LA NOUVELLE EUROPE EN FILIGRANE, par François Leclerc

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Un débat est engagé au vu du sort réservé à la Grèce : faut-il ou non quitter l’euro, ce piège qui s’est refermé ? Puisant ses arguments dans de précédents épisodes, la discussion rejaillit en force, l’union monétaire symbolisant une Europe rejetée. L’un des prolongements de la discussion consiste à se demander si une occasion exemplaire n’a pas été manquée.

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Qui est irresponsable ?, par Serge Boucher

Billet invité.

La Floride et l’Espagne ont beaucoup de points communs : deux péninsules atlantiques au climat doux, appréciées comme lieux de vilégiature par leurs voisins respectifs, où l’on parle en partie la même langue, et — ce qui nous intéresse ici — ayant tous deux souffert récemment de l’éclatement d’une immense bulle immobilière. Depuis, alors que la crise espagnole a failli désintégrer la zone Euro, ce qui peut encore arriver, et que le taux de chômage des jeunes y est toujours proche de 50%, la Floride se porte elle plutôt bien, et son taux de chômage est même inférieur à la moyenne nationale. Pourquoi cette différence d’évolution ?

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Non à l’euro nihiliste ! Oui à l’euro du vivre ensemble, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Face à la politique du néant jouée par l’Eurogroupe sur la scène médiatique, Alexis Tsipras prend la seule décision qu’un responsable politique empêché d’agir puisse prendre : demander à ses mandants d’expliciter les conditions d’exercice de son mandat. En l’espèce, les Grecs doivent dire s’ils acceptent de s’euthanasier en tant que peuple, nation, État souverain, pour rembourser les dettes contractées en euro ou s’ils vont chercher par eux-mêmes en nation responsable, le moyen de demeurer vivant comme société civile sans renier leurs obligations vis-à-vis d’eux-mêmes et vis-à-vis de leurs concitoyens européens.

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Réparer la zone euro sans la casser ? Du rêve à la réalité, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’auteur de « Réparer la zone euro sans la casser » ne comprend pas qu’il n’existe pas de dette réelle qui ne soit réciproque en nature et en substance. La réciprocité des dettes entre un prêteur financier et un emprunteur financier se fait sur le terrain du droit qui est la contre-réalité du prix. Le droit est la substance de la dette qui fait créance ; le prix est la nature de la créance qui soit substance de dette. Une dette financière est réelle si son prix en monnaie égale son prix en droit pour le débiteur tout autant que pour le créancier.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 8 MAI 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 8 mai 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le 8 mai 2015. Et ce dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui, c’est d’une réflexion qui prend sa source, son départ, dans les discussions que j’ai en ce moment avec les autres membres de ce « Haut-Comité pour l’avenir du secteur financier en Belgique », auquel j’ai été nommé, c’était la semaine passée. Ça paraît déjà loin, parce qu’il y a beaucoup de discussions, il y a beaucoup de papiers qui circulent. Il faut déposer un rapport pour la fin décembre, et donc il faut que ça s’active assez rapidement.

Et dans les discussions qui ont eu lieu, ça m’est apparu tout de suite, et puis ça a un petit peu, comment dire, atteint un sommet, un point culminant, hier : on n’est pas sur la même longueur d’ondes, l’ensemble des gens qui travaillent là-dessus. Il y en a qui ont le sentiment, et c’est le mien – et j’ai posé la question, et le président de notre petit groupe a tranché en ma faveur – l’intérêt général que nous essayons de défendre, eh bien, c’est celui du citoyen belge, qu’il a défini lui comme étant le contribuable belge, et effectivement, d’une certaine manière, c’est lui qui nous commandite cette étude. Pour ce qui est des ministres et des directeurs de Banque Nationale, c’est le contribuable qui paye, effectivement, d’une manière indirecte ces gens-là. Nous, je vous le rappelle, nous on fait ça pro deo, on fait ça gratuitement. Nous, je veux dire, membres de la commission. Mais effectivement, l’intérêt général, c’est le citoyen belge. C’est lui qui paye les pots cassés quand ça ne marche pas.

