Crise du lait 2016 : rien d’autre qu’une réplique plus forte, par Christophe Diss

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Le duel Lactalis versus producteurs se solde sur un prix bien en deçà des coûts de production : en moyenne, le prix de base Lactalis français se situera autour de 275 €/1000 L sur l’année, hors qualité. Le prix de revient « producteur» étant situé entre 330 et 380 €/1000 L de lait, un prix de base minimum et décent devrait se situer entre 320 et 350 € avant paiement de la qualité, et ceci, sans tenir compte d’une marge de manœuvre d’autofinancement ou de rémunération du capital et pour un revenu autour du SMIC.

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Mon potager va bien, merci !

Le genre humain étant ce qu’il est, je reçois bien entendu davantage de courrier s’enquérant de ma propre santé (individu pourtant à l’obsolescence programmée – ceci dit, je vous en remercie !) et de celle de mon potager, plutôt que s’inquiétant de la survie de l’espèce (soupir…).

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Hourrah ! Les renforts sont arrivés !

Quelle ne fut pas ma surprise il y a un instant, en allant délimacer mon potager avant d’aller me coucher, de découvrir – expliquant les petites dépressions que j’avais constatées dans mes pots de plants de tomate – un renfort tant espéré !

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J’ai enfin compris (en tant qu’anthropologue !) la différence entre jardinage à la papa et permaculture !

Toute cette histoire de limaces me fait furieusement réfléchir et je crois avoir compris !

– Jardinage à la papa = logique paranoïaque (c’est la faute à quelqu’un d’autre)

– Permaculture = logique de la culpabilité (c’est la faute à ma pomme !) Continuer la lecture de J’ai enfin compris (en tant qu’anthropologue !) la différence entre jardinage à la papa et permaculture !

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Selon Patrick, ce serait de ma faute si les limaces bouffent mes courgettes !

À propos de Combats secrets dans la nuit !

Oui, je vous comprends, moi aussi –avant–, je raisonnais comme vous… jusqu’à ce que je lise ceci : Cultiver avec les Limaces et les Escargots.

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Celui qui tuera la poule, la vache, le cochon, les hommes, raflera la mise, par rienderien

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Quand j’entends que la crise agricole est due à la grande distribution ou à l’embargo russe, je me dis que le vrai scandale n’est pas nommé, à savoir la pauvreté d’une bonne partie de la population française et mondiale.

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La boite à outil, deuxième semaine, par Jean-Claude Balbot

Billet invité

Dans un billet précédent j’affirmais à Paul que l’on pouvait se servir de ses livres comme d’une boîte à outils et j’affirmais que nous le faisions avec profit. Ce blog fournit des armes à qui s’engage sur le terrain, déterminé à changer les rapports sociaux tels que nous les vivons.
Comment dire mieux que ce qu’un ami disait il y a peu : « A un moment donné, il faut mettre son corps physique en mouvement et en jeu si on veut faire bouger les choses. Il faut faire obstacle de son corps pour exprimer le refus des politiques que nous rejetons. Nous sommes et restons de grands singes, mammifères sociaux avant d’être des esprits éthérés connectés par la technologie. » Continuer la lecture de La boite à outil, deuxième semaine, par Jean-Claude Balbot

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De la boîte à outils. Petit traité de mécanique à l’usage d’Ofellus, par Jean-Claude Balbot

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Je suis administrateur d’un réseau national de développement agricole et rural dont le fonctionnement se revendique de l’émancipation de ses membres par l’éducation populaire, au sens avancé dans les jours heureux de la fin de la dernière guerre ; pas dans le sens de celle qui s’échoua quelques années plus tard dans les maisons de la culture de Malraux.

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« La vérité sur l’offre et la demande » (Paul Jorion, Le prix, Le Croquant 2010 : 98-109)

Ouvert aux commentaires.

