L’ADN, Pour survivre, il va falloir repenser notre économie, le 20 mai 2019

Propos recueillis par Jeremy Lopes. Ouvert aux commentaires.

Pour survivre, il va falloir repenser notre économie

Paul Jorion est un anthropologue, sociologue et essayiste belge. Parmi ses sujets de prédilection : la finance et l’avenir de l’humanité. Un avenir qui, pour aboutir selon lui, doit revoir sérieusement ses priorités. Interview.

Nous souhaitions aujourd’hui aborder avec vous la notion de patrimoine, quel futur imaginez-vous pour la transmission de biens à l’heure où l’idée même de possession est remise en cause ?

Paul Jorion : En introduction, j’aimerais rappeler que la plus grande part de la transmission n’est pas matérielle. Elle est de l’ordre du savoir, ce qui signifie qu’elle s’est principalement effectuée dans une culture de l’oral, même si l’écriture a rendu cette transmission plus pérenne par la suite. Aujourd’hui, nous sommes tombés d’accord sur un langage commun pour pérenniser cette transmission : celui de la science. Au-delà des biens matériels, il est donc important de rappeler la place de l’immatériel dans ce questionnement.  

Pour revenir à cette notion de « biens », quelles vont-être les nouveaux territoires de la propriété et de la transmission ?

P.J. : Dans la mesure où existe la propriété privée, les propriétaires ont toujours essayé d’annexer ce qui était en commun. Cela a par exemple été le cas pour le pétrole. On a admis que les gens pouvaient être détenteurs de ce qui se trouvait en dessous de la surface de la terre. Plus récemment, le Luxembourg a essayé de vendre des droits de propriété pour l’exploitation des ressources spatialesavec un texte permettant aux entreprises d’aller chercher des matières sur la Lune, sur des planètes ou bien sur les astéroïdes les plus proches et de les exploiter. Tout comme certaines entreprises tentent de breveter l’ADN humain. Il y a toujours eu des tentatives pour annexer ce qui appartient en réalité à tout un chacun. Donc on voit bien que nous cherchons de nouveaux territoires de privatisations, qui seront autant de nouveaux biens potentiels de transmission.

En parlant de nouvelles formes de patrimoine, que pensez-vous du débat qui consiste à dire que les données personnelles pourraient constituer le cœur de notre nouveau patrimoine ?

P.J. : En général, lorsque l’on parle de ces fameuses données personnelles qui tombent entre les mains d’entreprises privées (notamment les GAFAMI – Google Amazon Facebook Apple Microsoft IBM), nous l’associons à une perte. Mais si l’on regarde de plus près, les individus n’ont jamais fait d’usage commercial de leurs données, ou dans une moindre mesure avec des solutions récentes de monétisation de leurs données personnelles.

Au nom du droit de propriété, nous reconnaissons que nous émettons constamment des données qui génèrent de la valeur. Mais cette idée est née depuis que des entreprises gagnent de l’argent à partir de nos données. Dès lors, et seulement dès lors, nous commençons à revendiquer qu’une partie de cette valeur nous revienne. Il est donc possible que les évolutions nous conduisent à un partage de ladite valeur.

Finalement, tout ce qui est valorisé financièrement pourrait-être associé à du patrimoine et donc prêter à débat sur son pouvoir…

P.J. : Oui c’est d’ailleurs un problème. En 2009, j’ai écrit un livre : L’argent, mode d’emploi. Ce livre m’a conduit à des rencontres, notamment avec des économistes. Certains affirmaient que l’argent en soi n’est pas neutre, qu’il a un pouvoir. J’ai toujours été très sceptique vis-à-vis de cela et en analysant ces dires, j’ai mis en évidence que ce sont les rapports de force derrière l’argent qui définissent le pouvoir. Selon moi, l’argent en tant que tel est un outil neutre.

Pour rompre avec ce jeu d’influences je prône – et l’idée n’est pas de moi – une société sans argent, pour que la tentation de faire intervenir des rapports de force en arrière-plan de la monnaie soit éliminée. C’est ce qui m’a conduit à mener une campagne contre le revenu universel. Non pas parce qu’il serait une bonne ou une mauvaise chose, mais parce que la gratuité comme modèle est bien mieux protégée contre le mauvais usage ou la prédation extérieure. On l’a déjà utilisée dans l’éducation, puis dans la santé, et nous sommes capables d’étendre son domaine d’application à d’autres sphères.

Revenu universel, allongement de la durée de vie…,  pourquoi ne croyez-vous pas à ces scénarios ?

P.J. : Principalement concernant l’échelle du temps à laquelle ces concepts se réfèrent. Certains parlent de 2100 comme date d’extinction du genre humain et des animaux autour de nous, car le plancton des océans pourrait cesser d’exercer sa capacité d’échanges gazeux. D’autres parlent de 2200, époque à laquelle le réchauffement climatique aurait raison de la thermorégulation des mammifères, provoquant leur disparition avec comme conséquence notre extinction. Aussi, quand on parle de l’humanité pour l’éternité… ces discussions ignorent les échéances auxquelles nous devons faire face. Même « immortels » sur le plan de la longévité, il nous faudrait toujours respirer un air qui ne soit pas toxique, boire une eau potable, manger des substances assimilables… Ces idées sont trop abstraites, trop idylliques et trop éloignées de l’urgence à laquelle nous devons faire face.

