La fusion nucléaire, dernière planche de salut des Cornucopiens ?, par Cédric Chevalier

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Qui sont les Cornucopiens ?

Le terme « Cornucopien » provient du latin « cornu copiae », qui signifie « corne d’abondance ». Cette corne, bien connue des amateurs d’arts, de tableaux et de plafonds sculptés, est le symbole antique de l’abondance et de la prospérité. De la corne d’abondance mythique jaillissait tout ce qui était nécessaire à la prospérité humaine, sans limite. Bien que ce terme soit utilisé péjorativement par leurs adversaires, on peut appeler aujourd’hui « Cornucopiens » toutes les personnes qui croient que nous trouverons toujours les moyens de répondre aux besoins humains, quels qu’ils soient. Les Cornucopiens estiment que, grâce au Progrès technoscientifique et économique, la Terre et l’univers contiennent assez d’énergie et de matière pour répondre à la hausse illimitée de ces besoins, quelle que soit la taille et le niveau de vie de la population. Il s’agit bien d’une croyance, sauf à penser que les Cornucopiens auraient secrètement inventé la machine à voyager dans le temps pour démontrer leur opinion. Il s’agit donc aussi d’un pari sur l’avenir, un pari résolument techno-optimiste. Bien sûr, il y a des Cornucopiens radicaux, qui répondent fidèlement à cette définition, et d’autres qui exprimeront quelques bémols, par exemple quant à la taille de la population et le niveau de vie qui serait permis sur Terre et dans l’Univers, et les contraintes à prendre en compte.

Malgré ces nuances, les Cornucopiens ont tous en commun de ne pas remettre fondamentalement en question le bienfondé de l’idéal de Progrès, c’est-à-dire la croissance économique, le progrès technoscientifique, la croissance démographique et l’extension illimitée dans le temps et l’espace des activités humaines. Ils valident la possibilité et le bienfondé de l’illimitation matérielle et énergétique pour l’Humanité. Ils sont persuadés, au minimum, que nous sommes encore tellement loin de limites éventuelles -fussent-elles existantes- à notre expansion, qu’il n’est pas pertinent d’en tenir compte dans nos décisions collectives et individuelles.

En caricaturant un peu, on peut distinguer plusieurs catégories de Cornucopiens, via un petit code couleur. Les Cornucopiens « Noirs », les plus climato-négationnistes estiment qu’on peut continuer à brûler tous les stocks de combustibles fossiles sans risque. Pour eux, la crise écologique et climatique est une « fake news ». Les richesses du monde sont infinies, à découvrir et à exploiter, comme depuis la conquête des Amériques.

Les Cornucopiens « Gris » reconnaissent quant à eux du bout des lèvres que les gaz à effet de serre libérés par la combustion fossile sont un « inconvénient » vu certains impacts négatifs « regrettables ». Mais comme ils veulent également continuer à brûler les stocks de combustibles fossiles, ils font le pari de pouvoir garder leurs (immenses) avantages sans leurs (petits) désagréments, grâce aux technologies dite de « séquestration et de stockage du dioxyde de carbone » (en anglais CCS pour Carbon Capture and Storage). Le concept de CCS consiste à équiper les machines fossiles de filtres à carbone et de séquestrer ensuite ce carbone au niveau géologique. Les technologies CCS ne sont, à ce jour, pas validées techniquement et économiquement à l’échelle industrielle. Elles ont un mauvais rendement énergétique, un coût dissuasif et il faut encore trouver les immenses volumes de sous-sols adéquats où l’on pourrait séquestrer du carbone sans risquer qu’il s’échappe plus ou moins brutalement à terme (ce qui, avouons-le, serait « regrettable » pour notre climat). Il existe une forme de CCS « verte » dont le fonctionnement est très ancien, peu coûteux et bien maîtrisé… : les forêts. Ces forêts sont un véritable puits de carbone naturel, que l’on peut amplifier en plantant massivement des arbres partout où c’est possible. Petit souci, l’expansion illimitée des activités humaines a besoin de foncier, et s’accommode mal de millions d’hectares de forêts « non exploitables », à perte de vue.

Les Cornucopiens « Verts » sont un rien plus réalistes. Ils reconnaissent que les technologies CCS ne sont pas prêtes, ne seront pas prêtes à temps ou ne seront jamais opérationnelles ou suffisantes pour répondre à l’enjeu climatique. Ils fondent alors tous leurs espoirs sur les promesses d’une énergie alternative, dite « énergie propre » ou « énergie verte », car issue des sources dites « renouvelables » comme l’éolien, le solaire, la géothermie et la biomasse. Il est vrai que sur le papier, la Terre dispose d’un tel flux d’énergie renouvelable qui permettrait de subvenir à l’ensemble de nos besoins, y compris en tenant compte de la croissance, pour des siècles. Le très grave inconvénient de l’énergie verte est qu’elle est une énergie de flux, très peu concentrée, versus l’énergie fossile, une énergie de stock très concentrée. Pour conserver une telle consommation d’énergie par unité de temps sur Terre, il faut pouvoir la stocker entre les périodes et lieux de production et de consommation, ce qui est très coûteux et difficile. L’énergie verte risque donc bien d’imposer une limite métabolique au Progrès : il devrait ralentir malgré tout par rapport à sa vitesse actuelle. Or ralentir, c’est contraire à l’idéal du Progrès, et donc contraire à ce que souhaitent les Cornucopiens…

Il existe enfin des Cornucopiens « Roses », car plus que tous les autres, ils reconnaissent à la fois la vérité scientifique de la crise écologique et climatique, tout en gardant entière confiance en un Progrès technoscientifique illimité, et même accéléré. Ils voient littéralement l’avenir « en rose ». Face à la falaise, ils recommandent littéralement d’accélérer, comme pour « mieux sauter l’obstacle ». Ils pensent même que freiner garantit l’accident ! Plus vite, toujours plus vite ! Voilà leur devise. Et pour eux, comme il faut quand même s’inscrire un minimum dans le contextes des lois connues de la physique, il existe une solution énergétique miracle, à tous nos problèmes : la fusion nucléaire.

La fusion nucléaire en deux mots

La voilà, la solution à tous nos maux : l’énergie « infinie » dans les grandeurs utilisées actuellement par les sociétés humaines, et pour encore des siècles de croissance, qui permet de sauver intégralement l’idéal de Progrès ! En théorie c’est possible, via cette fameuse fusion nucléaire. La fusion nucléaire est le processus qui se produit au cœur des étoiles partout dans l’univers. À cause de la densité et de la température dues à la force de gravité au centre de ces étoiles, les atomes y fusionnent pour former des atomes plus lourds, en libérant énormément d’énergie. Sur Terre, le projet de fusion nucléaire vise à produire d’énormes quantités d’énergie, en utilisant la même réaction qu’au centre du soleil, à partir de deutérium et de tritium (des isotopes lourds de l’hydrogène). La difficulté technique est de confiner via de gigantesques aimants un plasma composé de ce deutérium et de ce tritium, porté à des millions de degrés Celsius, et de maintenir la réaction suffisamment longtemps pour produire de l’énergie nette. Le deutérium est suffisamment présent dans les océans terrestres, en quantité virtuellement illimitée pour être extrait (0,02% de l’hydrogène naturel de l’eau de mer) et le tritium peut être généré par le processus de fusion lui-même. Contrairement à la réaction de fission nucléaire, la fusion ne libère qu’en très petite quantité des déchets radioactifs, qui sont peu dangereux, et n’est pas « explosive ». Un réacteur à fusion s’arrête tout seul en cas de pépin, sans exploser de façon fâcheuse. Bref, on pourrait presque dire que le réacteur à fusion est « vert ». En pratique, des réacteurs à fusion expérimentaux ont déjà produit de l’énergie brute, mais ne sont pas encore parvenu à une production nette d’énergie. L’apport d’énergie externe au réacteur reste encore supérieur à l’énergie qui en ressort : le rendement demeure encore négatif. Et cela fait longtemps qu’on attends que la promesse se réalise… La même blague circule parmi les scientifiques en fusion nucléaire depuis plusieurs dizaines d’années : le réacteur à fusion est à portée de main, d’ici 30 ans, vous verrez !

