Après le krach de septembre 2015, la paix ou la guerre, la fin de la civilisation ou la renaissance ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Il est tout à fait judicieux de nous alerter sur l’euphorie boursière depuis le début de l’année 2015. Le mécanisme par lequel la montée des indices boursiers précède et anticipe l’effondrement de la liquidité financière nominale est maintenant parfaitement connu. En fait les actions sont le dernier actif financier sur quoi sont placés les excédents de liquidité quand tous les autres ont amorcé leur retournement, c’est à dire leur dépréciation réelle.

Les perspectives mondiales de croissance réelle sont en déclin marqué depuis deux ans. Le surendettement général a mécaniquement obligé les banques à ne plus prêter qu’aux gros qui sont seuls capables de masquer leur situation économique réelle par de l’habillage comptable ou de l’ingénierie financière. Le maquillage financier de la réalité économique est à base d’effet de levier du crédit par des investissements microscopiques en capital réel humain et juridique.

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Système monétaire : comment prévenir la corruption de la liberté en licence, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. À propos de

Lundi 2 mars 2015, Institut de France
L’Académie des Sciences morales et politiques
a l’honneur de vous inviter à une conférence exceptionnelle
autour du thème :
Recréer un système monétaire international
Un futur Objectif des Nations Unies pour le développement durable ?
L’Académie des Sciences morales et politiques, en préparation du Sommet de New York de septembre 2015 qui fixera les futurs Objectifs des Nations Unies pour le développement Durable, souhaite attirer l’attention de la communauté internationale sur la nécessité de refonder un système monétaire international, seul garant de la soutenabilité des systèmes financiers et de l’économie en général et d’un retour à plus d’éthique et d’équité sur les marchés.
en présence des académiciens
Jean BAECHLER
Professeur émérite à la Sorbonne-Paris IV
Jacques de LAROSIÈRE
Directeur général du FMI (1978-1987)
Michel PÉBEREAU
Président de BNP Paribas (1993-2011)
Jean-Claude TRICHET
Président de la BCE (2003-2011)

 
Jean Baechler est membre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques dans la section Morale et Sociologie. Jean Baechler a pour confrères trois anciens banquiers, Jacques de larosière ancien Directeur Général du FMI, Jean-Claude Trichet ancien Président de la BCE et Michel Pébereau, ancien Président de BNP-Paribas. Le 2 mars dernier, le sociologue a demandé en séance publique à ses trois collègues du Quai Conti : comment dans le régime financier international actuel, prévenir la corruption de la liberté en licence ?

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La carte secrète d’Alexis Tsipras

Ouvert aux commentaires.

Si vous imaginez que la carte secrète d’Alexis Tsipras, c’est la Russie, parce que vous auriez pris à la lettre le fait que Panos Kammenos, nouveau ministre de la Défense en Grèce, président de ANEL, les « Grecs indépendants », partenaire de Syriza dans l’alliance gouvernementale, est un grand ami de la Russie, détrompez-vous.

La carte secrète de la Grèce, elle se trouve ailleurs. Tendez l’oreille, et prenez au sérieux la leçon d’économie de M. Obama hier dimanche : « on ne peut pas pressurer continuellement un pays en dépression : il vient un moment où doit intervenir une stratégie de croissance pour qu’il soit à même de rembourser ses dettes de façon à éliminer une part de son déficit ».

Pourquoi ce ton encourageant de M. Obama envers la Grèce ? Parce qu’il doit y avoir quelqu’un dans son entourage à avoir lu le livre de Yanis Varoufakis, nouveau ministre grec des Finances, ouvrage intitulé « Le Minotaure planétaire » (2011).

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Les propositions de Paul Jorion et Bruno Colmant dans « Penser l’économie autrement » (II) Que penser du « modèle allemand » ?

Couverture choisie

Si vous deviez choisir l’un des modèles économiques ? Serait-ce le modèle allemand, le modèle scandinave ou alors un autre modèle ?

Paul Jorion : Pour moi, la solution passe par un modèle de sortie de crise par le haut : par la restauration d’un système monétaire international. Celui que nous avions est mort, on le sait, en 1971, quand Nixon a dénoncé les accords de Bretton Woods de 1944, accords qui avaient entériné la position défendue à l’époque par les États-Unis, à savoir avec le dollar comme monnaie de référence : la seule ayant une parité or, les autres se définissant par leur taux de change par rapport au dollar, celui-ci pouvant être ajusté par la dévaluation ou la réévaluation.

