Obtenir une augmentation générale des salaires et leur indexation sur l’inflation : serait-ce un succès ? par JeNeSauraisVoir

Avant la crise du coronavirus et répondant à une interpellation de Paul Jorion au sujet de notre « aquoibonisme », j’avais soutenu que le changement serait possible à la condition de pouvoir opérer un arrêt-relance. J’entrevoyais notamment la désobéissance civile, la grève générale ou tout ce qui revient à s’arrêter de faire, à mettre dans la balance notre inertie de groupe.

Peu de temps après, nous entrions en confinement, ce qui m’a semblé être un « arrêt providentiel ». Un arrêt pendant lequel nous avons été contraints de faire le tri entre l’indispensable et l’accessoire, de tester ça-et-là différents circuits pour accéder à l’indispensable. Dans le même temps, le président Emmanuel Macron s’époumonait trop bruyamment pour nous promettre que plus rien ne sera pareil après. Et nous, affamés d’espérance, nous avons été tentés de le croire. Mais avant même de prendre connaissance de la stratégie de confinement du gouvernement, l’actionnariat et le patronat sont montés au créneau pour demander que le salariat reprenne fissa sa place au travail et que soit enfin liquidée cette vieille question du temps de travail. Le gouvernement qui en était à se désoler trop ostensiblement de la poursuite des distributions de dividendes s’indigna encore plus mollement. Résultat des courses : nous reprîmes bien vite notre place au labeur et fîmes tant que le télétravail devint en peu de temps la nouvelle variable d’optimisation de la productivité des entreprises.

A peine le spectre de la Covid fût-il éloigné, alors que le patronat avait laissé choir son séant sur l’injonction gouvernementale à modérer les appétits de l’actionnariat, la « macronie » ne trouva rien de plus urgent à faire que la réforme de l’assurance chômage ! Puis il remit sur le métier son ambition de repousser l’âge de départ à la retraite à 65. Il faut bien que la sous-direction qui avait bien avancé sur le sujet avant l’interruption pour cause de crise sanitaire concrétise son travail n’est-ce pas ? Mais la précédente réforme de l’assurance chômage ayant apparemment manqué de produire une trouille de la disette chez les estropiés incapables de traverser la rue pour repartir avec un « boulot à la con », l’autre sous-direction se mit à rêver de la poursuite de sa réforme, envisageant même de la rendre totalement paramétrique ? De quoi se souvenir également que la nouvelle réforme des retraites se voudrait elle aussi paramétrique. Il faudrait être bien distrait pour ne pas remarquer qu’une nouvelle fièvre s’est emparée de l’appareil d’état : celle de la méta-flexibilisation de l’économie. Bientôt, l’indemnisation du chômage, le financement des retraites et bien d’autres machineries à cliquets tendront constamment vers l’optimum de rentabilité de sorte qu’aucune réforme ne soit plus nécessaire. Et que vienne l’adieu aux pénibles et inutiles négociations avec le corps social !

Nous en étions là quand surgit un nouvel évènement lourdement contrariant pour la marche de notre économie avec un renchérissement des subsistances, en particulier de l’énergie ! Quelques bolcheviks de l’assemblée osèrent demander au gouvernement de se rapprocher de son ami le patronat pour le supplier de bien vouloir se lester de quelques miettes des superprofits engrangés à la faveur d’évènements qu’il est absolument impossible de faire passer pour de bon choix d’investissement. Mais non content de faire la sourde oreille, le gouvernement releva uniformément le montant des tranches de l’impôt sur le revenu, histoire d’éviter de distribuer de grasses miches de pain blanc aux gagnepetits sans soulager ceux d’en haut du poids de l’impôt dont toutes les bonnes gens savent qu’il est resté confiscatoire en France en dépit des multiples cadeaux antérieurs. Imitant cette excellente pratique, le patronat s’empressa de distribuer de généreux dividendes à l’actionnariat en se gratifiant, au passage, d’une épaisse augmentation avant d’envoyer le salariat se faire voir dans les banques alimentaires !

