G21, Swisstainability, Capitalisme, cause du problème et partie de la solution pour demain ?, le 1er juillet à 17h40

Mon intervention à la table-ronde « Capitalisme, cause du problème et partie de la solution pour demain ? » avait une double forme : je ferais un exposé introductif avant de me joindre aux autres panélistes.

J’ai parlé bien entendu du caractère obligé de la croissance pour pouvoir payer les intérêts et verser les dividendes, de la spéculation qui n’a pas « toujours existé », de la propriété et de l’abusus : le droit de détruire ce dont on est propriétaire, droit bridé aujourd’hui, sauf pour les « personnes morales » que sont les entreprises.

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LE CAPITALISME N’A PAS LES MOYENS DE CE QU’IL PORTE EN LUI, par François Leclerc

Billet invité.

La nouvelle année est à la fois propice au bilan et à la prospective, cette figure imposée, ce marronnier comme disent les journalistes. Avec comme danger de garder le nez sur l’obstacle le plus proche, sur la dernière crise en date, obnubilé par les manifestations particulières qui s’égrènent de la crise globale qui se poursuit, oubliant ce qui les relie et occultant ses remèdes.

Huit ans après, les raisons profondes de la crise financière font toujours leur effet et ne sont même plus recherchées. Il n’est plus prioritaire d’achever une régulation sur laquelle on revient même, car une page est tournée. Seuls les esprits les plus éclairés en sont vainement à s’interroger : « comment peut-on mesurer la robustesse – ou la faiblesse – d’un système financier qui se dérobe, quels nouveaux scénarios de stress tests devraient être adoptés et qui devrait y être soumis ? ». Où le diable se cache-t-il aujourd’hui, qui va immanquablement nous surprendre ?, pourraient-ils ajouter dans cette même veine.

Le Conseil de stabilité financière (FSB) a l’année dernière ajouté avec parcimonie une pincée de compagnies d’assurance à sa liste des établissement systémiques, tout en allongeant la durée des consultations avant de décider ce qui leur sera demandé. Mais, comme le financement de la relance est attendu du shadow banking, les banques n’étant plus ce qu’elles étaient, il faut donc le ménager. La cause est entendue, le système financier a gagné la première manche et ceux qui pensaient possible qu’il se réforme en sont pour leurs frais.

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Keynes : Le « profit comptable » nous empêche de voir grand

Le 19 avril 1933, John Maynard Keynes est invité à donner la première des « Finlay Lectures » à University College à Dublin. Dans cette conférence, il évoque spécifiquement la situation irlandaise. Il en réécrira le texte, en le décontextualisant et en en généralisant le propos. L’article paraît sous le titre de « National Self-Sufficiency », l’autosuffisance nationale, dans deux numéros successifs du New Statesman : le 8 et le 15 juillet ; il paraît également aux États-Unis, dans la Yale Review dont le numéro est daté de juin 1933.

Keynes se prononce en faveur de l’autosuffisance. Il s’enflamme à son habitude contre la libre circulation des capitaux à vocation spéculative et déclare que

« Je me range […] aux côtés de ceux qui voudraient restreindre l’intrication des nations, plutôt que de ceux qui voudraient la voir s’étendre. Les idées, le savoir, la science, l’hospitalité, les voyages – telles sont les choses qui de par leur nature devraient être internationales. Mais faisons en sorte que ce qui peut être fait chez soi le soit autant qu’il est raisonnable et pratique de le faire, et, surtout, faisons en sorte que la finance soit essentiellement nationale » (Keynes [1933] 1982 : 236).

Les propos sont convenus et ne reflètent guère l’enthousiasme qui caractérise généralement les interventions orales de Keynes. On ne peut manquer de se demander si le thème de l’autosuffisance ne lui a pas été imposé par le cadre ou par ses hôtes et qu’il se contente là de les obliger.

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L’avenir du salariatLa sauce à laquelle vous allez être mangé !, par Jean-Baptiste Auxiètre

Billet invité.

Paul Jorion se garde bien de lire dans sa boule de cristal pour faire des prévisions, pourtant bien des internautes se rendant sur son blog sont avant tout préoccupés de comment placer leur argent ou d’optimiser leurs placements.

Quant à moi, je n’ai nulle renommée à défendre, ni quoi que ce soit  d’autre, et je ne vais donc pas me gêner de jouer les Madame Irma.

