De l’anthropologie à la guerre civile numérique, entretien réalisé le 21 mars 2016 (texte complet)

Ouvert aux commentaires.

I- La « mentalité primitive »

Jacques Athanase GILBERT

Votre parcours est particulièrement atypique, marqué en particulier par cette étonnante transition du chercheur au blogueur. Au-delà, votre pensée s’enracine dans le champ de la transdisciplinarité, empruntant à la fois à la philosophie, à l’anthropologie, à la sociologie et à l’économie. Comment appréhendez-vous cet itinéraire ?

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique (X), Intérêt égoïste contre bonne volonté, entretien réalisé le 21 mars 2016

Jacques Athanase GILBERT

Alors qu’Adam Smith conçoit l’homéostasie en référence au seul intérêt individuel, votre analyse la réintègre pleinement au champ social.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 17 JUIN 2016 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 17 juin 2016. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 17 juin 2016. Et aujourd’hui, je ne vais vous parler que d’un seul sujet, qui est la lutte des classes, et je vais l’illustrer de deux manières différentes : la Loi travail, et l’affaire Kerviel.

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Le temps qu’il fait le 17 juin 2016 – 02

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. » Friedrich Engels et Karl Marx, Le manifeste communiste, 1848

Deux illustrations :

1. La Loi travail
2. L’affaire Kerviel

Paul Jorion, Le capitalisme à l’agonie, Fayard 2011
Paul Jorion, Le prix ; Le Croquant 2010 ; Flammarion (poche) 2016
Le Blog de Paul Jorion : Cédric Mas, LA LOI EL KHOMRI : LA DERNIERE ETAPE D’UN BOULEVERSEMENT DU DROIT DU TRAVAIL, le 8 mars 2016
Paul Jorion, La guerre civile numérique, Textuel 2011
Pierre Clastres, La société contre l’État, Minuit 1974

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Les classes moyennes, une supercherie politique, par André Fontaine

Billet invité.

Les « classes moyennes » sont actuellement la tarte à la crème des journalistes, des politiques et des sociologues. Les derniers, plus conséquents, s’efforcent d’en donner des définitions dont ils reconnaissent eux-mêmes l’équivoque. On se demande donc à quel objectif peut bien correspondre l’engouement présent.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 15 OCTOBRE 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 17 octobre 2015. Merci à Cyril Touboulic !

Bonjour, nous sommes le jeudi 15 octobre 2015, et si vous êtes dans la région de Douai (dans le Nord) ce soir, n’hésitez pas à venir m’écouter. Je remettrai l’annonce qui explique exactement où à Douai, où a lieu la conférence.

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Penser tout haut l’économie avec Keynes, de Paul Jorion, éd. Odile Jacob, 2015. Une note de lecture (VII) : dépasser Keynes pour bâtir une économie au service du bien commun, par Roberto Boulant

jorion

Billet invité.

Keynes aurait pu faire sienne la devise d’Érasme, « Nulli concedo » (je ne fais de concessions à personne). Non par orgueil, mais par la grâce de la merveilleuse alchimie résultant d’une éducation humaniste et d’une grande intelligence. Avec des résultats socialement détonants ! Les anecdotes abondent sur les petites phrases insolentes et sur les remarques cinglantes qu’il n’hésitait pas à décocher aux ‘puissants’, fussent-ils Premier Ministre. C’est ainsi que beaucoup de ses contemporains ne perçurent pas la véritable personnalité de Keynes. De lui ne voyaient-ils au mieux, que l’excentricité toute britannique d’un génie, ou au pire, que l’arrogance de ceux qui se sachant intellectuellement supérieurs, s’imaginent dispensés des marques élémentaires de la civilité.