Rien d’étonnant alors que le salariat, grossier comme à son habitude, brandisse sa carte « eh ben si c’est comme ça » ! Nous voilà donc à nouveau au pied du mur mais nous savons bien comment ces choses-là se déroulent en générale. Les syndicats demanderont ceci, le patronat proposera cela et au bout du compte les syndicats accepteront – fin de partie et à la prochaine ! Au demeurant les camarades négociateurs auront bien fait ce que l’on est en droit d’attendre d’eux, surtout par ces temps où un sou est encore un sou pour quelques jours – un tiens valant toujours mieux que deux tu l’auras ! Il n’est toutefois pas interdit de soupirer, d’abord en ruminant ce que l’on a déjà entendu ici (en faveur de la participation gaullienne) ou encore là pour que l’augmentation des salaires ne rime pas avec plus d’inflation. Mais j’avoue que cette idée d’arrêt-relance s’invite à nouveau toute seule. Alors que le gouvernement s’excite pour siffler la fin de la récréation, alors qu’il bombe le torse en brandissant les réquisitions, les syndicats auraient bien tort de se contenter d’une augmentation de salaire. Le sujet de fond dans cette histoire c’est l’impératif pour les salariés de vivre convenablement du fruit de leur labeur, non pas uniquement de temps en temps mais en permanence selon un principe que l’on ne saurait transiger ! Une société dont les membres ne peuvent vivre du fruit de leur labeur n’est pas viable car elle serait simplement un agrégat de moribonds. Une société dont les membres pourraient vivre du fruit de leur labeur à la condition de s’épuiser à la tâche n’est pas viable non plus puisqu’elle serait constituée de non-vivants.

Notre société de moribonds et de non-vivants n’est pas viable. Et ce n’est pas tant que le labeur des salariés ne produise pas assez de « moisson » mais plutôt parce que nous acceptons depuis fort longtemps que le patronat récolte et qu’il serve d’abord l’actionnariat puis qu’il se serve lui-même pour abandonner des miettes à ceux qui font le travail. C’est pour cela qu’obtenir une augmentation générale et ponctuelle des salaires ou même un retour à l’indexation sur l’inflation ne serait pas un succès. Le salariat doit lui aussi viser une réforme paramétrique. La question est donc et reste encore comment s’y prendre ? En ce jour où la machine économique est presque au débrayage, le salariat devra œuvrer à son arrêt complet pour ensuite négocier les conditions de la relance. Il s’agit en l’occurrence :

1- de mobiliser plus largement les salariés du privé et du public à des fins de sauvegarde de l’emploi et d’augmentation des salaires à un niveau plus substantiel dans les entreprises qui ont distribué du dividende au moins une fois sur les deux dernières années ;

2- de mettre sur la table, dans les entreprises du CAC40 mais également dans les moins grandes la question de la répartition du « surplus » entre le salariat, le patronat et l’actionnariat (…). C’est ici qu’il faut ouvrir une brèche décisive ;

3- de conclure les discussions d’entreprises par une harmonisation nationale (à la charge du personnel politique) devant permettre d’instituer et d’institutionnaliser la répartition de toute richesse créée avec le concours de la collectivité (…).

Avec une institution de la répartition du « surplus » il sera possible d’entrevoir une transformation de l’appareil d’Etat, ce qui est d’après l’histoire, la meilleure manière d’implémenter du changement durable en France.

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26 réponses à “Obtenir une augmentation générale des salaires et leur indexation sur l’inflation : serait-ce un succès ? par JeNeSauraisVoir”

  1. Avatar de Khanard
    Khanard

    Pas trop en rapport avec le sujet de ce billet encore un qui se targue d’avoir annoncé en avance la crise financière de 2008 : j’ai nommé Nouriel Roubini ! (économiste américain ) . Finalement tout le monde l’avait devinée mais personne n’a rien fait . Cocasse non ?

