Qu’il y a du jeu dans le complotisme, par Nikademus

  • Nous sommes dans une période de transition entre 2 périodes historiques:
  1. celle qui finit de la gestion plus ou moins capable d’élites formées au gouvernement (au sens le plus général du terme)
  2.  une autre qui cherche à se définir et qui tente de se former autour d’un magma encore informe fait de consultation, participation, cogestion, coconstruction, etc. bref qui se voudrait “plus démocratique”, faite par “le peuple”. Quelles définitions émergeront finalement pour ces termes, c’est toute la question qui est en train de se décanter dans l’époque.
  • Les élites (dirigeantes, savantes, médiatiques, etc.) à la suite de tripatouillages pas clairs ont perdu la confiance de tous. Étant donné l’état actuel du monde, qui en doute, qui s’en étonne?
  • Le peuple ou si on préfère le pékin lambda que nous sommes tous en est conduit à se débrouiller quasi tout seul pour former une représentation et agir. C’est ainsi que l’on voit surgir un pharmacien énonçant une nouvelle théorie de la monnaie ou un notaire émettre son avis éclairé sur la vaccination. Nous pouvons tous être théoriquement (en droit) cet “outsider” qui révolutionne un champ, la question est de savoir si dans les faits nous avons tous été équipés, nous nous sommes équipés pour ça. La réponse la plupart du temps est non.
  • Plusieurs facteurs concomitants s’additionnent pour rendre l’émergence du nouveau chaotique (au sens de René Thom), on peut citer:
    • la sous-éducation chronique des populations à la fois aux processus de la vie collective (comprendre, s’informer, débattre, décider, construire à plusieurs) et aux caractères généraux du fonctionnement des sociétés (histoire, sociologie, etc.) = c’est plutôt à mon sens un quasi-miracle que le report de la compréhension du monde sur des interprétations complotistes et de leurs toujours renouvelés “deus ex machina” délirants ne soit pas plus généralisé. Todd a noté sur le champ la rapidité avec laquelle les Gj se sont élevés au-dessus de tout ça, et à quel point c’était une raison d’optimisme pour la suite.
    • dit autrement, jusqu’ici ça arrangeait tout le monde, et ça fonctionnait, de réduire l’éducation générale de la population à un vade mecum succinct (“instruction civique” du collège et lycée): “il y a des députés, et un président, vous votez tous les 5 ans, voilà c’est fini”. Et pareillement de l’histoire collège-lycée à: “il y a eu des dirigeants, des guerres, des périodes de crises où les gens avaient faim et d’autres d’expansion économique, voilà c’est fini”.
    • le saut qualitatif des expériences d’apprentis-sorciers : de la publicité et à sa manipulation des affects à petite échelle, aux réseaux sociaux qui forment et déforment aujourd’hui la quasi-totalité des consciences hystérisées et insécurisées “by design”.
    • Plus généralement, tout le matériel humain formé en Business Schools (et on sait que depuis le directeur d’hôpital jusqu’aux présidents des nations ils y passent tous) est formé à la manipulation du fond anthropologique hérité des périodes précédentes, comme s’il devait rester identique et non modifié par un processus qui a pris une ampleur généralisée.
  • on pourrait peut-être ramener l’essentiel de nos problèmes à l’apparente victoire sans partage de l’individualisme méthodologique, il est en train de s’auto-détruire sous nos yeux en détruisant les consciences, le langage, la réflexion. Ce n’est pas une maladie du peuple mais de l’époque. Le rapport par exemple de Messieurs Trump et Macron, aussi différents qu’ils soient, à la décision, au langage, au gouvernement, tombent sous le même diagnostic : le réel est censé correspondre à leur énonciation individuelle. Ils sont tout aussi fous que le reste d’entre nous…
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69 réflexions sur « Qu’il y a du jeu dans le complotisme, par Nikademus »

  1. Très bel état des lieux. Mais cette période de transition ne laisse t elle entrevoir aucune solution? Vous parlez de l’éducation, l’ individualisme et l esprit de compétition inculqué dès le plus jeune âge: n est ce pas la source de nos problèmes? La Chine qui semble Explorer de nouvelles formes d’éducation est-elle en passe de répondre au problème ?

    1. @O coo
      “La Chine qui semble Explorer de nouvelles formes d’éducation” ?
      Avec un carnet de notes sociale toute la vie avec des bons points quand on lit le livre du Parti et des punitions si on dit un mot de travers sur le même Parti. Cela me semble plutôt ancien comme forme d’éducation !

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      1. Oui la notation des individus et la surveillance généralisée présentée comme nos médias le font est une abomination. Pourtant nous vivons déjà dans une société de surveillance par l’intermédiaire de nos smartphones, et personne ne s’en émeut … Nous crions à la dictature numérique chinoise lorsque les médias présentent le paiement par reconnaissance facial, mais les occidentaux se dirigent la fleur au fusil vers ce type de contrôle “ludique”.

        Cet aperçu de la Chine est réducteur. Monsieur Jorion a parlé à plusieurs reprises de ce qu’il se passe en Chine.
        La propagande anti-chinoise de l’occident cache d’autres formes de pensée que nous ne voulons pas voir (par exemple l’administration de l’économie par les états commence à émerger chez certains économistes ).

        Pour en revenir au sujet de l’éducation:
        Filmer les élèves en classe pourrait être un moyen de détecter très jeune les affinités que chaque élève peut avoir avec telle ou telle discipline grâce à l’analyse des expressions faciales. Il en découle une éducation à la carte. Proposer une éducation calibrée pour chaque individu, n’est ce pas une forme de graal que pourrait proposer la technologie? Attention, je ne parle absolument pas de prédispositions génétiques qui sélectionneraient les individus à la naissance.
        Comme écrit dans le post, je ne suis certainement pas armé pour donner des solutions à nos méthodes d’éducation. Mais certains pays innovent et nous en parlons trop peu par dogmatisme.

