« Les Français ne travaillent pas assez ! », par Jean-Baptiste Auxiètre et Paul Jorion

Eugène Laermans : Soir de grève – 1893
Une lecture simpliste conduit à affirmer que les 35 heures hebdomadaires de temps de travail des Français sont insuffisantes et qu’il en faut davantage. Les études sérieuses montrent cependant que l’on est plus efficace et productif en 35 qu’en 40 heures, et même que l’optimum hebdomadaire se situerait entre 28 et 32 heures. 

La même lecture simpliste décrète que certains Français se délectent d’être au chômage et refusent un travail lorsqu’on leur en propose un. Les données montrent elles que la population, plutôt que d’être assistée, embrasse le travail de bon cœur pour autant qu’il soit décemment rémunéré.

Quant à l’âge de la retraite, prétendre que ce sont la travailleuse et le travailleur qui le définissent en leur âme et conscience, n’est qu’un boniment, le chiffre réel étant déterminé au point de rencontre de la volonté des entreprises et de la réelle lassitude de travailleurs épuisés dans certains métiers, où la prolongation au-delà d’un certain âge n’est que le moyen de soutirer aux plus démunis, leur santé en plus de leur force de travail.

Une autre lecture se focaliserait sur la multitude de rentiers propriétaires que le capitalisme engendre dans une société « en haltères » faite de très pauvres et de très riches, le statut intermédiaire ayant disparu, qui plutôt que de travailler, vivent de leurs dividendes et autres rentes. Certains propriétaires de restaurants, de bars, d’un parc immobilier, d’autres commerces et entreprises, ne travaillent pas dans leur établissement, bien qu’ils en tirent un revenu. 

Or curieusement, ce sont les rentiers qui sont les premiers à proclamer la vision simpliste de la Droite, des « Français qui ne travaillent pas assez ! », qu’ils lisent volontiers chez les autres, mais – militants de la paille et la poutre – ignorent superbement quand il s’agit d’eux-mêmes, confondant de gaieté de cœur le fait de disposer de revenus et celui de travailler effectivement, dans un contexte de rapport de force où leurs revenus du capital sont le plus souvent supérieurs à ceux que l’on peut obtenir par le travail !

Les rentiers sont en général mieux formés que la moyenne de la population, mais le capitalisme en France encourage à laisser en friche leur capacité de travail et leur matière grise sans que cela dérange quiconque. 

On nous bourre le crâne de travailleuses et de travailleurs ne travaillant pas assez alors que sont celles et ceux qui obtiennent leurs revenus du capital qui plombent l’économie en ne travaillant que très peu ou pas du tout ! Bien davantage que le RSA, ce sont la rente et les dividendes qui dissuadent des personnes capables de véritablement travailler. La logique perverse du capitalisme prive la France d’une quantité considérable de force de travail et de matière grise pourtant essentielles à son avenir.

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63 réflexions sur « « Les Français ne travaillent pas assez ! », par Jean-Baptiste Auxiètre et Paul Jorion »

  1. Ha bon
    Et combien de personnes vivent t’elles de leur rente sans travailler ?
    En dehors des retraités, lecteurs ou pas du blog 😏

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    1. @ Xtian,

      D’une certaine façon, la pension de retraite peut être assimilée à une rente sociale viagère.

      Ceci étant dit, une bonne partie des retraités ne roule pas sur l’or en France. Seuls ceux qui bénéficient d’une rente financière et/ou immobilière ont un train de vie supérieur (plus… voir plus plus).

      Ce qui nous ramène donc au sujet initial.

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          1. Environ 10% des ménages ?
            Sur le lien que vous postez Benjamin , il est indiqué « 10% des ménages détiennent la moitié du patrimoine  »
            Si il s’agit bien de cette statistique à laquelle vous faites référence , celant nous renseigne pas sur le nombre de rentiers qui ne travaillent pas .
            Combien sont t’ ils ?
            Quelle est le cumul de force de travail et de matière grise dont ils privent la France ? 🙂

            1. @xtian Tout ça est bien gentil, mais quel est la valeur du capital qui n’est pas comptabilisé, les infrastructures d’état ou de collectivités, routes, ports, ponts immobilier, distributions d’énergie, d’eau hérités des générations antérieures et qui participent à l’efficacité de l’économie française ?
              N’est elle pas supérieure aux capitaux privés ?
              Les Francais ou plutôt les résidents n’en sont-ils pas tous les rentiers bénéficiaires ?
              Quoi d’autre peut justifier l’écart de revenu (du travail ou pas) par rapport aux habitants d’autres pays Ukraine ou Madagascar par exemple.

      1. Benjamin 13 mars 2022 à 21 h 59 min
        « la pension de retraite peut être assimilée à une rente sociale viagère ».

        Ben non, en système de retraite par répartition ce sont les plus jeunes actifs dans la solidarité transgénérationnelle qui financent la retraite de leurs parents et grands parents. Les pensionnés ne sont pas propriétaires des servants du capital qui leur assure une pension !
        Faire des gosses fut longtemps la seule assurance vieillesse !

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        1. @ Rosebud1871

          Toute la nuance dans mon propos initial vient des termes « peut être assimilée »… 😉

          Parce que, pour rappel, une rente viagère est un revenu garanti versé périodiquement par un assureur jusqu’à la fin de sa vie.
          Or, notre système de pension de retraite est géré par des caisses d’assurance (on parle même de l’Assurance Retraite pour évoquer Cnav, Carsat, CGSS, CSS)

          La seul différence entre une rente viagère « pure et dure » et la pension de retraite est juste dans le fait qu’effectivement aujourd’hui on ne capitalise pas : c’est un système par répartition.