Lorsque tout le monde aura compris les limites indépassables de l’énergie verte, qui imposent par nature un métabolisme économique plus lent, même les Cornucopiens verts n’auront plus qu’une seule planche de salut pour continuer à garder intacte leur foi dans le Progrès illimité : la fusion nucléaire.

L’intérêt et les risques de l’énergie illimitée

Mais il y a des raisons de penser que chaque position de repli cornucopien n’est chaque fois qu’une manière de repousser à plus tard la reconnaissance d’un fait majeur, qui a déjà rendu obsolète l’idéal de Progrès : les limites.

Comment, s’exclame le Cornucopien ? Même la fusion nucléaire, virtuellement illimitée, ne résoudrait pas le problème des limites à l’expansion humaine ? C’est une hérésie !

C’est peut-être une hérésie pour le Progrès, mais il y a de bonnes raison de penser que la mise en œuvre d’une source d’énergie « infinie » signerait probablement notre arrêt de mort définitif, pour des raisons liées à la thermodynamique et à l’entropie. La néguentropie est de l’entropie négative. Elle se définit par conséquent comme un facteur d’organisation des systèmes physiques, biologiques, et éventuellement sociaux et humains, qui s’oppose à la tendance naturelle à la désorganisation (entropie). Les structures néguentropiques comme le corps humain, les sociétés humaines et la Biosphère, utilisent l’énergie pour se structurer. Mais l’excès nuit en tout. Ces structures ne pourront vraisemblablement pas s’accommoder d’un afflux d’énergie illimité, qui finira toujours par les détruire. Si depuis la Révolution industrielle, la libération sur deux siècles de l’énergie concentrée durant des millions d’années dans le stock de combustibles fossiles a déjà causé autant de dégâts sur la Terre, à l’ensemble du système vivant, on n’ose imaginer les dégâts que causerait la mise en opération de milliers de réacteurs à fusion partout sur la planète durant les deux siècles suivants, si nous sommes toujours civilisés à ce moment-là…

Car qui dit énergie illimitée disponible, dit potentiel d’illimitation pour l’action humaine. À l’extrême, si l’énergie a un coût proche de zéro, qu’est-ce qui empêchera quiconque de l’utiliser comme il l’entend, sans limite, quitte à détruire toute structure à sa portée, vivante ou non ?

A cela, le Cornucopien « rose » pourrait répondre que l’énergie illimitée peut servir à reconstruire ce qui a été détruit, de façon illimitée. Et même à recomposer la matière dispersée par l’entropie lors de son usage. Ainsi, les millions de poussière de métal qui se dissipent au freinage des véhicules dans une grande ville, pourraient être ramassées pour recomposer des plaques ou des blocs de métal. Les alliages complexes pourraient être séparés à nouveau entre leurs composants métalliques. Les forêts détruites seraient reconstruites. Et grâce au génie génétique, même les espèces disparues seraient recréées. Et si la planète elle-même était détruite, il ne faudrait pas s’inquiéter, l’énergie illimitée nous donnerait la puissance pour déménager l’humanité sur une autre planète habitable, et nous pourrions conquérir l’univers.

Le refus des limites et l’adoration des artefacts, transformés en pari irresponsable sur notre existence

À nouveau, nous butons sur une forme pathologique de refus des limites.

Dans un Cosmos où la limite résiste à notre volonté, le problème n’est pas d’apporter une source d’énergie illimitée pour répondre à notre phantasme d’illimitation matérielle. Il s’agit à l’inverse d’autolimiter notre illimitation matérielle pour ensuite trouver des manières limitées de répondre à nos besoins matériel limités, notamment en recanalisant notre libido, notre conatus ou notre volonté de puissance vers l’illimitation immatérielle. Nous pouvons poursuivre de manière illimitée la voie de la tempérance, de la frugalité, de la sagesse, de l’amour, de l’amitié et du bonheur. Il s’agit d’une illimitation tournée vers l’intérieur, vers la transcendance, l’élévation de soi, des autres et des autres êtres vivants, plutôt que tournée vers l’extérieur et l’artificialisation de tout ce qui vit, y compris nous-mêmes. Le summum de l’illimitation matérielle semble être aujourd’hui de vouloir remplacer l’espèce humaine et la Vie par la matière inerte elle-même, par les machines et les IA, la Terre par une sorte d’Etoile de la Mort artificialisée, en passant par l’intermédiaire des êtres vivants-cyborgs et transhumanisés.

Comme s’il fallait supprimer une bonne fois pour toute cette Altérité radicale de la vie qui nous échappe depuis toujours, et prendre enfin le contrôle total de la matière et de l’énergie, en transformant définitivement le Cosmos en Artefact, Notre Artefact bien entendu. Car si nous ne nous sommes pas créés, nous pourrions nous supprimer, et nous remplacer par nos successeurs, qui seraient nos propres créations, et nous hisser enfin au statut de Dieu.

Effectivement, une formidable quantité d’énergie issue de la fusion nucléaire permettrait de relancer le processus néguentropique, de construire d’immenses structures dissipatives toujours plus loin du glacial équilibre de l’entropie maximale, au métabolisme capable d’absorber cette débauche d’énergie. Mais si la Biosphère et la Vie telles que nous les connaissons ne peuvent déjà pas résister sans dommage critique à l’usage actuel d’énergie, on voit mal par quel miracle l’obtention d’une source encore plus formidable résoudrait notre situation dramatique. C’est forcément une autre forme de vie, « artificielle » selon notre point de repère à nous, qui serait la seule à même de lui succéder, et d’avoir un métabolisme capable de « se nourrir » d’un tel apport inouï d’énergie.

En attendant, si le réacteur à fusion nucléaire devient opérationnel à grande échelle en 2050, les dégâts écologiques, notamment climatiques, seront devenus critiques pour notre espèce.

Au fond, le Cornucopien nous demande toujours de faire un pari sur l’avenir. Mais pas n’importe lequel. Il s’agit bien d’un pari existentiel, car il met en gage notre propre existence d’individu, de société et d’espèce. Selon le Cornucopien, si nous avons constaté à juste titre que la trajectoire actuelle conduit à notre propre destruction, il ne faudrait pas nécessairement en déduire que nous allons être détruits. Il s’agirait plutôt d’avoir confiance, car le Progrès, tel la cavalerie, est en marche. Il arrive, un peu de patience, il va nous sauver, tout à la fin.

Il n’appartient qu’à nous d’ajouter foi ou non à ce pari. Car à nouveau, les contradicteurs des Cornucopiens ne disposent pas non plus d’une machine à voyager dans le temps. Du progrès technologique, il y en a eu depuis des milliers d’années, il y en aura probablement encore. Au sens strict, on ne peut exclure que de nouvelles technologies incroyables nous surprendront au cours des prochains siècles, et nous permettront de résoudre certains de nos problèmes.

Le vrai problème n’est donc pas l’incertitude technologique et le pari qu’on peut faire envers le Progrès, mais plutôt le fait que, sous le couvert d’une certitude, il nous incite à mettre en gage notre propre existence. Car si le pari des Cornucopiens est erroné, nous disparaîtrons. Et nous avons a priori plus d’éléments pour démontrer que notre trajectoire est insoutenable que pour démontrer qu’une hypothétique technologie future nous sauvera.

D’un point de vue éthique, la position cornucopienne a une forte odeur d’irresponsabilité. Elle propose un pari qui met en gage l’existence de l’entièreté de l’espèce humaine, alors que la gestion en bon père de famille, alors que le principe de responsabilité appliqué habituellement par les parents, chefs d’entreprise et chefs d’Etat, invite normalement à une prudence et à une audace mesurée, et partielle. On ne met pas tous ses œufs dans le même panier. Les Cornucopiens nous demandent de mettre tous nos œufs dans un panier, celui du Progrès futur.

