Cessons de croire au mythe de l’entreprise au service de l’intérêt général, par Jean-Paul Vignal

Billet invité.

Le discours d’Emmanuel Faber, le Directeur General de Danone, lors de la remise des diplômes à HEC il y a quelques jours, a été salué à juste titre pour son remarquable humanisme. Il était poignant à titre personnel, et ne choquait pas venant du dirigeant opérationnel d’un groupe qui se donne pour mission « d’apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre ». Et qui le fait, malgré l’opposition d’un lobby de la santé occupé à faire son miel en produisant des malades guéris, qui n’a donc aucun intérêt financier à ce qu’un système de santé préventif puisse produire des bien-portants, comme tente de le faire Danone, entre autres grâce à une meilleure connaissance des interactions entre le système immunitaire humain et l’alimentation.

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Dans notre section « Poésie et capitalisme », par Roberto Boulant

Billet invité.

Le Parisien : États-Unis : privés de pause-toilettes, des employés portent des couches, sous-section couches-culottes, Rapport Oxfam : Pas de soulagement – Le refus des pauses-toilettes dans l’industrie du poulet.

Réflexion personnelle : les gens de Daesh sont des petits rigolos avec leur volonté d’en revenir à un moyen-âge fantasmé.

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Pourquoi le nom de Piketty est une perspective nécessaire de notre démocratie, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. L’appel sur Change.org.

La réalité virtuelle numérique réticulaire que nous découvrons au XXIème siècle dans les applications de l’Internet est arrivée avec la mondialisation financière libérale initiée par le capitalisme étatsunien vainqueur de la deuxième guerre mondiale. Tous les humains ont été transportés bon gré mal gré dans un nouvel univers cognitif, une nouvelle manière de voir le monde et de se connaître. L’évidence est disruptive d’une nouvelle étape historique d’invention de la réalité et de la vérité par l’humain.

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La collusion du capitalisme libertarien et du djihad contre la paix civile mondiale, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Les billets remarquables d’analyse, d’objectivité et de précision que Cédric Mas nous offre sur la Syrie, mettent en évidence que la guerre civile syrienne est un théâtre d’opération majeur de la troisième guerre mondiale. Cette troisième guerre mondiale est une guerre réelle d’un nouveau genre qui a commencé avec l’effondrement de l’empire communiste et l’avènement financier et cognitif du réseau mondial numérique individualiste. Une guerre parce que le résultat visé par ses protagonistes conscients et inconscients sera l’élimination physique ou spirituelle de la partie de l’humanité qui se retrouvera du coté des vaincus. La troisième guerre mondiale qui s’est engagée dès avant la fin de la guerre froide entre le capitalisme et le communisme a pour but de désigner les vaincus de la globalisation du capital libéral.

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Piqûre de rappel : « Le 18 mars 2009 : fin du capitalisme »

Dernier_JorionComplément au billet
TAUX NÉGATIFS : LES BANQUES CENTRALES JOUENT AVEC LE FEU, par François Leclerc, publié ici il y a un quart d’heure. Nos amis financiers me donnent régulièrement l’occasion depuis un peu moins de sept ans de republier mon billet comme « piqûre de rappel ».

La date d’aujourd’hui, le 18 mars 2009, sera retenue par l’histoire, tout comme celle du 29 mai 1453 le fut pour la chute de Constantinople ou celle du 9 novembre 1989 pour la chute du mur de Berlin, comme celle qui signa la fin du capitalisme.

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De la déréliction islamo-libérale à l’économie démocratique de la liberté, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Les attentats de Paris ont délivré à des gens ordinaires le message de leur insignifiance aux yeux d’autres gens ordinaires. Des terroristes ont déclaré à la face des gens actuels qu’ils ne sont rien dans un monde qui n’a pour eux plus de sens. Cette fièvre nihiliste a-t-elle une origine ? La montée de l’idéologie islamiste est concomitante au triomphe de la mondialisation financière et à la désintégration de l’utopie communiste. Les oligarchies libérales sont en guerre contre les peuples pendant que des organisations terroristes sophistiquées agressent les sociétés de droit.

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Vers l’effondrement ? Un autre scénario, par Michel Leis

Billet invité.

Le vocabulaire n’est pas neutre. Le concept d’effondrement renvoie à une catastrophe planétaire dont les contours restent flous : désastres climatiques, guerres mondiales, récession de très grande ampleur conduisant à des révoltes, dislocation de nos sociétés organisées, famines, prise de pouvoir par les machines, la liste est non limitative. Elle n’est pas sans rappeler les courants millénaristes prédisant l’Apocalypse, même si l’observation de notre environnement donne beaucoup de crédibilité à de tels scénarios.