Il a fallu attendre les années 1960 pour que Robert Triffin (1911-1993) explique pourquoi ce système ne pouvait en réalité pas marcher : le dollar servait à la fois de monnaie domestique aux États-Unis et de devise d’échange sur les marchés internationaux. Or une monnaie doit être le reflet d’une certaine richesse définissable avec précision : il ne peut pas en refléter deux comme on le lui demandait.

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LES ALLEMANDS N’ONT PAS TOUJOURS TORT ! par François Leclerc

Billet invité

Membres du gouvernement ou de la Bundesbank, les autorités allemandes nous ont habitués à des jugements à l’emporte-pièce, ainsi qu’à la défense inflexible d’une ligne invariable en raison de ses promesses futures, en dépit de ses effets désastreux et des tentatives de l’infléchir qui s’accentuent. Pas question de faire marcher la planche à billets pour soulager le poids de la dette, de la mutualiser en grand ou trop ouvertement, ou de ralentir le désendettement pour financer l’investissement et la relance qui le faciliterait !

La tentation est grande de n’y voir, au choix, que l’expression d’un égoïsme national – même s’il est à courte vue – ou d’une pensée économique dogmatique à laquelle la Bundesbank nous avait accoutumés lors d’épisodes précédents. D’autant qu’en Allemagne même l’affaiblissement de la croissance économique inquiète les milieux d’affaire, qui le font savoir par la bouche des quatre principaux instituts de recherche du pays – IFO, DIW, RWI et IWH – en dépit d’orientations divergentes.

Mais une autre approche peut être avancée, qui consiste à ne pas rejeter en bloc l’argumentation des autorités allemandes, tout du moins lorsqu’elle évacue des solutions qui n’en sont pas, sans autant avaliser les leurs. Lorsque par exemple elle s’oppose à l’appel lancé à la BCE d’escamoter la dette publique en l’achetant, ce qui évite de statuer sur le rôle de celle-ci comme substitut au développement des inégalités. Ou à la croyance que la croissance résoudra tout, afin d’éluder l’interrogation qui s’impose sur sa nature, son moteur et ses objectifs. En se réfugiant dans les deux cas derrière un tour de passe-passe.

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Fausse monnaie et vrais débats sur la réalité des nations, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Les Matins de France Culture nous livrait hier un débat de fond entre Michel Barnier futur ex-Commissaire Européen et Coralie Delaume qui publie « Europe, les États désunis ». Michel Barnier voit les rapports de force internationaux et en déduit que l’Union est incontournable pour préserver la place des Européens dans le monde. Coralie Delaume constatait que le système de la construction européenne consiste à vider la politique de tout contenu appréhendable par les peuples. Elle dénonce le siphonage du pouvoir des gouvernement nationaux au profit d’une administration supranationale. L’arbitrage abstrait des intérêts économiques remplace la politique concrète des nations. Michel Barnier confirmait que le jeu des intérêts nationaux est trop complexe face aux enjeux de la mondialisation.

Les débateurs avaient envie de tomber d’accord mais sont restés sur deux plans d’analyse actuellement inconciliables. Michel Barnier est en situation d’acteur et fait de la technique politique. Coralie Delaume observe les faits et pose la question de la finalité politique de cette construction institutionnelle de l’Europe effectivement inédite dans l’histoire de l’humanité. La désunion des États européens dans la révolution en marche de l’économie numérisée pose la question de la fonction humaine des nations et de leur représentation économique par des États nationaux et multinationaux.

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Le Président de la République Française va-t-il faire son travail ?, par Pierre Sarton du Jonchay 

Enfin une pensée juridique consistante. Mais il y manque encore et toujours la monnaie qui est l’unité de compte du droit dans la réalité. Sans monnaie, le Droit n’est que pur discours théorique concrètement inconnaissable par la réalité. La vraie monnaie est la réalité du droit dans tous les états possibles du vivre ensemble humain. Le droit délibératif est sans existence si la formation des états du vivre ensemble n’est pas économiquement discutable par des États constitués de souveraineté plurielle et multinationale.