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Derrière le psychodrame nationaliste, la nouvelle constitution de l’euro en négociation, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’euro devient politique

L’actuelle confrontation de la Grèce à ses créanciers étatiques de la zone euro est capitale pour la Grèce, pour l’euro, pour l’Union Européenne contre le système monétaire libéral fondé sur la libre circulation du capital en monnaie bancaire irréelle. « Capitale » au sens où il faut décider qui est propriétaire du capital sur quoi doit s’imputer la fraction non remboursable de la dette publique grecque qui est actuellement une dette publique des États solidaires de la Grèce par l’euro.

Formellement et officiellement, les banques ont déjà renoncé au remboursement de leur créance en « revendant » leurs titres à prix cassé à la BCE et aux fonds de soutien mis en œuvre par le capital public de l’Eurogroupe (États de l’Union participant à l’euro). La dette publique grecque est donc adossée à du capital public en euro détenu par les États membre de l’euro. La détention européenne publique exclusive de la dette de l’État grec permet à l’Eurogroupe de négocier les paiements d’intérêt de la Grèce en dessous du prix de marché des investisseurs et prêteurs privés.

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Crise ou effondrement ? cela ne tient qu’à nous !, par Zébu

Billet invité.

« Le glissement vers une complexité croissante, initialement opéré pour atténuer les tensions ou profiter d’un aubaine, est au départ une stratégie rationnelle et productive qui génère un rendement marginal favorable. Cependant, comme toujours, les tensions continuelles, les épreuves non anticipées et le prix élevé de l’intégration socio-politique se combinent pour faire baisser ce rendement marginal. Alors que celui-ci décline, la complexité, en tant que stratégie, génère des bénéfices comparativement plus faibles à des coûts de plus en plus élevés. Une société qui ne peut enrayer cette tendance, comme au moyen de l’acquisition d’un subside d’énergie, devient vulnérable aux poussées de tensions qu’elle ne put affronter car elle est devenue trop faible ou trop appauvrie, ainsi qu’au déclin du soutien de sa population. Si cette tendance se poursuit alors qu’une poussée de tension insurmontable est de plus en plus probable avec le temps, l’effondrement devient une question de probabilité mathématique. Avant qu’une épreuve survienne, il peut se produire une période de stagnation économique, de déclin politique et de recul territorial. »[1].

Quand Joseph A. Tainter écrit ces lignes en 1988, il ne pense pas forcément aux sociétés actuelles auxquelles il appartient (occidentale et nord-américaine) et il dresse surtout un inventaire de 3 cas (Empire Romain d’Occident, Mayas Classiques des Basses-Terres et société Chacoane du Sud-Est nord-américain) d’effondrement de sociétés antiques, qu’il entreprend d’analyser comme cas d’étude à l’appui de sa théorie : l’effondrement est essentiellement dû à une perte de rentabilité marginale[2] du fait de la complexité croissante que toute société organisée génère en se développant.

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L’euro : comme un domino qui commence à tomber ?, par Bruno Colmant

Billet invité. Sur son propre blog.

Nous traversons un moment crucial.

Sauf à craindre que la volonté démocratique du peuple grec ne soit pas respectée avec la hantise d’un Georgios Papadhópoulos de 1967, la Grèce vient de signifier à l’Europe une fin de non-recevoir à la poursuite d’un programme d’austérité contraire à tout discernement socio-politique.

Il ne faut jamais l’oublier : une devise est une représentation symbolique qui n’existe que par l’adhésion d’un nombre suffisant d’adeptes.

Une monnaie ne discipline pas une économie : elle la reflète.

Il y avait l’espoir que l’ordre politique s’aligne sur la voie de l’adhésion, mais aujourd’hui, les élections grecques illustrent que l’économie « réelle » s’oppose au maintien artificiel d’une symbolique monétaire qui a échoué à ancrer son postulat dans une réalité socio-politique dans les pays du Sud européen.