Le pari cornucopien est non éthique, irresponsable et irraisonnable. On ne comprend pas pourquoi il faudrait mettre en jeu l’existence de l’humanité toute entière au nom d’une croyance en une solution future, une sorte de Salut, tout aussi religieux que les religions du passé.

Comme dans une boîte de Petri, les ressources en stock ou en flux sont limitées et notre instinct de croissance illimité. Mais la limite ultime est extérieure à nous. Il n’y a que deux issues à cette confrontation : soit cette limite nous sera imposée de l’extérieur, soit nous choisirons de nous autolimiter de l’intérieur, de préférence avant de sentir la résistance de cette limite.

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43 réflexions sur « La fusion nucléaire, dernière planche de salut des Cornucopiens ?, par Cédric Chevalier »

  1. Cédric, tu le sais, je suis en général d’accord avec toi à nonante ou à quatre-vingt-dix pour cent (selon les cas), mais là, excuse-moi,

    Les structures néguentropiques comme le corps humain, les sociétés humaines et la Biosphère, utilisent l’énergie pour se structurer. Mais l’excès nuit en tout. Ces structures ne pourront vraisemblablement pas s’accommoder d’un afflux d’énergie illimité, qui finira toujours par les détruire.

    « l’excès nuit en tout », n’est pas une objection valide quand il s’agit de technologie. Quant à « Ces structures ne pourront vraisemblablement pas s’accommoder d’un afflux d’énergie illimité, qui finira toujours par les détruire », cela me paraît aussi convaincant que « on a eu tellement de chance jusqu’ici, que ça finira par nous apporter la poisse ».

    Je vais même me faire l’avocat du Diable (c’est un trait de caractère des « Cornucopiens roses » clandestins) : je t’entends dire : « Zut, juste quand on avait une chance de convertir une masse critique d’entre nous à la frugalité volontaire, voilà un truc qui se profile et qui risque de ne pas le rendre nécessaire ! »

    Nous sommes une espèce colonisatrice, c’est « dans nos gènes », tout ce qui nous permet de parer aux inconvénients et aux menaces qui viennent avec cela, est selon moi le bienvenu, parce que ce n’est pas demain la veille que nous pourrons changer quelque chose à cela… sauf à changer nos gènes, mais je sais que cela aussi tu n’es pas pour 😀 .

    1. Merci Paul, je prends ça comme une invitation à poursuivre le débat 🙂
      Sur les limites du corps humain face à l’excès d’énergie (quelle que soit sa forme, il y a une limite correspondante pour le corps humain : mécanique, lumineuse, calorifique, radiations, électro-magnétique, etc.) :
      Steven C. Sherwood and Matthew Huber, An adaptability limit to climate change due to heat stress, PNAS May 25, 2010 107 (21) 9552-9555, https://www.pnas.org/content/107/21/9552.full

      Et une explication vulgarisée de cet article :

      L’humain est un être vivant comme les autres et donc vulnérable aux conditions écologiques, en particulier climatiques. Les scientifiques ont mis récemment en évidence les limites du corps humain en ce qui concerne la conjonction de la température et de l’humidité, via la mesure de ce qu’on appelle la température du thermomètre mouillé. Le corps humain, comme d’autres êtres vivants, utilise la transpiration pour se refroidir lorsqu’il est soumis à une température trop élevée, afin d’éviter l’hyperthermie. Le problème est que plus l’air est humide, moins la transpiration fonctionne et plus le risque de stress thermique, de coup de chaleur néfaste pour la santé, augmente. Pour une température donnée, au-delà d’un certain seuil d’humidité, l’organisme n’est plus capable de se refroidir et se réchauffe inexorablement. Les scientifiques ont ainsi montré qu’un être humain en bonne santé meurt en quelques heures lorsque se combine une température et un taux d’humidité trop élevés.

      Ainsi il existe des limites à l’adaptabilité humaine tant vantée. Aujourd’hui, très peu de zones sur Terre sont soumises à de telles températures, et seulement pour de courtes périodes. Mais les scientifiques ont montré qu’avec le réchauffement climatique non atténué, des surfaces de plus en plus grandes de la planète deviendront inhabitables –et la Belgique n’a pas la certitude d’y échapper – à cause de périodes de plus en plus longues et intenses de températures et d’humidités insupportables pour l’être humain : « Malgré l’incertitude entourant les impacts futurs du changement climatique, [on croit souvent] que les humains seraient capables de s’adapter à tout réchauffement possible. Nous soutenons ici que le stress thermique impose une limite supérieure robuste à une telle adaptation. […] Bien que cette limite ne soit pas atteinte pour le moment, elle commencerait à avoir des conséquences avec un réchauffement planétaire moyen d’environ 7 ° C, remettant en question l’habitabilité de certaines régions. Avec un réchauffement de 11 à 12 ° C, ces régions s’étendraient pour englober la majorité de la population humaine où elle se trouve actuellement. Un réchauffement éventuel de 12 ° C est possible en cas de combustion des combustibles fossiles disponibles. »

      1. La même référence scientifique contient donc au moins une limite liée à l’énergie pour la stabilité d’une société humaine sur un territoire donné au sein de la Biosphère. Si le flux d’énergie qui traverse cette société et cette Biosphère excède certaines limites, notamment l’énergie calorifique, les structures vivantes et physiques se détruisent : le corps meurt, la végétation brûle, les immeubles en béton et acier fondent et s’effondrent, tous les systèmes deviennent dysfonctionnels et sortent de la bande de fluctuation des paramètres de notre « bulle de vie » humaine.

        Sur comment l’énergie se dégrade inéluctablement en chaleur, je renvoie le lecteur aux lois de la thermodynamique.

        Evidemment, le propre du vivant est d’être une structure dissipative émergente, qui transforme le désordre en ordre, mais très provisoirement, et pour un flux d’énergie qui fluctue entre deux bandes.

        Du point de vue du vivant biologique, je pense qu’on peut dire que l’excès (la sortie des bandes de fluctuation), nuit en tout, in fine.

        Il n’existe pas à ma connaissance de forme de vie biologique capable de « se débrouiller » avec une hausse continue des flux d’énergie sur son « territoire ».

    2. Evidemment, je le reconnais volontiers, la mise au point de la fusion nucléaire est pour moi un vrai problème car elle donne à croire qu’on pourra « éviter de s’autolimiter ». Cette fusion pourrait a priori « retarder » le moment où il n’existe plus aucune autre marge de manoeuvre pour l’humanité que celle de s’autolimiter (ou alors subir la limitation externe, hétéronome, des éléments, de la planète, de la biosphère). Mais selon un autre scénario, cette mise au point de la fusion, en introduisant une quantité virtuellement illimitée d’énergie dans notre système terrestre, pourrait au contraire accélérer notre condamnation à mort et nous faire toucher/transgresser d’autant plus rapidement les limites que j’évoque.

      Une de mes références est Georgescu-Roegen sur ces questions thermodynamiques qui entraînent des limites à ce que l’humanité peut faire : soit brûler la chandelle par les deux bouts et mourir vite, soit aller davantage vers une vie végétative et profiter longtemps de la contemplation du Cosmos… Pas de morale là dedans si ce n’est qu’il faudrait normalement veiller à ce que ce choix soit fait d’une manière démocratique par tout le monde, or aujourd’hui, les riches brûlent la chandelle de tout le monde par les deux bouts, sans leur demander s’ils sont d’accord de crever les premiers.

      Mais pour aller au fond :

      – Soit l’espèce est « colonisatrice » dans son essence (ses gènes) : si on ne veut pas changer ses gènes alors pour moi elle voudra effectivement utiliser toujours plus d’espace, de matière et d’énergie et va finir par s’autodétruire en détruisant la (ou même les) biosphère(s) où elle se trouve(ra), sauf à sauter d’une biosphère à l’autre à l’infini, mais l’énergie nécessaire pour les voyages intersidéraux est prohibitive. A part les fans de science fiction, personne ne croit possible de déménager l’humanité, ou même une petite partie d’entre elle, tous les x millénaires pour aller « piller » une autre biosphère. Si on veut bien changer ses gènes (je n’ai pas dit que je l’excluais a priori, je ne suis pas un tel « puriste » de la nature humaine, mes gènes et ceux de mes ancêtres ont déjà muté, etc.). En fait, s’il s’agit de sauver l’espèce humaine, je pense a priori que je pourrais envisager une réflexion sur une mutation génétique anti-comportement-colonisateur… (mais voilà je n’ai pas assez exploré la question).

