PIQÛRE DE RAPPEL : Le capitalisme et l’économie de marché en tant que dysfonctions

Ce billet a été originellement publié le 19 octobre 2010.

Le capitalisme est un défaut structurel que peuvent présenter certains systèmes économiques. La définition classique est bien entendu différente : le capitalisme y est présenté comme un système économique à part entière. D’où vient le malentendu ?

Le point de départ un peu paradoxal de mon ouvrage Principes des systèmes intelligents (1990) était que nos faibles progrès en intelligence artificielle découlent de la trop haute idée que nous nous faisons des processus qui se déroulent quand nous pensons. Il m’était alors possible, en combinant quelques principes très simples de reproduire des résultats qui nous apparaissent déjà très sophistiqués. L’équivalent, dans le cas qui nous occupe ici, d’un tel paradoxe un peu provocateur, serait de dire que des mots tels « capitalisme », « économie de marché », renvoient à des dysfonctionnements qui n’apparaissent constituer des systèmes qu’en raison des correctifs que nous apportons immanquablement à ces défauts. Ici encore, ce serait une représentation un peu surfaite de ce que nous faisons et de ce que nous sommes qui nous induirait en erreur dans la manière dont nous traitons les problèmes qui surviennent dans le cours de nos affaires au jour le jour.

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MARSEILLE, Rencontres capitales, Et si l’on inventait un nouveau capitalisme ? le 16 novembre 2013

  • Et si l’on inventait un nouveau capitalisme ?

Longtemps promu comme rouage ultime du bon fonctionnement de l’économie mondiale, le capitalisme contemporain en est-il devenu la principale menace ? Ce système économique est-il réellement capable de s’autoréguler, de se réformer et les crises sont-elles bien exclusivement conjoncturelles ?

Avec Christophe Faugère, professeur PHD en finance à Kedge Business School ; Paul Jorion, docteur en Sciences Sociales de l’Université Libre de Bruxelles, titulaire de la chaire « Stewardship of Finance » à la Vrije Universiteit Brussel ; Louis Schweitzer, Président d’Initiative France, ancien président de Renault et Carlos Verkaeren, Président du groupe Poult.

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Deux économies ou une seule économie ? Un principe ou deux principes ?, par Dominique Temple

Billet invité

L’économie de réciprocité est une économie naturelle comme l’économie d’échange.

Les hommes comme le rappelle Aristote partout se sont réunis pour s’entraider mais ils ont observé ce phénomène singulier que l’entraide leur apportait un sentiment commun qu’ils ignoraient dans leur solitude et qu’ils apprécièrent d’autant plus qu’il s’accompagnait d’une raison qui lui donnait une forme : l’éthique. Celle-ci leur permettait de s’accomplir dans un autre domaine que celui de la vie, le domaine de l’esprit. L’éthique leur parut alors la motivation principale du vivre ensemble.

De l’actualisation de cette nouvelle puissance sont nés les sciences et les arts, et les biens d’un autre ordre que ceux pour lesquels les hommes s’étaient initialement secourus.

Les biens créés au nom de l’éthique s’ajoutèrent aux biens nécessaires à la vie. Les biens sont donc de deux sortes : ceux qui satisfont les besoins et qui sont créés dans le cadre de la réciprocité, et les biens créés à partir du sujet humain qui résulte de la réciprocité – le sujet non plus biologique mais la conscience qui se substitue au sujet biologique et qui semble par rapport à lui libre, souverain – autrement dit les biens qui correspondent au désir du bonheur (eudemonia).

