Pour un plan quinquennal, par Khanard

À n’en pas douter le billet de « Jenesauraisvoir » est fort bien écrit et relève d’un conte pourtant nous ne sommes pas ici dans une telle évocation, c’est bien du réel dont il s’agit.

Voilà plusieurs billets qui m’ont amené à réfléchir : rôle des intellectuels, les carottes sont cuites, Isaac Asimov, Greenpeace, Brexit, mais où tout cela nous mène ?

D’aucuns, heureusement ils sont rares, vont rétorquer que l’appel du sensationnel, du buzz, guident les pas de la plupart d’entre nous. Sauf preuve du contraire jusqu’à présent les uns et les autres ne nous trompons pas beaucoup.

Et c’est dommage.

Il y a un fait qui m’est apparu au fil de ces billets. Pourquoi en sommes-nous là ? Historiquement, après la seconde guerre mondiale, je crois qu’il avait été instauré la notion de plan quinquennal. Les plus curieux n’auront qu’à aller voir sur leur wiki préféré de quoi il en retourne. Mais quoi de plus ? Un plan quinquennal, planification tout cela est il si absurde à l’heure de la mondialisation ? Du néo libéralisme ? Oui je vous répondrai sans ambiguïté si l’on rejette toute idée de la pensée. Je dirai même toute spiritualité.

C’est ce qui manque à nos sociétés, la pensée. Nous sommes gérés par des tableaux, de la comptabilité, de l’efficience, mais la pensée où est-elle ?

Qu’entends-je par pensée ? Une planification a été symbolisé par ce que l’on appelle les Trente Glorieuses. Il ne faut pas négliger l’aubaine qu’a été le plan Marshall mais tout de même l’autre, le Général, avait bien vu les avantages de la planification. Mais au fond de tout cela qu’y avait-il ? De la pensée. Pensée de ce que l’on souhaite pour demain, dans dix ans, dans cinquante ans et pourquoi pas dans un siècle ?

Car c’est bien de cela dont il s’agit : que voulons-nous pour notre futur ? Alors à l’image d’Harry Seldon (Prélude à Fondation, Isaac Asimov) sans aller jusqu’à inventer la psychohistoire, comment appréhendons-nous le futur ?
Moi, Vous, Nous Tous comment voyons-nous ce qu’il serait utile à l’avenir de l’Humanité ? Un tableau comptable ? Insuffisant.

J’entends déjà des remarques sur l’effondrement qui est là, présent, mais au-delà des mesurettes que l’on prend ici et là ce ne sera pas suffisant car il manque une chose, une seule : comment se prépare-t-on à vivre demain ? Dans l’expectative d’un Sauveur qui d’un coup de baguette magique à la Houdini nous absoudrait de tous nos maux ? Je n’y crois pas.

Partager :

54 réponses à “Pour un plan quinquennal, par Khanard”

  1. Avatar de Romain Vitorge
    Romain Vitorge

    La pensée ou l’intérêt général ? Des idées ou un rapport de force ?
    Les tableaux comptables ne sont que des outils et dénier la pensée à ceux qui les ont concocté et promu me parait, comment dire, un peu loin de la réalité, peut-être.

  2. Avatar de timiota
    timiota

    N’était-il pas « naturel » de planifier dans un monde gorgé d’énergie et dont les besoins démographiques, pyramides d’âge de l’époque obligent, étaient des crèches et des écoles, et des habitations juste décentes ?

    Aujourd’hui, planifier signifie rediriger des ressources, en enlever pas mal aux CSP +++, un peu aux CSP ++, un chouia pas si chouia aux CSP+, faute de quoi, aucun des services publics (éducation, santé, justice, police) ne retrouve un niveau compatible avec la dignité du plus grand nombre.
    Quelques exemples du début du commencement de cela en Europe : le Portugal par exemple.

    Que mille Ruffin fleurissent, et alors le mille unième n’aura pas de mal à planifier quelque chose.

    1. Avatar de Romain Vitorge
      Romain Vitorge

      @ timiota – 19 octobre 2022 18h55

      Je crains qu’il ne faille étendre la planification à la planète entière et dans ce cas la redirection ne se fera non pas entre CSP + et CSP – mais entre les pays fortement émetteurs de CO2 par tête de pipe vers les pays faiblement émetteurs de CO2 par tête de pipe. Nos microcosmes économiques ne sont pas opposables au dérèglement climatique.

  3. Avatar de l'arsène
    l’arsène

    « Pour un plan quinquennal »
    Oui , mais concocté par qui et surtout pour quels objectifs ?
    Par le système actuel représenté par le gérant Macron, le casseur en chef des services publics et le protecteur des actionnaires ?
    Faut parler franchement , les mettre dehors est le seul impératif, tout autre discours n’a strictement aucun sens.

    1. Avatar de CloClo
      CloClo

      l’arsène,

      Moi je veux bien les mettre dehors. En fait oui clairement j’en rêve mais y a pas qu’eux et pas que nous. Seulement derrière quand je regarde, de plus en plus clairement m’apparaît sur la planète deux camps assez bien identifiables maintenant :

      – Mondialistes
      – Nationalistes

      Et en fait sur plein de points on est parfois simultanément personnellement d’un côté ou d’un autre selon comment on regarde les choses et selon les problèmes. Comment on résout cette contradiction entre deux schéma qui semblent s’exclure ? Ou bien je me trompe moi même en voyant ça ?

      Sinon donc une fois dehors, comme la nature a horreur du vide, on remplit avec quoi ?