Pour qu’un certain état du droit à un moment et en un lieu donnés de l’humanité soit effectué dans la réalité des gens, il faut une matérialisation de la loi délibérable dans une souveraineté monétaire de la société délibérante. Si la monnaie est unique comme aujourd’hui, un seul droit métaphysique et transcendant est appliqué par la cléricature financière de la religion féroce. Personne ne peut proposer d’autres contenus réalisables du droit que l’interprétation qu’en font les politiciens technocrates, les juristes patentés et les banquiers du paradis (fiscal).

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Monnaie d’objectivité démocratique contre subjectivisme monétariste libéral, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Quand Stéphane Feunteum affirme que la monnaie est déjà indexée sur l’énergie, il a subjectivement raison mais objectivement tort. La nature et la réalité de la monnaie n’appartiennent pas au domaine de la physique. Subjectivement raison puisqu’il est logiquement visible que la masse monétaire en circulation varie avec la production et la consommation d’énergie. Objectivement tort puisque l’indexation de la monnaie sur l’énergie ou sur la biomasse n’est pas réellement exacte ni efficiente. Si cette indexation est rationnellement et scientifiquement plausible, elle n’est pas en l’occurrence satisfaisante pour tout le monde !

Convenons que notre système économique est en défaut parce qu’il détruit plus qu’il ne produit pour une majorité d’individus humains sur la terre. L’augmentation quantitative de la population nourrie et en bonne santé relative ne compense pas la dégénérescence du lien social. La concurrence « libre et non faussée » à l’accaparement privé du bien commun provoque une conflictualité sur le droit-même à vivre ensemble sur une seule et même planète.

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Le système monétaire idéal de John Maynard Keynes (II) L’ordre monétaire né en 1944 à Bretton Woods

En 1944, deux propositions se retrouvèrent face à face à Bretton Woods : une proposition américaine, défendue par Harry Dexter White et une proposition britannique défendue par John Maynard Keynes.

Curieusement, les propositions américaine et britannique étaient plus proches l’une de l’autre durant la période de négociation qui précéda l’accord qu’elles ne le furent au final. Les Américains étaient ainsi bien disposés à l’origine à l’égard du principe d’une nouvelle monnaie de compte internationale, servant de base pour établir le taux de change entre les diverses monnaies qui continueraient elles d’exister comme avant, monnaie qui se serait appelée « unitas », tandis que les Britanniques proposaient eux une monnaie de compte internationale appelée « bancor ». À l’arrivée cependant, les Américains proposèrent de faire de leur propre devise la monnaie internationale, qui deviendrait ainsi devise de référence et acquerrait en conséquence le statut de devise de réserve dans les échanges internationaux. Les Britanniques s’en tinrent au bancor mais perdirent la partie. Avec l’économie américaine représentant en 1944, 70% de l’économie mondiale dans un contexte d’épuisement généralisé de nations saignées à blanc en raison de la guerre, le rapport de force était trop défavorable aux Britanniques dans les négociations.

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La résolution de la crise des dettes que la cupidité politico-financière fait semblant de ne pas comprendre, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Répétons encore une fois que la mécanique infernale de notre pseudo système monétaire international réside dans l’asymétrie de crédit entre les acteurs « off shore » et « in shore ». L’iniquité systémique internationale du crédit et de la dette est l’anéantissement mécanique délibéré de l’économie réelle par le privilège de la mafia politico-financière internationale d’emprunter librement sans limite.

Le « in shore » réunit toutes les transactions financières à l’intérieur d’une zone monétaire. Une zone monétaire est un territoire économique placé sous l’autorité d’une même banque centrale et d’un même système de régulation du crédit. A l’intérieur d’une zone monétaire, s’appliquent des règles de publicité des transactions financières. La publicité du crédit dans une zone monétaire donne aux autorités monétaires et bancaires la faculté de réaliser un équilibre général entre la masse monétaire et la liquidité de l’économie réelle ; équilibre général au comptant et à toutes les échéances futures des crédits consentis à la production de biens et de services réels.