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COMMENT AVERTIR DE CE QUE TOUT LE MONDE SAIT DÉJÀ ?, par Jean-François Le Bitoux

Billet invité, en réponse au billet de Jeanne Favret-Saada

La réponse à la question posée par Jeanne Favret-Saada est pour partie dans « La sorcellerie capitaliste » (Pignarre & Stengers 2005) et dans le résumé d’Anne Vièle. Les chapitres du livre analysent, synthétisent et proposent des voies de récupération de situations qui nous dépassent : « Que s’est-il passé ? », « Apprendre à se protéger », « Comment faire prise » et « Avoir besoin que les gens pensent ». Anne Vièle souligne ce qui pour elle fait corps dans l’analyse proposée et nous invite à en faire autant : Savoir oser – Sapere Aude – était la devise des Lumières ! « Antonio Munoz Molina montre comment cette cécité générale est aussi induite par les experts et les gouvernements ». Anne Vièle ne dit pas autre chose : « Il y a aussi les « petites mains » étatiques qui fabriquent les règlements, les lois, les normes, la discipline… Qui permettent de faire des économies de pensée… ». Car c’est bien dans la même procédure, économie de pensée, que se cachent Dieu et le Diable, selon l’usage que chacun en fera ou choisira d’ignorer. La procédure peut être pédagogique, enrichissante pour tous, citoyenne ou bien aristocratique et enrichissante seulement pour quelques-uns qui savent mieux la manipuler. Tant que les autres ne savent pas arrêter leur folie ! MAF (Mort aux Faibles)! Voilà bien « un truc » de la sidération capitaliste : faire croire que ces lois généreuses profiteront à tous alors que quelques décrets d’applications suffisent à les détourner des meilleures intentions (écotaxe ?).

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rtbf, MATIN PREMIÈRE, 5/5 de Marie Vancutsem dans le 5-7, vendredi 11 octobre à 5h45

Cinquième épisode : Le capitalisme peut-il encore être sauvé ?

Marie Vancutsem reçoit cette semaine l’anthropologue Paul Jorion, observateur avisé du monde de la Finance.

Dernier épisode de 5/5 avec Paul Jorion pour analyser le système économique actuel. Mais est-il suffisamment solide, ce capitalisme financier ? Va-t-il tenir le coup ? Que peut-on attendre de l’avenir ? Les perspectives semblent assez sombres, 5 ans après le déclenchement de la crise… Et on peut le dire cette semaine, l’horizon dépeint par Paul Jorion n’est pas franchement optimiste. Démonstration.

Le podcast est ici.

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PIQÛRE DE RAPPEL : L’annonce de la mort du capitalisme est-elle prématurée ?, le 20 mars 2009

Le 23 septembre 2013 (aujourd’hui) :

Le Monde : Face à la hausse des taux, la BCE n’exclut pas un nouveau prêt à long terme aux banques :

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) a affirmé, lundi 23 septembre lors de son audition trimestrielle devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen à Bruxelles, que son institution était prête à utiliser tout instrument à sa disposition, y compris un nouveau prêt à long terme en faveur des banques (LTRO), si l’évolution des taux d’intérêt le requérait.

Le 20 mars 2009 :

Certains me demandent : « Fin du capitalisme ? Vous n’exagérez pas ? » La réponse est non : je ne fais jamais dans l’alarmisme. Et je suis très prudent quant à mes titres.

Souvenez-vous de mon premier blog intitulé Le déclenchement de la crise du capitalisme américain, il faisait suite à un courrier que j’avais envoyé à mes amis du MAUSS (Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales) quelques jours auparavant. Regardez bien la date : le 28 février 2007. Croyez-vous que j’aie eu à regretter depuis mon titre « tonitruant », voire « alarmiste », ou même la date que j’avais choisie ?

Le « quantitative easing » de 300 milliards $, accompagné d’un relèvement du plafond des achats de Residential Mortgage-Backed Securities (RMBS) émises par Freddie Mac et Fannie Mae de 500 milliards $ à 1.150 milliards $ et l’achat possible de 200 milliards de leur dette (tous produits dont les Chinois continuent de se délester rapidement dans un contexte où l’immobilier résidentiel américain poursuit sa plongée), c’est bien entendu la guerre ouverte avec ceux qui possèdent dans leurs coffres des quantités énormes de dollars : en particulier la Chine, le Japon, le Corée et Taiwan.

