Gênes – L’ultralibéralisme reflète la nature humaine : court-termiste et égoïste, par Jean-Baptiste Auxiètre

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Le pont Morandi de Gênes était condamné à s’écrouler car il n’avait pas été conçu pour le trafic actuel, ni pour exister plus de 50 ans – nous en sommes à 51 ! Si l’on ressortait son cahier des charges d’origine, on verrait non seulement qu’il a dépassé son espérance de vie mais aussi qu’il dépassait ses capacités physiques et matérielles.

On veut nous faire croire qu’il aurait suffi d’un ripolinage, d’une meilleure maintenance, alors que de par sa conception, un pont à chevalets et à haubans datant des années 60 ne pouvait pas supporter une autoroute contemporaine avec son trafic démultiplié et des véhicules souvent deux fois plus lourds qu’autrefois. On cherche à nous faire croire que l’on peut assurer une vie éternelle à un investissement qui en l’occurrence était sous-dimensionné. Le coût du blocage du pont aurait été trop important et on a donc mis dans la balance (nos politiques, mais avec notre assentiment tacite) un risque qui a fini par se matérialiser, avec le coût financier qui aurait résulté du blocage d’un nœud routier international. C’est là la politique de nos temps ultralibéraux ou le moindre-coût fait loi, censé prévaloir même – comme on l’a constaté hier – sur les lois de la physique.

Au bilan : 39+ morts, mais qui coûteront moins cher en compensations de compagnies d’assurances qu’un détournement du trafic pendant plusieurs années. Les morts seront pleurés quelques jours, par ceux qui les auront connus – ce qui n’est pas le cas pour l’immense majorité d’entre nous – tandis que notre porte-monnaie continuera d’être placé au tout premier rang de nos préoccupations.

C’est dans la même logique que nous gérons aujourd’hui notre parc de centrales nucléaires. Tant qu’il n’y a pas d’accident, le risque est confortablement mis entre parenthèses. On a prolongé leur vie de 10 ans, puis de 10 ans encore, leur assurant une durée de vie hors-sol, décollée du cahier des charges d’origine – que l’on n’exhumera jamais des archives. Le risque augmentera exponentiellement – pour autant qu’il reste évaluable – jusqu’à l’accident, mais tant qu’il n’a pas lieu, tout va bien : on fait comme si toute cette affaire pouvait durer éternellement. Le risque est évidemment là infiniment plus grand que pour le pont de Gênes mais, chance pour nous, la fatalité est d’abord tombée chez nos voisins : Gênes, c’est en Italie, n’est-ce pas ? et Fukushima, jusqu’à nouvel ordre, c’est au Japon, ouf !

L’homme est un animal qui n’a peur que pour son porte-monnaie, qui n’arrive à conceptualiser que ce qui lui arrive personnellement : l’ultralibéralisme est bien conforme à la nature humaine : court-termiste et égoïste.

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116 réflexions sur « Gênes – L’ultralibéralisme reflète la nature humaine : court-termiste et égoïste, par Jean-Baptiste Auxiètre »

  1. Le capitaliste (les sociétés privées) propriétaire d’un réseau (communication, électrique, routier, eau potable, énergétique etc..) l’entretient pour autant que les investissements (fait de préférences avec des fonds de pension) n’infléchissent pas la rente à court terme et l’augmentent à long terme. Dans le cas contraire il spécule pour extraire un maximum de profit de sa défaillance prochaine tout en se mettant à l’abri de retomber pénale.
    Le capitaliste : Win-Win
    Le peuple : lose-lose
    « Privatisation » qu’il disait…

    1. Après une explication structurelle, celle factuelle ou pratique, j’ai oublié l’explication ultime, médiatique, commercial. Elle porte le doux nom de TINA, il a fallu plusieurs milliards de $ pour l’enchâsser dans le cerveau des consommateurs.

    2. Nous tous, les millions de sujets (consommateurs) du propriétaire du pont Morandi, soyons vigilants à toutes augmentations de tarif non justifié qui nous transformera en fossoyeur des victimes de son écroulement.
      Dans les livres comptables les capitalistes cachent ces montants sous des libellés anodins comme « report de charge », « augmentation du prix d’exploitation » etc. et bien évidemment ne touche pas aux dividendes.

      1. N’y comptez pas trop . Les drogués du pétrole seront bien trop heureux , après deux ans de souffrance, de retrouver des espaces rapides et joyeux , pour rechigner devant une augmentation des tarifs ( sans doute sur la globalité du réseau concédé à cette société là d’ailleurs ) , le tout enrobé dans une adaptation à l’inflation qui semble retrouver des couleurs sous la houlettes des banques centrales ..
        D’ailleurs ça ne sera que justice . Au moins le contribuable ne paie pas pour le consommateur. Chacun son combat . Les tarifs autoroutiers , moi je m’en bas l’œil .

        https://www.pauljorion.com/blog/2018/08/15/genes-lultraliberalisme-reflete-la-nature-humaine-court-termiste-et-egoiste-par-jean-baptiste-auxietre/#comment-671338

  2. Les révélations d’un chef lakota

    « Dieu a tout créé d’une manière si simple. Nos vies sont très simples. Nous faisons ce que nous voulons. La seule loi à laquelle nous devons obéir est la loi naturelle, la loi de Dieu. Nous n’en reconnaissons aucune autre. Nous n’avons pas besoin de votre Église. Les Black Hills sont notre Église. Nous n’avons pas non plus besoin de votre Bible. Notre Bible, ce sont le vent, la pluie et les étoiles. Le monde est une bible ouverte, et nous autres, Indiens, l’étudions depuis des millions et des millions d’années.

    diabète, petites baies de cèdre. J’en ai cueilli quelques-unes, je les ai faites bouillir, j’ai extrait leur jus et je l’ai bu. Il était si amer qu’il a fait sortir tout le sucre de mon corps. Les médecins qui m’ont ausculté ensuite n’en revenaient pas. Ils m’ont dit que je n’avais plus de diabète, que je n’avais plus besoin de prendre de l’insuline.

    La médecine de Dieu est gratuite, Il ne demande pas d’honoraires. Nous ne Lui donnons pas d’argent. Nous lui offrons nos prières, nos remerciements, et quelquefois la seule chose qui est réellement à nous : notre chair, notre souffrance.

    « Je prédis de nombreuses choses qui finissent par se produire. Dieu va châtier le monde, Il est furieux. Je suis désolé de ce qui doit arriver. Il ne détruira pas le monde entier, mais toutes les créatures vivantes périront, et il faudra peut-être un million d’années avant que la vie réapparaisse. Grand-Mère Terre sera seule. Elle pourra se reposer. Tout cela à cause de la méchanceté de l’Homme Blanc. Vous tomberez, et votre chute sera très dure. Vous pleurerez, vous vous lamenterez. Vous comprendrez que votre punition, pour avoir détruit le monde de Dieu, est inéluctable. N’espérez pas lui échapper Dieu balayera le mal de toute la surface de la Terre. » 

    https://leschroniquesderorschach.blogspot.com/2018/08/les-revelations-dun-chef-lakota.html

  3. Le nucléaire c’est encore mieux qu’un pont en béton puisque les morts sont dispersés dans des décennies de statistiques et que la zone accidentée exige des dépenses immédiates et incommensurables : Encore plus de business !

  4. « L’idée que l’occident serait totalement sorti de la religion au sens général du terme, ça impliquerait que l’occident serait une profondément rationnelle qui échapperait à toutes les croyances qui vont avec les religions. Or de manière évidente c’est faux. Pour la simple raison qu’aujourd’hui on se trouve dans une situation de développement économique qui entre en conflit avec les limites de la biosphère et on continue, pourtant, à se développer exactement comme on le fait depuis le 19ème siècle. Donc là il y a une croyance très très forte, une croyance collective qui définit les politiques publiques, partout sur terre. Cette croyance très forte c’est que le monde physique est infini et qu’on va pouvoir continuer à s’y développer comme on l’a fait sans rencontrer aucun problème. Et à l’évidence, ça, c’est faut, et c’est une croyance. » Stéphane Foucart – auteur de « Des marchés et des dieux »
    Quand l’économie devient religion
    Dieu se cache-t-il dans les marchés ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-a-moudre-dete/emission-du-mercredi-15-aout-2018

  5. Oui parlons des risques du nucléaire, de l’hydraulique, des énergies fossiles (les 400ppm de CO2 dans l’atmosphère aujourd’hui (contre 250ppm et les +4°c au dessus de la moyenne historique jusqu’à l’ère industrielle).. oui allons y! mais pas en virgule d’un article svp ou en commentaire de 3 lignes: du lourd, du sérieux , des statistiques (même dispersée sur des décénnies), des nombres de morts etc etc etc…
    GO!

    1. Non, Arnaud, je ne vais pas faire trois ans d’études pour argumenter que le nucléaire est un pilier du soliton (au rayon « complexité  » a priori)

      Si vous souhaitez croire qu’il n’en est rien, malgré le déluge d’évidences, et ben ainsi soit-il….

      Autre possibilité : j’ai mal compris votre réaction !

      1. La priorité n1 c’est de diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Le nucléaire civil est une source d’energie décarbonnée utile pour permettre une transition dans les 30 prochaines années. avec ses propres risques non négligeables mais gérables. le réchauffement climatique sera infiniment moins gérable.
        Quand vous avez un problème il faut le décomposer et mettre des prios sur chaque sous problème.
        La en pointant le nucléaire d’abord on se trompe de priorité et de combat

      2. Thomas, on est d’accord et on a eu la même démarche et les mêmes réponses de la même personne.
        Les temps tres troublés à venir viendront du réchauffement climatique dans un scénario +3-4-5°C qui signifie une extinction de l’humanité.
        Toutefois je pense qu’on peut encore tenter le coup dans un scénario aussi bas que possible(+2,5°C ?) si on met le paquet dans les 20 prochaines années avec une decarbonation massive. Le nucléaire est alors un des engrenages de la transition vers un energie décarbonée.
        Il n’est pas impossible de décarboner sans nucléaire mais l’effort qui sera consenti (ou qui s’imposera) est beaucoup plus important on peut très bien le faire mais ce sera beaucoup plus dur à mon avis (on ne pourrait par exemple par remplacer rapidement (à demande constante) avec des ENR les 63GW de puissance du parc Nucléaire Français en claquant des doigts, même en consacrant le budget du grand carénage aux ENR).
        L’exemple de l’EnergieWende Allemand d’arrêt du nucléaire est un échec en terme de réduction des émissions de CO2, et de réduction d’utilisation du charbon, malgré des investissement énormes en ENR (Eolien, Solaire considérable), idem avec le gaz de schiste US qui devait servir de pivot à la réduction du charbon US voir Jancovici ou Hansen.
        Je ne suis pas d’accord de tirer sur le Nucléaire avant le problème des GES.
        Pour résumer: on décarbonne d’abord et on dénucléarise ensuite (en gros).

        PS: je ne considère pas le nucléaire comme une energie sans risque, j’ai de la famille à Tokyo depuis 2010, je suis assez vieux pour avoir vu Tchernobyl au 20H de PPDA, et je me suis tapé le rapport parlementaire sur la sureté des installations nucléaires de juin dernier. Le nucléaire a une image beaucoup plus négative que les energies fossiles à cause des accidents dramatiques et spectaculaires « aigus »et du le nucléaire militaire (Nagasaki, Hiroshima, Guerre froide) alors que les morts dus aux énergies fossiles sont « diffus » et sont rarement agrégés (marrées noires, incendies, explosions sur les champs d’extraction et d’exploitation, marées noires, maladies graves et mortalité dus aux émissions gaz et particules fines, intoxication au CO)…

      1. Rien qu’à stoper sans crash, le nucléaire est un casse tête alors parlez pas d’en remettre une couche !

        Salut Olivier !

      2. Ps Arnaud :

        La question qui me préoccupe le plus avec le nucléaire c’est que son simple maintient exige un « high level of service » de beaucoup de choses, alors quid en cas de troubles sociaux graves ?

        J’avais posé cette question à JM Jancovici qui défend le nuke avec peu ou prou vos arguments. Et ce dernier a convenu, que effectivement, le nuke et les temps troublés ne font pas bon ménage.

        Mais vous pariez peut-etre sur une sortie de crises (avec un s) en douceur ?

    2. Justement, le nucléaire qui est déjà difficilement maitrisable à court terme dans des conditions climatiques favorables, ne l’est plus du tout avec le changement climatique déjà engagé. Et par nature le nucléaire concerne le long, le très long terme. Une durée sur laquelle nous n’avons aucune garantie pour la stabilité de sociétés humaines, pour le climat, l’activité sismique, le trajet des fleuves, le niveau des mers… Il n’y a pas pire folie.

      1. 1) que pensez vous des consequences de la politique allemande?
        2) que preconisez vous comme scénario de decarbonation pour diviser nos emission de carbone par 4 en 2050 (çad pour la mobilité, le chauffage) et puisque pour arreter le nucléaire en même temps, par quoi le remplacez vous, selon quel calendrier et à quel cout?

