LE BALLET DES RENDEZ-VOUS SE POURSUIT, par François Leclerc

Billet invité.

Le jeu s’est calmé et le baromètre de la Bourse d’Athènes l’a enregistré lundi matin. Angela Merkel, qui se place sur la réserve, sera bientôt la seule à ne pas rencontrer la nouvelle équipe grecque. Mais, après avoir dîné avec François Hollande à Strasbourg, elle a téléphoné à Matteo Renzi, devançant leurs rendez-vous respectifs avec Alexis Tsipras. Barack Obama ayant déclaré sur CNN que « on ne peut pas continuer à pressurer des pays qui sont en pleine dépression », et que « à un moment donné, il faut une stratégie de croissance pour pouvoir rembourser ses dettes », le secrétaire d’Etat au Trésor Jack Lew a déjà rencontré Yanis Varoufakis, le ministre grec des finances. Celui-ci a annoncé vouloir aller à Berlin et Alexis Tsipras devrait rencontrer d’ici la fin de la semaine Jean-Claude Juncker, le président de la commission. Le FMI ne dit mot quant à lui.

Un accident de parcours peut toujours arriver, mais l’esquisse d’un premier accord se dessine au lendemain de la rencontre parisienne d’hier du ministre français des finances Michel Sapin avec son homologue grec. Ce dernier réclame « un nouveau contrat pour la Grèce et toutes les nations » (européennes), par opposition à toute extension du plan de sauvetage dont l’échéance arrive, et il propose la fin mai pour parvenir à un accord. A la demande d’un tel délai, Michel Sapin reconnait qu’il faut « laisser le temps de respirer » au nouveau gouvernement, mais il n’en vient pas au contenu du délicat chapitre du contenu de l’accord futur à trouver, tout en assurant que « la France accompagnera, facilitera, sera toujours là pour qu’on trouve une voie, une solution qui permette à chacun de surmonter ses difficultés ».

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Obama chahuté alors qu’il défend sa nouvelle politique d’immigration

(Reuters) Tue Nov 25, 2014 7:19pm EST

Le Président Barack Obama a été interrompu à plusieurs reprises par des perturbateurs alors qu’il expliquait mardi sa nouvelle politique d’immigration. Ils lui reprochent de ne pas aller assez loin dans la protection des immigrants illégaux contre la déportation.

Le Monde : Où vivent les migrants bientôt régularisés aux Etats-Unis ?, le 23 novembre 2014

Amy Obama

© Amy

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Le 4 novembre 2014 : jour noir pour la survie de l’espèce

Élu pourtant par l’élan de tout un peuple, l’attentisme d’Obama lui avait rapidement fait perdre sa majorité de rêve au Congrès. Jamais si peu n’avait été annoncé durant les cent premiers jours d’un président US. Il lui a fallu davantage de temps pour perdre sa majorité au Sénat. Il y est parvenu hier.

La raison : une très grande pusillanimité. Seul son combat pour l’Obamacare, son programme d’assurance-maladie, a révélé chez lui des velléités de courage. Sinon… que d’alignements sur la politique prônée par ses adversaires républicains, voire même par la seule aile droite de ce parti.

Le grand perdant d’hier : le combat pour l’environnement. Contre le réchauffement climatique en particulier. Dire que la température monte, et le niveau de la mer aussi, ce sont des choses qui gênent le business, et dont on n’entendra du coup plus parler dans le proche avenir outre-Atlantique.

Une très grande partie, pourtant très loin d’être gagnée, s’est peut-être jouée hier. Le 4 novembre 2014 : jour noir pour la survie de l’espèce.

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LE 21 JUIN 2083 : Hommage mondial à Edward Snowden !, par Jacques Seignan

Billet invité.

[Extrait de l’Encyclopaedia Galactica – Précis d’Histoire uchronique, le XXIe siècle (1)]

Edward J. Snowden mourut centenaire, entouré des siens, dans la reconnaissance et le respect de l’Humanité toute entière. Ses funérailles nationales et mondiales eurent lieu sur la colline du Capitole, le 21 juin 2083, à Washington, capitale des États-Unis d’Amérique. Une foule d’un demi-million de personnes était réunie sur le National Mall, devant son catafalque au pied de la statue de Lincoln, pour honorer son héros. La Présidente des États-Unis, Madame Rigoberta V. Hernandez-Smith fit un émouvant discours devant le Congrès américain en présence du Secrétaire général de l’ONU et des principaux dirigeants de la planète […].
Après avoir évoqué la mémoire de Martin Luther King Jr, là même où il prononça son fameux discours, elle rappela naturellement le précédent de la cérémonie officielle d’hommage à Nelson Mandela, dans le stade de Soweto, le 10 décembre 2013 : le monde entier uni pour célébrer le courage d’un autre combattant de la liberté (2). Comme lui, jeune homme, il avait tout sacrifié, famille, vie normale, carrière, pour une cause qu’il pensait être supérieure à sa propre liberté ou même à sa propre vie (3). Comme Nelson Mandela, au début il fut un paria aux yeux des puissants de ce monde. Lors de sa tentative pour rejoindre un autre pays d’asile, la CIA le kidnappa contre toute règle du droit international – mais ils avaient l’habitude de procéder ainsi, au-dessus des lois avec des complices un peu partout (4) – et, comme lui encore, il passa de longues années en prison dans de dures conditions d’isolement. Mais rien ne le fit renoncer. La Deuxième Révolution américaine permit enfin non seulement de le faire libérer mais ensuite de lui donner un rôle à sa hauteur : il devint le 50ème Président des États-Unis d’Amérique […].