      -Soit en réalité le comportement « colonisateur » n’est en rien une essence, et il n’existe pas de « nature humaine » à ce point déterminante, et il n’est que le résultat des structures, des institutions, de l’imaginaire ponctuel d’une civilisation. Et, plutôt que de modifier nos gènes, il faut modifier notre imaginaire, nos structures, nos institutions, afin d’intégrer la notion de limite dans notre psyché collective. N’y a-t-il pas d’exemples d’individus et de sociétés qui intègrent bien mieux les limites que nous, plongés dans l’idéal de Progrès et de néolibéralisme/transhumanisme ?

      Mais au final, les limites « dures » du Cosmos sont bel et bien là. Alors poser que nous sommes « colonisateurs » par essence n’enlève rien à la nécessité de nous autolimiter pour survivre (à moins de trouver un débouché physique à notre instinct de colonisation : soit la conquête illimitée de l’espace : mais pour des raisons physiques, c’est mort pour moi).
      Donc je dirais, ce n’est pas parce que ça paraît « impossible » qu’il ne faut pas nous autolimiter : soit par les institutions (qui peuvent déjà canaliser l’éventuelle essence colonisatrice de l’espèce… ou bien l’encourager pour le moment), soit par mutation génétique volontaire, peu importe, c’est encore de l’autolimitation.

    3. En gros, la fusion ne va faire que renforcer notre potentiel colonisateur, si on le prend comme un donné, et pas du tout atténuer ses effets destructeurs. La fusion nucléaire est un démultiplicateur de notre puissance de destruction bien plus que de notre puissance de réparation. Donc pour moi la fusion signe notre arrêt de mort.

      C’est la fragilité du vivant qui condamne à l’autolimitation énergétique à mon sens.

      1. Enfin, rien ne m’indique que nous ne soyons pas complètement déterminés : 1) à être colonisateurs par essence (comme tout être vivant) 2) à bouffer tout le substrat de la boîte de Pétri jusqu’à en crever tous.

        Ce serait probablement la dernière claque métaphysique/ontologique pour notre espèce : la Terre n’est pas le centre du monde, l’espèce humaine est une espèce comme les autres, nous ne contrôlons pas notre comportement (notre psychisme), et toutes les espèces intelligentes comme la nôtre finissent par s’autodétruire faute d’avoir la moindre capacité à s’autolimiter collectivement. Ce qui est une des solutions du paradoxe de Fermi.

        J’avoue que je trouve que c’est l’explication la plus simple et la plus élégante à ce paradoxe, et je vois cette trajectoire comme la plus probable. C’est la plus déterministe et elle colle avec ton avis Paul…

        Mais comme je veux me rebeller contre la détermination absurde du Cosmos qui pèse sur nous, je plaide pour une autolimitation choisie. Si elle existe, il faut lui donner sa chance selon moi et faire mentir notre destin biologique/thermodynamique.

        Refuser la fatalité « colonisatrice » autodestructrice, par panache 🙂

    4. Paul,

      Changer les gènes, non. Changer la culture, oui.

      Nous avons réussi à fonctionner des millénaires avec des stratégies d’autolimitation sur notre écosystème: nomadisme, agriculture ‘raisonnée’, etc.. A cela s’ajoutaient des systèmes religieux et moraux émettant certaines règles et tabous afin de garantir la survie d’une collectivité. Chaque anthropologue en trouverait des traces dans le système qu’il a étudié.

      En contrebalancement de notre « comportement colonisateur invétéré », l’individu et le collectif ont quand même accepté des règles sociales qui garantissaient une certaine sécurité et la survie de l’ensemble. Mon sentiment est que ces règles ont été effacées lors des dernières décénnies et ont permis d’ouvrir la boite de pandorre: exploitation environnementale et humaine, prémanence de l’économie dans les relations humaines (merci PJ de m’avoir orienté vers Polanyi) et fin de la notion collective (dans son sens premier du terme). La notion de limite n’est plus acceptable. On peut citer entre autres: la mort, des territoires à laisser vierges ou inexplorés, non-marchandisation de relations, l’abandon de certains expériences scientifiques. Est-ce qu’un antropologue dans la salle peut confirmer?

      PS: Dans la même lignée, je reviens sur la pensée du gorille de Cioran (https://www.pauljorion.com/blog/2019/09/17/sera-ce-toujours-vrai-dans-20-ans/#comment-724227) : il s’emmerde, ne colonise pas et ce n’est pas si mauvais que cela. Parfois il produit de l’adrénaline. Mais il n’en n’est pas shooté…. C’est un phénomène lié à l’humain moderne (par définition « moderne » induit le changement , l’éveil et l’attention de tous les instants) dont il faudra se défaire. Il est vrai que le stress physiologique est nécessaire au rythme biologique,par conséquent la privation de stimulus ou l’absence de stress serait la mort. Mais l’excès de stimulation est en revanche dangereux et, dans le cas où il dépasserait les capacités d’adaptation de l’être humain, il causerait les maladies dites du « stress ». N’est-ce pas un symptome de notre époque? J’espère que le blog le plus optimiste du monde occidental n’y contribue pas 😉

      1. « Nous avons réussi à fonctionner des millénaires avec des stratégies d’autolimitation sur notre écosystème: nomadisme, agriculture ‘raisonnée’, etc.. A cela s’ajoutaient des systèmes religieux et moraux émettant certaines règles et tabous afin de garantir la survie d’une collectivité. « 

        Les famines (dues surtout la météo), les épidémies (la peste par ex.), les catastrophes naturelles en tous genres, les guerres (des vendetas entre voisins aux grandes invasions) participaient de manière très importante à la limitation de la pression des humains sur les écosystèmes dont ils dépendaient.

        Notre maitrise bien plus grande qu’avant de la production agricole, des épidémies et des catastrophes naturelles (au moins en ce qui concerne les inondations) a fortement contribué aux déséquilibres actuels (malgrès des progrès extraordinaires dans l’art de la guerre.)

        Je pense que si ces changements (qu’on apelle d’habitude le progrès) avaient été beaucoup plus lents on s’y serait adaptés, mais ils ont été bien trop rapides et universels pour que ce soit possible.

        Le passage de la cueillette et de la chasse à l’agriculture et à l’élevage ou des outils en pierre à la métallurgie se sont faits sur de bien plus longues periodes et pas partout en même temps (mais pas forcément sans catastrphes!)

  2. En l’occurrence rien de sérieux à ce jour n’etaye la capacité de la fusion nucléaire à parer au réchauffement climatique et au tarissement du pétrole conventionnel dans l’échelle de temps de ces phénomènes.
    Mais rien n’interdit aux cornucopiens de croire au père Noël.
    En attendant la magnifique et opulente Californie, berceau de l’or noir et des high tech, brule tant et plus et son système électrique s’effondre.

    1. Après plus d’un demi-siècle que l’idée a été lancée il est assez facile de se constater que la fusion nucléaire est nettement plus difficile à maîtriser que la fission: Iter est passé de 5 à 19 milliards d’euros et cette experience préalable – dont le resultat pourrait très bien être que c’est pas comme ça qu’il faut s’y prendre – doit se poursuivre au moins jusqu’en 2035 (l’affaire a démarré en 1985 entre Gorbatchev et Mitterand.)

      Pour que ça ait une chance d’aboutir en temps utile il faudrait une operation du genre Projet Manhattan au carré. Tant qu’il reste du gaz ou quelques gouttes de pétrole à extraire (pour ne rien dire du charbon) ça ne sera pas « rentable ». D’ailleurs les copains de Trump ne lui ont même pas demandé de se retirer du projet.

