Veille effondrement #58 – Sauver la Planète ? C’est compter sans le capitalisme !

J’ai déjà eu l’occasion de raconter cette histoire de mon enfance. Mon père rentre d’une réunion au bureau et il explique : « On nous a lu un rapport disant qu’à partir de 1960, le Congo va nous coûter plus cher qu’il ne nous rapporte. On a alors décidé de lui accorder son indépendance ».

Il n’a pas dit ça d’un ton guilleret, il était de gauche, j’ai déjà parlé de sa casquette de prolo qui irritait ma mère. Il a fait partie d’un petit groupe de soutien discret à Lumumba. Il est mort convaincu que c’étaient les milieux d’affaires belges qui avaient eu sa peau. Il n’a pas su que c’étaient les services secrets britanniques.

Mais la générosité (tousse ! tousse !) des puissances coloniales ne signifie pas qu’elles étaient devenues folles pour autant, nuance ! On a donc créé un droit international interdisant la nationalisation des entreprises de l’ancienne puissance coloniale restées là-bas (faut pas pousser quand même !).

Rush forward jusqu’à 2021. Le site Les crises a traduit un article du Guardian, où on nous explique qu’une compagnie pétrolière britannique poursuit pour des centaines de millions d’euros le gouvernement italien qui bloque une nouvelle campagne de forages. Elle invoque – he ! he ! vous l’avez deviné – le droit international mis en place pour couillonner les nations nouvellement indépendantes.

Sauver la planète ? C’est plus vite dit que fait : le capitalisme a plus d’un tour dans son sac !

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3 réflexions sur « Veille effondrement #58 – Sauver la Planète ? C’est compter sans le capitalisme ! »

  1. Bonjour,
    Ce genre de titre « sauver la planète » est inadapté par rapport à la situation à venir et quasiment sans effet sur nos concitoyens.
    Que les températures moyennes s’effondrent ou s’emballent, la planète continuera son bout de chemin avec 100 mètres de glace au dessus de nos têtes ou 100 mètres d’eau.
    Ce qui est menacé, c’est l’humanité qui n’a pu se développer que dans un environnement stable ou du moins évoluant lentement permettant à l’homme de s’adapter.
    La planète nous survira, un autre équilibre apparaitra, le risque est que ce soit sans nous, cette transition étant rapide et ne laissant pas de possibilités d’adaptation à grande échelle.

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  2. Du grain à moudre (je ne l’ai pas fait -pas lu- mais compte le faire). Du moins me semble-t-il.
    https://blogs.mediapart.fr/fabien-escalona/blog/100821/un-ete-sous-le-signe-de-l-anthropocene
    Réflexion peut-être à côté de la plaque: l’idée de limite(s) me semble incompatible avec les fondements du capitalisme.
    D’où des avatars comme le développement durable devenu croissance verte ou écologie de croissance sauce macron.
    Et la confirmation cinquante ans après des scénarios (surtout le pire) du rapport Meadows.

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