Je suis convaincu qu’après des mois de dénégation de récession et de déflation, le barrage des dénis des vices de conception de l’euro est fissuré.

Car, si la Grèce n’est qu’un épiphénomène politique, c’est la substance de la gouvernance européenne qui est interpellée : comment continuer à postuler la pérennité d’un symbole qui ne constitue plus un projet de prospérité collective et partagée.

Et ne nous y trompons pas : la chute de l’euro par rapport aux autres devises et à l’or reflète un scepticisme sur la consistance d’un symbole.

Il serait temps que les concepteurs et signataires de l’euro encore vivants expriment un avis circonstancié. Et surtout que nos dirigeants politiques et monétaires expriment un avis convergent.

Notre avenir monétaire est à ce prix.

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Le temps qu’il fait le 23 janvier 2015

Sur Dailymotion, c’est ici.

L’effondrement

L’annonce de Mario Draghi à la Banque centrale européenne, le 22 janvier 2015

Blog de PJ : France Culture, Journal de 12h30, le jeudi 22 janvier 2015

François Roddier, Thermodynamique de l’évolution, Parole Editions 2012

Joseph A. Tainter, L’effondrement des sociétés complexes, Le retour aux sources (1988) 2013

Blog de PJ : LE NON-ÉVÉNEMENT DE LA BCE : AIDER CEUX QUI N’EN ONT PAS BESOIN, par François Leclerc, le 22 janvier 2015

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Mme Merkel, il y a une alternative, et elle s’appelle « écouter » !

Mme Merkel, Alexis Tsipras, en Grèce, vous dit qu’il faut faire l’Europe autrement. Vous lui répondez, en compagnie de M. Wolfgang Schäuble, votre ministre des Finances, que l’Allemagne n’est plus opposée à ce que la Grèce quitte la zone euro.

Mme Merkel, vous êtes une femme intelligente, et penser que vous ne comprenez pas ce que dit M. Tsipras serait vous insulter : il dit qu’il faut faire l’Europe autrement. Personnellement je comprends très bien ce que dit M. Tsipras : cela me paraît très clair, et il se fait par ailleurs que je suis d’accord avec lui.

En répondant, comme vous le faites, que la Grèce peut quitter la zone euro, vous dites que l’Europe se fera de la manière dont VOUS l’entendez et pas autrement.

C’est George Soros qui a affirmé il y a quelques années que si l’Allemagne n’aimait pas la zone euro, elle pouvait la quitter. « Love it or leave it! », comme disent les Américains. Comme vous faites semblant de ne pas comprendre, le moment est peut-être venu de vous le rappeler.

Il y a une alternative cependant, Mme Merkel, à faire semblant de ne pas comprendre, cela s’appelle « écouter », et cela vaut non seulement pour vous mais également pour M. Schäuble.

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Europe : IL N’Y A VRAIMENT PAS DE QUOI SE PLAINDRE ! par François Leclerc

Billet invité.

Demain, sommet européen (on ne les compte plus) ! En ouverture, un petit coin de ciel bleu est toujours timidement recherché par Matteo Renzi, qui réaffirme « qu’il faut sortir les investissements d’un pays du Pacte de stabilité », tentant de donner un peu de marge de manœuvre dans l’application d’une politique européenne dont il est hors de question de demander frontalement le changement. Le président du conseil italien conjugue d’un certain point de vue ses efforts avec Frans Timmermans, qui joue le rôle inédit de président bis de la Commission. Le second de Jean-Claude Juncker, que ce dernier a ensuite relayé, a lancé un appel à des contributions supplémentaires des gouvernements au plan d’investissement de son patron, mais sans clarifier la question soulevée par Matteo Renzi, véritable nœud du problème : ces apports seront-ils ou non comptabilisés dans le déficit ?