          Et encore : avec les PERP, PERCO, PERIN, … il y a une partie de son complément de pension de retraite qui sera obtenue par capitalisation.

          D’où les termes « peut être assimilée » .

          1. La retraite des caisses de retraite est bien une rente viagère (réversible), ce sont les termes qui régissent les relations entre le débiteur et le bénéficiaire, peu importe le schéma de financement du payeur de la rente que ce soit par distribution partielle de revenus de capitaux placés, ou schéma de ponzi légal basé sur une obligation légale portant sur les activités économiques sur certains terrritoires (répartition) ou simple libre tontine à adhésion libre.
            La retraite des fonctionnaires (ou pension) est une dette de l’Etat à la charge du contribuable et s’assimile plus facilement à un salaire réellement différé, il n’y a pas alors vraiment de cotisation !
            Les retraites versées ne dépendent aucunement de quelconques montant de cotisation sur les rémunérations versées.

            En revanche dans la retraite privée ce sont les cotisations retraites salarié et patronale (et non les retraites versées) qui constituent un salaire différé (au sens non perçu immédiatement) et aucunement des charges ni surtout des impôts ou taxes à destination de l’Etat.

            1. @ Ruiz,

              « Les retraites versées ne dépendent aucunement de quelconques montant de cotisation sur les rémunérations versées. »

              Sauf pour les complémentaires retraite dont certaines sont obligatoires pour une liste de professions ou de statut du secteur privé.

  2. Bonsoir Jean-Baptiste, Bonsoir Paul,

    Rien à ajouter sur ce sujet ô combien important… tant il plombe notre société et creuse toujours un peu plus les inégalités !

    Si juste une interrogation : quel serait l’état de notre société si Emmanuel Macron – qui s’était déclaré en pourfandeur de la « rente immobilière » en 2017 – n’avait pas pris ces mesures courageuses contre le système rentier ?…

    Ah… rectification : on me dit dans l’oreillette qu’il n’a pas pris de mesures contre le système rentier ! Sa politique l’a même favorisé… 😉

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    1. Quand on s’est fait 2 000 000€ chez Rotchild, on doit bien savoir placer son pactole pour en tirer une bonne rente. Pas besoin de traverser la rue. On doit même en tirer plus de revenu qu’un Président de la République mais faut bien s’occuper, et puis, il faut bien renvoyer l’ascenseur à ceux qui vous ont mis le pied à l’étrier.
      Quand ce sont les banquiers et les rentiers qui financent les campagnes électorales, la vassalité s’installe de fait.

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      1. Bonsoir Pascal,

        Effectivement, Emmanuel Macron doit être considéré comme un cheval de Troie mis dans notre système politique par les lobbies financiers et bancaires.

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      2. Oui, d’ailleurs comment fait il pour ne déclarer que 500 000 de patrimoine, tout en gagnant 10 000 par mois, logé nourri ( coiffé, conduit etc ) ??

        Du mal à croire qu’il soit un si mauvais gestionnaire de ses propres intérêts….

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        1. @Thomas Jeanson Peut être a-t-il l’habitude d’un train de vie important, il dépense et fait travailler les autres.
          Son hostilité à la propriété immobilière en fait un homme de gauche et pas un bourgeois classique valorisant la propriété individuelle.
          Son idéal est sans doute que la France, tout l’immobilier en France soit la propriété d’étrangers de banques d’institutions financières, de fonds de pension d’instituteurs américain pour leur retraite ou de SCI anonymes.

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          1. Homme de gauche, excellente !

            Train de vie ? Qu’il y a-t-il donc que l’Etat ne lui paie pas ? Le Casino ? La drogue ?

            Tout le reste laisse des traces.

            Non, c’est un petit cachotier.

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            1. Vous connaissez les revenus et le patrimoine du Président
              C’est insuffisant
              Vous voulez connaitre ses dépenses personnelles
              Hé bé

              1. Xtian
                Je vous rappelle que nous sommes dans le pays ou un ministre des finances avait un compte en Suisse, où un président avait un coffre bancaire de 2 m3 pour  » mettre ses discours  » et où l’actuel ministre de la justice paye une Maserati à Monaco avec du cash venu de nulle part…

                Etc etc

                Et vous croyez qu’il a juste 500 000 de patrimoine ?

                C’est le pape du conflit d’intérêt :

                Si il était reglo, tous ses ministres se foutraient de lui !

                  1. C’est la logique des conflits d’intérêts qui pose problème.

                    Une petit bande de voyous qui viennent affaiblir autant que possible l’état, la justice, les contre pouvoir et qui vont ensuite aller pantoufler dans le privé.

                    Ils peuvent déclarer tout ce qu’ils veulent, je n’en crois pas un mot.

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      3. 3Quand on s’est fait 2 000 000€ chez Rotchild, on doit bien savoir placer son pactole pour en tirer une bonne rente. Pas besoin de traverser la rue. On doit même en tirer plus de revenu qu’un Président de la République mais faut bien s’occuper, et puis, il faut bien renvoyer l’ascenseur à ceux qui vous ont mis le pied à l’étrier.
        Quand ce sont les banquiers et les rentiers qui financent les campagnes électorales, la vassalité s’installe de fait.3

        Je plussois des milliers de fois ! Le coup des 500.000 € de capital, Macron nous prend vraiment pour des cons.

    1. Lezard 13 mars 2022 à 23 h 18 min
      Le gendre de Marx s’est suicidé avec sa femme avant d’atteindre 70 ans.
      « Sain de corps et d’esprit, je me tue avant que l’impitoyable vieillesse qui m’enlève un à un les plaisirs et les joies de l’existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres. »
      Lenine était à l’enterrement.