  3. Merci pour cet article et surtout cette conclusion:
    « D’un point de vue éthique, la position cornucopienne a une forte odeur d’irresponsabilité. Elle propose un pari qui met en gage l’existence de l’entièreté de l’espèce humaine, alors que la gestion en bon père de famille, alors que le principe de responsabilité appliqué habituellement par les parents, chefs d’entreprise et chefs d’Etat, invite normalement à une prudence et à une audace mesurée, et partielle. On ne met pas tous ses œufs dans le même panier. Les Cornucopiens nous demandent de mettre tous nos œufs dans un panier, celui du Progrès futur. »

    A nouveau, la question éthique est posée. De même que celle de bon père de famille.

    Nous avons bâti des structures capables d’apporter des réponses à des questions complexes, mais sans prendre compte de certaines externalités. Le progès scientifique a toujours fonctionné par essai/erreur, souvent en ignorant les effets secondaires, ou en les découvrant bien plus tard (ou même trop tard). Le principe de précaution semble absent des Cornucopiens, souvent avec la perspective de la postérité en vue. Le monde des startups en est un révélateur, qui d’ailleurs se substituent aux grandes entreprises qui ont dévelopé une aversion au risque, ou qui tentent de masquer les inconvénients à force de publicité, de lobbying ou … d’externalités cachées à bon escient (je sais de quoi je parle, j’ai travaillé dans deux boites leaders mondiaux dans leurs domaines respectifs) . C’est une pleine irresponsabilité qu’il couvrent d’une belle couche de CSR (Corporate Social Responsibility).

    De manière pragmatique, mon épouse me dit souvent qu’il est possible d’aller sur la lune, mais on ne sait toujours (preque) rien faire pour prévenir un rhume… Il s’agit d’une question de priorité.

    1. @JPC
      Il resterait « au bon père de famille » à expliquer à ses enfants que, de toute manière, il n’y a plus de temps pour procréer et le mieux et de brûler la chandelle par les deux bouts.
      Bouquet final du feu d’artifice, sans même faire appel à la fusion.

      Ah, aussi, « Cornucopien » ça sonne comme « cornuto » 😉

  4. C’est le passage suivant qui a retenu toute mon attention et, pour être tout à fait franc, a éclairé la fin de cette journée.

     » Dans un Cosmos où la limite résiste à notre volonté, le problème n’est pas d’apporter une source d’énergie illimitée pour répondre à notre phantasme d’illimitation matérielle. Il s’agit à l’inverse d’autolimiter notre illimitation matérielle pour ensuite trouver des manières limitées de répondre à nos besoins matériel limités, notamment en recanalisant notre libido, notre conatus ou notre volonté de puissance vers l’illimitation immatérielle. Nous pouvons poursuivre de manière illimitée la voie de la tempérance, de la frugalité, de la sagesse, de l’amour, de l’amitié et du bonheur. Il s’agit d’une illimitation tournée vers l’intérieur, vers la transcendance, l’élévation de soi, des autres et des autres êtres vivants, plutôt que tournée vers l’extérieur et l’artificialisation de tout ce qui vit, y compris nous-mêmes. Le summum de l’illimitation matérielle semble être aujourd’hui de vouloir remplacer l’espèce humaine et la Vie par la matière inerte elle-même, par les machines et les IA, la Terre par une sorte d’Êtoile de la Mort artificialisée, en passant par l’intermédiaire des êtres vivants-cyborgs et transhumanisés.  »

    Je suis favorable à l’introduction de la philosophie pour accompagner jusqu’à leur terme les cursus scientifiques. Cessons de former des apprentis sorciers.

    1. J’adhère pour ma part aussi, et à cent pour cent, à la philosophie développée par Cédric C.
      C’est tout à fait ce que je souhaitais après la lecture du billet de Vincent B.G.  » les individus isolés ne peuvent rien contre le réchauffement climatiques ». Le drame des incendies en Californie tel que décrit par Paul J. place tout le collectif humain devant l’antique problème de l’éthique: pas de rupture avec le cosmique ( traduction exacte du mot avec l’ordre « harmonieux’ , sans artifice possible selon les anciens , de l’univers ( aujourd’hui nous traduisons « univers » incommensurable par « biosphère » accessible au vivant sous toutes ses formes connues.

  5. Les cornucopiens roses n’ont pas besoin de rêver à la fusion nucléaire contrôlée : les réacteurs à neutrons rapides leur suffiraient pour assurer la transition vers une meilleure utilisation des énergies renouvelables, et ça, au moins, on sait faire – enfin, on savait (Phénix).

    Le gouvernement français vient d’y renoncer (abandon du projet Astrid), mais ailleurs on y travaille (Russie, Chine…). Le cornucopien rose devrait donc se mettre au russe ou au chinois et préparer son déménagement – plutôt en Russie, il restera des coins sans canicules là-bas.

      1. Cher Paul, j’ai cru ajouter de l’ironie à une simple mise au point technique, sachant bien qu’il est trop tard pour que l’électronucléaire évite l’effondrement climatique et énergétique de cette civilisation. Il vire plutôt au facteur aggravant de cet effondrement (perte des sources froides, perte des compétences).

  6. Une réponse à Paul et Cédric : l’inégalité énergétique fera apparaître un cornucopialand dont les poubelles seront sous traitées dans la périphérie de l’espace temps de ce « pays ». Pas plus de raison que la fuite en avant énergétique soit égalitaire que celle du capital. Le second achetant la première.

    1. @ Charles
      La production d’énergie, ça n’existe pas !
      Il y a de l’extraction et de la captation d’énergie, de la transformation et du transport d’énergie. Et rien d’autre.
      Les humains aiment l’énergie concentrée, de plus en plus rare.
      Ils n’aiment pas l’énergie diffuse, de plus en plus présente, en proportion, sur Terre.
      C’est mauvais pour les Humains. Mais ils s’en foutent. Ou plutôt ils ne s’en rendent pas comptent : Ils ne savent pas ce qu’est l’énergie.

  7. Très en vogue chez les « Cornucopiens », et peut-être en réponse à l’arrivée lointaine de la fusion, le
    « réacteur Steinfeld » qui transforme le CO2 et l’H2O en hydrocarbures grâce au rayonnement solaire.

    1. Le projet « Du Soleil au Liquide » – http://www.sun-to-liquid.eu/ – dont il s’agit, surnommé « réacteur Steinfeld », est actuellement entaché d’un rendement de conversion beaucoup trop faible, initialement de 2%, qui est annoncé maintenant « s’approcher des 5% ».

      On parle de rendements objectif de 15% ou 30%. Aucune idée si c’est réaliste. Pour le savoir, pas d’autre solution sans doute que… de laisser les chercheurs chercher.

      Est-ce que la réussite de ce projet serait une mauvaise chose ? Ça dépend du point de vue.

      Si éviter un réchauffement catastrophique de la planète, avec perte drastique en biodiversité et en vies humaines, est considéré comme un objectif valable… eh bien, il serait malvenu de faire la fine bouche 🙂 !

