Comment le capitalisme va sauver le climat, par Terence

Un article du Guardian annonce que “L’assureur britannique Prudential travaille avec la Banque asiatique de développement sur un projet de rachat de centrales électriques au charbon en Asie afin de les fermer d’ici 15 ans.”
Prudential in talks to buy out and shut coal-fired plants in Asia | Coal | The Guardian

Assiste-t-on à un phénomène indiquant que le capitalisme va œuvrer en faveur de la survie de l’espèce ?

“Comment va réagir le capitalisme face à la destruction de la Biosphère et du climat ?” Paul Jorion et d’autres observateurs ont souligné la possibilité que le capitalisme, les grands capitalistes dans le monde, agiraient un jour ou l’autre de manière décisive pour “régler le problème du climat et de l’environnement à leur manière”, vu que les Etats avaient échoué à le faire.

Il y a eu le changement de ton au sein de la US Chamber of Commerce, la croisade technologique verte “écomoderniste” d’Elon Musk, les sorties coordonnées des gouverneurs des grandes banques centrales sur le risque climatique financier et la taxe carbone (stranded assets, fossil assets value collapse, climate risk disclosure), la course au mieux disant pour la sortie du moteur thermique chez les constructeurs automobiles européens, des redéploiement des investissements dans les grands fonds d’investissement privés et souverains, et maintenant, des mouvements du côté des compagnies d’assurance qui pratiqueraient une sorte de “nationalisation privée et écologique des activités polluantes pour les reconvertir”.

Depuis que j’ai discuté longuement avec un actuaire et que j’ai observé les rapports sur le coût des catastrophes climatiques (en constante croissance annuelle) produits par eux, je considère que les compagnies d’assurance, et en particulier les grands réassureurs mondiaux comme Swiss Re, pourraient être considérés, au moins en partie, comme des alliés objectifs de la survie de l’espèce, dans le cadre contre-intuitif de la raison capitaliste.

En fait, tout ceci ne devrait pas nous étonner. Le capitalisme et les capitalistes n’ont jamais voulu détruire la planète et l’espèce humaine en soi. Il ne faut leur prêter aucun désir criminel. Les capitalistes ont des époux ou épouses, des enfants, vont parfois à la messe le dimanche. L’écocide n’est au fond qu’une conséquence collatérale de leur quête de la maximisation du profit par l’accumulation du capital. En ce sens, le capitalisme est aveugle, indifférent, neutre, par rapport à la destruction de la Biosphère.

Si maximiser le profit et accumuler le capital implique cette destruction, so be it, comme c’est le cas depuis 2 siècles.
Si les politiques environnementales des Etats, les activistes, les journalistes et les scientifiques veulent empêcher cette destruction écologique qui va de pair avec la maximisation de leur rente, il est normal que les capitalistes rémunèrent des fournisseurs de services de propagande pour neutraliser ces empêcheurs de faire du profit en rond. Au besoin, on fera appel à des services d’élimination pure et simple de ses opposants. Les journalistes et les activistes environnementaux figurent aujourd’hui tout en haut de la liste des victimes de crimes politico-économiques dans le monde. No offence, dirait le capitaliste bonhomme : ce n’est pas personnel, c’est juste que je veux pouvoir continuer à faire mon job.

Mais si, de plus en plus, le calcul des coûts et des bénéfices voit ses paramètres fondamentaux changer, si les coûts de la destruction écologique (en ce compris les coûts de propagande et d’élimination de la menace activiste) augmentent et ses bénéfices diminuent, cela signifie que le profit diminue. Si l’écocide détruit le capital à un taux qui empêche son accumulation, cela signifie que l’espérance de profit futur diminue. Si les Etats parviennent de plus en plus à diminuer voire anéantir mon taux de profit dans mes activités écocidaires, j’aurais intérêt à diversifier mon portefeuille. Et on voit tout de même de plus en plus de catastrophes écologiques qui réduisent nettement le taux de profit : la pandémie (dans l’hypothèse de l’IPBES, le GIEC de la biodiversité), les incendies dans mes zones touristiques (Turquie, Italie, Grèce, Californie, Australie), les inondations qui détruisent mon capital (Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Chine, Inde), ces canicules qui empêchent la main-d’oeuvre journalière de récolter les fruits sur mes terres (Californie, Italie, …). Les primes d’assurance deviennent im-pa-ya-bles chers amis !