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      2. J’acceptEt volontier l’objection d’une vision biaisée de la Chine au travers de notre prisme occidental.
        Toutefois, comme enseignant (école
        Primaire) j’ai utilisé les nouvelles technologies qui peuvent présenter certains avantages. Mais j’en reviens progressivement à la pédagogie Montessori que j’introduis progressivement. Croyiez moi, Maria Montessori s’attachait déjà aux intérêts de chaque enfant pour leur proposer d’avancer chacun à leur rythme en fonction de ce qui les intéressent. C’était il y a 100 ans et elle ne disposait pas de la reconnaissance facile d’un ordinateur 😉
        Il ne faut pas croire que l’outil fut il hautement technologique induira de fait tel ou tel éducation. C’est toujours l’intention de l’éducateur ou de l’institution au dessus qui définira le type d’éducation.
        Maria Montessori, c’était après la guerre de 14-18. Elle rêvait avec d’autres d’éduquer les enfants à la paix. En mettant de côté cette approche, il faut croire que nos institutions avaient d’autres visées en tête que l’éducation à la paix.
        Quelles sont les visées des institutions chinoises ?

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  2. “”Ainsi la conscience fait des couards de nous tous …”

    Qu’elle dissimule à l’être jeune quel rôle la sexualité jouera dans sa vie n’est pas le seul reproche qu’on doit faire à l’éducation actuelle. Elle pêche en outre en ne la préparant pas à l’agressivité dont il est destiné à être l’objet. En lâchant la jeunesse dans la vie avec des orientations psychologiques aussi peu justes, l’éducation ne se comporte pas autrement que si l’on équipait de vêtements d’été et de cartes de lacs italiens des gens partant pour une expédition polaire. On discerne là un mauvais usage des exigences éthiques. Leur sévérité ne ferait guère de mal si l’éducation disait : voilà comment devraient être les hommes pour être heureux et rendre les autres heureux ; mais il faut compter qu’ils ne sont pas ainsi. Au lieu de cela, on laisse croire au jeune que tous les autres suivent les prescriptions éthiques et sont donc vertueux. On justifie de la sorte l’exigence qu’il le devienne aussi.”

    1. Pour être instit et père d’une ado et d’un jeune adulte, je peux témoigner de ceci.

      Comme instit, je suis toujours un peu irrité qu’on imagine encore aujourd’hui que l’éducation se ferait principalement à l’école. Déjà autrefois (avant l’informatique et la télé), l’éducation se partageait entre les codes inculqués par la famille (parfois à coup de ceinture) et les codes de l’école (parfois pour préparer les enfants à aller se battre sur les champs de bataille). Aujourd’hui, l’éducation de la jeunesse se fait (ou le devrait !) d’abord dans la famille — et tout pédiatre vous expliquera que bonne partie de l’éducation se fait durant les 3 premières années, ce qu’oublient certains parents — , à l’école bien sûr mais principalement à partir des écrans sous toute leurs formes.

      Comme parent avec ma femme, nous avons freiné tant que possible l’arrivée des écrans à la maison (pas de télé sauf avec un lecteur de DVD quand même, un téléphone à touche au collège en 4ème et le smartphone pour la seconde du lycée) et ce n’est pas le cas dans toutes les familles (nous voyons arriver les smartphones en classe de Cours Moyen maintenant, avec la 4G biensûr). Les processus éducatifs ont une efficacité directement lié au temps d’exposition (au temps de cerveau disponible diront certains), alors essayez d’imaginer ce que représente le temps d’écran pour la jeunesse d’aujourd’hui, quand certains enfants dès le collège ont un smartphone qu’ils gardent avec eux même la nuit !

      Le seul constat que je peux faire avec mes deux casquettes de parents et d’instit, c’est que beaucoup de choses nous échappent à très grande vitesse. La seule chose à laquelle je me raccroche, c’est le temps passé avec mes enfants à discuter, à m’intéresser à ce qu’ils regardent et de me dire que je leur fais confiance. Le mode de réflexion de la jeunesse d’aujourd’hui, n’a plus rien à voir avec la nôtre. Ils fonctionnent beaucoup en “format court” (une vidéo de 30 min c’est énorme !). Ils ne cherchent plus vraiment à mémoriser, la ressource, ils l’ont dans la poche.

      Mon frère arrivant en fin de carrière qui travaille dans une grosse société d’aéronautique, me disait qu’ils reçoivent des formations pour communiquer avec les nouveaux ingénieurs qui arrivent !

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      1. Comme quoi il y a encore des endroits où l’on utilise la formation professionelle pour les vieux cadres, il ne faut pas désespérer.
        Mais pourquoi au sein de l’ “Education Nationale”, n’y a -t-il pas d’initiative spontanée ou descendue du sommet pour créer des formats courts 3″ de vidéo Dailymotion Vimeo ou Youtube sur des sujets ponctuels (leçon) d’enseignement en référence au programme, à réaliser par exemple au sein des classes et à promouvoir/sélectionner par voie de concours (like: follower) ?

      2. @ Ruiz :

        Pourquoi appeler de ses vœux des choses qui existent déjà et se multiplient à l’éducation nationale , en propre quand elle dispose des enseignants qui développent cette compétence , ou en partenariat avec des associations ou des institutions ( avec une équipe de France Inter par exemple qui intervient en collèges et lycées depuis près de deux ans ) .

        Les parents devraient mieux se renseigner sur ce qui se passe dans les classes de leurs enfants .

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      3. “Le mode de réflexion de la jeunesse d’aujourd’hui, n’a plus rien à voir avec la nôtre. Ils fonctionnent beaucoup en « format court » ”

        Le numérique a certainement accéléré les choses, mais je crois que la jeunesse toujours plus ou moins ‘fonctionné’ comme ça, moi compris pour autant que je m’en souvienne. 🙂
        C’est ensuite qu’on prend un peu plus le temps et on ‘creuse’ un peu plus…

      4. Peut-on envisager que le passage d’une culture de tradition orale, à l’écrit, à la radio puis à la télé enfin aux ntic, induise des câblages différents dans le cerveau ? Cela peut-il induire une expérience fondamentalement différente dans le rapport à soi, aux autres et au monde ?

        (Merci d’avance aux fortiches de la comprenette 🙂 )

      5. Un commentaire à votre dernière phrase. Dans la même société aéronautique ???? – il y a une quinzaine d’années, j’ai rencontré une jeune dame à la tête bien faite et compétente dont le travail – en temps partiel très bien payé – était d’assurer la communication entre les ingénieurs allemands et français qui ne se comprenaient as et ne se parlaient presque plus : c’était à elle de provoquer des réunions de travai pour faire avancer les projets en cours !

      6. Salut 2Casa,

        Je rebondis sur ta remarque et approfondi l’interrogation initiale.

        Bon attention énorme spoiler à suivre, petit à petit nous sommes amené collectivement à prendre conscience que nous vivons dans une simulation informatique, si on veut bien y réfléchir un peu c’est assez évident. Mais je t’ai rien dit !