    Méfiez vous des imitations ! Seul un vrai PJ certifié aop des pays de Vannes doit être utilisé.

    1. Avatar de Paul Jorion

      Nouriel Roubini fait partie de la demi-douzaine d’économistes ayant véritablement annoncé la crise des sub-primes.

      J’ai d’ailleurs eu le plaisir de lui apprendre en tête-à-tête que l’on m’avait appelé à plusieurs reprises dans la presse, « Jorion : le Roubini européen ».

      1. Avatar de Khanard
        Khanard

        Alors c’est une bonne chose ! « Jorion : le Roubini européen ». cela a une connotation magique car on ne peut penser qu’au très grand magicien qu’était Houdini .
        Mais la « science » économique n’est-elle pas de la magie ?

        merci pour vos précisions .

  2. Avatar de Ar c'hazh du
    Ar c’hazh du

    Le style de ce texte est délectable et je souscris bien évidemment au fond (et à fond) à ce texte remarquable qui me rappelle assez Montesquieu (sans flatterie aucune).

    Cela dit, l’histoire montre assez ce qu’il advient au peuple prolétaire (la canaille selon Voltaire) lorsqu’il commence à effrayer les gens biens (c’est à dire, comme aimait à le dire H. Guillemin, les gens qui ont du bien)… Et cela ne date pas que de 1870.

    Le seul paramètre nouveau dans cette histoire longue de l’humanité est la destruction du vaisseau terre qui devrait mettre (enfin) tout le monde sur un pied d’égalité, lorsque lérich s’apercevront (enfin et bien trop tard) que les milliards en banque et les tonnes d’or fin ne font pas un repas… Lépauvr, eux, en auront déjà fait la définitive expérience…

    Sic transit gloria mundi (ou en français : demain les chats).
    Salut et fraternité !

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  3. Avatar de Yannick
    Yannick

    Raconté presque comme un conte de fée…
    Je lisais aujourd’hui qq pages www pour voir où en était cette histoire de réforme des retraites.
    Certains avancent timidement qu’une augmentation des cotisations pourrai aussi être un moyen d’équilibrer les comptes. Que nenni répond le patronat…
    D’autres avancent que quand même, toute cette immigration était bien faite pour équilibrer les comptes, non ? Cette masse laborieuse cotise… Que nenni, puisque leurs salaires sont bas: au dessous de 1.5SMIC, point de cotisation sociales…
    Alors, certains avancent que la simple suppression de cette exonération suffirait à combler les déficits. Ah bah oui… C’est un peu ce que disaient les syndicats à l’époque, mais que nenni disait le patronat qui promettait tellement d’embauche que le chomage allait disparaître.
    Les syndicats disaient aussi que supprimer les cotisations allait créer un effet d’aubaine qui ferait que les salaires seraient piégés au dessous des 1.5 SMIC. Que nenni disait le patronat la main sur le coeur! Où est est on aujourd’hui de la pyramide des salaires ? N’observe-t-on pas un sérieux tassement vers le bas ? Ont-ils suivis l’inflation ?
    Perso, malgré ces NAO (Négociation Annuelle Obligatoire) le mien, force est de constater qu’il ne fait que se dégrader si je le rapporte à un euro constant…
    Pourtant je bosse dans une grosse entreprise successfull et très réputée! Une de celles qui distribuent des dividendes chaque année. Une de celles qui ont été construites par l’investissement de nos impots et qui a eu le bon sens de déplacer son siège/holding en Hollande alors que ses usines sont partout ailleurs que dans ce pays ! (et qui donc, ne paye pas ses impots en notre bon pays investisseur et travailleur)

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  4. Avatar de Jeanpaulmichel
    Jeanpaulmichel

    Bonjour,
    « La question est donc et reste encore comment s’y prendre ? En ce jour où la machine économique est presque au débrayage, le salariat devra œuvrer à son arrêt complet pour ensuite négocier les conditions de la relance. »