Les revenus des salariés vont se retrouver dans une fourchette entre 0 et 2x le SMIC.

La notion de mérite est de fait superfétatoire. Chacun se trouve lui-même du mérite et en reconnaît peu à son voisin. Cette valeur se révèle finalement complètement subjective et la place de l’aléa se vérifie de fait plus que celle d’un effort réellement consenti ou d’une volonté réelle de l’individu dans sa propre réussite, que de toute façon on est scientifiquement incapable de mesurer. La notion de mérite étant donc soumise en plus à toutes les préférences injustifiées, qu’elles soient de l’ordre de l’amitié, de la préférence sexuelle ou d’avoir été dans la même école, ou de toute autre chose puisqu’il n’y a aucun compte à rendre à ce sujet de la part de celui qui reconnaît ou non un mérite.

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Süddeutsche.de, Kapitalismuskritik als Comic. Der Held ist das Geld, Daniel Wüllner

Ich Will Alles

 
Kapitalismuskritik als Comic. Der Held ist das Geld, Daniel Wüllner

Lange hat es gedauert, doch nun hat die Menschheit endlich ihr Ziel erreicht! Sie steht am Abgrund und wundert sich über die Endzeitstimmung in den Nachrichten: steigender Meeresspiegel, Knappheit von Rohstoffen, atomare Katastrophen und Krieg. Schuld daran ist aber nicht die Spezies Mensch.

La suite sur le site de Süddeutsche.de.

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La rémunération de l’esprit d’entreprise

Je publie cet extrait du manuscrit du livre que je consacrerai à la pensée de Keynes comme un élément au débat ouvert par la publication du « billet invité » d’Édouard intitulé Réflexion sur la taxation des dividendes et plus-values.

On dit que le surplus est la différence entre le prix de vente et les coûts de production. C’est une bonne approximation, si ce n’est que l’on est alors immédiatement confronté à la difficulté de définir ce que l’on inclut dans les coûts de production. Il est classique aujourd’hui d’y inclure les salaires, et c’est ce que les règles comptables enjoignent de faire, mais est-ce légitime : les salaires ne sont-ils pas la récompense des avances faites en travail dans le processus de production, au même titre que les avances faites en terre par le propriétaire foncier, en fonds par le capitaliste et les avances en supervision/coordination de l’entrepreneur ? Et le paiement des intérêts ? Les intérêts ne sont-ils pas une part du surplus au même titre que le profit de l’entrepreneur ?

Si l’on repart de la structure prototypique du capitalisme qu’est le contrat de métayage tel que pratiqué aujourd’hui encore dans l’agriculture et dans la petite pêche, plutôt que de s’intéresser aux coûts de production, il vaut mieux concentrer son attention sur les coûts de la perpétuation de l’unité de production : du renouvellement du dispositif de production, et considérer que le surplus est la différence entre le prix de vente et les coûts de renouvellement. Sur le prix de vente il y aurait aussi beaucoup à dire mais je le traiterai séparément.

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Le capitalisme : un bref résumé, par Zébu

Billet invité.

1- Marx avait prédit que la machinisation ferait disparaître le travail et que ce faisant, le travail étant le moteur de la création de la ‘valeur’ et la création de ‘valeur’ étant le cœur du capitalisme, celui-ci s’effondrerait

2- effet collatéral, la propriété privée se dissoudrait par la nécessité de socialiser les plus-values issues de la production machinisée, afin de perpétuer une cohésion sociale minimale

3- ce processus permettrait donc d’accéder à une société post-capitaliste, où le travail de production est assuré par les machines et où les hommes peuvent enfin se libérer (du travail, du capitalisme)

4- néanmoins, Marx s’est trompé et la réalité le démontre : si le travail disparaît (ou se transforme) par la machinisation, cela n’a pas entrainé la dissolution du capitalisme, pour la bonne et simple raison que contrairement à son interprétation, la création de ‘valeur’ ne dépend pas du travail, la ‘valeur’ étant elle-même un artefact. Le capitalisme ne s’est donc même pas ‘adapté’ à la disparition du travail, il a simplement continué son évolution, qui est de créer du capital à partir du capital.

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LA ROBOTISATION, STADE ULTIME DU CAPITALISME, par Zébu

Billet invité.

1- Des études de plus en plus précises (concernant la France, par exemple), convergent pour décrire le même phénomène de robotisation (par le remplacement du travail manuel par le robot et du travail intellectuel par le logiciel).