Dès lors, très rationnellement, les actionnaires convoquent leurs conseils d’administration et demandent une modification de la stratégie d’entreprise, d’investissement et de portefeuille d’activité et de produits. Au besoin, une partie des actionnaires congédie certains administrateurs et administrateurs-délégués, pour les remplacer par d’autres, qui engagent d’autres cadres de direction et d’autres employés au besoin, afin de retrouver la Voie du Capitalisme, celle du profit et de l’accumulation illimitée du capital.

Autrement dit, si le capitalisme semble s’intéresser de plus en plus au sauvetage de la planète et de l’humanité, c’est parce que ça commence à lui coûter moins et à lui rapporter plus. Ne pas y voir de philanthropie ou de l’idéologie là-derrière, c’est juste du bon sens.

Cela explique parfaitement pourquoi de grandes compagnies pétrolières sont en même temps parmi les plus grands investisseurs mondiaux dans les énergies renouvelables, et que le moteur électrique soit désormais poussé sur le marché par les constructeurs automobiles, thermiques-repentis : on sent bien qu’il est temps de rentabiliser des décennies de R&D, et que le renouvellement total d’une infrastructure, des équipements et des véhicules dans le monde, ça peut rapporter un paquet de pognon. Mais en attendant, dans la matrice d’analyse du portefeuille d’activité, on serait con de fermer trop vite la mine de charbon ou le puit de pétrole, tant qu’il rapporte à un taux acceptable pour les actionnaires, et vu que ses investissements de départ sont amortis depuis longtemps. Si on sent le vent tourner, vite, se débarrasser de l’asset avant qu’il devienne stranded, au besoin, faire faillite et laisser l’Etat dépolluer, après tout, il a bien profité des recettes fiscales et des emplois que “nous” avons créés…

L’Etat s’est montré incapable, nous les capitalistes, songeons sérieusement à reprendre la main. A coups de normes, de standards, de plans d’investissement de mécanismes de clearing, de monnaies internes, de produits dérivés, de swaps, de police d’assurances ad hoc, de joint-ventures, de tribunaux et polices privées et de contrats avec pénalités, nous parviendrons bien à neutraliser les émissions mondiales de CO2, bien plus efficacement que les démocraties. Notre avantage, c’est que nous sommes des dictatures capitalistes. Quand les actionnaires ont décidé, nous pouvons aligner les conatus de nos 100.000 employés dans le monde. Il suffit de changer le branding, la mission, les values & principles de nos HR, d’organiser le training de notre workforce, et le tour est joué. Au besoin, nous créerons des zones de droit économique exclusives, à l’abri de l’interventionnisme étatique et de sa gabegie. Nous logerons nos employés dans des “cités ouvrières” du futur et leur offrirons les services publics, santé, pensions, éducation, loisirs que les Etats faillis ne pourront plus leur fournir.

Nos consultants, nos analystes de marché, nos publicitaires et nos marketeurs nous ont convaincus désormais : le sauvetage de la planète est probablement le plus grand marché émergent de toute l’histoire du capitalisme. Des milliards de produits et services, des millions de contrats, des billions d’investissement et de R&D, le compteur va tourner comme jamais. On doit se positionner et obtenir le first mover advantage pour garantir le monopole de la plateforme. The winner takes all !