Ainsi un seul homme avait-il déclenché un changement majeur dans le cours de l’Histoire comme cela peut arriver de façon très rare mais récurrente, jouant comme un rôle de catalyseur, souvent pour le meilleur, parfois pour le pire. La lutte fut certes longue, indécise et au début sembla par trop inégale. Mais le grain de sable était là : les yeux s’ouvrirent enfin devant un déluge de révélations, les unes les plus incroyables que les autres (des pays entiers mis sous écoute par exemple). L’entreprise de surveillance la plus totalitaire jamais vue – menée par la National Security Agency, NSA (5) – fut finalement démantelée grâce à son action exceptionnelle (une œuvre de salut public), tout comme le Héros sud-africain contribua à mettre fin à l’apartheid. Les conditions d’émergence de ce type de pathologies sociales (NSA, apartheid etc.), conséquences monstrueuses d’une civilisation fondée sur les inégalités extrêmes, le capitalisme comme stade ultime du néolithique, furent rendues impossibles par l’avènement d’une nouvelle étape dans l’Histoire des Hommes, après le Grand Tournant.

La leçon historique est connue : il est plus facile de célébrer un héros après sa mort que de son vivant ; le courage des héros vivants est trop dangereux pour les castes dominantes en raison de  risques de contagion sérieux et avérés .

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Faire dire par Obama ce que l’on n’a pas l’habitude d’entendre en France, par Komensamarchvrèmant

Billet invité.

Hollande et Fabius ne se sont pas mis en tête de demander à Obama de prendre son téléphone pour demander aux Procs comme l’on dit ici, d’arrêter les ennuis faits à ces braves petits dirigeants de la BNP-Paribas. Ils laissent le soin à Sapin et Jouyet de gérer la casse. C’était pour obtenir la réponse officielle donnée par Obama lors du G7 : « Je ne connais pas le N° de tél de l’Attorney General ! »

Pourquoi il fait comme cela Hollande ? Eh bien parce qu’en France jusqu’en 2012, c’était une pratique habituelle des puissants de passer par les Politiques pour que les Procureurs cessent de regarder là où il y a des faits répréhensibles à imputer à tel ou tel VIP. Le summum c’était la Sarkosie et beaucoup n’ont toujours pas compris que c’est fini. La loi est récente, ils n’ont pas encore pris le temps d’en parler dans les dîners en ville mais ils croient encore que les magouilles dans leur monde de connivences entre gens intelligents bien élevés sont encore tout à fait possibles, après tout, aucun d’eux n’a encore été mis au cachot VIP à la Santé.

Les banques en France sont tenues sans doute autant qu’ailleurs par la grande bourgeoisie et cette grande bourgeoisie tient aussi les média. Lesquels média se gardent bien de rapporter les magouilles reprochées (ils ne sont pas abonnés à la presse US). Seul un journaliste de France 2 a lâché 3 secondes d’explications au 20h.

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Edward Snowden : ILS NE SONT PAS AU BOUT DE LEUR PEINE, par François Leclerc

Billet invité.

Auditionné mardi par la commission judiciaire de la Chambre des représentants, James Cole, le ministre adjoint de la justice, aurait aimé être ailleurs. Il a du reconnaître que « oui, probablement » les numéros de téléphone des bureaux de la Chambre avaient été soumis à une collecte des données de la NSA. L’audition est devenue plus scabreuse lorsque les conversations téléphoniques entre Angela Merkel et Barack Obama ont été évoquées : « le Président avait-il été écouté ? » a été la question. James Cole a refusé de répondre mais a promis de le faire ultérieurement…

Les choses n’en sont pas restées là : le président de la commission a prévenu que le stockage des données collectées par la NSA à des entreprises privées » (comme tiers de confiance) proposé par Barack Obama « pourrait soulever davantage d’inquiétudes sur la protection de la vie privée qu’il n’en résoudrait ». Un représentant auteur de la loi antiterroriste votée après les attentats du 11 septembre a annoncé que la section 215 de celle-ci, sur laquelle s’appuie la NSA pour justifier ses collectes de renseignements, ne trouverait pas de majorité pour la renouveler lors de son expiration en juin prochain si elle n’est pas modifiée.

En Allemagne, les enquêteurs de la chaîne NDR ont pu établir que la NSA avait espionné à partir de 2002 et le temps de son deuxième mandat Gerhard Schröder, le prédécesseur social-démocrate d’Angela Merkel. Derrière le même code « 388 » de la NSA se dissimule le nom du chancelier en titre. Pour mémoire, Barack Obama a tenté de désamorcer le tollé créé par la révélation de la surveillance téléphonique d’Angela Merkel, en annonçant qu’elle avait cessé et que, lui président, cela ne recommencerait pas…

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MONSIEUR OBAMA, RÉVEILLEZ-VOUS : VOTRE PAYS FOUT LE CAMP !

M. Obama s’apprête à annoncer que le candidat de son choix au poste de gouverneur de la Federal Reserve, la banque centrale américaine, est Mme Janet Yellen, qui sera le successeur à ce poste de Ben Bernanke, non renouvelé.