      1. Avatar de l'arsène
        l’arsène

        @ CloClo
        « on remplit avec quoi ? »
        Avec de l’humain CloClo, et ce serait suffisant, mais je ne suis pas naïf, ce n’est pas à l’ordre du jour.
        Peut-être après le chaos qui se profile et qui est sur les rails en Ukraine et ailleurs, ce n’est pas très joyeux.
        Le nationalisme se nourrit des effets désastreux du mondialisme à la sauce néolibérale qui refuse toute répartition des richesses, un cercle vicieux parfait qui engendre des régimes autoritaires et des conflits partout sur la planète.
        Comment peut-on espérer s’en sortir avec aux commandes ceux qui nous mènent vers l’abîme ?

      2. Avatar de timiota
        timiota

        « Hegel fort » (parodie ratée de Eagle4, YGueuleFort): belle dissertation en vue, Cloclo.
        La réponse a été soufflée par Pierre-Yves et un peu par d’autres :
        « l’internation », due à Mauss et rebelotée en jargon stieglierien par … Stiegler.

        Au plus simplifié (pire que l’executive summary/résumé pour décideurs ») : la nation doit dépasser le nationalisme comme le citoyen-prolétaire doit dépasser l’égoïsme de sa propre situation pour se positionner en acteur du bien du prolétariat comme un tout, en en défendant les membres les plus fragiles. Yorgos Mitralis (n’est-ce pas ? ) avait ressorti le texte du testament de Lénine qui disait cela. Décaper un peu de la moraline de cela pour en voir un peu plus en profondeur, bien sûr.

      3. Avatar de Romain Vitorge
        Romain Vitorge

        @ CloClo – 19 octobre 2022 20h25
        « deux camps assez bien identifiables maintenant :
        – Mondialistes
        – Nationalistes »
        En restant dans une lecture manichéistes ne pourrait-on pas plutôt, aussi, envisager :
        – Hégémonisme
        – Multipolarité
        Aux dernières nouvelles l’Arabie Saoudite demanderait son adhésion aux BRICS dès 2023 !

        1. Avatar de CloClo
          CloClo

          Salut Romain

          Oui on peut trafiquer les concepts et les préciser aussi pas de problème.

          La multipolarité c’est quoi en fait ? Tu pourrais développer en 5 phrases ?

          1. Avatar de Romain Vitorge
            Romain Vitorge

            L’opposition mondialiste/nationaliste n’admet que deux positions alors que l’opposition hégémonie/multipolarité admet un plus grand nombre de combinaisons, en fait autant que de pôles constitués, ce qui me parait plus souhaitable, dans un premier temps.

            1. Avatar de CloClo
              CloClo

              Désolé d’insister mais je ne comprends pas, explique moi concrètement cette notion de multipolarité. Ca veut dire quoi exactement ?

              Nationalisme est en fait multiple par construction n’est-il pas ? Alors que veut dire « plus grand nombre de combinaisons » ?

              1. Avatar de Garorock
                Garorock

                Remplace hégémonie par empire et multipolarité par universalisme et tu vas comprendre… 😊

                1. Avatar de CloClo
                  CloClo

                  Euh m’étonnerait que Multipolarité = universalisme, ou lui soit substituable, faudrait développer un peu.

  4. Avatar de CloClo
    CloClo

    Salut Khanard !

    « comment se prépare-t-on à vivre demain ? »

    J’ai bien peur que malheureusement demain encore, comme hier, ça soit se préparer à la guerre. Et comme les armes sont de plus en plus destructrices, comme disait Einstein, « Je ne sais pas comment on fera la Troisième Guerre mondiale, mais je sais comment on fera la quatrième : avec des des pierres ! »

    Je pense très rationnellement qu’elle vient véritablement de commencer le 24 février 2022 par erreur d’appréciation de part et d’autre. Car je ne vois pas, plus, comment ce qui se déroule puisse être désormais arrêté, et l’engrenage prend des proportions qui nous conduisent directement vers l’abîme. Car il me semble que tout le Monde vient de signifier à tout le Monde en tout cas officiellement que rien n’est négociable sur cette planète.

    Nous sommes éveillés au milieu de l’asile de fous. Je fais le malin, mais en vrai je suis profondément terrifié, j’ai l’impression d’être un passager de l’avion de la Germanwings avant le crash délibéré dans les Alpes par un des pilotes. Et on est tous dedans.

    Je ne sais plus comment expliquer qu’en vrai on est sur Terre et pas en vol, et que comme le dit Philippe Soubeyrand : Il faut juste tout stopper maintenant.

    Enfants souvent dans les cours d’école quand ça partait en vrille on s’assoyait tous en rond immobile pour se regarder les uns les autres en silence.

    Va falloir que je commence ma cure de vitamine C…

    1. Avatar de Garorock
      Garorock

      La guerre thermo-nucléaire n’aura pas lieu.
      Pas cette année.
      Dirty vladi mobilise, dirty vladi déporte, il annexe, il bombarde, il fait des trous partout… Il abime.
      Ses pitbulls sont lachés.
      Même Louis XIV n’aurait pas fait ça.
      Prigogine finira t-il comme Douguina?
      Y’aura t-il de la dinde à Noël?
      Du gazoline au motel sur la route de Mad max?
      Faut pas s’en faire.
      Tout est sous controle.
      Zélensky le méprise.
      L’occident le boycotte.
      Les saboteurs se rapprochent.
      Jésus-Guévara veille sur nous…

    2. Avatar de timiota
      timiota

      Harari suggère dans le Guardian qu’il faut enseigner l’histoire autrement qu’on le fait en ce moment, comme « célébration » de gens et choses remarquables, ce qui « gèle » les préjugés qu’on acquiert dans l’enfance.
      Et qu’il faut toujours enseigner l’histoire, mais pour en montrer la dynamique, qu’il n’y a pas eu de chemin tout fait et que le chemin pris est bien le résultat de gens qui ont pris des initiatives en suivant rarement les chemines prédéterminés. Du moins c’est ce que j’en ai retenu, avec mes mots.

      Le vol au-dessus d’un nid de coucou est dronement d’actualité.

