LE TEMPS QU’IL FAIT LE 14 AOÛT 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 14 août 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 14 août 2015. Et je fais souvent des vidéos dans des chambres d’hôtel, dans des conditions un peu difficiles, mais toujours avec un Wifi. Alors là, ici, on a une première : ce n’est même pas sur l’iPad, c’est sur mon téléphone et il n’y a pas de Wifi ! Alors, j’espère que vous allez voir ça un jour quand même. Je fais une tentative.

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« Qui est Charlie ? » d’Emmanuel Todd, par Lazarillo de Tormes

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Je commencerai par une image un peu brute de décoffrage, celle que je visualise du travail de Todd et que j’utiliserais si je devais raconter le livre en quelques mots à ma nièce de 16 ans, elle qui n’en a entendu que la cacophonie que vous savez. Dans un laboratoire, un scientifique en blouse blanche observe un groupe de rats enfermés dans une cage. Au début de l’expérience, les rats reçoivent des rations adaptées à leurs besoins, ils sont dotés de personnalités inviduelles et s’articulent en groupe par des règles de vie en société. Progressivement les rations sont réduites, le scientifique observe les conséquences de la pénurie grandissante, et la réorganisation sociale qu’elle génère : la soumission des faibles, l’adoubement par les forts, les alliances de circonstance, les exclusions, l’agressivité de l’action suivie par celle de la réaction… L’expérience s’arrête, le scientifique constate, explique le déroulement et extrapole l’évolution de la situation en fonction de deux scénarios extrêmes.

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Fermez le ban, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Il y a un peu plus de 5 mois, on pouvait déceler, bien que de manière hypothétique, qu’une dynamique européenne pouvait se faire jour au travers d’un certain nombre de points d’accroches, de conflits potentiels ou de processus possibles.

5 mois plus tard, et sans que cela ne réduise non plus l’avenir en sens inverse, force est de constater que la dite dynamique européenne est rangée sur l’étagère des potentialités, celle déjà surchargée de toutes celles qui « auraient pu mais n’ont pas pu » depuis l’instauration d’un véritable régime de crise, laquelle suit désormais un régime de croisière : stable.

Stabilité est en effet le maître mot.

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Vibrations amplifiées à l’approche d’un point critique, par Timiota

Billet invité.

L’analyse de Todd au lance flamme socio-anthropologique continue de faire controverse dans les médias « mainstream » … et même chez les lecteurs de Paul Jorion et autres Amis du Blog de Paul Jorion. Le sociologue en Todd est-il amok ?

À défaut d’un raisonnement simple pour en sortir par le haut, cette agitation induite donne à réfléchir, car des vibrations similaires semblent se rapprocher.

Dans un jeu de vibration comparable, il y a eu feu Bernard Maris écrivant sur Houellebecq « comme symptôme » (de quoi son livre précédent « La Carte et le Territoire » est-il le nom ? ). On peut prolonger dans ces controverses dont les acteurs semblent se préoccuper de données hors de leur sphère jusqu’au Royaume Uni sens dessus-dessous politiquement via une jeune glasgwegienne, ou jusqu’à Paris Match interviewant Varoufakis, et d’autres. Bref tout cela, ce sont des « vibrations amplifiées à l’approche d’un point critique », ainsi que les appellent les physiciens comme François Roddier.

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Emmanuel Todd est le Freddy de notre mauvaise conscience, par Zébu

Billet invité.

Emmanuel Todd, qui vient de publier un livre consacré aux manifestants du 11 janvier : Qui est Charlie ? (Le Seuil) et que l’on entend et voit beaucoup dans la presse à l’occasion de la sortie de cet ouvrage, est convaincu par sa thèse sur les deux France, dont l’une, issue de son ‘catholicisme zombi’, aurait manifesté (et bien plus massivement) inconsciemment contre les valeurs républicaines à travers la défense d’un laïcisme excluant de fait les ‘opprimés’ que sont les Musulmans en France.