Finalement, dans un sens, le capitalisme est un grand incompris, un grand mal-aimé, presque une victime d’un capitalo-bashing qui n’a jamais saisi à quel point il a toujours été sincère avec l’Etat et les Citoyens. Du moment que vous me permettez de maximiser mon profit en accumulant du capital à cette fin, je ferai tout ce que vous voulez, en série de masse ou limitée, ici ou ailleurs, aujourd’hui ou demain, 24/7, just in time. Donnez-moi un levier capitalistique, et je soulèverai le monde ! Je peux même le sauver, il suffit que l’alignement de mes coûts et de mes bénéfices m’y encourage. Vous savez, moi, le grand capitaliste, ça fait 50 ans que j’attends que vous, Etat et Citoyens, me compreniez, et mettiez en oeuvre la taxe carbone et les réglementations mondiales qui me permettraient enfin d’internaliser les coûts externes de la destruction de la vie sur Terre, des années que j’attends les commandes publiques massives pour mes produits et services green, afin de pouvoir maximiser mon profit dans un level playing field, tout en recevant moins d’injures regrettables de la part des Citoyens. Dans le fonds, si sauver la planète rapporte, vous pouvez comptez sur moi, le capital !

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20 réflexions sur « Comment le capitalisme va sauver le climat, par Terence »

  1. Juste un mot, je vois plutôt le fait d’aller ” à la messe tout les dimanches ” comme un facteur de distanciation avec les problèmes de ce monde, puisqu’en plus de discuter du paradis d’après, on y reçoit l’absolution pour les horreurs de la semaine passée…

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  2. “Si les Etats parviennent de plus en plus à diminuer voire anéantir mon taux de profit dans mes activités écocidaires, j’aurais intérêt à diversifier mon portefeuille”
    On aurait aussi pu dire, j’aurais intérêt à tuer les états !
    Sinon c’est très bien écrit : )
    Merci

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  3. Bonsoir, j’aime bien la distanciation avec les problèmes de ce monde,il va falloir travailler, relever ses manches. Et j’adore la phrase : les assurances im pay ables !!! car si les dégâts continuent, l’addition sera SAL EE!!! Isabelle

    1. ” ironie mordante”?
      L’ ironie est ” une figure de style où l’on dit le contraire de ce que l’on veut faire entendre, tout en faisant comprendre que l’on pense l’inverse e ce que l’on dit, et par extension une moquerie “. Donc on peut dire tout autant (voire plus) ironique aussi tout discours de tendance réputée
      “démocratique et sociale” donnant à faire croire que les capacités supérieures de l’esprit humain à dominer et exploiter le milieu naturel construiraient les conditions d’un bonheur partageable par tous?

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  4. Non non cloclo, c’est du sérieux! C’est un nouveau “business plan” = “save the world” 🙂

    Et ca commence avec le business plan du” vaccin ARN focalisé, avec rappels réguliers” = save the people !

    La notion de business plan telle qu’on l’enseigne aux “start uppers” (j’y ai eu droit) est une petite révolution par rapport à l’approche ancestrale de l’entreprise. Il s’agit d’imaginer des combinaisons de produits et services nouveaux, destinés à des cibles/groupes dont on peut identifier des spécificité et notamment des canaux d’information existants. Ensuite le truc c’est de trouver et d’imaginer de nouveaux moyens de récolter de la valeur comme ils disent. A un moment ou un autre.. parce que dans cet écosystème, on part du principe qu’on peut faire du déficit un bon moment, comme un moyen de relever les barrières d’accès au marchés. Et en se tordant les méninges y a des trucs dingues qui sortent et qui finissent par rapporter, comme Facebook!

    Une des clés du business plan est la notion de mission : l’image qui fait rêver et permet d’embarquer les avanceurs de fonds dans une folle aventure. De ce point de vue, “save the world” est une bonne mission!

    Alors si on peut imaginer une valorisation a un moment ou un autre.. c’est tout bon !

    Ainsi il me semble que la réduction de l’extraction de charbon en Allemagne s’appuie sur une indemnisation des exploitants des mines de charbon. Il y a donc probablement même un intérêt directe à racheter de telles entreprises, si on dispose aussi de solides appuis gouvernementaux.

