Compte-rendu de Et les faibles subiront ce qu’ils doivent ? de Yanis Varoufakis, Les liens qui libèrent, 2016, par Georges Lagarde

Billet invité.

Je viens de terminer Et les faibles subiront ce qu’ils doivent ? de Yanis Varoufakis, que j’ai acheté malgré la maladresse de son titre en français, parce que j’avais été intrigué par la critique favorable publiée dans Le Monde.

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Passer de la monnaie spéculative virtuelle à la monnaie réelle de démocratie, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Si nous faisons nôtre l’objectif de DiEM25, Democracy in Europe Movement 2025, de construire une vraie démocratie dans la réalité de l’Europe d’aujourd’hui, alors nous posons que l’égalité réelle des droits et devoirs entre tous les citoyens est le principal objectif de la politique que nous revendiquons pour l’Europe et pour la France. Le critère de la démocratie étant posé, il reste bien à construire un système d’économie politique européenne qui contrecarre l’actuel régime de dictature financière du capital spéculatif producteur d’inégalité réelle et de déshumanisation collective des droits.

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Le bancor, par Dominique Temple

Billet invité.

La monnaie de réciprocité peut-elle rééquilibrer les échanges entre balances commerciales excédentaires et déficitaires : oui, si elle est accompagnée d’une taxation progressive et symétrique des excédents et des déficits.

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L’investigation keynésienne des rapports de force par la monnaie, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’opposition entre Keynes et ses adversaires libéraux est dans la nécessité naturelle ou non de la régulation des rapports de force. Les libéraux voient une nécessité physique ou matérialiste dans les prix exprimant les rapports de force, tandis que Keynes voit une nécessité de nature logique ; donc un devoir moral de la société et des institutions politiques. Il en résulte que pour les libéraux, la monnaie n’a pas de matérialité intrinsèque alors que pour Keynes, la monnaie est la matière de la délibération politique.

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Trends – Tendances, L’État-providence et la croissance, le 22 octobre 2015

Version longue de ma chronique publiée dans Trends-Tendances en date du 22 octobre 2015. Ouvert aux commentaires.

L’État-providence et la croissance

Les États-Unis et le Canada n’avaient pas connu la guerre sur leur territoire propre (si l’on excepte le bombardement par les Japonais de la flotte de guerre américaine à Pearl Harbor à Hawaï en décembre 1941). Au sortir de la Seconde guerre mondiale, ces deux pays sont démesurément riches par rapport aux autres nations. Ancrer les monnaies à l’or ou à une monnaie elle-même ancrée à l’or est l’option qui a la préférence des États-Unis lors de la conférence internationale de Bretton Woods dans le New Hampshire en 1944. Face à elle, Keynes défend l’option britannique : un système monétaire international fondé sur les échanges égalitaires entre nations, relations susceptibles d’être rééquilibrées chaque année par la réévaluation ou la dévaluation des monnaies nationales, et disposant d’une monnaie de compte commune : le bancor. C’est l’option américaine qui l’emporte : la formule choisie spécifie que chaque pays qui le souhaite pourra ancrer sa monnaie à l’or, mais chacun sait que seuls les États-Unis sont suffisamment riches pour adopter cette approche, du coup, l’ensemble des autres monnaies détermineront leur prix grâce à un taux de change fixe par rapport au dollar américain.

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Comment la finance libérale sera subvertie par la résurrection des personnes dans les sociétés intermédiaires, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Partons des faits. Le 17 septembre 2008, la banque étatsunienne Lehman Brothers est déclarée en faillite. La Réserve Fédérale des États-Unis s’est refusée à prêter de la liquidité centrale à un repreneur éventuel qui aurait garanti le remboursement des dettes de la banque d’affaire. Les paiements quotidiens sur les engagements de Lehman sont donc suspendus à partir du 18 septembre 2008. Des milliers de banques dans le monde ayant prêté directement ou indirectement se précipitent dans leurs livres comptables pour évaluer les créances qu’elles ont sur Lehman et risquent de ne jamais être remboursées.

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Europe : Retours vers le passé, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

C’est la rentrée, celle des dupes selon Jacques Attali, qui souligne le caractère cyclique et totalement inadapté de ce phénomène selon lui face aux grands bouleversements en cours au niveau mondial ou européen : crise financière en Chine, ralentissement de l’activité économique dans le monde, crise en Grèce, crise des migrants venant s’échouer sur les rives européennes et sur l’incompétence des dirigeants européens, terrorisme, guerres larvées récentes ou ouvertes depuis des années, réchauffement climatique, etc.

