Une OPA du FN sur La France insoumise ? par Timiota

À propos de Union de la gauche ou populisme ? La France insoumise hésite et se déchire, par Hadrien Mathoux, dans Marianne, le 16 avril 2018. Ouvert aux commentaires.

Tentons, si faire se peut, une « méta-analyse ».

Les valeurs de gauche se sont construites dans un monde de canalisation des technologies et de l’énergie (cela, dès le XVIIIème siècle), monde qui devenait assez « plein » pour que la protection du seigneur ne passe plus pour un truc très utile pour votre survie en local. 1789 catalyse l’effort des Lumières  (si vous vouliez partie en campagne de Russie dans un grognard grognement, c’était OK  vingt et quelques années plus tard). Les ressources accrues sont aussi synonymes de famines, ce n’est pas contradictoire, puisque l’organisation ne colle plus pour distribuer à grande échelle.

L’émancipation aujourd’hui n’est plus vécue comme la nécessité, ou a minima comme la façon pour le peuple des usines de peser sur son destin. A ce niveau, certains points de Michéa sonnent juste. La gauche politicienne n’a eu de cesse de s’éloigner de la solidarité véritable (d’où la 2ème gauche blairiste, opposée aux mineurs britanniques en grève). Faire valoir un cadre international est à double tranchant, puisqu’on n’a pas résolu le début de la moitié de la question du développement des pays d’origine des vagues de migrations, pays où souvent le développement est en panne quand il n’est pas en marche arrière.

Faute de prise sur le volet économique et matériel, le ressenti pour ce qui tient lieu d’émancipation se réduit à une bataille culturelle dans le monde de l’information. L’accès à l’information et à son intelligibilité est devenu une question épineuse. Si on prend les news mainstream, on voit bien que « quelque chose cloche » puisque d’une part le constat des difficultés est souvent très circonscrit et que d’autre part l’évocation de ces difficultés quand elle perce quand même un peu ne résulte nullement, après les élections, dans le début de leur solution. C’est le contraire, si l’on observe les actes posés par notre M. « en même temps » (et maintenant par ses paroles vindicatives aussi).

Du coup, la bataille de l’information est ce qui reste. Comment se croire victorieux sur le front du mainstream ? chez Berruyer & Co, on va souper de l’analyse « non mainstream », donc, vas-y coco, c’est du bon (Todd en a rajouté une couche, faut dire qu’on l’interviewait le matin qui suivait les frappes en Syrie, avec l’unanimisme médiatique partout en Europe sur le sujet qui l’a agacé). Je ne sais pas si mon moignon d’analyse rejoint Mouffe et Laclau, mais il est clair que ce front de bataille de l’information est le front du jour. La tentative « Le Média » ne restera sans doute pas comme une bombe atomique informationnelle, mais il en sort un peu de chevrotine, semble-t-il, un peu moins déflagrante.

Dans ce contexte peut-être n’est-il pas crucial de s’arcbouter contre le fait que « Ah, la FI de gauche fait jonction avec notre « Ligue », le FN ou le WauquFN ». Mais davantage de se demander ce qui jouera le rôle de l’industrie dans la genèse du marxisme et autres idéologies de gauche autour d’un monde s’appropriant à l’époque l’énergie. La transposition aujourd’hui est un monde s’appropriant l’information. Il attend son marxisme. La valeur travail s’y déplace en valeur information, ce qu’on peut faire de l’information quand on est mal protégé est d’abord de se reconstruire une membrane.

On retrouverait dans cette logique un monde de corporations (les anciens maîtres de jurande) pour que chacun ait sa « membrane » à son échelle, jouant le rôle des syndicats d’il y a 50 ans. Mais les revendications ne peuvent être pour l’instant que du niveau « cour de récré », « M’dame il a plus de privilège que moi ! ».

Macron a compris qu’on pouvait jouer ce jeu-là lui aussi.

Dans le monde de gauche encore innovant (Génération.s), la bataille de l’information n’est pas bien gréée. Ne pas s’attendre à des miracles de ce côté-là. En revanche si cela pouvait se coupler au « soin » (care ou autre concept amélioré), il y aurait un peu de marge. Ainsi, la génération « Windrush » en Angleterre est un signe avant-coureur, me semble-t-il. Peut-on rendre robuste des communautés mal « raccordées » au système, par une meilleure information ? Comprend-on les mécanismes à l’oeuvre ? C’est ce rôle de « détection d’inégalité » (dans un sens assez général) qui me semble le point d’appui principal dont la gauche pourrait tirer profit pour faire feu de tout bois.

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106 réflexions sur « Une OPA du FN sur La France insoumise ? par Timiota »

  1. « Todd en a rajouté une couche, faut dire qu’on l’interviewait le matin qui suivait les frappes en Syrie, avec l’unanimisme médiatique partout en Europe sur le sujet qui l’a agacé. »

    Et pourquoi que les médias interrogent Todd juste après l’unanimisme médiatique, hein ? Bah, pour le buzz ! Les médias ont horreur de l’unanimisme, c’est pas vendeur.

    Et malheureusement, les médias (globalement) ne sont plus là pour faire de l’analyse mais uniquement pour le spectacle (footbalistique) des petites phrases (ailes de pigeons et jongleries), pour les excès des uns et des autres (un tacle, un coup de boule) qui font juste monter un peu l’adrénaline avant la page de Pub.

    « Macron a compris qu’on pouvait jouer ce jeu là lui aussi. »

    Les communiquants sont là pour scénariser le ring politico-médiatique dans un catch qui fait les bons et les méchants pour les uns et inversement pour les autres. Les jeux du cirque médiatique en somme.

    C’est devenu tellement prévisible, que j’en deviendrai devin ! J’écrivais y pas longtemps qu’après Macron on verrait Hollande repointer son nez (un peu comme le pas de deux de Poutine et Medvedev à la sauce démocratico-occidentale). Et bingo, hier matin, je crois, ne revoilà t’y pas le François et le journaliste de nous ressortir la théorie de l’alternance présidentielle avec : un gentil / un agressif (Chirac/Sarkozy et puis, on alterne avec un mou Sarkozy/Hollande et rebelote avec l’énergie de la jeunesse Hollande/Macron). Et dit donc François, tu s’rais t’y pas candidat pour le prochain gentil ! Consternation.

    C’est du « Plus belle la vie » avec enrobage politique.

    Mais la vrai politique, celle qui tient les manettes de notre quotidien, elle est ailleurs. Notre Emmanuel de Président, nous l’a bien dit « les riches n’ont pas besoin de Président ». Mais à vous entendre, nous oui. On est donc si bête (pardon les moutons) qu’on serait incapable de construire autre chose sans passer par les partis. Parce que vous croyez vraiment que les Stars du GAFAM ou du CAC 40 sont inscrits dans des partis politiques ? Pas besoin, ils arrosent tout le monde au moment des élections et ça suffit pour les mettre au dessus des partis…

    Chez le 1%, on s’arroge le droit de contourner les Institutions, de verrouiller les plafonds de verre, de mettre dans les manuels scolaires et la constitution des théories économiques qu’on sait aujourd’hui totalement abjectes d’un point de vue social, de faire voter des lois pour se mettre à l’abri de la justice… et nous pauvres couillons (je sais, je m’emporte), on va se faire une petite pétition, un petit référendum et continuer à brèver du comptoir pour savoir qui va gagner de PSG Mélenchon ou de l’OM Le Pen ? (Zut, c’est le contraire)

    Mais putain (dans le sud, c’est pas un gros mot, c’est une ponctuation), quand est-ce qu’on va se réveiller ?

    1. Encore. Encore.Encore.
      Super, pas trop prêt de l’actu et très bien vu.

      Pour renouveler votre ponctuation: macarel, peuchère, macaïre, putaing, tabernacle ou tabarnak. Les québecois doivent en avoir à revendre…

      Il sera dit un jour, je l’espère, que vider sa bile est le début de notre prise en main.

      Quant à l’article de Marianne, ce doit être un essai (test) à but humoristique. Ou bien le journaliste a tenté de savoir s’il était professionnellement du niveau des grands c’est-à-dire prescripteur.
      Ou bien, son chef le tarabuste pour qu’il sorte un papier. « Tiens, je vais rapprocher 2 faits qui n’ont rien de commun, dont la collision est improbable, et je vais voir. » C’est courageux, se lancer ainsi dans l’inconnu… Suffit de bien touiller, faire gaffe à ce que ça n’attache pas au fond de la gamelle et servir chaud. On devient grand, ou prescripteur, pour moins que ça.
      Cet article est du genre « tout dans le titre, rien dans le texte ». La politique normale, quoi!

  2. Commentant davantage l’article de Marianne en référence que l’analyse de Timiota, j’imagine assez mal la « jonction avec le FN » évoquée par cet article. Le parti de Marine Le Pen a réalisé un virage après son échec à la présidentielle, qui l’éloigne encore de la FI. Florian Philippot, qui avait largement inspiré la tendance « ni droite ni gauche » ou encore l’appel à l’électorat de la FI entre deux tours – appel dont les effets furent très limités – non seulement s’est éloigné du FN, il se fait qualifier de « fasciste » par Jean-Luc Mélenchon http://www.rtl.fr/actu/politique/florian-philippot-est-un-fasciste-declare-jean-luc-melenchon-sur-rtl-7790175909

    Il me paraît assez difficile de faire un accord politique avec des gens que l’on accuse d’être fascistes 🙂 …

    La véritable question derrière cet article, c’est la ligne de la FI, non une jonction avec le FN qui était impossible même avant la réorientation post-présidentielle de ce parti, et l’est au moins autant lorsqu’il se désintéresse des thèmes sociaux et se recentre sur les thèmes identitaires.

    Mais justement, ce revirement du FN pourrait rendre plus fragile ses positions parmi un grand nombre de ses électeurs davantage intéressé par les thèmes sociaux. Notamment parmi les ouvriers et employés, plus généralement parmi ceux que la politique libérale-austéritaire européenne fragilise. Le FN jusqu’en 2017 avait assez clairement deux composantes principales, l’une clairement de droite et identitaire, l’autre sociale et pas si facile à placer sur un axe gauche-droite voire le récusant. Même si les choses ne sont pas toujours si tranchées et si ces différents groupes peuvent se recouvrir, cette deuxième composante se trouve en pratique orpheline. Elle est un enjeu électoral important.

    Rassembler cette deuxième composante est de toute évidence l’objectif de Philippot avec ses Patriotes.

    Pour Mélenchon, il y a là une opportunité très attirante. S’il parvenait à convaincre tout ou partie de la moitié de l’électorat FN du premier tour – peut-être 5 voire même 10% des votants ? – de le rejoindre, il pourrait théoriquement crever son plafond et atteindre les 25% voire 30%. Ce qui, de fait, le positionnerait très bien pour s’imposer comme l’alternative obligée suite au prévisible échec de Macron et à l’aggravation de la situation de la majorité des Français qui résultera de son programme libéral.