    J’aurais donc plaisir a rêver dans mon sommeil d’un grand retour du capital “paternaliste-humaniste”, pour la planète.. à défaut de être pour l’homme. Et en effet si le dicton dit bien que l’homme serait un loup pour l’homme, pourrait il se révéler être un ange pour la planète?!

    Ainsi, j’ai bien souris à la lecture de ce billet.. une effluve de bonheur, comme une madeleine de Proust 🙂

    Sauf que, si l’homme du dessus du panier se décide à être un ange pour la planète, ca va pas rigoler pour les autres zommes du dessous du panier..

    Notre drame fondamental se résume à ce choix : être humaniste (liberté etc) ou être terrien (préservation des ressources), il faut malheureusement choisir son camp!? N’est il pas?

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    1. “Abondance et Liberté” de Pierre Charbonnier et “la cité écologique” de Serge Audier autour de l’éco-républicanisme sont des (modestes) outils pour une synthèse entre humaniste* et terrien, mutatis mutandis.

      Le sujet est sur la table depuis Locke ou Hobbes à peu près pour les anglais, sans doute depuys Montaigne pour les françois.
      La table est basse et les bénéfices des énergies fossiles sont hauts.

      * (L’humanisme élargi au vivant s’appelle-t-il le “vivialisme” ? )

  5. Il y a un bout de temps que les assureurs, dont le travail est bien d’évaluer les risques qu’ils couvrent, commencent à s’énerver sur le sujet. L’assurance est aussi un très grand acteur financier qui n’a jamais trouvé d’autres moyen de gérer ses provisions autrement qu’en bourse. Même le fonds souverain norvégien, qui se veut si vertueux est l’est parfois, comme quand il a empêché pour un mois ou deux une extension de l’exploitation marocaine des phosphates sur un territoire qui ne lui appartient pas en droit international, l’ex-Sahara espagnol. Un ou deux mois, le temps qu’un autre fonds y supplée.
    Le sujet ici n’est qu’un des avatars du capitalisme vert qui creuse un gisement de profit.

    Le point est de déterminer si ces évolutions vont représenter quoi que ce soit de déterminant dans la résistance aux causes anthropiques du changement climatique, s’il y aura grâce aux compagnies d’assurance un réel changement de pertinence temporelle et d’échelle par rapport aux “compensations carbone” (nous plantons des arbres), au marché du carbone et aux autres marchandisations de la problématique. Conserver le mode de consommation d’automobiles en passant aux véhicules électriques lui aussi non plus réduira pas l’empreinte carbone globale.

    So what?
    Quand le krach est là, il y a des paris boursiers sur sa survenue, ai-je lu chez Paul Jorion. Faire du profit sur le démantèlement des centrales au charbon sera inévitablement le cas de quelques entreprises. Les assureurs vont imposer la contrainte climatique dans une part du marché, c’est sûr, car c’est leur boulot de maintenir la profitabilité et la survie de leurs compagnies dont les contrats sont menacés par cet aléa. L’assurance est le seul secteur capitaliste qui fait des calculs d’actuaires sur des risques monétisables du futur.
    Il est possible que certains grands acteurs privés mondiaux prennent des mesures responsables, lesquelles restent à prouver vu le droit au rendement des actionnaires et vu les pratiques d’externalisation, mais le capitalisme n’est pas une assemblée où la minorité accepte le vote d’une majorité (la fin des privilèges en 1789), à supposer que cette dernière se construise, le capitalisme reste une jungle où la vertu ne paie pas. Les loups qui vident les tiroirs avant fermeture sont nombreux et seul un renversement de la législation actuelle, qui est à leur service, peut leur enlever la possibilité de nuire. Les marchés sont incompétents et il faudrait un plan Airbus mondial du climat pour y suppléer.