      2. En fait, la question énergétique touche toute les autres. Changer réellement de politique sur ce point, c’est changer de paradigme.

        Mais tant qu’on démarre la réflexion par les questions du type « comment va-t-on régler tel problème  » on reste dans la même logique.

        Pour sortir de là à mon avis, il convient au contraire de définir « pourquoi » nous allons faire ceci ou cela : determiner le projet de société pérenne possible dans le cadre physique où nous sommes. Et les moyens doivent suivre ce cadre.

        Tout le reste revient à « répondre à la demande » ce qui est aujourd’hui sans issus.

      3. Thomas,
        Vous dites « tant qu’on démarre la réflexion par les questions du type « comment va-t-on régler tel problème » on reste dans la même logique. »..; là il y a un truc qui m’échappe dans votre réflexion mais bon..
        Bien entendu que derrière ces questions de decarbonation dans tous les usages et besoins d’énergie de la société il y a la quelle société on veut. Puisque le développement a été consubstantiel d’une croissance mondiale non limitée jusqu’à récemment) basée sur les énergies fossiles pas chère (Charbon, Pétrole, Gaz).
        Par exemple Jancovici résume que ça veut dire revenir à un niveau de PIB des années 60-70 ce qui au moins « pose un cadre ».
        Je suis ok avec cette démarche.
        La ou je trouve une contradiction chez vous c’est de dire qu’il faut dénucléariser MAINTENANT, ce qui est orthogonal avec le fait de vouloir reposer à plat la question de la demande et des besoins energétique, ou pour reprendre votre terme dans quel paradigme on veut vivre en France (le Nucléaire réprésentant 75 de l’électricité et 19% de l’énergie finale donc une clé de voûte de notre société).
        Au delà de cette contradiction il y a aussi la considération chronologique: il faut décarboner MAINTENANT (10-20 ans)

        Je le répete je n’ai rien à priori contre la décarbonation suivie d’une dénucléarisation rapidement derrière, même si ce sera beaucoup plus dur que sans la dénucléarisation.
        Mais en revanche c’est une erreur de vouloir la dénucléarisation seule/ en premier.

      4. Très cher Arnaud,

        Je constate que Thomas a le chic pour s’attirer des gens qui lui disent : « on est d’accord » et qui en fait ne sont pas d’accord du tout ! Je parle d’expérience ! 😉

        Quand vous dites :

        « Bien entendu que derrière ces questions de decarbonation dans tous les usages et besoins d’énergie de la société il y a la quelle société on veut. Puisque le développement a été consubstantiel d’une croissance mondiale non limitée (jusqu’à récemment) basée sur les énergies fossiles pas chères (Charbon, Pétrole, Gaz). Par exemple Jancovici résume que ça veut dire revenir à un niveau de PIB des années 60-70 ce qui au moins « pose un cadre ». Je suis ok avec cette démarche. »

        Quand vous dites ça, vous dites tout. Partez de là et vous verrez que pour arriver à ça, il faut TOUT changer. Pour le moment, les différentes énergies ne font que s’additionner. Bois, charbon, pétrole, nucléaire, hydraulique, éolien, solaire. Regardez les courbes (reproduites maintes fois dans les conférences de Janco) et vous verrez qu’il n’y a jamais de substitution : à chaque nouvelle source d’énergie disponible, nous consommons plus, et plus, et encore plus ! Pour revenir au PIB des années 60, l’effort est énorme, énorme !… et bien peu nombreux sont ceux qui y consentent réellement aujourd’hui.

        Alors, quand vous dites :

        « on ne pourrait par exemple pas remplacer rapidement (à demande constante) avec des ENR les 63GW de puissance du parc Nucléaire Français en claquant des doigts, même en consacrant le budget du grand carénage aux ENR. »

        Mais évidemment ! Tout le monde sait ça ! Votre problème, c’est que vous dites : « à demande constante », dans une parenthèse, comme si ça allait de soi ! Nous ne sommes plus à demande constante, nous sommes en stress énergétique dès à présent et ce n’est pas le « petit » (oui, petit, même en France) nucléaire qui va nous tirer de là – d’autant plus que le nucléaire, c’est aussi une énergie importée. La demande, elle n’est plus constante, dès à présent, elle va diminuant et ce sont les plus pauvres et les plus marginalisés qui en font les frais aujourd’hui. Ceux qui ne savent plus payer une énergie de plus en plus chère, alors on leur coupe le compteur. C’est tellement facile ! C’est vous qui êtes dans la contradiction en disant à la fois « à demande constante » et « revenir au PIB des années 60 ».

        Le changement de société, de paradigme, il doit être total, intégral, radical. C’est ça que (mon petit doigt me dit que) Thomas essaye de vous dire. Mais il fait trop de raccourcis parce que tout ça est tellement évident pour lui… 😉

        Vous avez compris à présent ?

      5. Olivier,
        Relisez mes réponses.
        Le point de départ d’entre elles est une réaction au billet qui en substance dit sur l’énergie qu’il faut supprimer le nucléaire sans parler du reste :la décarbonation, le monde fini, les besoins matériels et énergétiques.
        Je vous ai expliqué ensuite que la dénucléarisation ce n’était pas la priorité car le risque n1 c’est l’extinction de l’humanité avec les émissions de GES dues aux sources d’énergies fossiles. Il reste encore une probabilité d’arriver à négocier un virages moins pire à 2,5°C dans les 20 ans et d’arriver à changer de modèle énergétique et de société.
        Et ça ne passe pas d’abord par l’arrêt du nucléaire mais pas l’arrêt des fossiles.

      6. Eh bien oui…

        J’ai bien compris tout ça, Arnaud, vous savez ! Plus exactement, j’ai bien compris que vous vouliez dire ça. Permettez-moi de ne pas être d’accord… vous me le permettez ?

        Je me range au côté de Jean-Louis quand il dit que le nucléaire, « il n’y a pas pire folie ». Et pourquoi n’y a-t-il pas pire folie ? Parce que, comme le dit Thomas, « son simple maintien exige un « high level of service » de beaucoup de choses, alors quid en cas de troubles sociaux graves ? » Et Jean-Louis ajoute que la question n’est pas uniquement les troubles sociaux, mais aussi « le climat, l’activité sismique, le trajet des fleuves, le niveau des mers… »

        Vous, vous vous focalisez sur le réchauffement. Vous dites : « le risque n°1 c’est l’extinction de l’humanité avec les émissions de GES dues aux sources d’énergies fossiles ». Moi – et je ne suis pas tout seul, apparemment – je vous dis que non, que l’extinction de l’humanité, elle peut venir de bien d’autres manières, et le nucléaire civil en fait partie, qu’il n’y a pas de hiérarchie dans les urgences, que tout est urgent, qu’il faut tout changer. Voilà.

        Do we agree to disagree ?

      7. De toutes façons , nucléaire ou fossile , les consommateurs australiens ont poussé leurs parlementaires à mettre l’accord australien lors de la COP de Paris , au placard , car ils ne supporteraient pas de payer leur énergie plus chère .

        Energie , je te veux abondante , pas chère et tout de suite !

      8. Olivier: oui on n’est pas d’accord.
        Mes arguments n’y font rien, les vôtres non plus.
        Mais au moins on a un peu plus approfondit la discussion que dans le billet initial.
        Bonne continuation.

  6. La nature humaine est elle de chasser du Mamouth? D’être pour l’esclavagisme? De considérer le noirs comme des singes? Les arabes comme des esclavagistes? Les blanc comme électeurs de Trump? Les femmes comme incapables de voter?

    La nature humaine évolue, construisons des structures qui nous élèvent, suscitent nos gènes d’empathie, de bienveillance, d’enthousiasme. Ça ne se passera pas toujours bien, mais les équilibres peuvent être plus solides. Un égoïste peut tuer, ou vouloir être généreux pour se sociabiliser. Le monde avance, faisons que les structures politiques, économiques, et légales fassent que ce soit vers du positif. On en est capable. Du meilleur, comme du pire.

  7. Extraits de https://www.ilfattoquotidiano.it/2018/08/14/ponte-morandi-listituto-di-tecnologia-delle-costruzioni-serve-piano-marshall-per-sostituire-gran-parte-dei-ponti/4559765/

    « La séquence d’effondrements des infrastructures routières italiennes prend, depuis quelques années, un caractère inquiétant et régulier. Ceci est souligné dans une note de l’Institut de technologie du bâtiment (ITC) du CNR. « L’élément commun est l’âge (moyen) des ouvrages : une grande partie de l’infrastructure routière italienne (les ponts routiers) a plus de 50 ans, ce qui correspond à la durée utile des ouvrages en béton armé réalisés avec les technologies disponibles après la seconde guerre mondiale (années 1950 et 1960) », poursuit l’Institut. Dans la pratique, « des dizaines de milliers de ponts en Italie ont maintenant dépassé la durée de vie pour laquelle ils ont été conçus et construits ».

    En ce qui concerne les études de cas, l’institut rappelle qu’en juillet 2014 une travée du viaduc de Petrulla s’est effondrée, sur la route nationale 626 entre Ravanusa et Licata (Agrigente), « se brisant en deux en raison de la crise du système de précontrainte ». En octobre 2016, un viaduc s’est effondré à Annone (Lecco) en raison d’une charge exceptionnelle incompatible avec la résistance de la structure, « qui était cependant très ancienne par rapport à sa capacité initiale ». En mars 2017, un viaduc sur l’autoroute Adriatique s’est effondré, « mais à la suite d’un événement accidentel pendant les travaux d’entretien ». Un mois plus tard, au lieu de cela, une travée du périphérique de Fossano (Cuneo) est tombée, se brisant en deux en l’absence de véhicules en transit et d’une manière très similaire à celle du viaduc de Petrulla. L’effondrement du pont Morandi n’est donc que le dernier d’une série.

    Des dizaines de milliers de ponts à reconstruire? Même si l’article évoque un « plan Marshall », m’est avis qu’il faudra avant cela un bien plus grand nombre d’effondrements spectaculaires…

    1. « Des milliers de ponts à reconstruire ? »
      Sans doute, mais pour quoi faire ? Tous ces ponts, ces routes, ces tunnels, ces aérogares, ces ports…, pour toujours plus de camions, d’avions de bateaux pour toujours plus de commerce international, toujours plus de marchandises inutiles et toujours plus de touristes ? Bref la croissance as usual.
      Sauf que la plupart de nos infrastructures (y compris les centrales nucléaires, les universités, les hôpitaux…) ont été construites pendant les trente glorieuses, ou l’énergie était abondante et pas chère.
      On a changé d’époque, et l’énergie, comme les financements se font rares, et puis ça dégrade le climat et l’environnement.
      Alors, c’est très personnel, mais je vois l’effondrement de ce pont italien (et des autres) comme un signe avant-coureur.
      Une lente descente aux enfers et l’amorce du cycle du deuil de la croissance qu’il faudra bien acter.
      Pas de fuite en avant dans le « high tech », mais un retour à la simplicité, la parcimonie, non pas choisie, mais subie.

  8. « L’homme est un animal qui n’a peur que pour son porte-monnaie, qui n’arrive à conceptualiser que ce qui lui arrive personnellement : l’ultralibéralisme est bien conforme à la nature humaine : court-termiste et égoïste. »

    L’homme a également peur de la mort, et encore plus de celle des êtres/entités auxquels il tient. Il manque aussi un élément dans l’équation : la solidarité due à notre nature sociale. Ce qui ne veut pas dire qu’on soit solidaire envers le monde entier, mais avec au moins un cercle d’humanité, dynamique selon les circonstances et le milieu culture auquel nous appartenons.

    Si l’ultralibéralisme devait être un visage de l’humanité, ce serait un démon. Et il est temps de se débarasser de ce démon qui nous « emmerde » tous. Il est peut-être conforme à notre nature, mais il ne représente pas le volume total. Loin de là.

  9. Certes, mais est-ce si vrai et si rependu cette pratique laxiste ? En fait c’est plutôt le niveau d’organisation de l’Etat et de la gestion des finances publiques que reflètent ces pratiques qui aboutissent à des drames.

    Que je sache, en France, puisqu’il est ici question aussi de nucléaire, il y a deux instances indépendantes pour se prononcer sur la Sureté : l’ASN qui donne un avis après avoir obtenu l’expertise de l’IRSN.
    Dans beaucoup de domaines dans ce pays nous en sommes là, avec des organes de contrôles qui font leur travail. Nous avons effectivement un Etat qui pèse lourd et c’est en grande partie à cause de ce poids financier que nous avons nombre de difficultés à boucler nos budgets annuels contrairement à nos voisins bien moins regardants, le Benelux n’est pas moins laxiste que le Club Med.