      Perdu pour Orpea…

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  3. Il n’y a pas de durée de travail, ni naturelle ni normée. Je connais des milliardaires qui travaillent 12 heures par jour. Et Harpagon de Molière songe à sa cassette au lieu de dormir. Un rentier ne travaille jamais par principe : on parle de sa rente, de son argent qui « travaille » sans lui ; s’il travaille, c’est comme bucheron ou comme financier, en surcroit de son revenu pour lequel il ne travaille pas. Et une retraite n’est absolument pas une rente viagère : c’est (historiquement ) une allocation de solidarité fournie par les travailleurs pour soulager la famille de celui qui n’est plus en état de rapporter du revenu.
    Le billet dénonce des « lectures simplistes » mais reste lui-même à la surface des choses. Il faut partir de la base : le revenu est le produit de la chasse et la cueillette du jour faite au profit de clan et partagé en son sein. La durée du travail reflète la difficulté d’obtenir le repas en commun. Le partage est la plupart du temps inégalitaire, les discriminations sont voulues, résultat d’une domination. Quand le travail devient sédentaire, et que vient le capitalisme de négoce, le travailleur travaille « à l’ouvrage », au produit ou à la prestation, et c’est le revenu désiré qui donne la durée du travail si celui-ci est attendu : flexibilité de la production suivant la demande ; le négociant tire profit du risque pris et du revenu distribué. Les régressions salariales à la petite semaine sont monnaie courante fin du XIXe, d’où des grèves émeutières pour se faire payer selon les promesses patronales. C’est la rationalisation du travail, par une codification juridique et par des conflits sociaux à la marge de celle-ci, que la durée maximale (les 40 heures) et le revenu minimal ont été fixés, ainsi que la protection sociale, qu’on dira bientôt universelle. Mais un segment important de la main d’œuvre restera dans des statuts dévalorisés, répétitifs, sans espoir de carrière, en usine ou en dehors. Et ce segment dévalorisé devient actuellement dominant dans les postes de travail. Tout est rapport de force, hors de toute norme. De ce fait, la motivation à travailler pour la communauté n’est pas soutenue, est gaspillée et la récrimination sur « les autres » pourrit le mode de relations sociales. Et la pratique de la fête au sein de la communauté, pourtant essentielle, est laissée à la marge.

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  4. Mais enfin la véritable question est qu’est-ce que travailler ?
    Car de ce que j’entends
    tout le monde travaille, les artistes, les sportifs et les rentiers pour sûr, on ne gagne pas d’argent sans que de sa personne un effort soit produit et les rentiers se réclameront des artisans qu’ils font travailler, du marché immobilier qu’ils font vivre….bref ce n’est pas le travail la question, c’est la rémunération de l’investissement du temps humain dans une tache qui ne le concerne directement en rien, pour laquelle il n’est qu’un exécutant, mais aussi un producteur de plus-value ; pour laquelle il est un subordonné, un être dévolu.
    Et puis de question il n’est pas question, nous savons que la puissance de l’argent commande aux nécessiteux, nous savons que la soumission est inavouable mais qu’elle est la règle du jeu, nous savons que nous sommes pauvres et que nous sommes nombreux, mais nous nous sentons coupables, incapables ?
    La classe populaire, éclatée, atomisée dans les jouets numériques, la culture irénique, la pauvreté n’a plus d’allure et plus de société et l’exploitation s’est transformée en charité….merci aux à nos créateurs d’emplois 🥰

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  5. « on est plus efficace et productif en 35 qu’en 40 heures »
    Parle-t-on de production totale ou de production par unité de temps ?
    Dans le premier cas il est assez surprenant de penser que la production horaire chute totalement à 0 au bout de 35 heures.
    Dans le second cas c’est possible, très vraisemblable, mais si le problème macroéconomique pour le pays (niveau de vie, balance des paiements) c’est la production réellement obtenue dans l’année, peu importe que la productivité des dernières heures soit plus faible si la production est augmentée.

    « multitude de rentiers propriétaires que le capitalisme engendre dans une société « en haltères » faite de très pauvres et de très riches, »
    Si les deux boules des haltères sont composées de très riches d’une part, il est cependant assez probable que ces très riches (dont on est nombreux à envier le sort) ne soient pas si nombreux, on voit mal alors comment ils pourraient constituer une multitude, et ils ne peuvent non plus être ailleurs.

    « Les rentiers sont en général mieux formés que la moyenne de la population »
    Cette affirmation est à vérifier, comme semble-t-il les rentiers sont en général vieux et que les générations récentes sont beaucoup mieux formées, elle ne semble pas évidente.

    « ce sont celles et ceux qui obtiennent leurs revenus du capital qui plombent l’économie  »
    Si l’activité économique peut être maintenue sans capital en effet c’est bien dommage et l’on aurait intérêt à s’en passer.
    Si notre économie se financiarise entièrement et que tout travail dépends d’un capitaliste, alors il y a lieu de distinguer si ce capitaliste vit en france et donc dépense en france et participe ainsi à l’économie, ou s’il vit à l’étranger notamment s’il est étranger et ne dépense pas en France.
    De plus pour un capitaliste français qui dépense en France et nourrit l’économie nationale il en est de nombreux qui même investis dans des sociétés « françaises » (Michelin Total ..) génèrent leurs revenus par des activités hors de France, ce sont les salariés français qui leur procurent des services qui exploitent ainsi indirectement des travailleurs à l’étranger.