2- Le gros de la robotisation n’avait visé jusqu’ici que la classe ouvrière, or c’est l’ensemble du salariat qui est désormais concerné, les classes moyennes et supérieures étant maintenant elles aussi atteintes. Seules les classes sociales en « apesanteur sociale », en sont les bénéficiaires : les happy few mondialisées ou les rentiers à vie en sont a priori exclues, le phénomène visant justement à les alimenter elles en revenus du capital, social ou monétarisé.

3- Le capitalisme ayant visé jusqu’ici à créer les conditions d’émergence d’une classe de consommateurs (moyenne et sup) sur lesquelles est fondée la démocratie représentative (ce sont ces classes sociales, moyennes et supérieures, qui sont représentées dans ce système), la désintégration de ces classes sociales par la robotisation implique celle du système politique actuel. Des systèmes de gouvernement coercitifs et liberticides seront donc nécessaires pour garantir l’évolution en cours.

4- Aucun système de redistribution, fiscal ou autre, n’est envisagé face à ce phénomène. Tout au contraire : le processus est précisément en place pour alimenter les rentiers. Ce processus est intrinsèque au capitalisme : il est son implication logique, liée à la recherche de productivité (gains de moins en moins redistribués socialement, voire pas du tout). La robotisation ‘socialisée’ est le stade ultime du capitalisme : la robotisation a éliminé le travail humain et seul le capital demeure désormais rémunéré.

5- Même la mise en place d’une redistribution sociale sous forme ‘x’ ou ‘y’, qui viserait à tempérer l’évolution en cours, ne serait qu’un palliatif : un nouveau système d’« adaptation sociale ». Il serait d’ailleurs en permanence miné par le maintien comme justification idéologique de l’évolution en cours du principe du Tout travail mérite salaire – mais lui seul !, qui demeurerait en place.

Ayant conduit à ce que seul soit encore rémunéré le capital, le travail humain ayant lui entièrement disparu, la robotisation aura opéré la concentration de la richesse entre les mains des seuls capitalistes. La robotisation, ayant apporté la solution finale à la question du salariat (ou du prolétariat, les deux termes étant synonymes), par l’élimination pure et simple de celui-ci, constitue bien le stade ultime du capitalisme.

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Von Hayek est une figure léniniste, par Nadir (Nadj Popi)

Billet invité.

Les concepts de stabilité ou de concurrence pure et parfaite ou encore la théorie du capital humain correspondent au stade suprême du capitalisme et se réfèrent donc à ce que l’on pourrait appeler l’économie politique du rentier (cf. Nikolaï Boukharine [1888 – 1938]).

Lénine (1870 – 1924) proposa, dans le chapitre 2 de Que faire ? (1902) relatif a la conscience de classe et au spontanéisme, une véritable théorie marxiste de l’idéologie selon laquelle la conscience de classe ne peut se créer qu’à l’extérieur du prolétariat.

Une telle conception de l’idéologie (et du combat théorique) a des répercussions politiques et organisationnelles : mouvement social-démocrate contre trade-unionisme, nécessité d’une avant-garde intellectuelle chargée de mener la lutte théorique.

Friedrich Von Hayek (1899 – 1992) proposa une épistémologie des sciences sociales qui revêt une importance fondamentale en ceci qu’elle constitue la feuille de route de la stratégie politique d’une conquête du pouvoir.

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Keynes : La fin du laisser-faire (V) Pourquoi le démenti par les faits du laisser-faire est-il ignoré ?

(I) Comment les girafes nous font mieux comprendre l’esprit du capitalisme
(II) La rationalité économique et l’éthique sont inconciliables
(III) La doctrine du laisser-faire résulte d’un compromis entre courants de la pensée politique
(IV) La « main invisible » d’Adam Smith

Keynes termine son examen de la doctrine du laisser-faire en 1926 par une réflexion sur la résistance qu’il constate à sa remise en question par lui, en dépit de la force des faits qui semblent infirmer le principe.

Suggérer à la City de Londres une action de type social dans une perspective de bien public est l’équivalent de discuter de L’origine des espèces avec un évêque il y a soixante ans [P.J. : dans les années 1870]. La réaction instinctive n’est pas d’ordre intellectuel mais moral. C’est une orthodoxie qui est mise en question, et plus les arguments seront convaincants, plus grave sera l’offense. Ceci étant dit, m’étant aventuré dans le repaire du monstre en léthargie, j’ai quand même pu investiguer ses prétentions et sa généalogie de manière à mettre en évidence qu’il a régné sur nous davantage par droit héréditaire que par mérite personnel Keynes [1926] 1931 : 287).