    3. Avatar de Khanard
      Khanard

      @CloClo
      Je ne néglige pas le fait que la guerre soit devenue notre lot quotidien depuis plusieurs années et singulièrement depuis le 24 Février 2022.
      Et pour rester dans ce thème personnellement la date du 16 mars 2020 aura été mon moment Pearl Harbor. Si j’ai parlé d’un retour de la pensée, de la spiritualité, c’est bien à cette date que les premiers questionnements ont pris place.
      Ce jour là un vide sidéral s’est insinué en moi, un grand vent d’incompréhension m’a anéanti. Le discours de notre président a sonné en moi comme un instant de révolte parler de guerre. Mais comment ose-t-il ?
      Tout en moi était à reconstruire, mais comment faire ? Et alors le TINA est devenu comme un négatif du fameux acronyme. Voilà le départ de ma pensée.
      A la minute près ma façon de voir notre avenir était évident, rompre catégoriquement avec cette fuite en avant, toujours à la limite de perdre l’équilibre et nous rattraper in extrémis à une dernière technologie, à un nouveau paradigme fait de novlangue, de « nudge » et autres concepts plus ou moins opaques qu’on nous vend comme un autre TINA. Tina contre Tina choisissez le vôtre !
      J’ai choisi le mien, fruit de la pensée, un monde dans lequel on se préoccupe par la générosité, par une frugalité raisonnée de l’autre qui en retour nous fera don de sa propre bienveillance.
      C’est ce que je pense entrevoir dans votre cour d’école.
      Alors oui comme vous je suis mort de trouille car depuis je me rends compte que notre société consumériste a repris ses droits immuables et que j’ai bien l’impression d’être toujours dans le vide.

      PS: je ne sais pas si c’est dans les habitudes ayant cour sur ce blog mais je tiens à remercier PJ d’avoir mis en billet mon commentaire .

    4. Avatar de Henri
      Henri

       » Nous sommes éveillés au milieu de l’asile de fous. Je fais le malin, mais en vrai je suis profondément terrifié, j’ai l’impression d’être un passager de l’avion de la Germanwings avant le crash délibéré dans les Alpes par un des pilotes. Et on est tous dedans ».

      Superbe et terrifiant propos. Si vrai !

      Vous vous faites par ailleurs l’écho des propos de M. Philippe Soubeyrand :  » Il faut juste tout stopper maintenant « .

      Questions : de quoi parle t-il exactement et quelles sont ses propositions concrètes pour y parvenir et surtout pour convaincre nos gouvernants qui eux nous tiennent chaque jour un discours inverse …. quand ils ne subvertissent pas certains termes tel que celui de  » sobriété  » pour mieux faire passer leur politique d’austérité ciblée et garantir ainsi leur propre intérêt catégoriel de riche personne si peu éclairée et en retard sur le réel ?

  5. Avatar de xyz
    xyz

    « Qu’entends-je par pensée ?  »

    C’est bien ça le problème, en ce qui te concerne

    1. Avatar de Khanard
      Khanard

      si vous avez des doutes sur ma pensée laissez moi vous la présenter.
      Avec l’anthropocène on se rend compte que plus rien ne va ; ça part en quenouille . Nous vivons dans une complexité extrême, jonchée d’apories .
      Dans ce monde on sent bien que rien ne va , dans nos rapports avec soi, dans nos manières d’envisager l’avenir ; dans nos façons d’aimer.
      Alors il faut penser pourquoi nous sommes dans une phase qui engendre plus de destructions que de constructions .
      Au delà de tout cela il va falloir repenser nos relations avec le pouvoir de décisions .

      ps: que je sache nous n’avons pas gardé les moutons ensemble et je réserve le tutoiement aux personnes que j’apprécie.

      cordialement

      1. Avatar de BasicRabbit
        BasicRabbit

        1. Qu’est-ce que penser ?

        Selon mon gourou Thom c’est relier les objets extérieurs à nos formes intérieures, c’est-à-dire génétiques, par un continuum d’êtres intermédiaires : les concepts (l’homme en éveil a mieux à faire que passer son temps, comme le nourrisson de neuf mois, à mettre les objets extérieurs en bouche!). Pour lui, la pensée conceptuelle est une embryologie permanente…

        2. Apories.

        Pour Thom l’aporie qui fonde les mathématiques est l’opposition discret/continu (qui se décline en l’opposition arithmétique-algèbre/géométrie-topologie)(1). Et pour lui cette aporie domine toute la pensée.

        1: Rien à voir avec les fondements des mathématiques dont parle PJ dans « Comment la vérité… ».

        1. Avatar de Khanard
          Khanard

          oui peut être , en fait je ne sais pas .
          mais dites-moi cher BasicRabbit vous arrive-t-il de penser par vous-même ?
          Je pense que vous avez fait une analogie un peu trop complexe avec Thom . Prenez garde .

          message tout à fait cordial 😉😉

          1. Avatar de BasicRabbit
            BasicRabbit

            @ Khanard (« BasicRabbit vous arrive-t-il de penser par vous-même ? »)

            C’est ce que PJ me reproche (de ne pas penser par moi-même) entre autres.

            Mon point de vue est que la pensée thomienne est à un niveau très nettement supérieur à celui de PJ, et que cette pensée mérite d’être connue.

            1. Avatar de Paul Jorion

              Vous profitez lâchement du fait qu’il n’est plus là pour se défendre 😉 .