    « ce sont la rente et les dividendes qui dissuadent des personnes capables de véritablement travailler »
    est une affirmation que des fondateurs de start up et leurs collaborateurs, qui malgré les baby-foot ne comptent pas leurs heures et parfois ne se salarie guère pendant un temps, auraient du mal à partager.

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    1. On produit plus en 32 heures qu’en 40 heures en production totale et en moyenne ! Cela a été vérifié maintes fois scientifiquement sur une durée de plusieurs mois. Mais la science à notre époque ne prévaut souvent plus et le dogme le plus souvent si. Car c’est bien le report de la fatigue qui fait que l’on travaillera moins bien la semaine suivante etc.. On peut même travailler 60 heures en étant efficace mais la fatigue accumulée se reporte dans ce cas là jusqu’à 3 mois et vous fait perdre de la productivité durant toute cette période ! Ce n’est pas à la 36ième heure que l’on ne travaille plus mais la semaine suivante ou l’on est beaucoup moins productif ! On joue bien sur la vision naïve qu’il suffirait de dormir une nuit pour récupérer sans comprendre le principe même de la productivité et de la physiologie humaine (là aussi une science à laquelle on ne veut pas se référer mais qui a bien produits des résultats scientifiques mais qui vont à l’encontre d’un « certain » sens commun) et on va toujours dans le sens commun d’un travailler plus en temps sans comprendre que la qualité et la quantité du résultat est évidemment plus importante dans la réalité que l’occupation sociale. Mais bon peut être veut-on surtout « occuper » les gens… ou même les abrutir qui sait, si d’ailleurs ce n’est pas un peu déjà le résultat obtenu…

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      1. @Jean-Baptiste Auxiètre Il y a sans doute des tas d’études qui disent tout et son contraire, mais il est difficile de penser qu’un indépendant, libre de son organisation, agriculteur ou autre est assez bête pour travailler plus de 32 heures par semaine pour assurer son revenu s’il pouvait faire autrement.
        C’est peut être vrai pour des travaux intensifs ou critiques (contrôleurs aérien) , mais est-ce vrai pour des services où la durée constitue par elle-même la production, chauffeur routier, veilleur de nuit, surveillance médicale, gardien de square, vendeur d’épicerie de quartier …

        De plus par ailleurs le déficit de travail ne concerne pas seulement l’intensité hebdomadaire (il y a 25 ans les Coréens travaillaient 46 heures par semaine) mais aussi le nombre d’années dans la vie (étude / retraite) et le taux d’emploi effectif (chomage adaptabilité).

  6. Coucou,

    Finalement le covid n’a pas été assez mortel ; La faucheuse a épargné trop de vieux !

    Toujours les même rengaines des cinglés du boulot, des abrutis de la compet permanente. Les mêmes qui veulent envahir la pologne en écoutant du wagner , voir même l’ukraine en écoutant du tchaïkovsky !

    Ils me saoulent.

    Bonne journée

    Stéphane

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  7. Salut Baloo,

    Je prends prétexte de ton post pour souligner 1/ que le texte ne fait pas référence aux pensions de retraite comme rente mais signale que l’âge de départ à la retraite n’est pas le fait d’une décision personnelle mais du choix des entreprises (environ 50% des plus de 55 ans sans emploi) et de la possibilité physique ou non de poursuivre son activité professionnelle. 2/ que la notion de « salaire différé » (chômage, maladie, retraite) permet d’éviter la confusion entre pensions de retraite et rente. Le retraité n’est donc pas un rentier (petit ou pas) mais un salarié privé d’activité comme d’autres par la structure économique, la santé ou la vieillesse.

    Nulle angoisse pour les lecteurs du blog, s’ils ne disposent pas d’une résidence secondaire qui manque aux provinciaux qui ne peuvent pas se loger :-/

    La réponse est sans doute à chercher dans la vidéo de Lordon citée encore hier, et dans l’intransigeance d’un néo-libéralisme triomphant qui ne tolère plus aucune limite ni aucun compromis (voir Kessler et Sarko) et pousse sans cesse son avantage. Trois gisements de profits à l’horizon 2050 retraites, santé, éducation (5/7$ pour 1$ investi : c’est sans commune mesure. Voir le programme (?) de Macron : retraite/éducation déjà et l’on sait l’état du système de santé)

    Autre remarque : cela fait quelques années que la vidéo de Lordon à Polytech refait surface sur le blog. Elle fait partie d’un corpus d’indispensables à mon sens, cités régulièrement sur le blog (un autre exemple parmi cent celle du militaire suisse sur le black-out) et qui mériterait d’être archivée quelque part… Ne serait-il pas possible d’en faire une liste proposée par les lecteurs du blog et de les mettre à dispo par catégories afin de constituer un fond documentaire de vidéos, audios et articles de base facilement accessibles ? (Sur le modèle de l’Utopie réaliste ailleurs ici, tout le monde y va de ses propositions et ensuite, fonction de la notation greenthumb ou autre, on inclut dans la liste ou pas… Est-ce seulement possible ?)

    Sur la supériorité intellectuelle du rentier, je reste sceptique, le propre de l’héritage étant d’être le fait du hasard, les déterminismes sociaux ne suffisent pas à conforter ni leurs capacités ni une quelconque supériorité intellectuelle : leur surreprésentation dans les filières élitistes n’apparaissant pas comme un gage sérieux (ni de l’individu ni de la formation) mais, comme l’explique la sociologie de l’éducation, le fruit des stratégies des CSP supérieures et de la construction d’un entre-soi exclusif – lieux de résidence, choix d’établissements, options, environnement culturel, etc. Il me semble, en outre, que les exemples de crétins congénitaux sont aussi nombreux chez les riches que chez les pauvres, la grande culture n’évitant pas, jusque sur ce blog, d’être un « athlète complet »…

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    1. Évidemment que je ne parlais pas de la retraite comme d’une rente puisque je parlais bien des revenus du capital ! Mais là aussi on voit le biais Français de voir des rentes là où elles ne sont pas et de ne pas les voir là où elles sont !