    La question pour lui, c’est comment atteindre le « deux tu l’auras » sans lâcher le « un tiens ». En clair, comment attirer vers la FI une bonne partie des orphelins de la ligne sociale du FN version 2017 sans éloigner en même temps la partie de ses soutiens qui préfère parler de gauche plutôt que de « gôche ».

    Est-ce la quadrature du cercle, ou est-ce possible ?

    A mon avis, nous l’apprendrons. J’imagine assez mal JLM ne pas tenter de profiter de cette opportunité que lui a créée MLP en réorientant son parti.

    1. Ça me parait plus simple et clair que l’article de Timiota .

      L’attrait du pouvoir rend fou quand il n’y a pas peuple (suffisant) pour en définir le sens .

      On a plus besoin de sens partagé que de partis qui se partagent ou volent les électeurs ( supposés) .

      1. (@Juannessy Je n’ai pas retravaillé le texte de mon post sur le blog ABPJ)
        (@ Pascal, c’est à vous que je répondais ci-dessous)
        @ Tous.
        Je maintiens l’idée central que la « lutte informationnelle » attend son marxisme.
        Il n’y a pas encore de théorie et de signe identifié de l’appropriation de l’information (à la limite « l’appropriation » n’est pas le bon concept pour de l’info, la « reconaissance »).
        Ce n’est pas évident d’être clair pour dire qu’il manque tout un pan de quelque chose qui fait partie d’un rapport de force quand (i) ce quelque chose (l’info) n’y participe qu’indirectement (ou bourdivinement…)
        (ii) ce quelque chose est comme l’eau autour du poisson, il ne sait pas quand elle lui pompe de l’énergie ou lui en fournit tant qu’il n’a pas identifié ce qu’il y a dedans.

      2. Il y a quelque chose de très intéressant dans cette idée de « marxisme de l’information ».

        En fait, dans l’organisation militariste du militaire en premier, de l’entreprise ensuite et du politique enfin, la source de pouvoir essentielle est toujours du même ordre : la rétention d’information du rang plus élevé vers le rang inférieur. En fait en y réfléchissant, ce que l’on a toujours qualifié de mon « insubordination », comme justification de me virer, c’était le fait qu’avec un peu d’imagination (ou de talent ensuite à interroger les bases de données, hé, hé), j’arrivais à court-circuiter les réseaux officiels de distribution d’information.

        Le complotisme, conspirationnisme, du populisme, est dû, cela va de soi, à ses tentatives maladroites de suppléer aux informations dont on prive le peuple délibérément. Les élites s’esbaudissent ensuite des carabistouilles qu’inventent ceux dont on bloque l’accès aux informations véritables.

        Timiota fait allusion au fait – que je reformule ici – que la presse officielle ne ment généralement pas dans ce qu’elle dit, mais qu’elle ment massivement par omission : ce qu’elle dit est vrai, mais elle tait aussi un nombre considérable de choses qui sont vraies, ce qui oblige les autres à suppléer – très maladroitement malheureusement pour eux.

        La raison pour laquelle la presse officielle se tait sur beaucoup de choses essentielles, ce n’est pas tellement dû à une véritable censure qu’à une auto-censure : la peur d’irriter les annonceurs, la peur de contrarier le patron (l’investisseur).

        En fait, en une après-midi ou deux, nous arriverons à produire ici le « marxisme de l’information » que Timiota appelle de ses voeux ! 😀

      3. @Paul Jorion
        Il est vrai que l’on peut se fier au principe « celui qui detient l’information, detient le pouvoir ». C’est l’une des raison pour laquelle un type comme Berlusconi a si bien réussi la prise du pouvoir en Italie. La monopolisation de l’information est la clé de tout, que se soit pour maintentir un régime totalitaire, autoritaire ou même pseudo-démocratique. Mais le problème ce que les gens consomment l’information mais la traitent pas – cela facilite la manipulation. Il y en a aussi (beaucoup) qui ne voudront jamais renoncer à leurs idées préconcues et/ou irrationnelles.

      4. Je ferai simplement remarquer, que ce marxisme de l’information, tel que vous le nommez, est un marxisme doux. Il n’empêche nullement de commercer, et de penser ce qu’on veut, bien au contraire !

  3. Justement, si c’est un « marxisme informationnel » que nous attendons, n’est-il pas logique qu’il n’y ait nul « grand soir » associé ? Auquel cas « se réveiller », j’aimerais bien, mais la nature même du « grand soir », du réveil, de l’épiphanie (je reprends le mot à Rufin époustouflé par un des Bourdieu (un seul…pas n’importe lequel d’ailleurs, c’est intéressant car Rufin est journaliste, sa carte est « info » plus que « syndicat »), s’il n’est pas une prise de pouvoir du capital sur les choses (nous avons les machines à laver, le gaz à tous les étages, et les objets « made in PRC » (Chine) à tire-larigot ), nous laissera dans l’attente. Quelle est la nature d’un « grand soir informationnel » ? C’est un peu comme si on demandait à des termites de changer de logiciel profond. L’info peut-elle prendre un sens social qui lui redonne de la force ?
    Je suis prêt à croire que la réponse est « Oui » si on a déjà sous la main dans sa « pratique » (j’emprunte le mot à Dardot et Laval, « communs ») un « monde de bricolage », pas un « monde tout fait descendu de CNN et BFM ».

    1. « Quelle est la nature d’un « grand soir informationnel » ? C’est un peu comme si on demandait à des termites de changer de logiciel profond. L’info peut-elle prendre un sens social qui lui redonne de la force ? »

      Faut aller voir du côté des réseaux sociaux avec tout ce que cela suppose de fourre-tout jamais imaginé. Mais c’est peut-être aussi une chance : pour vivre heureux, vivons cachés.

      1. « C’est un peu comme si on demandait à des termites de changer de logiciel profond »..non. Les termites ne prennent pas de produits dopants…
        Les mexicains ont ils une appétence supérieure aux autres peuples pour le coca cola ? Qui leur viendrait d’où, de la génétique ?
        Mais non. C’est bien l’INFLUENCE qu’exerce Coca Cola sur les mexicains, qui en fait les recordmans du monde de la boisson noire* : ils en boivent 1/2 litre par jour par personne. Coca-Cola leur fait payer la publicité, à hauteur de 2% du prix.
        Mais ensuite, la firme ne soigne pas le diabète…un mexicain sur 3 est diabétique aujourd’hui. Ces 2% sont tout le problème, le jour où les citoyens auront compris qu’ils financent leur propre aliénation, on aura fait un grand pas.

        * que j’aime aussi de temps à autre, je tiens à le préciser, je n’ai aucune haine particulière contre Coca Cola…

  4. La thématique du rouge-brun ne s’épuise pas comme épouvantail qui a permis à Macron quelque chose. Le ni droite ni gauche est topologiquement au centre mais de quoi… et le rasoir d’Okham fait défaut.
    La classe ouvrière n’a pas disparue, la plus-value ou survaleur, non plus, la croissance économique malgré ses défauts de mesure en répond, celle des élites fait scandale, l’inégalité de sa distribution aussi. Que la plus-value ait été délocalisée, robotisée, soit, que la classe ouvrière ait été recomposé aussi, soit, mais de là à monter au firmament la question de l’information, des flux etc. comme le nec le plus ultra de l’analyse des rapports de force, non. User de « valeur travail » versus « valeur information » non, déjà « valeur… », mieux vaut parler « prix » ensuite si l’investissement privé des usines d’informations en vaut le prix, c’est que la rentabilité politique est juteuse, dans un mode de production où l’information est le corset qui fait prothèse au vote dans la merveilleuse démocratie dans laquelle on doit se réjouir d’habiter.
    Le recul historique est suffisant pour démêler ce qui a justifié l’apparition du fascisme comme promesse et ce qu’il en est advenu. Les faussaires ont bien servi leurs maîtres, et les gogos s’y sont fourvoyés. Le film sur l’affaire Deborah Lipstadt/David Irving montre, par la décision de confier à un juge professionnel plutôt qu’à un jury populaire (voire populiste, on ne sait jamais…), les limites du baquet démocratique quand jouent sur la scène du monde des figures plus préoccupées à jouer du mensonge dans leur propre intérêt, qu’à travailler pour fabriquer du vrai.
    Alors la disparition des idéologies, le ni droite(s) ni gauche(s), ça ne me dit rien d’autre au mieux qu’un défaut de formation du locuteur, au pire qu’un montage à des fins inavouables.

    1. @Rosebud : Euh, quand droite et gauche patinent (ou se font des tape dans le dos), eh bien je prends le risque de montrer le doigt (de l’info) quand d’autres regardent la lune montrée (des idéaux de droite et de gauche dans leur version politique politicienne : PS et ou Génération.s d’un côté LR de l’autre (version WauquFN), et LREM tournant la tête pour cacher cette exploitation que je ne saurais voir.

      1. Timiota, J’imagine que votre « cacher cette exploitation que je ne saurais voir » consciemment ou pas, est un avatar du « Couvrez ce sein, que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées ».
        Oui les coupables prêchent l’innocence droit dans les yeux d’un ministre, et ça participe les rodomontades de l’information. L’information n’est qu’une facette de l’exploitation dont vous parlez, qui permet chez nous de marteler les propos nécessaires à sa perpétuation « naturelle » à perpétuité. Les investissements colossaux des GAFA servent aussi à la fabrique du consentement, en plus de quelques R.O.I. Ailleurs c’était pareil, Pravda se traduisant par vérité et justice, mais à perpète aussi. Une idéologie suicidaire, ça ne dure pas. Mais l’insulte « Tartuffe » est d’usage dans les 180° de l’hémicycle. La droite garde une roue de secours dans son extrême, sinon le centre rend service, et le PS n’a jamais eu l’ambition de modifier la justice distributive que pris en otage sur sa gauche. Du neuf ? je ne vois pas ou si peu…

      2. Timiota,
        Pas de neuf, que du vieux, ça signifie que la confusion perdure sur l’écart entre :

        Le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple.

        Le gouvernement des travailleurs, par les travailleurs pour les travailleurs

        Le gouvernement des bourgeois par les bourgeois pour les bourgeois

        Le gouvernement des capitalistes par les capitalistes pour les capitalistes

        Le gouvernement des transnationales par les transnationales pour les transnationales

        Le gouvernement de l’impérialisme par les impérialistes pour les impérialistes

        Ça a été dit il y a 25 ans…
        https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=fyJ5ffEd6kM

        alors droite/gauche patinent ? se roulent des patins ? se lustrent la patine ?
        Patineurs de tous les pays…unissez vous ?

  5. Un nouveau moyen de communication peut transformer une société malgré l’intéret et la volonté des puissants qui la dominent.

    Petite histoire pyrénéenne.
    Dans nos vallées pyrénéennes, l’influence du droit d’ainesse s’est poursuivi jusque dans les années 50 et les vieux te racontent comment les changements extérieurs sont venu foutre en l’air ce système qui a permis à des générations de survivre en montagne pendant des siècles.

