Nucléaire belge – La lettre et l’esprit de la loi – L’autojustification humaine a posteriori, par Cédric Chevalier

Billet invité

Le dossier du nucléaire civil, un des sujets phares de ce blog, connaît des développements critiques en Belgique.

Pour ceux qui suivent l’actualité belge, vous aurez remarqué qu’un des dossiers chauds du moment est la prolongation ou non des deux réacteurs nucléaires civils situés à Doel (à 25 km au Nord d’Anvers en Belgique) : Doel 1 et Doel 2.

Pour mémoire, le parlement fédéral belge a voté la Loi du 31 janvier 2003 sur la sortie progressive de l’énergie nucléaire à des fins de production industrielle d’électricité.[1] Cette loi, introduite par le Secrétaire d’État à l’Énergie écologiste de l’époque, Olivier Deleuze, a été approuvée du bout des lèvres par les autres partis de la coalition arc-en-ciel de l’époque (composée des socialistes, libéraux et écologistes belges), contraints et forcés par l’accord de majorité dans lequel le parti Ecolo avait inscrit la sortie progressive du nucléaire civil. Dès son vote, nombre de politiciens non écologistes, dans et hors de la coalition au pouvoir, se sont empressés d’indiquer qu’elle serait revue voire abrogée, dès qu’on se serait débarrassé de ce partenaire de coalition encombrant.[2]

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Invasion de cliquets, par Timiota

Billet invité. À propos de Martin Gilens and Benjamin I. Page : Testing Theories of American Politics: Elites, Interest Groups, and Average Citizens, Perspectives in Politics, September 2014, discuté dans Le temps qu’il fait le (jeudi) 16 avril 2015.

L’invasion de cliquets

Sauf si vous êtes un cyborg, une fois une langue maternelle apprise, apprendre une autre langue est une difficulté incomparable:  c’est que votre cerveau a « pris des plis ».


Cliquet de langue

Les cliquets, c’est un peu ça, quelque chose qu’on fait au début, puis qui vous coince après. Pour la langue, ce cliquet se transforme en un vrai bonheur : les efforts mis dans les langues ouvrent nos oreilles et nos cœurs plus sûrement que vingt sermons. Car la langue est le cliquet de nos vies-mêmes : explorer d’autres langues, c’est explorer d’autres vies. Explorer sa langue, c’est être poète.

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EPR de FlamanvilleTINA, option Abracadabra ! par Roberto Boulant

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Les Français connaissaient déjà les nuages radioactifs qui s’arrêtent aux frontières, voilà qu’ils découvrent les ministres-devins.

Alors que de graves doutes se font jour, sur la résilience des aciers spéciaux constituant le couvercle et le fond de la cuve du réacteur EPR de Flamanville. Alors que le président de l’ASN a déclaré qu’il sera nécessaire d’avoir une quasi-certitude quant à la fiabilité et à la sécurité, avant d’envisager tout démarrage. Ségolène Royale, ministre de l’Écologie et de l’Énergie, a balayé toutes les interrogations d’un simple revers de main. En les ramenant au rang de simples ajustements, elle en nie la gravité et annonce par avance, la reprise des travaux dès l’automne prochain.

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EPR de Flamanville : Qui va l’emporter ? La noble vérité ou la dure réalité (économique) ?, par Roberto Boulant

Billet invité.

Le couvercle et le fond du réacteur de l’EPR de Flamanville présentent des valeurs de résilience en dehors des normes prévues. Quand on connait la prudence et le soin dans le choix des mots, dont et coutumière l’ASN, on se dit que le problème est vraiment énorme pour que son président dise, selon Le Figaro : « Je ne présage en aucune manière de la décision qui sera prise, compte tenu de l’importance de l’anomalie, que je qualifie de sérieuse, voire très sérieuse. » (Voir aussi Le Monde).

Les protections périphériques et le circuit primaire ayant déjà était posées, s’il s’avère qu’il faut changer la cuve, la seule solution consistera… à tout casser pour la sortir !