            2. Avatar de Khanard
              Khanard

              je ne dis pas que la pensée thomienne soit inutile, bien au contraire ! Que vous compariez celle de Thom avec celle de Paul Jorion est à mon sens tout à fait bénéfique et intuitivement vous mettez ces deux penseurs en regard .
              Que l’un soit supérieur à l’autre n’est pas une pensée mais un jugement et comme tout jugement il est relatif.

              toujours aussi cordialement

              1. Avatar de BasicRabbit
                BasicRabbit

                Ce qui est certain c’est que PJ met ce qu’il considère comme étant sa propre pensée (ce qui est logique de la part de quelqu’un qui pense que les choses s’inventent et non se découvrent) en regard de celle de Thom (qui n’a peut-être, lui, jamais entendu parler de PJ) à la page 192 de « Comment la vérité et la réalité furent inventées » où Thom considère que la physique est une magie contrôlée par la géométrie, alors que PJ considère que c’est une religion contrôlée par des noms communs.

                Je pense (comme vous?) que l’opposition nominalisme/réalisme mérite qu’on s’y arrête , de même que l’opposition pensée/langage (parlons-nous parce que nous pensons ou, au contraire, pensons-nous parce que nous parlons?). J’aime bien à cette occasion citer le propos d’un certain Élie Bernard-Weil :

                « Il faut apprendre ou réapprendre à penser toujours d’une manière bipolaire et de ne pas céder à l’attrait d’une pensée unipolaire, branchée sur un pôle dominant -ce qu’on appelle aussi « pensée unique » de nos jours -une tentation qui fait immanquablement plonger dans l’erreur et l’impuissance. La seule excuse, c’est que presque tout le monde considère que c’est là l’enjeu de la rationalité : trouver le bon pôle. Faux! ».

                1. Avatar de Pascal
                  Pascal

                  Il me semble qu’il existe effectivement « une pensée unique » qui est surtout dangereuse car c’est celle du pouvoir en place. Mais la pensée à toujours été multipolaire et continue de l’être. N’y a t-il pas finalement autant de pensées de d’individus sur Terre ?
                  Si l’on veut réfléchir à la dynamique de La Pensée, ne faudrait-il pas l’envisager comme de multiples flux interagissant entre eux ? Si c’est bien cela, il existerait des Pensées émergentes (dominantes) qui seraient la condensation de multiple pensées individuelles autour de conceptes considéré comme centraux.
                  La difficulté avec cette vision des choses, c’est que ce phénomène de « condensation » se fait à l’insu des individus et bien malin celui qui prétendrait pouvoir contrôler le mécanisme. Et celui qui s’aventure à juger de l’opportunité d’une Pensée, n’est-il pas simplement en train de défendre ses intérêts personnels ?
                  L’Occident ne s’est il pas autoproclamé détenteur de la Pensée Universelle ? Comment recevoir cela vu d’Inde, de Chine ou d’ailleurs quand c’est elle qui a permis l’émergence de la pensée néolibérale dont on sait la responsabilité dans l’effondrement actuel.
                  Existe t il une pensée qui pourrait nous sauver ? D’où et comment pourrait-elle émerger ?

                  1. Avatar de BasicRabbit
                    BasicRabbit

                    @ Pascal (« Existe t il une pensée qui pourrait nous sauver ? D’où et comment pourrait-elle émerger ? »)

                    Thom consacre le dernier chapitre de la deuxième édition (1977) de SSM (profondément remanié par rapport à la première, l’auteur le signale en introduction) à la pensée et au langage chez l’animal et chez l’homme. Qu’il y défende ses idées -plutôt originales si vous avez l’occasion de lire ce chapitre- est une évidence ! Mais je ne vois pas en quoi il aurait défendu de son vivant (il nous a quittés en 2002) des intérêts personnels à ce propos.

                    Il revient sur le sujet en 1988 pendant sa période « aristotélicienne » dans le dernier chapitre de « Esquisse d’une Sémiophysique » où -sans grande surprise pour qui a parcouru SSM- il prend la position réaliste (au sens philosophique comme au sens usuel) dans la querelle des universaux (1) (2).

                    Je ne sais évidemment pas si la pensée thomienne va nous sauver. Mais il est très clair qu’elle ne risque pas de nous sauver si elle sombre dans l’oubli.

                    1 : Dans « Comment la vérité… » PJ affirme qu’Aristote prend la position nominaliste.

                    2 : La dernière phrase de ES est : « Seule une métaphysique réaliste peut redonner du sens au monde. ».

              2. Avatar de BasicRabbit
                BasicRabbit

                Simone Weil (W…) à propos de la pensée contemporaine (en écho à la citation d’Élie Bernard-Weil):

                « Combien de fois, en Allemagne, en 1932, un communiste et un nazi, discutant dans la rue, ont été frappés de vertige mental en constatant qu’ils étaient d’accord sur tous les points !

                Même dans les écoles on ne sait plus stimuler autrement la pensée des enfants qu’en les invitant à prendre parti pour ou contre. On leur cite une phrase de grand auteur et on leur dit : « Êtes-vous d’accord ou non ? Développez vos arguments » À l’examen les malheureux, devant avoir fini leur dissertation au bout de trois heures, ne peuvent passer plus de cinq minutes à se demander s’ils sont d’accord. Et il serait si facile de leur dire : « Méditez ce texte et exprimez les réflexions qui vous viennent à l’esprit ». Presque partout – et même souvent pour des problèmes purement techniques – l’opération de prendre parti, de prendre position pour ou contre, s’est substituée à l’obligation de la pensée. C’est là une lèpre qui a pris origine dans les milieux politiques, et s’est étendue, à travers tout le pays, presque à la totalité de la pensée. Il est douteux qu’on puisse remédier à cette lèpre, qui nous tue, sans commencer par la suppression des partis politiques. »

  6. Avatar de Mika
    Mika

    « Les lobbys de l’industrie chimique ont gagné » : la Commission européenne enterre le plan d’interdiction des substances toxiques pour la santé et l’environnement »
    Le Monde du 20 octobre
    Comme quoi on peut assassiner des gens et empoisonner la planète en toute quiétude. Sans aucun risque

  7. Avatar de Jean-Yves
    Jean-Yves

    De mon petit point de vue, j’ai une curieuse impression qu’il y a de nombreux pays ou émettre une pensée en dissonance avec celle du pouvoir en place ressemble à du suicide. Mais dans les sociétés occidentales ou la liberté est accrochée aux frontons, où l’on peut se permettre d’exprimer des opinions différentes de celles du pouvoir, rien ne change non plus. Au fond, tout au bout, c’est la question de l’argent qui tombe comme un couperet. Et c’est bien ce capitalisme débridé et soi disant nourricier qui recouvre toute idée nouvelle permettant une autre voix possible. J’ai perdu mes illusions quant au fait de pouvoir s’en débarrasser mais d’un autre coté, je crois que tout le monde voit bien que ce capitalisme fou va s’autodétruire tout seul….sauf qu’il va également détruire tout le reste et nous avec….!

