De la perte de biodiversité à la rébellion des peuples

Extrait d’un article à paraître en juin dans un magazine.

Il est devenu clair, quand a fallu comprendre l’origine de la pandémie de Covid-19, que la perte de biodiversité fait que des maladies susceptibles de se transmettre entre vertébrés débouchent aujourd’hui de plus en plus souvent sur des zoonoses : des maladies animales se transmettant aux hommes, les chauves-souris constituant en particulier, en raison de leur bonne résistance aux virus, un réservoir privilégié de maladies pouvant se transmettre aux humains. 

Dans un autre ordre d’idées, la globalisation économique fait que la production manufacturière se concentre dans des zones de rentabilité maximale qui sont aussi celles bien sûr où les populations sont présentes en fortes densités. C’est dans ce contexte qu’est intervenue une innovation née dans les bureaux d’études de la firme automobile Toyota : la pratique du flux tendu dans la gestion des chaînes d’approvisionnement, la réduction maximale des stocks associée à la vitesse maximale de réapprovisionnement, et ceci pour diminuer les frais de stockage. La confiance a été accordée à un processus permettant qu’un produit qui manque sur les rayons dans une région du monde s’y retrouvera rapidement en raison de la connaissance immédiate du niveau des stocks sur l’ensemble du réseau que le numérique autorise désormais et à la facilité de l’approvisionnement par voie maritime ou aérienne dans des processus de plus en plus automatisés et robotisés.

Or, on l’a vu dans le cas de la Covid-19 : il a suffi qu’une zone de forte production industrielle comme la province chinoise de Hubei et sa capitale Wuhan soit soumise à un confinement pour que certaines marchandises à la production très centralisée se raréfient rapidement au plan mondial, faisant grimper leur prix, renchérissant le panier de la ménagère et constituant du coup un facteur d’inflation. La rareté peut se muer en authentique indisponibilité rompant la chaîne d’approvisionnement et débouchant sur une paralysie des chaînes de montage et le blocage complet de la production. Des machines auxquelles ne manquent parfois qu’une seule pièce encombrent alors les aires de stockage.

 À la pandémie est maintenant venue s’ajouter la guerre, dont les causes mêlent raisons d’ordre idéologique et facteurs économiques. Les disruptions des chaînes d’approvisionnement ont des effets considérables quand il s’agit comme dans le cas de l’Ukraine du pays que l’on appelait le « grenier à blé de l’Europe », mais qui l’est désormais d’une zone plus vaste puisque l’Ukraine alimente en blé pour plus de 30% (jusqu’à 50%) de leur consommation, la Tunisie, la Libye et la Mauritanie. La destruction des récoltes de l’Ukraine constitue le prélude d’émeutes de la faim dans les pays les plus dépendants de sa production céréalière, quand l’augmentation du prix du blé, denrée de première nécessité, y aura atteint un niveau intolérable pour la population locale. 

La hausse du prix des marchandises et des produits victimes de difficultés d’approvisionnement, voire de ruptures de stock, alimente l’inflation dans les pays où elle se manifeste. Dans une politique antisociale scandaleuse mais considérée aujourd’hui comme allant de soi, les banques interviennent alors en compensant l’érosion du capital due à l’inflation en noyant son taux dans une hausse des taux d’intérêt plus élevée. Or une hausse brutale des taux entraîne automatiquement un krach obligataire : une dépression brutale du prix des obligations en circulation, selon un mécanisme qui mérite d’être rappelé.  

Les obligations sont les emprunts que les États contractent auprès des particuliers et du « marché des capitaux », c’est-à-dire auprès des institutions financières. Or, pour refléter le climat de hausse des taux dans ses nouvelles émissions obligataires, l’État doit consentir un coupon plus élevé (le taux rémunérant une obligation d’une certaine maturité) : une rente d’un montant plus élevé accordée aux prêteurs de l’État. Ces obligations nouvellement émises bénéficiant d’un meilleur rendement que celles déjà en circulation (n’ayant pas atteint leur maturité), le prix de celles-ci baissera d’un montant compensant exactement (c’est le mécanisme de l’arbitrage) le fait qu’elles ne donnent lieu qu’à un versement de coupon inférieur à celui qui constitue la nouvelle norme.  

Cette hausse du coupon augmente le coût de la charge de la dette pour l’État emprunteur. Or si dans les années récentes les États ont pu faire croître le volume de leur dette nationale à coût réduit en raison de la faiblesse des taux, souvent d’ailleurs négatifs, ils seront désarmés devant une charge de la dette à nouveau onéreuse. La réponse devra alors être une hausse des taxes et des impôts au prorata.