    Osons le parler vrai.
    Cette grève et notamment les manifestations furent un échec au niveau global même si les salariés des entreprises les plus en pointe ont vu certaines de leurs revendications acceptées.
    L’échec le plus patent est le nombre de manifestants, bien trop faible au regard des enjeux.
    Où sont les chômeurs, les salariés à temps partiels, les retraités, les salariés en 3×8 en repos hier ou ayant l’après-midi de libre ? Éventuellement les étudiants ?
    Un potentiel de plus de 10 millions de manifestants.
    Et quand bien même 10% se seraient déplacés, cela aurait fait à minima 1 million de manifestants dans le pays. La suite vous la connaissez, 100.000 personnes environ dont 14000 à Paris.

    Bloquer la machine économique dans ces conditions est une utopie. Cependant, nous avons une courte fenêtre pour agir en ce sens via une grève des achats de Noel, concentrés sur l’essentiel. Chiche ? Pour ceux qui le peuvent encore, une coupe de champagne et pas deux ni trois …
    Les cadeaux de Noël … limités à l’utile pour les enfants, les cadeaux pour adultes étant « sacrifiés » au nom de la grève pour le pouvoir d’achat et la lutte contre le changement climatique en cohésion de plus avec l’annonce présidentielle sur la fin de l’abondance.
    Les classes sociales supérieures ne se restreindront pas, les classes déjà paupérisées sont déjà dans la survie. L’issue appartient à la classe dite moyenne. Chiche ?

    Prochain rendez-vous à la mi-décembre lors de l’annonce des mesures de réforme du régime de retraite, date habilement choisie par le gouvernement.

    1. Avatar de Matheux62
      Matheux62

      Mon pauvre ami !

      Se restreindre, ne consommer que l’essentiel … Seule une poignée (<1%) de diplômés avec une "conscience environnementale" le font déjà.
      Pour ce que je vois autour de moi, les pauvres ne peuvent se restreindre, et de toutes façons l'environnement ils en ont rien à foutre. Et les vrais riches idem.
      Seuls les soit-disant riches (Papa Maman avec 2 enfants et 6 000 – 10 000 € par mois avant impôts) s'ils n'ont pas déjà une vie sobre, ne le feront pas volontairement.
      Pour ma part, chez moi, on a toujours limité le nombre de jouets et fait souvent des cadeaux utiles (vélo, vêtements …).

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  5. Avatar de aptyos
    aptyos

    Avec un pays où 70% ont voté à droite aux législatives, je ne suis pas trop optimiste. La seule mobilisation que je voie est une guerre civile juste avant l’effondrement.

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    1. Avatar de Henri
      Henri

      Aptyos,

      N’oubliez pas l’abstention record pour ces législatives de 2022 qui est immense avec 46,23 %.

      La moitié quasiment du  » pays France  » ne vote plus.

      Tout un monde paupérisé ou en voie de l’être est dans l’expectative et comme sidéré, celui – ci ne s’exprime plus, ne vote plus.

      Le fait de ne plus aller voter n’est pas vraiment encore une stratégie de révolte tout à fait consciente, c’est simplement un phénomène de désaffiliation politique et son renforcement dans la durée où toute une foule erre sans cristallisation politique nouvelle et évidente tandis que chaque questionnement individuel reste entier.

      Tout cela avec pour toile de fond l’effondrement de « l’homme-pétrole » / ( Livre :  » Or noir – La grande histoire du pétrole  » de Matthieu Auzanneau , Ed. La découverte ), le réchauffement climatique, le retour de la guerre atroce en Europe via l’invasion de l’Ukraine par le gouvernement russe de V.Poutine, la crise de l’énergie et l’inflation galopante. Sans compter parallèlement le panorama du monde des plus sinistres dans bien d’autres contrées comme par exemple l’effondrement total du Liban dans l’indifférence générale.