Question n°1 : qu’en est-il des autres EPR ? Les cuves livrées à la Chine ont-elles le même problème ?

Question n°2 : devinez qui va payer ?

À moins bien sûr que l’exploitant torde le bras de l’ASN en passant par le niveau politique. Sur le thème du « les valeurs relevées, bien qu’en-dehors des normes, sont tout de même largement suffisantes pour assurer le bon fonctionnement du réacteur ».

Affaire à suivre…

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LE DÉMANTÈLEMENT DE FUKUSHIMA N’EST PAS BIEN PARTI, par François Leclerc

Billet invité.

Le projet de démantèlement à long terme de la centrale de Fukushima, dans lequel les autorités japonaises et mondiales se sont engagés, suscite deux grandes interrogations qui ne sont pas prêtes de trouver une réponse satisfaisante : que faire de l’eau contaminée après refroidissement des réacteurs – dont le stockage précaire actuel est provisoire – et quelles solutions inventer pour récupérer et stocker les trois coriums dont la localisation n’est pas établie, qui représentent 250 tonnes de matière nucléaire hautement radioactive ?

Pour la première d’entre elles, l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui renvoie une mission sur le site de Fukushima du 17 au 21 avril, préconise faute d’autre solution un expédient : la rejeter à la mer après l’avoir autant que possible décontaminée. On n’en sera pas surpris, connaissant sa détermination à défendre l’énergie électronucléaire dont elle représente de facto les intérêts. Yukiya Amano, son directeur général, en a fait preuve la semaine dernière en réaffirmant à son propos que « malgré l’accident de Fukushima Daiichi, elle continue à jouer un rôle important dans le mix énergétique mondial ». L’AIEA participe activement à la normalisation en cours en apportant sa caution.

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Et les « boîtes noires » des centrales nucléaires ?, par Alain Corréa

Billet invité.

La vérité est parfois cruelle mais ces jours-ci, elle a pris une allure épouvantable avec la découverte de l’origine du crash de l’Airbus allemand. En effet, le CVR ou cockpit voice recorder (enregistreur de conversations de la cabine de pilotage) a permis de savoir que le copilote avait sciemment précipité l’avion et ses passagers vers une mort certaine.

Sans le CVR, peu de personnes auraient imaginé cette hypothèse.

Le BEA analysait les éléments sonores mais la soudaineté de l’accident et son étrange « scénario » rendaient l’attente insupportable. Cette connaissance macabre mais essentielle a toutefois été possible grâce à une indiscrétion des milieux de l’enquête relayée par le New York Times, le tout à peine 48 heures après le terrible drame. Les auteurs des fuites font d’ailleurs l’objet d’un dépôt de plainte contre x par le syndicat des pilotes de ligne pour avoir rompu le secret de l’instruction (1).

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L’ÉCONOMIE DU NUCLÉAIRE JAPONAIS, par François Leclerc

Billet invité.

Dépourvu d’énergies fossiles, le Japon ne l’est pas d’une activité sismique intense. Mais cela n’a pas dissuadé les docteurs Folamour du Village nucléaire d’en faire un paradis de l’électronucléaire, à moins que ce ne soit un enfer. À la suite de la catastrophe de Fukushima, le redémarrage des réacteurs nucléaires du parc japonais est toujours suspendu au feu vert de la nouvelle autorité de sûreté, créée en septembre 2012 sur les décombres de la précédente. Celui-ci est un préalable à toute décision des autorités politiques locales et nationales.

Certains réacteurs sont d’ores et déjà voués au démantèlement, d’autres doivent subir d’importants travaux pour ne pas connaitre le même sort, d’autres enfin attendent encore le verdict. Les risques géologiques potentiels des sites sur lesquels ils ont été construits sont un critère important, renvoyant à la légèreté des décisions d’autorisation précédemment prises, qui sont réexaminées. À chaque fois, une même question est posée : une faille à proximité de la centrale est-elle ou non active ? Rétrospectivement, cela n’est pas spécialement rassurant. Des batailles d’experts s’en suivent, qui témoignent de la difficulté à trancher, si ce n’est de la complaisance présumée de ceux qui épousent la thèse des opérateurs des centrales. Mais le doute devrait naturellement prévaloir, et la nouvelle autorité de sûreté a sa réputation à défendre. Cela demande à être confirmé.