    Un berger m’a dit un jour : « c’est la route, elle a saigné la vallée ! »

    Avant la dernière « grande guerre », on rejoignait les vallées par des routes ou des chemins à peine carossables. Et puis, après la guerre, on a constuit des barrages hydroélectriques et il a fallu faire des routes. Pour la construction, il a fallu des ouvriers. Les cadets, qui n’avaient d’autre avenir que de rester les larbins de la famille, ont eu la possibilité de se faire des salaires, ce qui était encore rare à l’époque dans les vallées où régnait encore le troc et les échanges de services. Et les filles, qui savaient qu’elles resteraient sous la férule intraitable de leur belle-mère jusqu’à la mort de cette dernière, se sont aguichées des beaux ouvriers espagnols ou italiens qui venaient travailler sur les chantiers.

    Les cadets et les filles, les plus opprimé du système restaient dans les montagnes parce qu’ils ne se savaient pas d’autres avenir que de se soumettre aux règles sociales en vigueurs qu’on leur avait inculqué depuis l’enfance, et ce depuis des générations. C’était comme ça, on n’y pouvait rien.

    Et puis la route est venue. Un nouveau moyen de communication d’abord dans l’intéret économique de grosses sociétés nationales ou privées qui investissaient dans la reconstruction du pays. Mais d’autres se sont appropriés ce nouveau moyen de communication. Découvrant ce nouveau moyen d’émancipation, ils sont partis les cadets et les filles faire leur vie ailleurs, laissant derrière eux le vieux système qui les opprimait.

    Et ce vieux système vicéralement attaché à son droit d’ainesse s’est effondré en quelques décennies, incapable de réagir à ce qui se passait parce qu’il n’avait pas d’autres logiciels pour penser la transformation de l’espace social. Notre « classe » politique et dirigeante ne ressemble-t-elle pas à ces vieux potentats incapables de voir la société se transformer ?

    Les autoroutes de l’information d’aujourd’hui ne vont-elles pas saigner la République des puissances économiques ?

    1. Je confirme vos observations pour les Alpes du nord. Un érudit de l’Académie Florimontane à Lovagny a consacré une étude à l’interconnexion et désenclavement des hautes vallées par ici. Ça s’est fait dans les années 1900-1905 par des corvées volontaires et enthousiastes, à le croire. Avec le même effet: les perdants d’un système familial rigide sont partis. Je ne sais pas si le droit d’aînesse existait encore. Il me semble, sans certitude, que le droit sarde ( ou Piémont-Sardaigne) le conservait. De toute façon, les pratiques ne changeaient pas: l’aîné héritait de la ferme non divisée, les cadets, hommes et femmes, se soumettaient pour le prix de leur subsistance.
      L’autre grand changement a été les pertes de la guerre 14-18. Pour certains villages, l’hécatombe a été vraiment importante. Il est toujours instructif de comparer le nombre sur la liste du monument aux morts 14-18 avec la taille du village.

  6. Laissez tomber l’environnement du site «les crises». Oubliez son passé, son présent, et même son avenir.
    Ne lisez pas les bafouilles sur le côté droit. Ne lisez pas l’appareil critique(!) qui fait suite à l’article, à moins que vous vienne le désir de rire parfois, et plus fréquemment de casser votre écran LCD. C’est pas le blog à Paul. Chus même pas sûr que le tenancier fait ce qu’il peut. Homme publique, c’est comme femme publique: ils n’ont pas la faculté de choisir le client.
    Vous avez assez de raisons pour négliger le support et vous concentrer sur le texte supporté. Une commodité, sans plus.

    J’espère que ce lourd avertissement m’exonérera de vos suspicions. Toutes vos suspicions.

    Passons au plat de résistance: il faut lire la retranscription de l’ entrevue sur France-Culture d’E. Todd. Comme on sait, je le suis depuis 1978, date de ma lecture de «La chute finale. Essai sur la décomposition de la sphère soviétique.», paru en 1976. Depuis il mélange traits de génie, originalités, répétitions 1, 2 ou 3 fois et causes sérieuses d’agacements. Bref adorable et indispensable (Copyright 2017 Timiota pour adorable, moi 1978 pour indispensable.)

    Un honnête homme qui s’interroge librement, pas de chasse aux sorcières ni exclusives. Devient rare.

    Merci à Timiota pour l’avoir signalé. Je l’aurais raté. Comme d’hab, j’ai une préférence pour l’écrit. Semble bien transcrit. Mais je ne suis pas d’accord sur le titre retenu.

    https://www.les-crises.fr/emmanuel-todd-en-equilibrant-les-pouvoirs-la-russie-est-un-pole-de-stabilite/

    1. Ah oui l’entretient d’Emmanuel Todd sur France Culture.
      Plutôt que de passer par Berruyer autant aller écouter à la source
      (L’entretien a eu lieu ce week end apres les frappes en Syrie donc.)
      https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-idees-de-la-matinale/emmanuel-todd
      Et l’on y entend par exemple:
      « La France ne fait que gesticuler (…) son appartenance à l’euro lui empèche toute politique independante et vraiment démocratique ».
      « La France a cessé d’être une démocratie représentative au sens classique en 2005 quand les français ont voté « non » et que les élites ont transféré ce « non » en « oui ». »
      « Dans le monde occidental Il y a une opposition entre un camp oligarchique (ex Clinton ou Macron) et un camp populaire (ex Trump ou Lepen-Mélenchon) »
      « Le brexit est un choix populaire . »
      « la Russie est un pole de stabilité face au bloc occidental hégémonique »
      « Il y a une russophobie de l’establishment occidental qui est tout à fait pathologique et incompréhensible, pour moi suis juste un chercheur »
      « La Russie est une démocratie autoritaire ».
      « les frappes occidentales sont de la poudre aux yeux. »
      « personne (dans le camp occidental) n’avait analysé à quel point les groupes soutenus par les occidentaux en Syrie sont les groupes les plus arriérés (structures familiales, mariages entre cousins etc etc), alors que les groupes plus développés et proches de nous sont plutôt ceux autour d’Assad. »
      « Le Monde et the Gardian racontent n’importe quoi sur les frappes en Syrie il y a plus d’info sur Russia Today France. »
      « Les diplomates Russes en poste à Paris avec qui je déjeune souvent sont des gens brillants et qui ont une vision longue alors que les diplomates français du quai d’orsay sont des imbeciles ».
      « il y a une décadence complète en occident ».
      « La Hongrie est une nation forgée par son patriotisme qui lui a permis notamment de continuer à exister et à résister la première à l’URSS et c' »st à Budapest que le mur de Berlin est tombé ».
      « Trump était le candidat populaire et Hillary Clinton était la candidate de l’establishment. »

      J’avoue me forcer à prendre ici et là quelques nouvelles d’une des gloire de la démographie et de la recherche Française (Todd n’est pas un intellectuel il est juste un « chercheur »).

      Le voilà le prophète de la chute de l’URSS, le spécialiste charitable des structures de fond, reconverti dans le sulfatage vite fait bien fait (tant-que -c’est-contre-l’euro-de-l’establishment-pathologique-contre-le-peuple), échoué ,naufragé au pays du grand relativisme qui pue mais apparemment heureux et content de lui, et certainement pas seul soyons rassurés.

      1. Hors des errements de la France insoumise je pense qu’il y a aussi urgence à « cesser de faire du président de la République le point de départ et d’arrivée de (sa) pensée » comme le disait Mme Taubira ce matin à la radio,
        Ou pour le dire plus autrement d’arrêter de tout centrer sur Macron et symétriquement de faire du Macron-bashing réflexe et mimétique (au delà de tout le mal que l’on peut penser de la partie ou du tout de son action) pour penser vraiment une alternative.

    2. C’est beaucoup de précautions oratoires, Daniel 🙂 !

      Dans cet entretien, Todd comme à son habitude est brillant et brouillon, il a des fulgurances des idées justes et il est aussi trop souvent superficiel et adepte des raccourcis qui sonnent bien mais qui induisent en erreur autant qu’ils révèlent – à l’occasion même du n’importe quoi.

      Sur la question des propagandes de quelque côté qu’elles viennent et de la manière de les contrer, ce qui est indispensable pour baser quelque débat public que ce soit qui ne sera qu’un dialogue de sourds si l’on ne s’entend pas d’abord sur les FAITS, j’ai bien aimé l’intervention du journaliste spécialiste de défense Jean-Dominique Merchet à « C dans l’air » mercredi 18 https://www.youtube.com/watch?v=gy1icwUDo80&feature=youtu.be&t=625

      Le sujet était tout autre c’était le raid sur la Syrie du 14 avril, mais le fond de son argument est applicable très largement : « pour ne pas croire à n’importe quelle propagande, le seul remède, le seul vaccin, le seul antidote contre la propagande c’est de l’information, et de la bonne information donnée par des gens sérieux à des gens dont le métier est capable de le décrypter et de le valider… or il n’y a pas beaucoup d’information ».

      L’information, souvent l’on en manque effectivement, du moins de cette qualité dont parle Merchet, c’est-à-dire donnée par des institutions réellement indépendantes et sérieuses avec des gens capables de valider ou non. A côté du mensonge direct rare parce que dangereux, l’omission, la déformation, etc. sont très répandues. La majorité de la population je pense est consciente à quelque degré qu’une grande partie des canaux d’information traditionnels sont affectés par des problèmes structurels. Il n’est que trop facile à toutes sortes de gens avec toutes sortes d’agendas d’ailleurs différents d’en profiter.

      Mais il ne s’agit que de maladies opportunistes. La cause racine, elle est bien chez nous, non dans les usines à propagande de Russie, d’Amérique et autre OTAN, d’Arabie saoudite et autres lieux.

      1. Pour raccorder quand même au thème de cet échange, je n’ai pas la hauteur de vue théorique pour discuter un éventuel « marxisme de l’information », mais je veux insister sur ce point fondamental : l’information ne vaut que par sa qualité.

        L’information en quantité, l’ « entertainment » voire le « tittytainment » nous en avons déjà à foison. La valeur de l’information ne se mesure en aucun cas à sa quantité.

        La qualité de l’information suppose plusieurs conditions qui je le crains sont additives – il faut tout cela à la fois :
        – Un recueil fiable des informations « brutes », statistiques, événements etc. donc des institutions indépendantes pour recueillir cette « matière brute » – et le « des » fait partie des conditions, une source unique est insuffisante
        – Des analystes indépendants capables de les valider, les mettre en contexte, les éclairer – les « gens sérieux » dont parle Merchet, et là encore pas question d’accepter qu’ils soient uniques
        – Des médias indépendants pour publier ces informations et ces analyses – là encore le « des » est obligatoire

        A tous les étages, la protection contre les conflits d’intérêt tout comme la pluralité des moyens sont indispensables. Et le nerf de la guerre, l’argent !

        Force est de reconnaître que nous sommes bien loin de rassembler ces conditions…

        Pas étonnant que tant de gens préfèrent écouter et croire RT, ou aux Etats-Unis Fox News ou encore Breitbart. On leur a servi de l’herbe alors qu’ils attendaient de la bonne nourriture, ça ne leur plait pas, alors pourquoi ne pas essayer l’herbe que propose le voisin, même si à bien la regarder elle est pire encore que l’herbe que leur donnent les principaux médias français ?

