Archives de catégorie : Anthropocène

Que faire face à l’inconscience et au nihilisme écologiques ? Se révolter ! par Cédric Chevalier

Ouvert aux commentaires.

Quelques fonctionnaires et des personnes engagées dans l’environnement et la politique, voudraient que se développe en Belgique une véritable politique de résilience territoriale locale. La résilience, cela signifie la capacité à rebondir après un choc, éventuellement extrême, et à reprendre une dynamique fonctionnelle, éventuellement différente. Ainsi, une personne qui perd ses deux jambes dans un grave accident peut néanmoins se remettre du drame, apprendre à fonctionner sans jambes et continuer à vivre, y compris en étant heureuse, à condition d’être dotée de suffisamment de résilience ou de renforcer suffisamment sa résilience spirituelle, psychologique, sociale, économique et physique. Elle ne sera plus jamais la même personne, mais elle « fonctionnera » à nouveau.

Alors que tous les signaux d’alarme retentissent pour nous avertir chaque jour de la hausse spectaculaire des catastrophes écologiques et de leur cortège de victimes, la résilience des territoires et de leurs habitants face aux chocs devient un impératif moral et politique absolu.

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L’ADN, Pour survivre, il va falloir repenser notre économie, le 20 mai 2019

Propos recueillis par Jeremy Lopes. Ouvert aux commentaires.

Pour survivre, il va falloir repenser notre économie

Paul Jorion est un anthropologue, sociologue et essayiste belge. Parmi ses sujets de prédilection : la finance et l’avenir de l’humanité. Un avenir qui, pour aboutir selon lui, doit revoir sérieusement ses priorités. Interview.

Nous souhaitions aujourd’hui aborder avec vous la notion de patrimoine, quel futur imaginez-vous pour la transmission de biens à l’heure où l’idée même de possession est remise en cause ?

Paul Jorion : En introduction, j’aimerais rappeler que la plus grande part de la transmission n’est pas matérielle. Elle est de l’ordre du savoir, ce qui signifie qu’elle s’est principalement effectuée dans une culture de l’oral, même si l’écriture a rendu cette transmission plus pérenne par la suite. Aujourd’hui, nous sommes tombés d’accord sur un langage commun pour pérenniser cette transmission : celui de la science. Au-delà des biens matériels, il est donc important de rappeler la place de l’immatériel dans ce questionnement.  

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« Fin du monde ! Fin du mois ! », le 19 mai 2019 – Retranscription

Retranscription de « Fin du monde ! Fin du mois ! », le 19 mai 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le dimanche 19 mai 2019 et le thème aujourd’hui, c’est « Fin du monde ! Fin du mois ! ». Vous avez entendu ce slogan qui a été inventé par quelqu’un. C’est une bonne idée. Ça a des allitérations. Ça essaye de suggérer l’idée d’une convergence des luttes, que les gens qui se battent contre la destruction de l’environnement, le réchauffement climatique, etc. et les gens qui vont dans la rue non sans raison aussi, parce que la situation leur est impossible dans le contexte actuel, que ces gens pourraient défiler ensemble et représenteraient à ce moment-là une masse critique de gens qui veulent autre chose.

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« Que faire ? Que faire ? », le 5 mai 2019 – Retranscription

Retranscription de « Que faire ? Que faire ? », le 5 mai 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le dimanche 5 mai 2019 et mon exposé d’aujourd’hui s’intitulera « Que faire ? Que faire ? ».

Vous l’avez vu – je commence par là – les listes pour le Parlement européen ont été déposées et sur aucune de ces listes, vous ne trouverez mon nom. Alors, la tentation de la nature humaine, c’est de dire : « Eh bien finalement, je n’ai pas vraiment essayé ! » mais là, vous me diriez : « Non, non, M. Jorion, vous avez essayé et vous avez consacré beaucoup d’énergie au cours des mois derniers à essayer de vous trouver sur une de ces listes et vous  n’avez pas réussi ! » et je vous dirai : « Monsieur ou Madame, vous avez parfaitement raison : je me suis donné beaucoup de mal ! ». J’ai essayé d’avoir un débat public avec M. Hamon dont vous vous souvenez peut-être, qui a été décommandé à la dernière minute – pas par moi. J’ai eu l’occasion de passer une soirée à discuter avec M. Hamon. J’ai eu l’occasion de plusieurs conversations assez longues avec M. Olivier Faure. J’ai eu M. Paul Magnette au téléphone, M. Di Rupo aussi et vous m’avez vu me joindre au mouvement Place Publique qui s’est créé en France. J’ai participé à l’échelon local, dans le Morbihan où j’habite. J’ai participé même à une réunion – je suis revenu spécialement un jour où j’étais à Bruxelles – pour participer à une réunion à Lille aux côtés de Claire Nouvian. Des amis à moi ont lancé une pétition que vous avez été nombreux, dans le cadre en question, à signer, appelant le Parti socialiste et Place Publique à me mettre en position utile sur leur liste.