    Dans quel état sont les infrastructures Allemandes ? Déplorables parait-il. Même construite de façon plus « kostau » Elles en arrivent aussi à bout de course avec là aussi à supporter des trafics routiers qui étaient à l’origine de la mise en service, bien moindre qu’au niveau d’aujourd’hui. L’Allemagne se flatte du « zéro noir » mais le jour où un pont va céder, la communication sera bien mieux maîtrisée parce qu’ils se garderont de faire de la récupération politique. Elles sont là sont aussi les raisons de la fragilité des infrastructures Italiennes depuis des décennies. Et l’on entend déjà ce qui va se dire durant la campagne des Européennes : c’est Bruxelles qui nous empêche de dépenser de l’argent pour entretenir nos infrastructures.

    En fait la bonne question qui se posera de plus en plus est celle du modèle de fonctionnement structurel de nos économies et, le niveau d’optimisation indispensable technique et financier pour notre mode de vie et notre Sureté.

    1. « un Etat qui pèse lourd et c’est en grande partie à cause de ce poids financier, etc… »
      Faux!
      La fraude -60 à 80 milliards annuels, en France- explique assez la difficulté d’atteindre un budget équilibré.

      Une des multiples conséquences de cette erreur théologique: le gouvernement tente de privatiser le rail français au moment où les Britts ré-nationalise le leur. Les trains sont en retard, l’infrastructure se dégrade et les actionnaires gagnaient pas assez à leur goût.

      1. Sans le moins du monde justifier la fraude, il faut bien constater que partout il faut de l’huile dans les rouages d’une mécanique. En Allemagne pays du « zero noir » la circulation d’argent liquide est bien plus importante qu’en France. Sont-ils plus vertueux ? J’en doute beaucoup et, ce n’est sans doute pas pour rien que le prélèvement à la source existe depuis longtemps. Ils se disent eux aussi qu’ils devraient y regarder de plus près.

        Je maintien que si la France a un gros déficit budgétaire qui d’ailleurs tend à se réduire, c’est d’une part, parce qu’elle a embauché beaucoup de fonctionnaires et que ceux ci sont à cause de toutes sortes de procédure les causes de lourdes dépenses. Notre système étatique est fait pour que chacun se protège avec des normes, des règlements et des circulaires…

        Un exemple : j’ai un jour présenté et suivi une facture dans une administration. 23 personnes ont donné un avis sur le document avant de sortir les sous. Dans le privé, c’est rarement plus de deux ou trois personnes.

      2. « Un exemple : j’ai un jour présenté et suivi une facture dans une administration. 23 personnes ont donné un avis sur le document avant de sortir les sous. Dans le privé, c’est rarement plus de deux ou trois personnes. »

        mais vous êtes encore bien trop généreux, très cher Daniel : il faut remplacer ces 2 ou 3 survivants par un robot et un seul!

      3. Si j’avais été le 23 ème , l’Etat n’aurait rien craché du tout !

        Quelle patience intéressée il doit falloir avoir pour parvenir à compter et repérer tous les maillons de cette chaine . Y en a qui ont du temps à perdre ou n’ont rien à foutre d’autre que de réclamer des remboursements à l’Etat , alors que ce serait si simple de ne rien demandé du tout .

    2. Pour avoir voyagé récemment au Portugal et en Grèce, j’ai pu constater, et j’ai été surpris, que « Bruxelles » finance à tour de bras des autoroutes flambant neuf (et assez chères), des ponts, des tunnels, des panneaux solaires, des éoliennes…, ce qui somme toute est dans la logique de développement du commerce et de la croissance.

      1. Il ne vous aura fallu que 35 ans pour vous apercevoir que le plus gros des grandes infrastructures de Grèce , d’Espagne , du Portugal ( d’autres maintenant , dont la Hongrie ) a été rendu possible grâce aux fonds structurels européens , dont il faut préciser qu’ils ne venaient qu’en appui des fonds « locaux  » ( état , régions, CL ..)..

        La véritable question , qu’il s’agisse des fonds européens ou pas , est de savoir si les fonds publics doivent d’abord servir au fonctionnement ou à l’investissement ou à des subventions à des actions plus qualitatives et « innovatrices » .

        Il fut un temps où l’Etat français avait les moyens , et un niveau d’ambition suffisamment raisonnable , pour financer l’ensemble de la panoplie . Les moyens (rentrées ) n’étant pas extensibles autant que les ambitions et appétits des français, on a vu se creuser la dette d’abord ( piège infernal s’auto-alimentant ) , puis le recours à l’abandon partiel puis total ou presque de l’investissement ,pour soulager Bercy en sous traitant l’investissement aux CL et au privé via des montages de plus en plus foireux style concessions , PPP , privatisations pures et simples , vente des bijoux de famille ….

        L’enjeu « pari sur l’avenir » au travers du montant et du type d’utilisation des fonds européens , serait d’ailleurs un élément de signification politique majeure pour les prochaines européennes , dont tous les états membres feraient bien de s’inspirer pour remettre de l’ordre dans leurs finances , priorités et modes d’agir .

        Si tout le toutim était globalement cohérent et non mégalo , personne n’aurait perdu son temps .

  10. Article très judicieux qui pose un problème du cycle de vie des ouvrages et infrastructures en général, et du coût global sur longue durée. Au problème de la tenue et de la résistance technique dans le temps, s’ajoute celui de l’évolution des besoins, usages, normes fonctionnelles, de sécurité ou environnementales….et l’obsolescence qui en découle. Le court termisme, que ce soit des politiques ou des agents economiques est un facteur d’aggravation. En France, avec le nucléaire (que nous exportons), on y est en plein….

  11. Je n’ai pas compris si le fond du billet souhaitait parler de génie civil ( là je me sens compétent ) , de nucléaire ( sensiblement moins), de maîtrise publique ou privée ( à peu près) où faire une extrapolation politique des forces et grandes faiblesses de l’ultralibéralisme ( comme tout le monde ).

    Mais le libéralisme italien en matière d’infrastructures n’est pas une révélation soudaine , et je ne manque pas de soiuvenirs ( en particulier lors de la comission internatioanle après l’incendie du tunnel sous le mont blanc , de cette étrangeté .

    Dès lors en faire le point générateur d’une évidente et soudaine démonstration de la dangerosité du libéralisme , alors que depuis 40 ans la France n’a de cesse que de tout privatiser dans l’indifférence citoyenne la plus idéalement consommatrice qui soit , ça me fait un peu sourire ….jaune .

    1. Il me semble qu’il y a une différence assez nette entre l’Italie et la France. Pour la résumer (brutalement) je dirais que quand un pont est construit, sur une petite route locale comme sur une autoroute, l’attitude traditionnelle des français est de s’attendre à ce que le pont soit solide et soit entretenu. En Italie, où des scandales de toutes sortes éclatent en permanence, ça m’a l’air d’être beaucoup moins le cas.

      La dénonciation par le M5s du projet de remplacer le pont avant qu’il ne s’effondre comme étant un projet inutile (à mettre dans le même sac que le tunnel ferroviaire entre l’Italie et la France, le pont entre la Sicile et la péninsule et beaucoup d’autres projets grands ou petits) n’est qu’un exemple d’une attitude qui n’est pas qu’un simple calcul électoral.

      Il aurait pourtant suffi à ce mouvement de se renseigner auprès de ceux qui travaillaient dans les entreprises situées sous le pont en question qui étaient protégés des débris tombant habituellement du pont par des filets ou des grillages.

      55% des électeurs italiens se sont déplacés et ont voté contre l’utilisation de l’énergie nucléaire et l’obligation de confier à des entreprises privées la gestion des services municipaux. Par sur qu’un référendum sur les mêmes sujets en France donnerait des résultats allant dans le même sens.

  12. Je pense que la politique en faveur du « grand capital », défenue par Merkel (austérité imposée à l’Europe), ainsi que la délirante tentative de savauer l’euro (BCE, Draghi et compagnie) n’est pas innocente à cette tragédie. On manque de moyens partout, que ce soit l’infrastructure, l’éducation, la santé ou même l’armée.

  13. Dans le Handelsblatt ce matin :
    La question la plus fréquemment posée [en Allemagne] de nos jours est la suivante : Quelle est la qualité des ponts en Allemagne ? Un désastre comme celui de Gênes pourrait-il se produire ici ? La réponse est que la maintenance n’a pas été faite depuis des années, que les investissements publics ont été abandonnés et que le trafic de camions ne cesse d’augmenter. L’Institut fédéral de recherche sur les autoroutes estime aujourd’hui que presque un pont autoroutier sur deux est « suffisant » ou pire. Les deux tiers des 40 000 ponts importants ont plus de 30 ans. Ils datent d’une époque où Peter Maffay a eu ses meilleurs jours. Devant la pression du problème, on a tendance à chanter avec lui : « Il faut passer sept ponts / survivre sept années sombres ».

    Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator

    1. En Allemagne , comme en Italie et comme en France , les ponts sont répertoriés qui par l’Etat , qui par les départements ou équivalents , qui par les communes ( pas toujours dans ce derniers cas ) .

      En France le modèle de suivi- surveillance établi par l’état depuis presque toujours , a été peu ou prou adopté par les départements en même temps qu’ils ont d’ailleurs souvent récupéré avec précaution les ingénieurs de l’Etat qui travaillaient dans les CDOA ( cellule départementale ouvrages d’art ), en même temps que les fichiers desdits ouvrages d’art , dans le cadre de la décentralisation . Pas partout , certains PCG devenus PCD plus idéologiquement « libéraux » ont préféré en profiter pour donner du boulot à des bureaux d’études privés plus … » généreux » . Mais très peu ont pris ce risque de se voir coller des morts sur les bras en jouant ce jeu là .

      Dans notre méthodologie tous les ouvrages sont répertoriés , de la buse de 1 mètre d’ouverture au viaduc de trois kilomètres de long , quelque soit sa nature et structure ( passage inférieur , supérieur , béton , maçonnerie , métallique , béton armé , précontraint , ossature mixte, buse armco …) , et on enregistre autant sont « état physique « , la nature des désordres , la date de visite , qui a visité, les caractéristiques géométriques . Selon la nature et l’importance de l’ouvrage , la nature des évolutions notées , la périodicité des visites est annuelle , trisannuelle ou quinquennale . Une note finale est attribuée à chaque ouvrage en fonction des constats selon une grille standard de mesure de risque ;

      Il est donc normal de trouver un pourcentage d’ouvrages classés à risque plus ou moins sévères , le plus élevé étant fermeture immédiate ( ça m’est arrivé trois fois dans ma carrière ). Le plus dur dans ces cas là , c’est d’avoir le cran de prendre la décision sans attendre l’incident ( on était fondé à le faire ) et de se farcir l’annonce de la bonne nouvelle au préfet et aux élus concernés ( les plus chiants étant souvent les sénateurs ). Il faut alors ne pas craindre de se faire traiter d’incompétent qui ne se rend pas compte de l’impact économique de sa « légèreté » , ou d’entendre qu’un autre que ce parasite de fonctionnaire saurait trouver la bonne parade en moins de 24 heures , là où l’on sait de son côté qu’on est parti pour au moins deux mois , en priant pour que le TPG accepte une procédure d’appel d’offres en urgence à défaut de marché de gré à gré ( cas vécu ) .

      Je dois reconnaitre cependant que les trois fois où ça m’est arrivé , après huit jours de conflits avec les élus , l’appui des préfets m’a valu de survivre , et que ces mêmes élus , une fois les yeux en face des trous , ont su reconnaître notre travail ( et même nous offrir le restau aux frais des contribuables , pour fêter les réouvertures .)

      PS : j’ai cité les CDOA . C’est le responsable local d’une telle cellule dont j’ai déjà une fois pu raconter , qu’il faisait partie de la vingtaine d’individus qui , en France , était capable de faire un diagnostic sur la pathologie d’un ouvrage , avec une expertise rare et une sureté de jugement sans faille . Capable de tenir tête aux experts techniques et juridiques ( les plus vicieux ) de Bouygues à l’époque . Payé l’équivalent de moins de 3000 euros /mois . Campenon l’avait approché pour 2,5 fois plus . Il a préféré resté ingénieur de l’Etat, auquel il a fait faire des centaines de millions d’économie par ses qualités . Il est parti à la retraite sans regrets ,….mais sans une once de reconnaissance , autre que lire dans la presse que les fonctionnaires sont des parasites . Mais heureux de sa vie .
      Moi aussi .

      1. Pour info , le même type de démarche est faite s’agissant des chaussées avec leurs accessoires . Sur mes dernières années de vie de travail , on était surtout pris à la gorge pour l’ entretien des routes nationales dont la noté moyenne filait inexorablement vers le rouge , sans que nos alertes soient suivi d’un quelconque écho financier . Le challenge était alors le maintien des caractéristiques minimales de sécurité , avec abandon de toute idée de maintien ou amélioration de confort .

        Ça commençait à prendre la même direction pour les ouvrages d’art , mais je dois reconnaitre que , au moins pour les régions réputées avoir des ouvrages spectaculaires ou importants dont j’étais , on arrivait encore à décroché quelques crédits parisiens pour intervenir . Le plus souvent au détriment de la dotation « chaussées » courante des départements ayant des élus moins bruyants et des automobilistes moins difficiles . Bercy , ça rigole pas .