Mais non M. Obama : le candidat de votre choix, c’était Larry Summers, l’homme qui pensait, quand il dirigeait l’université de Harvard, que s’il y a moins de femmes que d’hommes dans les carrières scientifiques, c’est en raison d’un problème lié à leur cerveau, l’homme qui préconisait, quand il était économiste en chef de la Banque Mondiale, de polluer de préférence les pays sous-développés parce que les frais de santé y sont moins élevés. Le fossoyeur du Glass-Steagall Act, c’est lui aussi. C’était Summers votre candidat, et seule une fronde des sénateurs au sein de votre propre parti a su le contraindre à retirer sa candidature.

M. Obama, plus d’un quart de vos fonctionnaires sont rentrés à la maison parce qu’on a cessé de les payer. Dans huit jours exactement, si rien n’est fait d’ici là, votre pays est en défaut de paiement. Oui, vous avez obtenu le Obamacare, l’assurance-maladie universelle, mais rappelez-vous : c’est un vieux projet d’Hillary Clinton ressuscité. M. Obama, là où vous avez le mieux réussi jusqu’ici, c’est quand vous avez aligné vos positions sur celles du Tea Party, la frange extrémiste du parti de vos adversaires républicains. M. Obama, votre pays fout le camp, mais toutes vos erreurs, c’est nous tous qui les paierons un jour ou l’autre. M. Obama, réveillez-vous !

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« SHUTDOWN », POUVOIR DE L’ARGENT ET POPULISME

Quand j’ai eu l’occasion, mardi dernier, de bavarder avec Joseph Stiglitz, je lui ai posé la question de son influence actuelle sur la politique américaine. Il m’a expliqué qu’il venait de jouer un rôle dans le retrait de la candidature de Larry Summers au poste de gouverneur de la Federal Reserve, la banque centrale américaine, en coachant l’un des sénateurs qui faisait partie de la commission qui l’aurait interrogé sur la manière dont il entendait exercer son mandat.

« Pourquoi pas un rôle plus direct ? », lui avais-je alors demandé, « Pourquoi les administrations Obama ne vous ont-elles jamais offert un poste ? ». Sa réponse était sans surprise : parce qu’Obama était en 2008 le candidat de Wall Street.

Un peu provocateur, j’avais alors demandé : « Est-ce qu’il n’aurait pas mieux valu pour les US, à tout prendre que John McCain l’emporte en 2008 ? »
– « Ah non ! », s’était écrié Stiglitz : « Tout candidat présidentiel républicain est automatiquement l’otage du gros business ! »

Voilà donc où l’on en arrive dans un pays où le 1% au sommet truste 40% de la richesse de la nation : l’argent domine à ce point le processus démocratique que quand le peuple est appelé à voter pour un candidat à la présidence, le seul choix qui s’offre à lui est entre celui qui représente Wall Street et celui qui représente la US Chamber of Commerce. À ma gauche, l’argent spéculatif sans foi ni loi, à ma droite, l’argent du profit, fondamentaliste et raciste.

Que font, le jour de l’élection, les gens qui aimeraient que l’argent ne joue pas le rôle qu’il joue aujourd’hui en politique ? La réponse est simple : ils vont à la pêche ou ils votent pour le moins pire des candidats, c’est-à-dire celui qui est à la botte de Wall Street plutôt que celui qui est à la botte de la Chambre de Commerce.

Est-ce que cette découverte nous aide à deviner ce qui va se passer dans les jours qui viennent en ce qui concerne le « shutdown », la fermeture (partielle) de l’administration fédérale intervenue hier lundi ? Pas vraiment parce que même s’il s’agit d’argent d’un côté comme de l’autre, les positions sont extrêmement polarisées : il y a d’un côté ceux qui sont en faveur d’une assurance-maladie universelle parce que la spéculation pompant son argent sur l’économie réelle, il faut que les gens aillent travailler, et il y a de l’autre côté, ceux qui sont pour la disparition de l’État, parce qu’une fois celle-ci réalisée, chacun aura autant de pouvoir que celui que lui assure l’argent dont il dispose et l’on pourra décomposer le pays, pour le bonheur de tous, en provinces dirigées chacune par un Seigneur de la guerre ou toute autre forme de potentat.

Que dit le pouvoir de l’argent quand on le met en question ? Que celui ou celle qui le critique « verse dans le populisme le plus abject, source de tous les totalitarismes ».

Et il est vrai que le populisme est dangereux. Prenons l’exemple d’Hitler. En 1925, dans Mein Kampf, il s’enthousiasme pour la critique du pouvoir de l’argent qu’on trouve dans les livres de Gottfried Feder (1883-1941). Quelques années plus tard, les gros industriels, les Thyssen, les Krupp, etc. lui rappellent qu’il va avoir besoin d’argent, et que cela faciliterait beaucoup les choses s’il pouvait oublier les rêvasseries peu réalistes et peu pragmatiques de Feder, et lui, le Guide charismatique d’un Empire qui aurait dû durer mille ans, fait alors comme tous les autres avant lui : il s’écrase devant le pouvoir de l’argent.