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John Maynard Keynes : Peut-on sauver le capitalisme ?

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Paul Jorion, Penser tout haut l’économie avec Keynes, Odile Jacob 2015 : 91-92

Dans son essai intitulé « The end of laissez-faire », Keynes termine son examen de la doctrine du laisser-faire par quelques dures remarques sur la nature du capitalisme :

« Je pense pour ma part que le capitalisme, géré avec sagesse, peut probablement être rendu plus efficace dans la tâche de réalisation de buts économiques que tout autre système dont nous avons connaissance, mais qu’en lui-même, il est de bien des manières extrêmement répréhensible […] ce qui me semble être la caractéristique essentielle du capitalisme, c’est la manière dont l’appel intense qu’il adresse aux instincts des individus qui les poussent à faire de l’argent et à aimer l’argent, constitue chez lui la principale force motrice de la machine économique ».

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La violence nue, par Dominique Temple

Billet invité. P. J. : Je me permets d’attirer votre attention sur ce qui me paraît une réflexion essentielle ici sur le meurtre-suicide. Ouvert aux commentaires.

Toutes les sociétés, nous rappelle Marcel Mauss, sont fondées à l’origine sur le principe de réciprocité. Mais d’où vient que depuis l’origine des temps les sociétés se livrent des guerres inexpiables ? Serait-ce que chaque système de réciprocité produirait un sentiment de l’humain, exclusif et irréductible ? Hors de la réciprocité, autrui serait-il abandonné aux forces de la nature ?

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Propriété individuelle et propriété collective, par Dominique Temple

Billet invité.

Dans l’économie de réciprocité, Aristote distingue trois régimes de propriété, chacune définie par sa fonction sociale [1].

  • la propriété individuelle des moyens de production et la propriété d’usage collective,
  • la propriété collective des moyens de production et la propriété d’usage collective,
  • la propriété collective des moyens de production et la propriété d’usage individuelle.

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Occident vs. Orient : la main invisible du marché vs. la main la plus visible possible de l’État

Le Shanghai composite index, l’indice boursier chinois le plus en vue se situait il y a un an au niveau 2.100. Vint la bulle qui lui fit prendre son envol. À la mi-juin, il valait plus de 5.100. Le 8 juillet, il retombait à 3.500. Ce soir il vaut 3.663. Il n’est tombé dans la journée que de 1,7%, après une chute lundi de 8,5%.

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Chine : « Traverser le gué en tâtant une pierre à la fois »

Teng Hsiao-Ping avait dit à propos de l’exploration chinoise du capitalisme qu’il initiait : « Traverser le gué en tâtant une pierre à la fois ». C’est-à-dire, que l’on garderait un pied dans le communisme et que l’on essaierait de voir prudemment si tel ou tel aspect du capitalisme marche ou ne marche pas, en se réservant toujours la possibilité de revenir un pas en arrière si telle ou telle pierre du gué se révèle trop branlante. À la chinoise : sans confiance aucune accordée à une théorisation quelconque : par essais et erreurs uniquement !

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 17 JUILLET 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 17 juillet 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, on est vendredi 17 juillet 2015. Et vous vous souvenez, c’est la semaine dernière, on m’avait demandé de parler de la fin du capitalisme et j’avais dit : « Vous allez voir, dans les jours qui viennent on va assister à ça. »

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 10 JUILLET 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 10 juillet 2015. Merci à Olivier Brouwer.

Bonjour, nous sommes le vendredi 10 juillet 2015, et il y a une chose que vous connaissez sans doute comme moi, qu’on appelle « les hasards du calendrier ». Et les hasards du calendrier, c’est que, eh bien, [on m’invite], et puis on me dit soit : « On voudrait que vous parliez de décroissance ou bien de ceci ou de cela », ou bien on vous dit : « Voilà, de quoi est-ce que vous voulez parler ? », et il y a une troisième option qui est qu’on décide du titre et puis on dit : « Voilà, ça vous convient ? »

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G21, Swisstainability, Capitalisme, cause du problème et partie de la solution pour demain ?, le 1er juillet à 17h40

Mon intervention à la table-ronde « Capitalisme, cause du problème et partie de la solution pour demain ? » avait une double forme : je ferais un exposé introductif avant de me joindre aux autres panélistes.

J’ai parlé bien entendu du caractère obligé de la croissance pour pouvoir payer les intérêts et verser les dividendes, de la spéculation qui n’a pas « toujours existé », de la propriété et de l’abusus : le droit de détruire ce dont on est propriétaire, droit bridé aujourd’hui, sauf pour les « personnes morales » que sont les entreprises.