    La question « Assiste-t-on à un phénomène indiquant que le capitalisme va œuvrer en faveur de la survie de l’espèce ? » est trop rapide et trop uniformisante, elle est une manifestation de la croyance en la supériorité des décisions privées sur toute gestion publique ou collective. La vraie question est de savoir s’il y aura des décisions publiques s’imposant à l’anarchie des marchés. À défaut, la pente spontanée actuelle est de conduire à un fascisme vert, qui intégrera la contrainte environnementale dans un cadre autoritaire de maintien des privilèges des super- riches, tandis que les moins nantis rouleront en vélo, avec pour les CSP+ un droit à polluer, mais rationné.
    Cependant rien n’est écrit, et l’avenir reste inconnu.

    Nous dirons donc par amitié que Terence fait dans la raillerie.

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  6. “Autrement dit, si le capitalisme semble s’intéresser de plus en plus au sauvetage de la planète et de l’humanité, c’est parce que ça commence à lui coûter moins et à lui rapporter plus. Ne pas y voir de philanthropie ou de l’idéologie là-derrière, c’est juste du bon sens.”

    Tout est dit : rien à ajouter !

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  7. Texte bien écrit. Il enfonce des portes ouvertes (pas pour tout le monde) en ce qu’il constate qu’il n’y a pas de “vilains capitalistes avides de massacrer le monde innocent”.
    MAIS.
    On ne lit ici qu’une resucée de la croissance “verte”. On remplace les bagnoles thermiques par des bagnoles électriques, le charbon par des éoliennes etc..
    La croissance “verte” infinie dans un monde fini est une impossible imposture (lire JM Jancovici , A Barrau etc..).
    Pour Nième rappel:
    Notre problème est simple (ce qui ne veut pas dire facile):
    1) l’effondrement physique de la biosphère est dû à notre consommation de ses ressources, transformées en pollutions, que nous appelons aussi “richesse”, mesurée par le “PIB”.
    2) L’équation de Kaya simplifiée : PIB = N*PIB/N = nombre de consommateurs N * niveau de vie moyen par consommateur PIB/N.
    3) Donc, si nous voulons diminuer l’effondrement physique de la biosphère il n’y a que deux solutions:
    3.1) Diminuer le nombre de consommateurs;
    3.2) Diminuer le niveau de vie moyen;
    Et/ou toute combinaison des deux.
    SIMPLE mais pas facile et TRES peu populaire.

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    1. Tiens! Un disciple de Barrau et de Jancovici.
      Mort au(x) capitalisme(s) -n’y-en-a-t-il qu’un?-: Pourquoi pas. Mais, capitaliste ou collectiviste, un bulldozer marchant au solaire peut toujours anéantir l’Amazonie.
      Décarboner. Bien sûr. Sauvés par l’énergie “propre”? Voire! Et si… neuf milliards d’humains disposaient d’une énergie gratuite, illimitée, non polluante? Décideraient-ils pour autant de préserver “leurs” ressources -celles que leur a “donné” la Terre- et le Vivant? De ne pas se jeter sur le dernier gadget vendu par la formidable appli-pub sur leur smartphone de la 1873e génération, dont ils “ne pourront jamais se passer” et leur fera vivre “une expérience inédite immersive et inclusive de réalité augmentée”?
      Produire… quoi, pour qui, comment, pour combien de temps?
      https://www.youtube.com/watch?v=KczoyGEWbMo
      https://www.youtube.com/watch?v=AFS15BYLgdU
      Ou encore:
      https://gael-giraud.fr/mal-nommer-les-choses-cest-ajouter-au-malheur-du-monde-preface-a-lillusion-de-la-finance-verte/

  8. Vos capitalistes forment une caste qui est en guerre permanente tout en exploitant leurs propriétés qui elles, sont en dernier lieu garanties par une police et une armée avec ses bombettes nucléaires qui font crac-boum-hue ! (US pour les Français). Le capitalisme sans armée n’existe simplement pas, et j’en compte trois qui font régner chacun à leur manière un variant du capitalisme incompatible entre eux. Les solutions à mettre en œuvre pour éviter le pire seront globales, le capitalisme en fera partie mais subordonné à une vision et une gouvernance géopolitique, ou bien ça va saigner..
    Le capitalisme c’est la négation du bien commun puisque c’est construit sur la propriété privée.
    C’est vrai que «sauver l’espèce» n’a pas encore de définition très claire.