À la suite du billet de Michel Leis intitulé Une filière, une discussion sur la formation des prix dans l’agriculture s’est engagée dans le cadre du groupe de réflexion Les amis du Blog de Paul Jorion. Ayant ce matin le sentiment que le débat bénéficierait de l’éclairage qu’offre la section de mon livre Le prix (Le Croquant 2010) intitulée La vérité sur l’offre et la demande (pp. 98-109), je la reproduis ici afin que la discussion puisse devenir générale.

La vérité sur l’offre et la demande

La prise de décision économique à la petite pêche se situe pour le pêcheur dans le cadre d’une représentation globale : celle de la pêche comme « jeu à somme nulle ». Tout gain de l’un est en effet censé se faire aux dépens des autres : pêcheurs concurrents comme mareyeurs adversaires. On reconnaît là la conception dite des biens en quantités limitées, reconnue et dénommée pour la première fois par George Foster (Foster 1965) pour rendre compte de la représentation spontanée du processus économique au sein d’une population de paysans mexicains (pour l’application du concept au cas des pêcheurs de l’Ile de Houat, voir Jorion 1984a : 90–91).

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Une filière, par Michel Leis

Billet invité.

La manifestation des agriculteurs à Bruxelles a un air de déjà vu, elle renvoie à d’autres manifestations plus anciennes, lors des réformes successives de la Politique Agricole Commune. L’objectif du mécontentement étant toujours le même, la capacité des exploitations agricoles à survivre.

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Fukushima : DES NORMES DE SÉCURITÉ ACCOMMODANTES, par François Leclerc

Billet invité.

Fukushima est un désastre loin d’être totalement exploré, le suivi à rebondissements du chantier de la centrale dévastée de Fukushima n’épuisant pas le sujet, il s’en faut. Ainsi, la volonté gouvernementale de relance du parc des 48 réacteurs nucléaires à l’arrêt a suscité hier à Tokyo une manifestation de 16.000 protestataires opposés au redémarrage des deux réacteurs de la centrale de Sendai, suite à l’autorisation finalement accordée par l’Autorité de régulation nucléaire, laissant peu de doute sur l’hostilité générale de l’opinion publique à un tel projet.

Mais un autre angle ne peut être ignoré : celui du sort réservé à tous les Japonais déplacés en raison de la catastrophe. A cet égard, la contribution de Cécile Asanuma-Brice doit être signalée. Résidente au Japon depuis 2001, cette chercheuse en géographie urbaine du Clersé (une unité commune à l’Université de Lille I et au CNRS), fait assurément partie de ces lanceuses d’alerte qui veillent au bien commun. Dans son article, les étapes successives de la gestion gouvernementale des réfugiés sont passées en revue. D’abord installés dans des logements provisoires, construits y compris dans des zones contaminées ou imparfaitement décontaminées, ces 140.000 Japonais (chiffre officiel probablement en dessous de la vérité) ont été incités à s’adapter à un environnement devenu contaminé et aux contraintes qui en résultent. Une stratégie de communication a été parallèlement déployée en direction de l’opinion publique, afin de normaliser ce qui ne devrait pas l’être, et de banaliser ainsi la relance du parc nucléaire.
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La résistance sur la zone humide du Testet, par Sophie

Billet invité.

Nous sommes arrivés dimanche avec des amis sur la zone du Testet après plus de 3 heures de route répondant ainsi à l’appel lancé sur les réseaux sociaux. À cette occasion nous avons pris connaissance du dossier (et de l’état du saccage) ainsi que du mot d’ordre lancé par José Bové (bien que ce ne soit pas forcément ma tasse de thé) : sabotage et désobéissance civile (en refusant notamment de payer nos impôts utilisés sur des projets qui nous desservent et profitent d’abord aux intérêts privés).