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LAWRENCE SUMMERS RETIRE SA CANDIDATURE AU POSTE DE GOUVERNEUR DE LA FEDERAL RESERVE

Une note en passant, il faudrait y revenir plus longuement, sur le retrait de sa candidature au poste de gouverneur de la Federal Reserve, par Lawrence Summers, symbole des pires errements des milieux financiers durant la dizaine d’années qui a précédé la crise : exécuteur du Glass-Steagall Act, saboteur de toute tentative de réglementation des produits dérivés, utilisant en plus des sarcasmes, l’intimidation contre ses adversaires, jouant la banque contre l’administration alors qu’il faisait partie de celle-ci. Sans compter bien entendu qu’il ait dû quitter l’Université de Harvard dont il était le président, non pas comme on le dit aujourd’hui en raison du fait avéré qu’il ait joué et perdu sur les marchés financiers 1,8 milliard de dollars des fonds de l’université, mais chassé par un vote de ses collègues en raison de sa fameuse allocution en 2005, où il « prouvait » que la sous-représentation des femmes dans les carrières scientifiques était due à leur « plus faible aptitude intellectuelle ».

Voilà la personne qui était encore jusqu’à sa démission annoncée tout à l’heure, le candidat préféré de M. Obama au poste de gouverneur de la banque centrale américaine.

Merci à la sénatrice Elizabeth Warren d’avoir été à l’origine du vent de fronde qui vient, fort heureusement, de balayer les prétentions injustifiées de Lawrence Summers.

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LES ÉTATS-UNIS ET LA SITUATION EN SYRIE

M. Obama a décidé de frapper la Syrie. Il demande seulement au Congrès de confirmer sa décision dans une dizaine de jours, le lundi 9 septembre, lorsque celui-ci rentrera de vacances. Il sait que seuls 9% des Américains sont, selon les sondages, en faveur d’une telle action et il n’ignore pas non plus que M. Cameron, le premier ministre britannique, a essuyé lui un refus de son propre parlement jeudi dernier : on apprend aujourd’hui que seuls 20 députés sur 304 de son propre parti, le parti conservateur, soutenaient pleinement sa décision d’intervention aux côtés des États-Unis.

La France débattra de la question le mercredi 4 septembre. Pourrait-elle décider de frapper seule la Syrie ? Prérogative de la Ve république, rien n’interdit au président français de prendre la décision avant même la date du débat.

Espérons en tout cas que cette victoire du processus démocratique en Occident n’encouragera pas certains sur le terrain, de part et d’autre du conflit, à mettre en péril une fois de plus, les populations civiles, et tant qu’on y est, militaires également.

N. B. : Petit coup de chapeau au passage à la presse française qui est parvenue aujourd’hui à traduire dans son unanimité « high confidence », l’expression utilisée par John Kerry, l’équivalent d’un ministre des affaires étrangères aux États-Unis, par « forte certitude », alors qu’une explication était offerte sur la signification de l’expression dans la déclaration officielle :

A high-confidence assessment is the strongest position that intelligence analysts can take short of « confirmation ».

Autrement dit : un degré de confiance dans l’information un cran en-dessous de la « confirmation ».

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LA DÉFENSE DE NOTRE SOUCI (LÉGITIME) DE PROTECTION DE LA VIE PRIVÉE

Vendredi dernier, le Président Obama a déclaré qu’il comprenait notre souci (légitime) de protection de la vie privée. Il a même expliqué qu’une mesure qu’il avait prise pour la protection des « lanceurs d’alerte » aurait protégé Edward Snowden, si celui-ci avait respecté les formes. Joe Davidson, chroniqueur au Washington Post, nous explique cet après-midi (dans « Le commentaire ‘trompeur’ de M. Obama sur la protection des lanceurs d’alerte ») que « ce n’est pas tout à fait exact ». Quoi qu’il en soit, M. Obama avait précisé qu’il allait nommer à la Foreign Intelligence Surveillance Court, la cour secrète de Surveillance du renseignement étranger, un défenseur de notre souci (légitime) de protection de la vie privée. La nomination vient de tomber : il s’agit de M. James Clapper, dont la fonction présente est United States Director of National Intelligence, en français : Directeur du renseignement national des États-Unis.

Eh bien quoi ? M. Obama avait simplement dit qu’il allait nommer un défenseur de notre souci (légitime) de protection de la vie privée, il n’avait à aucun moment prononcé le mot « indépendance », et sur ces questions là, il vaut mieux nommer un expert que quelqu’un qui n’y comprend rien.

C’est comme en finance : quand il s’agit de mettre le secteur bancaire au pas, il vaut mieux nommer un ancien directeur de banque : on a comme ça quelqu’un qui sait au moins de quoi il parle. Et ça fait un chômeur potentiel de moins !

Avant-hier, dans BONJOUR MADAME LA TERRE, le dimanche 11 août 2013 à 8h39, je disais (je suis allé me réécouter pour vous dire ça texto) : « Je ne peux pas parler de tous les symptômes du capitalisme en effondrement : il y a trop, et tout ça n’est pas très intéressant : ce ne sont que les manifestations supplémentaires d’un système en bout de course », mais ça ne veut pas dire que je ne prendrai pas le temps, à l’occasion, de rapporter, comme ici, les cas les plus hilarants.

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« George W. Obama » ou bien « Bush III » ?

La une du site Internet américain Huffington Post, le 7 juin.
La une du site Internet américain Huffington Post, le 7 juin. | DR

 

Un article du Monde en ligne :

« George W. Obama », titre le Huffington Post en une de son site Internet. « Le quatrième mandat de Bush », renchérit le site Internet Politico. Le président Barack Obama est raillé par la presse américaine, après les révélations du Guardian sur les saisies de relevés téléphoniques effectuées par les services de renseignement auprès de l’opérateur américain Verizon, et celles du Washington Post sur la manière dont la NSA et le FBI accèdent à des données sur les utilisateurs de neuf géants américains de l’Internet.

