U.S. – Cuba, par Tout me hérisse

Je viens de voir le dernier documentaire d’Hubert Sauper « EPICENTRO », il traite de l’amour-haine des Cubains vis-à-vis des Etats-Unis. C’est très instructif et replace l’histoire de Cuba dans le contexte plus général de la politique des Etats-Unis.

Puisque l’on parle actuellement beaucoup des prochaines élections présidentielles U.S. et les reproches que fait B. Obama à D. Trump, il n’est pas inutile de rappeler qu’Obama a fait un très grand pas vers Cuba lors de sa visite à La Havane en 2016.

Une chose qui peut paraître anodine mais qui, pour les Cubains, a été quelque chose d’extraordinaire, est la visite de B. Obama aux acteurs d’une émission humoristique très regardée à Cuba, « Vivir del cuento » : 

Bien évidemment, le successeur D. Trump s’est chargé, par diverses mesures, de détruire cette avancée réalisée par B. Obama.

Parmi ces mesures qui visent à étrangler le peuple cubain, sont celles qui concernent l’usage du dollar, les restrictions concernant les ‘remesas’, l’annulation des autorisations de vols vers Cuba, la pénalisation des compagnies étrangères commerçant avec l’Ile, etc..

Actuellement Cuba meurt de faim par manque de devises nécessaires à l’importation d’aliments et malheureusement, un certains nombre de Cubains, par manque d’objectivité, s’en prennent à l’équipe politique actuelle au pouvoir, ce qui est le but à atteindre de la part de D. Trump : la déstabilisation et la remise en selle des ‘gusanos’ de Miami…

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5 réflexions sur « U.S. – Cuba, par Tout me hérisse »

  1. Il se trouve que j’ai un copain cubain et on s’écrit de temps en temps. Je lui ai offert son premier téléphone et une liseuse pour apprendre le français ! Donc un peu de direct brut de Cuba ci-dessous !

    Le 21 mai 2020 il m’écrivais ceci :

    …[Je suis très content de savoir que tu vas bien. Les plus important en ce moment est sortir vivant de la pandémie mon ami.
    L’Europe avait été frappé assez dure, et la peur de se contagier resterais encore plusieurs mois jusqu’à une vaccination contre le virus soit développé les mois prochains.
    Cuba sort bien de la pandémie malgré notre situation pérenne de crisis, une crisis créé pour nôtre incapacité de trouver une solution valable à les problèmes et à cause le blocage américain, malgré tout cela Cuba avait créé depuis le triomphe de la Révolution un système de santé gratuit très efficace, raison pour laquelle nous avons en train de sortir de la pandémie sans beaucoup de dégâts entre nôtre population. Nous avons créé assez de médecins pour envoyer à tous le coins du monde sans affaiblir notre système sanitaire.
    Nous avons maintenant 1908 contagies et 80 décédés pour un 4.19 % de mortalité, la région accumulait 5.93 %, nous sommes dans le Nro 15 dans notre région, c’est sont le chiffrés jusqu’à aujourd’hui.]…

    Sur Hopkins aujourd’hui 21 août il y a 3582 cas et 89 morts soit 9 de plus qu’en mai ! Qui fait mieux ?

    Le 29 juillet 2020 autre message :

    …[La situation commence à améliorer un peu ici, mais le pays est dans un abyss economic, la dolarization un mal nécessaire pour la survie. Mais encore les mesures sont très faibles, trop de corruption, trop de promises, trop d’exigences à la population pour continuer la lutte pour achever un avenir meilleur que on ne voit pas l’horizon lumineux.
    Il y à déjà 60 ans que nous espérons être capable de produire notre nourriture, et maintenant nous sommes plus loin que jamais de conquérir notre « Liberté Alimentaire »( Un lexic utilisé pour le dirigeants) Ils parlent et parlent mais tout devient « Châteaux dans l’air ». Le gouvernement possède un 85 % de la terre productive, mais la majorité de las coopératives sont un poids lourd pour sa improductive,on voit les champs pleins de « Marabu » (une mauvais arbuste).
    La abyss entre le riche et le pauvre est en train de s’approfondir plus encore.
    Nous espérons possible coupures économiques pour le travailleur dans différents secteurs, comme la santé et la éducation, une mesure aussi nécessaire pour revivre un peu la situation financière de notre île. Le chemin pour un nouveau socialisme deviendra plus difficile que jamais.
    À Cienfuegos la situation est normal, les mesures sont presque finis.
    On doit utiliser le mask dans les magasins et autobus et tout endroit cloîtré. ]…

    Cuba est un symbole, comme tel increvable ! Il y a tout de même des égarements de « gestion » manifestes et si la fabrique du symbole rend improbable la disparition de leur socialisme, d’évidence ça ne va pas malgré santé et éducation.