Pourquoi les inconditionnels du capitalisme rejettent-ils, se demande Keynes, ce que j’avance, alors que mes propositions n’ont qu’un seul but : le sauvetage du système qui leur est si cher ? La réponse est celle-ci :

… les adeptes du capitalisme sont le plus souvent indûment conservateurs, et rejettent les réformes de son fonctionnement technique qui pourraient en réalité le renforcer et le préserver, de peur que celles-ci ne se révèlent n’avoir été en réalité que les premiers pas conduisant à son abandon (ibid. 294).

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Keynes : La fin du laisser-faire (II) La rationalité économique et l’éthique sont inconciliables

L’ennemi ultime de toute « solution du problème économique », autrement dit l’éradication de la pauvreté et du manque matériel en général, c’est donc selon Keynes, l’utilitarisme, cet « esprit calculateur benthamite » qui est le moteur du capitalisme. Or si l’on y réfléchit un peu, l’esprit du capitalisme est une bien étrange manière de concevoir le monde et les hommes qui le peuplent :

… ils ont commencé par supposer un état-de-choses où la distribution idéale des ressources productives se réalise par l’action d’individus agissant de manière autonome en recourant à la méthode d’essai et d’erreur, ce qui assure que les individus allant dans la bonne direction annihileront dans la concurrence qui s’exercera entre eux, ceux qui vont dans la mauvaise direction. Ceci implique qu’aucune merci ne sera accordée à ceux qui auront mis en jeu leur capital ou leur travail en s’engageant dans la mauvaise direction, qui ne bénéficieront d’aucune protection. Il s’agit d’une méthode qui permet à ceux qui deviennent les plus prospères dans la course au profit de parvenir au sommet dans une lutte pour la survie brutale, lutte qui sélectionne les plus efficaces au prix du sacrifice des moins efficaces. Elle ne tient pas compte du prix de cette lutte, mais s’intéresse uniquement aux bénéfices du résultat final, dont on suppose alors qu’ils sont permanents (Keynes [1926] 1931 : 282).

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Keynes : La fin du laisser-faire (I) Comment les girafes nous font mieux comprendre l’esprit du capitalisme

La fin du laisser-faire est un pamphlet incisif que John Maynard Keynes publia en 1926 aux Hogarth Press de Leonard et Virginia Woolf, surtout connues aujourd’hui pour leur première édition des œuvres complètes de Freud en anglais.

Keynes y caractérise de manière caustique l’idéologie que ses collègues économistes offrent au capitalisme, comme une version délirante du darwinisme. Il écrit que pour « les darwiniens […] c’est la libre concurrence qui a bâti l’homme. L’œil humain a cessé d’être la manifestation d’un dessein ayant miraculeusement conçu toute chose du mieux possible ; il s’agit de la réussite suprême du hasard opérant dans un contexte de libre concurrence et de laisser-faire » (Keynes [1926] 1931 : 276).

Keynes explique ainsi l’évolution des girafes dans le « meilleur des mondes » du laisser-faire où sont simultanément optimisés le bonheur de ces sympathiques ruminants et l’usage des feuilles qu’ils broutent. La démonstration mérite d’être suivie pas à pas.

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LE CAPITALISME SUR UN FIL, par François Leclerc

Billet invité.

Un système financier présentant une apparence florissante peut-il longtemps coexister avec une économie en panne de relais de croissance ? Un tel paradoxe est-il longtemps tenable ? Poser cette question, c’est s’interroger sur sa capacité à relancer la machine alors que de puissants facteurs de déséquilibre en font douter.

Six ans et plus de labeur acharné, de conciliabules et de mesures annoncées par une multitude d’organismes, de lois et de réglementations dont la complexité n’a rien à envier à la matière qu’elles cherchent à régenter, de calendriers d’application à rallonges et de dispositions souvent émoussées, tout cela pour en arriver là ! Une nouvelle crise est inévitable est-il reconnu par ceux qui finiraient par le revendiquer, et rien ne dit qu’elle pourra être maîtrisée !

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À paraître : « Une grande découverte a été faite sur le blog de Paul Jorion »

Je mettrai en ligne dans les jours qui viennent un billet intitulé : « Une grande découverte a été faite sur le blog de Paul Jorion ».