Le 16 mai 2009, ici-même, sur le blog : Bush III.

Un extrait :

Qu’est-ce qu’ils pensent aujourd’hui, Pete Seeger et Bruce Springsteen ? Je préfère ne pas le savoir, ça me ferait trop mal. Ils voient en Larry Summers une nouvelle version de Cheney, autre âme damnée sardonique sortie tout droit d’une bande dessinée, en Timothy Geithner, un double de Paulson, mais en pire puisque l’ancien Secrétaire au Trésor tenait au moins tête aux patrons de Wall Street, ils voient la torture passée aux pertes et profits de la Realpolitik, et Guantanamo remis sur les rails grâce à des tribunaux d’exception ripolinés de neuf.

On avait eu Néron. Beaucoup ont voté en croyant qu’ils auraient Marc-Aurèle (ah ! les livres d’Obama : tant de bons sentiments !). À la place, on a Vespasien : « L’argent n’a pas d’odeur ! ».

Obama = Bush III.

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LE MONDE-ÉCONOMIE, C’est aux États-Unis qu’a lieu le débat droite-gauche, lundi 14 – mardi 15 janvier 2013

C’est aux Etats-Unis qu’a lieu le débat droite-gauche

On avait l’habitude de dire qu’il n’existe pas, aux Etats-Unis, une gauche et une droite comme en France, les partis démocrate et républicain étant pratiquement interchangeables. Pour autant que l’opinion ait été justifiée à l’époque où on l’émettait, les événements récents, outre-Atlantique, autour de la « falaise fiscale », et en France, avec le cadeau de 20 milliards d’euros offert aux entreprises par le pacte de compétitivité, suggèrent qu’elle a en tout cas cessé d’être vraie, voire même que la situation s’est entièrement inversée.

Un accord est intervenu aux États-Unis durant la nuit de la Saint-Sylvestre sur ce qu’on appelle en effet, la « falaise fiscale » : un ensemble de mesures dont la liste avait été rédigée en août 2011 comme entrant automatiquement en vigueur le 1er janvier 2013 au cas où un accord entre démocrates et républicains ne serait pas intervenu entre-temps pour maîtriser la hausse inexorable de la dette publique.

Le plafond de la dette publique est déterminé aux États-Unis par la loi or, ayant été atteint au printemps 2011, il fallait impérativement le relever. Un accord de dernière minute était intervenu au début du mois d’août, consistant essentiellement à remettre la solution des questions épineuses à plus tard. Pour encourager Congressistes et Sénateurs à ne pas temporiser davantage, un brouet empoisonné et dissuasif avait été concocté : un ensemble de mesures inacceptables aux uns et aux autres, qui entrerait automatiquement en vigueur le 1er janvier 2013. Pour dégoûter les démocrates : des atteintes à l’État-providence – ou l’État de Bien-Être, comme l’on dit plus respectueusement là-bas ; pour écœurer les républicains : des coupes sombres des dépenses militaires, des bénéfices des cliniques privées et de l’industrie pharmaceutique dans le cadre de Medicare, l’assurance maladie-invalidité des retraités.

Vu la polarisation de la vie politique aux États-Unis depuis le début de la crise, aucun progrès n’intervint durant la période de dix-huit mois, les deux partis campant sur leurs positions respectives.

Du côté républicain, l’objectif est celui de la réduction progressive de la dette, assorti d’une contrainte supplémentaire : la baisse de l’impôt. Conjointement, les deux soucis impliquent une réduction des dépenses de l’État. La seule variable d’ajustement étant dans ce cas de figure la protection sociale, c’est elle qui ferait nécessairement les frais de l’opération.

Du côté démocrate, dont l’électorat est aujourd’hui constitué massivement de la partie féminine de la population américaine et des minorités hispanique, afro-américaine et asiatique, l’objectif est unique : assurer l’intangibilité de la protection sociale.

La minorité asiatique étant aujourd’hui plus riche que la majorité blanche, l’électeur moyen républicain est plus âgé et plus pauvre que celui du parti démocrate.

L’irréductibilité des positions est évidente : un clivage net existe aujourd’hui aux États-Unis entre une droite et une gauche sur la question de l’État de Bien-Être, dont les modalités et l’extension-même sont considérées négociables par la droite et non par la gauche. Les choix sont désormais des choix de société reposant sur deux analyses aux conclusions irréconciliables : pour les uns, la société est saine mais pénalisée par des impôts excessifs et une protection sociale à la fois inutile et trop coûteuse, pour les autres, le système de partage de la richesse nouvellement créée est déséquilibré : une moitié de la population se partage 2% du patrimoine, tandis qu’1% de la population en détient le tiers, celui-ci, faute d’opportunités d’investissement productif en raison du trop faible pouvoir d’achat de la population dans son ensemble, spécule, déréglant le mécanisme de formation des prix.

Dans un tel contexte d’affrontement, les prétendues « solutions de compromis », qu’il s’agisse de celle intervenue le 2 août 2011 ou le 1er janvier 2013, n’en sont pas véritablement : l’irréductibilité des points de vue interdit tout compromis, et les seuls accords qui puissent être conclus portent sur le fait de reporter à plus tard la recherche d’authentiques compromis, aujourd’hui introuvables, les deux modèles de société en présence étant irréconciliables.