      2. « (…) les plus chiants étant souvent les sénateurs  »

        On notera que si les sénateurs et autre élus en colère mentionnés, ne s’intéressaient pas tellement de répondre à la question « pourquoi le trafic augmente-t-il autant ? », ils s’empressaient par contre de se faire les « porte-voix » des entreprises qui faisaient pression sur eux.

        C’est bien la même chose, qui a dû se produire à Gênes : il n’était pas question d’interrompre la circulation sur ce pont , car manifestement de gros intérêts étaient en jeu (4000 camions par jour). Dès lors, en vertu du principe qui dit qu’il y a peu de différence entre ce qu’on espère (principe du père Noël, P 60 de « a quoi bon penser (…) » de Paul Jorion) et ce qu’on pense, les élus et les autres parties se sont mis à croire que l’on pouvait indéfiniment réparer ce pont.

        Ce qui peut se résumer ainsi : défaut d’analyse, et manque de lucidité.

        Une posture qui peut en effet inquiéter , si elle devait s’étendre au domaine du nucléaire… mais dans le nucléaire, comme pour ce pont, la question à laquelle nous devrions d’abord répondre est celle-ci : « pourquoi notre consommation d’électricité devrait-elle toujours augmenter ? »

        Merci Juan, d’avoir relaté cette expérience de terrain, très intéressante. Ça aide à voir comment ça se passe…

      3. Pour être complet et honnête , je précise que les maires concernés , à de notables et admirables exceptions près , n’étaient pas les moins virulents ( ce qui peut s’excuser car ils ont leurs électeurs consommateurs sur le dos en direct) . L’ennui avec les sénateurs , c’est qu’un préfet n’a pas intérêt à trop les prendre à rebrousse poil .

        Ce qui donne le niveau de vertu ( bon sens ) qu’il a fallu à certains pour ne pas me lâcher , et laisser passer la première tempête .

    2. En ce qui concerne l’Allemagne, il n’y a pas que les problèmes des « départementales », des ponts,…. il y a même un délabrement au niveau des écoles et d’autres établissements. Depuis les années 70, les investissements sont en net recul en Allemagne, par contre on investit beaucoup à l’étranger – vive la mondialisation économique. Autrement dit l’Allemagne se fait « vampiriser » au profit des global players – qui s’en mettent plein les poches. Avec la complicité du gouvernement Merkel.

  14. Chères toutes, cher tous,

    Les ponts.
    Les centrales nucléaire.
    Et les barrages.
    Notre centrale à béton locale est connue pour diminuer les % de ciment et additif pour gagner quelques euro.
    Dans un post sur un autre sujet je parlais du cancer du béton.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Cancer_du_b%C3%A9ton
    L’effondrement du Pont est une belle métaphore de l’effondrement actuel.
    De même la blague du tradeur qui tombe du haut des World Trade Center et a qui on demande étage après étage si tout va bien et qui répond pour l’instant tout va bien.
    Alors toute ressemblance avec l’époque actuelle relève de la science fiction.
    Mes pensées pour toutes les victimes d’ici et d’ailleurs de notre ubris.
    Avec toute ma tendresse. QuelartPierre.
    Pour anticiper sur votre quotidien faites un voyage en Grèce avec Panogiotis Grigoriou site
    http://www.greekcrisis.fr/s noté par Paul Jorion dans son site tout en bas blogroll et vous verrez la décomposition en marche de toute une société. Et au milieu ne coule pas une rivière mais la misère et la résignation.

  15. Chères toutes, cher tous,

    J’oubliais la charge symbolique du pont et que dire de la charge symbolique du pont qui s’effondre.
    La chose qui relie se casse la gueule. C’est pas bon dans nos représentations.
    De plus comme me souffle ma chérie dans tous les films catastrophes où presque il y a des ponts qui s’effondrent.
    Alors quand le réel renforce un imaginaire construit, eh bien cela fait de l’audience sur BFMTV.
    Dans l’imaginaire construit (très Lacanien pour le coup) il y a aussi l’aspect immuable, éternel, incassable de l’ouvrage.
    Quand on dit dans notre langage courant que « c’est du béton » c’est bien pour dire que c’est solide et c’est pas qu’un euphémisme.
    Alors un ouvrage d’art (qui plus est) en béton armé qui s’écroule !!! .
    Le pont convoque bien plus que notre émotion et nos représentations, nos peurs archaïques ressurgissent, ce sur quoi nous pensions nous prémunir n’est pas aussi sur que l’on veut bien nous le dire et tout cela fait la lie de toutes les supputations. La rationalité ne répondra pas à cette pas part enfoui en chacun de nous. Dans les décombres de notre inconscient, un faille vient de s’ouvrir. Un réponse adaptée naîtra telle le phénix de ses cendres ? Je l’espère, c’est l’objet de la tragédie dite Grecque offerte au dieux comme aux hommes : faire sens.
    Avec toute ma tendresse, Quel art Pierre

    1. Si ce pont là avait été entièrement en béton armé , il serait encore là .

      Mais il aurait été beaucoup moins beau ( tant qu’il était debout ) .

    2. Quel art Pierre
      « en béton armé qui s’écroule »
      le mieux est de consulter https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9ton en commençant par le chapitre Histoire, il nous ait rappelé que le ciment des Romains tint jusqu’à nos jours, pas du tout le cas du béton armé relativement récent 1 siècle, la maçonnerie tenant les pierres des Romains agrégé par leur ciment tenait bien plus longtemps, relativement, et sans doute coutait moins cher à l’entretien : c’était un travail sans doute de spécialistes mais pris sur place, des paysans tous d’origine ! les paysans sachant pour leur survie tout faire.

      mais maintenant, dans nos « temps modernes », en aval des tas de bureaux, spécialistes refermés sur eux les « sachants » méprisant les paysans, il ne faut jamais qu’un siècle pour voir que leur truc moderne ne tiennent pas sur la longueur
      et c’est d’autant plus difficile pour moi vu que mon père était ingénieur en béton de toutes sortes, et que durant mon enfance j’avais devant les yeux sans cesse les admirables œuvres de mon père : ponts, silos, piscines, marchés couverts, etc. et je ne vous ferai pas un cours sur Freud !
      d’origine de plus de ces fameux paysans les « non-sachant » d’après la modernité, pas d’après notre culture familiale où il resta l’admiration des paysans.

      1. @Annie :

        Freud ou pas , votre père a loupé l’éducation de sa fille en matière de béton et béton armé !

        Les seules constructions paysannes qui soient vraiment de qualité sont les constructions en pierres plus ou moins taillées des maçons de la Creuse .

        Pour le reste , si elles sont quelquefois encore là ( par définition on ne voit plus toutes celles qui sont tombées plus ou moins naturellement en ruines) cela tient plus souvent au caractère largement très surabondant des bons matériaux utilisés ( effet d’aubaine local) qu’à la science et à l’intelligence . Jamais un paysan n’aurait construit un aqueduc romain et je ne vous raconte pas le nombre de ces « extraordinaires » murs de soutènement en pierres cévenols qui se sont cassés la gueule .

        Précision : j’aime les paysans pour tout un tas de raisons , mais pas pour leurs qualités de bâtisseurs .

      2. @juannessy
        j’en veux encore à mon père (et ma mère) que m’avoir élevé selon la « bonne » tradition en fille : incapable par nature « de toutes façons les femmes sont incapables parce qu’elles sont malades chaque mois ». dans le texte.

        En Dordogne (comme en Creuse : les Creusois construisirent Paris, ce n’est pas rien) des murs un peu comme on voit en Chine et Vietnam pour les rizières, qui là sont entretenus. En effet ils s’écroulaient il fallait les remonter, ils sont encore remontés par les Parisiens qui ont investi les lieux. (Je suis rarement objective concernant les paysans faut dire).

  16. Jolie et émouvant plaidoyer pour « une certaine conception du service publique » avec un sens du devoir et de l’intérêt général. Peut-être connaissez vous la suite de l’histoire : privatisations toutes. Pour les autoroutes, cela se passa il y a plus de 10 ans, et changea au sein des dites-structures et de leurs responsables, cette « culture », avec à la place celle de la recherche, disons, de l’efficience économique (et les ingénieurs relégués au second plan), pour une logique contractuelle (financière et juridique ) mise en avant (« si ce n’est pas prévu dans le contrat de concession, on ne fait pas, et on négocie avec le concédant »(avec le rapport de force qu’on connait)). Tiens, ça tombe bien, le viaduc autoroutier Morandi appartient à la concession autoroutière de la société Autostrade : à suivre comment vont se traduire les responsabilités (pénales) compte tenu des morts, et qui doit aller logiquement en prison…..(en principe cela devrait monter jusqu’au niveau du PDG). ..A suivre donc.

    1. Ça n’est pas  » la suite de l’histoire » . En fait la vraie privatisation des infrastructures publiques ( dont routières), a réellement commencé il y a plus de soixante ans par le système de concessions à des SEM au départ , et précisément pour construire et entretenir un réseau autoroutier que l’état n’avait déjà pas les moyens de financer sauf à faire participer les Collectivités locales et en se contentant d’apporter au pot l’équivalent de ….la TVA sur le coût des travaux . En 2005/2006 Bercy ( ou l’ultralibéralisme diront certains ) réclame des rentrées pour l’état qui brade ses parts dans les SEM en en privatisant la plus grosse partie .

      Aujourd’hui plus des trois quarts du réseau de statut autoroutier est privatisé . La durée des concessions souvent « dépassée » dans les faits quand l’échéance arrive .

      Les plus violents des « citoyens » aspirent uniquement à une baisse des tarifs . ( Hi , Hi , Hi !…)

      Trop tard !

      Il faut rembourser la dette on vous dit à vous tous qui ne voulez que jouir plus haut que vos moyens !

    2. Si un PDG italien ( je ne sais pas si c’est le cas ) , se fait condamner par la justice , c’est à ne plus rien comprendre à la botte berlusconienne !

      Mama mia ,il est fou cet Emmanuel !

      1. Mon cher Juan, merci pour tous vos témoignages. Le risque de retourner les pierres du passé c’est le soupir dangereux « avant, c’était mieux ». Sans aller jusque là, l’involution est nettement marquée.
        Encore merci de vos textes factuels et précis autant que possible. Ça change des déclarations généreuses autant que creuses.

        P.S.: N’avez vous pas oublié en chemin un « mort à la bagnole »? Dans le doute quant à la bonne fréquence de votre mot d’ordre, trop est préférable à pas assez, je crois. Faites moi plaisir, ajoutez-y les semi-remorques qui transportent des denrées aussi précieuse que de la « terre végétale », nombreux par ici.

      2. Petit coup d’oeil sur Wikipedia: Autostrade est filiale du groupe Atlantia qui a racheté en mars dernier le groupe Sanef (réseau autoroutier du Nord et l’Est de la France) via le rachat d’Abertis, et postule pour acheter ADP….(ainsi que, plus proche de nous, gestionnaire de la partie italienne du tunnel du Mont Blanc). Ce groupe est détenu à 30% par la famille Benetton. Le titre a chuté de 22 % depuis la catastrophe. Son PDG est monsieur Giovanni Castellucci (il a certainement du souci à se faire – la case prison fait partie du jeu de Monopoly). Monsieur Giuseppe Conte a annoncé que la concession accordée jusqu’en 2038 à Autostrade serait immédiatement révoquée.
        Mamma mia ! (En effet)

      3. @Emmannuel :

        ceci étant , comme il y a des morts  » internationaux » , côté justice ça peut être intéressant à suivre . Les avocats vont se régaler .

        @Daniel :

        Bagnole est un terme générique où j’englobe de la pétrolette jusqu’à à l’attelage routier de 18,75 mètres .

        Mort à la bagnole !

        Longue vie à Daniel et aux kurdes !

  17. Le progrès technologique, est ambivalent. D’un côté il nous procure des commodités, de l’autre il crée de nouveaux problèmes.
    Toute la question, est de savoir quel niveau de risque nous sommes prêts à accepter.
    L’automobile tue ou handicape des milliers de personnes de par le monde chaque année, mais nous continuons à utiliser ce moyen de transport. Le nucléaire nous fournit de l’énergie à faible bilan carbone, mais en cas d’accident les conséquences sont épouvantables pour les zones affectées.
    Tout progrès technologique amène avec lui de nouveaux risques, et de nouvelles catastrophes en puissance.
    Nous sommes une civilisation qui a comme religion le progrès technologique. Les croyants de cette religion que nous sommes, acceptent que tel le Dieu Moloch, l’on doive lui sacrifier chaque année un nombre de vies innombrables.
    Ceci dit les choix économiques que nous faisons peuvent aller dans le sens de minimiser les risques, ou dans celui de les augmenter. Le type d’économie dite ultralibérale qui domine aujourd’hui, favorise le retour sur investissement à court terme et surtout la spéculation hors-sol. Ceci au détriment, de la qualité et de l’entretien des infrastructures qui servent de socle à nos modes de vie, rendant ainsi les accidents graves d’autant plus probables. Pour les investisseurs privés, il n’est pas rentable d’investir dans les infrastructures. La privatisation du rail britannique et les accidents graves qui ont ont suivi est emblématique de cela. Une autre façon de d’augmenter le risque est de soumettre des entreprises publiques à des cures d’austérité, ou à des choix stratégiques qui provoquent un désinvestissement dans le maintien des infrastructures existantes. C’est ce qui s’est passé avec la SNCF en France, et le choix du tout TGV.