Mais ce n’est certainement pas une mesure prise de gaieté de cœur, car le moment n’est pas bien choisi – c’est le moins qu’on puisse dire ! – pour les États–Unis de déclarer la guerre à la Chine, c’est tout simplement parce qu’avec des taux courts déjà à zéro, on est bien obligé de passer de la très mauvaise arme qu’est la manipulation des taux d’intérêt à une arme pire encore : créer de l’argent non pas parce que de la richesse a été créée mais simplement parce qu’on en manque : parce que trop de reconnaissances de dettes étaient des serments d’ivrogne. C’est une mesure désespérée, et c’est pour cela que j’évoque la « fin du capitalisme » : on brûle la dernière cartouche. Une fois constaté que le « quantitative easing » n’a rien donné (ou a donné le contraire de ce qu’on espérait), il n’existe plus de stratégie de rechange.

Les États–Unis auraient pu emprunter la voie d’un New Deal, et l’on serait resté dans le cadre d’une « posture C », au sens de Granier : le système ancien se serait métamorphosé en un nouveau système. Au lieu de cela, l’Amérique tente en ce moment (merci Mrs. Geithner et Summers) de sauver le navire d’un capitalisme pur et dur, mais le bateau sombre à vive allure, et les premières mesures du Président Obama sont, il faut bien le constater, un cafouillage affligeant bien que d’un montant faramineux. En s’accrochant au rêve de la « posture B » (le système retrouvera, bien que difficilement, sa forme originelle) grâce au recours promis aux armes secrètes que sont la suppression de la « cote-au-marché » (on inventera désormais de toutes pièces les chiffres comptables) et l’interdiction de la vente à découvert (qui permettra aux prix de se contenter de grimper), l’administration Obama, capitulant devant le monde des affaires, assure le succès de la « posture D » : le système actuel est irrécupérable et sera remplacé par quelque chose d’entièrement neuf. Notez bien : ce n’est pas moi qui suis en train de changer d’opinion et de passer de C à D : c’est le monde, avec l’aide bienveillante – et j’en suis sûr, sonnante et trébuchante – de la US Chamber of Commerce.

La Chine laissera tomber le capitalisme quand ça lui chante (d’où les avertissements récents portant sur des velléités d’un nouveau Tien-An-Men) et reprendra d’un bon pas sa marche vers un collectivisme plus déterminé que jamais. L’Europe elle, contrainte et forcée, repart à cent à l’heure vers la social-démocratie… qui se fera sans les socialistes bien entendu, qui n’ont toujours pas compris ce qui est en train de se passer !

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Les voleurs de lendemains, par Bertrand Rouziès-Leonardi

 Billet invité.

Il y a un point d’ancrage de la défense du capitalisme comme système d’enrichissement personnel et collectif « par ruissellement » qu’il est risqué de lever sans passer pour un décroissantiste forcené : il existerait une richesse « bien acquise » digne de louange. Évidemment, il n’est pas question ici du pécule modique sur lequel la plupart d’entre nous essaie de vivre et de survivre, et que le recours au crédit, de moins en moins pour le superflu et de plus en plus pour l’essentiel [1], grossit artificiellement. Cette pauvre richesse-là, si vous n’avez pas été éduqué au désintéressement et à la frugalité heureuse, peut vous rendre envieux de tous jusqu’à la méchanceté et comptable de tout jusqu’à la lésine. C’est un potentiel garroté ; un commencement de famine qui se fait un bout de lard du premier liard qui traîne ; une ambition qui s’est persuadée que sa ligne d’horizon passe par les fonds de tiroir.