    1. Avatar de timiota
      timiota

      Il va détruire « fractalement », et la robustesse de la dignité dans les recoins de la fractale, c’est nous.
      On a quand même du taf, que le capitalisme s’effondre ou mute.

      Faut-il appeler cela un pari pascalien ? ou un pari décollapsé ?

      1. Avatar de Henri
        Henri

        Capitalisme fou :

         » il va détruire « fractalement », et la robustesse de la dignité dans les recoins de la fractale, c’est nous  »

        Merci.

    2. Avatar de BasicRabbit
      BasicRabbit

      @J-Y (« ce capitalisme fou va s’autodétruire tout seul »)

      Le capitalisme, éternel affamé, est -une fois qu’il a tout mangé, ce qui est quasiment le cas actuellement- in fine nécessairement sa propre proie.

      Mon gourou Thom considère que l’expression analogue, bien que cette fois de nature biologique -et non plus sociologique- « le prédateur affamé est sa propre proie » est à la base de l’embryologie animale.

      Effondrement ou mutation du capitalisme ?

      Thom toujours (dont je rappelle que la théorie des catastrophes est une théorie de l’analogie) : « Les situations dynamiques régissant l’évolution des phénomènes naturels sont fondamentalement les mêmes que celles qui régissent l’évolution de l’homme [et des autres espèces -c’est moi qui rajoute-] et des sociétés. ».

      La position thomienne est donc plus celle d’une mutation que d’un effondrement. Mais il faut lire son œuvre, et en particulier « Stabilité structurelle et morphogenèse », pour avoir une idée des possibilités de mutation. Bonne lecture !

  8. Avatar de Manuel
    Manuel

    Nous ne nous trompons pas. D’autres, comme dans cette article du journal Le Monde, si.

    Le résultat sera « pire que pire » parce que même les pires prévisions continuent de prendre en compte une réaction qui n’a pas eu lieu depuis 50 ans et qui ne se profile pas non plus à court ou moyen terme.

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/10/20/en-france-le-rechauffement-climatique-s-annonce-pire-que-prevu-selon-de-nouvelles-projections_6146566_3244.html

  9. Avatar de Peska
    Peska

    Sait-on quelle part des ressources naturelles sont consacrées chaque année aux versements de dividendes ?

    1. Avatar de timiota
      timiota

      A la fin, toutes les ressources servent à de la consommation matérielle, les dividendes sont bien dépensés quelque part au bout du « ruissellement ». A part les cas des bitcoins et autres NFT très virtuel, les dividendes finissent en PIB, même si c’est avec un peu plus de retard et de stockage intermédiaire que les salaires sur un compte courant de banque.

      Je crois que PJ a raison quand il dit simplement que le capitalisme n’alloue pas l’argent « là où il en faudrait » (services publics par exemple), c’est-à-dire que les dépenses finales de ceux qui gagnent des dividendes sont celles « futiles » des CSP(++)+ : chauffer le jacuzzi et aller à Lanzarote ou acheter des gambas au lieu des carottes.
      J’omets la partie réinvestie, mais « par récurrence », elle arrive elle aussi au même point final, donc dans un raisonnement type Zénon d’Elée (une série géométrique qui converge) tout argent gagné « fond » et devient matière et consommation d’énergie primaire.
      Les physiocrates (François Quesnay, ~1750) voyaient eux l’autre côté de la même pièce : toute richesse produite ne vient que de la terre, (ce qui était un peu borné, mais pas pire que Milton Friedmann).

  10. Avatar de Peska
    Peska

    On ne demande pas s’il existe des solutions, on vous demande d’en inventer, une ou plusieurs.

    Quand on est sous les bombes… Voyez l’Ukraine. et bien avant, la France sous l’occupation allemande. ( Oui je sais ce qu’on va me dire. )

  11. Avatar de Irène Silvest
    Irène Silvest

    Spiritualité. Mais quel sens donnes-tu à ce mot Khanard ? Ce n’est pas très clair (pour moi en tout cas).

    1. Avatar de Khanard
      Khanard

      @Irène Silvest

      excellente question!
      d’emblée je tiens à vous rassurer en écartant toute intrusion du religieux dans ce mot, étant moi-même agnostique farouche. Je n’irai pas non plus dans ce qui me semble avoir été la démarche d’Aldous Huxley en pratiquant des méthodes psycho tropiques..
      Je suis par contre dans une approche humaniste et même humaniste socialiste .
      Pour faire simple il faut prendre spiritualité dans le sens travail de l’esprit, redonner corps à cette machine merveilleuse qu’est notre cerveau .

      j’espère vous avoir éclairée.

    1. Avatar de arkao

      Est-ce que la « batterie de mesures » comprend la question de l’extraction du cobalt pour les batteries ?
      https://www.swissinfo.ch/fre/mati%C3%A8res-premi%C3%A8res_le-travail-des-enfants-dans-les-mines-de-cobalt-embarrasse-les-exploitants-suisses/45718332
      Un plan quinquennal qui ne prendrait pas en compte la problématique des matières premières et de leur coût environnemental et social ne serait qu’une fumisterie hypocrite de riches occidentaux.