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Les affaires, c’est dans tous les cas de figure, un bras de fer !

jorion

Les lecteurs du blog qui m’écrivent, soit pour me blâmer, soit pour me féliciter, d’avoir écrit un livre à paraître à la gloire de Keynes-l’économiste, auront une désagréable surprise : Keynes apparaît sous ma plume comme un économiste de plus à s’être révélé incapable de lire les rapports de force au sein des mécanismes économiques. Marx l’a fait bien entendu, mais a malencontreusement voulu en exonérer la formation des prix. C’est Aristote seul qui, en son temps, a fait du rapport de force entre acheteur et vendeur l’essence-même du prix. Keynes a lui malencontreusement extrapolé ses cogitations de boursicoteur et de spéculateur en modèles de la formation du prix ou du taux d’intérêt, oubliant qu’il y a quelqu’un en face qui voudra que le prix ou le taux lui soit plus favorable que celui qu’escompte Maynard en tant qu’acheteur ou vendeur, en tant qu’emprunteur ou prêteur. « Maynard ! T’es pas tout seul ! T’as oublié qu’il s’agit dans les affaires et dans tous les cas de figure, d’un bras de fer ! »

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« Penser tout haut l’économie avec Keynes », en librairie le 2 septembre

jorion
Comment reconstruire la réflexion économique après la crise de 2007 et la débâcle d’une « science » aux ordres de la finance ? En quoi la lecture de Keynes peut-elle nous y aider ? ===================================
Keynes affirmait que dans leurs réflexions portant sur l’économie, les hommes et les femmes des temps futurs trouveraient en Silvio Gesell (1862 – 1930), l’anarchiste allemand promoteur de la monnaie « fondante », un point de départ plus fécond que chez Karl Marx (1818 – 1883), ce qui ne signifiait pas pour autant qu’il cautionnait les conclusions auxquelles Gesell était parvenu : il en souligna d’ailleurs les faiblesses à ses yeux dans sa Théorie générale de 1936. Nous qui sommes les hommes et les femmes des temps futurs auxquels pensait Keynes, trouvons de la même manière chez lui un excellent point de départ, sans qu’il faille pourtant, et semblablement, s’abstenir de relever au passage les insuffisances de son œuvre, faiblesses de plus en plus criantes d’ailleurs depuis que son décès en avril 1946 mit un point final à ses efforts constants de faire de chacun de ses textes, une version améliorée de ceux qui le précédaient.

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Reconstruire un discours politique, par Michel Leis

Billet invité.

Je viens de participer pendant quelques semaines à l’aventure « Tout Autre Chose » en Belgique avant de claquer la porte. L’objectif était de fédérer des partis et des citoyens derrière une bannière commune. La demande est là ! 15 000 signatures en quelques semaines du côté francophone, à l’échelle de la Belgique, c’est une performance.

Retour d’expérience ? Il a fallu des semaines pour définir une plateforme (minimum) commune : certes, toutes les personnes qui partagent un certain nombre de valeurs peuvent signer à deux mains, mais c’est bien parce que le texte est pour l’essentiel un consensus mou autour de quelques valeurs.

Deuxième retour d’expérience : c’est un terrain pour des enjeux de pouvoir où quelques personnes et organisations essayent d’imposer à tout le monde leur vision. Il se crée des circuits parallèles où se mènent des discussions hors des outils collaboratifs mis en place. Les réunions entérinent des points de vue construits ailleurs, sans réelle possibilité de discussion. Sans doute une question de culture puisque Hart boven Hardn l’aile flamande du mouvement semble avoir plus de succès…

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LA POLITIQUE DU PIRE, par Franck Richez

Billet invité.

A propos des deux livres de Jean-Claude MICHEA : L’empire du moindre mal (EM) et La double pensée (DP) [1].

Cette présentation de deux livres de Jean-Claude Michéa obéit à une double préoccupation. Tout d’abord, montrer l’actualité de ces ouvrages parus en 2007 et 2008, c’est pourquoi je m’autorise à évoquer des évènements récents qui corroborent les analyses de l’auteur. Ensuite, je prends le parti d’aborder l’essayiste comme un lecteur avisé et critique de Marx. Partant de son concept d’alternance unique, je mets progressivement en relief plutôt qu’une homogénéité, la complémentarité effective de la droite et de la gauche, pour finir par m’interroger avec lui sur les causes de la désaffection de l’électorat populaire envers cette dernière.

I- L’ « Alternance unique » : un concept piégé.

À l’heure où de moins en moins se laissent encore abuser par la fausse opposition droite/gauche, les études de Jean-Claude Michéa permettent d’avancer d’un pas supplémentaire dans l’analyse sans céder à des simplifications insidieuses.

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Keynes, un homme pour notre temps ?