Toujours sur ce même terrain, trois instituts économiques européens, l’OFCE française, l’IMK allemand et l’ECLM danois, ont proposé l’exclusion des dépenses d’investissement du calcul du déficit. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une « stratégie macroéconomique alternative », qui préconise également l’achat par la BCE d’obligations émises par la Banque européenne d’investissement (BEI), afin de soutenir l’investissement public. En vue de favoriser la transition énergétique, il est aussi préconisé d’accroitre la fiscalité sur le carbone, tout en compensant l’augmentation du prix de l’énergie pour les ménages via un fonds européen, et par une taxe à l’importation pour les entreprises.

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Assurer les revenus réels contre la crise du crétinisme libertarien, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Sur le plan théorico-analytique, si l’on veut démontrer l’urgence et la pertinence d’une régulation inter-étatique du système monétaire international il faut cesser de mettre les dépenses publiques sur le même plan de réalité que les dépenses privées. La dépense publique est de nature assurantielle et « croissantielle » quand la dépense privée est entrepreneuriale et productive. Sept ans après le krach des subprimes, cette différence de nature est évidente quand on observe la survie artificielle du système financier par la croissance illimitée des dettes publiques sous-jacente au « quantitative easing » des banques centrales.

Si la croissance mondiale périclite, c’est bien parce que les investissements privés réels s’effondrent faute d’assurance par la dépense publique. La croissance de la dette publique officiellement comptabilisée est la prime d’assurance de la liquidité du système financier qui a par lui-même détruit tout son capital dans l’économie baudruche de la spéculation mathématique. Mais au lieu de financer la réparation ou la reconstitution du capital réel, la croissance primaire des dettes publiques est allouée à la valorisation fictive spéculative des actifs financiers. Le but explicite est d’éviter la comptabilisation des sur-prix d’économie financière non crédibles par rapport à l’économie réelle.

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SORTIR DE L’IMPASSE, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité.

Plus les années passent, plus s’accroît la sensation que l’Europe s’enfonce dans une impasse redoutable vers laquelle la dirige l’indigence des autorités de la Zone Euro. L’on a le sentiment extrêmement pénible que l’Europe est en train de reproduire le processus des « années 30 ». En témoignent plusieurs traits de la situation actuelle.

En premier lieu, en ce qui concerne notre pays, l’obligation, à laquelle ses gouvernants se croient tenus d’obéir pour « rester dans les clous » de la voie tracée par les autorités de Bruxelles, de passer au crible toutes les composantes du Pacte résultant des accords sociaux signé après la Seconde Guerre Mondiale, qu’il s’agisse, par exemple, du régime de l’allocation-chômage dont l’actuel ministre de l’Economie a clamé haut et fort qu’il ne saurait constituer un tabou, de la remise en question du régime de l’emploi à vie des fonctionnaires, élément capital de la fonction de « service public, ou encore, de la prime à la naissance, clef de voûte de la politique familiale qui est l’une des « réussites françaises ».

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Zone euro : LA FATALITÉ N’EXISTE PAS ! par François Leclerc

Billet invité.

Les dirigeants européens seraient bienvenus à s’interroger à propos de la politique qu’ils ont eux-mêmes décidée, ou à défaut suivie par peur de s’y opposer, par conformisme plus que par conviction. Non pas seulement pour en constater les effets qui contredisent leurs prédictions, mais aussi pour s’interroger sur leurs causes. Car les bricolages qui s’annoncent ne régleront rien.

Leur obstination à ne pas se résoudre à une telle clarification, qui renvoie à leur discours obsessionnel à propos de la dette et des réformes d’inspiration libérale destinées à relancer la croissance, fait à la longue problème. Parce qu’elle pourrait laisser penser qu’ils se sont résignés à précipiter l’Europe dans une période récessive et déflationniste durable, prix à payer selon eux pour réduire un endettement excessif, en affirmant qu’il n’y a pas d’autre solution. En évitant de se poser une délicate question : la désastreuse situation actuelle a-t-elle pour origine la crise financière, ou est-elle le résultat de leur politique ?

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Zone euro : NOUS Y ARRIVONS !, par François Leclerc

Billet invité.