      En France, les étiquettes longtemps brouillées entre les néolibéraux tendance Edouard Baladur et les sociaux-démocrates tendance Jacques Delors en ont dégoûté plus d’une et plus d’un avant que cette tendance pseudo-aristocratique largement adoubée par le grand chambellan d’alors M. Jean-Pierre Jouyet ne finisse par se confondre dans le macronisme béat et ne fasse émerger véritablement sur la scène politique le  » Bloc bourgeois  » désormais au pouvoir et multipliant 24 h / 24 un cynisme toujours plus décomplexé mais aussi de plus en plus minoritaire au fur et à mesure que les crises s’aggravent.

      46,23 % d’abstention : le silence avant la tempête.

  6. Avatar de Peska
    Peska

    Mon commentaire tient en un nombre décimal et une question :.

    1,7 !
    Comment l’humanité peut-elle passer de la consommation de 1,7 planète comme actuellement ( 2,8 pour la France ) à UNE planète comme en 1950 ?

    Faute de réponse à cette question, nous pouvons toujours continuer de croire au Père Noël à propos des salaires, des cotisations sociales, des indemnisations du chômage, des retraites et des pensions.

    Si je peux me permettre un conseil, il faudrait que chacun de nous se mette au plus vite à produire sa nourriture, à économiser sérieusement l’eau, à prévoir des  »espaces fraîcheur » ; que collectivement nous nous organisions avec pour objectif l’éducation des enfants, la mise en commun des moyens et la suppression des comportements délétères.

    Évidemment il faudra dissoudre les partis et les structures misérables complètement inadaptées ; renvoyer aussi toutes celles et tous ceux qui auront échoué pour une désintoxication au capitalisme.

    Nous avons besoin de Comités de Salut Public pour faire face aux périls grandissants car rappelons-nous : jamais l’humanité n’a été confrontée à l’imminence de sa disparition comme c’est aujourd’hui le cas.

    Alors les salaires, les retraites vous êtes sûrs que c’est bien de cela qu’il faut commencer à parler ?

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  7. Avatar de Garorock
    Garorock

    Je vais vous raconter un autre « conte de fée ».
    Un joli tour de magie.
    Cela ne se passe pas de l’autre côté du miroir.
    Ce n’est pas un effet placebo.
    Alice n’a qu’à ouvrir les yeux.
    L’exonération fiscale des milliardaires s’élève à environ 80 milliards par an.
    C’est 80 milliards qui manquent au budget. 80 milliards de déficit public.
    Ces 80 milliards, il faut donc les emprunter.
    A qui?
    A ces mêmes milliardaires qui nous les prêtent en achetant des obligations sur lesquelles ils touchent des intérêts. ( quand les taux sont positifs )
    Même Louis XIV n’a jamais osé faire cela.
    Quand le chouineur à la station service tout fier de son bullshit job et de son suv à crédit l’aura compris, il saura peut être enfin que la dignité cela ne s’achète pas sur Amazon.
    Faut boycotter Amazon!
    Mépriser les méprisants.
    Saboter les pipelines…

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    1. Avatar de Robert Spire
      Robert Spire

      Sous Louis XIV les millionnaires prêtaient beaucoup d’argent à l’Etat contre de forts intérêts….A la mort du Roi les finances de la couronne sont catastrophiques: revenus net de 69 millions de livres et une dette de 2.1 milliards de livres….Découvrant ce gouffre et le peu d’entrain des plus riches à rendre une part de leurs fortunes grattées sur la couronne, le Régent va publier une ordonnance le 17 mars 1716 qui interdit sous peine de mort, de tortures ou de galères aux plus fortunés de quitter le territoire. Contrôles sévères aux frontières, arrestation de financiers, autorisation donnée aux domestiques de dénoncer leurs maîtres…Cela ne va pas durer longtemps, juste une année avec 4470 individus condamnés ( fortes amendes, certains seront cloués au pilori, d’autre la tête tranchée ou soumis à la vindicte populaire, d’autres se suicident) et seulement 215 millions de livres récupérées. Certains comme Antoine Crozat passeront entre les mailles moyennant un délestage de quelques millions de livres et de créances…Les plus malins pratiquaient depuis longtemps de l’évasion fiscale (grâce à la traite et aux traffics de métaux précieux) vers des pays étrangers, l’Angleterre, les Pays-Bas, l’Espagne…Et la belle vie des financiers continua jusqu’à la prochaine crise.