Warren Buffett, le milliardaire d’Omaha, Nebraska, déclarait il y a quelques années que la lutte des classes existe aux États-Unis, que ce sont les riches comme lui qui la mènent, et qu’ils l’ont déjà gagnée. M. Obama disposait d’une majorité de rêve au moment de sa première élection à la Présidence, une majorité authentiquement de gauche pour la première fois dans l’histoire récente des États-Unis. Or son alignement systématique sur des positions de droite, provoquant le découragement de ses partisans, permit au parti républicain de regagner en peu de temps une majorité au Congrès. Paradoxe de plus, mais l’histoire en est faite, c’est la cohabitation qui s’ensuivit et qui se poursuit durant son second mandat, qui a permis aux hostilités de reprendre dans cette lutte dont M. Buffett jugeait prématurément sans doute qu’il s’agissait d’une affaire réglée.

 

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CIA, AMOUR ET FANTAISIE

Dans le billet où je faisais part la semaine dernière de l’élection d’Obama à un second mandat, j’évoquais la situation difficile d’une « cohabitation », le président étant démocrate, tandis que sa majorité parlementaire est républicaine. J’écrivais :

Tout laisse présager que c’est à cela qu’Obama se verra confronté durant son deuxième mandat : une double radicalisation, des républicains et des démocrates, chacun de son côté, faisant monter la vocifération de part et d’autre, accompagnée d’une paralysie sur le plan politique, le Congrès et le Sénat parvenant à se neutraliser mutuellement, tandis que le Président tentera de se frayer péniblement un chemin à coups de décrets, d’« executive orders », dont son opposition républicaine mettra systématiquement en cause la constitutionnalité.

Or il existe un autre sort possible pour les « executive orders » que d’être contestés : qu’on s’en fiche éperdument et qu’ils soient simplement ignorés.

C’est ce qui apparaît en particulier de l’affaire Petraeus-Broadwell-Kelley-Allen à la une des journaux.

Si vous tombez des nues, un rapide résumé. Vous trouverez une version plus complète dans votre presse people favorite et, sans aucun doute, dans un grand film hollywoodien dont le tournage débute incessamment sous peu.

Le général David Petraeus, qui permit grâce au surge (la montée en puissance des forces militaires) de stabiliser la situation en Irak, est devenu ensuite, après un passage en Afghanistan, patron de la CIA. Il s’avère qu’il avait une liaison avec Paula Broadwell, sa biographe. Laquelle a cru bon d’engueuler par mails répétés Jill Kelley pour avoir peloté le général (excusez-moi : il faut que j’aille vite). Cette dernière, dont on apprend aujourd’hui qu’elle avait *éventuellement* une liaison avec le général John Allen, successeur de Petraeus en Afghanistan, a déposé plainte contre Broadwell, ce qui a lancé toute l’affaire et a conduit Petraeus à la démission, en attendant d’autres développements.

Passons maintenant au vraiment juteux. Le 11 septembre dernier, une foule en colère prend d’assaut le consulat américain à Benghazi en Libye. L’ambassadeur américain en Libye et trois autres personnes sont tuées. Hilary Clinton dit que c’est de sa faute et joue dans l’affaire le rôle de fusible.

Diverses explications circulent sur ce qui s’est vraiment passé. Le 26 octobre à l’Université de Denver, une explication que personne n’a encore avancée est offerte par Paula Broadwell dans une conférence qu’elle donne dans cette université où elle a autrefois fait ses études : la foule a pris d’assaut le consulat, affirme-t-elle, pour délivrer des prisonniers que la CIA y détenait secrètement.

« C’est impossible, s’écrie avec indignation la CIA, le Président Obama nous a interdit par « executive order » en 2009 de faire d’aussi vilaines choses ! »

Élément supplémentaire cependant, qui nous fait dérailler du people pour verser dans le secret défense : au moment où Broadwell fait ses révélations à Denver, Petraeus vient de rentrer d’une mission d’enquête en Libye pour tenter d’établir ce qui s’est réellement passé à Benghazi.

Allez, encore quelque chose pour terminer sur une note « amour et fantaisie ». Le Président Obama tombe des nues quand on lui apprend toute l’affaire quelques jours seulement avant la démission de Petraeus le 9 novembre. Tout le monde n’est cependant pas aussi mal informé que lui : Éric Cantor, à la tête de la majorité parlementaire républicaine, a lui été tenu au courant depuis le début de l’enquête par l’officier du FBI qui la mène, lequel en a été déchargé pour avoir envoyé des photos dénudées de lui-même à Jill Kelley, la rivale de Paula Broadwell, amante *éventuelle* du général Allen, etc. Le bon côté de l’affaire sans doute, c’est que tous ces généraux et compagnie, sont bien des gens comme nous.

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SECOND MANDAT POUR OBAMA

On n’aura donc pas eu droit aux affres des infinis recomptes de bulletins de vote que les États-Unis avaient connus en l’an 2000, puisqu’Obama l’aura emporté sur Romney avec une majorité assez nette. Du point de vue législatif, les républicains maintiennent leur majorité au Congrès, tandis que les démocrates renforcent de deux sièges la leur au Sénat.

Obama n’aura pas les coudées franches sur le plan législatif. Cela fera-t-il pour lui une réelle différence si l’on se souvient que lorsqu’il avait été élu, il disposait d’une majorité de rêve, mais n’en avait absolument rien fait, sinon attendre qu’elle s’effrite. Ses premiers cent jours, s’étaient égrenés tout en demeurant, à la consternation générale, le même désert.

