima des mécanismes de sécurité, finirait nécessairement par se transformer au mieux en croissance non-soutenable, au pire en stagnation (les banques se contentant des taux faibles pour gagner de l’argent en pure spéculation).

    Quitte à retarder à court-terme la reprise (je suis conscient du coût social à court-terme), ne faudrait-il pas profiter de l’impact psychologique de la crise, encore prégnant aujourd’hui, pour mettre en place des réformes qui n’ont aucune chance d’être mises en place dans deux ans.

    Bref, pour faire simple, une fausse relance du crédit ne ferait que préparer une catastrophe plus grande encore.

    Cela étant dit, vous avez raison de forcer les différents acteurs à lire les documents avant de leur coller une étiquette.

    Arthur

  17. Mais une question siouplé :
    est-ce que le vrai enjeux ce ne serait pas plutôt les retraites par capitalisation plutôt que les profits « tout court ». J’ai l’impression que ce n’est pas juste la fonction parasitaire qui est en jeu ici. Elle n’est en fait qu’un petit « a coté », mais la vraie question de fond, c’est que si on élimine les rendements de la finance actuelle, alors y a des milliers/millions de gens qui perdent leur retraite aux USA. Non ?
    Ils sont obligés d’avoir de la croissance et des rentes ponctionnées sur le reste du monde à cause de leur système de retraite. Non ?

    Je crois que ça mérite investigation, parce que si ce que je dis est juste, alors il n’y aucune chance que la finance soit réformée, puisque le vrai problème sous-jacent est différent.

    1. Il est clair que le système de retraite par capitalisation est une clef de voute de ce système malade.
      La sortie passe par la faillite desdis fonds, et donc : des retraités Américains sans retraite. Oui, ça va faire mal. Ça fait déjà mal du reste, des millions de retraités Américains sont contraint de travailler à nouveau.

  18. Vous le dites vous-mêmes, il s’agit de recommandations et rien d’autre. Pour qu’une recommandation ait un effect quelconque, il faut qu’elle soit soutenue par une argumentation solide, sans tomber dans la caricature du « autant abandonner toute tentative de réforme ». Je vous incite également à lire ce rapport qui pèse le pour et le contre de nos recommandations.

    Cette remarque que vous citez n’invalide en rien la distinction des lobbies dans la mesure où le CB a été convaincu justement par notre argumentation concernant le délai d’implémentation. L’IIF n’a pas fait de lobbying au sens US, à savoir campagne de publicité négative, promesses financières ou promesses de vote à un ou plusieurs membres du Comité en échange de leur soutien, ou encore autres pratiques propres au lobbyisme tel qu’officialisé aux Etats-Unis. La concession du CB se situe uniquement sur le terrain de la rhétorique (et de l’analyse économique), ce qui n’a donc toujours rien à voir avec du lobbyisme au sens US.

    Quant à votre deuxième remarque, vous soulevez une question intéressante. Les banques refusent de prêter, mais font-elles cela pour reconstituer leurs fonds propres ou pour exercer une forme de pression sur les gouvernements. Je n’ai pas de réponse, ne travaillant donc pas dans une banque et puisque nous nous concentrons uniquement sur l’aspect analytique. J’aimerais juste ajouter que la croissance amorphe du crédit bancaire a aussi un lieu avec la faible demande liée au cycle économique. La reprise étant là, la demande augmente progressivement mais les banques n’ont pas encore l’air de suivre.

    Je vous rejoins sur l’idée que la régulation ne vise pas à tuer la croissance ni la reprise, mais je m’élève contre l’idée que tout ce qui vient de l’IIF est forcément négatif, biaisé et visant à asservir les Etats et leur population pour le profit des banques.

    1. @ Julien,

      « tout ce qui vient de l’IIF est forcément négatif, biaisé et visant à asservir les Etats et leur population pour le profit des banques. »
      =>
      Vous n’êtes qu’un pion sur leur échiquier (l’échiquier des banques qui sert le grand capital en plus de son intérêt propre) qui, apparemment, ne comprend même pas que votre place provient d’une stratégie d’ensemble. A votre avis, à quoi sert la création d’un institut par un groupe économique ?
      Il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre…

    2. C’est là que vous vous trompez. L’IIF a été co-fondé par le directeur du FMI (et non les banques) au début des années 80 dans le but d’avoir un interlocuteur unique dans le secteur privé afin de travailler avec le secteur public dans le cadre de la restructuration des dettes publiques.

    3. @ Julien,

      « C’est là que vous vous trompez. L’IIF a été co-fondé par le directeur du FMI (et non les banques) au début des années 80 dans le but d’avoir un interlocuteur unique dans le secteur privé afin de travailler avec le secteur public dans le cadre de la restructuration des dettes publiques. »
      =>
      Les secteurs privé et public main dans la main pour la restructuration de la dette : comme c’est touchant, si ce n’était que le bien public (au sens intérêt public ou intérêt commun) s’efface dans cette belle opération au profit du bien privé (banque et grand capital).
      Vous ne convaincrez personne de normalement constitué, et surtout pas avec des arguments techniques quand le problème est d’ordre conceptuel.