La zone euro est à nouveau au bord de la récession et la pression déflationniste s’amplifie, accentuant le risque d’entrer dans une déflation à la japonaise dont on ne sort pas. L’Allemagne, la France et l’Italie – ses trois premières puissances économiques – sont désormais touchées, chacune à sa manière. Sans que cela influe sur le discours de la BCE et de la Commission, qui préconisent comme si de rien n’était la poursuite des réformes structurelles en prenant comme exemple la mirifique croissance dont bénéficient l’Espagne et le Portugal (0,6% au second trimestre dans les deux cas) après avoir été poussés au fond du trou.

Le discours sur la croissance est épuisé, mais il n’y en a pas de rechange, d’où la crispation de la part de ceux qui n’ont pas d’alternative à proposer à leur politique reposant sur la résorption accélérée et prioritaire de la dette publique. Pourtant, elle ne fonctionne pas, comme le montre notamment la progression de la dette de l’État espagnol : celle-ci a dépassé fin juin les 1.000 milliards d’euros et continue à grimper, prévue pour dépasser le seuil symbolique de 100% du PIB en 2015. D’un point de vue économique, inscrire dans un traité des normes de déficit est tout aussi absurde que d’avoir mené la politique d’austérité, et cela ne garantit en rien qu’elles seront respectées…

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Ce n’est pas une simple question de bons et de mauvais élèves. Réponse à Jens Weidmann, par Paul Jorion et Bruno Colmant

Bruno Colmant et moi avons rédigé ce texte aujourd’hui. J’ai tenté de le faire publier dans la presse écrite mais un 13 août vous avez surtout à faire à des téléphones dont personne ne soulève le combiné. Cela se fera peut-être encore, on verra. Le voici de toute manière en attendant.

Dans l’entretien qu’il accorde à Marie Charrel dans Le Monde d’aujourd’hui, Jens Weidmann, Président de la Bundesbank réaffirme la doxa allemande selon laquelle la structure bâtarde de la zone euro, ni fédérale, ni confédérale, ne constitue pas en soi un problème : il n’y a que de bons et de mauvais élèves, l’Allemagne est un bon élève et c’est aux autres pays d’améliorer leur performance.

Dans le cadre de la zone euro, telle qu’elle est aujourd’hui,où toute dévaluation externe est impossible pour un pays membre, en raison de la dépendance de tous par rapport à la monnaie commune, la seule dévaluation possible est celle, interne, du coût du travail, qui passe par des réformes structurelles dans une perspective de compétitivité accrue.

Interrogé sur la hausse récente des salaires en Allemagne, qui semblerait paradoxale dans un contexte où cette nation prêche à ses voisines le moins-disant salarial, M. Weidmann répète la doxa : il faut améliorer la compétitivité par des baisses salariales jusqu’à ce que l’emploi reparte, ce qui donnera le signal autorisant à nouveau des salaires à la hausse.

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Sauvetage de Banco Espirito Santo : quelques enseignements pour la zone euro, par Jean-Michel Naulot

Billet invité. Paraît simultanément sur sur son blog sur Mediapart.

L’annonce du plan de sauvetage de Banco Espirito Santo (BES) démontre à quel point les discours tenus par les dirigeants de la zone euro sont parfois éloignés des réalités financières. Le projet d’Union bancaire adopté par les gouvernements et les parlementaires européens en mars dernier vient ainsi de confirmer certains de ses dangers, alors même qu’il n’est que très partiellement en place.

En cas de défaillance d’un établissement bancaire systémique, ce projet prévoit de mettre à contribution non seulement les actionnaires et les créanciers subordonnés mais aussi les créanciers ordinaires et les déposants. Comme cela a été souligné lors de son adoption, ce projet qui s’inspire du modèle chypriote fait  craindre qu’en cas de rumeur sur un établissement tout le monde s’en aille dès le premier jour. C’est exactement ce qui vient de se passer avec la défaillance de BES où l’on a assisté à une vraie panique des créanciers ordinaires et des déposants qui ont anticipé sur les nouvelles règles en ne voulant pas prendre le risque de se faire piéger. Ils ont ainsi bien involontairement accéléré la chute de l’établissement et les risques de contagion, même si en définitive les autorités ont décidé de les protéger.