Implication perverse mais bien pratique de l’existence de la zone euro, les dettes nationales des états membres sont absorbées par la Banque Centrale Européenne. Ceci permet à chacune de ces nations de s’endetter toujours davantage pour assurer les frais de fonctionnement d’un État-providence soutenu artificiellement, au lieu d’exiger des plus riches une participation plus équitable de leur part à la gestion de la nation, alors qu’ils représentent une portion obscène de l’empreinte carbone *.

Les disruptions des chaînes d’approvisionnement causent des hausses de prix, facteurs d’inflation. Les banques centrales haussent les taux pour maintenir le rendement du capital dans un contexte d’inflation, précipitant un krach obligataire, tandis que les États émetteurs de dette doivent en hausser le coupon, renchérissant la charge de la dette, forçant à réduire d’autant les prestations de l’État-providence, provoquant ainsi la colère de la population, qui ne tarde pas à se rebeller.

L’enchaînement des faits que je viens de décrire étant hautement plausible, le déroulement en est parfaitement prévisible, et la question qui se pose du coup est « Qui, dans les instances dirigeantes de nos pays, veille-t-il activement à l’heure qu’il est à s’assurer qu’il n’en sera pas ainsi ? » 

  • Rapport Oxfam  2021 :

    « Les émissions par personne de la moitié la plus pauvre de la population mondiale devraient rester bien en deçà du seuil de 1,5 °C fixé pour 2030.

    Les 1 % et les 10 % les plus riches devraient émettre des émissions respectivement 30 fois et 9 fois supérieures à ce seuil.

    Pour atteindre l’objectif de 1,5 °C, les 1 % les plus riches devraient réduire leurs émissions actuelles de carbone d’environ 97 %. »

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58 réflexions sur « De la perte de biodiversité à la rébellion des peuples »

  1. Dans le paragraphe suivant (extrait rapport OXFAM il manque probablement deux mots:
    « Les émissions par personne de la moitié la plus pauvre de la population mondiale devraient PERMETTRE DE rester bien en deçà du seuil de 1,5 °C fixé pour 2030. »

    1. dans les pays riches les gens ne se rendent même pas vraiment compte de leur empreinte carbone et du gaspillage énorme induits par nos modes de vie et le fanatisme consumériste. Évidemment les 1% sont sur une autre planète (pourtant malheureusement non…) …

  2. …/… exiger des plus riches une participation plus équitable de leur part à la gestion de la nation …/…
    C’est ballot, dans le contexte franco-français cette exigence fait partie du programme de L’Union populaire .

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    1. Au fil des années, le Parti de Gauche d’abord, LFI ensuite ont repris un grand nombre de mes propositions.

      Je suis surpris que ce soit passé inaperçu d’un lecteur aussi ancien du blog que vous.

      Parti de Gauche : Colloque sur le coût du capital, le 23 novembre 2013

      En novembre dernier, j’intervenais sur le coût du capital à l’invitation du Parti de Gauche. La vidéo se trouve ici.

      Le Parti de Gauche a eu la bonne idée de vouloir faire un livre de toutes nos interventions. J’ai reçu du coup la retranscription de la mienne, qui servira à rédiger un texte, plus proche de la forme écrite.

      Une vidéo, c’est bien pour ceux qui ont la patience de passer 37m51s devant leur poste. Si vous préférez quelque chose à lire, le voici.

      Etc.

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      1. C’est bien parce que je sais et que les lecteurs de ce blog savent que vous revendiquez une bonne partie des mesures proposées aujourd’hui par l’Union Populaire que j’ai posté ce commentaire.

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        1. Merci pour le rappel, dans ce cas-là.

          Vous ne serez pas surpris que dès lundi prochain j’appellerai à voter de préférence pour les partis ayant repris certaines de mes idées (c’est humain !).

            1. C’est vrai, je devrais parfois rappeler des choses qui me semblent aller de soi, mais qui sont apparemment moins évidentes à des personnes comme vous : « une élection présidentielle élit un président ; une élection législative élit des députés. Un président n’est pas député ; un député n’est pas président. »

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              1. Tout cela est bien formel.
                Si les partis ayant repris certaines de vos idées arrivent en tête aux législatives il n’est pas exclu que JLM se retrouve premier ministre.
                N’auraient-elles pas eu plus de chances d’être appliquées plus sereinement en dehors d’une cohabitation ?

                1. Si, et c’est pour cela que j’ai exprimé tant de frustration que M. Mélenchon ait torpillé d’emblée la possibilité d’une primaire à gauche pour aucune autre raison qu’un Grand Moi-Je (auquel on vient de ré-assister avec le consternant « voter LFI aux législatives c’est voter pour le Grand Moi-Je au poste de Premier ministre »).

                  Je crains que votre confusion constante entre une personnalité et un parti ne trahisse chez vous une sympathie implicite pour le culte de la personnalité.