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FUKUSHIMA : LES TROIS CORIUMS NE SONT PAS LÀ OÙ ILS DEVRAIENT ÊTRE… par François Leclerc

Billet invité.

Le résultat du premier test de localisation dans le réacteur n°1 de l’un des trois coriums de la centrale de Fukushima a mis en évidence qu’il avait tout simplement disparu, présumé au fond du réacteur sans savoir s’il a ou non traversé la semelle de béton qui l’isole du sous-sol. Il aura fallu quatre ans pour arriver à cette conclusion, combien faudra-t-il de temps pour dire où il se trouve ?

Menée sous la conduite de chercheurs de l’Université de Tsukuba, l’expérience a fait appel à l’émission de particules à haute énergie appelées muons, qui ne sont arrêtées dans leur course que par des substances à haute densité, comme le corium, ce qui permet de produire une image de celui-ci s’il fait obstacle. Le corium est un amalgame à très haute température et très haut degré de radioactivité du combustible nucléaire fondu avec ce qui l’entourait et qu’il rencontre ensuite sur sa trajectoire, après rupture de la cuve en acier du réacteur. Il doit alors être refroidi en permanence par des injections d’eau massives dans le réacteur.

L’expérience n’a fait que confirmer ce que des simulations et des calculs avaient déjà laissé supposer, mais elle pose désormais dans toute son étendue la problématique de la récupération des trois coriums, la situation devant être identique au sein des réacteurs n°2 et 3. Pour faire bonne contenance, un calendrier a été annoncé, selon lequel les travaux d’enlèvement pourraient débuter en 2020 et durer entre vingt et trente ans. Mais, dans l’état des connaissances et des technologies disponibles, ces prévisions ne reposent que sur le besoin d’accréditer l’objectif de démantèlement de la centrale et de justifier par cette fin heureuse le redémarrage des autres.
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Nucléaire : À quoi peut bien servir l’intelligence ?, par Roberto Boulant

 Billet invité.

Monsieur Attali,

Dans un de vos derniers articles, vous parlez de la nécessité de lancer ce que vous appelez, une économie positive mondiale au service des générations futures. En s’appuyant massivement pour ce faire, sur une électricité d’origine nucléaire.

Ce serait là effectivement une excellente idée si, et seulement si, les centrales nucléaires n’avaient pas une fâcheuse propension à exploser. Et comment pourraient-elles faire autrement d’ailleurs ? Rappelons déjà que le très discutable concept de base, consiste à faire bouillir de l’eau en s’aidant de la fission d’un des éléments les plus dangereux connus de l’humanité, à savoir de l’uranium légèrement enrichi en isotope 235. Outre la chaleur et l’électricité, et en tenant pour négligeables (!) les rayonnements alpha, bêta et gamma, nos dangereuses bouilloires nucléaires produisent également, un : du plutonium (le second élément le plus dangereux de la Nature, juste derrière la bêtise humaine) et deux : un bombardement neutronique… qui détruit peu à peu la cuve du réacteur.

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Fukushima : cogérer l’agonie, par Nadine et Thierry Ribault

Billet invité.

En ce 11 mars 2015, quatre ans après l’inachevable désastre nucléaire de Fukushima, on peut, bien entendu, établir un bilan officiel : 87 enfants atteints d’un cancer de la thyroïde, 23 autres suspectés de l’être, 120.000 « réfugiés », 50.000 liquidateurs mobilisés au seuil sacrificiel dûment relevé, des piscines remplies de combustibles prêtes à nous exploser au nez, des rejets massifs et réguliers d’eau contaminée dans l’océan, pas moins de 30 millions de m3 de déchets radioactifs à stocker pour l’éternité.

Ce bilan existe. Nous vous y renvoyons.