  12. Avatar de PHILGILL
    PHILGILL

    @Khanard

    « Comment appréhendons-nous le futur ? »

    Au fil des billets, d’où vient ce sentiment que le pessimisme gagne du terrain parmi les commentateurs du blog ? Il est bien vrai que le panorama général est loin d’être rose. Des catastrophes climatiques en cascade qui sont loin d’être terminées, quoi que nous fassions, mais aussi de nouvelles pertes de biodiversité irréversibles qui s’accélèrent. Ce à quoi, nous pourrions sans doute ajouter la montée en puissance de l’intelligence artificielle dans son autonomie. Car, les événements et les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons poussent de plus en plus de gens à penser que, d’une manière ou d’une autre, avec l’aide des forces de la nature ou bien avec l’aide des machines, le monde serait sans doute bien meilleur sans humains. Yves Pascalet (L’humanité disparaîtra, bon débarras !) : « Je conçois mal que l’évolution darwinienne, qui ne s’encombre ni de morale, ni de finalité, ni de « dessein intelligent », ait pu favoriser une espèce aussi envahissante, nuisible, mal embouchée et peu durable. »
    Dès lors, qu’est-ce qui signera la fin du règne de « cet animal borné qui se prétend intelligent mais qui ne cesse d’anéantir son milieu naturel et massacre ses semblables » ?
    Car si notre avenir ne dépend ni d’un changement d’orientation que pourrait prendre l’évolution « darwinienne » ou bien d’un éventuel « dessein intelligent », mais de la façon dont moi, vous, nous tous appréhendons le futur (selon Khanard) ; quelle pensée serait assez forte pour que les hommes d’aujourd’hui arrivent à calmer leur agitation présente pour triompher de leur malheur et angoisse, alors que nous avons poussé si loin la maîtrise des forces de la nature ?
    La maîtrise des forces de la nature…
    Est-ce pour cela que le « premier homme », animal à deux pieds sans plumes, selon la formule de Platon, tout massacré qu’il soit sans cesse par une nature impitoyable, est-ce pour cela qu’il aura tant envie de s’en venger des millions d’années plus tard ? Bartabas (Les cantiques du corbeau) : « L’esprit humain a-t-il voulu à jamais oublier la honte de n’avoir été qu’une proie sans défense ? »
    En attendant donc de trouver « la pensée de ce que l’on souhaite pour demain, dans dix ans, dans cinquante ans et pourquoi pas dans un siècle, « quand on ne trouve plus les mots, c’est qu’il est temps d ‘écouter. » — Angel Olsen.
    https://youtu.be/ZjXQWZryxOM

    1. Avatar de Pascal
      Pascal

      « quelle pensée serait assez forte pour que les hommes d’aujourd’hui arrivent à calmer leur agitation présente pour triompher de leur malheur et angoisse, alors que nous avons poussé si loin la maîtrise des forces de la nature ? »
      N’est-ce pas la pensée qui nous agite tant ?
      Si tel est le cas, la pensée ne nous calmera jamais.
      Nous exploitons la force de la nature mais ne la maîtrisons pas. Nous savons mettre un tigre en cage mais nous ne maîtrisons pas la force du tigre. Là encore, c’est notre manière de penser : maîtrise, force et nature, dans une illusion de domination. Nous sommes toujours des marionnettes de l’évolution persuadés d’être les marionnettistes. De là vient notre malheur et nos angoisses.

      1. Avatar de PHILGILL
        PHILGILL

        @Pascal
        « La question du sort de l’espèce humaine me semble se poser ainsi : le progrès de la civilisation saura-t-il, et dans quelle mesure, dominer les perturbations apportées à la vie en commun par les pulsions humaines d’agression et d’autodestruction ? Les hommes d’aujourd’hui ont poussé si loin la maîtrise des forces de la nature qu’avec leur aide il leur est devenu facile de s’exterminer mutuellement jusqu’au dernier. Ils le savent très bien, et c’est ce qui explique une bonne partie de leur agitation présente, de leur malheur et de leur angoisse. » – Malaise dans la civilisation, Sigmund Freud.

        1. Avatar de Pascal
          Pascal

          Merci à Sigmund mais il ne nous explique pas ce qu’est le « progrès » (normal pour l’époque). Aujourd’hui, la question est posée. Alors, c’est quoi »le progrès de la civilisation » ? Si on sait depuis Sigmund qu’il y a « malaise dans la civilisation » , nous savons aujourd’hui que ce n’est pas le progrès scientifique qui va solutionner le problème. Finalement, c’est quoi ce malaise ? S’est on vraiment posé la question ?

          1. Avatar de PHILGILL
            PHILGILL

            @Pascal

            Ce serait dommage tout de même de laisser vos questions sans réponse.
            « Alors, c’est quoi le progrès de la civilisation ? »
            C’est, dirais-je, savoir grandir en humanité, par les arts et les sciences bien sûr. Mais également, par la morale et la justice, grandir dans la capacité de tenir compte des autres membres de la société et de régler les différends de manière pacifique et ordonnée.
            Ce qui nous amène à votre seconde question : « Finalement, c’est quoi ce malaise ? »
            Dans son dernier billet d’humeur titré « Baba le barbare», la chroniqueuse Sophia Aram a rappelé (tout comme Éric Dupond-Moretti) l’importance du rôle crucial de la justice dans un état de droit comme la France. Puis, elle a tenu à expliquer comment l’animateur Cyril Hanouna, en prônant une forme de justice expéditive, depuis le meurtre de Lola, proposait finalement de substituer la vengeance à la justice, la barbarie à la civilisation.
            Ainsi, nous comprenons bien, par cet exemple, que rien n’est jamais acquis, ni les droits ni la liberté ni la démocratie. Par ailleurs, s’il ne fait plus aucun doute que les civilisations sont mortelles, le malaise continue de grandir en prenant conscience que, désormais, toute l’humanité est mortelle.
            Carl Jung disait que « nous sommes faits de peur et seules la psychologie et la compréhension de ce que nous sommes peuvent nous sauver ». D’un autre côté, je me souviens avoir lu quelque part que le but de la psychanalyse n’est pas de guérir mais de sauver. Et si… en sauvant une âme, on pouvait sauver l’humanité ?