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                    1. @Paul Jorion – 23 avril 2022 à 21 h 55 min
                      n’avez-vous pas écrit « c’est pour cela que j’ai exprimé tant de frustration »

                    2. @ Paul Jorion – 24 avril 2022 à 10 h 05 min
                      Il me semble que votre frustration vous empêche de reconnaitre que dans la situation présente il y avait un vote utile.
                      Par ailleurs je plussoie le commentaire de Guy Leboutte – 24 avril 2022 à 12 h 24 min et n’ai pas grand chose à y ajouter.

                    3. Oui il y aurait eu un « vote utile » si votre candidat n’avait pas torpillé la possibilité d’une primaire à gauche en voulant à tout prix jouer « perso ». Et espérons qu’il n’ait pas déjà torpillé une victoire de la gauche aux législatives avec son « Grand Moi-Je Premier ministre ! » (La gauche est gâtée avec un tel sur-doué).

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                    4. Vous confirmez mon sentiment en employant le conditionnel là où j’ai employé l’imparfait.

                    5. Merci pour cet échange !
                      Je suis tenté de remettre ici mon commentaire du 20 avril 2022 à 8 h 25 min ce qui pourrait faire une boucle sans fin . . .

                    6. @Romain Vitorge :

                      Réponse le 19 juin .

                      A mon avis les trois blocs ont des munitions , mais comme Paul Jorion je pense que c’est un erreur et un handicap de mettre en avant ( dans les trois blocs ) la figure d’un Duce , même pour justifier la prédétermination d’un premier ministre qui devra être en principe nommé pour son aptitude à tirer quelque chose d’une assemblée possiblement sans majorité aucune , et en veilleuse stricte par rapport aux grands choix stratégiques du niveau Présidence de la République ( Europe , Nucléaire , Défense, Dette ).

                  1. Je crois Paul que tu as mis le doigt sur le problème de beaucoup d’aficionados de JLM ! Et ce culte est la base sous jacente à tous les rouges bruns.

                    Il est vrai qu’il est séduisant JLM et c’est d’autant plus triste que se faisant il détruit en fait les chances de succès de ses/nos idées sur la scène du pouvoir effectif.

                  2. Paul, toute révérence due, vous faites une fixation sur le caractère de Mélenchon!
                    Mélenchon n’est pas un homme seul comme on raconte l’Histoire aux petits enfants, ou comme l’Éborgneur!
                    On dirait qu’appuyer son parti vous ferait craindre que l’on ne vous prenne pour un dévôt du chef, et que vous ne pouvez le considérer que comme un autoritaire banal.

                    Vous avez voulu proposer Piketty. Piketty n’a rien d’un théoricien en économie, il est un établisseur de séries statistiques de premier ordre, et, question politique, il ne fait que ressasser l’eau tiède d’une social-démocratie des bons sentiments, avec des envolées à la Jacques Attali, confortables parce que hors de portée, appelant à un gouvernement mondial. Vous qui dites qu’il faut en finir avec le capitalisme, remarquez que Piketty titre son livre « Le Capital au XXème siècle » alors qu’il parle surtout des patrimoines, est que ce titre est une ineptie. Je crains d’ailleurs que la formule ne soit de son éditeur, vous devez savoir mieux que moi à quel point les éditeurs imposent des titres à leurs auteurs. C’est une ineptie et un travestissement, parce que chez Marx, paraphrasé de toute évidence, le capital est avant tout et essentiellement, un rapport social, pas un montant en numéraire ou en actifs. Mais voilà, Karl Marx, lui, qui doit être critiqué (socialisme autoritaire) et historicisé, était un génie.

                    Vous avez ensuite poussé à une candidature François Ruffin, et là mon coeur autant que mon cerveau adhèrent. Mais il y a un mais: vous n’êtes pas plus un faiseur de roi que je ne le suis moi-même, pensez donc: j’étais contre la guerre en Irak, mais ils l’ont faite! Ruffin ne se présentera que poussé et inscrit dans un large mouvement social, qu’il tente de nourrir de toutes ses forces, et c’est ne pas le comprendre que d’appeler publiquement à sa candidature, même si on peut en rêver. Mais il est encore jeune et ne manquera pas de jouer ses cartes, sauf que l’urgence climatique ne nous permet guère d’attendre.