        Naturellement, l’herbe c’est de toute façon pour les moutons, pas pour les êtres humains, mais…

  7. Même si cela ressemble à une facilité , je vois mal comment un « marxisme informationnel » pourrait ne pas virer à  » l’information marxiste » , c’est à dire à de la « communication « .

    Le terrible sujet de l’information est terrible parce que l’information, dans le cas le plus idéal ,est déjà une transcription d’une « réalité » en une « vérité » choisie par l’émetteur , donc fragile et suspecte quelque soit l’esprit libre et critique de cet émetteur .

    Il est terrible car c’est une composante nécessaire ( mais pas suffisante ) de notre jugement , de notre formation , de notre agir . Et donc une de nos « libertés » fondamentales .

    Dans les idées à peu près stables que je peux avoir sur l’information , je mettrais :

    – il n’y a d’information pas trop suspecte que celle financée par des citoyens et contrôlée par des citoyens ,
    – la réalité dont doit rendre compte l’information est tellement énorme ,que les sources d’informations doivent être nombreuses et contradictoires ,
    – l’information , c’est comme la pèche de poissons en mer : on risque de n’y attraper que les poissons qu’on y cherche avec les filets à eux dédiés
    – informer , c’est considérer que la vérité existe ….mais qu’on la cherche ( l’émetteur et le récepteur )
    – l’information idéale doit bénéficier des mêmes attendus que ceux de la démocratie selon Montesquieu ( séparation des « pouvoirs » , les institutionnels , les financiers ou « économiques » . Le rapport à la justice est selon moi un débat non clos)
    – dès que l’on parle de  » communication » , la vigilance doit être accrue ..

    Si l’on veut en rester à l’information utile et nécessaire ,au delà de reporters sans frontières , je garde un faible pour la devise du Guardian :
    « les commentaires sont libres, mais les faits sont sacrés…la voix des opposants ,non moins que celle des amis , a le droit d’être entendue  »

    Sacrée responsabilité pour « l’éducation  » nationale .

    Merci à mes instituteurs et à mes profs .

    PS : mes excuses si je suis hors propos .

    1. Non, non, vous avez passé le grand oral avec succès, c’est pas de l’oral de rattrapage.
      Tout est juste sauf le début : une théorie de la communication « à la Marx » n’est pas « le marxisme tel qu’il est appliqué à l’information ». C’est plutôt de reparcourir les questions de finalité, d’accaparement, de « valeur de comptoir » vs « valeur de décision » qui baliseraient le chemin de façon analogue à ce que Marx dit pour les « outils de production », et lui même disant bien que la mécanisation posait un petit problème à toute l’organisation du travail et à sa « valeur ». Je crois que c’est pertinent parce que la production des biens de base est assurée pour 98% de la population, avec un coût encaissable pour un.e smicard.e non intersectionnel.le.s. (:;) : machine à laver, nourriture Lidl, etc. en la plupart des provinces (pas en IdF, pas en « Sud-est » (d’Annecy à Nice) ou le café très souvent à 1,60 € au comptoir n’est pas anodin). Donc la propriété des biens de production n’est plus importante « que » pour les délocalisation, cf. Whilrpool , le job qui part en Pologne ou chez Mittal je ne sais plus où, etc.
      Donc là où il y a enjeu, c’est pour la prise de décision, l’exercice de la volonté du peuple (le mot grec « boulé » m’est revenu dans un texte ailleurs ce soir). Dans les états que nous avons, la large place qu’a le politicien de filouter ses représentés n’a pas de solution simple dans des constitutions modifiées, même « révolutionnairement ». C’est dans la culture ambiante que se situe la question, la domination capitaliste de fait, la formation d’un discours qui écarte l’idée même de suivre dans ses décisions à ce que les électeurs formulent, et en amont, l’inhibition des formulations possibles de ces derniers. C’est cette captation là que j’appelle informationnelle, qui paralyse la démocratie et fait du fonctionnement de toute l’économie un grand « secret des affaires ».

      1. Pourriez vous avoir une écriture plus compréhensible pour moi , de la différence que vous faites entre « informer » et  » communiquer » .

        Je comprends mieux votre intention ,quand je lis « captation de l’information « , plutôt que « marxisme informationnel ».

      2. Au passage , si votre propos est bien de se donner les moyens de parer à cette captation , pouvez vous en moins de trois lignes , préciser le lien logique entre le titre du billet ( dont le point d’interrogation me fait me demander s’il s’agit d’une information ou d’une communication ) , et cet appel à libération de l’information .

  8. Le contrôle de l’information diffusée contribue largement à lui donner du sens, à orienter l’opinion et l’action. Les multinationales monétisent ce contrôle au détriment des politiciens qui doivent passer à la caisse pour retrouver un canal entre leur ego et le peuple. Après les politiciens, la justice s’annonce plus coriace !
    Dans sa course folle, le capitalisme va tuer la bête qui le nourrit.

  9. @ Juannessy
    J’analyse la perte de repère que représente le rapprochement idéologique partiel FI-droite comme une indication forte du fait que l’analyse marxiste au pur niveau {travail (« valeur travail »)/possession des moyens de production} est incomplète.
    L’expression des desiderata des gens n’est plus sur ce plan là (qui veut des usines en Chine ?), sauf cas particuliers indiqués (Whirlpool à Amiens).
    Les gens seraient moins désorientés si les décisionnaires prenaient en compte leur desiderata, ce qui passe par une boucle informationnelle sinon fidèle du moins conservant certains éléments essentiel entre la production d’évènements (agrégation des micro-actes sociaux et économiques, avec émergence d’un tout : les pbs de formation, de chômage, de « care », de retraite, de transport,d’énergie, d’écologie, de sécurité urbaine et rurale…) et la production d’information significative permettant de tracer un feedback politique (pourquoi Blanquer peut décider ceci ou cela, qui privatise quoi, pourquoi Hulot se couche devant EDF, etc.), évidemment pas un feedback politique de « tout tout le temps », il y a eu élection et un gros écrémage a été fait, mais dans ce qui reste, c’est le brouillard entre les électeurs de LREM (aux législatives, surtout : ils ont fait un choix moins contraint qu’au 2nd tour des présidentielles) et les actions du gouvernement.

    Le lien logique est donc qu’on a dans ce tango politique aux « extrêmes » le symptôme d’une société qui cherche surtout à retrouver ses traces informationnelles (ses « valeurs propres » au sens des maths : ce qui permet une certaine reproduction, donc de se sentir « chez soi », ou au moins dans une membrane semi-perméable partiellement protectrice suivant l’analogie de Servigne et Gauthier dans « L’Entraide, l’autre loi de la Jungle » (Ed. LLL). ). Ne les trouvant pas, il émerge ce tropisme pour les « less main stream news », à la Berruyer, qui trouve dans un Todd « maverick » (chien dans un jeu de quille disons) un appui intellectuellement assez construit. Je ne dis pas si c’est juste ou faux les news chez Berruyer ou RT, je dis que c’est ce qu’on trouve de mieux une fois qu’on est dégoûté du mainstream, dégoût qui est bon signe d’une « intelligence objective ».
    Je prétends, pour finir le lien logique, que l’on peut tirer l’analogie assez loin entre captation capitalistique des moyens de productions (~marxisme), et « mainstreamatisation » des moyens d’information. Et que donc la lutte se situe sur ce terrain là. Je ne distingue pas « informer » et « communiquer », chaque acte obéit à un public qui est en attente. Le public « M. toutlemonde » attend l’info plus que la communication, mais il y a un continuum, on perdrait son énergie à chercher le passez de l’un à l’autre. Il suffit de constater que même au bout du spectre le plus « information » et le moins « communication » de tout cela, on est dans le mode « omission » pour le moins, comme Paul le dit à sa façon. (je pense que c’est moins binaire, mais un peu comme Keynes et ses « esprits animaux », Paul propose en premier une version qui a une chance de rebond et évite des diversions, je ne doute pas que l’auteur de CLRVFI ait des variantes dans le coffre)

    1. Todd un Maverick, Hulot qui se couche….
      Voilà bien qui démontre qu’au delà des méga théories sur le marxisme de l’information, il faut aussi s’interroger sur son Darwinisme.
      Pour voir comment Hulot « Se couche » devant EDF »
      Voir la vidéo notamment à partir 1h50min sur la
      Commission de l’assemblée Nationale du 12 Avril 2018 : Sûreté des installations nucléaires.
      http://videos.assemblee-nationale.fr/video.5866392_5acf481037f66.surete-des-installations-nucleaires–m-nicolas-hulot-ministre-detat-ministre-de-la-transition-e-12-avril-2018?timecode=5310036

      1. Les mécanismes de sélection incluent la possibilité des leurres, du mimétisme, etc. ce n’est pas incompatible avec un aspect dominant et systémique (non complotiste) qui est une capture de l’info « associée aux décisions que je perçois comme souhaitable à mon échelle (quartier, travail, santé,…) » lorsqu’elle ressort moulinée pour entrer dans le système des « vrais décideurs » (assemblée, gvt, agences multiples). Que mille Irène Frachon fleurissent.

      2. Mais ce que j’ai du mal à mouliner c’est comment vous vous pouvez avancer une théorie des rapport de forces du monde
        de l’information et « en même temps » nous dire : Todd est un Maverick, et faire du Hulot bashing (même si vous n’avez pas le monopôle de la boucémissairisation universelle).

    2. Je comprends mieux l’intention générale illustrée par un exemple d’actualité .

      Je comprends moins la nécessité d’une approche marxiste pour remettre la communication ( qui pour moi , par étymologie et clarté d’analyse n’est pas identique à l’information / ibn Kaldun dirait que la communication c’est la rencontre de l’information et du désir ), dans des clous plus universels et prolifiques .

      Je reconnais ( Régis Debray s’y était aussi attelé avec la « médiologie » ) que le sujet est ardu , même pour les esprits les mieux intentionnés . L’IA interroge d’ailleurs largement ce champ « médiatique » . Nous aurons toujours un besoin vital de « décodeurs » ( coucou à François Leclerc) .

      Une idée me vient , dont je ne sais pas quoi faire : la langue , le langage ,c’est le chemin obligé de l’expression de l’information et du prix qu’on lui accorde , le messager qui a l’avantage de porter les messages dans les deux sens . La mondialisation s’appuie sur un langage commun ( TCP: transmission control protocol ) peut être trop unique . Je me méfie un peu de l’unicité des moyens d’expression , et préfère le multilinguisme , dont ma langue française que « j’adore » , en particulier quand un belge en fait saisir toute la subtilité , force , pertinence non bavarde , dans un parlement européen ( de ce point de vue ,je donnerai à Monsieur Lamberts une « meilleure note » qu’à Timiota !…).

      A chacun son interprétation de la tour de Babel

      Pas persuadé qu’une approche marxiste ( qu’il faudra bien des siècles à inculquer à des ignares d’ailleurs ) de « l’information » suffise à sauvegarder le bijou que peut être la « communication » dans ce qui la dépasse : l’humanisation .