L’État fait des habitants de Fukushima des cogestionnaires du désastre

Une fois ce « bilan » dressé, une fois les victimes et les inquiétudes considérées avec respect, il s’agit de tirer les conclusions qui s’imposent. L’une d’entre elles est la suivante : au fur et à mesure que se mettait en place l’aide fournie par des groupes citoyens, des ONG, des structures plus ou moins indépendantes, l’État faisait des habitants de Fukushima, indéniablement et sous couvert de « participation citoyenne », des cogestionnaires du désastre. On pourra nous opposer que cet élan civique a relevé de la spontanéité, voire de l’amour du prochain, que l’État n’a donné aucun ordre allant dans ce sens, que chacun était, et reste, libre de « s’engager » dans de tels mouvements, certes ! Cependant, beaucoup des hommes et des femmes qui l’ont fait, même si c’est inconsciemment, ont fait le jeu de l’État.

Voilà ce que nous avons constaté.

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Rationalité ou irrationalité du nucléaire civil

Une personne qui rédige une thèse sur « l’argumentation autour du nucléaire dans l’espace public français après la catastrophe de Fukushima » me pose une question relative à la réponse que j’ai apportée à un commentaire sur le blog, et me demande : « En quoi la comparaison du nombre de morts en voiture vs nombres de morts dus au nucléaire est-elle une authentique simplification ? » J’ai apporté une première réponse, et un débat s’en est suivi (que je pourrai publier en entier si mon interlocuteur en est d’accord). Voici en tout cas ma conclusion.

La rationalité chez Aristote, c’est la capacité à découvrir la vérité comme conclusion d’un syllogisme. Le terme moyen du syllogisme c’est la « raison » (ratio en latin, logos en grec) du syllogisme : le terme commun des deux prémisses qui permet de relier dans la conclusion les deux extrêmes (les deux autres termes du syllogisme qui en contient trois).

La rationalité de la société civile depuis l’antiquité grecque, c’est la capacité d’utiliser la raison pour parvenir à des conclusions justes (vraies).

Dans l’antiquité grecque, le marchand n’est pas un citoyen (membre de la cité = polis), c’est un métèque, au statut intermédiaire entre celui d’étranger et celui de citoyen. Ses valeurs sont différentes de celles du citoyen. Dans Le politique (la gestion de la cité = polis) Aristote attire l’attention sur le fait que sa représentation du bonheur par l’accumulation d’argent (ou d’or) est distincte de celle du citoyen qui accède au bonheur par la vertu (que la connaissance de la vérité par la raison facilite).

Jeremy Bentham (1748 – 1832) invente au XVIIIè siècle une autre rationalité : le calcul utilitariste benthamite qui formalise la rationalité du marchand. N’est pas rationnel celui qui sait manier le syllogisme (= le citoyen), mais celui qui sait allouer de manière optimale les ressources dont il dispose en fonction de son utilité subjective (= le bourgeois).

Cette nouvelle rationalité dite « économique » est fondée sur le jugement subjectif (par opposition à la gestion de la cité = polis) et elle ne vise ni la vertu, ni la vérité : sa finalité est d’assurer l’objectif du marchand : atteindre le bonheur par l’accumulation d’argent (ou d’or).

Pour revenir à notre affaire, le nucléaire civil peut être justifié selon la rationalité du marchand visant l’accumulation d’argent (ou d’or) mais non selon la rationalité de la société civile qui utilise la raison pour parvenir à des conclusions justes (vraies).

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Filière thoriumLe nucléaire : petite histoire d’une décision malheureuse, par Guy Weets

Billet invité.

Lors de la dernière réunion au Vicomte nous avons eu un débat improvisé sur la pertinence ou non du nucléaire civil ; il a porté sur la filière oubliée du thorium. J’y ai promis de fournir quelques informations et références pour que chacun puisse se faire une opinion.