  9. Dans une note datée de 2013 et toujours d’actualité, Interpol prévenait les investisseurs des aspects frauduleux inhérents au marché du carbone, cette fiction juridique décidée par le GIEC (qui est un organisme supra national, non démocratique et non scientifique) qui consiste à vendre la mesure de la qualité de l’air que nous respirons, monnayée par volume de CO2eq (ou CO2e) pour qualifier les externalités dites négatives des firmes capitalistes :
    https://www.interpol.int/content/download/5172/file/Guide%20to%20Carbon%20Trading%20Crime.pdf
    Traduction automatique du point IV
    VULNÉRABILITÉ DU COMMERCE DE CARBONE À L’ACTIVITÉ CRIMINELLE
    Contrairement aux marchandises traditionnelles, qui, à un moment donné au cours de leur échange sur le marché, doivent être physiquement délivrées à quelqu’un, les crédits de carbone ne représentent pas une marchandise physique mais ont plutôt été décrits comme une fiction juridique mal comprise par de nombreux vendeurs, acheteurs et commerçants. Ce manque de compréhension rend le commerce du carbone particulièrement vulnérable à la fraude et à d’autres activités. Les marchés du carbone, comme les autres marchés financiers, sont également à risque d’exploitation par des criminels en raison du grand montant d’argent investi, de l’immaturité des réglementations et du manque de surveillance et de transparence.
    Les marchés du carbone impliquent plus qu’un simple commerce direct de crédits carbone, ils comprennent également le négoce de ses dérivés et d’autres instruments financiers. Les marchés du carbone sont amenés à se développer avec la complexité des instruments qui peuvent être échangés. La récente mondialisation de la crise financière a illustré les difficultés à réguler les marchés financiers lorsque les instruments financiers deviennent trop complexes à ventiler correctement et à évaluer la conformité. Bon nombre des mêmes négociants en produits dérivés responsables du développement de ces instruments financiers complexes sont également activement engagés dans l’investissement dans le marché du carbone. La crise financière a démontré le manque de capacité technique et de mise en application parmi les régulateurs financiers pour faire face aux instruments financiers complexes. Le marché du carbone risque donc de suivre le même chemin à moins que les régulateurs soient en mesure de gérer correctement ces instruments financiers.
    Ce guide cherche à identifier les domaines au sein des marchés émergents du carbone qui sont potentiellement, ou se sont avérés être vulnérables aux activités criminelles. En termes généraux, les activités illégales identifiées comprennent :
    (i) Manipulation frauduleuse des mesures pour réclamer plus de crédits carbone d’un projet qu’il n’en était effectivement obtenu ;
    (ii) Vente de crédits carbone qui n’existent pas ou qui appartiennent à quelqu’un d’autre ;
    (iii) Allégations fausses ou trompeuses concernant les avantages environnementaux ou financiers du marché du carbone
    (iv) Exploitation de la faiblesse des réglementations sur le marché du carbone pour commettre des crimes financiers, tels que le blanchiment, la fraude boursière ou la fraude fiscale ; et
    (v) Piratage informatique/hameçonnage pour voler des crédits de carbone et vol d’informations personnelles […]