      7. @2Casa
        Je me souviens d’une intervention du regrété Michel Serre qui notait qu’avec l’apparition et la généralisation du livre, tout un pan de l’élite de l’époque pensait qu’avec le livre nous allions perdre de la méméoire et devenir idiot. Il expliquait que certes nous avions perdu de la capacité de mémoire par rapport à nos ancêtres de culture orale mais au niveau du cerveau, ce que nous avons perdu était de la mémoire de stockage (essentielle dans une culture orale) et en parallèle cela avait libéré de la mémoire de travail. Ainsi notre cerveau moins figé sur le stockage fut en partie libéré pour plus de créativité.

        Quand j’étais enfant, dans la pauvre bibliothèque familiale de mon père ouvrier, il y avait la Grande Encyclopédie Larousse en 11 volumes de plus de mille pages chacun. Autant dire qu’on ne l’ouvrait pas tous les jours et qu’il fallait être vigilent sur les articles historiques puisque l’Algérie y était encore française. Le savoir était là entre ces deux planches d’agglomérés recouvert de formica noir.

        Aujourd’hui, mon fils, confiné dans son petit studio d’étudiant en première année d’école d’ingénieur, me confiait ses difficulté en math surtout avec seulement des cours en visio. Mais il a fini par trouver sur le net des cours qu’il apprécie beaucoup et auxquels il s’est abonné. Déjà lors de son entrée en seconde, je lui demandais pourquoi tous ses manuels scolaires restaient désespérément empilés et fermés sur un coin de meuble de sa chambre. “Mais papa, me dit-il, regarde je viens de télécharger une appli sur mon téléphone sur laquelle j’ai tous les cours de seconde !”

        Les enfants d’aujourd’hui, vivent avec le savoir du monde dans la poche presque actualisé en temps réel. Malheureusement ce savoir est noyé au milieu d’un fatras incroyable et la grande compétence à avoir, c’est de savoir faire le tri.

        Je pense que les cerveaux des jeunes d’aujourd’hui franchissent un seuil similaire sinon supérieur à ce qui a pu se passer dans la transformation de l’usage du cerveau avec l’arrivée du livre.

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      8. @2 Casa :

        Sans avoir vraiment creusé votre question , il me semble qu’il y a deux familles d’analyse sur cette recherche d’impact des outils de connaissances ( et de jeu ) sur les esprits en formation :

        – modification éventuelle du fonctionnement du cerveau voire de sa substance , à explorer par des neurobiologistes et spécialistes des “comportements “.

        – repérage des types de comportement préexistants qui sont favorisés ,” d’inné ” , par les nouveaux outils , de la même façon qu’on a pu déjà prétendre que des conditions d’environnement particulières ( physiques et/ou culturelles ) donnaient un ” avantage” et “préparaient” certaine générations d’individus tous un peu semblables . ( Si c’est le cas , et en me référant à la typologie ” interpersonnelle” , on est en train de préparer une génération de ” observateurs , indépendants , froid s, discret s, distants , intellos sachant tout, précis , vides intérieurement).

      9. @ juannessy
        Des “observateurs, froids, distants, … vide intérieur”, et dont la géographie dessinerait alors, en négatif, les domaines laissés aux complotistes, alors : font fi de l’idée d’observer, font grand cas de la chaleur humaine qu’apporte l’idée qu’ils partagent quelque chose (une “idée” farfelue ou pas qu’importe, ils la partagent et se donnent de la protection ainsi) etc.
        Intéressant point suivant lequel les mêmes ressorts techniques (écrans/réseaux/éloignement du livre) feraient d’emblée prospérer les deux “tribus”, l’une un peu trop technocratique (“froids, distants”, observateurs quand même, pas comme Macron) et l’autre “chaleureuse” comme la fièvre paludéenne privée d’HCQ, mais prompt au complotisme tel qu’il s’est développe (l’émission le bien public en parlait ce midi, vers 11h30 sur FQ avec notamment Aurélie Filipetti, personnalité qui a connu à la fois les appareils –partidaires ou gouvernementaux–, et la “vraie vie”, et qui malgré sans doute des faux pas ici ou là a des remarques intéressantes)

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    2. @Timiota :

      La soumission au complotisme et au conspirationnisme n’est pas le privilège de l’un ou l’autre des 9 types de l’ennéagramme ( “observateur” n’est que l’un des neuf ) , mais plutôt un piège dans lequel tous les types comportementaux peuvent tomber quand ils sont ” en détresse” ou en version “survie” ( c’est aussi comme ça que c’est analysé dans la méthode P2L que j’utilise plus volontiers ) .

      On tombe en “détresse” quand on est nié ou pas reconnu dans sa qualité propre et qu’on devient incapable de “voir les autres ” , voir ” le monde” . On y tombe avec son vice propre quand ça arrive , qui est différent entre chaque type .

      J’avancerais ainsi que la société tombe dans le conspirationnisme , quand une majorité des groupes comportementaux se sent exclus et ne comprend plus le monde , par chaque aptitude particulière , ou par le sentiment que les qualités différentes de l’autre ne répondent plus à son appétit de compréhension et d’intégration du monde .

      Tous les types ne “souffrent” donc pas de la même façon et avec la même intensité des “disruptions sociétales” .

      Les médiateurs , loyaux , battants ( tous les trois Yin et Yang à la fois , et ils sont les seuls ) seront plus résilients dans cette situations et continueront à chercher des issues vendables à tous .
      Les leaders , perfectionnistes ,altruistes , romantiques, observateurs , épicuriens céderont plus volontiers à leurs excès et travers particuliers .

      Là , je me contentais de faire l’hypothèse que les moyens NTIC modernes d’apport de connaissance , pouvaient , à constater l’attitude de nos enfants et ados , favoriser l’expansion de la population des ” observateurs ” avec leurs qualités et tares , donc sans lien net avec la situation chaotique de nos sociétés . Réponse dans une dizaine d’années .

  3. A partir de mn 25:30 :

    https://www.franceinter.fr/emissions/le-grand-face-a-face/le-grand-face-a-face-14-novembre-2020

    Selon moi , que ce soit l’organisation institutionnelle ou ce que vous appelez le “peuple ” , la même maladie , parce que la même contrainte , frappe l’humanité ( et plus spécialement les sociétés “évoluées” ) : la machine terre ne nous supporte plus dans notre comportement et notre expansion . C’est une prise de conscience encore diffuse mais qui se propage vite , et qui provoque l’angoisse ( pas d’issue ” bonne” facilement imaginable ) .

