Archives par mot-clé : William Barr

L’homme qui n’avait jamais tort, le 3 octobre 2019 – Retranscription

Retranscription de L’homme qui n’avait jamais tort, le 3 octobre 2019.

Bonjour, nous sommes le jeudi 3 octobre 2019.

J’ai commencé à parler de Donald Trump sur mon blog au tout début de la campagne des primaires du parti Républicain, qui conduiraient aux élections qui ont vu la nomination de M. Trump et ce qui attirait l’attention, à ce moment-là, c’est qu’un outsider, quelqu’un qui n’avait absolument pas sa place dans la course, se présentait et commençait à caracoler en tête de manière tout à fait remarquable. C’est M. Michael Moore qui, hier ou avant-hier, dans une interview, a mis le doigt sur ce qui se passa à ce moment-là, à partir de la connaissance qu’il a de la région de Flint (Michigan), qui est son pays natal, qui est le grand pays de l’industrie automobile à l’époque où ça se passait aux États-Unis et qui a dit qu’il apparaissait comme un sauveur. Voilà quelqu’un qui parlait à ces ouvriers sans emploi, à toute une région dévastée du Michigan où jamais il n’y a eu de réindustrialisation ou même de retour de services en quantités suffisantes. Et il apparaissait comme un sauveur. Voilà quelqu’un qui allait donner un coup de pied dans la fourmilière. Voilà quelqu’un qui allait changer les choses et c’est ça que ces personnes voulaient entendre.

Continuer la lecture de L’homme qui n’avait jamais tort, le 3 octobre 2019 – Retranscription

Partager :

Trump et les enfants persécutés, le 1er octobre 2019 – Retranscription

Retranscription de Trump et les enfants persécutés, le 1er octobre 2019

Bonjour, Nous sommes le mardi 1er octobre 2019 et les choses évoluent rapidement, en particulier aux États-Unis, depuis que l’impeachment, la procédure d’impeachment à l’égard de M. Trump, a été lancée.

Les Démocrates, majoritaires au Congrès, avaient été très frustrés par les résultats de la commission Mueller. D’abord, le fait est que le ministre de la Justice, M. William Barr, avait extrêmement bien joué pour essayer de neutraliser le rapport en faisant une déclaration, en disant qu’il n’y avait rien à voir et qu’il fallait circuler avant de permettre, un mois plus tard, au public de voir le rapport, de voir qu’il y avait bien davantage. C’était bien joué puisque l’opinion publique s’était dite qu’effectivement, il n’y avait rien.

Continuer la lecture de Trump et les enfants persécutés, le 1er octobre 2019 – Retranscription

Partager :

27/9/19 : Impeachment live

Qui était donc le lanceur d’alerte ayant déclenché la rentrée dans l’atmosphère de la météorite Trump ?

Cette fois-ci en tout cas il n’aura pas fallu énormément d’imagination aux complotistes puisqu’il s’agit selon le New York Times, non pas comme Trump le soupçonnait d’un « Démocrate enragé », mais beaucoup plus banalement de quelqu’un faisant son métier … d’agent de la CIA. 

Le « Deep State » donc, contre le ministère de la Justice dirigé par William Barr, homme de main de Trump, et qui, mouillé jusqu’au cou, risque sans aucun doute la prison.

C’était donc un agent de la CIA qui avait fait fuiter la tentative de la Maison-Blanche de faire disparaître la retranscription de la conversation compromettante du 25 juillet entre Trump et le président ukrainien. Il ne reste plus qu’à comprendre qui a fait fuiter le fait que  Barr tentait d’étouffer l’affaire en bloquant la transmission du rapport du lanceur d’alerte au Congrès – comme la loi l’exige pourtant. 

18h27 : Pourquoi les commentateurs américains sont-ils encore unanimement en retard d’une longueur par rapport aux événements qui agitent leur nation depuis quelques jours ?