                    Aussi, pourquoi ne pas faire confiance à Ruffin, qui avec toute son indépendance, n’a pas mégoté son soutien à Mélenchon, dont les médias depuis des années font tourner en boucle toutes les photos qui le desservent. Nous sommes dans l’urgence, et il n’y a rien qui vaille les équipes et le programme des Insoumis et de l’Union populaire, laquelle est en germe un contre-pouvoir aux Insoumis s’ils réussissaient. D’ailleurs, ils réussissent. La décomposition du PS et du PC est accablante, et EELV n’a rien d’anticapitaliste, sauf la mouvance Sandrine Rousseau, dont bien des sympathisants ont dû voter Mélenchon au premier tour, la chef de file préférant par patriotisme d’organisation se solidariser d’une liste qui n’a pas atteint les cinq pour-cent. Quel aveuglement! Vous ne trouvez pas que cela dénote un trait de caractère inquiétant chez celle qui a perdu de justesse la primaire EELV ?

                    Dernière remarque: l’appel de Mélenchon, « faites de moi votre premier ministre », est de mon point de vue proprement génial. Il donne une puissante motivation à poursuivre les développements de la campagne électorale, qui par système ont vocation à se dégonfler dès le lendemain de l’élection. Si les Insoumis sont en passe de créer le troisième bloc social et politique de la recomposition française en cours, qui en germe et en toute logique devrait devenir le premier en nombre, puisque s’adressant largement aux 50-60 pour-cent les moins bien traités, et touchant aussi les « sachants » d’autres classes sociales, ce n’est pas un homme seul, de mauvais caractère par surcroît, qui en est le créateur.
                    Avec ça bien sûr, Mélenchon y est tout de même pour quelque chose, dans cette réussite.

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                    1. « Dernière remarque: l’appel de Mélenchon, « faites de moi votre premier ministre », est de mon point de vue proprement génial. »

                      Décidément le rêve jusqu’à la dernière goutte, je connais tellement ça avec mes addictions multiples et variées.

                    2. Clouclou,

                      1. Les élections sont une foutaise anti-démocratique (Badiou, Lordon, Barbara Stiegler – Cette dernière en 2 minutes et en note sur https://condrozbelge.com/2021/08/13/michael-foessel-938-2021-le-fascisme-est-il-a-nos-portes/.
                      La démocratie est « enfant de la rue » et doit être encadrée (Tocqueville).
                      La « représentation » est sa foutaise jumelle: nous ne devons pas être « représentés », mais présents, présentés (Badiou).

                      2. De tout temps les aristocrates lorsqu’ils choisissaient entre eux leurs « magistrats suprêmes », s’entendaient par tirage au sort, ce qui a permis à Venise de régner pendant quelques siècles sans dissensions internes mortelles, et le tirage au sort a sévi aussi dans de nombreuses principautés espagnoles, italiennes et allemandes. L’élection était clairement pour eux : non démocratique, injuste. (« Contre les élections », David Van Reybrouck, par ailleurs décevant pour moi.)
                      Aujourd’hui, les élections sont prétendument synonymes de démocratie, et les fantômes de ces aristos anciens doivent bien rigoler. C’est la démocratie de l’isoloir, intéressant, non ? Les Grecs anciens, entre hommes (pas de femmes) et dans une société d’esclaves, ne pratiquaient l’élection que pour des tâches pratiques: désigner le meilleur pour diriger la guerre ou construire un pont. Pour la magistrature suprême, seul le tirage au sort avait grâce à leurs yeux.

                      3. Donc, après ce préambule sur le thème « élections = bullshit et illusions », ne nous trompons pas de sujet. Mélenchon est depuis longtemps un politicien professionnel, mais c’est dans son groupe (en excluant les tout petits NPA et cie) que l’on trouve sûrement le plus grand nombre de citoyens les plus convaincus que les élections ne font pas tout, et que la rue est importante. D’ailleurs, le 14 juillet fête quoi, hein? Ruffin le répète à l’occasion, vous vous souvenez?

                      4. Et nous y voici. L’appel de Mélenchon « Faites de moi votre premier ministre » n’est pas un « pataquès » comme dit Paul Jorion, dont la lunette me semble bien obscurcie. La « politique » que l’Etat veut bien nous laisser, c’est « Vote et tais-toi ». Dès le lendemain de l’élection, en principe et par effet de système, les troupes se débandent et chacun rentre chez soi. Or Mélenchon, qui n’échappe pas à cette mécanique et en est un vieux routard, découvre ici une fenêtre d’opportunité qui rompt avec cette logique à laquelle lui-même il a beaucoup donné : on va continuer nos remue-méninges et notre mobilisation jusqu’aux législatives, et notre objectif est d’imposer une cohabitation au président Macron. Si les Insoumis parviennent à poursuivre leur travail de terrain au-delà de la date du deuxième tour, ils peuvent accroître leur audience et remporter ce pari, qui me paraît tout à fait jouable, dans les chiffres, réconfortant, car voter et rentrer chez soi après l’ivresse et l’échec, ça n’est pas drôle, et novateur, car on n’a jamais proposé cette chose si simple conceptuellement.