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      1. Avatar de Garorock
        Garorock

         » le Régent va publier une ordonnance le 17 mars 1716 qui interdit sous peine de mort, de tortures ou de galères… etc…  »
        Ben voila. Faut régenter!
        Nous sommes d’accord 😊

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        1. Avatar de Garorock
          Garorock

           » revenus net de 69 millions de livres  »
          C’est quoi le revenu net; ce qui correspondrait de nos jours au PIB?

          1. Avatar de CloClo
            CloClo

            Si mes souvenirs son bons : Régenter de la racine proto indo européenne *h₃reǵ- qui a donné REC, REG, RIG, REX, RIX, RAJ, RO, qui veut dire en gros ce qui est droit, l’autorité qui organise, le sacré qui a le pouvoir, qui trace les lignes et les délimitations ; donne la direction à suivre …
            Une racine qui a donné dans nos langues, par exemple selon JL Le Quellec : Right, Recht, Maharadjah Rectitude Régent, Corriger, Diriger, Rectangle, Correcte, Recteur, Région, Roi, Directeur, Rectangle, Régisseur, Rigoureux, etc etc. Bref…

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            1. Avatar de Garorock
              Garorock

              Je prends Le Maharadjah Ruffin mon Cloclo!
              Gageons que François de Picardie saura faire aussi bien que le Philippe d’Orléans.
              Il n’est pas frère du roi mais a fait ses humanités sur les même bancs que lui.
              L’un des deux n’y a pas croisé G Giraud. 😎

              « Né à Calais, François Ruffin grandit à Amiens, d’un père cadre chez Bonduelle et d’une mère femme au foyer1,2,3. Il est scolarisé de la 6ème à la terminale, dans un établissement privé catholique tenu par la congrégation des jésuites, au Lycée La Providence, à Amiens4, fréquenté à peu près au même moment (ils ont deux ans d’écart) par le futur président de la République, Emmanuel Macron. »

              Comment faire?
              1) virer le grand vizir Mélenchon
              2) Nommer 3 mousquetaires de la république: Autain; Faucillon, Faure (?) plus un écolo (peut être pas Rousseau…) Cela fera un trumvirat à quatre. 😊
              3) Aller tous s’acheter une panoplie de d’Artagnan.

          2. Avatar de Robert Spire
            Robert Spire

            Il s’agit du revenu de la couronne, l’argent dont dispose le roi, le budget de l’Etat.

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          3. Avatar de Garorock
            Garorock

            À la mort de Louis XIV, la dette s’élève à 3,5 milliards de livres — soit entre 25 et 50 milliards d’euros en 2010 — équivalant à dix années de recettes fiscales. (wiki)
            Aujourd’hui:
            En gros. Dette: 3000 milliards
            Recettes: 200 milliards
            Dette=15 années de recette.

    2. Avatar de Henri
      Henri

      Garorock…

      Sans compter les 160 milliards offerts aux entreprises chaque année, sans aucune contre-partie écologique, éthique ou sociale.

       » Publiée le 7 octobre, une étude Lilloise sur les aides publiques à destination des entreprises a estimé à 160 milliards d’euros les aides consacrées aux entreprises par l’État français « , une somme annuellement allouée et qui est devenue la première dépense de l’État français avant toutes les autres.

      Vidéo : https://www.lemediatv.fr/emissions/2022/macron-offre-un-pognon-de-dingue-aux-patrons-prydLG5NTl-0cuK-_0PfUQ

  8. Avatar de Garorock
    Garorock

    O cerveaux enfantins!