  18. l’avilissement de l’homme par l’argent devenu « maître absolu » est une conséquence des diverses « fabrications du consentement ». Nous sommes donc aliénés et endoctrinés. L’homme « moderne » est coincé dans ce système pervers. Mais la véritable nature de l’humain est tout autre, nous nous sommes perdus en chemin…

  19. Cet effondrement a une forte charge symbolique, des causes évidemment liées au capitalisme débridé et des conséquences économiques durables sur l’activité du port de Gênes et de toute la Ligurie. Avec le nouveau gouvernement italien on va droit à l’Italexit et de ce fait n’irait on pas à la crise financière et bancaire de l’europe, et domino suivant – le grand collapse ? Juste pour l’anniversaire des 10 ans de la crise de 2008
    Je le sens bien cet effet domino. Et vous ?

    1. @JPL
      Si bien que je ne sais plus distinguer entre « j’ai envie que » et « ils vont sortir » !
      ce serait le meilleur service à nous rendre en Europe.

      PCQ les soit-disant dettes, vous n’avez pas perdu le nord, elles nous viennent de la crise de 2007 et notre refinancement des banques. Alors Basta !

      certes qui va payer cette fois ? les petits encore une fois ? sortez vos économies des banques et mettez les dans votre bas de laine ! sous le matelas !

      1. L’Histoire de notre dette , même s’il est clair que 200_ est un sale coup , est plus compliquée que ça .

        Et à la fois plus simple quand une bonne guerre efface le tableau . En voilà un à prendre avec précaution mais qui remet en perspective :

        http://france-inflation.com/dette_publique_france_depuis_1800.php

        On notera cependant , avec une signification politique et sociétale évidente , que depuis 40 ans c’est la dette des pays développés qui est devenue rouge ou noire , alors que celle des pays « émergents » est ( ou était encore il y a dix ans , faut voir après la cata de 2008 ) raisonnable et maîtrisée .

        http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/dessous-chiffres/2016/10/02/29006-20161002ARTFIG00074-la-carte-du-monde-de-la-dette-40-ans-d-evolution-en-30-secondes.php

  20. Un point rarement évoqué , me semble-t-il:
    L’ahurissante production d’infrastructures et immeubles en tous genres à travers le monde depuis quelques décennies.
    A-t-on une idée de la quantité de ressources naturelles et d’énergie qu’il a fallu consommé pour leur production !
    Le fait divers du pont de Gênes montre à l’évidence que ces édifices ont en réalité une durée de vie assez courte et qu’il faut de l’énergie ,beaucoup d’énergie pour leur maintenance et encore plus pour leur remplacement.
    Auront nous assez d’énergie pour cela et de finances ?
    J’en doute fortement pour ces deux points !
    D’ailleurs cette profusion souvent délirante de ces ouvrages n’a-t-elle pas été financée par de la dette donc reste encore en partie à payer!
    Qui peut m’éclairer sur ces points?
    Merci d’avance

    1. Effectivement la maladie du béton – la « RAG » – transforme ce qui nous parait solide en constructions éphémères faite de mille-feuilles en silicate. Un espoir pour les côtes bétonnés ? La Costa del Sol et ses merveilleuses plages de sable gris 🙂 dans cinquante ans peut-être, mais pour ce qui est des centrales nucléaires et pire des centres de stockage qui doivent résister des centaines de milliers d’années que penser !!!

    2. Je ne vois pas bien pourquoi vous vous posez des questions auxquelles personne n’a de réponses .

      S’il y en a de partielles et conjecturelles , elles ne valent que par la nature , le statut ( public , privé) , la politique financière du moment du maître d’ouvrage , la possibilité de faire « rentrer de la monnaie » par l’exploitation de l’ouvrage ou pas (péage ou droits d’accès ) …

      Par contre , le plus souvent , les ouvrages modernes , à performances et fonctionnalités équivalentes , sont globalement moins énergivores et consommateurs de ressources que les anciens .

      La bonne question ( comme dans le commentaire que j’ai pu faire s’agissant de recyclage de granulats dans les bétons ou enrobés ) , n’est pas dans la technique , qui évolue constamment dans un sens plus « économe » mais dans la multiplication d’ouvrages et dans les prises de risques inutiles qu’il peut y avoir à vouloir faire toujours plus haut , plus audacieux, plus « beau » .Le pillage des ressources est à chercher beaucoup plus dans le nombre d’ouvrages que dans la « technique » des ouvrages .

      Nos ambitions sont plus malades que nos réalisations intrinsèques .

      Un architecte , un maitre d’ouvrage donneur d’ordre deviennent toujours dangereux quand ils deviennent mégalos pour répondre ou pas à une commande (ou pas ).La commande de qui ?…

    3. La dette provient de ce qu’on veut utiliser ce qui est construit (un pont ou des habitations) avant d’avoir accumulé tout l’argent nécessaire pour la construction.

      Dans le village où j’habite on procédait de la manière suivante: on ramenait au village les pierres qu’il avait fallu retirer des champs pour les cultiver, on allait prendre le sable dans la rivière et le bois dans la forêt; Il fallait acheter la chaux, le plâtre et les tuiles mais ces matériaux étaient eux aussi produits localement.

      L’énergie nécessaire provenait essentiellement de ce que mangeaient les bâtisseurs ou les animaux de trait pour les transports et du bois pour les fours pour la chaux, le plâtre et les tuiles (si on va jusqu’au bout de la chaîne on trouve l’énergie du soleil qui permet aux plantes de pousser!)

      Comme on réunissait les matériaux de construction petit à petit avant de commencer à construire et qu’on construisait par ajouts et transformations successives il n’était pas nécessaire d’accumuler beaucoup d’argent à l’avance.

      La nécessité d’entretenir les bâtiments pour éviter qu’ils tombent en ruine était facile à constater.

      Il est clair qu’avec une telle organisation:
      – on traversait beaucoup plus souvent les rivières à guet ou en barque qu’en empruntant un pont et les voies laissées par les romains servaient encore un grand nombre de siècles après qu’ils les aient construites.
      – une forte augmentation de la population dans un lieu donné était difficilement envisageable.

      1. Merci pour votre réponse:
        Etant moi-même originaire d’un village de montagne vivant en autarcie quasi totale jusqu’à la 2nde guerre je retrouve exactement le même cadre d’existence.

        Je voulais prioritairement exprimer l’impasse énergétique qui arrive et en particulier pour la maintenance des infrastructures et immeubles en tous genres (ponts , routes, barrages, habitations…)
        Ce point est particulièrement crucial même dans les pays dits « avancés » (USA ,Allemagne..)

        PS/je serais curieux de connaître le coût énergétique de maintenance d’un immeuble type gratte-ciel par rapport à une habitation classique et par utilisateur.

      2. Si vous saviez le nombre de ponts romains qui se sont écroulés depuis Jules César !

        Par contre , c’est vrai que nos ancêtres gaulois qui ne construisaient qu’en bois ( évidemment peu durable ) , ont été vachement épatés quand les romains ont ramené leurs ponts en maçonnerie . Au point qu’ils ont souvent baptisé leurs villages en référence à ces curiosités . Ainsi le village de Pontempeyrat en Haute Loire , signifie
         » pont en pierre » depuis que les romains y avaient construit un pont qui estomaquait les celtes du secteur .

      3. L’histoire des châteaux, des églises et des ponts (souvent proches de la limite de ce qu’on était capable de faire quand ils ne s’écroulaient pas avant d’être terminés) est plutôt bien documentée.

        Il semble que quand ils n’étaient pas détruits lors de tremblements de terre ou ou emportés lors de crues ils s’effondraient le plus souvent parce que des guerres, des famines ou des épidémies faisaient qu’ils n’étaient plus entretenus.

        De même que pour le nucléaire et les barrages, ces constructions peuvent être considérées comme un pari sur la capacité des générations futures de les entretenir ou de s’en débarrasser sans qu’ils causent de désastres. Pour une espèce qui considère la mort comme une regrettable anomalie c’est pas facile!

    4. @philou :

      Le débat sur l’exploitation et l’entretien des infrastructures en particulier de génie civil ( ponts , routes , murs de soutènement , bâtiments ) est par contre un vrai débat qui devra avoir lieu ,si l’on veut corriger les délires quantitatifs des constructions réalisées sans mesure .

      De ce point de vue l’attitude des différents pays n’a pas été partout la même . On a ainsi souvent opposé une conception US de l’approche économique de telles constructions , à celle plus  » continentale » ( et en particulier française , vieux réflexe paysan) :

      dans le cas US , on construit pour un temps court avec l’idée que de toutes façons , l’équipement sera vite obsolète , et qu’il vaut mieux démolir et reconstruire ;

      dans l’autre cas , on construit pour plus longtemps des structures choisies en fonction de leur facilité et coût d’entretien ultérieur .

      Cet atavisme franchouillard a été assez sensiblement battu en brèche ces 40 dernières années .

      Aujourd’hui , il est clair que personne n’aura plus les moyens d’entretenir correctement et avec garantie de sécurité l’ensemble de son patrimoine , tout en construisant en neuf les équipements les plus stratégiques pour rester vivant.

      Il va donc falloir choisir ce que l’on conserve , et ce que l’on abandonne en le recyclant esthétiquement si possible . La moindre difficulté ne sera pas , pour opérer cette « retraite-reconversion » en bon ordre de le faire en harmonie entre une multitude d’acteurs ( état , CL , intérêts privés….) pour que le résultat soit cohérent , équitable et démocratique, et si possible agréable . J’imagine mal que cela soit possible sans un chef d’orchestre qui soit une puissance publique de niveau au moins national .

      On pourrait appeler ça une politique de « ré-aménagement du territoire « , avec toutes les implications écologiques , économiques , sociétales que ça implique .

      Vaste programme dirait un général qui savait ce qu’était la programmation en politique d’aménagement du territoire ;

  21. Chère toutes, cher tous,

    Merci pour tous ces commentaires.
    Au conseil général j’étais du coté du social, donc pas expert du tout sur les bâtiments et les routes 2 poste du budget du dorénavant conseil départemental.
    Juan Nessy que pourriez vous nous dire sur les barrages. J’avais été très impressionné par le déversoir du barrage d’Orroville en Californie en 2017 qui menaçait de rompre.
    http://www.leparisien.fr/environnement/nature/etats-unis-un-barrage-menace-de-rompre-pres-de-200-000-personnes-evacuees-13-02-2017-6677121.php
    Les élus municipaux et les services de l’état n’ont pas lésiné sur le Lac de pont ils ont pris des mesures de précaution lire ci-dessous une partie de l’article de wikipédia.
    Ces mesures seront elles la règle ?
    Si oui combien d’énergie pour maintenir le service sans rupture de normalité ?
    Prix en euro ?
    Prix en énergie ?
    Sommes nous prêts collectivement à des rupture de normalité quand l’eau, électricité, les énergies, la téléphonie nous semble aller de soi ?
    De quelle manière nous comporterons nous quand comme au Cap il a fallu rationner l’eau et que certains ne jouaient pas le jeu ?
    Les signaux faibles dés évènements récents augmentent les rupture de normalité, que dire de tous ces gens dans les micro trottoirs sur les chaines de TV d’indigné de ne plus avoir de électricité du téléphone ou autre service ?
    Mais que font les fonctionnaires; les élus, j’ai payé quoi alors je veux n’est il pas !!!
    Allez a plus tard sur la question de la rupture de normalité (mon pont qui s’effondre), avec toute ma tendresse, Quel art Pierre.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_de_Pont
    Inondations 2013, baisse de niveau 2014 et travaux de réfection 2015

    Les pluies diluviennes de 2013, en particulier en mai 2013, avaient fait naitre des inquiétudes concernant une possible inondation de la partie basse de la ville de Semur en Auxois, située en aval du barrage. « Début mai 2013, l’eau monte, monte… les vannes de sécurité sont ouvertes au maximum. Par le barrage va passer trois fois le volume de la retenue : 15 millions de m3 , 90m3/s au pire de la crue. Semur, à trois kilomètres de là, a les pieds dans l’eau. Une partie de la population de Pont-et-Massène, mais aussi celle vivant dans les faubourgs du bas de Semur, est évacuée ».5

    En 2014, le lac de Pont est fermé à la baignade durant tout l’été par arrêté municipal du maire de Pont-et-Massène, Jean-Luc Michel, du fait de l’abaissement du niveau du lac à un niveau de 16.40 m fin juillet 2014, très inférieur à la cote permettant d’utiliser en toute sécurité les installations de baignade pourtant récemment refaites. Les bords du lac étant abrupts, une fois l’eau s’étant retirée, elle a révélé des parois glissantes et pentues. Cette mesure avait déjà été prise en 2012 quand le niveau était descendu à 18.85 m.