J’ai obtenu mon diplôme d’ingénieur physicien en 1966. A cette époque, passionné de science-fiction, je fus particulièrement impressionné par Isaac Asimov qui disait en substance que bien des avancées technologiques décrites dans ses romans deviendraient une réalité à condition que l’humanité dispose de sources d’énergie abondante et sûres et bon marché. C’était aussi l’époque du développement rapide du nucléaire dans tous les pays technologiquement avancés, bref à la fin des « Golden Sixties » le progrès semblait ne devoir jamais s’arrêter.

Par mes études, j’étais au courant de l’existence de plusieurs filières nucléaires concurrentes : les réacteurs graphite gaz, à l’eau lourde, à l’eau sous pression ainsi que la filière plus exotique celle au sel fondu de thorium. La technologie à eau pressurisée s’imposa définitivement dans le courant des années 70. La cause était donc entendue.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 24 OCTOBRE 2014 – (retranscription)

Le temps qu’il fait le 24 octobre 2014. Merci à Olivier Brouwer pour la retranscription.

Bonjour, nous sommes le vendredi 24 octobre 2014. Et ce dont je voudrais vous parler, c’est de mon intervention, hier, sur Euronews. Le fait que j’étais en studio avec madame Audrey Tilve, à commenter l’arrivée des participants au sommet européen.

Et alors, c’est un peu, pour quelqu’un comme moi qui pose un regard critique sur la manière dont on envisage les choses, c’est un petit peu casse-gueule, parce que les questions qu’on vous pose, c’est par exemple, voilà : « Ils veulent se mettre d’accord sur une diminution de 40 % d’émissions de CO2 d’ici 2025, est-ce que vous croyez qu’il serait possible de se mettre d’accord sur un compromis à 37 % ? »

Et alors là, vous êtes obligé d’avoir l’air de pas jouer le jeu, puisque vous répondez d’emblée en disant : « Eh bien écoutez, j’aimerais qu’on me prouve d’abord qu’une diminution de 40 % assurerait la survie de l’espèce à la surface de la planète. » Alors là, on vous regarde en se disant : « Bon, est-ce qu’il va jouer le jeu ou est-ce qu’il ne va pas jouer le jeu ? »

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Discussion – Nucléaire : Comment la démocratie pourrait contrôler le marché

Discussion consécutive à la parution de Le Monde : L’effet de cliquet, ennemi de la démocratie, le mardi 14 octobre 2014 et deFessenheim : prix et financement de la vérité en matière de coûts, par Pierre Sarton du Jonchay.

Renaud Klein

Savez-vous combien il est douloureux pour moi de ne pas pouvoir réagir au billet de Pierre Sarton du Jonchay ? Car il existe en réalité une 3eme option qui n’a pas été considérée: que ces 4 milliards représentent un dédommagement de l’État en reconnaissance du fait que la fermeture de Fessenheim ne repose sur aucune base technique solide. Car si la fermeture avait été demandée par l’Autorité de Sûreté elle n’aurait donné lieu à aucun dédommagement (on l’a vu très récemment par l’avis négatif rendu sur le réacteur Osiris). Or l’ASN l’a récemment répété : EDF ayant promis des investissements massifs dans la sûreté de la centrale pour la mettre aux normes, sa fermeture est une décision politique.

Pierre Sarton du Jonchay

Merci de votre témoignage qui confirme la réalité effective de la troisième option : en l’occurrence qu’il existe deux modes actuellement incompatibles d’arbitrage des grands enjeux sociétaux et économiques, le mode technique et le mode politique. Tout me porte à croire en la rigueur intellectuelle des ingénieurs d’EDF et de l’ASN. Mais l’objectivité technique et scientifique avérée de nos ingénieurs de l’électricité nucléaire ne suffit pas à déterminer les choix de société de notre pays ou de tout autre. L’électricité nucléaire repose sur un système qui doit susciter la confiance générale pour que la consommation d’électricité n’engendre pas l’inconfort moral et la peur de l’avenir. Il faut donc que la rigueur technique soit transformable en confiance politique : là est le travail et l’action des responsables politiques.