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    2. @2casa.
      1/ L’idée de la retraite comme rente est dans un commentaire de Benjamin ; et je réagis souvent à ce genre de fantasme. Au XIXe, on travaille jusqu’à sa mort ; si on en est incapable, on est à la charge de ses proches. Les possédants charitables pratiquent la « bienfaisance » envers ces familles, parfois par le biais d’institutions « religieuses » (hospices-dieu, etc.). Par contraste, les ouvriers s’organisent en mouvement et créent des caisses de solidarité alimentaire pour « retraite, maladie, grève ». Rapidement les patrons vont abonder ces caisses. Je n’aime pas trop le concept de « salaire différé ». On est plutôt dans le don : je cotise pour les retraites de mes vieux et je profite à mon grand âge des cotisations des travailleurs. Le salaire différé semble dire que le patron paie encore. C’est plutôt une part de mon salaire qui est collectivisée. Bien sûr, tout cela s’est complexifié et diversifié avec l’évolution de la sécu, les assurances-pension de groupe ou individuelles, les pré-retraites, etc. Ce qui permet divers fantasmes de « l’Etat-providence ». Je parlerais plutôt d’un « revenu solidaire » de base au sein d’un Etat très inégalitaire organisant à la marge la répartition de la richesse produite. Les assurances de groupe ou individuelles par capitalisation sont autre chose : elles sont une épargne mise à disposition des financiers et récupérable « en l’état futur ». On peut sans doute parler de rente dans cette situation.
      2/ Il parait excessif de dire comme dans le billet « les rentiers plombent l’économie ». Ce sont des profiteurs, mais le profit est plutôt chez les 0,1% puis les 1%, par l’inégalité foncière de la répartition du revenu collectif au profit des riches, indépendamment de savoir s’ils travaillent ou non. Il est des héritiers qui se révèlent des entrepreneurs efficaces en s’inspirant du modèle paternel ; mais il est des rejetons de personnages puissants qui se révèlent des faibles esprits, sans motivation et sans autonomie. Il faudrait donc que la Collectivité obtienne de chacun de ses membres sa pleine contribution à la vie sociale et économique, et qu’on impose à ces rentiers, en fonction de leurs capacités, quelque corvée utile à tous !

      1. @ Chabian,

        Voir ma réponse à Rosebud1871 : il faut lire tous les mots d’une phrase.

        Je n’ai jamais dit qu’une pension de retraite était une rente… j’ai juste dit que de part le type de caisses qui les gèrent (Assurances retraite) et les caractèristiques proche de la rente viagière, l’assimilation (au sens « parallèlisme ») était « tentante ».

        Je n’ai nullement de fantasme autour de la pension de retraite comme rente viagière : ce serait une sacré erreur de lecture de ma part alors que je travaille depuis plus de 10 ans dans une mutuelle d’assurances. 😉

        Ceci étant dit, ce n’est pas la première fois qu’en faisant ce « parallèle », je constate que je titille des retraités… Et je m’en étonne car si notre système était si clair et si lisible pour tout le monde, ce genre de « parallèle » serait pris pour ce qu’il est !

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          1. @ Juannessy,

            Tout à fait… avant de ne plus filer droit et de commencer à parler de parabole ou d’hyperbole avec mes parallèles… 😉

        1. Benjamin 14 mars 2022 à 23 h 17 min
          « cet héritage (d’Amroise Croizat) a déjà subi de nombreuses charges de la part des gouvernements successifs : dès 1967, le général de Gaulle instituait le régime du paritarisme, donnant le dernier mot au patronat dans les décisions, quand la Sécu de 1946 confiait, elle, le pouvoir aux travailleurs. Ambroise Croizat n’aura pas assisté au démantèlement de son œuvre. »
          in
          https://www.alternatives-economiques.fr/retraites-defendre-lheritage-dambroise-croizat/00091939

          1. @ Rosebud1871,

            Très bel article sur un homme peu connu du grand public mais qui a tant fait pour la cohésion sociale du pays.

            Ceci étant dit, l’article est aussi très juste dans la sa dénonciation des charges subies par le système de Sécurité Sociale tant de la part des gouvernements successifs de la 5ème République que du patronat, … et des lobbies financiers. Et aujourd’hui, il faut regarder les choses en face : sur certaines branches (chômage et retraite), nous ne sommes plus loin d’un système de moins en moins universaliste (ou de plus en plus privatisé si on veut voir le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein). Car il faut désormais respecter un certains nombre de critères (nombre de mois/trimestres travaillés, âge pivot pour bénéficier d’une pension sans décotte, alimentation de produits de type PERCO, PERIN, PEA, …) pour pouvoir bénéficier d’une allocation/pension optimale : cela devient littéralement un droit d’entrée.

            C’est pourquoi, avant d’appeler à voter pour X ou Y, chacun devrait réfléchir au système qu’il veut dans son fort intérieur et aux systèmes qui sont proposés (à travers les « pseudos » programmes) sur la table à la veille de cette présidentielle. Et là, selon ses orientations/convictions, il y a de quoi pleurer à chaude larmes tant notre Sécurité Sociale est en grand danger !