Les Français ont vécu récemment une réédition du même scénario. Pourquoi, se demandera-t-on, de tels paradoxes ? Je hasarde une hypothèse : parce que dans l’un et l’autre cas, le vainqueur s’est déjà situé mentalement dans la phase suivante : celle du gouvernement d’unité nationale qui sera nécessaire pour faire admettre aux peuples qu’il n’y a plus rien à gagner à vouloir reconstruire à l’identique, et l’on se ménage l’opposition traditionnelle en faisant sa politique à elle plutôt que la sienne propre. On se souviendra ainsi de l’alignement consternant d’Obama sur certaines positions du « Tea Party », la frange libertarienne du parti républicain.

Pour qu’une telle stratégie puisse réussir, il faudrait qu’émerge un vaste consensus au centre. Or, et Obama a pu le constater durant son premier mandat, devant la détérioration de la situation qu’entraîne un tel attentisme, c’est précisément le centre qui s’effondre ; ce sont les extrêmes qui gagnent en puissance et les partis de gouvernement, centristes au départ, finissent par s’aligner sur ces extrêmes qui les débordent, et tout dialogue entre eux devient impossible.

Tout laisse présager que c’est à cela qu’Obama se verra confronté durant son deuxième mandat : une double radicalisation, des républicains et des démocrates, chacun de son côté, faisant monter la vocifération de part et d’autre, accompagnée d’une paralysie sur le plan politique, le Congrès et le Sénat parvenant à se neutraliser mutuellement, tandis que le Président tentera de se frayer péniblement un chemin à coups de décrets, d’« executive orders », dont son opposition républicaine mettra systématiquement en cause la constitutionnalité.

Certaines personnalités sont ainsi faites qu’elles se révèlent à leur avantage dans l’adversité plutôt que dans la félicité et espérons pour nous tous qu’il en sera ainsi dans l’avenir immédiat et ce, sur les deux rives de l’Atlantique. Ceci dit, préparons-nous plutôt au monde de demain qui se dessine par-delà l’énorme locomotive renversée du monde qui lui se termine, dont les roues dressées vers le ciel, tournent à vide, désespérément.

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ROMNEY vs. OBAMA (yawn…)

Oups ! On est à 48 heures (pas même) des élections présidentielles américaines, et je ne vous en ai encore rien dit (c’est dire si j’ai été passionné – d’où le « yawn » du titre = « bâillement sonore » en américain). C’est que ni l’un ni l’autre candidat n’a rien dit dans sa campagne électorale qui puisse faire penser qu’il veuille prendre le taureau par les cornes – non pas que les chefs d’État ou de gouvernements européens aient quoi que ce soit à leur remontrer sur ce point.

Jusqu’il y a quelques jours, et depuis un mois ou deux, j’étais convaincu que Romney allait gagner (l’effet d’apoptose dont je vous parle depuis quelques temps = la tendance des systèmes biologiques condamnés, à se suicider), et puis Michael Bloomberg, maire de New York, indépendant (ex-démocrate, puis ex-républicain), a pris position en faveur d’Obama, reprochant à Romney de s’être droitisé récemment pour des raisons purement électoralistes, mais surtout, dans le sillage du cyclone Sandy, de nier le changement climatique, et de mettre du coup en péril la vie des New Yorkais dans les années qui viennent – message reçu cinq sur cinq dans « the Big Apple ».

Du coup, 1 point ou un peu plus regagné par Obama, ce qui nous situe au niveau du match nul (voir le graphe de Real Clear Politics).

Alors ? Vous vous souvenez peut-être des recomptes fascinants de l’an 2000 dans le match Bush contre Gore, quand tout ne tenait qu’à un fil, à savoir les rondelles des perforations des bulletins de vote, dont il fallait déterminer si elles étaient plus ou moins à moitié pendouillantes ?

Les choses s’étaient réglées sur une décision de la Cour Suprême américaine qui, étant selon une vieille coutume de la République, majoritairement d’extrême-droite (le cauchemar de Roosevelt ! Scalia, Thomas, Rehnquist, Kennedy en particulier en 2000), avait choisi le candidat le plus proche de ses vues.

En cas de match nul cette fois-ci, la Cour Suprême, avec Alito dans l’ancien rôle de Rehnquist, confirmerait comme en 2000, le candidat le plus à droite, à savoir Romney.

© Real Clear Politics

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L’actualité de la crise : GRANDEUR ET DÉCADENCE, par François Leclerc


Billet invité.

Le leadership des deux premières puissances économiques mondiales est en suspens, et que peut-on en attendre ? Du côté chinois, la transparence n’est pas de mise mais les sinologues avertis du South China Morning Post annoncent que le camp des conservateurs aurait réussi à freiner l’offensive menée par les libéraux, et que la nouvelle direction chinoise désignée à l’occasion du XVIII éme congrès du PC chinois allait le refléter. Un pronostic à prendre avec des pincettes en attendant qu’il soit confirmé, tant l’on sait combien les jeux de pouvoir sont complexes et les évolutions souvent imprévisibles : l’histoire et la chute de l’URSS sont là pour le rappeler.