    Les spécialistes expliquent la baisse du niveau par le déficit de pluie du printemps-été 2014 et par une gestion de la réserve d’eau donnant la priorité au canal de Bourgogne dans le but de maintenir le niveau d’étiage du canal pour la plaisance fluviale. On doit voir ici aussi l’impact du changement climatique qui modifie le régime pluvial de la région. Certains évoquent également des pertes d’eau plus importantes du canal de Bourgogne, par suite des consommations d’éclusées et du manque d’étanchéité des berges consécutives à leur vieillissement et à leur entretien insuffisant.

    Pour faire face à ces inquiétudes, tant sur la sécurité que sur la baisse du volume utile, l’établissement gestionnaire du lac, les Voies navigables de France, a prévu d’importants travaux de modernisation et de sécurisation du barrage en 2015 évalués à 14.5 millions d’euros (estimation 2014), soit l’équivalent de son budget annuel d’investissement pour la région Centre-Bourgogne. Par suite de ces travaux, le lac sera complètement vidé en 2015 pendant une bonne partie de l’année.

    Le planning des travaux comprend :

    octobre à décembre 2014 : abaissement du niveau jusqu’à la cote 10 m, avec transport d’alluvions de la partie aval à la partie amont pour recharger les hauts-fonds ;
    janvier 2015 : mise en service d’un puits de captage venant compenser l’arrêt du captage du syndicat des eaux ;
    janvier à juillet 2015 : transformation des cascades de trop-plein, comprenant leur élargissement et la descente de trois mètres du niveau supérieur ;
    mars à septembre 2015 : après mise à sec du lac, injection de béton à la base du barrage pour homogénéiser les soubassements ;
    avril à octobre 2015 : modernisation des ouvrages hydrauliques et vannages, pose d’une membrane d’étanchéité sur la paroi amont pour éviter le lessivage des joints ;
    novembre 2015 au début de l’été 2016 : remise en eau jusqu’au niveau 21.60 m, ré-empoissonnement ;
    22 novembre 2016 : inauguration.

    1. J’ai pas tout compris mais je peux vous confirmer que tous les barrages font l’objet d’un suivi  » officiel » même si parfois des services tels EDF ont leurs propres système de contrôle ( mais en rendant des comptes ).

      Depuis Malpasset ( vice de construction tenant à la faiblesse des reconnaissances géotechniques de terrains à l’époque ) , je n’ai pas souvenir d’un incident grave sur des barrages en France .

      Mais comme , selon Daniel , je suis « gaga involutif » , vous pouvez vous renseigner via votre préfecture à la Direction Départementale des Territoires ( ex DDE ).

    1. Bonne idée , mais gardez là pour les collègues auxquels vous exposerez vos craintes , éventuellement accompagné de votre chérie .

      Ça leur fera plaisir , et transmettez leur toute ma tendresse.

  22. Tout à coup sur la 2 ils nous servent des infos sur les ponts dans toute la France. Des interviews de maires de petites communes : qu’il y a tel et tel pont dans leur commune qui s’en va en morceaux (on nous montre même, de quoi flipper, le béton qui s’effrite, le fer à nu qui rouille) et qu’ils n’ont pas les millions suffisant pour réparer voire en construire un/des neufs.
    Il est vrai que tous ces ponts ont soit été construits au 19e soit courant du 20è, dans le premier cas ils n’ont pas été remis à neuf depuis des dizaines d’années (à croire qu’avant l’État prenait ses charges) soit dans le 2ème ils n’ont jamais été réhabilités depuis leur construction : Chaque Français ferait bien de faire attention au-x pont-s qu’ils doivent prendre, vu que l’État réserve son fric pour des trucs plus « rentables » aux yeux de tous.

    Ce pont de Gênes je l’ai pris maintes fois pour me rendre en Italie, le jour le plus mémorable fut celui du 11 septembre 2001, je ne recevais plus la radio dans ma voiture, au débouché du tunnel la radio « m’annonce » cet événement mémorable. J’avais bien entendu au fond du dernier camping qu’un Italien avait monté sa radio, mais trop loin n’en comprenais pas un traitre mot et je trouvais qu’il embêtait tout le monde…
    donc je me suis arrêté à la première station pour comprendre, et voir ce que les gens en disaient.

    1. Tiens , ce jour là ,on était tous les deux en Italie .

      Pour ce qui me concerne , j’étais en réunion dans une salle en tête du tunnel du Mont Blanc côté italien , dans le cadre des suites à l’incendie dudit tunnel . On était venu nous annoncer l’évènement en séance . Ce qui semblait n’avoir ému que les politiques français et italiens qui cornaquaient la réunion . A l’époque ça ne m’avait personnellement pas trop chagriné et j’avais juste glissé à mon voisin italien ( qui heureusement parlait aussi français ) : bon , après tout , nous on pourra se mettre à l’abri dans le tunnel si un Boeing nous attaque .

      1. Tant que j’y suis et que c’est calme sur le réseau , une anecdote qui fera plaisir à Annie qui , comme moi , ne supporte pas qu’on se croit obligé de s’exprimer ou lire en britsih .

        A la toute première réunion de la commission franco italienne , pour traiter des suites à donner à l’incendie du tunnel sous le mont blanc ( une vingtaine de personne , moitié-moitié) , les représentants parisiens de mon ministère qui  » lançaient  » cette première réunion « internationale , ont cru bon d’annoncer que , « pour que tout le monde se comprenne » , ils s’exprimeraient en anglais . J’ai aussitôt remarqué que le sous préfet de Bonneville , représentant le préfet de Haute Savoie , et le président du conseil de la vallée d’Aoste , qui représentait la partie politique italienne , pâlissaient .

        Au bout de trois minutes d’english parisien , mon voisin italien ( dont je n’ai jamais bien su s’il représentait l’administration italienne du tunnel ou le syndicat des entreprises de BTP italien , mais il était compétent et sympathique ) , a levé le doigt , et dans un français impeccable et chantant a dit :  » écoutez , messieurs ( il n’y avait pas de dames ) , je crois que nous sommes tous latins et que de plus , la vallée d’Aoste a deux langues officielles , le français et l’italien ; je vous propose donc que , par amitié , nous convenions de faire nos débats en français . »

        75 % de l’assistance s’est retenue pour ne pas l’embrasser , et je n’ai jamais autant ri intérieurement que ce jour là en voyant la trombine de nos deux spécimen d’allée ministérielle .

        Anecdote 2 : je viens d’écouter sur France inter l’émission consacrée au pont de Gênes et à sa déclinaison possible en France . Je pense que les commentaires que j’ai pu donner ici étaient d’une bien meilleure pertinence . Au passage , personne ( invités , animateur , auditeurs ) ne semble avoir imaginer qu’au lieu de se ruiner à vouloir « mettre à neuf  » tous les foutus ponts qu’on a construits , il serait plus intelligent d’abandonner certains en essayant de « remettre les lieux aussi propres qu’on les a trouvés » . C’est vrai que parmi les invités il y avait Pierre Calvin , président des routes de France , et que les entreprises et intérêts qu’il représente ont plus à voir avec la construction que la démolition .

        Anecdote 3 : un auditeur s’inquiétait de la solidité du viaduc des Egratz ( le Fayet vers Chamonix , 1500 mètres de long ) , compte tenu des risques sismiques de niveau « niçois » dans le secteur . Nul n’ayant répondu correctement ( Anne -Bernard Gély , nulle ) je peux lui répondre ici que cet ouvrage a effectivement été conçu en prenant en compte ( avec les données de l’époque ) le risque sismique , et que ça n’était pas rien , car ça conduisait à prendre en compte , autant que je me souvienne , une accélération horizontale, en tête de pile de plus de 60 mètres de hauteur, de 9 G . La principale difficulté conceptuelle de l’ouvrage était d’ailleurs autre : c’était la première fois en France qu’on projetait un ouvrage en précontraint alors qu’il est courbe
        ( 250 mètres de rayon ) et en pente ( 5%).

        Il n’empêche , quand le 15 juillet 1996 , vers 2 h 15 du matin , Annecy a subi un tremblement de terre d’une intensité de 5,2 sur l’échelle de Richter , encore assis au bord du lit, la première idée qui m’est venue , c’est « pourvu que ça ait tenu « .J’ai sauté sur le téléphone pour appeler les copains ( j’étais déjà largement en retraite ) qui m’ont rassuré . Mais je touche du …bois gaulois , même si je sais que si ça doit pas le faire un jour , c’est qu’il n’y aura plus grand chose debout dans le secteur et que les maires de Chamonix ou Servoz auront bien d’autres soucis .

      2. Correction mineure , (sauf pour moi ) : en 1996 je n’étais pas encore en retraite .Enfin bref, j’ai appelé les copains .

        Daniel a raison, je deviens gaga .

      3. Juan
        1-j’ai hurlé de rire (et de plaisir) avec le choix du français pour tous. Bien sûr la vallée d’Aoste …

        2-Merci de commenter l’émission de ce soir sur F-Inter que j’ai écouté, pas trop attentivement car il me semblait qu’ils n’étaient là que pour faire une propagande pour rassurer les auditeurs, et rien d’autre. Tout va bien dans le meilleur des mondes, dormez tranquille bonnes gens ! on connait trop pour se faire encore embobiner.

        3-Oui Nice j’y pense à mes heures, et Monaco qui veut elle aussi s’étendre en prenant sur la mer. Parfois, mauvais esprit, je souhaiterais qu’un tremblement de terre ait lieu pour que la piste d’atterrissage soit sabordée (je ne souhaite rien aux habitants, juste à cette piste, bien que ce soit tout à fait irréaliste). Mais je ne savais pas que cette faille allait jusqu’au Mont Blanc.
        … finalement j’ai été voir sur wikipedia en fait les zones sont différentes, mais reliées tout le long des Alpes… mais wikipedia ne nous dit rien sur « l’autre côté » en Italie ! idem sur le site dédié http://www.planseisme.fr/Zonage-sismique-de-la-France.html d’où est pris l’info de wiki.

        En tout cas bravo pour vos calculs qui étaient excellents.

      4. gaga ?

        J’ai lu un truc par Paul Jorion, je ne me souviens absolument pas où sur ce site, concernant l’heure.

        Un jour il était entrain de faire un truc il regarde l’heure au cours ou début, je sais plus, m’enfin il voulait repérer le temps que ça lui prenait.
        Quelques minutes plus tard il ne sait pas l’heure qu’il est et donc il regarde à nouveau pour la connaitre.

        il se demanda s’il n’était pas devenu vraiment vieux (je ne sais plus quel terme il employa) au point de ne plus savoir ce qu’il faisait de quelques minutes aux qq minutes suivantes. Il en déduit le raisonnement (dont j’ai l’esprit mais pas les termes qu’il employa) suivant :

        les deux mouvements n’étaient pas pour la même raison, la 1ère pour pour minuter un temps, une durée, qui n’avait rien à voir avec la 2ème qui était pour se repérer dans les 24 heures.

        Pour toi Ici : je prends l’affaire comme un vécu si vif qu’il est revécu dans sa tension émotionnelle qui reste la même. C’est plutôt l’inverse de gaga, à mon sens.

        (ps: je ne sais plus que dire tu ou vous. J’avais employé le « tu » te croyant dans la jeunesse, mais en fait je vous dois le respect et donc le vous, non que je ne respect pas les jeunes, mais un rapport de générations…)

      5. @Annie :

        S’agissant de « mes calculs » je dois corriger et en profiter pour situer le long parcours ( souvent lié au financement mais aussi aux difficultés des études ) qui accompagne la gestation d’un tel ouvrage , qui était en fait une partie seulement des projets d’aménagement de puis Le Fayet jusqu’à l’accès futur au tunnel du Mont Blanc .

        J’ai personnellement été en charge de l’avant projet sommaire de cet ensemble de fin 1970 jusqu’à fin 1972 , date où j’ai rendu ma copie , et suis parti sous d’autres cieux . S’agissant du seul ouvrage ,j’ai eu à en définir la géométrie , l’implantation , la technique ,les types d’appui , les protections en torrent ( l’Arve ), une première estimation . Dès cette phase ,il a fallu faire plancher quelques grosses têtes conceptuelles dont Jean Courbon himself , un des pères de la précontrainte ( technique française ) avec les Freyssinet , Caquot … pour vérifier en particulier qu’on savait faire de la précontrainte en courbe . J’ai aussi sous traité pas mal de calculs à un bureau privé qui s’appelait Seee à l’époque .