            1. Benjamin 15 mars 2022 à 12 h 32 min
              « avant d’appeler à voter pour X ou Y, chacun devrait réfléchir au système »
              Ce n’est pas le cas, ça fait partie d’une des apories de ce qui est présenté comme le meilleur des systèmes.
              Je n’ai jamais appelé à voter pour X ou Y juste témoigné de mon choix, qui titille…certaines passions.
              Sur le devenir de Croizat, Friot et Lordon me semblent les plus pointus pour cerner l’affaire en vain. Bon courage !

              1. @ Rosebud1871,

                « Je n’ai jamais appelé à voter pour X ou Y juste témoigné de mon choix, qui titille…certaines passions. »

                Je n’ai aucun problème avec ça… tant que vous avez pleinement conscience où vous mettez les pieds 😉

                Mais vous conviendrez que le sujet du choix d’une trajectoire permettant la pérennité de nos systèmes d’allocations retraite, chômage, sociale, santé, … aussi complexe soit-il est loin d’être sur la table des débats présidentiels.

                Et je trouve cela fort dommageable.

                1. Benjamin 16 mars 2022 à 0 h 53 min

                  La pérennité de la protection sociale est dans tous les programmes à doses diverses. Pas de garantie là comme ailleurs. J’avais appris un jour qu’il y existait des réassureurs d’assurance, j’étais MDR d’apprendre qu’il n’y avait pas de réassureur de réassureur d’assurance etc. La terre fait faillite et aucun extraterrestre d’une exo planète ne nous couvre ? « Pleinement conscience » où on met les pieds, c’est incalculable ! prendre un job, un conjoint, faire un gosse, ces actes répandus le sont avec leur part d’opacité.

        2. Benjamin dit @ Xtian, « D’une certaine façon, la pension de retraite peut être assimilée à une rente sociale viagère ». Moi, ce type de phrase me fait réagir. Je ne réagis pas comme retraité (que je suis) mais comme défenseur de la Sécu universelle contre la privatisation. Et donc contre les erreurs de vision ou de langage.
          Je ne sais ce que veut dire une « mutuelle d’assurances ». J’ai peur de comprendre « d’une certaine façon ». En Belgique la pension est un office de l’Etat (ONP). Mais il y a des ajouts possibles par assurance groupe et assurance individuelle privées : c’est une épargne de long terme avec avantage fiscal. Et effet d’attachement au patron qui verse. Cette épargne est « fondante » : vous la reprenez d’un coup à la retraite ou progressivement. Les accidentés handicapés touchent une rente .

          1. @ Chabian,

            Mutuelle d’assurances (ou pour être exact : société d’assurance mutuelle) : compagnie à but non lucratif au sein de laquelle les adhérents cotisent pour s’assurer les uns les autres. Au passage, les adhérant y sont appelés des sociétaires, ce qui signifie qu’il dispose d’un droit de vote et de participation aux orientations de gestion de l’organisme d’assurances.

            Et si vous avez vraiment un doute sur ce qu’est une société d’assurance mutuelle… alors vous pouvez doutez de l’Assurance Chomage, de l’Assurance Maladie et de l’Assurance Veillesse puisque ces trois types d’assurances sociales sont gérées par des caisses mutualistes fondées par le mouvement mutualiste – à l’image du fonctionnement des mutuelles d’assurances.

            Le modèle mutualiste français est pour le coup une exception bien française (encore « une » diront certaines mauvaises langues) que le marché européen de l’assurance s’evertu à faire disparaitre.

            1. @benjamin
              Ha ,les mutuelles d’assurances
              Groupama qui a frôlé le dépôt de bilan avec son internationalisation , sa poche actions non diversifiée et ses emprunts grecs.
              Covea qui regroupe MMA , MAAF , GMF qui se battait pour prendre le contrôle de SCOR
              SFEREN qui regroupe MACIF ET MATMUT
              Sans oublier dans le même registre les groupes de protection sociale , disposant également de mutuelles d’assurance , et qui comme Malakoff Mederic sont actionnaires de KORIAN
              De beaux exemples de capitalisme hypocrite non assumé, et le plus triste de dirigeants pilotant ces groupes comme des multinationales capitalistes classiques , mais avec des capitaux volés aux sociétaires , ce qui les exonère de rendre des comptes à des actionnaires , car ils ont été renommés sociétaires.
              Le plus fort a été AXA qui tout en assumant sa démutualisation , a conservé comme actionnaire majoritaire les mutuelles AXA .

              1. @ Xtian,

                Alors, franchement, il faut ne pas connaitre le fonctionnement du monde mutualiste pour affirmer de telles choses.

                Par exemple, Sferen : ce n’est pas un groupe (au sens capitalistique du terme) mais juste un groupe « prudentiel » (SGAM) au sens de la réglementation européenne Solvancy II (i.e Solvabilité 2 en français).

                Macif et Matmut n’en sont que des affiliés (l’importance du terme) et ne produisent aucune résultat en commun. Ils se doivent juste solidarité financière et/ou opérationnel en cas de nécessité (exemple : forte sinistralité pour l’un ou l’autre sur un événement climatique du type « tempête de 1999 »).

                Dans les faits, il n’y a pas de convergence des marques (et il n’y en aura jamais : cf. déclaration commune de 2016).

                La plupart des SGAM du type de Sferen, Covéa, .VyV, … ne sont que des « artifices » pour contourner la réglementation européenne Solvabilité 2 : elles permettent à des acteurs mutualistes de « survivre » individuellement à des normes européennes (voir international : exemple IFRS) via des mécanismes mutualistes collectifs.