C’est évidemment un raccourci très réducteur, mais Todd tient là son fil rouge, qui le mène in fine à l’antisémitisme, par rejet du religieux à travers toutes ses formes : dans le vide du catholicisme zombi, la figure du musulman viendrait s’inscrire en négatif pour tenter de combler ce qui peut l’être. Et d’évoquer pour la première fois son identité juive comme étant menacée par ce ‘néo-républicanisme’ portant en lui l’orage comme les nuées.

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Paul Jorion pense tout haut le 24 septembre 2014 à 8h39 (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 19 septembre 2014. Merci à Olivier Brouwer.

Bonjour, on est le 24 septembre 2014 et il est 8h 39.

Et si j’annonce l’heure, c’est parce qu’on est dans la série où je pense tout haut : ces réflexions que je me fais sans me dire a priori que je vais aboutir à une conclusion, ou que je sais d’avance qu’il n’y aura pas de conclusion, mais où je voudrais quand même vous parler de quelque chose.

Et ce qui m’a conduit à cela, c’est d’avoir reçu hier le manuscrit, enfin les épreuves, d’un livre qui va paraître dans les quinze jours à venir, et c’est pour ça que je ne dis pas exactement son titre ni l’auteur, puisqu’on va attendre qu’il sorte pour en parler officiellement, mais on m’a envoyé ce livre pour me demander de participer à un événement que j’annoncerai aussi quand les choses seront plus claires, quand les invités qui ont été approchés, abordés, auront dit oui ou non s’ils viennent.

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ET MAINTENANT, QU’ALLONS-NOUS FAIRE ?, par Zébu

Billet invité. Ce billet fera l’objet d’un « chat »sur la page Les débats du blog de Paul Jorion en fin de semaine prochaine. La date sera précisée ultérieurement.

Le présent billet n’a pas pour objet de retracer les constats, les analyses qui ont été déjà réalisés ici, sur Le blog de Paul Jorion, sur la ‘grande perdition’ : je n’y reviens donc pas (‘ceci est bien une pipe’). Son objet est très clairement de pouvoir proposer des constats et des analyses pouvant déboucher sur des actions et d’en définir les objectifs. Il s’agit, évidemment, d’une liste non exhaustive, qu’il convient de modifier et compléter.

Tout d’abord, un constat : bien que parcellaire, on ne peut que constater une poussée politique croissante du Front National. À moins de faire un déni de réalité comme certains le font au pouvoir (ou même dans l’opposition), d’élections en élections (partielles), le FN est en train de gagner son pari : imposer ses thématiques dans les débats politiques, forcer ses concurrents à les suivre (ou à se positionner contre, c’est ‘pareil’), recentrer son parti politiquement (en passant d’un parti extrême à un parti populiste), sans rien renier de son vieux fonds d’extrême droite.

Cette poussée du FN ne semble pas devoir s’arrêter, étant donnée la déréliction du champ politique, de tous bords. Déréliction de ce champ politique, dans tous les partis, y compris d’opposition (UMP, mais aussi chez le FdG), mais surtout du pouvoir en place (PS, Verts) : celui-ci navigue à vue, n’a aucune vision ni structuration politique en dehors de continuer à appliquer sa politique de ‘containment’ de la dette publique.

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NE PAS PERDRE LE CAP, par Francis Arness

Billet invité.

A la lecture d’un billet récent discutant mes « Réflexions pour un mouvement néodémocratique », j’aimerais ici porter à l’attention des lecteurs le fait que différents points importants de mon propos ont été profondément modifiés par la lecture qu’en propose ce texte. Aussi, lorsque j’ai lu ce billet, ai-je eu l’impression qu’il ne parle pas de ce que j’ai écrit.

Que ce que l’on trouve dans mon essai politique soit juste ou pas, peu importe. Sans doute  cherche-t-il plus à poser des questions et à proposer des pistes pour une réflexion commune et dialogique inscrite dans un devenir collectif, qu’à donner des réponses toutes faites. Mais je tiens ici à rétablir quelques vérités concernant différents éléments de mon propos.