    L’angoisse des institutions ( quelles qu’elles soient dans leur état actuel ) les poussent à l’autoritarisme potentiellement violent , ou aux rêves de “croissance”.

    L’angoisse des “peuples ” les poussent à l’irrationnel délirant , potentiellement violent , et au complotisme ou conspirationnisme , pour se rassurer et y trouver des poupées expiatoires . C’est la pensée magique des temps archaïques .On peut y sacrifier des vierges pour apaiser les dieux .

    Ces deux dérives ne peuvent conduire qu’à la fin du film , plus ou moins rapidement selon l’une ou l’autre , et selon leur scenarios .

    C’est pour ça que des issues telles que celles proposées ici :

    https://www.pauljorion.com/blog/2020/11/10/jorion-galpin-express-comment-sauver-le-genre-humain-pour-gens-presses/

    arrivent à temps , et que ce qui y parait utopique sera bientôt une nécessité évidente pour éviter la fin de l’Histoire .

  4. “… le réel est censé correspondre à leur énonciation individuelle…”
    c’est le propre de la “para – noïa” +++
    libre à vous de penser que nous sommes tous fous de la même manière , ce que l’on peut dire autremment : ” restent-ils parmi nous des fous qui puissent se guérir ? ” de cette dénégation du réel parfaitement illustrée , et là je partage votre intuition , par l’évolution de la crise en cours .
    le vertige individualiste est totalement amplifié par la proto-conscience dont on gratifie ce virus ( on va même jusqu’à lui prèter une “stratégie” ).
    je pense qu’il ne faut effectivement pas tomber dans le piège du pharmakon représenté par le terme “complotisme” , terme utilisé par les paresseux pour éviter l’angoisse de celui qui se penche sur le vide induit par l’absence de savoir , angoisse que l’on peut partiellement combler justement par la volonté d’en savoir plus et ainsi oser explorer l’inconnu.
    c’est sûr que c’est un terrain déconseillé pour les peureux.
    quand à l’image des deux périodes historiques , il s’agit de bien situer la charnière entre ces deux périodes et à quelle période antérieure on pense .
    depuis plus de dix ans qu’il m’arrive d’intervenir sur ce blog , j’ose dire :
    1-la Shoa , comme charnière .
    2-l’occident gréco-latin (depuis 2500 ans) pour la période historique que nous quittons .
    ca fait un sacré paquet de paradygmes à remettre en cause , ca ne va pas ètre facile , ni rapide .

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  5. Si je peux aider à remettre les paradigmes en cause, ce sera avec plaisir. Mais je ne suis qu’une femme d’images, pas un homme de sciences fussent elles sociales. Autant dire rien. C’est peut être ça le problème…non?

  6. Il y a du je et du nous.
    Genoux on voit, nous sommes tous en culottes courtes.

    En période de bifurcation on ne comprend plus rien à ce qu’il se passe. Nous y sommes.
    Lorsque la réalité vous glisse entre les doigts et que tout échappe à l’entendement, le recours à l’Histoire peut aider. Aider non pas à stopper le cour du fleuve mais à trouver un abri pour réfléchir.

    Suivre en 2018 Dante dans son Enfer ne fut pas un hasard du calendrier. Non, la recherche d’une meilleure écoute à ces temps qui se dérobent à l’entendement.

    https://hervey-noel.com/livre-dante-et-le-val-denfer/

    1. Ça vous gratouille ou ça vous chatouille ?

      Ça disrupte ou ça bifurque ?

      Ça cahote ou ça chaote ?

      Pour les business schools qui ne font que des clones idiots , ça n’a rien d’étonnant quand on voit des professeurs comme Paul Jorion raconter ce qu’il raconte à l’ENSAE ou Sciences PO , et des élèves comme Vincent Burnand Galpin à l’ENSAE ! M’étonnerait pas qu’ils finissent directeurs d’hôpital .

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  7. En effet, avons nous sous nos yeux une époque de disruption non plus spécifique a tel domaine mais “s’expansionnant” a tous les champs humain ? C’est une question qui me viens juste comme ça… Car la destruction de la conscience, du langage et de la réflexion fait penser à un trou noir en expansion, qui tourne autour de l’avenir des êtres humains.
    Car le déni majoritaire amènera t-il hélas peut-être à une folie majoritaire ? Prendre soin est fondamental.

    1. Quand on commence à voir “un trou noir qui tourne autour de l’avenir humain “, il faut au moins prendre soin de sa propre santé …

      1. L’imagination ou le lâchement de l’esprit, cela vous dit quelque chose ? Il y a des tonnes de livres sur le sujet…

      2. J’imagine bien , et même il m’est arrivé de prêcher l’imagination , mais je n’avais encore jamais lu qu’un trou noir , surtout en expansion , pouvait tourner autour de l’avenir humain , même si je conçois que l’humain puisse tourner autour d’un trou noir pour y voir son avenir .

    2. C’était un peu le questionnement de Bernard Stiegler.

      Sa pensée de la technique lui faisant voir les “ruptures” puis les “réadaptation” et “adoptions” en divers stades qu’il a abondamment commenté (à sa façon jargonnante : prolétarisation, être noétique, “double redoublement épokhal” (si si ) etc.). Mais j’ai l’impression que dans ces derniers écrits (“de la disruption”) il pressentait qu’aucun schéma passé ne s’appliquait plus car nous étions en quelque sorte “en régime dynamique”, subissant encore l’après-coup d’un gros changement n°1 quand survient le n°2, là où l’histoire humaine nous laissait du temps entre chaque séquence (par exemple 250 ans entre imprimerie et machine à vapeur, 80 ans de radio avant l’internet, etc.).

      Régime de turbulence turbulentes. Demandez à Donald Trump aussi bien qu’à Jacinda Ardern ce qu’ils ont pensé de la continuité et cu caractère paisible des affaires de leurs pays dans leur 4 ans de mandat (2016-2020 les deux).