    4. HAHAHA, co-fondé par le gentil FMI ! Du coup, c’est vrai, c’est la preuve qu’il agit pour le bien public.
      MDR
      Je ne pensais pas autant rigoler aujourd’hui. (je ne suis même pas sarcastique).
      Oui Julien, on vous a surement convaincu que l’intérêt des banques était l’intérêt de tous. HAHAHA
      MDR
      On reconnait l’arbre à ses fruits.
      Mais bon, quand on est l’arbre, on a tendance a trouver ses fruits jolis tout le temps, je suppose.
      Si vous ne voyez pas qu’ils nous empoisonnent … venez nous voir dans la vraie vie … sortez de votre institut pour venir voir les vrais gens. Ceux qui vivent dans la vraie vie et pas collé après des colonnes de chiffres.

  19. Une étude intéressante de l’équipe Peter Boone-Simon Johnson: »Est-ce que les politiques du hasard moral global nous couleront ? »
    Conclusion des auteurs: ‘ La partie la plus inquiétante est que nous approchons de la fin de notre capacité fiscale et monétaire à ‘bail-out’le système financier. Nous devons progressivement de plus en plus vulnérable à un désastre d’une taille épique.’

    Will the politics of global moral hazard sink us again ? , dernier chapitre d’une étude qui vient de paraitre
    sous l’égide de la London School of Economics
    http://www.futureoffinance.org.uk

  20. « …les hypothèses employées sont en réalité assez bénignes, et suivant un modèle rigoureux. L’étude annonce clairement que les différentes estimations des coûts liés aux propositions de réformes (crédit bancaire, croissance, emploi) ne prennent en compte que les coûts bruts, pas les bénéfices (risque et profondeur des crises financières réduites, stabilité du système, diminution du risque systémique, etc…). »

    J’en déduis donc que votre étude qui n’envisage que des « coûts bruts » suivant des hypothèses bénignes, et qui ne tient pas compte des bénéfices de stabilisation et de diminution du risque systémique recherchés par ces diverses règlementations, considère ces dits bénéfices comme quantité négligeable, ou à minima, impossibles à faire entrer dans votre modèle « rigoureux ».

    Conclusion: on passe les bénéfices à la trappe et on ne présente que les coûts, on fait reculer les autorités politiques et on continue comme avant jusqu’au prochain bail-out, impossible il est vrai!

    Franchement une étude « objective » et venant d’une émanation du système bancaire qui ne s’occupe que des coûts et pas des bénéfices, si cela a le mérite de ne pas cacher son jeu, ce n’est pas, .. comment dire.., démesurément équilibré… C’est ce qu’on doit appeler la rigueur des banquiers et de leurs « modèles »!

    Vous faites un sale boulot, avec un zèle touchant!

    Veuillez agréer toute ma velléitaire commisération.

    PS: « secteur publique »: vous êtes comme vos commanditaires, en froid avec tout ce qui est public, respectez au moins l’orthographe! Elle est aussi publique! Secteur publiC!

    1. L’étude ne prétend pas être ce qu’elle n’est pas : il s’agit uniquement d’une analyse des coûts.
      Cela ne signifie absolument pas que les bénéfices sont quantité négligeable, nous n’avons pas cherché à les intégrer dans notre modèle. Cela ne signifie pas non plus qu’il n’y aucun intérêt à les considérer. Le but, encore une fois, est d’étudier le coût de la réforme, pour ne pas étouffer le secteur bancaire et la croissance du secteur privé non financier. L’analyse des bénéfices est un tout autre sujet, que nous n’avons pas abordé. Cela nous met certes du côté de la défense, mais l’estimation des bénéfices revient au Comité de Bâle.

      Pardonnez moi pour la faute d’orthographe, la pratique quotidienne de l’anglais ne facilite pas la tâche.

  21. Bonjour à tous

    Au fait, il me semble que les derniers rebondissements ont été causés, entre autre, par l’abolition du Glass Steagal act. ( On se rappelle au passage que Larry Summers qui faisait partie de l’équipe ayant obtenu cette abolition de Clinton, a été embauché par Obama)
    Pourquoi n’y il y a t’il personne qui propose tout simplement de le remettre en vigueur? si ce dispositif a bien fonctionné pendant des décennies qu’ a t’on besoin de Bâle 2 ou 3 avant « Bâle 4: le retour! » ( avec des effets spéciaux 3D encore plus époustouflants!)?

    Cordialement.