Bon, cela paraîtra assez grandiloquent mais je n’ai pas le choix. Je n’ai pas le choix, parce que si je veux que cela se twitte et se facebouque je ne peux pas mettre « ici », puisque des « ici », il y en a partout. Donc je dois mettre « sur le blog de PJ ». Je n’ai pas le choix non plus, parce qu’il n’y a pas d’autre nom possible que « grande découverte ».

Pourquoi « grande découverte » ? Parce que Timiota (un scientifique français de très grand talent, il n’y a jamais de miracle !) a bâti un modèle (partie I et partie II) de ce que j’appelle la « machine à concentrer la richesse » et que Keynes appelait lui le « miracle de l’intérêt composé » (auquel il aurait dû ajouter le « miracle N°2 de la spéculation » 😀 ), et en simule le comportement.

Bon, (re-bon !), le capitalisme n’est pas vraiment ma tasse de thé (c’est le moins que je puisse dire), mais si quelqu’un voulait sortir le capitalisme de son agonie actuelle, il n’aura plus l’excuse de dire qu’il ne sait pas comment il faut faire : il faut « piketty-iser » pour empêcher les « crises de Gattaz », selon les termes de Timiota. C’est démontré très clairement, avec les formules et tout et tout, et des vidéos à la clé. Son « Découverte médicale : De petites doses de Piketty empêchent les crises de Gattaz » est de l’importance du fameux papier de Vitali, Glattfelder et Battiston à Zürich sur « Les maîtres du monde », traduit ici pour la première fois en français en 2011 (pour l’anecdote : par Timiota) : « Le réseau de contrôle global par les grandes entreprises ».

Il me faut des traductions en anglais, en allemand, en espagnol, certainement, et en tout ce que vous pouvez imaginer. Je compte vraiment sur vous !

P.S. Ah ! et puisque je passe par ici, si quelqu’un vous demande dans la journée comment reconstruire une gauche, signalez-lui un autre billet mis en ligne hier : « Un vrai projet de gauche : tenir compte de la réalité ». La recette est là : là aussi on ne pourra plus dire qu’on ne sait pas comment il faut faire. Il n’est pas trop tard mais il est temps. Grand temps !

Pour aller plus vite, j’ouvre la rubrique commentaires de ce billet. Mais on ne parlera que de ceci, désolé !

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Un vrai projet de gauche : tenir compte de la réalité, par Zébu

Billet invité.

Un véritable projet de gauche serait de tenir compte de la réalité.
Sa première observation, sans aveuglement ni oeillères, serait que le capitalisme crée désormais de la richesse sans emplois.

La colonisation du bon vieux temps a été partiellement rangée au magasin des accessoires mais il reste au capitalisme pour créer des richesses, la spéculation et les robots. De travail humain et d’emplois, disons le crûment : il n’a plus que faire.

Corollaires :
Défendre un contrat social fondé sur le travail est voué à l’échec.
Un système de sécurité collective fondé sur le travail est voué à l’échec.
Un système qui redistribue ou ‘met à distance’ les revenus (qui finiront par être réinjectés sous forme de liquidités dans le même système) est voué à l’échec parce que l’emploi disparaissant, les revenus qui en dépendent disparaissent eux aussi.

L’incompréhension de cette nouvelle donne par les syndicats et les partis de gauche les a conduits sur la voie de garage où nous les voyons aujourd’hui.

Interdisons à nouveau la spéculation pour que les richesses créées ne finissent pas dans les poches de prédateurs. Taxons les robots pour qu’ils ne travaillent pas seulement au bénéfice des détenteurs d’anciennes richesses accumulées et d’une poignée de sociopathes accros du pouvoir et de la domination. Il faudra bâtir une nouvelle sécurité collective qui ne soit plus fondée sur l’emploi mais sur la création d’activités socialement utiles, quelle que soit leur valeur marchande, quel que soit le chiffre qu’elles représentent à l’échelle planèticide du PIB.

Il faut pour cela aussi refonder le système politique, aujourd’hui ancré aux mêmes prémisses obsolètes de prix marchands et de PIB, et instituer une perspective innovante, en phase avec la survie harmonieuse de l’espèce humaine sur le long terme.

C’était là le sens de l’appel lancé par ses grands anciens à recréer un CNR (*) pour les temps qui sont les nôtres. Il ne lui manquait qu’un coup de Ripolin et nos propres manches retroussées !