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  3. Coucou,

    Depuis le début de la guerre les dirigeants ne sont pas à la hauteur. Nous sommes en état de guerre.
    Marioupol c’est guernica.
    Je lisais hier que la russie a amorti le choc monetaire grace aux flux de trésorerie europeens. On proclame et on continue comme avant.

    On n’est pas en guerre contre les russes, mais contre les soubresauts du totalitarisme stalinien.

    Pourquoi ne pas le dire à la population et prendre les mesures necessaires. Rationnement du gaz en essayant de trouver d’autres flux. Diviser une consommation par deux ne me parait pas un exercice si difficile . La désorganisation serait forte, mais la liberté a un prix.
    agir plutot que subir. Le peuple comprendrait.

    Bonne jorunée

    STéphane

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    1. Marioupol c’est guernica.
      […] totalitarisme stalinien.

      A moins de réécrire l’histoire (spécialité stalinienne), Guernica, c’est l’autre totalitarisme, celui avec la croix gammée).
      Et quitte à faire des comparaisons historiques oiseuses, perso je vois plus du Adolf que du Joseph en Poutine…

      Qu’en à réduire ma consommation par solidarité, que les 1% les plus riches commencent, je les suivrais.
      « On croit mourir pour Marioupol, et on meurt pour les capitalistes » (en gros).

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      1. Coucou,

        Oui, c’est çà , en gros , demi-gros et point de détail !

        N’importe quoi !

        Encore un qui récite son bréviaire. Un jalou qui donne des leçons .

        Vous etes comme dans la blague du mec qui regarde sa femme se faire violer. Tout content d’être sorti du cercle 5 fois.

        Affligeant . Juste un petit effort. Pour que dans 20 ans vos enfants n’aient pas à faire un trés trés gros effort ….

        Bonne journée quand même

        STéphane

        1. Je suis athée, je n’ai pas de bréviaire.

          Jaloux ? Et de quoi ? La richesse m’indiffère, ce qui m’importe plutôt c’est la pauvreté d’autrui résultant d’un système social injuste.
          Je n’ai pas fait d’enfants, c’est le seul moyen à ma disposition éviter leur exploitation.
          Quand à ma con – somation, elle est raisonnée et raisonnable.

          Pour la vanne sur le viol destinée à me traiter de lâche à mots couverts, je choisis de ne pas y répondre, l’invective ne déshonore que son auteur.
          Si on pouvait éviter les attaques ad hominem entre inconnus, on gagnerait en qualité dans les échanges.

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          1. COucou,

            Désolé, je ne voulais pas vous blesser. C’est le mot oiseux, çà a fait tilt. D’habitude je ne réponds pas. L’effet de la guerre sans doute.

            Aller, un petit aphorisme de cioran pour finir

            « Lorsque, liquidés les sujets de révolte, on ne sait plus contre quoi s’insurger, on est pris d’un tel vertige qu’on donnerait sa vie en échange d’un préjugé. »

            Faut pas se laisser prendre dans les les vertiges de cioran !

            Bonne journée

            Stéphane

      2. re coucou
        Gros, 1/2 gros et point de détail !

        pour le reste ma réponse a été censurée par le logiciel ! sans importance en fait, sauf que c’est rare..

        Bonne journée

        STéphane

          1. Coucou,

            désolé, j’ai mis les mouffles ou un problème de rafraichissement de page ou de mémoire ou les deux mon capitaine !

            Bonne fin d’après midi.

            Stéphane

      3. Ar c’hazh du, du breton pur beurre !
        Il y aurait donc des bons morts et des mauvais morts ?
        Et ben non ! Il y a des morts, point à la ligne ! Assassinés par des fous.
        Car tous ceux et toutes celles qui arrivent au pouvoir, dans tous les systèmes, sont, dans leur tête, au mieux, à la limite de la dérive, au pire, déjà à la dérive. Les gens sensés ne cherchent pas à avoir le pouvoir.

        Mais tout bien réfléchi, ché pas s’il y a beaucoup de gens sensés.

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  4. Impatient de voir ce sujet débattu ce soir par les 2 candidats restants en lice ce mercredi soir…
    Et de voir le courage professionnel des « journalistes arbitres » insister pour leur demander leurs propositions pour « exiger des plus riches une participation plus équitable de leur part à la gestion de la nation » et pour exiger des »1 % les plus riches [à] réduire leurs émissions actuelles de carbone d’environ 97 % ».

    Au cas bien improbable ou un sujet d’une telle importance serait ignoré par leur programme respectif, je me verrai contraint à un vote blanc…
    Mais ce serait bien étonnant que des personnes aspirant à la plus haute fonction nationale affichent un tel niveau d’inconscience…

  5.  »

    Rapport Oxfam 2021 :

    « Les émissions par personne de la moitié la plus pauvre de la population mondiale devraient rester bien en deçà du seuil de 1,5 °C fixé pour 2030.