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Après le krach de septembre 2015, la paix ou la guerre, la fin de la civilisation ou la renaissance ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Il est tout à fait judicieux de nous alerter sur l’euphorie boursière depuis le début de l’année 2015. Le mécanisme par lequel la montée des indices boursiers précède et anticipe l’effondrement de la liquidité financière nominale est maintenant parfaitement connu. En fait les actions sont le dernier actif financier sur quoi sont placés les excédents de liquidité quand tous les autres ont amorcé leur retournement, c’est à dire leur dépréciation réelle.

Les perspectives mondiales de croissance réelle sont en déclin marqué depuis deux ans. Le surendettement général a mécaniquement obligé les banques à ne plus prêter qu’aux gros qui sont seuls capables de masquer leur situation économique réelle par de l’habillage comptable ou de l’ingénierie financière. Le maquillage financier de la réalité économique est à base d’effet de levier du crédit par des investissements microscopiques en capital réel humain et juridique.

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Système monétaire : comment prévenir la corruption de la liberté en licence, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. À propos de

Lundi 2 mars 2015, Institut de France
L’Académie des Sciences morales et politiques
a l’honneur de vous inviter à une conférence exceptionnelle
autour du thème :
Recréer un système monétaire international
Un futur Objectif des Nations Unies pour le développement durable ?
L’Académie des Sciences morales et politiques, en préparation du Sommet de New York de septembre 2015 qui fixera les futurs Objectifs des Nations Unies pour le développement Durable, souhaite attirer l’attention de la communauté internationale sur la nécessité de refonder un système monétaire international, seul garant de la soutenabilité des systèmes financiers et de l’économie en général et d’un retour à plus d’éthique et d’équité sur les marchés.
en présence des académiciens
Jean BAECHLER
Professeur émérite à la Sorbonne-Paris IV
Jacques de LAROSIÈRE
Directeur général du FMI (1978-1987)
Michel PÉBEREAU
Président de BNP Paribas (1993-2011)
Jean-Claude TRICHET
Président de la BCE (2003-2011)

 
Jean Baechler est membre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques dans la section Morale et Sociologie. Jean Baechler a pour confrères trois anciens banquiers, Jacques de larosière ancien Directeur Général du FMI, Jean-Claude Trichet ancien Président de la BCE et Michel Pébereau, ancien Président de BNP-Paribas. Le 2 mars dernier, le sociologue a demandé en séance publique à ses trois collègues du Quai Conti : comment dans le régime financier international actuel, prévenir la corruption de la liberté en licence ?

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La carte secrète d’Alexis Tsipras

Ouvert aux commentaires.

Si vous imaginez que la carte secrète d’Alexis Tsipras, c’est la Russie, parce que vous auriez pris à la lettre le fait que Panos Kammenos, nouveau ministre de la Défense en Grèce, président de ANEL, les « Grecs indépendants », partenaire de Syriza dans l’alliance gouvernementale, est un grand ami de la Russie, détrompez-vous.

La carte secrète de la Grèce, elle se trouve ailleurs. Tendez l’oreille, et prenez au sérieux la leçon d’économie de M. Obama hier dimanche : « on ne peut pas pressurer continuellement un pays en dépression : il vient un moment où doit intervenir une stratégie de croissance pour qu’il soit à même de rembourser ses dettes de façon à éliminer une part de son déficit ».

Pourquoi ce ton encourageant de M. Obama envers la Grèce ? Parce qu’il doit y avoir quelqu’un dans son entourage à avoir lu le livre de Yanis Varoufakis, nouveau ministre grec des Finances, ouvrage intitulé « Le Minotaure planétaire » (2011).

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Les propositions de Paul Jorion et Bruno Colmant dans « Penser l’économie autrement » (II) Que penser du « modèle allemand » ?

Couverture choisie

Si vous deviez choisir l’un des modèles économiques ? Serait-ce le modèle allemand, le modèle scandinave ou alors un autre modèle ?