  8. L’entropie, inéluctablement croissante, peut être combattue localement. Puisque l’entropie est la tendance thermodynamique à l’égalisation des températures, au désordre maximal, la néguentropie, cet ordre local, connait sa forme la plus achevée dans l’information. Or, une masse d’informations gigantesque, auto-reproductible, est celle encodée dans les brins d’ADN de toutes les espèces vivantes.
    Ce que nous vivons avec la 6ème extinction, c’est une perte incroyables d’espèces vivantes et donc d’informations qui s’étaient accumulées depuis 5 milliards d’années. Une espèce débile détruit cette somme d’informations, ce trésor de néguentropie, rendus possibles très localement grâce à cette incroyable réaction chimique appelée la vie et en particulier cette merveilleuse machine à transformer l’énergie solaire en briques élémentaires nécessaires à la vie et de la réplication des ADN.
    Ce que nous préparent les cornucopiens n’est peut-être pas seulement « la fin de la vie sur notre planète » mais la l’arrêt du miracle cosmologique qui s’est passé sur une petite planète bleue.
    S’il y a un dieu, il est certain qu’il maudit cette espèce…

  9. Bof… pour moi, la vraie vie, c’est ça. Une bonne guitare et un feu de camp….
    Pas vraiment besoin d’autres choses. Pour ce soir je vous épargnerai la description de mon mode de vie, style « simplicité volontaire »…

  10. « La même blague circule parmi les scientifiques en fusion nucléaire depuis plusieurs dizaines d’années : le réacteur à fusion est à portée de main, d’ici 30 ans, vous verrez !  »

    Si vous voulez savoir pourquoi la fusion est si difficile à obtenir vous trouverez un dossier sur le projet ITER ici ->
    http://dl.free.fr/getfile.pl?file=/VTU24lfq

  11. Excusez moi mais votre texte est d’une imbécilité profonde et assez déconcertante.
    Le summum de la mauvaise foi est atteint lorsque vous parlez de la quantité d’énergie libérée depuis la révolution industrielle, laquelle aurait détruit l’environnement… Vous savez très bien la différence entre cette quantité et la masse de dioxyde de carbone libérée qui s’y rattache (charbon, pétrole, gaz naturel), qui est la vraie source du problème. Vous « fusionnez » allègrement les deux, alors même que l’énergie thermonucléaire SUPPRIMERAIT l’émission des gaz à effet de serre…

    1. Il n’y a pas que le climat qui pose problème. Comme l’énergie disponible permet d’artificialiser à grande échelle les terres et de transformer à grande échelle les ressources vivantes et inertes en déchets et polluants (via le métabolisme économique).

      Ce que vous dites serait vrai si l’être humain était capable de limiter l’usage qu’il ferait de l’énergie issue de la fusion nucléaire. Comme il a déjà du mal à se servir d’un gros fusil comme les énergies fossiles, j’ai des craintes si on lui donne un bazooka comme la fusion nucléaire.

      Augmenter la puissance technologique de l’espèce humaine (mesurée en énergie disponible), ne résoudra selon moi pas notre problème : notre incapacité à nous autolimiter pour ne pas nous autodétruire.

      https://en.wikipedia.org/wiki/Nicholas_Georgescu-Roegen

      Autres impacts que le climat :

      Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES), Global Assessment Report on Biodiversity and Ecosystem Services, 2019.

      Global Resource Outlook, International Resource Panel 2019.

      D. Hoornweg, P. Bhada-Tata et C. Kennedy, Environment: Waste production must peak this century, Nature 502, 615–617, 2013.

      Will Steffen et al., The trajectory of the Anthropocene: The Great Acceleration, The Anthropocene Review, Volume: 2 issue: 1, page(s): 81-98, 2015

    2. Cher Bizet, arrêtez votre musique !
      Vous croyez que ça marche avec quoi, le « thermonucléaire » ?
      C’est n’avoir qu’un atome dans le cerveau que de ne pas comprendre que ça marche au pétrole ; pour tout ce qui est avant la réaction thermonucléaire et pour tout le gros bordel qui en résulte après.
      Alors apprenez et répétez :
      Ther – mo – dy – na – mi – que.
      Répétez encore. Et encore. Et encore.
      Enfin non ! Arrêtez ! Avec la pathologie qui vous affecte, il n’y a jamais d’espoir d’amélioration de l’intellect : Vous ne voulez pas savoir, vous croyez !

  12. Pérégrinations dans mes réflexions à la suite de la lecture de ce texte:

    – Certains grands acteurs de la technologie AI ont déjà programmé aujourd’hui des algorithmes qui se sont reprogrammés seuls, de telle sorte qu’il n’existe plus rien « d’humain » à l’intérieur. Une AI totalement exempte de la limite de la pensée humaine. Une autonomisation du concept même de l’algorithmique. Premier balbutiements aujourd’hui, croissant à vitesse exponentielle. La vie artificielle a déjà commencé à émerger! Énergivore, certes, mais pas exempte d’émancipation… Et si notre héritage à la nature ne serait pas une « nouvelle nature ». Nous ne serions plus là pour en jouir, certes, mais serait-ce une « solution » acceptable aux yeux de nos Cornucopiens ?
    – Message aux Cornucopiens de tous bords: l’univers contiendrait environ (à quelques unités près) 3,28×10^80 particules dans l’univers observable, donc « atteignables ». Pas beaucoup plus. Ni beaucoup moins (bonne nouvelle). Un humain de 70 kg contient 1,46×10^29 particules. Si on transformait toute la matière disponible par des humains (certes, pas forcément utile, mais comme le progrès illimité devrait nous permettre de nous multiplier indéfiniment, il n’y a pas de raison de ne pas y penser), on pourrait finir par être 2,25×10^51 humains dans l’univers. Ça fait beaucoup. Énormément même. Au delà des considérations liées à l’habitat ou la nourriture (premiers éléments des besoins selon la pyramide de Maslow), la question serait de savoir en combien de temps on pourrait y arriver. Se basant sur la croissance actuelle de la population qui est de 1,11% par an, un rapide calcul nous mène au nombre ridicule de… 8604 ans. A l’échelle de l’histoire humaine, ce n’est même pas le temps qu’il nous a fallu depuis la sédentarisation pour arriver où nous en sommes. Alors à compter le nombre de planètes, de maisons et de moissonneuses batteuses pour nourrir tous ces humains, on peut largement estimer que l’on aura conquis tout espace disponible dans l’univers bien avant ça.
    Stephen Hawking avait peut-être raison: pour que l’humain survive, il est urgent d’aller coloniser les autres planètes.

    Ou alors c’était un message adressé aux Cornucopiens?

    1. Merci. Trop peu de gens réfléchissent à la monstruosité de la fonction exponentielle. Et pourtant tout ingénieur l’a utilisée des dizaines de fois pour des démonstrations en maths ou des calculs de vie réelle. Si seulement l’exponentielle pouvait être ressentie par nous, les humains. Mais nous ne ressentons que les phénomènes linéaires, malheureusement pour nous.

      J’en ai parlé à mon député marcheur ingénieur et lui ai dit qu’on devrait l’expliquer au président. Il s’est moqué de moi: en tant qu’ancien banquier d’affaires le président saurait parfaitement manipuler la chose dans le cadre du calcul d’intérêts composé…

      Nous sommes foutus, de nos jours il vaut mieux être vieux.

  13. Radicaliser les termes d’un débat n’est jamais judicieux. Je crois qu’on perd beaucoup en compréhension en dépeignant les gens qui recherchent AUSSI des moyens technologiques de parer à l’effondrement écologique – et non seulement des moyens sociaux – comme des illuminés imaginant un progrès technologique indéfini et une consommation énergétique « illimitée ». C’est assez largement symétrique à une attaque contre les gens conscients des graves questions écologiques les taxant de « malthusianisme » et de vouloir la pauvreté voire l’extermination du plus grand nombre. Arguments de l’épouvantail en pagaille 😀 !

    En réalité, l’un n’exclut pas l’autre. L’auto-limitation raisonnée n’exclut pas le développement de sources d’énergie permettant de remplacer les fossiles. Bien plus : LES DEUX seront indispensables si l’humanité doit éviter de vifs désagréments.

    La réalité fondamentale, c’est que nous serons 9 à 10 milliards bientôt, que tous recherchent une prospérité minimale – penser à santé, éducation… on ne parle pas de week-ends dans les Caraïbes en yacht géant ! – et qu’assurer cette prospérité au plus grand nombre n’est aujourd’hui technologiquement possible qu’avec des fossiles qui d’une part ne dureront pas si longtemps, d’autre part mènent à détruire le climat avec conséquences désastreuses sur écosystèmes et finalement l’humanité elle-même.

    Nous sommes actuellement partis pour la séquence encore un peu de prospérité (« Encore un instant, Monsieur le bourreau ! ») aussi mal partagée soit-elle, suivi de grippages divers et variés de la machine économique mondiale avec des écosystèmes qui s’effondrent encore plus vite, suivi de décroissance rapide de la population humaine par excès de mortalité.