  10. Pouah!

    Que Marianne publie ce genre texte hypocrite et malsain n’est pas surprenant, que votre blog se fasse le relais d’une « analyse » d’un crû fort similaire déçoit.

    Les extrêmes se rapprochent uniquement pour se combattre. La dernière fois que les nazis se sont « rapprochés » des communistes et des anarchistes c’était pour les enfermer, les torturer, les assassiner dans leurs camps de la mort industriels.

    Ne pas partager -ou plus probablement ne pas comprendre- les motivations et les projets de la gauche réelle ne devrait pas permettre de lui manquer ainsi de respect.

    1. Apprendre que je déçois me plonge toujours dans une peine profonde et je demande ici une faveur aux commentateurs : critiquez moi, avec violence si nécessaire, mais ne me dites pas que je vous déçois car cela me brise littéralement le coeur.

    2. « la gauche réelle .. » « manquer de respect … »

      Ça me rappelle un peu un certain « Ecoutez , je vous en prie , vous parlez au premier ministre de la France » ( 1984 ) , ou plus récemment ,  » s’adresser au président de la République  » …

    3. Allons, allons, tout de suite la montée aux extrêmes. C’est excessif et donc ne compte pas.

      Je m’en tiens à ma première appréciation : cet article est à but humoristique.
      D’ailleurs, difficile d’en juger autrement :
      1) L’auteur essaie de juger des projets de l’insoumis en chef. C’est une mission impossible. Je soupçonne que le chef est fortement insoumis à ses propres réflexions. Une preuve en passant que sa raison sociale lui dicte sa raison. Sincérité éclatante en un mot. Un bon journaliste y perdrait son latin. Ou sa raison.

      2) L’auteur émet des hypothèses sur cette extrême «droite» étrange et bizarre. Mission impossible; tout comme un missile agressif contre-battu par un missile de la défense, tout cela dans le bac à sable de la maternelle, spéciale enfants de 3 ans: une petite boule de feu, puis plus rien. La petite boule de feu étant la dernière présidentielle. Présomptueux, le journaliste à vouloir faire parler des morts.

      Une seule conclusion: la détente du rire.
      N’oublions pas que les sociaux-démocrates allemands ont été affaiblis par les copains communiste puis ces derniers exterminés par des nazis ébahis, et tout cela au nom des mots d’ordres imbéciles de l’impérialisme moscoutaire. C’est à très grands traits ma lecture de Margarete Buber-Neumann dans «La révolution mondiale», un témoin capital de cette période. Je recommande son tragique «Milena».
      Rien de tout ça, dans notre Démocratie apaisée et libre de toutes influences.

      1. Les spartakistes allemands avant d’être exterminés en masse par les nazis l’ont été d’abord par les sociaux-démocrates alliés aux « corps francs », ces milices proto-nazis proches du mouvement de droite dit de  » révolution conservatrice « . Si nous voulons nous rapprocher de la vérité, alors il faut la dire toute autant que faire se peut, ne pensez-vous pas ?

        Pour l’article de Marianne, le journal de M.Renaud Dély (Directeur de la Rédaction), proche de Manuel Valls et en passe d’être racheté par Le groupe de médias tchèque Czech Media Invest, je suis d’accord avec vous sur la conclusion que vous lui proposez :

         » la détente du rire  »

        Rien de plus mais oui, c’est déjà beaucoup.

  11. @ Arnaud
    Pour Todd Maverick, je ne dis pas qu’il a tort, il voit des signaux, il vois que ses idées ne passent pas dans le filtre informationnel, il a assez de bagout pour aller jouer de sa flûte dans les médias et chez les éditeurs de temps en temps.
    J’apprécie le potentiel de ses analyses (sans pouvoir évaluer leur pleine justesse). Avoir une analyse sous l’angle informationnel n’empêche pas de repérer des comportements remarquables. On a une poignée de « mavericks » (pour moi un mot potentiellement laudateur, mais pas toujours) on les écoute parce que ils nous renseignent comme les comètes sur ce qui se passe dans le système solaire lointain.

    Pour le Hulot bashing, c’est moi qui ne comprend pas : quel plus beau thermomètre que sa trajectoire ? Ecologiste convaincu mais happé par la machine médiatique qui ne le lachera pas, il essaye de la dompter un petit coup à chaque présidentielle (signez ici, M. le président en 2007 je crois, ou en 2012 bref …), et devient un oriflamme pour Macron. Néanmoins, même s’il est connaisseur de pas mal d’infos sur NDDL et sur le nucléaire, et d’un réseau susceptible d’en amplifier certaines, cela ne suffit pas une fois qu’on lui dit qu’il est « encagé » dans une communication gouvernementale s’il veut agir un tant soit peu « comme ministre ». Et il y a trop de peu de média type Canard Enchainé au carré pour lui permettre d’accompagner ses volontés.

    En résumé, je ne vois pas pourquoi une analyse qui cherche à situer un rapport de force un peu occulté (du fait du non dépassement de l’analyse marxiste qui a pourtant de moins en moins de force de conviction, quoi qu’en dise un Varoufakis shakespearien dans la Guardian aujourd’hui , un « long read », je maintien mon objection : quel adhérent français d’un parti de gauche veut la possession des moyens de productions en Chine de ce qu’il consomme ?) serait invalidé par les vues particulières sur untel ou untel, (sur lesquels j’ai , in fine, des opinions variables, modulo la force des mâchoires où ils se débattent).

    1. oui vous avez raison.
      Votre analyse des rapports de force informationnels peut être pertinente et décorélée des vos avis sur untel ou untel. Ces deux éléments se sont retrouvés mêlés dans une de vos réponse au fil de la discussion et m’a d’autant plus fait réagir que ces avis sont à l’opposés des miens. Donc acte.
      Reconnaissez que la formulation Hulot SE COUCHE devant EDF est est insultante.
      Elle est par ailleurs fausse.
      A la limite « Impuissant face à EDF » voilà qui éventuellement plus juste, même si la dessus tout n’est pas encore écrit.
      Il y a suffisamment de violence et de perfidie dans ce monde pour ne pas en rajouter.
      Ce qui est navrant c’est de voir que quand un honnête homme met les mains de le cambouis il y a toujours quelqu’un pour lui reprocher qu’il a les mains sales.

      1. Oui, mon texte a été écrit à la va-vite avec un peu de tripes, et Paul a jugé (avec mon accord), qu’un débat intéressant pouvait être lancé.

      2. « quand un honnête homme met les mains [dans] le cambouis il y a toujours quelqu’un pour lui reprocher qu’il a les mains sales. »

        Profond, navrant en effet, et tout ça.
        D’abord, c’est pas nouveau. César aurait pu en dire autant, dans Suétone, « la vie des douze Césars », livre 1.er, « Le divin Jules », chapitre XXXI, où Jules (le divin, on le saura assez…) déchire ses habits pour concilier ses supporteurs, – de la classe populaire, vous noterez-, et protester face aux reproches soupçonneux et obstruction des Sénateurs.

        Mais revenons au présent, plus rassurant.
        Je ne vois qu’un acteur de l’ actualité à qui votre sentence bien frappée s’applique sans restriction: le chef des Insoumis.

        Content de voir rapprochés dans la même bafouille Mélenchon et un dictateur en puissance? J’admets une faiblesse dans cette comparaison: le Rubicon de Mélenchon est tout entier dans son absence de cravate. J’en frissonne d’horreur. J’ai pu lui reprocher la largeur de ses bretelles d’harangueur aux comices agricoles, mais point trop n’en faut. Vendeur à la sauvette aux même comices, ça vous va?

  12. Beaucoup de commentaires tournent autour de l’information.
    Aucun n’aborde la condition du journaliste français en 2018, qui est pourtant la base incontournable de l’élaboration de l’information aujourd’hui et maintenant.

    un papier d’Acrimed de 2014
    « Le droit à l’information, ses conditions et ses conséquences »
    par Henri Maler, lundi 27 octobre 2014
    http://www.acrimed.org/Le-droit-a-l-information-ses-conditions-et-ses-consequences

    1. La totale:
      « les crises » et Acrimed dans la même info. Y’a de la rébellion dans l’air. Mais vous prenez des risques , pas assez de précautions. Balancer comme ça une adresse Acrimed, faut être gonflé. Chapeau à votre courage!

    2. Il me semble qu’Acrimed , comme Timiota , confond , droit à l’information ( et information ) , avec communication .

      C’est rassurant pour le pluralisme , mais ça ne facilite pas la clarté des idées ( et donc des progrès ) .

    3. Oui, il y a bien des points communs avec cet article d’Acrimed, mais il faut aller au point 10 pour voir parler d’appropriation, et le tout comme si la logique était celle du capitalisme « d’avant » appliqué aux entreprises des médias.
      Il y a tout un début sur « les droits, les droits, les droits »…
      (Pour info, j’ai lu en son temps l’ouvrage de Julia Cagé proposant des formes juridiques protectrices contre la concentration des médias).

      Disons que ces articles traitent l’information comme une des conditions (majeure certes) de la lutte de gauche à livrer par ailleurs. Je dis que dans le stade actuel, c’est un paradigme différent qui donne une analyse pertinente, à savoir que les classes sur lesquelles la gauche a bâti sa raison d’être sont effritées (en terme de « logos », de savoir où elles sont chez elles, il n’y a plus le bon peu de culture communiste dans la gestion des communes qu’il y a pu y avoir il y a 50 ans, et qui servait de « membrane alternative » à celle que proposaient le reste –capitaliste ou bourgeois — de la société) au point que les classes qui font sens pour orienter une lutte « de gauche » sont aujourd’hui celles de l’information.
      Malgré le fait que je reste un peu confus (je l’admets volontiers), ce déplacement du paradigme pourrait remuer un peu plus les foules que l’appropriation des moyens de production. Il faudrait néanmoins reconstruire une culture du « fait » et de l’information qu’on met autour (entre le fait et les émergences de multiples faits concomittants ou successifs…) , chose qui n’est pas évidente dans la trajectoire de notre système éducatif…

      1. Sur « les moyens de production » , j’avais déjà pris position ici , tout en reconnaissant que cette approche rapide méritait des bases analytiques plus solides que les miennes , sans être forcément marxistes :

        https://www.pauljorion.com/blog/2012/10/16/les-forces-collectives-proudhoniennes-un-complement-a-misere-de-la-pensee-economique-par-jacques-langlois/#comment-371430

        ( ça attaque sur Proudhon , mais mes doutes sur l’appropriation des moyens de production apparaissent en conclusion de commentaire , à partir de  » Mon intuition : « )

    1. Sauf que cela participe d’un « climat » détestable qui n’est sans doute pas étranger au fait que cinq députés de la FI ont reçu des menaces de mort.