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La tarification de produits financiers opaques, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Comment les électeurs des prochaines européennes doivent mettre fin au pillage politico-financier de la réalité

Un article du Wall Street Journal en date du 24 mars 2014 et intitulé « SEC Is Probing Dealings by Banks and Companies in Loan Securities », évoque l’enquête lancée par le régulateur étatsunien sur la titrisation de ces « crédits structurés » qui permettent aux banques, comme dans le cas fameux de Dexia, « de se débarrasser de leurs propres risques ». Ces titres, appelés CLO (Collateralized Loan Obligations) sont alors vendus par ces banques à leurs clients, « leur prix étant négocié à titre privé ». « Sont combinées ainsi, précise le Wall Street Journal, des sommes énormes dont les prix sont opaques ». Le quotidien ajoute que « l’un des objets de l’investigation est de déterminer si les grandes banques et les grosses firmes recourent à de tels produits comme autant de tours de passe-passe financiers pour faire disparaître de leur bilan des actifs indésirables ».

Cet article du Wall Street Journal montre excellemment que les mécanismes d’escroquerie financière qui ont provoqué la faillite des subprimes, prolifèrent sous l’impuissance totale du pouvoir politique et administratif. En fait le combat contre la « mafiaïsation » du monde par la finance est menée par des repentis et des insiders nostalgiques d’un bien commun public. En contrepoint cela signifie que les élites qui détiennent l’apparence du pouvoir politique sont complices ou carrément incompétentes ; comme Louis XVI qui l’a payé de sa tête…

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Déconstruction aristotélicienne de la malhonnêteté financière par la reconstitution de la démocratie, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Dans sa théorie fondatrice de l’économie véritable, de la science économique, du calcul des prix et de la monnaie, Aristote pose une éthique de l’acteur économique en le définissant comme citoyen de la démocratie. L’échange n’a de matérialité qu’à l’intérieur d’une société politique constituée, où les acteurs puissent se reconnaître comme parties intéressées à des choses communes qui puissent circuler au fil du temps. L’intérêt du citoyen est de reconnaître ses alter-ego dans la cité afin d’échanger avec eux ce qu’il ne peut pas produire tout seul.

La monnaie est selon Aristote comme pour nous encore, ce qui matérialise le calcul économique. Le prix est la loi d’égalité matérielle entre ce que deux citoyens achètent et vendent pour eux-mêmes dans une même transaction conclue publiquement dans la démocratie. La démocratie est à la fois la condition d’existence de la chose publique qui s’échange et la raison de comparabilité des droits entre les citoyens qui transigent sur les choses et sur les prix.

La transaction détermine la monnaie qui fait le lien mathématico-logique entre les acteurs de l’échange, la matière de la chose échangée et la réalisation de la loi qui forme l’économie de l’échange. Dans sa description de l’échange économique toujours en vigueur depuis 24 siècles, Aristote constate à la marge et à la racine du prix en monnaie, une réalité nécessaire mais parfaitement immatérielle qui est la philia. Les deux notions contemporaines forment la philia aristotélicienne sont l’amitié et la fraternité.

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La chute des monnaies : UNE GUERRE NON DÉCLARÉE, par François Leclerc

Billet invité

Le marché monétaire continue de manifester une grande volatilité, selon cette expression qui affecte de rendre compte de ses soubresauts de manière vénielle. « Les problèmes des pays émergents vont-ils rester ceux des pays émergents ? », se demande-t-on aux États-Unis. Car cela devait arriver, à finance mondialisée, contagion généralisée. La « guerre des monnaies » est relancée sans être déclarée. Une fois encore, les États-Unis exportent leurs problèmes et perturbent l’économie des pays émergents, mais ils craignent cette fois-ci un retour de flamme.

Quels pourraient-être les canaux de transmission empruntés ? Des faillites en série des entreprises des pays émergents, endettées dans des devises étrangères, sont d’abord craintes, car elles affecteraient le commerce international. Ou bien des retraits de capitaux atteignant à leur tour des pays comme l’Espagne et le Portugal, qui relanceraient la crise de la zone euro. Car les banques centrales des pays émergents ne sont pas parvenues à empêcher le plongeon de leur monnaie, en dépit de la palette des mesures mises en œuvre, y compris en augmentant leur taux dans une ultime tentative d’attirer les capitaux étrangers, vitaux étant donné les déficits extérieurs ou budgétaires enregistrés. Plus préoccupant encore, les capitaux nationaux s’enfuient afin d’anticiper de nouvelles dévalorisations et se protéger.