    Sortir de cette séquence s’envisage de deux façons :

    1) Le phalanstère – Tout le monde est pauvre (très), meurt plutôt rapidement (ben oui), mais est heureux car tous ensemble on a évité le pire
    ===> Inconvénient : On a pu voir certains des riches de notre planète, lorsqu’ils ont eu l’impression qu’on allait diminuer légèrement leur prospérité, se révolter et faire un grand charivari. J’ai nommé bien sûr les Gilets jaunes… car oui, les moins prospères parmi les Français actuels sont VRAIMENT riches, comparé au projet phalanstère ! Cette révolte peut faire douter que, dans notre pays comme dans les autres, se trouvent beaucoup de gens pour accepter la nécessité d’organiser la grande pauvreté pour raison écologique. Il est donc fort possible que le projet phalanstère… soit socialement irréalisable

    2) La transition énergétique – Remplacer les fossiles par des sources d’énergie permettant de partager une prospérité minimale avec 10 milliards d’autres personnes. A vue de nez – simple ordre de grandeur – il faudrait parler d’un triplement de la puissance énergétique actuellement à disposition de notre humanité. Chacun pourrait alors se féliciter d’avoir évité un réchauffement catastrophique et un effondrement de population
    ===> Inconvénient : On ne dispose pas aujourd’hui de sources d’énergie de ce genre. Il faudrait donc les développer… ce qui suppose des efforts importants et très urgents. Qui actuellement ne sont pas faits.

    On peut se dire « Bof, la situation n’est pas grave au fond. On a beaucoup de marge. On peut se payer le luxe d’ajouter des contraintes au problème pour le rendre encore plus difficile. Tiens, par exemple je vais choisir d’éliminer totalement la voie de solution N°2 (respectivement N°1) ! »

    J’appelle cela de l’inconscience. Car la réalité est que nous n’avons AUCUNE marge. Les scientifiques n’en sont plus à tirer la sonnette d’alarme : ils sont passés au tocsin !

    Le seul choix raisonnable est de faire les deux à la fois : ET limitation des pollutions, supposant à la fois efficacité et un degré d’auto-limitation, ET R&D à bride abattue pour tenter de trouver des remplaçants aux fossiles. Qui, je le répète, n’existent pas aujourd’hui : solaire ou éolien ou géothermique tels qu’ils existent maintenant ne sauraient remplacer les fossiles.

    Quant à la fusion, c’est l’une des pistes, quoique pas nécessairement la plus prometteuse. Maîtriser la fusion, c’est VRAIMENT dur…

  14. Merci pour votre article. Je me pose ces questions aussi et partage entièrement vos points de vues.

    Les « gènes  » colonisateurs sont un argument cornucopien qui ne tient pas : en ce cas les instincts sexuels ou le meurtre ne seraient pas réprimés. Toute l’histoire de la justice humaine est celle d’aller contre notre « nature », nos gènes, pour une préservation de l’espèce à plus grande échelle. C’est aujourd’hui le cas avec les pulsions expansionnistes : elles devraient devenir condamnables. Ainsi, chercher un nouveau gisement de pétrole en 2020 devrait devenir un délit, et poursuivre les recherches d’ITER aussi. Ce que vous défendez (à savoir que la fusion nous éloignerait de la direction décroissante nécessaire à la survie), tient parfaitement la route en soi, et s’ajoute au fait que ces recherches sont extrêmement coûteuses et énergivores, qu’elles omnubilent le champ de l’ingénierie comme le soleil qu’elles cherchent à recréer (Icare à côté était un enfant de chœur), et l’empêche donc de se tourner cers la recherche de transitions vers du plus lowtech. Pourtant il y a un besoin réel de ce côté là ! Pour une décroissance choisie et pensée et non subie brutalement !
    Merci encore d’avoir pris le temps de formuler si clairement votre pensée.

    Jean-Baptiste

  15. Bon, enfin pas bon, je recommence en soulignant qu’à l’heure actuelle, où le collectif, c’est à dire plus que toutes les bonnes volontés, est indispensable, il est dommageable de se priver d’une telle ressource:

    ITER: Chronique d’une faillite annoncée:
    https://www.jp-pasgrand.org/NUCLEAIRE/ITER/ITER_fusion_non_controlee/Chronique_faillite_annoncee_long.pdf

    Il est vrai que ce projet dispendieux capte une grande partie et des finances et des cerveaux qui pourraient être bien mieux utilisés.
    Mais il a été vendu aux politiques, tout contents de nous revendre « le soleil en bouteille » !

  16. Oh mon dieu…
    L’article partait bien jusqu’à devenir n’importe quoi.
    Il y a, à mon sens, de vraies question à poser sur notre consommation et les limites qui y sont associée, mais la j’ai un peu l’impression qu’on essaie de noyer le poisson de l’absence d’argument contre la centrale à fusion sous une logorrhée de termes technocratiques mal employés…
    En particulier ce passage:

    « Les structures néguentropiques comme le corps humain, les sociétés humaines et la Biosphère, utilisent l’énergie pour se structurer. Mais l’excès nuit en tout. Ces structures ne pourront vraisemblablement pas s’accommoder d’un afflux d’énergie illimité, qui finira toujours par les détruire. »
    Aie aie aie la physique élémentaire… La néguentropie n’existe PAS. Un système observé localement peut réduire l’entropie, le corps humain organise la matière oui. Mais de manière globale, l’entropie générée à l’extérieur du corps sera toujours supérieure à la néguentropie.

    En fait vous utilisez la « néguentropie » pour lutter contre l’énergie « infinie » du réacteur à fusion, mais sans avoir compris ledit réacteur.
    On qualifie ce réacteur d’infini car sa matière première est extrêmement abondante, so’ rendement élevée et sa puissance modulable, mais elle n’est pas « infinie »! Et même mieux: comme tout bon mécanisme physique, ce réacteur produit de l’entropie. Donc à part une incompréhension assez gênante du sujet, je pourrai y voir une volonté d’argument fallacieux… Disons que l’erreur est humaine (ou que vous êtes aussi dogmatique que les « cornucopiens » au choix)

    La fin offre une réflexion plus intéressante. Il est évident que l’humanité doit se rendre compte du besoin de décroissance, mais pour être honnête, je pense que ça n’ arrivera pas tant qu’on aura pas percuté le mur vers lequel on fonce.

    Bien à vous

  17. Il y a un cornucopien que vous n’avez pas achetypé : le cornucopien blanc.
    Celui qui pense que la fusion est une solution (à condition d’y mettre les bouchées triples) et en même temps ^^ qui pense qu’il est urgent de mettre un frein à une démographie mortellement galopante.
    Croissance énergétique ET décroissance démographique.
    Si, au passage, on pouvait se débarrasser du capitalisme, le cornucopien blanc ne porterait pas le deuil du défunt…
    J’admet que ce cornucopien blanc est assez rare, il est donc logique que vous n’en ayez pas rencontré lors de votre étude sur les cornucopiens.

    1. re-bof, je ne comprends pas ce que vous voulez dire… Dans ce genre de cas, je retourne à ma guitare. J’ai oublié de préciser que je répète d’arrache-main, « Railroad Boy » (voir bien plus haut), l’une de mes chansons préférées…

      1. Laurence

        Répétez aussi la chanson « L’autruche, la tête dans un trou », vous qui ne semblez pas vouloir chercher à comprendre ; juste pour ne pas risquer de voir le problème, pour bien profiter, genre cool.