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  8. Vous mettez en place un “grand récit”, une interprétation qui ne s’encombre pas beaucoup de faits historiques, de matérialisme pour le dire autrement (je m’inspire d’une critique par Eric Hobsbawn du travail de “Melle Harendt). Nous en sommes sans doute tous réduits à agir ainsi s’agissant de saisir notre époque comme époque de transition. Dans ce cas, les choix faits apparaissent souvent dans les premières lignes. ON peut imaginer d’autres choix…
    Votre vision des “gestionnaires de l’élite” correspond bien à une certaine vision de l’Etat Français. Dans les régimes de gouvernement de coalition (je pense à ma Belgique mais aussi aux Pays-bas, l’Allemagne, l’Italie…), les “grenouillages des partis”, et donc de nombreux élus pas toujours issus d’un parcours universitaire notable, au contraire de vos nombreux “sherpas”, sont l’essentiel de la vie politique. Et pourtant ils sont aussi bien déconsidérés. Mais l’essentiel n’est-il pas ailleurs ? N’est-ce pas les gestionnaires des entreprises capitalistes et, plus encore les gestionnaires des puissances financières qui mènent le bal ? Nos élus/élites sont ils autre chose que des métayers, des ministres, des horticulteurs du domaine de la haute bourgeoisie ? Ils organisent l’Etat qui est à leur service, de manière efficace et en assurent la légitimité sociale par des prestations électorales ou manipulatoires.
    Sur ce point de départ, il faut convenir d’une part d’un appel à plus de participation et de démocratie, de la part d’une frange importante de la population, en ce qu’elle se sent capable de discuter de la chose publique avec les gestionnaires, de réclamer des comptes. La scolarisation croissante du XXe siècle, dépassant les études primaires, est un fait marquant. Mais il faut convenir d’autre part que une frange importante de la population est frappée, depuis la fin des 30 glorieuses (78) et plus encore depuis la chute du Mur (89), d’un déclassement et d’une précarité démoralisants (le mot est inadéquat). Stagnation et/ou recul des salaires, instabilité des emplois, y compris pour les anciens, montée du chômage, recul de la pension… la dégringolade est forte. C’est par dessus ces fondamentaux économiques que vient la gestion de l’austérité et de la misère par les gestionnaires de l’Etat et de la Sécu (j’estime qu’il faut regarder séparément ces deux budgets). Donc s’en prendre uniquement aux élus de manière populiste ne correspond pas à la vision de bien des gens.
    Les classes populaires ont souvent pu comprendre ce qui leur arrive au moment où elles se révoltent (soviets de 1905 puis 1917, gilets jaunes) ou rejoignent un mouvement de lutte (Chine de la longue Marche, Barbudos de Cuba), malgré leur très faible parcours scolaire. Il y a aussi de nombreuses luttes partielles (licenciements collectifs) qui engendrent des analyses pertinentes. Autre chose est d’être victorieux.
    Entre ces deux attentes de deux parties de la société, on ne peut voir de rapprochement. Les classes populaires se sentent sans doute perdantes dans tout mouvement de participation “gestionnaire”. Mais elles peuvent s’impliquer à leur niveau, comme les gilets jaunes, comme des comités de lutte, pour fonder d’autres relations sociales d’avenir au niveau de leur espace de vie (souvent plus restreintes que celles des intellectuels “surplombants”).
    Enfin j’ai été découvrir “l’individualisme méthodologique”, et je ne pense pas qu’on puisse transférer un principe de lecture en sciences sociales en état de la société… Je suis même dubitatif sur ce principe qui oppose agir individuel et encadrement social holiste : je trouve que la vision de rapports de forces qui rassemble des acteurs dans un mouvement collectif contre d’autres qui également se construisent, et qui font référence à une base matérielle, donc qui renvoie une “la lutte des classes” (mais aussi à des éléments mis en évidence par Bruno Latour…), ne peut être écartée.
    Tout cela en bref, en caricature même.

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  9. Quand les citoyens se rendent compte, en usant de repères moraux et pratiques, liés à leur liberté et leur bien-être, que leur représentation de la société ne correspond plus aux structures en place et à leur fonctionnement, émerge un réflexe d’insecte social qui les pousse à trouver l’homme providentiel.
    L’impossibilité de mettre en correspondance représentation et réalité de manière raisonnable, engendre une multitude de “matching”, isolant les citoyens entre eux, les conduisant à se replier sur la solution de l’homme providentiel pour retrouver un corps. En physique, on parlerait d’une transition de phase fermion – boson, homo-capitulo-ego – humanité.

  10. Bien vu !
    “un pharmacien énonçant une nouvelle théorie de la monnaie ou un notaire émettre son avis éclairé sur la vaccination” C’est bien comme celà qu’apparaissent puis ont adoptées lentement les ruptures y compris en sciences Wegener était météorologue pas géologue !
    “tout le matériel humain formé en Business Schools”, ce n’était pas encore trop le cas pour les pharmaciens et notaires (avant les réformes Macron…).
    Trump et Macron, …. sous le même diagnostic
    Transgressifs, Incarnant le pouvoir, sans délégation, avec l’acceptation du débat pour Macron, mais auto-centré, Trump plus critique de l’idéologie dominante mondialiste, mais tout deux choisis par un processus démocratique !

      1. Péremptoire : je dis qu’il y a du jeu dans la pipe !
        Allégorique : à la tête de pipe ?
        Hypothétique : faut-il qu’il y ait du jeu, ça fume !
        Discutailleur : le complotisme, c’est pas pour jouer !
        Exclamatoire : qu’il y a du jeu là-dedans !

  11. Sur la sous-éducation, ou l’éducation à la bureaucratie telle qu’elle est (et non “telle qu’elle devrait être” : planificatrice et ressource de “solutions” de niveau collectif pour les individus) :
    Je partirais du dicton “la terre est basse”, celui que disaient les anciens pour décourager les jeunes de rester dans l’agriculture.
    A partir de là, on n’a su mettre en place qu’une éducation qui n’a pas beaucoup à se frotter à chercher des solutions “réellement”, de façon pleinement humaine (et aussi non individuelle), elle vise plutôt à suivre les canons des administrations et professions en place (à partir de la 1ère disons).
    Il me semble que tant qu’existaient des savoir-faire agricoles (sans parle de chasseur-cueilleur), ce qui tenait lieu d’éducation comprenait néanmoins des recherches de solutions concrètes et la possibilité de jeu à somme positives entre partie-prenantes (et aussi, sans illusions, des jeux de c.. en grand nombre).
    Tout cela guidé par la subsistance, et avec des limitations extrêmes dus à la servitude ou la vassalité, puisque l’état limite en termes de subsistance voulait aussi dire la prégnance des appropriations guerrières.
    La disparition du socle de gens “qui doivent s’arranger pour que la récolte soit là” a fait, je crois, la courte-échelle à l’individualisme méthodologique (peut-être suis-je influencé ici par ma lecture de Polanyi et des évolutions de nos voisins anglais par exemple le système de Speenhamland 1795-1832, cette entrée “en crabe” des communauté paroissiennes dans l’âge de la révolution industrielle). Les administrations de la ville peuvent se payer le luxe d’être dysfonctionnelles, la complexité de la ville donne beaucoup de moyens redondants (résilients) pour la collectivité. Et du coup à l’envers on peut définir les taches individuelles en apparence, fiche de poste etc. et dire à chacun qu’il va aller chercher sa place dans le grand tout, qu’on ne va pas la trouver pour lui.