    1. Il y a quelques années (2007-2008), pour réduire la dépendance de Cuba aux approvisionnements extérieurs, le gouvernement cubain a distribué en usufruit, quantité de terrains en friche pour qui voudrait les cultiver (1,5 millions d’hectares étaient prévus), cela n’a eu qu’un impact limité sur la production pour différentes raisons : manque de matériel agricole, de semences, prix de cession des productions à l’État trop faible, bureaucratie…
      Le gérant d’un centre de distribution de produits agricoles à La Havane m’a un jour dévoilé que plus de 30 % de la production se perdait, en cause le manque de transports du aux restrictions sur le carburant et le manque de camions, la chaîne du froid imparfaite, etc..
      Quant au ‘marabu’, cet arbuste infernal infeste les terres fertiles de la province de Camagüey, il faut dépenser une énergie considérable pour l’arracher et semer des graines de plantes utiles qui croîtront plus rapidement que ses propres graines !
      Bref, l’économie de Cuba tient un peu de la quadrature du cercle, mais ce qui est sûr c’est que lorsque sera levé ‘el bloqueo’ (merci Joe Biden?!), Cuba aura une chance de se développer à nouveau, mais il devra également affronter les inconvénients de l’ouverture au ‘Marché libre’ 🙂

  2. Il est très difficile de discuter la situation de Cuba qui est un peu surréaliste depuis longtemps. Il faut remonter à la domination des USA sur un régime cubain indépendant, libéré des espagnols (esclavagistes), mais corrompu. C’est un régime de néo-colonisation. Puis il y a le régime indépendant (castriste), immédiatement frappé de mesures de blocage US : pas d’achat du sucre, pas de livraison du pétrole, litiges commerciaux sur les expropriations et les marques comme Baccardi, etc. Les étasuniens rapatriés ont une nostalgie comparables à nos compatriotes « pieds noirs » d’Algérie ou du Congo belge. Les cubains vont se tourner vers l’URSS pour avoir des échanges car les USA boycottent les entreprises qui commercent avec Cuba. Mais ces échanges créent une dépendance équivalente : du sucre contre des biens de première nécessité, lait, etc. Et ce « blocus » va être renforcé de plus en plus, condamné par l’ONU pourtant. Quand l’URSS disparaît, la crise est effroyable. Et le prix mondial du nickel, principale richesse nationale, s’effondre. La structure socialiste du régime est destabilisée : 80% des terres ont été étatisées et consacrées au sucre (erreur de type soviétique), mais peu de production vivrière. Coopératives peu efficaces, agriculteurs indépendants sous-payés. Mais il y a aussi une mobilisation populaire indépendantiste conservée jusqu’aujourd’hui. Il y a un fort contrôle social, communautaire, en lien avec le parti unique, mais peu de répression policière. Le régime va donc survivre à la crise, ce qui témoigne d’un fort attachement populaire. Cela mériterait une analyse ! Instructive au plus haut point pour nous amenés à vivre la crise climatique qui commence ici ! Ce fonctionnement communautaire et socialiste montre son efficacité pour affronter le virus. Comme il a montré ses capacités dans l’agriculture urbaine auparavant. Et les cubains en sont fiers. (Et comme le régime Chavez-Maduro vénézuélien s’inspire de ce fonctionnement mais sans une structure étatique comparable, une analyse comparative serait fructueuse). Peut-être une piste de recherche pour quelqu’un comme Vincent Burnand-Galpin ? 🙂
    Mais il y a aussi une inefficacité, une corruption, une inertie manifeste. Les cubains ont eux-mêmes une vision d’une situation surréaliste entre enfer et paradis. Entre fierté et suspicion. Ce dont témoignent les passages cités ci-dessus. Et cela doit faire partie de l’analyse.
    Dans nos pays, il y a une hystérie idéologique contre ce régime, qui masque totalement cette question. Les agences de presse (AFP, Belga, agences étasuniennes) et les grands médias ne donnent qu’une vision « diabolisant » toute information. Pendant quelques années, l’attitude d’Obama a donné de l’espoir (de nombreux acteurs économiques US, de l’agriculture, du tourisme, de l’université souhaitent des relations ouvertes) mais on n’efface pas une approche néo-coloniale facilement. Et Trump est arrivé…

  3. Il se trouve que j ai un copain qui a épousé une Cubaine !
    Il se trouve que pour cela , bien sur , il s ‘est rendu plusieurs fois la bas , ben oui fallait bien la rencontrer pour l épouser !
    Il se trouve qu il était dithyrambique sur le pays !
    Il se trouve que je lui ai demandé pourquoi alors , il ne restait pas habiter la bas !
    Il se trouve qu il m a répondu qu ‘elle voulais habiter chez lui a Bruxelles !
    Il se trouve que dès qu elle a eu les papiers elle l a laissé tomber !

    1. Il se trouve que je lui ai demandé pourquoi alors , il ne restait pas habiter la bas !
      Même marié à une citoyenne cubaine, il n’est pas du tout facile d’obtenir la carte de résident permanent à Cuba ; ils sont très procéduriers : https://diie.minint.gob.cu/tramites/13 (rubrique residencia permanente)

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