Le texte suggère que je néglige le fait qu’un nouvel autoritarisme nous menace : « comme si de nouveaux autoritarismes ne voyaient pas le jour ». J’écris pourtant qu’une tentative  néoautoritaire adviendra à court ou moyen terme. Elle s’appuiera sur l’ensemble des tendances sociales contemporaines relevant d’un autoritarisme larvé. J’étudie même en profondeur quel sera vraisemblablement le visage de ce néoautoritarisme.

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EMMANUEL TODD ET LE BANCOR, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Emmanuel Todd n’est pas naïf. Il constate comme beaucoup de monde qu’il y a des trous noirs dans notre système collectif de pensée. Les « élites incompétentes » est un constat avant d’être un jugement. Et le jugement de Todd est dans l’incomplétude scientifique : il porte sur l’objet à connaître hors de la considération des sujets de connaissance.

La binarité de la situation dans laquelle nous nous trouverions entre totalitarisme libéral et totalitarisme populiste est une manipulation mentale du totalitarisme élitaire. Le totalitarisme élitaire est l’impossibilité théorique d’intellectualiser l’altérité : le refus de considérer une réalité hors de cadres de pensée posés en doxa universelle. Nous sommes bien dans le trou noir de l’incompétence des élites persuadées de leur réalité exclusive. Même si le Titanic s’est déchiré sur l’iceberg, il est par construction insubmersible !

Si Todd est naïf, alors c’est que la démocratie est un mythe. Et là le trou est vraiment très très profond… L’alternative entre libéralisme et populisme est une construction génocidaire. C’est la construction mentale qui nous a fait passer de la première guerre mondiale à la deuxième, puis de la deuxième à la guerre froide et maintenant à l’éradication de la civilisation par destruction de toute possibilité pratique de démocratie. La démocratie et la possibilité de démocratie sont la négociabilité des cadres de pensée dans des sociétés construites sur un vivre ensemble supérieur aux intérêts particuliers.

Ce que montre très bien Todd, c’est que les états de la démocratie sont construits sur des communautés de pensée géographiquement cohérentes par des territoires catalyseurs d’histoires particulières des vivres ensemble. Ce que les élites incompétentes ne voient plus du tout, c’est que leurs idéologies abstraites ne fabriquent pas de vivre ensemble : le réel absorbe la réalité qui ne peut plus être ni pensée ni discutée par des citoyens vivants.

La monnaie de Keynes est l’élément qui manque à Todd pour concrétiser ses analyses. La chambre de compensation en bancor est un espace abstrait de confrontation des analyses vivantes plurielles de la réalité. La monnaie keynésienne territorialise les idées par la localité des citoyens en négociation de prix de leur réel. Les citoyens peuvent se former en peuples. La négociation des libertés devient scalable de l’individu à l’humanité entière. Les États sont les structures du vivre ensemble à toutes les échelles. Les échelles d’état sont toutes négociables par des parités de change. La monnaie mesure le vivre ensemble au lieu de la théocratie du néant non compensable.

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LES VÉRITABLES ALLIANCES

Dans l’entretien qu’il a accordé à l’hebdomadaire Marianne en date du 4 mai, Emmanuel Todd déclare :

Je lui [François Hollande] ai suggéré qu’il fallait réunir une commission de réflexion sur la viabilité de l’euro mêlant des économistes orthodoxes et des économistes critiques, comme Jacques Sapir, Jean-Luc Gréau, Gaël Giraud, Paul Jorion ou Frédéric Lordon. La seule existence de cette commission aurait intimidé les Allemands et fait baisser l’euro.

C’est parfaitement exact. Le fait que le conseil n’ait pas été suivi signifie qu’il n’est pas véritablement question en haut-lieu d’intimider les Allemands. Pas plus qu’il n’était véritablement question de faire du monde de la finance l’ennemi à abattre (voir à ce sujet la prétendue réforme bancaire qui a préféré adouber au rang de « banques universelles », bienfaitrices universelles, les « banques systémiques » qu’il s’agissait de démanteler pour les mettre hors d’état de nuire et que le contribuable cesse d’être leur garant par défaut).

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TODD OU STIEGLER, OU LES DEUX ?, par zébu

Billet invité.