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Que faire ? Que faire ?

Elections européennes
Extinction du genre humain

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Université catholique de Lille, « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? » 5 de 6 : capitalisme, économie de marché, libéralisme, le 5 mars 2019

Retranscription de Université Catholique de Lille, Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? Le capitalisme, l’économie de marché, le libéralisme, face à l’état d’urgence pour le genre humain, le 5 mars 2019. Merci à Eric Muller !

Bonsoir. Si vous avez assisté à la séance du mois de février, vous savez qu’il a été question des risques existentiels, des risques qui menacent l’espèce humaine, qu’il s’agisse de risques dus à la nature telle qu’elle est autour de nous, les météorites, les volcans, les épidémies, mais aussi les risques qui sont liés à la présence même de l’homme, de l’espèce humaine, du genre humain, à la surface de la Terre. Je vais essayer de faire un exposé systématique sur ce thème de Faut-il déclarer un état d’urgence pour l’humanité ? J’espère vous avoir convaincu que, oui, il y a justification.

Il y a déjà eu quatre séances. Dans les deux dernières, je vais m’intéresser en particulier aux moyens dont nous disposons, si nous déclarons l’urgence, l’état d’urgence, comment pouvons-nous réagir, avons nous les moyens de le faire ? Et je lisais l’autre jour le compte-rendu d’un de mes livres qui a paru il y a quelques mois en allemand, celui qui s’appelait Le dernier qui s’en va éteint la lumière, le titre en allemand était une traduction littérale, et la personne qui a résumé mon livre venait avec une conclusion qui m’a un peu surpris – mais si vous écrivez ou si vous racontez des choses en public, vous savez qu’il faut toujours faire très attention à la manière dont les gens vous entendent et vous lisent, ce qu’ils voient et ce qu’ils entendent dans ce que vous avez dit – et là, ce compte-rendu m’a un peu surpris et j’ai réfléchi à pourquoi la personne disait : « Jorion dit que nous avons déjà fait le deuil de l’espèce humaine, le constat – auquel d’ailleurs ce critique souscrivait – le constat qu’il fait est que c’est une affaire réglée et que le processus dans lequel nous sommes, c’est simplement de nous habituer à l’idée que cette affaire se termine. » et je réfléchissais au livre. Il a donc été publié en 2016 et je me dis « ce n’est pas ça que que je crois avoir écrit ». J’avais le sentiment d’être un lanceur d’alerte en disant : «  Voilà le risque d’extinction de l’humanité est un risque réel et il faut que nous le prenions au sérieux. » Et quand on me dit  « Personne ne réagit, personne ne fait attention, il ne se passe rien » eh bien, non : entre ces trois années, ce qui est peu de chose – 2016 et 2019 – j’ai le sentiment qu’une véritable prise de conscience est en train d’avoir lieu.

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Réorienter notre énergie libidinale pour nous sauver, par Cédric Chevalier

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En observant le paysage lors d’un voyage en train en Europe, une déduction s’impose : les humains modifient leur environnement selon leur désir, ils marquent visiblement leur territoire, le contrôlent. Ils sont les géniteurs et les créateurs objectifs de leur environnement. Comme cette marque est de nature géologique, on parle désormais d’Anthropocène. N’est-il pas évident que les humains éprouvent une grande joie à modeler le monde ? Qu’ils aiment à devenir des dieux, à se soumettre eux-mêmes, leurs semblables, les autres vivants et l’espace inanimé autour d’eux à leur toute-puissance ? Ils apprécient visiblement observer les effets de leur force, en construction et en destruction, depuis leur plus jeune âge. 