    2. RV,
      La seule question qui vaille est : oui ou non y a t-il sur certaines questions des points de vue divergents existent au sein de la France Insoumise ? L’honnêteté intellectuelle voudrait il me semble qu’on réponde oui à cette question. Ces divergences ne datent pas d’aujourd’hui, elles existent depuis la création de la FI. Elles étaient mises en sourdine, car l’appartenance à la gauche était clairement affirmée.
      Ces divergences ce sont l’attitude vis à vis de la Russie de Poutine, à propos du protectionnisme, de la construction européenne. S’ajoute à la liste maintenant cette question concernant la stratégie à adopter pour arriver au pouvoir, certains maintenant verraient bien l’abandon du clivage droite-gauche pour capter une partie de l’électorat du FN (il ne s’agit pas de faire une jonction avec le FN, ce n’est pas ce que dit l’article) en adoptant une stratégie franchement populiste au point de reprendre à son propre compte certains des poncifs du FN, comme la prétendue inexistence du clivage droite-gauche. Bref sur toutes ces questions des clarifications sont nécessaires. Sinon une grande partie des voix qui auraient dû se porter sur Hamon au premier tour (dont la mienne) ne se reporteront pas une deuxième fois au profit d’un candidat insoumis. Or sans les voix de Hamon jamais Mélenchon n’aurait obtenu le score qu’il a eu. D’aucuns veulent maintenant abandonner l’union de la gauche en allant siphonner des voix au FN, c’est cause perdue, car en face, en sus du FN qui ne se désistera jamais en faveur de FI, il y aura aussi Wauquiez qui s’en va draguer l’électorat FN et soulignons-le reprend à son compte le clivage super riches/ reste de la population et n’exclue plus une dose de protectionnisme.

      C’est trop facile de pointer des divergences quand il y en avait au sein du PS et de détourner le regard lorsqu’elles existent au sein de FI.

      1. @ Pierre-Yves Dambrine

        Il me semble que vous enfoncez une porte ouverte mais je peux me tromper. Le mouvement de la FI se dit être par nature, par construction une additions de sensibilités diverses qui se reconnaissent dans un programme de société, ce que vous résumez par « l’appartenance à la gauche était clairement affirmée ».

        Très franchement, ne participant ni de près de loin à la vie de ce mouvement, même si par ailleurs j’estime que c’est la seule proposition crédible aujourd’hui à gauche, oui, j’emploie ce terme de gauche que la FI récuse, je ne perçois pas ce qui vous fait voir des divergences vis à vis de l’attitude de Poutine, du protectionnisme et de la construction européenne. Que vous même ayez des divergences avec ses positions je peux l’entendre. Envoyez moi quelques liens pour éclairer ma lanterne, je vous en serai reconnaissant.

        En ce qui me concerne, je l’ai écrit ici même, l’U€ n’est pas réformable, position incompatible avec le plan A de la FI, seul le plan B devra être mis en œuvre si l’on prétend réellement appliquer une politique économique qui tourne le dos aux dogmes qui sont développés dans le traité de Lisbonne.
        Pour ma part le protectionnisme, qui n’est ni un tabou ni une incongruité, a toute sa place dans une économie relocalisée qui tournera le dos à la globalisation source de dumping planétaire et d’émissions de CO2 et je n’ai rien lu ou entendu émanant de la FI qui s’y oppose.
        Quand à l’attitude vis à vis de Poutine vue à travers les déclarations de la FI elles me semblent assez cohérentes et sans ambiguïté, encore faudrait-il parler ici non pas de Poutine mais plus généralement de la Russie, condamnation pour la Crimée, affirmation/confirmation de son rôle de partenaire historique de la France, refus de sa diabolisation, reconnaissance de ses accords avec la Syrie qui datent d’avant le conflit, etc.

        L’abandon du clivage gauche-droite est effectivement le choix stratégique de la FI. Pour ma part c’est une erreur mais je comprends le pourquoi de la chose et il a été exprimé ouvertement en tant que tel, c’est à dire une réponse au discrédit à la notion de gauche porté par les choix politique du PS au pouvoir. Que le FN soit aussi porteur de ce discours ne m’a pas échappé, mais à qui voulez vous faire croire qu’il puisse y avoir une convergence sur le fond ?

        Les électeurs du PS qui se sont reportés sur Mélenchon ne vont pas récidiver dites vous si il n’y a pas clarification sur la « ligne ». Peut-être, mais pour moi elle n’a pas bougé.

        Quand au siphonnage des voix du FN, c’est une piste pour augmenter son assise électorale, reste à les convaincre que le discours social de Le Pen est une arnaque de première grandeur, mais le réservoir le plus abondant est sans nul doute les abstentionnistes et c’est bien cette voix qui est mise en avant. Siphonner les électeurs du FN ne veut absolument pas dire que le FN serait amené à se désister en faveur de la FI, vous savez bien que cela n’a aucun sens de l’entendre de cette façon.
        Quand à Wauquier et à son mouvement qui pourra-t-il bien convaincre de cet emprunt à la gauche ?

      2. RV, c’est pas le sujet, mais la globalisation , bien qu’elle l’aggrave , n’est pas la cause des émissions de CO2 et autres GES.

      3. @ Pierre-Yves Dambrine
        Votre lien date de mars 2015, à l’époque il était question du FdG et pas de la FI qui a été créée un an plus tard en 2016.
        Depuis Clémentine Autain siège avec la FI sur les bancs de l’Assemblée Nationale. La FI est donc bien composée comme elle le prétends de plusieurs sensibilités qui ont comme liant un programme de gouvernement.

      4. RV arrêter la globalisation n’arrêtera pas les émissions dues aux transport.
        Par exemple les emissions de GEs dans l’UE en 2013 c’est ça:
        – Part de l’industrie de l’énergie : 39 % ;
        – part des transports : 26 % ;
        – Part du résidentiel/tertiaire (chauffage, climatisation…)
        – de l’agriculture : 21 % ;
        – Part de l’industrie manufacturière et de la construction : 15 % ;
        http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lessentiel/ar/199/0/emissions-gaz-effet-serre-lunion-europeenne.html

        Pour info Les pays développés doivent grosso modo réduire par 4 leurs émissions d’ici à 2050 pour limiter le rechauffement à +2°C.

      5. @ Arnaud
         » …/… arrêter la globalisation n’arrêtera pas les émissions dues aux transport. …./…  »
        Ok, personne n’a dit cela, mais prendre en compte les émissions dues au transport autour de la planète dans nos décisions politico-économique va dans le bon sens.

      6. Appelez ça comme vous voulez, pour moi la messe est dite, certaines positions qui s’expriment travers ces diverses « sensibilités » sont pour certaines d’entre elles incompatibles entre elles.
        D’où la nécessité d’une clarification. Clémentine Autain fera-t-elle scission ou pas, je n’en sais rien, elle sait ce qu’elle à faire, mais en ce qui me concerne je sais ce que j’aurai à faire si les relents de nationalisme, de rejet de l’Union, qui sont présents dans le mouvement, et maintenant les velléités d’abandon d’union de la gauche persistent.

      7. RV vous avez dit ceci
        « Pour ma part le protectionnisme, (…) a toute sa place dans une économie relocalisée qui tournera le dos à la globalisation source de dumping planétaire et d’émissions de CO2 »
        et ensuite
        « le transport autour de la planète est une des sources majeures des émissions de CO2 ».

        Mes réponses voulaient insister sur le fait qu’arrêter la globalisation n’aurait probablement qu’un effet limité sur la contribution du transport aux émissions de GES.
        Globalement les principaux leviers de réduction des gaz à effet de serre reponsent principalement sur la réduction de la demande énergetique, la décarbonation des sources d’énergies, l’introduction de taxes carbones au bon niveau.
        Tous ces points sont rpis en compte dans les negos internationales et au niveau de l’UE aussi.
        Sinon sur la taxe carbone document en français
        – rapport Alain Quinet en 2009
        http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/094000195.pdf
        – une présentation de 2015 de ses travaux.
        http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/5._alain_quinet.pdf

      8. @ Pierre-Yves Dambrine
        Ce que vous qualifiez de relents de nationalisme ne sont qu’affirmation de souveraineté, encore un mot qui pourrait vous inciter à tourner le dos à ce mouvement qui prétend combattre la dictature mondiale des oligarchies du capital financier globalisé.
        L’U€ n’est-elle pas un accord entre Nation ?
        Vous parlez de rejet de l’Union avec un « u » majuscul, que sous-entendez-vous par là ? Ce « u » majuscule a pour moi un relent de TINA.
        La dénonciation des traités aujourd’hui au programme de la FI est dans la droite ligne du « non » au référendum de 2005. L’un comme l’autre sont un rejet de cette U€ là aujourd’hui et maintenant et pas d’une Union fantasmagorique qui n’existe que dans nos rêves.
        Quand à l’abandon de l’union de la gauche (vous employez le vocable de 1980 !) il est belle et bien acté, pour ma part je n’ai aucun doute à ce sujet.

      9. @ Arnaud
        De mon pont de vue il ne faut pas globalement cantoner la réduction des gaz à effet de serre à la réduction de la « consommation d’énergie », mais bien à celle qui émet du CO2, en fait le recours aux « énergies fossilles carbonnées », ce qui reste valable pour la production industrielle et les transports.
        Si demain, par exemple, la technique nous permet d’améliorer significativement les rendements des panneaux solaires voltaïques nous n’aurons aucune raison de ne pas y avoir recours, sauf épuisement des ressources minières nécessaire à leur production et possibilité technique d’équilibrage des réseaux de distribution.

      10. Hervé

        On ne va pas refaire toute la campagne électorale. Vous connaissez très bien mes arguments, je les ai détaillés, avec d’autre commentateurs, maintes fois. Tout comme je connais les vôtres, même si vous n’êtes pas le plus acharné dans la défense des positions de FI. 😉
        Sur l’Union avec une majuscule, c’est parce que j’essaie d’être pragmatique. Si le préalable est de rejeter l’Union comme fait, alors il n’y a plus rien à discuter. Or l’Union de fait, c’est L’Union. C’est à dire l’état dans lequel se trouve cette institution, avec le nom qui la désigne à tel moment de la construction européenne. Pour renégocier les traités on commence pas mettre la table à l’envers, on garde la table existante, et on essaie de renverser le rapport de force, pour faire de l’Union quelque chose de plus consistant. Ou alors qu’on dise qu’on refuse d’emblée toute négociation. Or Mélenchon a eu une attitude à mon avis à la fois non constructive et irréaliste, car ambigüe.
        Non constructive parce qu’il a sans nuances, ou si peu, désigné l’adversaire que serait l’Allemagne. Il a fait plus que de chercher en Mme Merkel une adversaire, il a relié l’attitude de la chancelière à ce qui serait un atavisme Allemand. Il a même consacré tout un livre à cela, faudrait tout de même pas l’oublier !
        Irréaliste parce que son plan B était en réalité sa seule carte, excluant la possibilité d’une négociation, et donc s’enfermant dans le pari fou du tout ou rien. Cela au moins Varoufakis l’avait compris qui a acculé ses adversaires à montreur leur jeu. Ce à quoi il est effectivement parvenu, ainsi il y eu la fameuse saillie de Juncker, sur le coté superfétatoire de la démocratie dans la crise Grecque. Varoufakis a finalement perdu, mais il aurait pu aussi l’emporter s’il avait été soutenu par ceux qui se prétendaient socialistes dans l’Union. Et à commencer par son acolyte Tsipras qui a trahi ses électeurs.