Non, je veux parler d’une richesse dont le volume est tel qu’il dispense son détenteur d’en vérifier à toute heure la jauge et lui permet de garder l’oeil rivé sur les projets, les plus futiles comme les plus utiles, à la réalisation desquels ce capital doit servir. Je ne serai pas assez hardi pour affirmer que l’opulence est une des voies qui mènent au plus complet détachement. Hormis chez les prodigues inconséquents et les fils et filles de bonne famille qui dérogent pour ne pas se trouver embrassés dans la condamnation sans appel du riche par le Christ, le maléfice de l’argent a généralement cet effet pervers sur les nantis que plus ils en ont, plus ils en sont envoûtés. Mais au moins ont-ils la liberté, dans les moments où le charme n’opère plus, de n’y plus penser. Tel n’est pas le cas pour les indigents et les tout juste à l’aise jamais très éloignés de le devenir qui sont constamment ramenés au besoin d’argent, dans leurs activités quotidiennes comme dans leurs rêves. À mesure que la richesse s’éloigne d’eux dans la réalité, ils se pénètrent en imagination de tous ses fastes supposés et dilapident le peu de bien qu’il leur demeure dans l’acquisition de succédanés bon marché qu’ils savent insuffisants mais qu’ils investissent quand même d’un grand pouvoir de consolation, comme les adorateurs d’icônes.

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DERNIERS ESPOIRS D’UN PÈRE ET GRAND-PÈRE, par Juan Nessy

Billet invité

Toi qui fis la mémoire, est-ce pour qu’on oublie ?…
Non, c’est pour rendre au temps à la fin tous ses jours,
Pour faire confluer, là-bas, en un seul cours,
Le passé, l’avenir, ces deux moitiés de vie
Dont l’une dit jamais et l’autre dit toujours.

(Lamartine, « La vigne et la maison »)

Est-il vraiment possible à ce moment de l’histoire d’être totalement pertinent sur les impasses de la démocratie telle qu’on l’habille sous nos latitudes et sur la nécessité de la force pour  « bouger » ?

Je crois que non, et que la tâche (inévitable) sera celle d’une génération. La tâche de lieux d’échanges et de décision mondiaux à inventer. La tâche au jour le jour de groupements locaux atypiques (pour ne pas dire anarchistes) et innovants. Ce qui se raconte sur ce blog depuis 5 ans et sur d’autres, ce qui commence à percoler ou naître un peu partout dans le monde, annonce cette Re-Renaissance. Tout juste pouvons-nous reconnaître les antinomies qui aujourd’hui se révèlent et interpellent les consciences en même temps que les bien-être.

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CAPITALISME, SCIENCE ET HUMANITÉ, Jacques Testart – Paul Jorion, à Morlaix, le 9 avril 2013 à 20h30

Les vidéos du débat avec Jacques Testart sont maintenant en ligne :

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VUB, Chaire « Stewardship of Finance », neuvième leçon, le 21 février 2013

La neuvième leçon : travail et capital, consacrée au partage de la richesse créée, aux différentes manières de conceptualiser celui-ci, aux choix politiques qui en découlent et aux différents éclairages des questions éthiques en économie et en finance sur lesquelles ces derniers débouchent.

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LE CAPITALISME À L’AGONIE – mise à jour la plus récente

* Une cellule plus confortable et moins bruyante à la prison de Santa Ana (Californie) : 82 $ la nuitée.

* Bénéficier du statut « co-voiturage » à Minneapolis alors que vous êtes seul dans votre véhicule : 8 $.

* Une mère-porteuse indienne : 6.250 $.

* Un passe-droit à l’immigration aux États-Unis : votre promesse de créer dix emplois plus 500.000 $.

* Le droit de tuer un rhinocéros d’une espèce protégée en Afrique du Sud : 150.000 $.

* Aux États-Unis, le numéro du téléphone mobile de votre médecin traitant, assorti du droit d’être reçu par lui dans les 24 heures : entre 1.500 $ et 25.000 $, selon la région.

* Aux États-Unis, une inscription dans une université privée en dépit de très mauvais résultats scolaires : à négocier.

* Mercenaire en Somalie ou en Afghanistan : entre 250 $ par mois et 1.000 $ par jour, selon compétence et nationalité.