Paul Jorion : Pour moi, la solution passe par un modèle de sortie de crise par le haut : par la restauration d’un système monétaire international. Celui que nous avions est mort, on le sait, en 1971, quand Nixon a dénoncé les accords de Bretton Woods de 1944, accords qui avaient entériné la position défendue à l’époque par les États-Unis, à savoir avec le dollar comme monnaie de référence : la seule ayant une parité or, les autres se définissant par leur taux de change par rapport au dollar, celui-ci pouvant être ajusté par la dévaluation ou la réévaluation.

Il a fallu attendre les années 1960 pour que Robert Triffin (1911-1993) explique pourquoi ce système ne pouvait en réalité pas marcher : le dollar servait à la fois de monnaie domestique aux États-Unis et de devise d’échange sur les marchés internationaux. Or une monnaie doit être le reflet d’une certaine richesse définissable avec précision : il ne peut pas en refléter deux comme on le lui demandait.

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LES ALLEMANDS N’ONT PAS TOUJOURS TORT ! par François Leclerc

Billet invité

Membres du gouvernement ou de la Bundesbank, les autorités allemandes nous ont habitués à des jugements à l’emporte-pièce, ainsi qu’à la défense inflexible d’une ligne invariable en raison de ses promesses futures, en dépit de ses effets désastreux et des tentatives de l’infléchir qui s’accentuent. Pas question de faire marcher la planche à billets pour soulager le poids de la dette, de la mutualiser en grand ou trop ouvertement, ou de ralentir le désendettement pour financer l’investissement et la relance qui le faciliterait !

La tentation est grande de n’y voir, au choix, que l’expression d’un égoïsme national – même s’il est à courte vue – ou d’une pensée économique dogmatique à laquelle la Bundesbank nous avait accoutumés lors d’épisodes précédents. D’autant qu’en Allemagne même l’affaiblissement de la croissance économique inquiète les milieux d’affaire, qui le font savoir par la bouche des quatre principaux instituts de recherche du pays – IFO, DIW, RWI et IWH – en dépit d’orientations divergentes.

Mais une autre approche peut être avancée, qui consiste à ne pas rejeter en bloc l’argumentation des autorités allemandes, tout du moins lorsqu’elle évacue des solutions qui n’en sont pas, sans autant avaliser les leurs. Lorsque par exemple elle s’oppose à l’appel lancé à la BCE d’escamoter la dette publique en l’achetant, ce qui évite de statuer sur le rôle de celle-ci comme substitut au développement des inégalités. Ou à la croyance que la croissance résoudra tout, afin d’éluder l’interrogation qui s’impose sur sa nature, son moteur et ses objectifs. En se réfugiant dans les deux cas derrière un tour de passe-passe.

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Fausse monnaie et vrais débats sur la réalité des nations, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Les Matins de France Culture nous livrait hier un débat de fond entre Michel Barnier futur ex-Commissaire Européen et Coralie Delaume qui publie « Europe, les États désunis ». Michel Barnier voit les rapports de force internationaux et en déduit que l’Union est incontournable pour préserver la place des Européens dans le monde. Coralie Delaume constatait que le système de la construction européenne consiste à vider la politique de tout contenu appréhendable par les peuples. Elle dénonce le siphonage du pouvoir des gouvernement nationaux au profit d’une administration supranationale. L’arbitrage abstrait des intérêts économiques remplace la politique concrète des nations. Michel Barnier confirmait que le jeu des intérêts nationaux est trop complexe face aux enjeux de la mondialisation.

Les débateurs avaient envie de tomber d’accord mais sont restés sur deux plans d’analyse actuellement inconciliables. Michel Barnier est en situation d’acteur et fait de la technique politique. Coralie Delaume observe les faits et pose la question de la finalité politique de cette construction institutionnelle de l’Europe effectivement inédite dans l’histoire de l’humanité. La désunion des États européens dans la révolution en marche de l’économie numérisée pose la question de la fonction humaine des nations et de leur représentation économique par des États nationaux et multinationaux.

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Le Président de la République Française va-t-il faire son travail ?, par Pierre Sarton du Jonchay 

Enfin une pensée juridique consistante. Mais il y manque encore et toujours la monnaie qui est l’unité de compte du droit dans la réalité. Sans monnaie, le Droit n’est que pur discours théorique concrètement inconnaissable par la réalité. La vraie monnaie est la réalité du droit dans tous les états possibles du vivre ensemble humain. Le droit délibératif est sans existence si la formation des états du vivre ensemble n’est pas économiquement discutable par des États constitués de souveraineté plurielle et multinationale.