      11. RV,
        Quand je parlais de réduction de la demande d’énergie je parlais d’énergie primaire càd celle qui est en « amont » de la société, et qui déclinera en énergie utile au bout de la chaîne.
        Aujourd’hui à l’échelle Mondiale l’énergie est carbonée tres majoritairement: électricité, chauffage, transport, production agricole ou industrielle, cuisson des aliments dans le pays pauvres, vous aurez surtout « brûlé » un combustible fossile ou synthétisé un gaz à effet de serre industriellement ou biologiquement (CO2 « non biologique », CH4 « energetique », exces de CH4 biologique -rumination, exces de N2O biologique et industriel , SF6 … ). Et le PIB est empiriquement corrélé à la consommation d’énergie (sauf à quelques exceptions comme la Suede qui a une taxe carbone elévée depuis les année 90).
        Donc indépendamment de l’effort et de la capacité de substitution de l’énergie carbonée par des énergies non carbonées ça a donc du sens là, maintenant, tout de suite de réduire la demande énergetique pour réduire ces émissions et tenir la limite de +2°C. (Avec le fameux facteur 4 (-75%!!!!!) de réduction des émissions d’equivalent CO2 pour 2050 pour les pays développés, bien sur sans avoir fait les porcs d’ici là. )
        In fine ça necessite, avec la taxe carbone, la transformation de la société et du modèle productif. Si on y ajoute la gratuité pour l’essentiel de Paul Jorion ou y ajoute un élément important aussi. Derrière cette réduction énergétique il y a une idée de réduction en amont de l’utilisation des ressources terrestres. Plutôt que le discours qui consiste à dire que les Energies renouvelables seront suffisantes, la société restant inchangées dans ses besoins par ailleurs.
        Elément important de cette réduction de la demande c’est l’efficacité énergétique qui est là, maintenant, tout de suite un poste qui fait immédiatement gagner une réduction tres significative des émissions (et qui est rapidement rentable pour ceux qui le déploie, réduction des coût des combustibles, santé etc etc).

      12. @ Arnaud
        Ok, à l’instant t réduire la consommation d’énergie réduit de fait les énergies carbonées, seules en cause dans les émissions de gaz à effet de serre, encore faut-il le préciser, autrement vous semblez prêcher pour une décroissance aveugle.

    3. Je profite de votre commentaire pour compléter ma modeste intervention plus haut :

      Le journal « Marianne » étant en passe d’être racheté par le groupe Czech Media Invest, il est intéressant de lire ceci :

      « Le groupe Czech Media Invest, cofondé et dirigé par le milliardaire Daniel Kretinsky a été très actif en France ces derniers jours, pays dont il souhaite faire le « pilier de sa stratégie d’expansion internationale (…) Daniel Kretinsky copropriétaire du club de football  » Sparta Prague », « avait été cité, selon la presse, dans l’enquête dite des Panama Papers pour la possession d’une société basée dans les îles Vierges britanniques ».

      Le Journal de M.Dély est donc en redressement judiciaire et en passe d’être vendu.

      ( Source / Huffigtonpost)

  13. Pour voir que rentrer dans le monde de la « vraie » communication (comment ça se passe vraiment vraiment) n’est pas plus évident aujourd’hui que de rentrer dans le monde du vrai capitalisme (dans les cercles du CAC 40 ou ceux que décrivent les Pinçon-Charlot, etc.), cette interview du Guardian d’une experte en propagande, Ms. Emme Briant, est révélatrice :

    https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/apr/20/cambridge-analytica-propaganda-machine

  14. Génération.s non merci ! Benoit Hamon n’a aucun sens politique . Le minimum était de quitter le PS avant les élections présidentielles : il était évident qu’il allait avoir un score catastrophique ainsi. Comment était il possible encore de voter PS à ce moment là, d’assumer donc le bilan de François Hollande, à moins d’avoir une situation suffisamment confortable, hors sol des réalités économiques du moment ou d’être profondément masochiste ? C’est donc l’homme qui, malgré l’évidence, a préféré se maintenir, faisant ainsi passer les intérêts de la maison PS avant le risque d’une Marine Le Pen au second tour. Et cela, c’est impardonnable !

    1. Au choix:
       » On ne tire pas sur une ambulance ». Françoise Giroud.

      « Un taxi vide s’arrêta rue de Solférino, Benoit Hamon en sortit. » Adapté d’une vieille blague Britt.

      Ne transformez pas votre déception en bile amère. Peut-on ne pas pardonner à l’inexistant?

    2. Hamon était pile à la transition, les sondages l’avaient monté jusqu’à 15%, décrocher après cela aurait tout autant revêtu des airs de trahison. Il n’y avait pas de solution agréable côté PS.

      1. Si il y avait une solution pour le PS aux dernières élections présidentielles. Il fallait que la direction du PS accepte les résultats de la primaire à gauche, et leur choix clair et net pour la candidature Benoit Hamon, sur une ligne frondeuse.

        De là il fallait organiser un Congrès extraordinaire du PS . Pour que les délégués puissent vaincre les réticences de l’aile droite de l’appareil. Exclure ceux qui malgré tout, se rangeaient derrière Macron. Mettre en ordre de bataille électorale au contraire, le parti derrière le candidat indiscutable. Fort de la solidité de notre construction politique, rechercher des alliances, non pas en ce mettant à genoux devant un démagogue populiste nationaliste, mais en passant des alliances et une entente , de directions ouvrières à directions ouvrières. Il fallait interpeller les directions PCF LO et NPA, et les appeler à la constitution d’un front unique ouvrier.
        En échange de leur soutien dès le premier tour à la candidature Hamon,

        leur promettre (faute de proportionnelle) de leurs libérer nombre de circonscriptions gagnantes aux législatives.

        Leurs promettre l’abrogation de la loi El Khomery, et pour financer les besoins sociaux immenses dans le pays, des comptes au patronat ayant profiter de la manne du CICE.

        Plus que des comptes le remboursement des 40 milliards d’euros, n’ayant crée aucun emploi, et ayant finit dans la spéculation. Cette simple annonce aurait garantit la victoire au la main à Hamon.

        Au lieu de ça, qu’avons nous dans le pays ? Un ayatollah libéral qui menace le pays d’une guerre civile !

        Un PS et un PCF en ruine ! Un LO et un NPA dans un état proche. Une France Insoumise comme seule alternative (autre que celle de l’alliance des droite), qui garantie à la bourgeoisie française, qu’au pire, le pays restera dans le cadre d’une république bourgeoise.

        J’étais le premier à voter Hamon au primaire à gauche. Je dois aussi être le premier, à avoir dénoncé son immense erreur politique à avoir quitté et abandonné le PS à sa dérive libérale.

        Jaurés réveille toi, ils sont devenus complètement fous !

      2. @ Eninel ( j’ai encore les doigts écorchés)

        1) le Congrès, forcément salvateur, c’est une manie? d’ailleurs, vous avez oublié de pré-écrire la résolution qui aura rassemblé le plus de suffrages et nous la faire lire. Je n’ose avouer qu’elle manque.

        2) Le CICE, sa pompe et ses œuvres, c’est bien plus que l’aumône de 40 milliards, même du temps de l’infortuné. Et c’est là où vous vous trompez grave: la corruption du CICE,ou autres sigles pour une réalité bien précise, est tellement étendue que le premier clampin venu peut rêver en recueillir quelques miettes. Ce que , vous et moi, mais surtout pas lui, savons strictement impossible, par construction et destination. N’avez-vous jamais estimé admirable avec quel soin nous sommes mis à l’abri des tentations de la corruption? Infatigables gouvernements si soucieux de la santé morale des masses!
        Dans ces conditions, le clampin plein d’espoir ne lui aurait jamais donné son suffrage si Hamon avait fait ce que vous proposez, après ou avant un congrès. D’ailleurs tout le monde s’en fout. Vous ne semblez pas conscient de la profondeur de l’atteinte. Changez de nom, et je verse une larme avec vous.
        (Nan, je plaisante, je ne tape que des 2 index.)

  15. @ Eninel

    Vous étiez dites-vous …. » le premier à voter Hamon aux primaire à gauche  » ? …non, monsieur, vous étiez le premier à voter Hamon aux primaires du P.S, nuances !

    Du P.S…pas de la Gauche. Votre manie d’hégémonie écrasante vous aura encore fait fourcher la langue, visiblement…

    Mais oui, mon cher monsieur, nous au P.G, soit nous l’avions quitté il y a déjà plus de dix ans votre très cher parti de notables ou alors nous n’y avions jamais mis les pieds !

    Alors, de grâce, gardez je vous prie vos propos outranciers voire largement insultants, pour vous. Merci.

  16. Comme je suis dans une phase inquisitrice , je me demande si Romain Vitorge , RV et Hervé n’ont pas une bonne raison d’être d’accord entre eux dans leurs commentaires , au demeurant pertinents .

    Réflexe acquis en apprenant que , cette dernière décennie, il était de bon ton de louer des figurants dans les congrès .

    Si c’est une coïncidence , mes plus plates excuses .

      1. @RV :

        Oui , mais lui je le connais depuis longtemps , et il se présente toujours avec la même carte d’identité .

        Un artiste , et un bon .

        Positif et rassembleur .

  17. En attendant ce matin le fascisme en col blanc à mis le bleu de travail… C’était quoi déjà ?… Ah oui salop de Mélenchon qu’a pas donné de consigne de vote pour le second tour….

  18. Encore un mauvais procès sans fondement contre la France Insoumise.
    Rouge-brun ? C’est original..
    On comprend bien que ne plus se référer systématiquement à la gauche c’est vraiment mal…
    Et pourtant, après 5 ans de Hollande, la gauche c’est le PS, une politique de classe qui s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs et de son successeur.
    Et pourtant, il y a le programme de la France insoumise, l’avenir en commun. Il y a même les livrets thématiques.
    Mais c’est ringard un programme. Non ce qu’il faut, c’est l’unité de la gauche, n’est-ce pas ? Sur quelle base ? Bin on s’en fout ce qui compte c’est l’unitay…

      1. Nous traiter de  » proto-fascistes  » ne vous honore pas M.Jorion. Personnellement, je conserverais bien évidement toujours de l’admiration pour votre personne, vos livres et vos vues mais je garderai longtemps vos derniers propos en travers de la gorge.

        Le propre de la bonne conscience Clintonienne bon teint, c’est qu’il voit le crime partout sur la Terre mais est aveugle des siens commis à grande échelle, sans compter à l’époque leur propre compromission et capitulation avec l’appareil Bushiste de sinistre mémoire et de terreur planétaire.

        Il me semble que les fameux  » proto-fascistes  » sont bien plantés dans le paysage et ce sont eux qui ont fait la courte échelle à M.Trump.

        Mais de tout cela, il ne faut pas parler.

        Au revoir Monsieur et bon vent car j’aurais tout de même plaisir encore à vous lire demain et aussi à promouvoir tous vos livres partout où je peux le faire.