* Aux États-Unis, faire la queue pour une session parlementaire pour un lobbyiste : 15 $ – 20 $ par heure.

* À Dallas (Texas), lire un livre si vous êtes inscrit dans un lycée d’un quartier défavorisé : 2 $.

* Aux États-Unis, si vous perdez 7 kilos en quatre mois, votre mutuelle vous verse 378 $.

Source : Michael J. Sandel, What Money Can’t Buy. The Moral Limits of Markets, New York : Farrar, Straus & Giroux, 2012.

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CHANGEMENT DE PARADIGME : CAPITALISTE AU PAYS DES MERVEILLES, par El JEm

4ème billet invité de la série par El JEm. La première partie est ici, la seconde ici, et la troisième ici

Voilà donc de la gloire pour toi.

Je ne comprends pas ce que vous voulez dire, dit Alice.

Humpty Dumpty sourit dédaigneusement.

Évidemment que tu ne comprends pas. Pour cela, il faut que je te le dise. Voilà un argument décisif pour toi !

Mais « gloire » ne veut pas dire « argument décisif », objecta Alice.

Lorsque j’utilise un mot, il signifie exactement ce que je choisis qu’il signifie – ni plus, ni moins.

La question est de savoir si vous pouvez faire signifier autant de choses différentes, dit Alice.

La question est de savoir qui est le maître. Et rien d’autre, dit Humpty Dumpty.

Lewis Caroll, De l’autre coté du miroir.

Chaque humain agit et décide selon la représentation qu’il se fait du monde, de sa nature et de son fonctionnement ( : paradigme). S’il croit que la terre est plate, il n’essaye pas d’en faire le tour. En fait, une telle idée ne lui vient même pas à l’esprit : un paradigme ne guide pas seulement les décisions, il limite aussi l’imagination (cf. CP2).

Le paradigme politique actuel est celui de la société de marché, c’est-à-dire la croyance dans la capacité du marché à prendre les décisions justes pour la communauté. Dans ce système, le poids de chaque individu dans la prise d’une décision politique de la communauté est théoriquement lié à sa capacité à agir sur le marché, c’est à dire à acheter ou à vendre (cf. CP3). Mais dans les faits ceux qui dirigent sont ceux qui maîtrisent les richesses, c’est à dire ceux qui les possèdent ou qui les gèrent. Non seulement parce que leur poids dans les transactions est prépondérant mais aussi parce que ce sont eux qui organisent le marché, à leur profit.

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CHEDD, Les chemins de la transition, « La transition… », Rennes, le 3 juillet 2012, par Sylvie Gendreau

Billet invité.

Le ton est calme, presque rassurant. Son argumentaire est clair, documenté. Paul Jorion est assis au centre de la scène. Les auditeurs du Collège des hautes études du développement durable de Bretagne l’ont invité à prononcer la conférence d’ouverture de leur colloque annuel sur le thème de La transition.

Ce mardi 3 juillet 2012, le chercheur, ex-trader, a fait une démonstration importante qui illustre à quel point l’heure est grave. Il nous reste moins d’une petite trentaine d’années pour inventer un autre système que le système capitaliste. Il compare la situation que nous vivons à un phénomène en physique, le soliton, une vague qui remonte le courant et qui ne veut pas faiblir, la propagation d’un tsunami qui n’épargnera personne.

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ATTENTION, RÉVOLUTION !, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Souvent les billets invités apportent des perspectives différentes par rapport à la mienne, encore que dans le même esprit. D’autres billets invités synthétisent la réflexion collective qui s’est développée ici. Le billet « Attention, révolution ! » de Pierre Sarton du Jonchay appartient à cette deuxième catégorie.

Le subprime perfide

Le système monétaire et financier mondial est dans le coma depuis la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008. Les banques centrales ne sont jamais parvenues à restaurer le crédit interbancaire par leurs injections de liquidité. La relance monétaire du système a impliqué un déséquilibre supplémentaire des comptes publics sans que les banques ne puissent reconstituer leurs fonds propres ni leur solvabilité nominale.