    Pour ne pas oublier la chose capitale,
    nous avons vu partout et sans l’avoir cherché,
    du haut jusques en bas de l’échelle fatale,
    le spectacle ennuyeux de l’immortel péché:

    La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide,
    sans rire s’adorant et s’aimant sans dégoût;
    l’homme tyran goulu, paillard, dur et cupide,
    esclave de l’esclave et ruisseau dans l’égout;

    Le bourreau qui jouit, le martyr qui sanglote;
    la fête qu’assaisonne et parfume le sang;
    le poison du pouvoir énervant le despote,
    et le peuple amoureux du fouet abrutissant…

  9. Avatar de Hadrien
    Hadrien

    1) D’ accord SI l’entreprise fait des bénéfices. Mais que faire sinon ?
    1.1 Soit l’année x: on fait des bénéfices, les salaires augmentent, soit l’année x+y, on fait des pertes, les salaires diminuent ?
    1.2 Soit un hôpital: faut-il augmenter le prix des soins pour augmenter les salaires des soignants ?
    1.3 Soit une entreprise qui pollue ou empoisonne, faut-il continuer, voire augmenter la crasse et les salaires ?
    Etc…
    Veuillez utiliser votre cervelle 😉

    1
    1. Avatar de Henri
      Henri

      Hadrien,

      Rectificatif & information :

       » Avec la crise sanitaire qui a contaminé l’économie, le produit intérieur brut (PIB) de la France a subi une chute historique de 7,9 % en 2020 , à 2.300 milliards d’euros. Rapporté à chaque Français, cela équivaut à près de 34.100 euros de richesse créée par habitant en moyenne. Mais dans une étude publiée ce jeudi, l’Insee rappelle d’importantes disparités en fonction des régions, particulièrement entre l’Ile-de-France et le reste du territoire.  »

      Article :  » Les échos  » : https://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/lile-de-france-concentre-31-des-richesses-produites-par-le-pays-en-2020-1405132

      Rappel :

      Nous parlons bien de 2300 milliards d’euros de richesse produite en 2020 et non pas uniquement du budget de l’Etat français. La richesse produite est donc chaque année énorme et toutes celles et ceux qui vous disent que les « caisses sont vides » mentent éhontément. C’est le partage d’ensemble qui est inique.

      300 milliards de dettes publiques face à 2300 milliards produits à peu près chaque année par les françaises et les français quand ce n’est pas plus ?

      Dette publique :  » La dette publique : un épouvantail bien utile  » :
      Texte : https://www.cgtfinances.fr/economie/dette-publique/article/la-dette-publique-un-epouvantail-bien-utile

      1. Avatar de Hadrien
        Hadrien

        @Henri, merci de votre réponse,
        Si vous voulez aborder sous un angle rationnel les questions d’énergie (et d’économie et de PIB – et de pouvoir d’achat – et de niveau de vie – et de l’histoire des hommes – et de notre futur), je vous conseille vivement de commencer par lire la BD de JM Jancovici et C Blain « Le monde sans fin », ça coûte +- 27€, +- 190 pages.
        https://jancovici.com/publications-et-co/livres/le-monde-sans-fin/

  10. Avatar de Garorock
    Garorock

    Plusieurs religions semblables à la notre,
    toutes escaladant le ciel; la sainteté,
    comme en un lit de plume un délicat se vautre
    dans les clous et le crin cherchant la volupté

    L’humanité bavarde, ivre de son génie,
    et folle, maintenant comme elle était jadis,
    criant à Dieu dans sa furibonde agonie:
     » O mon semblable, O mon maître, je te maudis!  »

    Et les moins sots, hardis amants de la démence,
    fuyant le grand troupeau parqué par le destin
    et se réfugiant dans l’opium immense!
    – tel est du globe entier l’éternel bulletin. »

    C. Beaudelaire.

  11. Avatar de arkao

    Avant d’être romancier, Jean Teulé était graphiste et auteur de bandes dessinées. Son ouvrage « Gens de France » a été réédité en 2021 par les éditions Fakir (de F. Ruffin):
    https://www.fakirpresse.info/boutique/les-livres/93-gens-de-france-j-teule.html

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