Pour qu’un certain état du droit à un moment et en un lieu donnés de l’humanité soit effectué dans la réalité des gens, il faut une matérialisation de la loi délibérable dans une souveraineté monétaire de la société délibérante. Si la monnaie est unique comme aujourd’hui, un seul droit métaphysique et transcendant est appliqué par la cléricature financière de la religion féroce. Personne ne peut proposer d’autres contenus réalisables du droit que l’interprétation qu’en font les politiciens technocrates, les juristes patentés et les banquiers du paradis (fiscal).

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Monnaie d’objectivité démocratique contre subjectivisme monétariste libéral, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Quand Stéphane Feunteum affirme que la monnaie est déjà indexée sur l’énergie, il a subjectivement raison mais objectivement tort. La nature et la réalité de la monnaie n’appartiennent pas au domaine de la physique. Subjectivement raison puisqu’il est logiquement visible que la masse monétaire en circulation varie avec la production et la consommation d’énergie. Objectivement tort puisque l’indexation de la monnaie sur l’énergie ou sur la biomasse n’est pas réellement exacte ni efficiente. Si cette indexation est rationnellement et scientifiquement plausible, elle n’est pas en l’occurrence satisfaisante pour tout le monde !

Convenons que notre système économique est en défaut parce qu’il détruit plus qu’il ne produit pour une majorité d’individus humains sur la terre. L’augmentation quantitative de la population nourrie et en bonne santé relative ne compense pas la dégénérescence du lien social. La concurrence « libre et non faussée » à l’accaparement privé du bien commun provoque une conflictualité sur le droit-même à vivre ensemble sur une seule et même planète.

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Le système monétaire idéal de John Maynard Keynes (II) L’ordre monétaire né en 1944 à Bretton Woods

En 1944, deux propositions se retrouvèrent face à face à Bretton Woods : une proposition américaine, défendue par Harry Dexter White et une proposition britannique défendue par John Maynard Keynes.

Curieusement, les propositions américaine et britannique étaient plus proches l’une de l’autre durant la période de négociation qui précéda l’accord qu’elles ne le furent au final. Les Américains étaient ainsi bien disposés à l’origine à l’égard du principe d’une nouvelle monnaie de compte internationale, servant de base pour établir le taux de change entre les diverses monnaies qui continueraient elles d’exister comme avant, monnaie qui se serait appelée « unitas », tandis que les Britanniques proposaient eux une monnaie de compte internationale appelée « bancor ». À l’arrivée cependant, les Américains proposèrent de faire de leur propre devise la monnaie internationale, qui deviendrait ainsi devise de référence et acquerrait en conséquence le statut de devise de réserve dans les échanges internationaux. Les Britanniques s’en tinrent au bancor mais perdirent la partie. Avec l’économie américaine représentant en 1944, 70% de l’économie mondiale dans un contexte d’épuisement généralisé de nations saignées à blanc en raison de la guerre, le rapport de force était trop défavorable aux Britanniques dans les négociations.

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La résolution de la crise des dettes que la cupidité politico-financière fait semblant de ne pas comprendre, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Répétons encore une fois que la mécanique infernale de notre pseudo système monétaire international réside dans l’asymétrie de crédit entre les acteurs « off shore » et « in shore ». L’iniquité systémique internationale du crédit et de la dette est l’anéantissement mécanique délibéré de l’économie réelle par le privilège de la mafia politico-financière internationale d’emprunter librement sans limite.

Le « in shore » réunit toutes les transactions financières à l’intérieur d’une zone monétaire. Une zone monétaire est un territoire économique placé sous l’autorité d’une même banque centrale et d’un même système de régulation du crédit. A l’intérieur d’une zone monétaire, s’appliquent des règles de publicité des transactions financières. La publicité du crédit dans une zone monétaire donne aux autorités monétaires et bancaires la faculté de réaliser un équilibre général entre la masse monétaire et la liquidité de l’économie réelle ; équilibre général au comptant et à toutes les échéances futures des crédits consentis à la production de biens et de services réels.