  18. écodouble : je ne sais pas si vous avez vu, mais c’est à Ar c’hazh du je répondais.
    Alors, je vais être plus claire : je ne vois vraiment ce qu’il veut dire en définissant le cornucopien blanc.
    Mais là, vous donnez un bel exemple, disons du « mépris ordinaire », pour ne pas dire autre chose…
    Moi, la tête dans le trou ? On voit bien que vous ne me connaissez pas où que vous n’avez rien lu de ce que de temps à autres, j’écris (à vrai dire, je n’ai pas bcp de temps à disposition).
    Oui, c’est ça, je suis très cool : je roule à vélo, je fais de la permaculture dans le cadre d’un jardin partagé, et accessoirement, je milite. Je n’ose à peine parler d’une autre de mes activités qui consiste à écouter des gens en souffrance… Et à d’autres moment, il est vrai, pour me délasser, je joue de la guitare. Et moi qui écris de temps à autres des articles, je m’attelle à la rédaction d’un petit livre; justement sur tout ce qui est évoqué ici, mais plus particulièrement sur, disons, la dimension psychologique des choses, totalement passée sous silence, et à laquelle, en général les femmes beaucoup plus sensibles que les hommes. Alors, c’est vrai, j’ai parfois du mal avec certains développements que s’autorisent « en général » les hommes .Et moi, je vous l’avoue, j’ai beaucoup de mal à oser participer, ici même ….

  19. J’ose remettre un commentaire. J’avoue que je n’avais pas lu dans le détail tout le développement. Mais il se trouve que je suis assez allergiques aux catégorisations. Alors en rajouter une de plus, sous forme du « cornucopien blanc », je ne voyais pas l’intérêt. Et puis cette conclusion ambigüe : « Si, au passage, on pouvait se débarrasser du capitalisme, le cornucopien blanc ne porterait pas le deuil du défunt… ». Bref, voilà, j’avais choisi de montrer comme une sorte de lassitude passagère, face au raisonnement que j’avais trouvé passablement alambiqué de Mr Ar c’hazh du (il serait intéressant de faire une étude… psycho-sociologique sur les pseudos employés; mais je peux supposer qu’à défaut d’être un cornucopien blanc, Mr…… est un homme blanc d’un certain âge… ; moi aussi finalement j’ai bien le droit d’être un peu méchante, après tout…).
    Et puis, vu l’heure un peu tardive et compte tenu du fait que les posts sur le sujet doivent déjà être « obsolète » et peu lus, je dirai qu’il y a quelque temps, je me suis demandée si j’allais continuer mes posts, même plus que rares.
    Lorsque je parlais du coût écologique de l’intelligence artificielle, il (P.J.) m’a été demandé si par hasard je ne confondais pas avec le « bit coin »… J’ai trouvé ça passablement condescendant… « comme si je confondais »… Pas du tout. Et d’ailleurs les avis sur le coût écologique du bit coin sont partagés. Quoi qu’il en soit, personnellement, je résous toutes les questions en consommant vraiment un minimum; c’est pourquoi aussi lors de mon post « baba-cool » (à ce qu’il paraît), je disais que je n’allais pas décrire mon mode de vie. Mais alors, au final, si, un peu quand même : j’ai troqué ma voiture contre un vélo à assistance électrique (acheté à bas coût grâce à des aides de mon « agglo ») dont je n’utilise l’assistance que dans les pentes vraiment raides. Mon dernier voyage en avion remonte à 1985 (Nouvelle Calédonie; un peu loin il est vrai). Je ne pars même plus en vacances, j’ai trop de choses intéressantes à faire par chez moi. Veuve depuis peu, je vais troquer mon trois pièces contre un petit deux pièces (largement suffisant; et pas beaucoup de frais de chauffage, ni d’eau d’ailleurs, j’ai des toilettes sèches; et oui, c’est possible, même en appartement). Etc, etc…
    Mais c’est vrai que je suis un peu énervée en ce moment, parce que la « confrérie » à laquelle j’appartiens (les psychanalystes) va peut-être bientôt être interdite de séjour dans les universités, les tribunaux et j’en passe.
    Tout cela par qu’une jeune femme (la bêtise n’a pas de sexe, en réalité), laquelle vient d’être, pour son fait d’arme, décorée de la légion d’honneur, s’est livrée via un film sur l’autisme et d’autres interventions, à une énième attaque contre la profession.
    Je suis hors sujet ? Tant pis…

  20. The fusion energy dream is inching toward planet-saving reality

    By Dennis Whyte
    November 8, 2019 at 8:21 p.m. GMT+1 The Washington Post

    Dennis Whyte is an engineering professor and the director of the Plasma Science and Fusion Center at the Massachusetts Institute of Technology.

    After decades of disappointingly slow but steady progress, the race for fusion energy is now fully on, with governments, scientific institutions and private enterprises pouring billions of dollars into this potentially world-altering technology.

    Fusion is the process that occurs in stars, such as our sun, when hydrogen atoms fuse together, producing helium — and staggering amounts of energy. The prospect of achieving fusion has tantalized researchers because it would provide a safe, clean and limitless source of energy, with no threat of meltdown.

    Realizing that dream has taken on a special urgency: The availability of fusion energy would be a monumental breakthrough in the battle against climate change. But the technical challenges of essentially creating an artificial mini-star have been daunting. Scientists have made fusion happen with various approaches, but more energy was expended in those experiments than was released. The turning point will come when more energy is produced than goes in. (Fusion shouldn’t be confused with fission, which is used in nuclear power plants and involves the splitting of uranium atoms.)

    AD
    The roadblocks have started to fall away in recent years, thanks to the use of supercomputers to model and optimize the design of fusion systems, and to a new generation of superconductors that increase the magnetic fields that contain the artificial star, thereby dramatically decreasing the required size of fusion devices. Advanced manufacturing techniques for specialized fusion materials have also been developed.

    Recognizing that fusion may pass from theory to practical application, many governments and scientific institutions have scrambled to take the scientific lead. The latest development in this competition was the announcement last month that the Energy Department has authorized a pilot program to encourage private industry to use the resources of U.S. national laboratories with the goal of commercializing fusion energy.

    China has invested nearly a billion dollars in its fusion energy program. In September, Britain pledged $246 million toward the development of a commercially viable fusion power plant by 2040.

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    But the world’s biggest fusion effort involves a collaboration between China, the European Union, India, Japan, Russia, South Korea and the United States. These entities have contributed tens of billions of dollars for a giant fusion experiment in southern France called ITER, with the goal of producing net energy. Construction began on a 103-acre site in 2010. Now, after delays, the device is projected to turn on in 2025, with the first production of net energy plasma — the superheated fourth state of matter — planned for 2035. A major milestone in the construction is scheduled for March, when the nearly 100-foot, 1,370-ton base of the largest stainless-steel high-vacuum pressure chamber ever built will be installed.

    At the same time, technological advances in recent years have spurred the interest of investors — mostly in the United States, but also in Canada and Britain — in the potential for commercial fusion that is smaller, faster and more economical. According to the Fusion Industry Association, private investment in entrepreneurial fusion projects has reached $1 billion to $1.5 billion, reflecting a growing appetite for a game-changing energy source.

    The United States has an opportunity to lead the world in fusion energy, capitalizing on robust research programs in academic institutions and government-sponsored national labs and on a growing Fusion Industry Association, which has more than a dozen companies working on different approaches to fusion energy.

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    In contrast to its international competitors, the United States brings a worldview that favors early involvement of industry in technology development and a greater appetite for tackling technology risk if it leads to commercial viability. This viewpoint was reflected in a National Academies study published last year that recommended building on knowledge gained from preparing for the ITER project to develop a compact pilot plant that would lay the groundwork for the first commercial fusion power systems.

    In response, the U.S. fusion community has undertaken an initiative to better align government, academia and private industry to work on common goals in fusion energy. This new initiative is focused on developing the country’s first comprehensive strategic plan for fusion in decades.

    Such public-private partnerships will be essential for faster progress. To that end, Congress should consider significantly increasing funding for fusion programs at the Energy Department, which was created to keep the United States at the forefront of discovery.

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    This is a critical moment for such funding decisions. Other governments are investing billions in fusion. Many private companies are looking to make decisions about backing the construction of demonstration machines and fusion-power prototype systems that will produce power on the grid. They are considering options around the globe. Strategic, innovation-aligned U.S. investment would help ensure that this country becomes the home of a world-changing — and potentially world-saving — technology.

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