            1. Avatar de Pascal
              Pascal

              Merci Philgill pour vos réponses,,, qui cependant me posent questions !😉
              Si le progrès de la civilisation tient dans notre capacité à « grandir en humanité », n’y a t il pas un paradoxe à constater que nous sommes en pleine régression, au mieux en pleine stagnation ?
              Voilà 2000 ans au bas mot que nous sommes sensés « grandir en humanité » et le résultat au bout du compte, nous sommes toujours en guerres militaires, en train de détruire notre écosystème et les sociétés dites civilisées sont les plus grosses consommatrices d’antidépresseurs.
              Que penser de la justice humaine ? Je veux bien considérer que depuis les lois barbares en passant par le droit romain, jusqu’à l’abolition de la peine de mort, il y ait eu progrès. Mais que signifient les régressions du droit dans des pays jusque là considérés comme exemplaires ? N’est-ce pas là le signe que nous essayons vainement de faire progresser des institutions vers plus d’humanité sans faire progresser l’humanité en chacun de nous ? Résultat, les « grands dirigeants » de nos communautés humaines brillent plus par leur manque d’humanité que le reste de la population. Et il faut bien le reconnaître, ce constat semble se perpétuer au cours des siècles.
              Vous reconnaissez que le « malaise continue de grandir » quand c’est notre humanité qui devrait être en croissance. Vous en conviendrez qu’il y a là un os dans le potage ou pour le moins, un bug dans le logiciel humanité.
              Je crois comme vous que « sauver une âme peut sauver l’humanité » ou plus exactement, je le dirais plutôt de cette manière : en développant notre humanité individuelle, nous pouvons sauver l’humanité. Mais nous avons cette fichue tendance à nous considérer chacun comme très humain, jusque dans nos travers, et d’estimer que ce sont tous les autres qui doivent progresser ! L’avez vous remarqué ?😀
              Enfin, si la psychanalyse peut sauver des âmes, ce sera principalement les âmes avec un bon portefeuille ! 😉 Reste à trouver une solution un peu plus démocratique. Par ailleurs, à ma connaissance, les grands maîtres de la psychanalyse n’ont pas forcément été d’une très grande probité et cela m’a toujours questionné.
              Les civilisations humaines ont exploré de multiples voies pour « grandir en humanité ». Celle qui a dominé les siècles derniers, la civilisation occidentale, n’est elle pas en grande partie responsable de l’effondrement actuel ? Ne serait il pas dès lors temps de s’intéresser à d’autres civilisations et à d’autres chemins ?
              Bon chemin et prenez soins de vous.

            2. Avatar de Garorock
              Garorock

              On peut mépriser tous les Hanouna.
              Boycotter tous les Hanouna.
              Saboter tous les Hanounas ( comment faire dérailler son petit train rempli de Zemmour et de Bolloré?)
              Hanouna est chef de rayon dans le grand supermarché de la vente à découvert du fameux  » on ne peut pas faire autrement! »
              Faut-il sauver le régiment Hanouna?
              Le guérir?
              Avec quels drones?

              1. Avatar de Garorock
                Garorock

                 » Le groupe anti-guerre russe Stop the Wagon a revendiqué la responsabilité d’une explosion sur la voie ferrée principale entre la Russie et le sud de la Biélorussie, a rapporté le ministère britannique de la Défense le 26 octobre.

                Le 24 octobre, le gouverneur de la région russe de Belgorod a annoncé qu’un engin explosif avait endommagé la voie ferrée près du village de Novozybkovo, à environ 15 kilomètres de la frontière russo-biélorusse, selon le ministère.

                « Les dirigeants russes seront de plus en plus préoccupés par le fait que même un petit groupe de citoyens s’est suffisamment opposé au conflit pour recourir au sabotage physique », indique son rapport.

                La Russie dépend fortement de son transport ferroviaire pour acheminer des troupes et du matériel en Ukraine, mais son réseau de 33 000 kilomètres est difficile à sécuriser, a écrit le ministère, ajoutant qu’il s’agissait du sixième incident où le groupe Stop the Wagon revendiquait la responsabilité d’un tel sabotage depuis juin. . »

                Même pas besoin de drones!
                Une canadienne, un béret, un poème de René Char dans la poche, quelques batons de dynamite…
                C’est dans les vieux pôts qu’on fait les meilleures soupes.
                Y’a t-il un léom Blum à l’assemblée nationale?
                Assez de sans plomb pour le prochain Mad Max?
                De la neige dans les canons d’Ukraine?

          2. Avatar de BasicRabbit
            BasicRabbit

            @ Pascal (« c’est quoi le progrès de la civilisation? »)

            Pour moi, sans hésiter, c’est l’amélioration de l’harmonie entre ce que nous sommes biologiquement et ce que nous sommes socialement, c’est-à-dire l’harmonie entre corps humain et corps social. Selon mon gourou Thom cette harmonie est possible car :

            « Les situations dynamiques régissant l’évolution des phénomènes naturels sont fondamentalement les mêmes que celles qui régissent l’évolution de l’homme [et des autres espèces, c’est moi qui rajoute] et des sociétés. ».