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Croissance : n’attendons pas de miracles de la BCE ! C’est à l’autorité politique d’agir ! par Jean-Michel Naulot

Billet invité. Également publié ici.

Les déclarations de Jens Weidmann, Président de la Bundesbank, affirmant son opposition à d’éventuels rachats de dettes souveraine en zone euro, venant après les mises en garde de la BCE sur les bulles financières, confirment que la banque centrale n’a désormais que de faibles marges de manœuvre en matière de politique monétaire. Les discours de Mario Draghi sur la possibilité de recourir à des achats « illimités » de dettes souveraines risquent ainsi d’apparaître de plus en plus en décalage avec le texte des traités et avec les exigences de la stabilité financière.

Que les investisseurs rêvent de nouveaux miracles de la BCE est assez logique puisqu’ils en demandent toujours plus pour entretenir la hausse des marchés… Que les gouvernements les rejoignent, comme l’ont laissé entendre certaines déclarations récentes, est beaucoup plus étonnant. Les clés de la croissance sont désormais entre les mains de l’autorité politique, pas de la banque centrale.

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Réflexions sur la généralisation de la flexibilité des parités, par Jean-Michel Naulot

Billet invité, en réaction au 2ème billet de la série « Le système monétaire idéal de John Maynard Keynes »

Juste deux mots de commentaire sur votre excellent article sur le glissement vers la flexibilité des changes (voulue par Friedman dès les années 50).

J’ai un souvenir très précis à propos des swaps de change. Un mois après être entré à la Banque de Suez, en avril 1974, j’avais reçu un cours sur les swaps de change par Jean-François Lepetit qui considérait qu’un marché considérable allait s’ouvrir pour les banques suite à la décision du 15 août 1971. Peu de temps après, Jean-François créait la première « table de marchés » sur la place de Paris. Et au début des années 80 nous avons fait les premières options de change sur le yen avec un grand groupe français opérant dans le luxe.

Le système des changes flexibles entre États souverains s’est progressivement étendu au monde entier, à l’exception d’une région, la zone euro. Dans les années quatre-vingt-dix, certaines régions du monde avaient encore des parités fixes. C’était le cas du sud-est asiatique avec le PEG qui a volé en éclat en 1998, de l’Argentine, etc. Le SME (système monétaire européen) lui-même avait plus ou moins volé en éclat en 1993 puisque les marges de fluctuation avaient été étendues à 15 % (soit 30 %… quelques années avant la monnaie unique !)

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Que conseillerait effectivement Keynes à nos dirigeants aujourd’hui ? par Jean Matouk

Billet invité.

Il nous dirait effectivement, comme il tentait de l’expliquer à ses collègues néo-classiques, notamment Pigou (1877-1959), que la baisse des salaires qu’elle soit plus ou moins volontaire, comme un élément de politique économique, où qu’elle soit la conséquence du chômage, n’est certainement pas la solution pour redresser la croissance et l’emploi. Le fond de sa théorie reste parfaitement pertinent aujourd’hui : les salaires sont un coût, mais aussi un revenu ; dans une société devenue salariale, les baisser porte atteinte à la demande, et même si cette baisse permet aux entreprises de faire baisser les prix, l’offre ne trouve pas sa contrepartie.

Comme le dit Paul Jorion, Keynes s’irriterait, aujourd’hui comme hier face à la politique de Churchill, que dans des circonstances où l’on demande des efforts à la nation , ceux-ci soient seulement demandés aux salariés – ceux qui gagnent leur vie – et non à la « classe des investisseurs et celle des affaires ». Aujourd’hui, plus qu’hier les salaires indécents des « patrons » du CAC 40 rendent la demande d’effort illégitime aux yeux de nombreux salariés.

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