L’explication se trouve me semble-t-il dans l’expression « ne pas en croire ses yeux », qui rend compte du délai qui existe souvent entre notre prise de conscience d’un état de fait, et le moment où nous avons été capables de l’assimiler sans décomposition majeure de notre personnalité. [Dans les termes que j’ai introduits dans Principes des systèmes intelligents (1989) : le temps et l’énergie nécessaires à ré-écrire les noyaux de croyance de notre réseau mnésique.]

19h10 : Une circulaire interne à la chaîne télé Fox News, porte-voix depuis l’élection du Président de la vision Trump du monde, avise le personnel qu’il doit se préparer à « une représentation du monde sans Trump ».

20h17 : Michael Savage, éditorialiste recommandant la déportation des États-Unis de tous les Musulmans – supporteur enthousiaste et inconditionnel de Trump – à propos des derniers développements : « Tout ce que vous voyez en ce moment est mensonge ! ». On dit aux États-Unis, « circling the wagons » : disposer les chariots en cercle, pour tenter de survivre aux Indiens résistant au vol de leurs terres. [À ce propos, revoyez Avatar (2009) de James Cameron, l’admission par certains Blancs que leurs ancêtres étaient dans le mauvais camp – plusieurs suites dans les tuyaux].

Partager :

26/9/19 : Impeachment live

On continue de s’étonner à Washington de la rapidité avec laquelle a soudain été communiquée hier la retranscription accablante de la conversation du 25 juillet entre Trump et Volodymyr Zelensky, le président ukrainien. Que Trump imagine qu’il s’agissait d’une « très belle conversation » quand elle semble tirée par tout autre que lui du dialogue du « Parrain » passe encore vu le personnage, mais que le ministre de la Justice William Barr la laisse passer paraît incompréhensible, Trump suggérant dans la conversation qu’il existe désormais une « cellule ukrainienne » composée uniquement de son avocat Rudy Giuliani, de Barr et de lui-même, dont le seul but est sa ré-election en 2020, alors que Barr apparaissait déjà aux premières loges comme étant la personne ayant bloqué la transmission au Congrès du rapport du lanceur d’alerte. Une explication possible serait que Barr a compris, aussitôt la fuite rendue publique, à quel point il était compromis, et que la seule option qu’il lui restait était de limiter les dégâts – ce que semble confirmer la déclaration immédiate du ministère de la Justice, aussitôt la retranscription connue, que Barr ignorait avoir été mentionné dans la conversation et qu’aucun contact n’avait eu lieu entre les Ukrainiens et lui.

16h23 : Joseph Maguire, directeur par intérim de la National Intelligence (il remplace Dan Coats), témoigne en ce moment devant le comité du Congrès pour les questions de renseignement. Maguire répond comme un fonctionnaire consciencieux pris – malheureusement pour lui – entre le marteau (de la loi) et l’enclume (de la dérive mafieuse de Trump). Continuer la lecture de 26/9/19 : Impeachment live

Partager :

25/9/19 : Impeachment live

En diffusant il y a quelques minutes une retranscription de la conversation entre Trump et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le 25 juillet, la Maison-Blanche tente probablement d’allumer un contre-feu. Malheureusement pour Trump, le texte confirme ce que la rumeur colportait depuis plusieurs jours, à savoir qu’il essayait d’enrôler le président ukrainien dans sa campagne présidentielle de 2020 en lui réclamant des informations compromettantes sur la famille Biden, père et fils.

Info très gênante dans la retranscription pour William Barr, le ministre de la Justice, déjà sur la sellette pour avoir jusqu’ici refusé de transmettre au Congrès le rapport du lanceur d’alertes – ce que la loi l’oblige à faire, Trump dit explicitement au président ukrainien de se mettre en rapport avec Barr. Pas très rassuré pour son patron, le ministère a immédiatement fait savoir, aussitôt la retranscription diffusée, que le ministre n’était pas au courant.

Les langues se délient depuis le lancement de la procédure de destitution de Trump par Nancy Pelosi hier soir. On a appris en particulier que le Président était parvenu ces mois récents à circonvenir entièrement le State Department, le ministère des Affaires étrangères, pour ce qui touche à l’Ukraine, ne passant plus pour ses relations avec ce pays que par son avocat Rudy Giuliani, au point que les fonctionnaires du ministère consultaient la presse pour découvrir quelle était la politique étrangère des États-Unis envers l’Ukraine.