        Le collègue qui a pris ma suite a eu de son côté 4ans ( jusqu’en 1977 ) pour mettre au point l’avant projet détaillé , puis le dossier d’exécution de l’ouvrage pour le soumettre à appel d’offres et commencer les travaux en 1977 ( entreprise GTM ) finis en 1982 au gré des autres travaux connexes à l’itinéraire et des financements . Autant dire que si pour moi c’est un souvenir d’un lancement de fusée , pour lui , c’est une partie de sa vie .

        PS : comme dans l’émission de FI , on a surtout cité des X Ponts , je précise que le collègue , comme moi, sommes issus de l’école nationale des ingénieurs des travaux publics de l’Etat ( à l’époque abritée dans les locaux d’Eyrolles, boulevard Saint Germain ) , celle là même dont est aussi sorti l’actuel secrétaire de Force Ouvrière… beaucoup plus tard que nous deux .

      6. Pour le vous et le tu , j’avais déjà eu l’occasion d’exprimer mes marottes :

        je ne dis tu qu’au moins de 18 ans , mes proches intimes de totale confiance , ou au contraire les rares individus que je méprise . Dans le doute , je suis impersonnel .

        Je dirai donc « vous  » , mais un vous d’empathie , comme presque toujours avec les femmes .

        « Vous  » êtes d’accord ?

        Ps : pour le coup ce serait plus « simple » en anglais ( quoique ) .

      7. Juan
        je dois à la mémoire de mon père de préciser ; j’ai dit autodidacte car toute sa vie il eut des complexes de n’avoir pas fait une grande école. Il avait fait, le soir, tout en travaillant en tant que dessinateur en études (et dessiné la piscine de Molitor), le CNAM. Face aux Ponts il se croyait toujours inférieur. Simplement il venait d’une famille de paysan de la Champagne et était destiné à être serrurier.

        tes propos me rappelle ses explications au salon ou à la table de la salle à manger durant des heures, dessins à l’appui souvent : cela berça toute mon enfance et adolescence.

      8. @Annie :

        Le CNAM a donné de sacrés bons ingénieurs et de sacrés caractères , surtout dans ces années là .

  23. Le prix des morts est donc inférieur à celui d’une circulation sécurisé 🙂

    Ça me rappelle une conversation avec une collègue née d’une famille de médecins. Bon, elle a fini dans le notariat… Avec moi.
    Et son entourage avait eu l’occasion de voir le dossier de Schumacher, le pilote lors de son accident de ski. Selon leurs dire, il était en état de mort cérébrale, mais, pour des raisons d’assurance, on le maintenait en vie. Il le serait encore aujourd’hui…

    1. Au bilan actuel , je vous confirme que le coût des 40 morts est largement inférieur au coût des pertes actuelles et à venir de Autostrade .

      Le pire ,c’est que devant le juge ou les assurances , tous les morts ne se « valent » pas .

      1. Sur la durée , on peut penser que les tarifs de péage vont évoluer .

        Pas sur ( euphémisme ) qu’on touche aux dividendes des actionnaires ( dont pas mal semble se débarrasser de leurs actions ) .

  24. Demande d’avis des compétents (Juannessy et d’autres sans doute) sur la prévision de refaire ou réparer en 8 mois
    « Huit mois. C’est le temps dont à besoin la société autoroutière italienne Autostrade per l’Italia pour reconstruire le pont Morandi qui s’est effondré mardi à Gênes selon Giovanni Castellucci, le patron de la société ». https://fr.news.yahoo.com/g%C3%AAnes-projet-nouveau-pont-8-080000321.html?guccounter=1

    qu’entendent-ils par « reconstruire » comprennent-ils la démolition qui déjà ne se fait pas en 3 jours : évacuation des « déchets » de la 1ère construction pourrait déjà prendre plusieurs mois, ils prévoiraient un autre lieu ; cette nouvelle construction se ferait en acier.
    Les fonds seraient disponibles dès lundi. Certes des désaccords sur qui. Et devant nous un procès qui prendra plusieurs années : expertises et contre-expertises.

    Le fond de la question est bien la politique de l’euro (tout s’écroule en Allemagne) dont Merkel ne veut pas démordre, si cela précipitait la sortie de l’Italie …

    1. Difficile de répondre en ayant pas les données techniques , quantitatifs et géométriques en mains . Vu d’avion , je refuserai a priori de prendre ce challenge sur huit mois . Hors contraintes techniques et foncières , les éléments qui me paraissent devoir intervenir pour calibrer le délai possible avant qu’on roule à nouveau dans le secteur ( en sécurité de préférence ) me semblent tenir à :

      – l’attitude des juges qui autoriseront ou pas les interventions sur site ,

      – l’attitude du gouvernement italien vis à vis de la société et de la gestion de l’ensemble du réseau routier régional ,

      – les calculs économiques auxquels la société va se livrer : balance entre durée des pertes et coût à consentir pour les travaux de réparation. Le choix des techniques d’ouvrage de substitution est directement lié à ce montant consenti , tant pour la vitesse d’exécution des travaux que pour la nature et la qualité des matériaux à choisir .

      – l’attitude de la population riveraine ( et sous le pont en particulier )

      – le résultat sans équivoque des diagnostics sur l’incident ( structures ouvrage et analyses sur les fondations )

      – la capacité de l’industrie locale voire internationale à sortir un pont métallique ( puisque ça semble l’issue assez plausible de secours qui est mise en avant ) d’une dimension que j’ignore , sans trop connaître encore ( pour s’engager ) la fiabilité des appuis . S’agissant d’une société privée , elle a par contre un avantage sur une maîtrise d’ouvrage publique : elle échappe si elle le veut au code des marchés et aux délais réglementaires d’appel et jugement d’offres , ce qui peut représenter pas loin de trois mois de « gain » de temps. Elle traite avec qui elle veut , comme elle veut ( enfin sans doute avec une entreprise plus ou moins dans le giron des mêmes actionnaires si possible )

      Techniquement seulement , en France , et en admettant que je n’aie pas de restrictions sur le budget consenti, je ne prendrais pas l’affaire à moins de seize à dix huit mois .

      Au doigt très mouillé , et en France toujours , je ne prendrais pas le challenge global à moins de 20 voire 30 mois en connaissant mieux les emmerdes du dossier .

      Mais des moins involutifs ( gnac – gnac) que moi iraient sans doute plus vite .

    2. Au passage , indépendamment des études , contrôles et détermination des solutions de réparation , qui sont évidemment le travail de fond strictement nécessaire quand une catastrophe comme ça vous tombe sur le poil ,le plus exaspérant parfois ,quand vous êtes en charge du « dossier », c’est que tout le monde , alors que le dernier gravât n’a pas fini de tomber, vous demande quel jour à quelle heure « on va pouvoir à nouveau rouler  » , alors qu’il vous faut au moins huit à dix jours pour avoir une idée pas trop fausse à quinze jours près .

      Tout le monde = élus , administrations , presse , radios , télés , associations de défense des intérêts des privés de desserte , ma femme pour renseigner ses copines ….

      Ne pas chercher ailleurs les origines de deux crises cardiaques , et d’une patience ( presque ) à toutes épreuves .

  25. Chère toutes, cher tous, cher Juan Nessy,
    Votre dernier message me permet d’introduire le début d’une réflexion sur la continuité de service et la rupture de normalité.
    Ingénierie d’un pont est semble t-il le résultat d’un ensemble de force qui pour le dire rapidement s’équilibrent.
    Le pont dans l’absolu est une « chose » statique, passive, inerte.
    Un poil de syllogisme où une piste à éclairer ?
    (Ce propos peut être lu en écho sur le post de Paul Jorion sur Edward Bernay)
    Nous regardons le pont sur lequel nous circulons comme une chose acquise. Il nous appartient un peu du fait que nous l’empruntons. Ce pont pour certain nous le connaissons depuis toujours, nous pouvons même lui donner un nom à nous. Nous l’aimons tellement, vu qu’il nous relie. C’est vrai, c’est bien plus poétique de penser un pont comme producteur de poésie que comme agent de développement économique. C’est sur ce pont que nous avons écouté telle musique, que je t’ai pris la main etc…
    Et là maintenant que tu t’es effondré je suis tout (e) retourné (e). Comment moi qui te croyais infaillible ? Tu m’es infidèle, tu as pris la poudre d’escampette, la fuite, le suicide.
    Et moi comment je fais pour relier Naple ?
    Ici c’est la continuité de service qui ne fonctionne plus. Le pont n’est plus et ce à quoi il m’était utile me fait défaut.
    Combien de temps vais attendre pour que le service auquel j’ai droit ( parce que je le vaut bien, coeff Pub L’oréal) soit pour quand le retour à la normalité ? Combine de temps pour un nouveau pont ?
    La, c’est le deuxième concept qui s’invite dans la discussion, et c’est la rupture d’amour avec la « reliance » pardon pour le néologisme du pont. Rupture avec un situation que nous avons acquise pour normale, un pont qui fait office de pont.
    Pourtant cela n’a rien de « normal » selon la police et la physique, c’est une longue négociation entres de multiples forces pour que le miracle est lieu. Et avec le temps certains piliers, certaines compagnies de contrôles mafieuse où pas, l’usure du temps, etc toutes ces contraintes s’invitent au débat sur l’équilibre des forces, et paf l’équilibre se rompt et le pont tombe.
    Et nous voilà en deuil de notre normalité, notre usage de ce pont est plus qu’en péril il ne peut plus se faire pour un temps donné.
    La métaphore de ce pont déchu est une publicité puissante qui nous dit que nos systèmes sont faillibles et que c’est ce que nous nommons la normalité qui est l’exception. Pour la normalité que nous revendiquons il faut une quantité incroyable d’énergie (en KWatt, en matière grise etc). Tous ce que nous tenons pour acquis, système de vie occidentale, voiture téléphone avion ne sont que des doudous, vous savez ce que Winnicot appelle des objets transitionnels, ces mêmes doudou qui remplace l’absence de la mère et qui permette au bébé de patientez et d’apprendre petit à petit l’autonomie.
    Le pont tombé, à qui la faute, à moi, à nous sans doute pour croire que nos outils, nos techniques sont immortelles.
    La rupture de normalité est peut être la catastrophe salutaire !!!
    Bonne cogitation, avec toute ma tendresse Quel art Pierre

    1. Voilà qui nous éloigne un peu de la résistance des matériaux , mais qui ramène en partie dans le titre de ce billet , pour nous dire qu’il y a bien d’autres sources que l’ultralibéralisme pour révéler notre court termisme et notre « égoïsme ».

      Et que la  » normalité  » est éminemment fragile ou , si elle existe , réside dans la tragédie plus que dans le conservatisme .

      Tous ceux qui ont fait  » l’expérience » de la mort ou des drames le savent un peu mieux que les autres qui de toutes façons n’y échapperont pas .. Et même ces expérimentés là le perdent souvent de …(vue ? )(tête?) (corps?).

      Notre pouvoir  » d’affabulation » est é-norme et le soleil comme la mort ne peuvent se regarder en face .

  26. @juannessy
    merci pour ces infos et précisions, que, bien que loin d’être technicienne, et non évidemment avec les précisions techniques, j’envisageais dans ce sens.

    sur les crises cardiaques : mon père, autodidacte, ingénieur béton (patron de sa boite), un dépôt de bilan, devenu ingénieur conseil, travailla jusqu’à 78 ans en courant partout (chantiers de part la France et l’étranger) et tout le temps, des maux d’estomac constants … vécu jusqu’à 94 ans en pleine santé. Et se suicida par fatigue de la vie dans un ehpad en arrêtant de se nourrir… Le cœur c’est surtout l’hérédité.

    @quel art Pierre
    merci de parler presque poésie. C’est en effet la première question qui me vint : comment vais-je maintenant me rendre en Italie ? Ce pont chargé de tous mes souvenirs de fête, de joie de partir, puis revenir heureuse d’Italie (mère Italienne) qui est ma 2ème patrie. J’envisageai l’avion, de passer par le col du Cervin, mais j’ai le vertige sur les routes de montagne.
    Me voilà coupée de ma racine, coupure physique dans mon corps autant que dans ma tête, Italie qui fut mon premier voyage au sortir de la guerre (4 ans) Italie de mon adolescence, Italie qui me donna la culture de chacune de ses provinces, de son Histoire, de ses tomates, de ses pizzas (celles de Naples pas celles des grandes surfaces), son huile d’olive, ses fenouils en salade, le marché couvert bruissant de Florence, Italie qui fit que je trouvais les ruines grecques sans saveur, très démolies, (je sais les Perses). la Grèce qui me rebuta malgré mes efforts, mais dont les paysages étaient trop secs à mon gré, Italie qui m’apprit le soleil, Amalfi, la Sicile, Et la plus belle de toute Florence et sa campagne, et ce n’est pas peu dire car, pour moi, tout est beau en Italie !
    Et par un effet de ma dyslexie et bien qu’il parait qu’enfant je parlais italien, je n’en peux dire une phrase, mais comprends le sens : je connais la chanson mais pas ses paroles.

    PS – certes je vous raconte ma vie, désolée pour l’ennui et le déshabillage.