Imaginez un paysage bucolique, entouré de collines aux teintes verdoyantes, où serpente au gré des prairies et des sous-bois, une petite rivière. Une belle métairie abandonnée, en briques et en pisé, propriété du Conseil Général, parfait le tableau… Mais… En écoutant on apprend que le four à pain qui avait été remonté par les jeunes qui occupent et défendent ces terres et la forêt de Sivens, a été démoli par les forces de l’ordre… Puis en s’approchant d’un lieu nommé les « Bouilles », on tombe sur un paysage lunaire qui annonce le début de la destruction programmée de la forêt… Un trou béant à travers bois, les machines mécaniques ont comme avalé et digéré cette partie de la forêt… Il ne reste rien … Que de la désolation… Plus un seul brin d’herbe… Un sol argileux défoncé qui laisse apparaître ici et là des moignons de feu nos amis les arbres…Et ce n’est qu’un début…

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À propos de « Rencontre nationale des Agricultures, à Dardilly », par Dominique Gagnot

Billet invité. À propos de « Rencontre nationale des Agricultures, à Dardilly ». Ouvert aux commentaires.

On y trouve les interrogations qui se posent depuis des décennies sur l’avenir du monde agricole / de la pêche / industriel, et je crains que, une fois de plus, on tente de noyer le poisson, sous un flot de propositions aussi complexes que dérisoires face aux réalités économiques, financières et politiques, que l’on ne veut pas voir.

La réalité est en fait un gros truisme.

Pour que les produits agricoles se vendent au prix qu’ils méritent, eu égard au niveau de vie que les agriculteurs sont en droit d’espérer dans un pays développé, il faut :

1 – qu’ils ne soient pas concurrencés par ceux de producteurs moins exigeants en matière de niveau de vie…

2 – que le pouvoir d’achat des populations leur permette de se les offrir.

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Rencontre nationale des Agricultures, à Dardilly (Lyon), les 22 et 23 août 2014

Agriculteurs 1

Agriculteurs 2

Introduction des séances plénières

I

Voyant chaque jour disparaitre des abattoirs, des usines, des exploitations agricoles, nous soupçonnons qu’une destruction de l’emploi est en cours dans les fermes et dans l’agro-industrie amont et aval. Les chiffres nous donnent-ils raison ? Comment femmes et hommes, paysans et salariés, vivent cette transformation ? Cette situation est-elle particulière au milieu rural et à nos métiers, ou sommes-nous face à un mouvement général de disparition du travail dans notre société ? Ne sommes-nous pas tenus alors d’envisager une transformation profonde de notre rapport au travail ? De nous demander à quoi nous nous employons ? À quelles fins travaillons-nous ? De quels moyens, de quels atouts  disposons-nous pour faire face à ces interrogations, pour faire face à ce changement ?

 Paul JORION, anthropologue à la Vrije Universiteit Brussel.
 Maurice DESRIERS, économiste au Ministère de l’Agriculture.
 Olivier LE BRAS, ouvrier dans l’agro-alimentaire, syndicaliste.
 Pierre-André DEPLAUDE, paysan, viticulteur.

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« La transmission des savoirs », à Bécherel, le 19 avril 2014

Si vous ne m’avez jamais entendu parler d’éducation, de la difficulté qu’il y a à transmettre un savoir empirique sur les bancs d’une école et même de la difficulté qu’il y a à transmettre le savoir scientifique, de la raison pour laquelle le pèse-sel n’est pas d’une aussi grande utilité sur un marais salant que pourrait l’imaginer un scientifique, ou de ce qui distingue un pêcheur de homards grottiers d’un pêcheur de homards coureurs, eh bien, une occasion vous est offerte de le faire.

Car si on me demande souvent de parler d’économie – ce qui n’est pas mon métier – on ne me demande pratiquement jamais de parler d’anthropologie – ce qui l’est pourtant. Mais c’était le cas à La fête du livre à Bécherel le 19 avril, où j’ai parlé de La transmission des savoirs, le livre que j’ai co-rédigé avec Geneviève Delbos, publié aux éditions de la Maison des Sciences de l’Homme en 1984, et toujours disponible.

Ceci dit, je parlerai cette fois de Comment la vérité et la réalité furent inventées (Gallimard 2009), aux Rencontres du Louvre le 13 octobre. Je vous en dirai plus à ce sujet en temps utile.

Le son est un peu faible au début mais ça s’arrange par la suite.

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