Les esprits chagrins affirmaient hier que la procédure de destitution n’avait aucune chance d’aboutir en raison de la majorité Républicaine au Sénat. Mais dans la soirée d’hier encore, le Sénat, dans un vote unanime, Républicains et Démocrates confondus, a réclamé la communication du rapport du lanceur d’alertes. La procédure de destitution de Richard Nixon n’avait pu aboutir qu’en raison de tels revirements. Nixon choisit de démissionner lorsque l’aboutissement probable de l’impeachment ne faisait plus aucun doute.

20h15Un article à l’instant dans le New York Times, par

L’article suggère que Pelosi prend ses décisions en fonction de ce qu’elle apprend en provenance des professionnels du renseignement plutôt que de ce que vous et moi pouvons savoir de ce qui se passe sur la scène politique. Le fait qu’elle ait avancé hier soir sa reine au beau milieu de l’échiquier s’expliquerait donc par certaines informations auxquelles elle a eu accès, et que vous et moi, simples mortels, en sommes réduits à supputer…  

21h20 :  Les politiciens Républicains s’arrachent les cheveux ce soir : pourquoi Trump a-t-il voulu publier dans la précipitation la retranscription de sa conversation du 25 juillet avec le président ukrainien, alors qu’elle est à ce point accablante pour lui ? Parler de comportement suicidaire, d’auto-punition, ou quoi que ce soit d’autre du même genre, serait à mon avis surestimer ses capacités intellectuelles. Ses motivations sont celles que j’ai mentionnées tout au long : 1° pressurer l’adversaire en fonction du rapport de force est ce que fait l’homme d’affaire avisé – qu’il soit le dirigeant d’une puissance étrangère n’a aucune importance : le principe est d’application générale, 2° « Ce n’est pas moi qui ai commencé ! » : c’est Joe Biden qui le premier s’est mêlé de politique ukrainienne, moi je ne fais que me défendre ! La victime c’est moi. c.q.f.d. : il se croit dans son bon droit et n’a du coup rien à cacher. 

Comme je vous l’expliquais le mois dernier dans mon billet Trump, champion de l’« auto-destitution », Pelosi était convaincue qu’il provoquerait sa propre chute. La confirmation ne tardera pas.

Partager :

Pas bon pour Trump, mauvais pour Biden

À chaque minute qui passait hier, on en apprenait davantage sur le coup de téléphone qui avait conduit un lanceur d’alerte de haut rang à révéler l’existence d’une conversation du Président Trump avec « un dirigeant étranger » appelant « une réponse urgente ». De « haut rang » parce qu’il devait faire partie des destinataires des retranscriptions des écoutes du Président Trump.

On a rapidement su – grâce à une offensive défensive sur CNN de Rudy Giuliani, ancien maire de New York devenu avocat de Trump – de quoi il s’agissait vraiment : d’une conversation le 25 juillet entre Trump et Volodymyr Zelensky, président nouvellement élu de l’Ukraine, au cours de laquelle Trump lui aurait demandé à 8 reprises d’enquêter sur de supposées malversations qu’aurait commises en Ukraine Hunter Biden, fils de Joe Biden, candidat à la présidentielle 2020 du côté Démocrate, et sur les pressions que le père aurait exercées, à l’époque où il était Vice-Président d’Obama, pour que soit limogé un procureur qui risquait d’inculper son fils.

Continuer la lecture de Pas bon pour Trump, mauvais pour Biden

Partager :

Robert Mueller témoignera devant le Congrès le 17 juillet, le 29 juin 2019 – Retranscription

Retranscription de Robert Mueller témoignera devant le Congrès le 17 juillet, le 29 juin 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le mercredi 26 juin 2019 et, ce matin, au réveil, je tombe sur un email, un mail qui m’est envoyé par l’un de vous, qui dit : « Vous avez sûrement vu ça : M. Robert Mueller parlera devant le Congrès américain le 17 juillet » et je lui réponds : « Non, la nouvelle est tombée à 4 h du matin. À ce moment-là, je fais quand même comme tout le monde, je dors ! ». Merci à cette personne qui me l’a signalé. Je l’aurais bien entendu vu dans les minutes qui suivaient.