    Les 1 % et les 10 % les plus riches devraient émettre des émissions respectivement 30 fois et 9 fois supérieures à ce seuil.

    Pour atteindre l’objectif de 1,5 °C, les 1 % les plus riches devraient réduire leurs émissions actuelles de carbone d’environ 97 %. »
     »
    Ceci est de la propagande, pas de la science. Lisez plutôt JM Jancovici, A Barreau etc..
    N’importe qui (moi-même) peut faire le calcul. Le revoici, limité aux 10 % de riches (Ouh les vilains – c’est nous !):
    Rappelons que le PIB mesure assez bien le CO2 émis (lire JM Jancovici )
    PIB= N*PIB/N= N*n = Nn (pour simplifier l’écriture).
    N= R+P (R= le nombre de riches, P= le nombre de pauvres).
    PIB= Rr+Pp (r, p = consommation moyenne par riche, par pauvre).
    On décide, par choix éthique :
    1) On veut diviser le PIB par e (comme écologie) afin de retarder l’effondrement. PIB/e.
    2) On veut une société plus juste, sans riche, où les pauvres (et les ex-riches) consommeraient j (comme justice) fois la consommation actuelle des pauvres (cad une augmentation par j du niveau de vie des pauvres).
    Il vient : PIB/e=(R+P) jp, avec PIB=Rr+Pp.
    On a : r= ejp(1+P/R), avec 1+ P/R l’inverse de la proportion de riches N/R,
    Soit r= ejp N/R.
    Pour N/R =10 (800 millions de riches, cad les pays développés – c’est NOUS ! – et les riches du sud)
    e= 2 (minimum pour la durabilité)
    j= 3 (choix politique – éthique),
    on obtient r= 60 p, Il faut donc que, en moyenne et par individu les 800 millions de riches consomment 60 fois ce que consomme chaque pauvre et qu’ils acceptent de diviser par 20 leur niveau de vie.
    Ceci dit, combien les 800 M de riches consomment ils ?
    Je raisonne en ordre de grandeur, par échantillonnage chiffres de 2020.
    PIB France+Belgique (blog franco-belge 😉 ) : 2.6+ 0.515 = 3.115 10**9 USD.
    Pour 66 + 11= 77 Mhabitants, soit +- 40.500 usd/an habitant.
    USA : 63 540 usd.
    Combien consomment les pauvres ?
    PIB/an habitant :
    -Chine : 10 500 usd
    -Inde : 1900 usd
    Nigéria : 2180 usd.
    Dans le « meilleur des cas » on a USA/Inde = 33
    Nous sommes donc très loin d’un facteur 60 ! Autrement dit il n’est pas possible mathématiquement d’éviter l’effondrement avec uniquement de la justice et de l’éthique car l’écart entre pauvres et riches est insuffisant.

    OXFAM MENT.

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  6. Il me semble que l’impact « accélération de l’inflation  » tient surtout à l’accélération du coût de l’énergie , en ce qu’elle intervient partout en tant que matière et en tant que nécessaire à la chaine de production , et que les cours augmentent sur toutes ses formes . Celui des produits alimentaires aussi du fait de la pénurie prévisible depuis le s » greniers à blé mondiaux  » habituels . Bonne nouvelle cependant sur ce plan là , l’Inde s’attend à une production de blé record cette année sur son territoire , qui , alors qu’elle est très peu exportatrice , devrait lui permettre , les prix augmentés la rendant plus compétitive , de pallier en partie le gap causé par les pertes ukrainiennes .. On souhaite que ce bonus serve plus aux indiens qu’a Modi pour venir en aide au rouble .

    Sur l’impact de la guerre en Ukraine , j’avais pondu ce digest qui pointe déjà bien comme une évidence que la fiscalité ( forcément accrue , et tous les projets du premier tour , qui nous promettaient la vie et la fiscalité allégée , étaient – et restent- de la foutaise ) est au rendez vous des équilibres budgétaires , des envolées inflationnistes , de l’agenda écologique et de la biodiversité , des choix énergétiques, de la justice et de la paix sociale , des nécessaires alliances internationales et de la politique monétaire :

    juannessy
    13 AVRIL 2022 À 23 H 27 MIN
    Au moins en ce qui concerne la France ( mais pas que ) les rapports de l’OFCE ou du CAE sur l’impact des dégradations commerciales avec la Russie sont assez pertinents ( https://www.ofce.sciences-po.fr/publications/publications.php ) ;

    Si on prend l’ensemble de l’Europe , la Russie représente 4% des nos exports et 7 % de nos imports , ce qui n’est pas globalement la mer à boire en « valeur » , mais les indices d’exposition sont assez variable entre » beaucoup » ( Lituanie , Estonie , Pologne , Bulgarie..) , « moyen » ( Allemagne , Italie … ) , » peu » ( France , Espagne ..)