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Fessenheim : prix et financement de la vérité en matière de coûts, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. À propos de L’effet de cliquet, ennemi de la démocratie, par Paul Jorion.

Approfondissons la lecture strictement financière de la pénalité cliquet qu’aurait à verser l’État français à EDF en cas de fermeture effective de Fessenheim. Ces quatre milliards sont l’aveu par EDF et par l’État français responsable de la sûreté nucléaire de l’incertitude économique sur le coût réel de l’électricité produite par la centrale de Fessenheim.

En toute logique, l’État français n’a aucun intérêt à hâter la fermeture de la centrale s’il n’était le risque d’un accident que l’expertise publique impartiale juge non nul. Imaginer un démantèlement sans délai de la centrale signifie en rationalité économique que le manque à gagner ou le coût pour EDF et pour la collectivité est plus faible que le coût probable d’un accident marginalement possible. Si donc, l’État et EDF se sont mis d’accord pour une indemnité de 4 milliards en cas d’anticipation de l’arrêt de la centrale par rapport au business plan négocié entre l’État et EDF, cela signifie que le prix réel de l’électricité de Fessenheim est sous-évalué de 4 milliards dans les comptes de l’État par rapport au calcul qu’en ont fait les ingénieurs et financiers d’EDF.

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Le Monde : L’effet de cliquet, ennemi de la démocratie, le mardi 14 octobre 2014

L’effet de cliquet, ennemi de la démocratie

Les députés Marc Goua (PS, Maine-et-Loire) et Hervé Mariton (UMP, Drôme) ont présenté le 30 septembre à l’Assemblée nationale un rapport déconseillant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, que la sécurité semblait pourtant imposer.

La raison ? Le fait qu’une indemnité de quatre milliards devrait être versée à EDF et aux autres actionnaires minoritaires au cas où une telle initiative était prise. Il apparaît ainsi que la jurisprudence ait, de fait, mis en place un régime de responsabilité qui, en indemnisant les « victimes » de l’action publique, peut bloquer par des considérations financières une mesure que la prudence suggère.

Ce fait divers évoque irrésistiblement ces « pilules empoisonnées » que mettent au point les entreprises mal gérées pour éviter que la rationalité économique intervienne et remédie à une situation compromise.

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Pourquoi le Grand Tournant est automatiquement un Grand Défi et pourquoi nous serons probablement absents de la Phase II – (retranscription)

Retranscription de Pourquoi le Grand Tournant est automatiquement un Grand Défi et pourquoi nous serons probablement absents de la Phase II. Merci à Olivier Brouwer.

Bonjour, nous sommes le mardi 30 septembre 2014. Et ce dont je voudrais vous parler, je vais lui donner le titre [suivant] : « Pourquoi le Grand Tournant est automatiquement un Grand Défi et pourquoi nous serons probablement absents de la Phase II ». Ce qui m’a fait penser à cela, ce sont deux articles qui sont à la une du journal Le Monde en ligne.

Le premier article, c’est un article consacré à une fermeture éventuelle de la centrale nucléaire de Fessenheim. Il y a un rapport de deux parlementaires affirmant qu’une fermeture serait trop chère, en particulier du fait qu’une compensation financière très importante devrait être consentie à EDF au cas où une fermeture aurait lieu.

Et la seconde nouvelle, c’est une nouvelle relative à la situation en Chine, où un dirigeant chinois important a déclaré, à propos des manifestations essentiellement d’étudiants à Hong-Kong, que leurs exigences en matière de démocratie, d’extension de la démocratie, faisaient d’eux des « extrémistes politiques ». Et je ne sais plus si c’est le même ou si c’est un autre [dirigeant chinois] qui a ajouté un commentaire du type : « de toute manière, on sait exactement qui vous êtes. » Voilà.

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Pourquoi le Grand Tournant est automatiquement un Grand Défi et pourquoi nous serons probablement absents de la Phase II

Sur DailyMotion, c’est ici.

Pourquoi le Grand Tournant est automatiquement un Grand Défi et pourquoi nous serons probablement absents de la Phase II

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