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LE CAPITALISME N’A PAS LES MOYENS DE CE QU’IL PORTE EN LUI, par François Leclerc

Billet invité.

La nouvelle année est à la fois propice au bilan et à la prospective, cette figure imposée, ce marronnier comme disent les journalistes. Avec comme danger de garder le nez sur l’obstacle le plus proche, sur la dernière crise en date, obnubilé par les manifestations particulières qui s’égrènent de la crise globale qui se poursuit, oubliant ce qui les relie et occultant ses remèdes.

Huit ans après, les raisons profondes de la crise financière font toujours leur effet et ne sont même plus recherchées. Il n’est plus prioritaire d’achever une régulation sur laquelle on revient même, car une page est tournée. Seuls les esprits les plus éclairés en sont vainement à s’interroger : « comment peut-on mesurer la robustesse – ou la faiblesse – d’un système financier qui se dérobe, quels nouveaux scénarios de stress tests devraient être adoptés et qui devrait y être soumis ? ». Où le diable se cache-t-il aujourd’hui, qui va immanquablement nous surprendre ?, pourraient-ils ajouter dans cette même veine.

Le Conseil de stabilité financière (FSB) a l’année dernière ajouté avec parcimonie une pincée de compagnies d’assurance à sa liste des établissement systémiques, tout en allongeant la durée des consultations avant de décider ce qui leur sera demandé. Mais, comme le financement de la relance est attendu du shadow banking, les banques n’étant plus ce qu’elles étaient, il faut donc le ménager. La cause est entendue, le système financier a gagné la première manche et ceux qui pensaient possible qu’il se réforme en sont pour leurs frais.

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Keynes : Le « profit comptable » nous empêche de voir grand

Le 19 avril 1933, John Maynard Keynes est invité à donner la première des « Finlay Lectures » à University College à Dublin. Dans cette conférence, il évoque spécifiquement la situation irlandaise. Il en réécrira le texte, en le décontextualisant et en en généralisant le propos. L’article paraît sous le titre de « National Self-Sufficiency », l’autosuffisance nationale, dans deux numéros successifs du New Statesman : le 8 et le 15 juillet ; il paraît également aux États-Unis, dans la Yale Review dont le numéro est daté de juin 1933.

Keynes se prononce en faveur de l’autosuffisance. Il s’enflamme à son habitude contre la libre circulation des capitaux à vocation spéculative et déclare que

« Je me range […] aux côtés de ceux qui voudraient restreindre l’intrication des nations, plutôt que de ceux qui voudraient la voir s’étendre. Les idées, le savoir, la science, l’hospitalité, les voyages – telles sont les choses qui de par leur nature devraient être internationales. Mais faisons en sorte que ce qui peut être fait chez soi le soit autant qu’il est raisonnable et pratique de le faire, et, surtout, faisons en sorte que la finance soit essentiellement nationale » (Keynes [1933] 1982 : 236).

Les propos sont convenus et ne reflètent guère l’enthousiasme qui caractérise généralement les interventions orales de Keynes. On ne peut manquer de se demander si le thème de l’autosuffisance ne lui a pas été imposé par le cadre ou par ses hôtes et qu’il se contente là de les obliger.

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L’avenir du salariatLa sauce à laquelle vous allez être mangé !, par Jean-Baptiste Auxiètre

Billet invité.

Paul Jorion se garde bien de lire dans sa boule de cristal pour faire des prévisions, pourtant bien des internautes se rendant sur son blog sont avant tout préoccupés de comment placer leur argent ou d’optimiser leurs placements.

Quant à moi, je n’ai nulle renommée à défendre, ni quoi que ce soit  d’autre, et je ne vais donc pas me gêner de jouer les Madame Irma.

Les revenus des salariés vont se retrouver dans une fourchette entre 0 et 2x le SMIC.

La notion de mérite est de fait superfétatoire. Chacun se trouve lui-même du mérite et en reconnaît peu à son voisin. Cette valeur se révèle finalement complètement subjective et la place de l’aléa se vérifie de fait plus que celle d’un effort réellement consenti ou d’une volonté réelle de l’individu dans sa propre réussite, que de toute façon on est scientifiquement incapable de mesurer. La notion de mérite étant donc soumise en plus à toutes les préférences injustifiées, qu’elles soient de l’ordre de l’amitié, de la préférence sexuelle ou d’avoir été dans la même école, ou de toute autre chose puisqu’il n’y a aucun compte à rendre à ce sujet de la part de celui qui reconnaît ou non un mérite.

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