            Mais l’espèce humaine est jeune, très jeune, une sorte de turbo a été branchée sur son cerveau qui la différencie des autres espèces, et elle ne sait pas encore bien maîtriser cet excès de puissance :

            – « Ici se pose le problème de savoir comment la cervelle humaine, anatomiquement et physiologiquement si peu différente de la cervelle des Vertébrés supérieurs, a pu réaliser cette architecture compliquée, cette hiérarchie de champs dont les animaux paraissent incapables. Je crois, personnellement, que tout tient en une discontinuité de caractère topologique dans la cinétique des activités neuroniques ; dans le cerveau humain s’est réalisé un dispositif simulateur des singularités auto-reproductrices de l’épigenèse qui permet, en présence d’une catastrophe d’espace interne Y et de déploiement U, de renvoyer le déploiement U dans l’espace interne Y [l’effet turbo…], réalisant ainsi la confusion des variables internes et externes. Un tel dispositif n’exige pas de modification considérable des supports anatomiques et physiologiques. » ;

            – « (…) l’homme est pourvu d’un dispositif universel qui, sur un champ de dynamique neuronique, peut en reconstituer le centre organisateur. Véritable gonade mentale, ce dispositif condense les champs en mots, vraies semences d’idées ; placé dans un contexte approprié, le mot germe et éclate dans l’esprit de l’auditeur, et la forme globale ainsi reproduite est l’idée. Ainsi, la pensée conceptuelle est une Embryologie permanente. » .

            1. Avatar de Pascal
              Pascal

              « elle ne sait pas encore bien maîtriser cet excès de puissance »
              Le guru qui m’inspire nous considère comme des ados sans le permis à qui on a donné les clés d’une Ferrari.
              Mais après ce constat, comment sortir de cette situation ? Jusqu’à ce jour, ni la philosophie, ni la science ne nous ont permis d’acquérir plus de maturité.
              Il est d’ailleurs intéressant dans vos propos, cet aparté « [et des autres espèces, c’est moi qui rajoute] « . Vous avez bien senti que l’harmonie simplement entre les individus et la société n’était pas suffisant et le besoin de rajouter les autres espèces. Mais aujourd’hui, l’harmonie avec les autres espèces demeure une jolie fable écologique, or cette incapacité a vivre en harmonie avec d’autres espèces n’est elle pas finalement révélatrice de notre incapacité à vivre en société « civilisée » ?

  13. Avatar de BasicRabbit
    BasicRabbit

    @ Pascal (« Comment sortir de cette situation ? Jusqu’à ce jour, ni la philosophie, ni la science ne nous ont permis d’acquérir plus de maturité. »).

    La philosophie des Lumières (l’homme démiurge dominant la nature), le darwinisme et surtout le néo-darwinisme nous ont embarqués dans une direction dont je suis convaincu qu’il nous appartient maintenant d’infléchir la trajectoire.

    Thom termine l’épilogue de « Stabilité Structurelle et Morphogenèse » (1972) par ces lignes :

    « En écrivant ces pages j’ai acquis une conviction; au cœur même du patrimoine génétique de notre espèce, au fond insaisissable du logos héraclitéen de notre âme, des structures simulatrices de toutes les forces extérieures agissent, ou en attente, sont prêtes à se déployer quand ce deviendra nécessaire. La vieille image de l’Homme microcosme reflet du macrocosme garde toute sa valeur: qui connaît l’homme connaîtra l’univers. Dans cet essai d’une théorie générale des modèles [le sous-titre de SSM], qu’ai-je fait d’autre, sinon de dégager et d’offrir à la conscience les prémisses d’une méthode que la vie semble avoir pratiqué dès son origine?
    Ce n’est pas sans quelque mauvaise conscience qu’un mathématicien s’est décidé à aborder des sujets apparemment si éloignés de ses préoccupations habituelles. Une grande partie de mes affirmations relèvent de la pure spéculation; on pourra sans doute les traiter de rêveries… J’accepte le qualificatif; la rêverie n’est-elle pas la catastrophe virtuelle en laquelle s’initie la connaissance? Au moment où tant de savants calculent de part le monde, n’est-il pas souhaitable que d’aucuns, qui le peuvent, rêvent? ».

    Mes connaissances en philosophie. ne dépassent pas mes lectures de Wikipédia. Éclairé par mon gourou Thom après une cinquantaine d’années « dans le milieu », je crois y connaître maintenant suffisamment en sciences pour me rendre compte que la science post-galiléenne a fait fausse route en se voulant objective :

    « Le dédain pour la théorie qui se manifeste dans les milieux d’expérimentateurs a sa source dans l’attitude analytique-réductionniste ; or pour découvrir la bonne stratégie, il faut s’identifier à l’un des facteurs permanents du système. Il faut en quelque sorte entrer « dans sa peau ». Il s’agit là presque d’une identification amoureuse. Or comment pourrait-on aimer ce qu’on a, préalablement, cassé de manière irréversible ? Toute la science moderne est ainsi fondée sur le postulat de l’imbécillité des choses. » ;

    « (…) la science veut construire la vie à partir de la mécanique, et non la mécanique à partir de la vie. » ;

    « La synthèse entrevue des pensées « vitaliste » et « mécaniste » en Biologie n’ira pas sans un profond remaniement de nos conceptions du monde inanimé. » .

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Contact

Contactez Paul Jorion

Commentaires récents

Articles récents

Catégories

Archives

Tags

Allemagne Aristote bancor BCE Boris Johnson Bourse Brexit capitalisme centrale nucléaire de Fukushima Chine Confinement Coronavirus Covid-19 dette dette publique Donald Trump Emmanuel Macron Espagne Etats-Unis Europe extinction du genre humain FMI France Grèce intelligence artificielle interdiction des paris sur les fluctuations de prix Italie Japon John Maynard Keynes Karl Marx pandémie Portugal psychanalyse robotisation Royaume-Uni Russie réchauffement climatique Réfugiés spéculation Thomas Piketty Ukraine ultralibéralisme Vladimir Poutine zone euro « Le dernier qui s'en va éteint la lumière »

Meta