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Paul Jorion pense tout haut aux 3 derniers jours, le 17 février 2019 – Retranscription

Retranscription de Paul Jorion pense tout haut aux 3 derniers jours. Ouvert aux commentaires.

Bonjour chères Amies et chers Amis, je vais donner à ma petite causerie d’aujourd’hui un nom qui ne vous dira pas grand-chose au départ parce que je vais appeler cela « Mes 3 dernières journées », « Paul Jorion pense tout haut à ses 3 dernières journées ». Mais, il s’est passé un certain nombre de choses qui vont me donner un fil conducteur.

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« Externalités négatives » ? Non : brutalisation ! par Vincent Burnand-Galpin

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« En sciences économiques, on n’a rien inventé depuis Marx » lancent les journalistes du Monde Diplomatique et coordinateurs du Manuel d’économie critique, Hélène Richard et Renaud Lambert lors d’une conférence à l’ENSAE ParisTech le 6 décembre 2018. Leur idée ? Les concepts de la science économique actuelle sont « pauvres », autrement dit, ce sont des rustines que l’on appose par-ci par-là pour que la théorie néoclassique reste valide : un remake du géocentrisme de Ptolémée faisant face à la théorie de Copernic ? La science économique actuelle manque d’un vrai travail sur les concepts, un concept devant être une notion qui tend, par sa simple définition, à coller au mieux à une réalité. Plus il rend compte et explique un spectre de phénomènes par lui-même, plus le concept est riche.

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Est-ce que rouler en voiture et prendre l’avion, c’est mal Papa ? par Cédric Chevalier

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La puissance d’un petit dessin par rapport à de longs discours.

Un schéma qui illustre bien toutes les données du problème de la soutenabilité de la présence humaine sur Terre, à la fois sur les plans écologique, de justice sociale, de vote citoyen et de réponse politique :

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Philo en 2 leçons

Cela a l’air de vous plaire, alors, parlons-en : ouvert aux commentaires.
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Sauver le genre humain, mais comment ?, le 11 novembre 2018 – Retranscription

Retranscription de Sauver le genre humain, mais comment ?, le 11 novembre 2018. Merci à Eric Muller !

Bonjour, nous sommes le dimanche 11 novembre, et pas n’importe quel 11 novembre : le 11 novembre 2018, c’est-à-dire un siècle après une énorme boucherie, un carnage extraordinaire :des millions de personnes qui sont mortes, des jeunes soldats, mais pas seulement des jeunes soldats. À certains endroits dans cette « guerre civile européenne » comme on l’a appelée, il y avait des gens qui sont venus qui n’avait pas envie de venir. Ceux qu’on a fait venir d’Afrique, ceux qui sont venus d’Australie, de Nouvelle-Zélande, du Canada, des États-Unis… pour se joindre au grand massacre. Chez nous, ce sont surtout des populations, effectivement, de soldats qui sont mortes, mais en quantité absolument considérable de dizaines, de centaines de milliers, des millions de jeunes homme. Et dans d’autres pays, ce sont surtout les populations civiles qui ont écopé, comme en Turquie, où il y a eu là des millions de morts, de morts civiles.

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L’humanité à l’heure du choix : grande bifurcation ou grande liquidation ?, par Roberto Boulant

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Bernard Stiegler dans un tout récent entretien avec Aude Lancelin (Éviter l’apocalypse) défend l’idée que face au nihilisme d’un capitalisme nous conduisant directement à l’extinction, il faut que l’humanité construise de toute urgence (et c’est le GIEC qui le dit) une vision alternative à même de nous redonner espoir. Il ne s’agit plus de résister, de tenter de limiter les ravages humains, sociaux et écologiques du Moloch mondialisé et financiarisé, mais de renverser la domination, c’est-à-dire de faire la révolution (bifurcation) qui nous permettra de survivre. Pour cela le philosophe défend l’idée que nous devons passer du système fermé du néolibéralisme – incapable par construction d’évoluer (TINA) – à un système dynamique ouvert qui bien qu’utilisant le calcul, admet que tout ne peut pas être calculé.

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