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(*) Aujourd’hui 71e anniversaire de la création du Comité National de la Résistance.

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L’économie pour les neuneus. « Nous sommes tous des capitalistes ! », par Jean-Baptiste Auxiètre

Billet invité.

Chapitre 1 : « Nous sommes tous capitalistes ! »

Nous sommes tous des capitalistes : eh bien non c’est une blague ! Nous sommes presque tous des emprunteurs ! Il y a une chose que nous payons tous en effet, ce sont des intérêts, et nous les payons ceux là au capitaliste.

L’entreprise : Le capitaliste, l’actionnaire et l’entrepreneur

Quand vous créez une entreprise, vous êtes donc l’entrepreneur et vous allez à la banque emprunter de l’argent. La banque ne prête pas son argent malgré ce que pense l’imbécile en voyant la devanture, l’argent prêté est celui des déposants : ah oui l’argent des petites économies en compte-épargne ceci ou en assurance-vie cela, non là aussi c’est une blague ! Entre le besoin d’argent des entreprises et vos petites économies on n’est pas du tout dans le bon rapport ! C’est donc l’argent du capitaliste (c’est là qu’il intervient) que l’on vous prête. Cet argent est prêté avec intérêt bien sûr et en gros entre 20 et 30 ans vous rembourserez le double et en plus vous lui paierez une assurance contre le risque que vous ne remboursiez pas (attention le capitaliste n’est pas un fou : il prend une assurance pour être sûr que si vous ne remboursez pas, lui sera bien payé !). Ensuite vient l’actionnaire il apporte lui aussi de l’argent, pas autant que la banque mais il prend le risque avec l’entrepreneur, il prend tant de pourcents des parts au capital (en capital mais 0 en travail [tiens c’est curieux ?]), ensuite il reste vous, l’entrepreneur, qui apportez l’idée ; l’idée on la connaît (!!!) : en gros, vendre le produit fabriqué par d’autres que vous (oui ! le super nouveau, innovant produit compétitif !), mais bon, vous restez bon an mal an un boutiquier et par contre vous prendrez tous les risques, vous devrez payer le travail, les produits, les fournisseurs, les charges, etc.

Qui sont les gagnants de cette histoire. D’abord le capitaliste : les risques, aucun, et il double son capital en 20 ou 30 ans, l’actionnaire, là c’est déjà plus risqué mais il gagne si vous gagnez et il n’a pas à proprement parler de charges et vous, l’entrepreneur, vous, vous avez toutes les charges, tous les salaires et tout le travail à trouver quelque part.

Soyez donc tous entrepreneurs ! Vous n’êtes que des employés du capital et si vous gagnez quand même, vous gagnerez moins que le capitaliste proprement dit ou l’actionnaire ! (et vous aurez apporté tout le « travail », pour autant que tout cela présente vraiment un intérêt).

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LA DANSE DE LA PLUIE, par Jacques Seignan

Billet invité.

Le supplément économique du Monde (29/1/2014) a pour titre « Emploi : les patrons refusent de s’engager ». L’article en page intérieure précise « Pacte Hollande : les patrons attendent de voir ». Des patrons méchants ou égoïstes ? Non, c’est simplement de l’honnêteté intellectuelle. L’entreprise n’a pas à créer des emplois ! D’où sort cette vision saint-sulpicienne de l’économie ? Un vrai chef d’entreprise doit agir le plus rationnellement possible dans le cadre économique existant, aujourd’hui au service exclusif de ses actionnaires et des hauts cadres dirigeants. Le client, c’est la poule à plumer ; le salarié, le coût à éliminer.

Les mesures d’allègement de charges ont prouvé par le passé n’avoir pas créé d’emplois, significativement et indubitablement. Mais visiblement à Sciences Po (puis l’ENA) on préfère la Théorie à la pratique. D’ailleurs souvent, pour les diplômés, la pratique en entreprise se fait du haut des étages d’une tour de La Défense, bien au-dessus de nous… Reconnaissons-leur une difficulté conceptuelle. Si l’on appartient aux proclamées élites (économiques) par pure reproduction sociale, il est quasiment impossible de concevoir comment des gens calculent à quelques euros près, en fin de mois, comme c’est le cas de millions de Français (rapport de M. Delevoye). N’est-ce pas Messieurs les directeurs de Dexia ?

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