      2. Oui : « proto-fascistes », c’est quand je suis dans un bon jour. Mais vous révélez une fois de plus le propre de votre type de pensée : le manichéisme. Si l’on critique Trump, c’est qu’on est un adulateur béat d’Hillary Clinton – c’est l’un ou c’est l’autre. Il faut choisir son camp : anti-américanisme primaire ou anti-communisme primaire, etc. Le rouge / brun adore le noir OU blanc.

      3. Encore de la promotion pour des nuances de gris ! C’est pourtant vrai qu’être tout blanc c’est aussi louche qu’être tout noir, pareil pour complètement fou, ou complètement raisonnable. Pur restera plus pur qu’impur, et le débat sur le sang impur dans « La Marseillaise » est moins clos que les maisons du même nom. Jules Renard, diabolique, interpellait Claudel à propos de « la tolérance » qui lui aurait répondu : « il y a des maisons pour ça ». Ah les maisons closes, plus chères, mais aussi hospitalières que les maisons du bon Dieu. Arrivés à l’autel, comment dénombrer les millions de morts ? Entre ceux qui ont lutté pour éviter le « socialisme » et les autres qui ont lutté pour y arriver voire y demeurer ? Dieu reconnaîtra sans aucun doute les nuances de gris au jugement dernier et en attendant que les Paul potes s’en débrouillent !

      4. Un peu facile de ne pas s’impliquer dans la FI et de constater qu’elle passe aux mains des rouges/bruns. Si les modérés s’étaient un plus impliqués la FI serait d’autant plus résistante aux sirènes du brun/rouge. Au lieu de cela ils ont préféré faire bande à part en permettant avec leur 6% d’avoir le FN au second tour, et le fascisme en col blanc au pouvoir. Pour l’IA vous avez dit vous même que vous préférez être partit prenante de l’aventure et espérez pouvoir apporter, le moment venu, quelque chose face aux écueils qu’elle pourrait rencontrer ; mais pas pour la nouvelle Gauche Ecologique Dure (dont l’avènement est aussi inexorable que celui de l’IA), rien du tout, rejet en bloc… Je ne me l’explique toujours pas. Si on avait eu un peu plus Trotskys pour faire le poids face aux Stalines on aurait peut être sauvé pas mal de millions de ces morts… ? Si Hamon avait rallié la FI non seulement il serait droit dans ses bottes en frondant en cas de dérapage de LFI mais il aurait aussi sauvé l’idée d’une possibilité pour une gauche modérée, chose qui à complétement disparu du paysage politique à ce jour. Forcément le FN se frotte les mains.

      5. Pas assez impliqué, Dup ? Vous rigolez ? Vous rappelez-vous la volée de bois vert reçue ici lorsque Cédric avait publié ce billet : https://www.pauljorion.com/blog/2017/04/17/melenchon-ou-hamon-le-pari-irresponsable-et-dangereux-par-cedric-mas/ ????

        Ça n’aura pas été faute de tirer la sirène d’alarme depuis un bout de temps sur le cas « FI » et surtout Mélenchon et ses acoquinements dégueux. C’est pas Kuzmanovic qui lui souffle à l’oreille quand le lider minimo ose balancer un « Les USA soutenaient en sous-main Daech en Syrie » ? M’est avis que si. Et ce sera pas faute d’avoir averti, alors maintenant faut pas venir nous reprocher de ne pas avoir averti et de ne pas s’être impliqué. On peut pas faire le ménage à la place des intéressés.

      6. DUP

        Lors des élections, il y a pas mal de gens qui se sont impliqués, et qui le regrettent maintenant amèrement, c’est tous ceux qui avaient l’intention de voter pour Hamon et ont finalement et benoîtement apporté leurs voix à Mélenchon.

        Résultat des courses, Mélenchon ignore superbement tout ce qui a gauche n’est pas Mélenchon-FI, pensant sans doute élargir sa base électorale sur des thèmes pas forcément de gauche.

        Hamon qui aurait dû rallier Mélenchon, avec le recul, c’était vraiment la dernière chose à faire !

      7. S’impliquer dans un mouvement ce n’est ni taper dessus ni simplement voter c’est travailler depuis l’intérieur. C’est la première fois qu’en France un mouvement avec un programme écologique aussi ambitieux à réuni autant de voix au premier tour. Forcément vu l’urgence si on veut être vraiment écolo il vas falloir bousculer pas mal de libertés individuelles d’ou la nécessité d’avoir un courant de modération puissant au sein de la FI pour marquer des limites. Mais bon, on parle encore de la Syrie, de Poutine et du Vénézuela comme d’habitude… Pendant ce temps là Fessenheim redémarre et Macron fait de l’oeil a Trump tout en passant des lois antimigrants appuyées par le FN et en détruisant ce qui reste de services publics. Le proto-fascisme il est au pouvoir ouvrez les yeux!

      8. « l’idée d’une possibilité pour une gauche modérée » Dup 26 avril 2018 à 14 h 50 min

        Une « gauche modérée », ça a mené aux impasses d’économie-politique actuelle. Définir le qualificatif de gauche est toujours une bagarre de définitions, de limites, de bords, de frontières, avec ses effets de camp. De nos jours il n’y a pas plus internationaliste que les multinationales, quand aux emprunts par l’extrême droite, la vieille pub à resservir : Canada Dry est doré comme l’alcool, son nom sonne comme un nom d’alcool… mais ce n’est pas de l’alcool.

    1. Pour être fidèle à la gauche il faudrait mettre dans sa poche son appartenance à la gauche sous prétexte que ceux qui se prétendaient de gauche ne l’ont pas été.
      Curieuse façon de relever les défis que de battre retraite en rase campagne. C’est se faire une piètre opinion du socialisme que de vouloir l’associer en priorité à ceux qui l’ont mal ou pas incarné.
      Manque d’idéal !

      On est de gauche ou bien on l’est pas. Ou alors autant balancer la gauche par dessus bord.
      S’il faut ne plus être de gauche qu’en pointillés, pour capter un électorat rétif, cela a un nom : démagogie.

      Qu’importe alors le programme si l’enrobage verbal dénonce un hors programme qui d’une manière ou une autre sera à l’ordre du jour une fois le candidat élu ?

      Si l’unité ne peut être que celle qui devrait exister sous la bannière de France Insoumise, c’est alors l’exclusivité que l’on pratique. Et c’est écarter d’emblée toutes les sensibilités qui s’expriment à gauche, seules les « sensibilités » présentes au sein de FI pouvant être admises. Ce n’est pas sérieux, c’est même voué à l’échec. Ou alors dans ces conditions la victoire ne sera plus celle de la gauche, mais bien d’un candidat populiste dans le plus mauvais sens du terme.

    2. Ce qui est ringard , ce sont les programmes que les français n’ont pas envie de connaître en majorité .

      Que ce soit de la faute des programmes ou de celle des éditeurs .

  19. Bien dit. Les électrices et les électeurs qui ont voté M.Macron n’ont jamais vu la couleur de son programme politique car non seulement il n’en parlait pas mais il disait à qui voulait l’entendre que « les programmes on s’en fout !  » … Quand la pensée complexe frise à ce point là, la stupidité, on se tape alors la révision de la constitution pour asseoir une nouvelle monarchie présidentielle renforcée, un dangereux strapontin demain pour un nouveau pouvoir plus autoritaire encore et une assurance pour y commettre des crimes protégés par la Constitution.

    1. Si c’était une réponse à mon commentaire juste au dessus , je précise qu’il visait tous les programmes explicites ou implicites présentés par tous les candidats ( éditeurs ) .

      Les Français , en majorité , n’y ont pas trouvé de quoi les satisfaire , et ont tranché en disant de quoi ils ne voulaient pas ou souhaitaient a minima préserver , dans la panoplie qu’on leur présentait .

      Macron n’a pas été élu principalement pour ce qu’il croit ou feint de croire , mais que dire de ceux qui n’ont même pas été foutus de faire mieux que lui au premier tour , et qui ont l’air de persister dans leurs certitudes qu’elles soient idéologiques ou programmatiques .

      En être réduits à se piquer des idées déjà tentées et éculées , et à manifester le dénigrement de l’autre pour garder sa virginité , ou au contraire la perdre pour augmenter ses « parts de marché » ou ses alliances d’opportunité , ça ne sert personne et surtout pas les français .

      Un programme , c’est l’inscription lisible et forcément contrainte , d’une envie dans le temps et l’espace .C’est la trace de l’envie, pas son détonateur .

      Commencez donc tous par donner envie à la majorité des français , pour leur rendre le sourire que vous n’avez plus ou pas .

      Et l’abstention reculera .

      1. J’ai hélas bien peur que ce soit fini l’époque de l’envie. Les choix politiques de demain se résumeront à une seule chose : comment organise t on la pénurie : d’énergie, de ressources, d’emploi etc. A droite toute chacun pour soi avec trois longueur d’avance pour le chrétien blanc ou à gauche toute tout le monde en chie autant et tout le monde se serre les coudes.

        Reste encore à expliquer au chrétien blanc que Jésus prêchait la seconde option…

      2. Jésus n’avait pas de cravate. Comme Mélenchon. Expulser les marchands du Temple est gênant, mais les expulser, impardonnable.

        PYD: La FI et l’Europe. Ils ont probablement une longueur d’avance. Voir François Leclerc et cet extrait:
        « […] l’Europe n’est pas viable et cela se manifestera à la première occasion.La construction d’une autre Europe doit être entamée. »

        https://décodages.com/2018/04/13/les-marchands-dillusions-europeens-baissent-leurs-rideaux-de-fer/

        Pourquoi la FI n’aurait-elle pas le droit de proposer ses idées pour cette reconstruction bien nécessaire ? FI est opposée à cette Europe-là, pas à l’idée d’Europe. Ce me semble parfaitement raisonnable. A en croire François Leclerc, cette impression d’échec et la désaffection sont partagées par beaucoup. Le pseudo-référendum de 2005 le montrait bien. « Ils » ont tenu pendant 12 ans pour aboutir à ce constat d’impéritie, assez pour être disqualifiés sans appel. Qui a peur d’une autre aventure? Que risquons-nous à tenter autre chose? Pourquoi craindre le changement ou même l’échec? Qui redoute une baisse des revenus? une perte de pouvoir d’achat? le désordre? La violence inter-classes? Ce qui nous attend exigera de nous des sacrifices, soit nous les prévoyons et acceptons dans l’ordre et la justice respectés, soit ils nous serons imposés, sans doute pas sans violences.

        Je précise que Mélenchon est accessoire ou transitoire. Les tentatives de diabolisation sont minables. En revanche le travail collectif de la France Insoumise est valable et mérite de durer et d’évoluer. Il est bon de rappeler que certaines de leurs propositions ont été volées à Paul et reflètent quelques idées évoquées ici. Je suis d’accord: un crime. Mais pour une bonne cause.
        Paul avait d’ailleurs admis qu’il était satisfait de voir ses idées diffusées et reprises. J’imagine bien qu’il ne pensait pas à la France Insoumise… Peu importe, tant que la démocratie n’est pas menacée. Elle ne l’est pas.

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