    Historiquement, le mandat politique de l’IPCC / GIEC a favorisé l’émergence du marché du carbone entravé des le départ par la fraude, et maintenu par la fraude, car dépendant de “mesures” et de “certificats” de sociétés sans transparence. Al Gore l’un de ses promoteurs, multi millionnaire, prix Nobel de la paix pour son film aux neuf erreurs scientifiques, est une des illustrations de toutes les contradictions du capitalisme, ou la propagande, l’affairisme, la fraude scientifique pour in fine vendre de l’air est devenue “business as usual” et moralement éthique quand on se targue de faire de l’écologie politique.
    L’unité CO2eq est l’unité de volume mesurée par une myriades de sociétés opportunistes qui produisent des CEE (certificats d’économie d’énergie), sans transparence effective, pour produire in fine des outils pour parier sur les prix ! On aimerait être rassuré par le nom d’une société comme Prudential, les paris carbonés paraîtront prudents 🙂 dès le départ l’IPCC / GIEC a fourni les alibis moraux à l’élaboration d’un marché financier complexe basé sur du vent et une science modélisée défectueuse. On apprends rien du capitalisme à part la discorde, les disputes, et les guerres.

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  10. Article intéressant qui montre une tendance inéluctable à la décarbonations. De gré ou de force. Assurer c’est minimiser les risques de sinistres d’activités et chercher à assurer d’autres activités moins risquées. Les assureurs préfèrent de gré plutôt que de faire faillite. Mais l’accélération de ce phénomène ne peut que passer par les États qui sont les assureurs en dernier ressort. C’est ce que prône G Giraud avec sa proposition de structures de défaisante des activités fossiles adossées à la BCE dont le bilan est sans fond. Ça irait beaucoup plus vite et avec moins d’accidents qu’en « laissant le marcher faire » qui n’attend qu’un chose : faire des profits, y compris sur les perdants de ce jeu de bonneteau à la défaisance dont ont observe les prémices. En encourageant la défaisance des industries fossiles du bilan des banques qui sont coincées avec ces actifs pourris depuis des décennies, on peut alors favoriser les investissements « verts » et vertueux, tout en gérant de façon concertée la décroissance inévitable et indispensable des fossiles et polluants. Si on laisse faire le marché, il y aura d’énormes perdants et des soubresauts à crises financières à rebonds. Exemple : Total pressenti comme futur perdant n’arrivant pas à se verdir assez vite = chute de la valeur >> faillite de plusieurs banques et crise financière majeure. Alors que c’est parfaitement évitable en organisant la décarbonation de cette société ou de ses actifs pourris avec une structure de défaisance. Tout ça c’est du capitalisme, c’est vrai, mais c’est bien pratique.

  11. Il n’en reste pas moins que notre monde est un monde fini tant en raison de de ses ressources que de ses capacités à se régénérer, que la population augmente, que la superficie des terres nourricière s diminue et que la quête d’une croissance non soutenable est une terrible absurdité ( d’autres mots me viennent à l’esprit.) Qui continue de vouloir vivre dans un tel monde stupide ? Il serait peut-être temps de cesser d’obéir. Et de nous libérer de tous les totalitarismes.

  12. Le capitalisme est utile et bénéfique, en principe.
    Le libéralisme est nécessaire et, en quelque sorte, libérateur des énergies créatrices.
    Mais j’ai bien peur que la combinaison des deux n’ait constitué un mélange compromettant, polluant et destructeur.
    Capitalisme et libéralisme auraient tous les deux besoin de gouvernements forts, capables de brider les excès de l’un, les exubérances de l’autre et les conséquences néfastes de leur concomitance. Malheureusement, l’argent de l’un et les illusions de l’autre savent très savamment tenir en laisse la plupart de nos gouvernants. Et sans gouvernants, gouverner une société semble tout de même difficile, l’anarchie n’ayant toujours pas fait ses preuves.
    Personnellement, je ne doute pas que le capitalisme finisse par réagir à la constriction prévisible de ses gains. Par contre, je doute qu’il soit capable d’intervenir dans les temps limités dont nous disposons. Le capitalisme, dans son modèle actuel, réagit plus qu’il n’anticipe ou planifie. Il n’est cependant pas impossible que nos gouvernements soient encore plus incapables d’anticiper et planifier et, donc, le capitalisme pourrait effectivement devenir le sauveur de dernière minute. Je pense même que beaucoup de nos gouvernants tablent là-dessus, les inconscients ! les incapables !

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