    Sans doute la tension que je suggère entre une humanité agricole qui “expérimente tout le temps au bord de la survie” et des cités à l’administration tout autre a existé dans toutes les villes depuis l’antiquité. Les grecs confiaient leur administration à des “non-citoyens”, y compris pour des choses assez complexes et que nous verrions aujourd’hui comme “politique”.

    Mais, un peu comme les 3% de couverture de haies dans le bocage assurent une bien meilleure biodiversité qu’en Beauce à 0% de haies, on a passé un seuil où le “socle d’expérimentateurs” est raréfié, il n’y a plus guère de formation par les problèmes “mal posés” de la réalité, on est toujours dirigé par un cadre, associatif, industriel, financier.
    j’ai vu un peu cela en recherche. Il reste des expérimentateurs de qualité, mais le gros des publications sont dictées par des sous-sous-écoles qui introduisent un cadre à leur façon. On peut en avoir une petite idée sur les manipulations quantiques d’atomes : le credo d’il y a 20 ans, c’était la cryptographie quantique et l’ordinateur quantique. La crypto a du mal à exister (on se rend compte que c’est le côté humain qui importe !) et l’ordinateur avance doucement, sans rapport avec une loi de Moore. En revanche, les assemblées de 50…500 atomes aujourd’hui manipulables en interaction “propre” , cela sert à faire un “quantum simulator”, à émuler les “hamiltoniens” de la physique à plusieurs corps dont on connait quelques propriétés génériques mais qui sont durs à simuler “in silico” (NP complexes etc.). Donc on va comprendre quelques gaz d’électrons exotiques en manipulant des assemblées d’atomes.
    Et de l’autre côté, la communauté des chercheurs a accepté comme un seul homme (ou une seule femme ) de se prêter au jeu anthropophage de l’ANR, on a soumis N propositions, nos collègues se sont fait ch… à les évaluer pour en sabrer 85%, des amas indus se sont formés, et on a arrêté de penser au développement de son sujet dans le cadre international qui est sensé fournir le maximum de pertinence. C’est le côté jeu de c… que j’évoquais au-dessus pour un autre contexte.

    La suite logique, dans une vision Thom et un peu fractal, c’est que ces tensions n’étant pas résolues dans les grands ensembles, des fractures (“catastrophes” thomiennes) apparaissent (pas très loin des épisodes guerriers du moyen-âge) jusqu’à ce que des solutions, des “capacitations” adaptées aux manques à pourvoir collectifs, puissent réémerger à de plus petites échelles.

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  12. Hello,
    Je reviens au point de départ, le complotisme, et pense tout d’un coup à Effondrement, de Jared Diamond. L’exemple viking du Groenland tel qu’il est modelisé est éclairant, quoique psychologiquement spéculatif: les différences de perception entre élite et peuple se sont creusées, le malentendu s’est installé, la défiance est apparue, et pour finir, les deux partis sont entrées dans une logique complotiste d’abord imaginaire, puis bien réelle. CQFD.
    Capito?

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      1. La recherche progresse et c’est très bien, mais méfiez-vous quand même des gars qui disent “moi j’ai l’explication” sur des sujets complexes.

      2. A croire que non, on dirait! (pourquoi le dire sous forme interrogative?!) Le contenu de l’article atténue le scénario imaginé par Diamond en le dédramatisant, il ne l’invalide pas complètement, si je sais bien lire…

        Sinon, pour la question du divorce entre élite et peuple, vous avez une suggestion d’ordre anthropologique, sociologique ou historique, et pas thermodynamique?

        Cordialement!

  13. Le complotisme, c’est d’abord la faillite complète de la parole politique.
    Face à cet article du Figaro : https://www.lefigaro.fr/flash-actu/la-fondation-abbe-pierre-recense-300-000-sdf-en-france-20201115, un commentateur rappelle très justement et assez cruellement ce discours de M. Macron de juillet 2017 :

    “La première bataille, c’est de loger tout le monde dignement. Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus. ”

    C’est toujours sur le site de l’Elysée hein, https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2017/07/27/discours-d-emmanuel-macron-a-la-ceremonie-de-naturalisation-a-la-prefecture-du-loiret.

    Qu’est-ce que voulez faire avec ça. ? Et là c’est Marcon parce qu’il est là mais ces ‘4 prédecesseurs au moins on tous sorti des déclarations du même ordre. Et c’est pas non plus comme si construire 1500 000 logements était un problème insurmontable., non ?

    1. @lit75 Ca fait plus de 100 milliards d’€ quand même ?
      Mais on n’est plus à ça près.
      Quoique 400 000 morts c’est plus motivant que 300 000 sans abris.

      avec le couvre-feu et le confinement il n’y a plus personne “dans les rues, dans les bois ou perdus.”

    2. @lit75
      Je suis complètement d’accord. Il y a un discrédit total de la parole politique, institutionnelle et même scientifique.

      Vécu au sein de l’Education nationale, la mis en place protocole sanitaire :
      – mars 2020 ; pa d’enfant dans les écoles (confinement)
      – mai 2020 ; les enfants reviennent par demie classe, désinfection de classe 2 fois par jour (déconfinement)
      – juin 2020 ; tous les enfants reviennent en classe (désinfection seulement 1 fois par jour)
      – septembre 2020 ; reprise de la classe normal ou presque avec les enseignants masqués (le protocole sanitaire alléger est mis en place partout “dans la mesure du possible”, désinfection 1 fois par jour)
      – octobre 2020 ; le monde médiatique s’affole, la deuxième vague est imminante, le masque devient obligatoire dans certaine ville. Personne ne comprend pourquoi rien ne change dans les écoles (pour mémoire, si un enfant est signalé positif dans une classe, l’enseignant avec qui il passe 6h par jour n’est pas “cas contact”).
      – novembre 2020 ; on est dans la vague et pour les école voici le nouveau “protocole sanitaire renforcé”. En fait rien ne change si ce n’est le masque pour les enfants à partir de 6 ans (tout le monde s’arrache les cheveux pour le mettre en place) et une séparation accrue des groupes classes (désinfection toujours 1 fois par jour)

      Respect du protocole sanitaire ! Respect du protocole ! Respect du protocole sanitaire ! Entend-on partout.