                Et la plupart des mutualistes n’opèrent qu’en France. Et pour la bonne et simple raison que le cas Groupama a servi d’exemple à toute la profession. Vouloir jouer les assurances-banque en allant à l’internationale a été une très grosse bêtise : se prendre de plein fouet les exigences européenne (Bâles II / Bâles III et Solvancy II) tout en accumulant tout les contraintes des normes financières internationales quand à la base on n’a pas les reins solides était un acte suicidaire.

                Quand à AXA… cela fait bien longtemps que cet assureur n’est plus du tout vu comme un mutualiste au sein de la profession.

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                1. D’accord Benjamin, ce sont donc des groupes non capitalistiques, qui utilisent l’ingénierie financière pour combiner leurs capitaux😏
                  Ce sont des capitalistes qui utilisent le faux nez de l’économie solidaire, et font croire à leurs clients que ce sont eux les actionnaires et que ce sont donc eux qui déterminent la stratégie de ces entreprises.
                  Salarié actionnaire, c’est déjà le grand écart.
                  Client actionnaire également.

                  1. @ Xtian,

                    Véritablement, vous devriez mettre de côté tous les fantasmes / idées reçues que vous avez sur le secteur de l’assurance avant de vous attaquer au dossier des mutuelles.

                    Parce que même si tout n’y est pas blanc, le monde mutualiste est loin d’être « le bocal à requins masqués » que vous dépeignez.

                    Depuis le temps que j’y traine, j’en suis revenu de certaines de mes idées « préconçues » que j’avais sur le secteur des Assurances Mutuelles.

  8. Bonjour à tous,
    L’idée selon laquelle « le français ne travaillerait pas assez » est assez répandue, elles circule dans notre société sensiblement dans le sens inverse du « ruissellement de la richesse », et sensiblement à la même vitesse que l’accroissement de sa concentration.
    Manifestement cette idée croît dans les esprits à mesure que la richesse s’éloigne de la majorité en se concentrant sur un plus petit nombre encore de privilégiés.
    Ces quelques braves gens, si rares (des travailleurs acharnés – ce sont eux qui vous le certifient!), tous intimement persuadés que le travail ne saurait rapporter qu’à celui qui le distribue, ont parfaitement conscience de l’équilibre fragile (on appelle ça « la paix sociale ») entre l’abus de quelques uns et la crédulité de tous les autres.
    Flottant en relative apesanteur, mais toutefois rompus à l’exercice difficile de faire croire à tous que la gravité affecterait quand-même, vers cette base si crédule et stupidement laborieuse, les miettes de leur perpétuelle orgie financière, et tout à la fois conscients de leur embonpoint et de leur appétit grandissant à mesure que se creuse l’abîme avec le monde du dessous, ils ont peur.
    Peur de cette masse grouillante à laquelle ils pensent ne plus appartenir, certains qu’ils sont, d’avoir pour charge de résoudre des problèmes surhumains, ils supportent de plus en plus mal l’évidente supériorité numéraire de semblables qui leur paraissent si dissemblables et en craignent plus encore la colère, ce qui leur gâche un peu le plaisir et attise une animosité envers nous autres, ceux d’en bas, « sans dent » à gauche, comme « assistés » à droite.
    Voilà comment à force d’éloignement, naît l’ignorance, puis la défiance et la peur.
    Incapables de redescendre, ils s’éloignent encore, tout en redoutant plus encore l’inéluctable chute.
    Qui donc dans le monde si bienveillant des professions dites « Intellectuelles Supérieures » n’a jamais entendu une des nombreuses variantes possibles de cette discussion entre professeurs, quels que soit le niveau d’enseignement:  » Ah mon cher ami! Que le métier d’enseignant serait merveilleux sans tout ces élèves!
    La richesse, la connaissance, qui sont des notions si trompeuses et abstraites pour celui qui pense les détenir, ne sauraient rester concentrées éternellement entre les même mains (et ils le savent bien), car si elles représentent un réel pouvoir, ce pouvoir finit par en corrompre la valeur à force d’être utilisé par les mêmes. C’est à ce point que nos civilisations sont désormais parvenues.
    Plus que la richesse, le savoir, c’est la défiance qui ruisselle aujourd’hui, la défiance et la peur, la peur et la haine de chacun envers chacun.
    Et quand la crédulité des masses s’étiole, que l’art de gouverner devient plus périlleux, les élites dirigeantes rêvent plus volontiers de diriger un empire ou une royauté, qu’une république, à moins de distraire de la révolte, ses citoyens par une bonne guerre!
    Enfin, en commençant d’abord par prétendre qu’il n’en est pas question, bien-sur!
    Eric.
    l’Humanisme seul, peut être garant d’une l’humanité apaisée.
    Ne reste qu’à en inventer les lois.

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  9. Le « travail » a souvent été abordé sur le blog ( taper travail dans la fenêtre catégories ) sous des angles souvent plus éclairants et moins cafouilleux que la rédaction de ce billet , qui , à vouloir rebondir saur une balle de ping pong de l’actualité de la campagne électorale , n’en sert que la confusion .

    Car avant de savoir si on travaille trop ou pas assez , on perdra moins son temps à se demander d’abord à quoi le travail sert , à quoi il pourrait servir , qui travaille , qui ne travaille pas , que fait -ton du fruit du travail s’il y a un fruit , que devrait on en faire , qui doit le définir ( le fruit et en conséquence le travail ) ..