« L’inquiétant vide idéologique », c’est le titre du dernier billet de Françoise Fressoz sur son blog. Il tombe assez bien, car après avoir vu le ‘face à face’ Todd-Stiegler sur l’avenir du FN, il restait comme des interrogations sur les termes employés, à savoir ‘face à face’ et ‘FN’.

D’abord parce que les deux participants ont bien pris soin de ne pas apparaître comme sur un ring, malgré les provocations un brin ironiques d’Emmanuel Todd à ce sujet mais bien au contraire, de souligner l’origine différente de leurs analyses.

Bernard Stiegler en particulier a souligné à de nombreuses reprises la complémentarité de celles-ci, justement parce qu’elles avaient des origines et des méthodes différentes. Sur ce point, force est de constater que Stiegler à raison : Todd, en anthropologue et démographe qu’il est, a dressé un tableau des réalités sociales, culturelles et politiques françaises, quand Stiegler ne se préoccupait ‘que’ de tenter de définir la toile, mouvante, des idées sur laquelle ces réalités se peignent, à moins que ce ne soit l’inverse.

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L’AVENIR DU FRONT NATIONAL : EMMANUEL TODD ET BERNARD STIEGLER

Ce sont, comme vous le savez, d’excellents amis tous les deux, et leur débat hier chez Mediapart mérite certainement le détour. J’ai moi-même touché un mot du FN dans la vidéo d’hier, sans savoir que ce débat aurait lieu. D’accord personnellement à 60% avec Stiegler, et à 80% avec Todd (c’est à peu de choses près le cas en général et vaut pour ce débat en particulier).

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CHAIRE « STEWARDSHIP OF FINANCE », RAPPEL : MICHEL PRADA, le 19 décembre, à la VUB

Le mercredi 19 décembre – Michel Prada : Crise financière et régulation : progrès et problèmes. La conférence aura lieu en français.

Michel Prada est Président du Conseil de l’International Financial Reporting Standards Foundation et Président du Conseil de Normalisation des Comptes Publics (France), ainsi qu’ancien Président de l’Autorité des Marchés Financiers (France).

L’entrée est libre mais les auditeurs sont priés de s’inscrire.

19h30 Introduction
19h40 Conférence
20h30 Dialogue avec la salle
21h00 Remarques finales

Salle : VUB, Auditoire Promotie, Bâtiment D, 2e étage, Campus Etterbeek, Avenue de la Plaine 2, 1050 Bruxelles.

Pour toute information sur la Chaire Académique, voir ici.
 

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CHAIRE STEWARDSHIP OF FINANCE – Conférence d’Emmanuel Todd, le 5 décembre 2012

Vous avez été nombreux à regretter de ne pas pouvoir écouter la conférence donnée par Emmanuel Todd dans le cadre de la chaire Stewardship of finance. Merci donc à « Un belge » pour cette contribution.

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COMMENT EXPLIQUER LE COMPORTEMENT SUICIDAIRE DU MONDE DE LA FINANCE ?, par Nadj Popi

Billet invité.

Paul, je souscris pleinement à l’analyse claire, concise et circonstanciée que vous nous livriez dans votre article du Monde daté du mardi 8 octobre dernier intitulé Le comportement suicidaire de la finance, dans lequel vous exposiez à propos des civilisations, la thèse fondamentale de « l’incapacité de leurs élites et de leurs gouvernements à se représenter clairement le processus d’effondrement en cours ».

De facto, le processus que vous dépeignez a été théorisé en sciences sociales (sociologie et économie), tout comme en sciences physiques, par le concept d’hystérèse, dont on peut dire en substance qu’il décrit la persistance d’un comportement, d’une attitude, qui caractérisait un environnement, un monde, un horizon, un univers particulier, comme cadre de représentation alors que précisément nous avons changé, à la suite d’un choc exogène ou d’une crise (rupture du cadre de représentation), de monde, d’univers, d’horizon et de cadre de représentation.

Autrement dit l’hystérèse théorise prosaïquement l’idée de la persistance d’un effet dont la cause a en réalité disparu.

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