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La tarification de produits financiers opaques, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Comment les électeurs des prochaines européennes doivent mettre fin au pillage politico-financier de la réalité

Un article du Wall Street Journal en date du 24 mars 2014 et intitulé « SEC Is Probing Dealings by Banks and Companies in Loan Securities », évoque l’enquête lancée par le régulateur étatsunien sur la titrisation de ces « crédits structurés » qui permettent aux banques, comme dans le cas fameux de Dexia, « de se débarrasser de leurs propres risques ». Ces titres, appelés CLO (Collateralized Loan Obligations) sont alors vendus par ces banques à leurs clients, « leur prix étant négocié à titre privé ». « Sont combinées ainsi, précise le Wall Street Journal, des sommes énormes dont les prix sont opaques ». Le quotidien ajoute que « l’un des objets de l’investigation est de déterminer si les grandes banques et les grosses firmes recourent à de tels produits comme autant de tours de passe-passe financiers pour faire disparaître de leur bilan des actifs indésirables ».

Cet article du Wall Street Journal montre excellemment que les mécanismes d’escroquerie financière qui ont provoqué la faillite des subprimes, prolifèrent sous l’impuissance totale du pouvoir politique et administratif. En fait le combat contre la « mafiaïsation » du monde par la finance est menée par des repentis et des insiders nostalgiques d’un bien commun public. En contrepoint cela signifie que les élites qui détiennent l’apparence du pouvoir politique sont complices ou carrément incompétentes ; comme Louis XVI qui l’a payé de sa tête…

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Déconstruction aristotélicienne de la malhonnêteté financière par la reconstitution de la démocratie, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Dans sa théorie fondatrice de l’économie véritable, de la science économique, du calcul des prix et de la monnaie, Aristote pose une éthique de l’acteur économique en le définissant comme citoyen de la démocratie. L’échange n’a de matérialité qu’à l’intérieur d’une société politique constituée, où les acteurs puissent se reconnaître comme parties intéressées à des choses communes qui puissent circuler au fil du temps. L’intérêt du citoyen est de reconnaître ses alter-ego dans la cité afin d’échanger avec eux ce qu’il ne peut pas produire tout seul.

La monnaie est selon Aristote comme pour nous encore, ce qui matérialise le calcul économique. Le prix est la loi d’égalité matérielle entre ce que deux citoyens achètent et vendent pour eux-mêmes dans une même transaction conclue publiquement dans la démocratie. La démocratie est à la fois la condition d’existence de la chose publique qui s’échange et la raison de comparabilité des droits entre les citoyens qui transigent sur les choses et sur les prix.

La transaction détermine la monnaie qui fait le lien mathématico-logique entre les acteurs de l’échange, la matière de la chose échangée et la réalisation de la loi qui forme l’économie de l’échange. Dans sa description de l’échange économique toujours en vigueur depuis 24 siècles, Aristote constate à la marge et à la racine du prix en monnaie, une réalité nécessaire mais parfaitement immatérielle qui est la philia. Les deux notions contemporaines forment la philia aristotélicienne sont l’amitié et la fraternité.

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La chute des monnaies : UNE GUERRE NON DÉCLARÉE, par François Leclerc

Billet invité

Le marché monétaire continue de manifester une grande volatilité, selon cette expression qui affecte de rendre compte de ses soubresauts de manière vénielle. « Les problèmes des pays émergents vont-ils rester ceux des pays émergents ? », se demande-t-on aux États-Unis. Car cela devait arriver, à finance mondialisée, contagion généralisée. La « guerre des monnaies » est relancée sans être déclarée. Une fois encore, les États-Unis exportent leurs problèmes et perturbent l’économie des pays émergents, mais ils craignent cette fois-ci un retour de flamme.

Quels pourraient-être les canaux de transmission empruntés ? Des faillites en série des entreprises des pays émergents, endettées dans des devises étrangères, sont d’abord craintes, car elles affecteraient le commerce international. Ou bien des retraits de capitaux atteignant à leur tour des pays comme l’Espagne et le Portugal, qui relanceraient la crise de la zone euro. Car les banques centrales des pays émergents ne sont pas parvenues à empêcher le plongeon de leur monnaie, en dépit de la palette des mesures mises en œuvre, y compris en augmentant leur taux dans une ultime tentative d’attirer les capitaux étrangers, vitaux étant donné les déficits extérieurs ou budgétaires enregistrés. Plus préoccupant encore, les capitaux nationaux s’enfuient afin d’anticiper de nouvelles dévalorisations et se protéger.

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