    Si on reste en France il me semble qu’on peut repérer des finalités multiples avec des vices et des vertus , potentiels ou réels :
    – crée du lien , de l’échange et de la créativité sociaux, Confrontation réel vs désir .
    – procure en principe un revenu au salarié , normalement destiné à subvenir à ses besoins basiques , son bien être au delà , et éventuellement sa propre capacité d’investir ,Procure au retraité à venir son espoir de ne pas être à charge directe de ses enfants et de ne pas crever dans la misère et l’indifférence générale . Alimente les systèmes de sécurité et d’assurance sociales .
    – procure à l’actionnaire des gains rémunérant son capital et un risque potentiel ( sans commentaires …)
    – assure une partie des impôts et taxes nécessaires à la capacité de l’état d’assumer sa responsabilité en matière de justice , de sécurité , de santé publique , de formation et de garanties des libertés ( mobilité , qualité de l’environnement , accès à l’eau , disposition de l’énergie ..)
    – …;

    Plus que la durée du travail ( je réfute de mon côté que ce soit un sujet digne d’un président de la République , c’est l’affaire des partenaires sociaux sous le regard d’un premier ministre condamné au provisoire ) , il me parait plus signifiant que l’on juge de la place que l’on donne et de l’arbitrage que l’on fait dans ce que Deleuze ou Foucault appelleraient la lutte entre domination dans le travail ou émancipation par le travail . On doit alors utilement traiter dans le même mouvement de pénibilité , des travail(s) , de gratuités , de taxe Sismondi , de fiscalité globale ( et là on reparle de la rente abusive et de sa taxation , de l’enrichissement sans cause , de l’ensemble de la fiscalité et de l’idéologie qu’elle porte , de la convergence des codes du travail nationaux…), de solidarité entre générations …

    Un état a besoin d’argent pour jouer son rôle au présent et en anticipation de l’avenir . Il peut le prélever sur le travail ou sur la rente en système capitaliste ( et plus surement sur les deux ). Il ne peut être admis comme juste qu’en étant juste sur ces deux sources . Laisser l’âge de la retraite et ses modalités à ceux qui feront le moins de bêtises : les partenaires sociaux . L’Etat n’est attendu que sur le niveau de ressources qu’il ambitionne , et sur ce qu’il compte en faire à diverses échéances .Ça s’appelle un projet et un programme politiques .

    PS : il y a une troisième façon d’avoir des ressources , qui rejoint les effets d’aubaine chers à Proud’hon : disposer de ressources naturelles ( gaz, pétrole , minerais , végétaux …) , qui alimentent alors hélas des régimes plus soucieux de leurs armées ou de leur conservation du pouvoir que de la formation et bien être de leurs habitants sur la durée .

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  10. Replongez vous dans l’Ancien Régime https://fr.vikidia.org/wiki/Noblesse_française_de_l'Ancien_Régime
    Les temps ont changé mais le rapport aux classes sociales et au travail pas tant que ça.
    La Noblesse ne travaille pas c’est son privilège, elle s’occupe de ses affaires. Elle ne peut donc être qualifié d’oisive. Mais l’ouvrier à toujours été suspecté de ce travers moral. Il lui faut la carotte et le bâton, comme l’âne. Toute la construction morale et sociale est basée sur ces présupposés.
    Qu’on retrouve dans les discours de notre Président : le tiers état qui n’est « rien » et les « premiers de cordée  » qu’on décore à l’Elysée, sans parler de la caste des « intouchables  » qui dirigent le CAC40.
    Ne sommes nous pas obligé de reconnaître que la trame ancestrale de notre société est finalement assez stable malgré les affichages républicains et democratiques ? Les Maîtres sont toujours les tenants du vocabulaire pour habiller la réalité à leur guise.

    1. @Pascal « La Noblesse ne travaille pas c’est son privilège » Euh, l’Aristocratie ne travaille pas parce qu’ele n’en a pas le droit, se serait déroger, de même pour se lancer dans des opérations de commerce :
       » elle s’occupe de ses affaires. » de type civil rente foncière de domaine, mais pas de commerce d’artisanat ou d’industrie.
      En échange d’un devoir de défense qui s’est perdu au cours du temps.
      L’aristocratie est denenue économique parce que le monde est vu sous le prisme économique et l’aspect défense évacué (jusqu’à présent).
      L’idéologie libérale européiste est un moyen de jouer localement (pour les élites) au sein d’un empire géopolitique Etats-Unien dont la protection est à revisiter à l’expérience des évènements récents.

  11. Les « Français » ne gagnent pas assez et les riches gagnent trop.
    Les « Français » ne travaillent pas assez pour que les chômeurs aient une chance de retrouver du travail.
    Les « Français » ne travaillent pas assez alors que les vieux et les enfants ne travaillent pas.
    Les « Français » ne travaillent pas assez en comparaison des Allemands.
    Il existe une infinité de manières de vendre le travail,
    Ignobles, » Arbeit macht Frei »
    Esclavagiste, « Le marché du travail »
    Manu style, « De l’autre côté de la rue »
    Publicitaire, « C’est la santé »
    Etc..

  12. Evidemment que les rentiers trouvent que les  » gens  » ne travaillent pas assez , qu’ils sont assistés . Plus les » gens  » travaillent à moindre cout et plus longtemps , plus la rente est conséquente . Moins ils sont  » assistés  » , plus les dividendes sont élevés .
    Ce que j’ai du mal à comprendre , c’est qu’on demande aux  » gens  » qui ne travaillent pas assez et gagnent trop , aux  » assistés  » qui vivent de munificentes allocations de démontrer qu’ils gagnent assez pour louer leurs appartements et exiger qu’ils consomment à tour de bras . Que les  » économistes  » m’expliquent .

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