Continuer la lecture de Robert Mueller témoignera devant le Congrès le 17 juillet, le 29 juin 2019 – Retranscription
Partager :

Un tournant pour Trump ?

Vous avez vu le point d’interrogation ? C’est parce que la question se pose, sans que la réponse soit évidente.

Avant que Robert Mueller ne dépose son rapport, le seul tournant possible était une démission de Trump, à laquelle – selon moi (je vous l’ai dit) – Mueller poussait le Président. S’il tenait bon, ce qui fut le cas, il faudrait attendre pour un tournant, la publication du rapport.

Trump a bien joué en nommant un ministre de la Justice à sa botte en la personne de William Barr, lequel a bien joué lui-même en laissant s’écouler un mois entre le moment où Mueller lui a transmis son rapport et celui où le public a eu le droit d’en lire une version passablement caviardée, et en annonçant par anticipation : « Ni collusion, ni entrave à la justice. Circulez, y a rien à voir ! », en espérant manifestement qu’au moment où le rapport serait vu, quiconque dirait – comme moi – « Mais il y a là matière à 50 Watergates ! », le public, lassé, dirait lui : « Ah ! Non ! Affaire classée, passons à autre chose ! »

Continuer la lecture de Un tournant pour Trump ?

Partager :

Robert Mueller met les points sur les « i »

Mueller n’a rien dit que je ne vous avais dit qu’il avait déjà dit.

Mais comme rares avaient été ceux qui avaient compris ce qu’il avait dit et qu’une phrase du rapport Mueller comme « Si nous avions été certain que le président n’avait clairement pas commis de délit, nous l’aurions dit » * dépassait manifestement l’entendement des parlementaires Républicains et du ministre de la Justice William Barr également, il a bien fait de mettre les points sur les « i ».

=============

* “If we had confidence that the president clearly did not commit a crime, we would have said that”.

Partager :

Trump est-il affaibli ? La Chine pense que oui – Explications

Trump est-il affaibli ? C’est difficile à dire. Ayant en la personne de  William Barr un ministre de la Justice à sa botte, le petit jeu d’affirmer dans un premier temps à propos du rapport Mueller : « Ni collusion, ni entrave à la justice ! », avant que le public ne puisse découvrir un mois plus tard que le rapport dit en fait 1° « Tant de gens nous ont menti qu’il est impossible de savoir, à ce stade-ci de l’enquête, s’il y a eu collusion ou non », 2° « Il y a 10 comptes directs d’entrave à la justice, plus un indirect, il se fait cependant que ce n’est pas à nous mais, selon la Loi, au Congrès de s’occuper de cette affaire », ce petit jeu était habile, puisqu’il permettait aux amis de M. Trump, au moment où l’opinion de Mueller serait connue, de se draper dans leur dignité et d’affirmer : « Trop tard, temps mort ! Affaire classée ! »

Continuer la lecture de Trump est-il affaibli ? La Chine pense que oui – Explications

Partager :

Trump : « Pas de session de rattrapage pour les Démocrates ! » 

Quand, le 18 avril, le rapport de la Commission Mueller a été connu, les commentateurs – moi y compris – se sont interrogés : qu’avait bien pu espérer le ministre de la Justice, William Barr, en offrant du rapport, le 24 mars, soit près d’un mois auparavant, un résumé trompeur : « Pas de collusion selon M. Mueller, et pas d’entrave à la justice selon M. Rod Rosenstein, N°2 de mon ministère, et moi-même », puisque quand le rapport serait publié, son « Circulez y a rien à voir ! » le ferait apparaître comme un fieffé menteur ?

J’avais émis l’hypothèse qu’il espérait peut-être que les censeurs aient masqué davantage du texte qu’ils ne l’ont fait, et que son résumé trompeur apparaîtrait sinon correct, du moins plausible.

Continuer la lecture de Trump : « Pas de session de rattrapage pour les Démocrates ! » 

Partager :