L’accumulation dans le système financier d’actifs toxiques dits subprimes par le prix réel probable inférieur au prix nominal comptabilisé s’est étendue aux États. La dette mondiale publique et privée est désormais hors de tout contrôle rationnel. Il est devenu impossible que la croissance économique soit suffisante pour que tous les créanciers soient seulement réglés de leurs intérêts. La dette mondiale croît indépendamment de l’économie réelle ; les pays sont mis sous perfusion monétaire les uns derrière les autres au cœur même du monde développé.

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CHEDD, Les chemins de la transition, « La transition… », Rennes, le 3 juillet à 14h15

C’est un colloque, qui a lieu à Rennes, le 3 juillet, mon exposé « La transition… un état, une dynamique, un processus », en fait l’ouverture à 14h15. À 17h40, je ferai l’analyse de ce qui aura été dit.

Le CHEDD, c’est le Collège des Hautes Études de Développement Durable. Et ça se tient aux Champs libres, 10 cours des Alliés, 35000 Rennes, 02 23 40 66 00 Métro : Charles de Gaulle

C’est gratuit mais il faut s’inscrire ici.

 

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LA DESTRUCTION DE LA PLANÈTE EST PROGRAMMÉE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Dans notre système capitaliste, les « avances » qui sont consenties par certains, les détenteurs de capital ou « capitalistes », pour rendre possible un processus de production ou pour permettre à un consommateur de consommer, sont rémunérées par des versements d’intérêts. Dans mon livre Le prix (2010), je montre sur des exemples de « systèmes à la part », en Afrique ou en Europe, comment a dû apparaître ce système de l’intérêt : les intérêts étaient conçus à l’origine comme « part » d’une richesse nouvellement créée, attribuée à l’un des partenaires ayant contribué à sa création. La dimension qui subsiste de cette logique originaire dans le système capitaliste sous sa forme actuelle, c’est le fait que chaque fois que des intérêts doivent être versés, une nouvelle richesse aura ou devra être créée d’une manière ou d’une autre, pour en être la source. Cet aspect du problème reste le plus souvent inaperçu mais ses implications sont dramatiques parce qu’elles font que le système capitaliste est, sur le plan économique, une impasse.

Nous avons toujours traité les ressources non-renouvelables de la planète où nous vivons, comme une « aubaine » au sens de Proudhon : comme un « don du ciel » à nous partager – en suivant les lignes de partage que tracent les principes de la propriété privée. Le caractère non-renouvelable de certains de ces « dons du ciel » est resté invisible aussi longtemps que la terre nous a semblé infinie. Aujourd’hui elle nous apparaît beaucoup trop petite eu égard à nos appétits insatiables.

L’épuisement de la planète découlant de notre activité économique, c’est ce qu’on appelle pudiquement les externalités négatives, qui sont d’ailleurs – au titre d’aubaines – superbement ignorées dans la comptabilité du Produit Intérieur Brut. La « croissance », c’est-à-dire le PIB quand il est à la hausse, implique du coup la destruction irréversible de la planète et, comme le capitalisme nécessite  – pour que des intérêts puissent être versés – cette même croissance, le fait que le capitalisme a pour implication logique la destruction de la planète, prend valeur de théorème.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Alliance française de la vallée d’Aoste, Italie, Le grand tournant des sociétés humaines, le 2 mai 2012

Ma conférence est maintenant visible ici : Le grand tournant des sociétés humaines.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 11 MAI 2012

Relier les pointillés
Envisager la partie plusieurs coups à l’avance
Gouvernements d’union nationale, comités de salut public
Construisons une Europe de la relance, Jacques Attali & Pascal Lamy
Comment rembourser une dette exorbitante ?, Cédric Mas

Sur YouTube, c’est ici.

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