    En termes d’indice de dépendance énergétique , la dépendance de l’Allemagne est forte , l’Italie moyenne , la France faible . Cela est conditionné par trois facteurs :
    – le mix énergétique de chaque pays ,
    – le poids des ressources propres nationales ( écolo ou pas )
    – le ratio » ce qui vient de Russie / ce qui vient d’ailleurs ( dont Arabie Saoudite ) »

    Pour la France , selon le rapport de l’OFCE , la nature des impacts ( dont on aurait bien aimé entendre parler dans les projets ) devraient porter sur :
    – la facture énergétique ( 40 milliards de plus sur le gaz , 24 milliards sur le pétrole)
    – une baisse du PIB attendu de 2, 5%
    – une inflation boostée de 3 à 4 %
    – une perte de 600 000 emplois
    – une hausse de l’épargne de précaution quitte à perdre du pognon en raison de l’inflation ,
    – l’attentisme des entreprises et baisse des investissements , ce qui couplé avec l’épargne qui ne consomme pas , est le berceau de la stagflation , le cauchemar des économistes .
    – baisse forcée de la consommation des plus pauvres ( risque d’inégalités dans l’exposition à la dégradation globale . Dans les premiers déciles on pourrait être contraint d’arbitrer entre la bouffe , la santé et la voiture et non pas avec le « reste à vivre » )
    – risque ( moins douloureux celui là ) d’exposition à un défaut sur la dette russe , si elle survient comme ça peut , pour ceux qui ont oublier l’affaire des emprunts russes ;
    – l’accueil des réfugiés ukrainiens durable ou pas , coûtera aussi si on est sérieux et organisé pendant des mois .
    – de la même façon il faudra soutenir les ménages les plus fragiles , tout en investissant écolo , augmentant les dépenses militaires ;
    – risque de spirale prix salaire bien connue des plus de 60 ans ;

    Au total , risque de stagflation généralisée en Europe qui va nécessiter que le seul endroit qui puisse maîtriser un peu la bête soit cohérent , c’est à dire les règles budgétaires européennes et la politique de la BCE . ( et selon moi , augmentation des taxes et impôts aussi ciblées et rentables que possible )

    Sur le seul sujet du Rouble ( la Russie va avoir bien d’autres tourments économiques ) , la guerre n’en est qu’à ses débuts et il me semble que l’apparente bonne santé maintenue du rouble est trompeuse , car le cours du rouble est actuellement un cours » forcé » ( comme il y en avait un en France quand le franc courait après le mark en essayant de se coordonner entre BCF et BC allemande .) . Car actuellement je crois que c’est , non pas le marché ( qui n’a jamais été très remuant ) qui fixe la valeur du rouble , mais la Banque centrale russe qui joue ou a joué de trois armes :

    – achat de roubles en vendant son or ou des devises .
    -exportateurs russes contraints à changer illico 80 % de leur rentrées de devises en roubles auprès de la BCR ( ce qui ne fait pas forcément plaisir auxdits exportateurs russes style Gazprom)
    -obligation pour les importateurs « non amis » de payer en roubles ( ce qui n’a pas marcher et se traite en fait via le moyen du dessus )

    Bref , le cours forcé du rouble vaut ce que la BCR est prête à céder de son trésor . Pendant combien de temps ?

    Par contre , comme il y a une course de vitesse des européens pour se reconvertir ( éventuellement vertueusement écologiquement parlant ) , il y a sans doute une recherche à tout prix côté russe pour trouver de l’aide et sans doute pas écolo du tout et une contrainte de temps réaliste encore plus terrible que celle de l’Allemagne . Si Poutine va jusqu’au bout de son projet peut être trop rêvé et déconnecté du terrain .

    Entre temps , l’Ukraine meurt , mais que ne ferait on pas pour la « gloire » de la sainte Russie et la satisfaction de l’ami solide .

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  7. L’imbécillité n’est pas rassurante, la nullité devant l’ampleur des problèmes non plus, Le Pen fait peur par son énorme incompétence. Le niveau socio-culturel de ses électeurs est tragique. Le niveau de l’extrême droite ne mérite que la chasse d’eau de l’histoire. Pitié pour la France.

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    1. Ne vous inquiétez pas de l’incompétence de Marine, elle aura suffisamment de hauts fonctionnaires (occasionnellement pantouflards ) pour la ramenez dans le cadre du projet néolibéral. Le risque certainement pour nous sera une accentuation de l’autoritarisme sécuritaire et culturel. Ça ira plus vite qu’avec Manu !