  22. Demandons plutôt à Julien (de l’IIF) comment il pense que les volontés d’un peuple parviennent à son cénacle :
    Par quelles canaux ?
    Quels sont suivant lui les filtres ?
    etc.
    (il est intelligent, il peut faire son propre sociologue)

    1. Uniquement par les récriminations des titulaires de comptes de ses commanditaires! Sachant, bien sûr, que le poids de leur voix est inversement proportionnel au poids de ses compte. La démocratie bancaire est très subtile… Et j’oubliais le vibrionnant actionnariat populaire!

    2. Reponse simple : la preoccupation principale des gens est leur bien etre et celui de la societe. Pour certains, cela signifie leur enrichissement personnel, pour d’autres cela signifie une societe egalitaire. Dans un cas comme dans l’autre, les individus ou l’Etat ont besoin de ressources financieres, et ces ressources viennent de (ou constituent) la croissance economique. Il est dans l’interet de tout le monde que l’industrie bancaire et la finance internationale fonctionne correctement, et c’est la que nous intervenons pour faire des recommandations.

    3. @ julien,

      Je vois. Vous intervenez pour, en quelques sortes, faire le bonheur des gens malgré eux ; faire le bonheur que vous supposez être le leur.

    4. @ Julien, suite :

      Si vous demandiez aux gens ce qu’ils pensent du bonheur que vous leur préparez, ne trouveriez-vous pas que vous feriez une grande avancée dans le sens d’un processus démocratique ? Parce que, peut-être vous apercevriez vous que leur bonheur ne dépend pas tant que ça de la finance internationale.
      Vous me répondrez : c’est parce qu’ils n’ont pas une idée claire de leur intérêt. Mais, êtes vous vraiment sûr d’être le mieux placé pour connaître l’intérêt des peuples, des gens, enfin, des autres ?

    5. « societe egalitaire » cela s’appelle une expression idéologique… J’aurais préféré de beaucoup que vous dissiez « société plus juste »! Les mots ne mentent pas … toujours!

    6. VB:
      Vous avez raison sur tous les points. Je crois à titre personnel que l’intérêt des gens est dans ce que j’ai décrit, mais je ne prétends pas mieux savoir. J’ai tendance à faire confiance au pouvoir politique qui reconnait l’importance de la finance.
      Il y a certes de gros écueils : conflits d’intérêts, connivence, sans mentionner les nombreux excès devenus évidents ces dernières années, dans le domaine financier bien sûr, mais également dans le domaine politique.
      Le bonheur des gens ne dépend pas directement de la finance internationale. Le lien est ténu, mais nous avons tous besoin d’une motivation pour aller travailler chaque jour, et voici la mienne.

      Vigneron :
      Je n’utiliserais pas « juste » puisque cela introduirait une dimension morale dans le débat, alors que nous parlions seulement d’aspects matériels. Par égalitaire j’entendais « redistribution », soutien aux défavorisés, etc…

  23. @ Julien,

    « les individus ou l’Etat ont besoin de ressources financieres, et ces ressources viennent de (ou constituent) la croissance economique. Il est dans l’interet de tout le monde que l’industrie bancaire et la finance internationale fonctionne correctement, et c’est la que nous intervenons pour faire des recommandations. »
    =>
    Ne confondez-vous pas industrie et industrie bancaire ?
    Ne croyez-vous pas que « la croissance économique » dont vous parlez provient, provenait et/ou devrait provenir, de tout autre chose que de la finance (industrie bancaire) ? La croissance a longtemps provenu du processus industriel qui lui-même, d’une façon générale, dépend de la disponibilité des matières premières et ressources énergétiques.
    En occident, nous avons deux problèmes majeurs : la relative (ça dépend des endroits et des continents) rareté des matières premières (ça dépend aussi des matières premières, le pétrole étant celle qui nous fait le plus défaut), et un désindustrialisation avancée.
    Si vous êtes d’accord avec cette analyse, je vois mal comment le continuum dans le développement de la finance que nous connaissons pourra nous rendre ladite « croissance économique ».

    Ceci, sans vouloir vous décourager,

    Cordialement,

    1. Si vous pensez que l’industrie s’est développée toute seule comme par magie, je vous renvoie aux différents ouvrages sur la révolution industrielle et le développement de la finance.
      Sur la question des ressources et de la désindustrialisation : progrès technique et Schumpeter. Malthus est un peu passé de mode.

  24. @ Julien,

    L’industrie ne s’est certes pas développée toute seule comme vous dites, l’ingéniosité humaine et le développement du commerce consécutif au développement du transport maritime en sont la source, la finance a suivi mais certainement pas précédé ce développement.
    Quant à la désindustrialisation, rien à en dire : juste à constater.
    Sur la question des ressources : en plus du constat la chose suivante : le progrès technique s’accompagne d’une énorme dépendance de nos sociétés à quelques matières premières, ce qui les rend (lesdites sociétés) très fragiles et créera leur chute, immanquablement ; la finance ne pouvant rien à ce phénomène.