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Halte à la politique mondiale de bêtise financière, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Les enquêtes et les procès en cours ne laissent plus aucun doute sur la nature radicalement frauduleuse du pudiquement mal nommé « marché des changes ». Une transaction de change consiste à convertir un prix dans une monnaie en un prix normalement équivalent dans une autre monnaie. Comme l’équivalence est affaire de jugement, il existe nécessairement une incertitude dans la conversion d’un prix à terme par rapport au bien réel qui sera réglé dans une autre monnaie que celle qui libelle le contrat d’origine. Les « cambistes » se font une spécialité d’assurer leurs clients internationaux contre les incertitudes de la convertibilité des monnaies.

Depuis 1971 où le Président Nixon a officiellement suspendu la garantie du prix de l’or en dollar, le prétendu marché des changes est libre. Le risque de change est prétendument assurable par les opérateurs privés qui contrôlent le marché des changes… Aujourd’hui, avec les ordinateurs c’est hyper-simple de « calculer » n’importe quelle parité de change à terme sur n’importe quelle devise. Un seul petit ordinateur personnel fait le marché de n’importe quelle devise avec un minimum de trois opérateurs établis et reconnus dans des monnaies de référence qualifiées de réserve de change.

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – MONDIALISATION, par Michel Leis

Billet invité.

Mondialisation

La mondialisation est indissociable de l’histoire du capitalisme, elle a toujours été porteuse de promesses de surprofit. Dès l’époque romaine s’ouvre la route de la soie, synonyme d’énormes profits pour l’audacieux voyageur qui osait s’y lancer. Nés à la fin du XIème siècle, les premiers contrats de Societatis Maris ou de Colleganza créés dans le cadre d’un unique voyage couvrent les frais engagés par l’expédition entre des apporteurs de capitaux et ceux qui prennent le risque physique de l’expédition. Ils entérinent aussi une forme de partage des énormes bénéfices réalisés en cas de succès, qui va d’une répartition plutôt favorable au marchand dans le cas des contrats vénitiens ou plutôt en faveur de l’apporteur de capitaux dans le cas des contrats génois. En cas de succès, le rendement peut atteindre plusieurs fois le montant du capital investi, à la nuance près qu’il faut parfois attendre très longtemps pour le retour sur la mise de fonds initiale et que la prime de risque est très élevée. Les progrès de la navigation vont non seulement ouvrir de nouvelles routes, mais ils vont ouvrir la voie à une nouvelle forme de mondialisation : la prédation. Pourquoi troquer ou payer des marchandises quand l’esclavage permet de limiter le coût de production au strict minimum? Pourquoi acheter des matières premières quand on peut simplement se les approprier ? La colonisation va être un des enjeux majeurs du capitalisme entre la fin du XVème et le milieu du XXème siècle.

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Retrouver le vivre ensemble européen et à partir de l’Europe, le vivre ensemble mondial, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Je ne vois absolument pas pour qui je pourrai voter aux prochaines européennes. Je ne sais même plus si j’ai voté oui ou non au référendum sur la constitution. Le projet européen a été totalement falsifié par la cupidité et la spéculation. Le système est devenu carrément totalitaire : les instutions européennes procèdent à un anéantissement pur et simple des institutions de la démocratie en Europe du Sud. Les gouvernements de l’Europe du Nord piétinnent ouvertement la démocratie pour dissimuler leur faillite financière. L’euro est une machine infernale manipulée par le faux marché pour terroriser toute responsabilité politique vraie. Nous débarquons dans la nuit noire de la politique.

Mon secret espoir vient de la société numérique par laquelle nos institutions déchues tentent cranement de garder la main. L’espace numérique rétablit de fait l’économie politique par la continuité instaurée entre la représentation des individus dans des regroupement improbables et leurs échanges d’opinions, de discours, de prix et de règlements. Hors des frontières artificiellement établies, les opinions peuvent s’échanger, s’apprécier et se transformer en réalités tangibles par des engagements concrets négociables.