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    2. @Lonylp Le génocide de presque la moitié de la population française est un vaste programme, à moins de limiter le droit de vote.
      François Mitterand ne semblait pas avoir une meilleure compréhension ou maîtrise des problèmes économiques.

  8. Je me disais ; Tiens, une guerre en Ukraine, une élection présidentielle et hop la covid 19 a disparu des radars !
    Ça tient à peu de chose un virus tout de même ! 😉

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    1. @Pascal Surtout que l’offensive en Ukraine a peut-être été retardée de 2 ans pour cause de Covid !
      La tension était déjà très nette à voir l’unanimité des instances européennes à préférer un vaccin Trumpien franco-états-unien ou turco-européo-américain et refusant toute production ou emploi d’un vaccin poutinien.

        1. @Pascal C’est pour celà qu’une production occidentale du vacin Spoutnik aurait pu être envisagée notamment par Sanofi qui avait des moyens de production, mais pas le candidat vaccin.
          Maintenant tout s’explique.

          Les sanctions économiques devraient couvrir la fourniture de tout médicament et permettre un génocide des russes comme celà a été fait en Irak.
          Pourquoi celà n’est il pas évoqué ?

            1. @Pascal Il suffit de chercher un peu :
              Le terme « génocide » a été employé par ses thuriféraires :
              https://reliefweb.int/report/iraq/sanctioned-genocide-was-price-disarming-iraq-worth-it

              Le risque cité en Irak figure à titre de simple illustration et précédent et semble établi :
              https://www.cath.ch/newsf/irak-les-enfants-d-irak-meurent-a-cause-des-sanctions-de-l-onu/
              Mais il semble que l’Iran puise aussi bénéficier d’un tel traitement :
              https://www.france24.com/fr/20191101-iran-sanctions-americaines-iraniens-medicaments-maladies-cancer-transactions

              « permettre un génocide des russes comme celà a été fait en Irak »

              renvoie à ces éléments d’appréciation et ne précise « des russes » que pour éviter que certains comprennent qu’il puisse s’agir des ukrainiens.
              Il s’agit à chaque fois de la population civile des pays visés par les sanctions.

  9. « Il est devenu clair, quand il a fallu comprendre l’origine de la pandémie de Covid-19, que la perte de biodiversité fait que des maladies susceptibles de se transmettre entre vertébrés débouchent aujourd’hui de plus en plus souvent sur des zoonoses : »

    Pour ce qui est de l’origine de la pandémie de Covid-19, rien n’est clair si ce n’est l’origine lointaine du virus chez la chauve-souris.
    La perte de biodiversité est un phénomène constaté (entretenu ?) depuis un bon moment, mais il n’est pas clair qu’une diminution de la biodiversité, qui n’est pas une diminution de la biomasse animale, ni un accroissement du rapport de biomasse humain/animal facilite la transmision de maladie entre espèces et leur transmission à l’homme.
    Il serait même possible d’évoquer des phénomèmes contraires, comme la disparition d’espèces proches de l’homme et susceptible de servir de réservoir intermédiaire.

    1. Vous avez raison sur l’option écologique mais ne pas oublier :
      si l’origine du virus était d’origine laborantine (Wuhan ), ce qui n’a jamais été écarté scientifiquement, il serait impossible de le déclairer comme vérité pour les raisons suivantes.
      Du point de vue de la Chine, la responsabilité internationale serait insoutenable politiquement, économiquement.
      Du point du vue américain, le fait d’avoir trempé dans le financement de ces recherches en Chine via une société privée, impossible de se dédouaner.
      Du point de vue scientifique, cela remettrait en cause un pan entier de la recherche donc fortes réticences ne serait ce qu’a valider une telle option.
      Du point de vue économique, les intérêts sont tels dans le domaine des virus et des vaccins que là encore, une telle option n’est pas envisageable.
      D’un point de vue politique, on a vu la méfiance contre les vaccins pendant la pandémie. Une telle « vérité  » viendrait certainement renforcer cette défiance , même au niveau international.
      D’où l’on voit que peu de personnes auraient intérêt à se qu’une telle « vérité  » voit le jour. La solution naturelle reste la plus acceptable pour éviter une déstabilisation dont on ne saurait mesurer les conséquences.
      Reste que si c’était le cas effectivement, les recherches vont se poursuivre avec d’autres risques à venir 😕

      1. @Pascal Tout à fait, une excellente explication de la création d’infox, dont le Pangolin chinois.
        Pour se rassurer (mais alors où ?) les recherches (Etats-Uniennes) en Ukraine semblent avoir été arrêtées depuis l’offensive.

        1. Pour le moment, tous les scientifiques qui ont voulu démontrer une « solution naturelle  » ont échoué. Pourtant c’est une pratique habituelle que de trouver l’espèce à l’origine d’une propagation chez l’être humain.

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