Je termine ces jours-ci mon ouvrage consacré à une réflexion économique à partir de Keynes (à paraître chez Odile Jacob). Voici un extrait de la conclusion.

Keynes, un homme pour notre temps ?

Oui, certainement !

Mais si Keynes est un homme pour notre temps, c’est en raison du style qui était le sien bien davantage que pour le contenu intrinsèque de son œuvre. Et non parce qu’il avait fait du plein-emploi l’objectif seul qui permette de minimiser le dissensus au sein de nos sociétés, objectif qui nous est aujourd’hui clairement devenu hors de portée, puisque c’est lui précisément qui, dès 1930, nous avertissait de la menace du chômage structurel, quand il écrivait :

« Nous souffrons d’une nouvelle maladie dont certains de mes lecteurs n’auront pas même encore entendu mentionner le nom, mais dont ils entendront abondamment parler dans les années qui viennent – à savoir le chômage technologique. Ce qui veut dire le chômage dû au fait que nous découvrons des moyens d’économiser l’utilisation du travail à un rythme plus rapide que celui auquel nous parvenons à trouver au travail de nouveaux débouchés ».

Si son style peut nous inspirer davantage, c’est parce que l’édifice théorique qu’il a bâti de bric et de broc et non sans une grande désinvolture, est trop mal assuré pour nous être d’un grand secours.

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La rémunération de l’esprit d’entreprise

Je publie cet extrait du manuscrit du livre que je consacrerai à la pensée de Keynes comme un élément au débat ouvert par la publication du « billet invité » d’Édouard intitulé Réflexion sur la taxation des dividendes et plus-values.

On dit que le surplus est la différence entre le prix de vente et les coûts de production. C’est une bonne approximation, si ce n’est que l’on est alors immédiatement confronté à la difficulté de définir ce que l’on inclut dans les coûts de production. Il est classique aujourd’hui d’y inclure les salaires, et c’est ce que les règles comptables enjoignent de faire, mais est-ce légitime : les salaires ne sont-ils pas la récompense des avances faites en travail dans le processus de production, au même titre que les avances faites en terre par le propriétaire foncier, en fonds par le capitaliste et les avances en supervision/coordination de l’entrepreneur ? Et le paiement des intérêts ? Les intérêts ne sont-ils pas une part du surplus au même titre que le profit de l’entrepreneur ?

Si l’on repart de la structure prototypique du capitalisme qu’est le contrat de métayage tel que pratiqué aujourd’hui encore dans l’agriculture et dans la petite pêche, plutôt que de s’intéresser aux coûts de production, il vaut mieux concentrer son attention sur les coûts de la perpétuation de l’unité de production : du renouvellement du dispositif de production, et considérer que le surplus est la différence entre le prix de vente et les coûts de renouvellement. Sur le prix de vente il y aurait aussi beaucoup à dire mais je le traiterai séparément.

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Le capitalisme : un bref résumé, par Zébu

Billet invité.

1- Marx avait prédit que la machinisation ferait disparaître le travail et que ce faisant, le travail étant le moteur de la création de la ‘valeur’ et la création de ‘valeur’ étant le cœur du capitalisme, celui-ci s’effondrerait

2- effet collatéral, la propriété privée se dissoudrait par la nécessité de socialiser les plus-values issues de la production machinisée, afin de perpétuer une cohésion sociale minimale

3- ce processus permettrait donc d’accéder à une société post-capitaliste, où le travail de production est assuré par les machines et où les hommes peuvent enfin se libérer (du travail, du capitalisme)

4- néanmoins, Marx s’est trompé et la réalité le démontre : si le travail disparaît (ou se transforme) par la machinisation, cela n’a pas entrainé la dissolution du capitalisme, pour la bonne et simple raison que contrairement à son interprétation, la création de ‘valeur’ ne dépend pas du travail, la ‘valeur’ étant elle-même un artefact. Le capitalisme ne s’est donc même pas ‘adapté’ à la disparition du travail, il a simplement continué son évolution, qui est de créer du capital à partir du capital.

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Aux sources du revenu d’existence pour tous : Speenhamland, 1795, par Michel Loetscher

Billet invité.

« Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue » écrivait Victor Hugo (1802-1885). La phrase a fait son chemin. Mais l’idée n’a pas attendu Hugo – celle d’un revenu d’existence pour tous, versé inconditionnellement à tout citoyen, tout au long de sa vie, au nom de l’égalité des droits et en vertu de son appartenance à l’humanité.

 Durant l’été 1795, le quaker Thomas Paine (1737-1809), inspirateur de la révolution américaine et française, élu député de la Convention dans la circonscription de Calais en France (1792), monte à la tribune de cette assemblée et fait cette déclaration… révolutionnaire : « Liberté, égalité, fraternité ne peuvent se réaliser, associées, si inconditionnellement, le minimum de ressources n’est pas garanti à chaque citoyen ».

L’activiste et « publiciste » né sujet de Sa Gracieuse Majesté britannique et ancien marchand de corsets dans le comté de Sandwich, est déjà l’auteur d’opuscules qui font autorité – dont les Droits de l’homme (1791) qui défend le droit aux secours pour les plus démunis.

Le député de Calais, proche des Girondins, connaît l’expérience tentée cette année-là à Speenhamland, une bourgade du comté de Berkshire, dans le « première patrie du capitalisme » où la montée de l’économie marchande se traduit par la destruction des formes d’auto-production et la « croissance » de… la misère. Souhaiterait-il la transposer d’urgence à la France encore « révolutionnaire » ?

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NI MARX, NI KEYNES

En tant que réflexion de pensée économique, je le souligne dans mes livres, la « science » économique ne présente malheureusement pas grand intérêt, pire, elle nous mène constamment sur des voies de garage quand il s’agirait de comprendre les questions économiques qui se posent comme aujourd’hui avec urgence. Une remarque de Pierre Bourdieu reste parfaitement d’actualité :

Le monde économique est-il vraiment, comme le veut le discours dominant, un ordre pur et parfait, déroulant implacablement la logique de ses conséquences prévisibles, et prompt à réprimer tous les manquements par les sanctions qu’il inflige, soit de manière automatique, soit – plus exceptionnellement – par l’intermédiaire de ses bras armés, le FMI ou l’OCDE, et des politiques qu’ils imposent : baisse du coût de la main-d’œuvre, réduction des dépenses publiques et flexibilisation du travail ? Et s’il n’était, en réalité, que la mise en pratique d’une utopie, le néolibéralisme, ainsi convertie en programme politique, mais une utopie qui, avec l’aide de la théorie économique dont elle se réclame, parvient à se penser comme la description scientifique du réel ?

Cette théorie tutélaire est une pure fiction mathématique, fondée, dès l’origine, sur une formidable abstraction : celle qui, au nom d’une conception aussi étroite que stricte de la rationalité identifiée à la rationalité individuelle, consiste à mettre entre parenthèses les conditions économiques et sociales des dispositions rationnelles et des structures économiques et sociales qui sont la condition de leur exercice (Bourdieu 1998).

Restent alors, Marx et Keynes. Marx parce qu’alors qu’il qualifie sa réflexion de « critique de l’économie politique », son œuvre constitue sans aucun doute le point culminant dans cette ligne de pensée. Keynes parce qu’« honnête homme » au sens que l’on donnait à l’expression au XVIIe siècle, il joue à l’éléphant dans le magasin de porcelaine, réinjectant dans la pensée économique des leçons qui ont été tirées de l’ensemble des sciences morales au cours de l’histoire : de la science politique à la théologie, conséquence chez lui de son imprégnation par l’ancienne tradition scolastique dont il s’est repu de la substantifique moelle alors qu’il était lycéen à Eton d’abord, étudiant à Cambridge ensuite, deux lieux qui ont servi de conservatoire où cette pensée a su se poursuivre en tant que survivance, au sens que les anthropologues du XIXe siècle donnaient à cette expression : vestige préservé au sein d’une époque d’une manière de penser ou de faire appartenant à une époque antérieure.

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Institut Momentum, Quatre regards sur l’économie de l’Anthropocène, Actes du colloque du 12 juin 2014

Audio et PowerPoint (pour ceux qui avaient des diapos), cliquer sur ces mots à côté de l’intitulé de la conférence.