      Mais voilà, les enseignants aussi commencent à être atteints par le virus. Il faut faire appel aux quelques enseignants remplaçants qui existent encore malgrè leurs effectifs toujours mis à mal par les économies budgétaires. Comment faire alors ? Croyez moi si vous le voulez ou peut-être cela n’héxite qu’ici mais quand il n’y a plus de remplaçants, la réponse de l’Institution c’est on fait comme d’habitude : on répartit les élèves de la classe sans enseignant dans … les autres classes de l’école !!! Et l’on s’assoit gaiment sur le protocole sanitaire renforcé.

      Alors oui, la parole politique et institutionelle qui devrait être le ciment de la cohésion sociale, a perdu toute crédibilité. Ce vide, chacun le remplit à sa manière sur les réseaux sociaux et autres.

      1. On ne trompe que les crédules , que ce soit par les promesses électorales ( dont on n’a pas découvert aujourd’hui ce qu’il fallait en penser , au point que c’était une des constantes du répertoire des ” chansonniers” !) , ou par les théories conspirationnistes qui ne sont qu’une prolongation de ce besoin puéril de réconfort et d’horizon qui chante .

        A n’importe quel prix ,sauf celui d e l’effort personnel pour apprendre à apprendre , peser et juger autant que faire ce peut . Trop long , plus supportable .

        Mieux vaut se fier à l’affirmation rapide et péremptoire du grand , du petit ou du tout petit écran , et s’affirmer compétent en tout .

        Revoir ( ou écouter plutôt , c’est moins pénible ) le lien cité ici :

        https://www.pauljorion.com/blog/2020/11/14/quil-y-a-du-jeu-dans-le-complotisme-par-nikademus/comment-page-1/#comment-825119

      2. Je ne pense pas que ce soit de la crédulité : quand j’entends M. Macro déclarer qu’il n’y aura plus personne dans la rue à la fin de 2017, je ne le crois pas. J’ai entendu auparavant MM Chirac, Sarkozy, Hollande (“Moi, président de la République”) faire le même type de promesses. En cherchant bien, on trouvera peut-être encore des gens pour y croire, mais ça doit être une minorité. Et, on n’est pas dans la tête de M. Macron, mais avec un peu de chances, lui même sait qu’il sait que nous n’y croyons pas. Mais, le fait que personne n’y croit ne rend pas cela moins terrible : la politique n’a plus aucun sens.

      3. Pourquoi avez vous ” cru” ce qui était affirmé sans l’analyser , et peser , même grossièrement , si c’était possible et réaliste ?

        Ou sans demander comment la promesse ( plutôt une vague intention en l’occurrence ) allait être mise en œuvre , avec qui et sous quel calendrier ?

        Toujours gratter aussi les annonces du type : “le but est de diviser par deux ( ou plus) le ou la …..( remplir au choix) en … ( remplir au choix ) ans “.

        Car ça c’est l’utopie ( souhaitable ) sans le “réalisme” .

        Mais , sur un plateau télé , il est plus facile de promettre que d’expliquer . Et même ,si vous ne promettez pas , c’est que vous êtes nul , car on attend plus la promesse que le pourquoi et le chemin du but .

  14. Et peut-être qu’on n’a pas l’aregent pour ça, en effet. Peut-être que ça coute “un pognon de dingue”, oui . Dans casn qu’ils ne le promettent pas !

  15. « le réel est censé correspondre à leur énonciation individuelle. Ils sont tout aussi fous que le reste d’entre nous… » :
    quelle étrange conclusion ?!

    Difficile de croire que l’on est tous fous , plus acceptable de penser que nous avons tous notre part de folie,
    L’auteur s’interrogera t’il sur les mécanismes intellectuels ( ou autres) qui font émerger le « « complotisme «  ?
    PS : le titre du billet est en soit étrange , «  qu’il y a » …

      1. @ juannessy
        Je savais que les bushmens vous plairait .
        Est ce le cas de tout le monde ? Leur mode de vie n’est il pas jugé fou par l’homme -consommateur vivant de notre côté de la planète ?
        C’est l’évidence que je pensais que nous partagerions.
        Peut être que l’incompréhension vient d’une phrase qui n’était pas explicite : «  une idée » …mais à propos de quoi finalement 🧐
        Une idée …de ce qui pourrait vous apparaître fou ?
        Mon commentaire , si vous ne me comprenez toujours pas 😊

      2. Tout va bien . Je cherchais uniquement une “illustration” convaincante ,mais je ne m’attendais pas aux bushmen , dont je suis sur qu’ils ne participent à aucun complot .

    1. “Difficile de croire que l’on est tous fous”, pourtant d’un point de vue oriental (indien en aprticulier) certains le pensent. Non pas dans un primaire affrontement identitaire (orient vs occident) mais dans une approche différente de ce que l’on appelle l’esprit.

      Pour nous, l’esprit c’est la pensée comme le disait notre ami Descarte : “Je pense donc je suis”, faisant de l’esprit l’essence même de l’existence humaine. En orient, il serait préférable de retourner la sentence : “Je suis donc je pense”, avançant comme argument que si je parviens à arrêter ma pensée j’existe toujours (l’inverse par contre n’étant pas possible). Pour un occidental comme moi, c’est un changement de paradigme que je trouve très intéressant et qui peut certainement nous éclairer sur ce que nous vivons actuellement. (Je ne suis pas indien et ce qui suis ne sera qu’une modeste tentative d’interprétation)

      Cette approche orientale décompose l’esprit en différent éléments : le « mental », le « sensoriel » et un autre élément qu’on peut traduire par « conscience » mais qui n’a rien à voir avec le concept occidental. Les deux premiers sont essentiels à notre survie physique et nous le partageons avec les autres êtres vivants à des degrés différents. La part « sensorielle » est ce qui lie notre corps physique à l’expérience du dehors et qui prend une cohérence dans notre « mental » qui organise et gère les informations sensorielles. Mais chez l’humain, la part du « mental » s’est particulièrement développé. C’est du « mental » qu’est né le temps avec son passé (la mémoire) et son futur (la projection). Ce « mental » s’est développé jusqu’à devenir prédominant au point que notre conception occidental de l’esprit se confonde avec le « mental » oubliant les autres aspects. C’est cette prédominance du « mental » qui serait à l’origine du déséquilibre qui nous pousse à confondre ce qui se passe dans notre « mental » avec le « réel » (et qui nous pousse tête baissée vers le mur).