    1. Petit cadeau de fin août d’une chanson ( que j’avais déjà cité en version Joan Baez ) , et d’un chanteur , que j’apprécie beaucoup . J’aurais pu davantage , ça aurait été mieux en situation , évoquer  » concerto pour Venise  » , mais je n’ai pas trouvé son interprétation en italien :

      https://www.youtube.com/watch?v=GmcKDtexZb0&list=RDGmcKDtexZb0&t=73

      Dans le chant , je suis toujours capté par la langue italienne et la langue russe .

      Mais , de la même façon que pour draguer les jeunes allemandes au camping de Frontignan, je récitais du Heinrich Heine – enfin , je crois que c’est lui – ( wenn ich ei vöglein wäre , so flöge ich zum dich , mein liebchen …) , pour draguer les italiennes , je ne connaissais que l’air de  » che gelida manina  » du Rodolfo de la Bohème de Puccini .Mais c’était du temps où Juanessy ( juannessi en italien ) avait de la voix ….

      1. quando inizia non si ferma : un vero concerto su youtube ! di cui herbert pagani ! gazie per il regalo,
        mais alors chanté par Juan

        Puccini c’est bien aussi, c’est l’embarras du choix, je choisirais Turandot avec Pavarotti
        https://www.youtube.com/watch?v=9fYvVRLPVcs qui en plus est sous-titré en italien, trop court ; et maintenant nous avons « à la maison » Roberto Alagna https://www.youtube.com/watch?v=N_GWu_-LqXA – Donizetti, suit Bellini… Mais alors si on commence à écouter des opéras on en a pour la soirée… jusqu’à demain !

        dans les hôtels, en Italie, il m’est arrivé de regarder/écouter des opéras à la télé en compagnie d’un public en vénération.
        on est vraiment sorti du sujet.
        Cependant Paul Jorion nous sert aussi de la musique, quoi de mieux pour nous faire passer le libéralisme et les « vertus » de Trump.

  27. Article Bloomberg
    « Les objectifs climatiques de l’Allemagne ont échoué
    Un appel au réveil pour les gouvernements partout dans le monde »

    https://www.bloomberg.com/graphics/2018-germany-emissions/

    L’Allemagne, le pays qui a fait plus que tout autre pour libérer l’industrie moderne des énergies renouvelables, est susceptible de ne pas atteindre ses objectifs de réduction des émissions nocives de dioxyde de carbone, même après avoir dépensé plus de 500 milliards d’euros (580 milliards de dollars) d’ici 2025 pour la refonte de son système énergétique.

    Le gouvernement de la chancelière Angela Merkel est aux prises avec les conséquences d’une augmentation insuffisante de la part des énergies renouvelables. Il s’agit notamment de prolonger la durée de vie des centrales à combustibles fossiles les plus polluantes et de réduire les engagements climatiques futurs dans le cadre de l’Accord de Paris, négocié par plus de 190 pays en 2015.

    Un déficit en Allemagne est un signal inquiétant pour les autres pays qui luttent pour atteindre leurs propres objectifs. Encouragée par ses prouesses en ingénierie et un consensus entre tous les partis politiques en faveur de l’énergie verte, l’Allemagne a été la première grande économie à faire un grand changement dans son mix énergétique vers des sources d’énergie à faible teneur en carbone.

    Selon Gail Whiteman, professeure de durabilité de l’environnement à l’Université de Lancaster au Royaume-Uni, l’absence d’émissions en Allemagne devrait être un signal d’alarme pour tous les pays. « Cela ne signifie pas nécessairement que la Chine, l’Inde ou même les États-Unis ne peuvent pas réduire leurs émissions. Le point clé est que nous avons besoin d’un nouveau type de leadership climatique, tant au niveau de l’État-nation qu’au niveau de tous les autres acteurs, y compris les entreprises et les maires ».

    Ne pas atteindre les objectifs en matière de gaz à effet de serre a des implications pour la planète. Les scientifiques ont établi un lien entre la canicule dans l’hémisphère Nord cette saison et les changements climatiques. Des températures plus élevées ont entraîné la fermeture de centrales électriques dans toute l’Europe, allumé des feux de forêt en Californie et réduit les glaciers au sommet de la plus haute montagne de Suède.

    Ce sont des scientifiques inquiets, qui craignent d’avoir sous-estimé l’impact de l’augmentation des émissions de carbone. « L’empreinte humaine sur la hausse des températures était claire pendant la canicule de cette année « , a déclaré Michael Mann, professeur de sciences atmosphériques à la Penn State University.

    « Les systèmes météorologiques bloqués causés par l’affaiblissement et le changement du courant-jet jouent probablement avec les conditions météorologiques extrêmes sans précédent que nous observons dans le monde entier, les changements climatiques causés par l’homme jouant un rôle probable ici « , a dit M. Mann.

    Au début du siècle, l’Allemagne s’est hissée au rang de chef de file en matière de changement climatique et a été le pionnier d’un système de subventions pour les parcs éoliens et solaires qui a déclenché un boom mondial dans la fabrication de ces technologies.

    Mme Merkel, qui, en tant que ministre de l’environnement dans les années 1990, a esquissé certains des premiers accords internationaux sur le climat organisés par les Nations Unies, s’est engagée en 2007 à réduire les émissions de 40 % d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990. Elle a pris plus de 100 mesures pour atteindre cet objectif. Les réductions réalisées par l’Allemagne n’ont pas eu un grand impact sur les émissions mondiales en raison de l’augmentation des émissions des pays en développement.

    « Au moment où ils ont fixé leurs objectifs, ils étaient très ambitieux « , a rappelé Patricia Espinosa, l’envoyée principale des Nations Unies pour le changement climatique. « C’était une déclaration politique que le chancelier essayait de faire. Ce qui s’est passé, c’est que l’industrie – en particulier l’industrie automobile – n’est pas venue. Techniquement, ils peuvent le faire. Sur le plan économique, ils peuvent le faire. Mais c’est politique. »

    Même si les objectifs ne sont pas atteints, le programme énergétique de l’Allemagne a un impact important sur la combinaison de combustibles utilisés pour produire de l’électricité. Les énergies renouvelables sont sur le point de remplacer le charbon comme source primaire et l’utilisation du gaz naturel est en déclin. Le vrai problème, c’est que l’Allemagne tente également d’éliminer progressivement les réacteurs nucléaires, en réponse à l’effondrement de Fukushima Daiichi au Japon en 2011. Et comme les objectifs de 2020 semblent un peu exagérés, on craint de plus en plus que les objectifs plus stricts que le pays prévoit pour 2030 soient complètement hors d’atteinte.

    « Le défi semble vraiment difficile à relever « , a déclaré Andreas Loeschel, chef de la commission gouvernementale chargée de surveiller la transition énergétique de l’Allemagne. « Il y avait trop confiance que les énergies renouvelables feraient l’affaire. Il s’agit d’extraire l’énergie sale du mélange. »

    La fermeture des centrales nucléaires laisse l’Allemagne à court de centrales qui peuvent fonctionner pendant les jours sombres et sans brise en hiver, lorsque les parcs éoliens et les centrales solaires ne fourniront pas grand-et la demande est à son maximum. Autre problème : lorsqu’il y a du vent et qu’il fait beau, le réseau est tellement inondé d’électricité que les prix sur le marché de gros tombent parfois en dessous de zéro.

    Le résultat est un casse-tête pour les politiciens. Le Bundestag a promulgué une législation pour s’assurer que les objectifs climatiques sont atteints, y compris des règles strictes régissant l’utilisation de l’énergie, un nouveau code du bâtiment pour rendre les bâtiments neutres en carbone et une facture de services publics qui subventionnerait l’investissement dans l’énergie verte.

    Mais les gestionnaires de réseau doivent garder les lumières allumées. Pour ce faire, certains grands producteurs comme RWE AG prévoient que le gouvernement devra peut-être permettre à certaines centrales au charbon de fonctionner plus longtemps que les ministres ne le souhaiteraient.

    Mais les gestionnaires de réseau doivent garder les lumières allumées. Pour ce faire, certains grands producteurs comme RWE AG prévoient que le gouvernement devra peut-être permettre à certaines centrales au charbon de fonctionner plus longtemps que les ministres ne le souhaiteraient.

    Et même après tous ces investissements, la révolution verte allemande n’en est encore qu’à ses débuts. L’industrie de la production d’électricité est la plus grande source de pollution, comme le montre le graphique ci-dessous.

    En dehors de l’industrie de l’électricité, d’autres secteurs de l’économie doivent encore faire face à la réforme des services publics. Par exemple, les transports consomment 30 pour cent de l’énergie de l’Allemagne, mais seulement 4 pour cent de son utilisation provient des énergies renouvelables. Les ménages sont une autre grande attraction sur le réseau, et la plus grande partie de leur énergie provient de combustibles fossiles.

    Malgré des factures d’énergie plus élevées, l’opinion publique est restée favorable à la transition énergétique. Les sondages menés par l’Institute for Advanced Sustainability Studies à Potsdam ont révélé, dans son enquête annuelle pour 2017, que 88 % des électeurs soutiennent la stratégie de réduction des émissions.

    Ces chiffres sont susceptibles de changer lorsque les politiciens résolvent le débat sur la façon dont leurs cibles correspondent à la réalité. Soit ils devront abandonner les objectifs et vivre avec plus de pollution qu’ils ne l’ont promis, soit ils devront imposer des mesures douloureuses et coûteuses qui limitent davantage les émissions.

    D’autres pays examinent comment l’Allemagne agit, ne serait-ce que parce que beaucoup d’autres grands pollueurs ont un plus grand problème à réduire leurs émissions. L’économie allemande est dominée par les services qui nécessitent moins d’énergie et produisent moins de carbone que les endroits inclinés vers l’industrie et la fabrication. La Chine, qui est la plus grande source d’émissions de gaz à effet de serre, a une plus grande part de son économie liée aux usines et aura donc plus de difficultés à réaliser des réductions.

    Si l’Allemagne ne peut pas réussir après tous ses efforts, ce serait un signal que le monde doit adopter des stratégies plus coûteuses pour limiter les émissions – comme le captage direct de la pollution par le carbone provenant des cheminées des usines et des services publics.

    « L’absence de l’Allemagne a de plus grandes implications « , a déclaré Myles Allen, un expert du changement climatique à l’Imperial College de Londres. « La seule chose qui compte maintenant, c’est ce que nous allons faire sur le captage du carbone. Sans cela, nous n’atteindrons pas les objectifs climatiques. »

    Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator

    1. Petite Précision, « Les prix qui tombent en dessous de zéro » évoqués dans l’article c’est à cause de l’absence de solution de stockage de l’électricité par rapport à l’écart entre la production d’électricité et la demande au temps t. Du coup le surplus doit « automatiquement » être absorbé par les réseaux des pays voisins (interconnectés) sinon tout le réseau « tombe d’une coup » (effet disjoncteur). Le gestionnaire Allemand applique alors des prix négatifs c’est à dire qu’il paye le gestionnaire des réseaux voisins qui absorbent le surplus (tout ça en mode plus ou moins automatique).

      1. @Arnaud, merci
        on pourrait rajouter au déficit de l’Allemagne toutes les productions qu’elles exportent dans les pays l’entourant (Centre Europe, voire plus loin) pour bénéficier des coûts de main d’œuvre plus bas et qu’elle réimporte les disant « made in germany », ces pays sont-ils en déficit de compensation d’émission à effet de serre ? quel impact polluant a la production allemande dans ces pays ?

    2. Annie,
      Je pense qu’il s’agit d’émissions nettes de gaz à effet de serre éventuellement déduites de certificats verts (payement pour des puits de carbone dans d’autres pays en développement). Donc sans compter les émissions indirectes sur les matières premières importées et corrélativement sans soustraire les émissions liées à la production exportée. Je vais vérifier quand même et je corrigerais le cas échéant.

    1. En fait , c’est grâce à la gravité quand ça tient , et à cause d’elle quand ça s’écroule .

      Entre les deux il y a intelligence et coefficient de sécurité ( reconnaissance de la part d’ignorance ) .

      1. Mon coefficient de connaissances sur les ouvrages d’arts est assez faible, le ‘coefficient de confiance’ lui, est certainement subjectif…

      2. Je ne sais pas trop ce que signifie  » subjectif  » , selon l’interprétation et la situation psychique de chacun , justement .

        Je crois cependant que si l’on associe « intelligence » à prise de risque , courage et calcul ,d’une part , puis « coefficient de sécurité » à sagesse et prudence ( voire principe de précaution pour faire moderne ), on retrouve déjà , indépendamment de l’application à la « gravité » , trois des quatre vertus cardinales platoniciennes .

        En résumé, un ingénieur digne de ce nom est un exemple intellectuel et moral pour le genre humain !!!

        Pour la quatrième ( tempérance ) dont Aristote disait qu’elle était davantage morale qu’intellectuelle , elle va de soi pour ce qui est de la prendre en compte , qu’il s’agisse du simple citoyen , de l’ingénieur , du pilote de ligne ou du chauffeur de bus .

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