Quatre regards sur l’économie de l’Anthropocène

Actes du colloque du 12 juin 2014

Penser l’économie au-delà de la croissance et se placer dans un nouvel imaginaire pour stimuler de nouveaux horizons, voilà ce à quoi s’est attelé le colloque du 12 juin 2014 organisé par l’Institut Momentum en partenariat avec la Caisse des Dépôts et Consignations et les Presses de Sciences-Po.

Retrouvez ci-dessous l’intégralité des interventions et des présentations de ce colloque qui préfigurait un ouvrage à paraître aux Presses de Sciences Po.

Introduction : Philippe Serizier, Responsable de la recherche territoriale à l’Institut CDC pour la recherche (Audio)

 Première partie

Introduction : Agnès Sinaï, Présidente de l’Institut Momentum (AudioPowerPoint)

Yves Cochet, mathématicien : Propositions pour une économie biophysique(AudioPowerPoint)

Philippe Bihouix, ingénieur : L’âge des low tech (AudioPowerPoint)

Discussion avec l’auditoire (Audio)

Deuxième partie

Introduction : Ghizlaine Guessous, banquière (Audio)

Paul Jorion, économiste : De la démesure économique à la résilience monétaire : fondements anthropologiques et relativité de la croissance (Audio)

Gaël Giraud, économiste : Déroute énergétique, illusions du découplage et décroissance économique (AudioPowerPoint)

Discussion avec l’auditoire et conclusion (Audio)

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Penser l’économie autrement, Paul Jorion et Bruno Colmant, à paraître en septembre

Couverture choisiePenser l’économie autrement

(à paraître en septembre)

Paul Jorion : Dans La richesse des nations, Adam Smith souligne que l’argent permet de commander de deux manières. Il permet d’abord de commander une marchandise, il permet ensuite de commander au sens de donner des ordres, c’est-à-dire de demander à un individu de mettre son temps de travail au service de celui qui lui donnera de l’argent en contrepartie de son temps. La seule ressource qui nous soit véritablement rare, car nous ignorons pendant combien de temps nous en disposerons, c’est le temps. L’argent nous permet de subordonner le temps d’autrui au nôtre. Quand on y pense, on ne peut pas s’empêcher de se dire que, puisque nous n’avons qu’une seule vie, c’est absolument scandaleux ! Dans 500 ans les méfaits de l’argent sur tous les plans nous paraîtront presque comiques ! (rires)

Bruno Colmant : Et Karl Marx dirait finalement que la monnaie est un capital fictif. Il suffit que l’on change l’ordre socio-économique pour que l’expression de la thésaurisation n’existe plus. Sur l’île de Chypre en 2013, certains pensaient qu’ils disposaient d’un million d’euros sur leur compte bancaire et finalement, lorsque la crise a fait payer les gros déposants, on leur dit que ce n’est plus que 600.000 euros qu’ils détiennent. C’est la preuve de la relativité de la valeur.

Lorsque l’ordre socio-économique change, on change aussi tous les paramètres que l’on croyait stables, dont la thésaurisation. Car thésauriser dans une monnaie qui n’a plus cours légal, c’est évidemment nettement moins utile.

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Parti de Gauche : Colloque sur le coût du capital, le 23 novembre 2013

En novembre dernier, j’intervenais sur le coût du capital à l’invitation du Parti de Gauche. La vidéo se trouve ici.

Le Parti de Gauche a eu la bonne idée de vouloir faire un livre de toutes nos interventions. J’ai reçu du coup la transcription de la mienne, qui servira à rédiger un texte, plus proche de la forme écrite.

Une vidéo, c’est bien pour ceux qui ont la patience de passer 37m51s devant leur poste. Si vous préférez quelque chose à lire, le voici.

 

Le 23 novembre 2013

Merci, merci. Bien, je vais embrayer directement sur les questions qui ont été posées. Par exemple, sur le capital et la rémunération du capital : est-ce qu’elle doit être minimale ?

Il faut d’abord faire un retour en arrière : cette question-là est une question qui est centrale aux débats qui ont déchiré la Première Internationale (1864 – 1872 ; qui réunissait socialistes, anarchistes, et communistes marxistes), de savoir quels sont véritablement les facteurs qui sont impliqués dans la production et la distribution, et comment les rémunérer.

Et là, vous le savez sans doute, il y a deux options : il y a deux courants qui sont deux courants distincts et qui aboutissent à des conclusions différentes.

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