L’enjeu n’est pas mince et l’on comprend que le changement suscite comme toujours de très fortes résistances. La chute de la phénoménale croissance chinoise s’accompagne d’une montée inquiétante de la crise sociale, mais les tenants d’un modèle économique en bout de course s’opposent à des remises en question qui menaceraient leurs positions en privilégiant le développement du marché intérieur. Car ils craignent que la libéralisation économique et politique ne les emporte, un peu à la manière dont l’URSS a été emportée par la Perestroïka.

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L’actualité de la crise : LES ILLUSIONS DES UNS ET DES AUTRES, par François Leclerc

Billet invité

Inquiets de voir les Européens s’installer dans leurs divisions, Barack Obama a pris son téléphone. Au lendemain de la conférence téléphonique entre les ministres des finances et les banquiers centraux du G7, dont il n’est rien sorti, il a successivement appelé David Cameron, Angela Merkel et Mario Monti. Avec ce dernier, le renforcement de la zone euro et de la croissance ont été au centre de la discussion. Avec David Cameron, qui va rencontrer Angela Merkel à Berlin, il a été question de la nécessité d’un « plan immédiat ». Rien n’a filtré sur le contenu de la conversation avec Angela Merkel. Tous ont promis de rester en contact avec Barack Obama ces prochains jours, avant de se retrouver au G20 de Mexico, qui a lieu les 18 et 19 juin, signe qu’il y a encore du pain sur la planche pour mettre d’accord ce petit monde.

N’attendant rien des gouvernements, les marchés boursier et obligataire européens se sont par contre détendus, manifestant leurs espoirs dans des interventions renouvelées des banques centrales. La réunion de la Banque d’Angleterre, ainsi qu’une intervention attendue de Ben Bernanke, le président de la Fed, auront lieu jeudi. Si la BCE, qui s’est réunie aujourd’hui, reste l’arme au pied pour obliger les dirigeants européens à prendre leurs responsabilités, la Banque d’Angleterre pourrait réactiver son programme d’achat de la dette britannique, qui est seulement suspendu. Pour plus tard, une baisse du taux directeur de la BCE et une troisième vague de prêts massifs aux banques continuent de nourrir les espoirs, mais Mario Draghi a clairement déclaré ne pas être prêt à s’y lancer actuellement. En ne reprenant pas ses achats de la dette espagnole sur le second marché, il ne peut plus clairement signifier que la balle est pour lui dans le camp des gouvernements.

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“2011: CRONACA DI UN DISASTRO ANNUNCIATO”

Une version italienne par Alessio Moretti d’un article pour la revue L’ENA hors-les-murs : 2011 : Chronique d’un désastre annoncé.

Paul Jorion “2011: CRONACA DI UN DISASTRO ANNUNCIATO” (15 gennaio 2012)

(articolo originale pubblicato nella rivista L’ENA hors-les-murs, N°417: 32-33 e nel blog di Paul Jorion)

Karim Bitar mi ha chiesto un bilancio dello scorso anno per l’ENA hors-les-murs, la rivista che dirige con talento. Ecco dunque questo bilancio (N° 417: 32-33)

Commiseriamo, fra i politici, i funzionari ed i finanzieri, coloro che sono convinti di aver dato il massimo, di avere speso il meglio di sé stessi per cambiare la faccia del mondo nel 2011: i loro sforzi non sono serviti a nulla. Peggio: è come se non fossero mai stati fatti.

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2011 : CHRONIQUE D’UN DÉSASTRE ANNONCÉ

Karim Bitar m’a demandé un bilan de l’année dernière pour L’ENA hors-les-murs, la revue qu’il dirige avec talent. Voici ce bilan (N° 417 : 32-33).

Plaignons parmi les politiques, les fonctionnaires et les financiers, ceux qui sont convaincus de s’être donnés sans mesure, d’avoir consacré le meilleur d’eux-mêmes à changer la face du monde en 2011 : leurs efforts n’ont abouti à rien. Pire encore : c’est comme s’ils n’avaient jamais été consentis.

Le délitement de la finance s’est en effet poursuivi de manière inexorable pendant l’année écoulée, suivant la pente d’une longue et pénible détérioration telle qu’elle était déjà prévisible en 2010, voire même en 2008 au lendemain de la déconfiture de la banque d’investissement américaine Lehman Brothers, dont l’hémorragie qu’elle suscita coûta plus d’un « trillion » de dollars à arrêter. Chacun des combattants a si bien traîné les pieds – espérant follement pour certains que les choses s’arrangeraient d’elles-mêmes – que chacune des batailles financières et économiques en 2011 a eu lieu en retard d’une guerre.

La présence d’authentiques hommes ou femmes d’État sur la scène de l’histoire – tel un Franklin D. Roosevelt dans les années 1930 – aurait-elle pu faire la différence ? Il est difficile de se prononcer avec certitude : on ne peut exclure que la personnalité falote de la plupart des hommes et des femmes à la tête des affaires en 2011 n’était pas en soi pertinente : peut-être était-il trop tard de toute manière, peut-être n’était-il plus dans le pouvoir de quiconque de renverser le cours des événements. Ce sera là a posteriori notre seule consolation.

Le système de partage de la richesse créée dans nos sociétés est biaisé : il est dans sa logique que le capitaliste, le détenteur du capital, soit servi en premier, le dirigeant d’une grande entreprise venant en second et l’invention des stock-options ayant permis de faire de celui-ci pratiquement un premier ex-aequo, les salariés devant se satisfaire eux de ce qui reste.

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