      Pour illustrer trivialement cette interprétation, les premières centrales nucléaires sont nées dans le « mental » des chercheurs et ingénieurs qui ont alors conçu des prototypes jusqu’à la mise en service des premières centrales. Aujourd’hui, nous avons conçu dans notre « mental » occidental un réacteur EPR qu’on essaie de construire alors qu’on l’a déjà vendu à plusieurs pays sans savoir s’il fonctionnerait un jour !

      C’est au travers d’un exemple comme celui-là, et il y en a d’autres, qu’il devient possible de considérer que nous sommes tous devenus fou.

      A titre individuel, donner chaque semaine quelques euros dans l’espoir de gagner au Loto peut s’apparenter au même registre.

      Et il faut bien le reconnaître, c’est le mode de penser occidental qui a essaimé dans le monde entier. Aussi, réfléchir à un autre monde possible par le biais d’une pensée, d’un paradigme occidental qui est grandement à l’origine du monde actuel, semble bien difficile. Adopter un autre point de vue à cet égard, comme revenir à des fondamentaux orientaux ou autres me semble plus sûr pour sortir du bocal que de spéculer sur l’effondrement du dit bocal.

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      1. Voilà qui fait méditer.
        Perso, je pense qu’il est impossible pour un être humain (avec un cerveau en état de marche ) d’arrêter sa pensée .Il peut cependant s’en donner l’illusion en détournant sa pensée , voir en focalisant sa pensée sur le fait qu’il ne pense pas 🤓…
        L’étude du fonctionnement de notre instinct de survie pourrait nous faire avancer sur la question ?

      2. Aujourd’hui, nous avons conçu dans notre « mental » occidental un réacteur EPR qu’on essaie de construire alors qu’on l’a déjà vendu à plusieurs pays sans savoir s’il fonctionnerait un jour !

        Ironie, c’est en orient, en Chine, que cette occidentale créature de Frankenstein fonctionne.

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      3. @Bernard :

        il ne manque pas de littérature scientifique , ou plus vulgarisatrice reprenant les quelques items à peu près consolidés sur le sujet , pour y retrouver nos trois grandes fonctions cérébrales :

        – instinct ( cerveau reptilien )
        – émotion ( cerveau limbique )
        – “intellect” ( cerveau néocortex )

        La “survie” ou la détresse activent très clairement le cerveau reptilien , que l’agression soit de nature physique ou intellectuelle .

        Selon pas mal d’écoles philosophiques ou de “bien être” , on ne parvient à la “plénitude” , au “nirvana “, à la “zenitude ” , ou à la “spiritualité ” pour d’autres que lorsque nos trois cerveaux reçoivent leur part , en étant “d’accord “entre eux !

        Blaise Pascal avait un peu simplifié en mettant l’instinct et l’émotion sous le règne de “la bête” , et l’intellect sous le signe de “l’ange” , mais il avait déjà bien exprimé que :

        ” l’homme n’est ni ange , ni bête , et le malheur veut que , qui veut faire l’ange fait la bête” .

        C’est déjà pas simple pour un seul et même individu , il ne faut pas s’étonner que ce soit ardu quand on essaie de rendre compatibles les cerveaux ” en croissance positive” ou ” en détresse négative” ,de toute une population .

      4. @Bernard
        Personne ne prétend être en mesure d’arrêter sa pensée et comme le disait un sage indien, il a fallu des millions d’années pour façonner cette merveille et vous voudrier la rendre au silence ? Ce qui est dénoncé, ce serait, pourrait-on dire, une sorte de “totalitarisme” de la pensée (du “mental”), comme s’il n’existait plus rien d’autre dans l’esprit humain. Rien d’autre qui soit digne d’intéret et de considération ! Il me semble que de, ce point de vue, la survalorisation du stérotype de “l’Intellectuel” va tout à fait dans ce sens.

        La tradition orientale à laquelle je me réfère est très attachée à l’équilibre et considère qu’il est nécessaire pour chacun de développer ces trois dimensions de l’esprit : “sensoriel”, “mental” et “conscience”. Mais le “mental” étant déjà suractif chez nous, il nous amène à nous identifier à lui (cf “Je pense donc je suis”) et surdétermine notre manière d’agir. En conséquence, il est nécessaire de nous libérer de cette emprise par des pratiques telles que le yoga et la méditation qui permettent non pas d’arrêter la pensée, mais de libérer progressivement un “espace” entre le “mental” et ce que nous sommes réellement.

        Peut-être serais-je plus concret en vous faisant part d’une petite expérience personnelle. Il vous est peut-être arrivé, comme à moi certains jours, de vous demander comment arrêter ce flux incessant de pensées en quête d’un moment de répit. J’en étais arrivé à me créer cette expression “shut up my mind”. Mais rien n’y faisait.

        En découvrant la pratique de la méditation (dite de pleine conscience), il m’est arrivé (au bout d’un certain temps de pratique) qu’au sortir de ces temps de méditation, j’avais l’impression de voir le monde autour de moi en “relief” pour quelques instants seulement. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Ce n’est que plus tard que j’ai compris qu’au cours de ces moments bref d’une sensation de perception profonde j’expérimentais un état de conscience que je n’avais jamais connu jusque là (ou peut être le connaissions-nous quand nous étions enfant ?!). Rien de transcendantal ou de révolutionnaire. Mais c’était tout de même étonnant de découvrir que je pouvais développer cet autre espace de conscience.

        Beaucoup plus tard encore, un sage indien demandait aux gens assemblés autour de lui, de lui raconter des exemples de moments de bonheur qu’ils avaient vécu : naissance d’un enfant, première amour, mariage, trouver un travail, quitter un travail… Et de demander ensuite quel point commun il pouvait y avoir entre tous ces moments. La conclusion fut que le seul point commun entre tous ces vécus individuels se caractérisait par un sentiment hors du temps et sans pensée à vivre pleinement l’instant présent. Un moment de pleine conscience somme toute. Si , comme moi, vous vous retrouvez dans ce constat, alors vous conviendrez aussi que ces moments de bonheur que nous avons vécus étaient lorsque notre penée était silencieuse !

        Bonne méditation

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