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LA COMPENSATION KEYNÉSIENNE NUMÉRIQUE À LA PLACE DE L’ÉCONOMIE CASINO, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Paul Jorion analyse la monnaie numérique « bitcoin » dans une interview à PCWorld à paraître en octobre. Le bitcoin y est qualifié de « monnaie-on-joue » qui n’a rien des attributs de la « monnaie-on-ne-rigole-pas ». On découvre que le bitcoin n’est pas sérieux pour les mêmes raisons que celles qui provoquent l’effondrement actuel de la crédibilité des monnaies légales.

Cette explication de Paul est une parfaite introduction à la chambre de compensation numérique. Le problème du bitcoin libertarien d’aujourd’hui est qu’il ne s’adosse à aucun système commun de droit. Aucune autorité publique ne vérifie que les prix virtuels attribués aux objets achetés ou vendus en bitcoin donnent lieu à la livraison de biens et services réels ; lesquels n’ont de réalité que conformes au bien commun des acheteurs physiques réels.

Pour que la « monnaie-on-joue » puisse devenir une « monnaie-on-ne-rigole-pas », il faut effectivement qu’un État de droit soit dépositaire des règles du jeu et les applique aux joueurs « pour de vrai ». La compensation numérique le permet. Potentielle dans le bitcoin actuel, la compensation est un processus logique de garantie de la vérité par la virtualité. La virtualité garantit la vérité par la publicité. Comment ? Par l’identification numérique des personnes.

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LA LIVRE STERLING ET L’ÉTALON-OR (III) LE MÉTAL JAUNE

Le feuilleton Keynes jusqu’ici :


4-août L’HOMME QUI S’AVÉRA TOUJOURS AVOIR EU RAISON ET NE FUT JAMAIS ÉCOUTÉ
5-août UN OBJECTEUR DE CONSCIENCE INTENDANT DES TROUPES (I) LE DÉNI
6-août UN OBJECTEUR DE CONSCIENCE INTENDANT DES TROUPES (II) LA RÉSISTANCE PASSIVE
6-août UN OBJECTEUR DE CONSCIENCE INTENDANT DES TROUPES (III) LA REVANCHE DE L’INTELLECTUEL
12-août EN 1919, JOHN MAYNARD KEYNES A TRENTE-SIX ANS, ET IL N’A ENCORE RIEN À REPROCHER À LA THÉORIE ÉCONOMIQUE
14-août LES ENFANTS « BONS EN MATHS » QUI RESTERONT CEPENDANT SCEPTIQUES QUANT AUX MÉRITES DE CETTE BRANCHE DU SAVOIR
15-août KEYNES ET LES ÉCONOMISTES : DEUX CONCEPTIONS DU MONDE INCONCILIABLES
16-août LE HASARD SIMPLIFIÉ POUR RENDRE LA FINANCE SOLUBLE
17-août EXPRESSION SPONTANÉE ET STRATÉGIE EN FINANCE ET EN ÉCONOMIE
19-août LA LIVRE STERLING ET L’ÉTALON-OR (I) LES MISES EN GARDE DE KEYNES
21-août LA LIVRE STERLING ET L’ÉTALON-OR (II) LE CHARYBDE DE L’INFLATION ET LE SCYLLA DE LA DÉFLATION

 

Pourquoi l’or a-t-il pu si longtemps servir de monnaie ? D’abord parce qu’il présente bien : parce que, comme l’écrit Keynes dans A Tract on Monetary Reform (1923), le livre où il mène croisade contre le retour de la Grande-Bretagne à l’étalon-or : « il bénéficie toujours du prestige que lui donnent son parfum et sa couleur » (Keynes [1923] 1931 : 174). Ensuite parce qu’il est imputrescible et n’est pas non plus l’un de ces métaux qui s’oxydent ; il résiste donc bien aux manipulations multiples et s’accommode des intempéries et du temps qui passe. Mais surtout parce qu’étant richesse en soi (échangeable en tant que tel lorsque l’État, garant d’une monnaie fiduciaire, fondée sur la confiance, s’effondre), il a toujours pu apparaître comme la « doublure » naturelle de la nouvelle richesse créée au sein d’une nation, faisant en sorte qu’une monnaie fondée sur l’étalon-or semble présenter une disposition « naturelle » à assurer la stabilité des prix.