  25. @ Julien suite,

    Finalement, tout à une fin, le progrès ne faisant pas exception à cette règle. D’une part l’homme se heurte à la finitude de tout ce qui vit (et ne vit pas) sur terre : finitude de toutes les ressources naturelles. D’autre part, ce que l’on a très hypocritement désigné du terme de « société de services » (en pensant vaguement et de façon très irrationnelle qu’une telle société remplacerait efficacement la société industrielle) n’est absolument par créateur de richesse pour qui que ce soit.

    1. Bonjour,

      @ Julien,

      Çà dépend de quel progrès on parle.
      Sur le progrès concernant la démocratie, il y a en effet beaucoup d’espoir à avoir ; il faut dire que l’on part de très bas.
      Sur le progrès technique ou technologique, je ne peux que me répéter :
      1) « le progrès technique s’accompagne d’une énorme dépendance de nos sociétés à quelques matières premières, ce qui les rend (lesdites sociétés) très fragiles et créera leur chute, immanquablement ; la finance ne pouvant rien à ce phénomène. »
      2) ce progrès là requière une dynamique de « création de richesse » qui ne soit pas uniquement de la création bancaire de monnaie mais au contraire de la création de biens à échanger, ce qui nécessite soit un artisanat digne de ce nom, soit une industrie (qui n’existe plus en occident).

      Cordialement,

  26. VB Julien

    Tant que tout le monde raisonnera en termes de « création de richesses », compétitivité, rentabilité, profit nous n’en sortirons pas !!!!!!!!!!!!

    Les systèmes Linux en informatique çà marche !!!!!!!!!!!!

    Uniquement pour la beauté du geste, l’envie de résoudre des trucs pas possibles !!!!!!!!!!!!

    Je me rappelle un forum sur lequel mon mari m’a montré un échange complètement dément.
    C’était à pleurer de rire!!!!!!!!!

    Un type à peu près ignare en informatique et complètement fou voulait mettre ses trois ou quatre ordis en réseau, mais avec des particularités telles que cela demandait des connaissances très pointues.
    Or, au vu des questions qu’il posait, il était manifeste qu’il n’y connaissait rien.
    Cela donnait des dialogues de sourds (enfin d’aveugles plutôt puisque tout était écrit 🙂
    -Le fou : Je voudrais faire ceci, mais avec çà et çà….
    -A : ???????????????????
    -B : Heu, faites comme ci
    -Le fou : Qu’est-ce que c’est « ci » ? Bon ben j’ai fait comme çà…….
    -A et B : ??????????????? Vous n’avez pas fait « çà » ?????????????
    -Le fou le lendemain : Si mais j’ai planté, j’ai réussi à récupérer mes données sur un autre disque dur (comment on se le demande encore) , et j’ai fait………..
    Et comme çà pendant plusieurs jours, avec des interruptions plus ou moins longues pour cause de plantages graves dont il se sortait toujours par miracle !
    On a failli mourir de rire.
    Mais il y avait dans ces échanges toute la passion de ces gens pour ce qu’ils faisaient, toute l’envie d’aider ce fou à réaliser son truc, tout l’acharnement à vouloir comprendre et résoudre le problème, mais aussi un mélage de stupéfaction, d’admiration devant ce type qui se lançait dans des procédures compliquées sans avoir la moindre idée de ce qu’il faisait.
    Et tout çà gratuitement juste pour aider, juste pour PARTAGER !
    Si vous libérez les gens de cette course folle à l’argent, vous aurez la surprise de voir que dans tous les domaines il existe des personnes passionnées qui ne demandent qu’à exprimer leur désir de « travailler » .

    (bon, je conçois que dans certains domaines, nucléaire ou médecine, par exemple, il vaudra peut être mieux réfréner leurs ardeurs.)

    1. @ Louise,

      « Tant que tout le monde raisonnera en termes de « création de richesses », compétitivité, rentabilité, profit nous n’en sortirons pas !!!!!!!!!!!! »
      =>
      Oui, mais la création de richesse n’est pas la richesse financière ; le terme « richesse » est simplement une convention linguistique pour désigner la création de quelque chose de nouveau ou non dont les autres auront besoin (plutôt qu’envie), et qui permet l’échange de biens.
      derrière le mot « richesse » : pas d’argent ou de capitalisation ou quoique ce soit qui y ressemble, juste la notion d’échange de choses, de biens (matériel ou immatériel d’ailleurs).

      Vous n’allez pas au bout de votre raisonnement, il vaut mieux garder les pieds sur terre que rêver ce me semble, c’est plus prometteur pour l’avenir.

      Cordialement,

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