Pourquoi est-ce ainsi ? Parce qu’une société qui s’enrichit en produisant des marchandises, trouve dans l’ensemble de l’or en même proportion. Keynes explique cela :

« … il s’est fait que le progrès dans la découverte de mines d’or avançait en gros du même pas que le progrès qui intervenait dans d’autres domaines – une correspondance qui n’était pas une pure affaire de chance, parce que le progrès en ce temps là, du fait qu’il était caractérisé par une ouverture graduelle de la surface du globe et son exploitation, impliquait assez logiquement qu’étaient découverts pari passu, des dépôts d’or dont l’accès était de plus en plus malaisé » (ibid. 174).

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 23 AOÛT 2013

Sur Youtube.

Où l’on reparle d’un système financier en très piteux état…
… et où l’on préconise une fois de plus de restaurer l’interdiction de la spéculation

La dépendance à la planche à billet

Pour ceux qui ont raté les épisodes précédents :
– Blog de PJ : Le temps qu’il fait le 28 juin 2013
La déclaration de Ben Bernanke le 19 juin 2013
4 milliards de dollars imprimés par jour font du dollar une monnaie de singe
La fin du carry trade  est une catastrophe pour le real brésilien, la roupie indienne

La complexité non-maîtrisée

La panne du NASDAQ le 22 août et l’erreur de trading de Goldman Sachs la veille
Ma simulation d’un marché : « Adam Smith’s Invisible Hand Revisited. An Agent-Based simulation of the New York Stock Exchange », Proceedings of the 1st World Conference on Simulation of Social Systems, Kyoto, August 2006, Vol. I, Springer Verlag : 247-254
Conclusion : Les marchés ne peuvent fonctionner que parce que personne n’y comprend rien
Keynes et la théorie des « anticipations rationnelles » se trompent tous deux sur ce point
En comprenant mieux les marchés que les êtres humains, les Algos les détruisent

Interdire les paris sur les fluctuations de prix

Ramener la finance à sa taille légitime (-80%)
Glass-Steagall Act, Taxe Tobin ne sont que des demi-mesures
Keynes en 1936 : « Les spéculateurs sont inoffensifs aussi longtemps qu’ils ne sont qu’autant de bulles à la surface du flot régulier de l’esprit d’entreprise. La situation devient cependant sérieuse quand c’est l’esprit d’entreprise qui se transforme en une simple bulle à la surface d’un tourbillon spéculatif. Quand la fructification du capital d’une nation se transforme en sous-produit de l’activité d’un casino, le travail est rarement bien fait »
La spéculation était interdite en France jusqu’en 1885, en Belgique, jusqu’en 1867

Restaurer un ordre monétaire international

Comme dans la période 1944 – 1971 : le bancor et la chambre de compensation multilatérale internationale
Frédéric Lordon : « Sortir de l’euro ? », août 2013
L’appel de Zhou Xiaochuan, gouverneur de la banque centrale chinoise

– Blog de PJ : La Chine, arbitre des élégances financières, par Paul Jorion, le 7 juin 2010
– Blog de PJ : Bancor : L’appel de Zhou Xiaochuan, dix-huit mois plus tard, par Pierre Sarton du Jonchay, le 18 octobre 2010
 

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Le fondement de l’économie dans la personne : la monnaie du vivre ensemble, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Escroquerie libérale

Depuis plusieurs années maintenant, le Blog de Paul Jorion milite pour la réforme keynésienne de l’économie mondialisée. Cette proposition suscite le scepticisme : l’ancienneté de la doctrine keynésienne de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie n’a-t-elle pas déjà permis les expérimentations qui démontrent son inefficacité ? L’économie mondiale n’a-t-elle pas été keynésienne jusqu’à la révolution libérale des années quatre-vingts ?

En fait, Keynes n’a jamais été appliqué que par des recettes extraites d’une théorie détachée de ses fondements. Keynes est le théoricien de la régulation publique de l’économie ; régulation que le libéralisme en vigueur depuis la révolution industrielle a interprété comme une auto-réglementation privée. La régulation est la construction publique d’une finalité politique commune des échanges ; la réglementation s’arrête à une théorisation statique des biens que les intérêts privés particuliers exécutent miraculeusement par eux-mêmes.

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