Pour survivre, il faudrait se débarrasser du capitalisme comme je le préconise dans mon livre (Se débarrasser du capitalisme est une question de survie, chez Fayard). La disparition de l’argent est nécessaire, ou nous disparaîtrons nous-mêmes. Le cadre capitaliste est particulièrement prédateur, toujours davantage colonisateur, il encourage à la consommation, à la destruction. Le tout avec des règles comptables qui ne tiennent pas compte de la destruction de l’environnement, alors qu’on ne devrait pas avoir à comptabiliser de la même façon un bien qui est durable et un bien qui est non renouvelable. Notre système, dans son ensemble, est un système de prédation qui oblige celui qui doit emprunter à créer une richesse supplémentaire, c’est-à-dire une destruction supplémentaire pour payer des intérêts sur des sommes qui ont été empruntées parce qu’elles faisaient défaut là où elles étaient indispensables pour la production, la distribution ou la consommation. Et les choses s’accélèrent chaque fois un peu plus sous la courbe exponentielle que connaît la concentration de la richesse. Il y a encore peu, 60 personnes possédaient autant de richesse que la moitié de la population. Ce chiffre serait descendu à 8 en quelques années…

On parle beaucoup de ces entreprises « for good » qui pourraient réconcilier business et bien commun. N’est-ce pas un patrimoine que pourraient nous laisser les entreprises ?

P.J. : Je ne dis pas que les deux sont inconciliables. Mais lorsque l’on voit des initiatives comme la taxe carbone ou, sur le plan individuel, des individus qui se mettent à privilégier le vélo, la permaculture – choix éminemment louables par ailleurs -… il faudrait cependant des centaines d’années pour qu’elles aient un impact réel sur l’anthropocène… que nous n’aurons pas. Donc nous avons un problème de chronologie. Dans notre cadre économique, cela est très positif mais sur le plan chronologique, encore une fois, les changements ne sont pas suffisants. Souvent, il s’agit d’actes isolés, très éloignés d’atteindre la taille critique nécessaire à opérer une véritable transition, et n’intègrent pas de facteurs d’échelle.

Nous voyons de plus en plus de personnes adopter le mouvement du « no child » (refuser de faire des enfants, dans un objectif de protection de l’environnement), est-ce finalement la seule solution possible ?

P.J. : Cela pourrait-être une piste. Mais encore une fois, étant donnée l’échelle du temps, l’impact n’aura pas le temps de s’opérer. Cela pose également la question de l’héritage. Nous pourrions envisager de le supprimer pour éviter cette course en avant permanente notamment dans l’immobilier où chaque génération gonfle artificiellement les prix pour la suivante.

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67 réflexions sur « L’ADN, Pour survivre, il va falloir repenser notre économie, le 20 mai 2019 »

  1. En intro je dirais qu’avant d’être de l’ordre du savoir et de la parole, elle est de l’ordre de la démonstration, c’est-à-dire du « comment faire ». Ce qui fait que même un muet peut peut transmettre. Il est très rare qu’un très bon pédagogue (qui sait très bien transmettre par les mots) soit aussi un bon technicien et vice versa (j’ai été prof, j’ai expliqué en faisant faire avant d’expliquer). Cf tous mes commentaires sur le billet sur 737 MAX.
    Avec les mots, on peut très facilement déformer le « comment faire » jusqu’à le rendre incompréhensible. Avec les mots, on peut dire des milliers de choses avec cohérence qui seront comprises puis exploiter à l’envers, sans cohérence..

  2. J’ajoute, les mots, les plus justes, les plus explicites, les plus applaudis, peuvent (comme c’est le cas par exemple pour l’écologie) laisser rouler la petite boule de neige qui grossit, grossit, des années et des années, jusqu’à devenir énorme et boum! la catastrophe. Après, on ne peut plus que constater les dégâts irréversibles, et que l’un et l’autre devant le constat, que même un aveugle peut voir, de rappeler que l’un ou l’autre penseur dans plein de livres « savants » incompréhensibles pour le plus grand nombre l’avait prédit. Et voilà ! Avoir prédit, avec intelligence et bonne élocution, sans pour autant avoir empêché que la catastrophe de l’effet boule de neige des subprimes menant à la crise financière mondiale de 2008 n’a manifestement pas servi de leçon.

  3. Bonjour
    PAul Jorion est lucide,claire,un des rares personnes à dire qu’il faut faire disparaître le capitalisme. BOn , après toute la difficulté ,est de convaincre les opinions, …. »

    1. Et bien moi je dis qu’on peut garder la logique initiale du capitalisme mais le rendre éthique, ou moral (sans que la morale religieuse s’en mêle, je parle d’humanisme non de catéchisme) et « régulateur » et non l’inverse. C’est-à-dire qu’il ne détruise plus la planète, notre espace vital (au point que les plus riches cherchent à s’expatrier sur Mars comme dans les plus mauvaises SF), qu’il permette à tous de vivre et non qu’un max survive misérablement pendant qu’un minimum se vautre dans l’abondance superflue (avec toutes les imperfections de l’humain qui ne peuvent rien créer de parfait).
      Il n’y a pas que « des Marx » qui savent penser, il y a aussi des milliers de modestes de par le monde qui savent très bien penser mais pas bien écrire ni faire des discours.

      1. J’ajoute, j’ai rencontré (et réfléchi avec lui) un petit entrepreneur très ingénieux qui a réinventé l’OST (Organisation Scientifique du Travail, c’est à dire la technique capitaliste immonde caricaturée dans « les temps modernes » de Charlie Chaplin) et ce sans jamais l’avoir apprise ni même sans savoir que cela existait, mais avec la collaboration de ses propres ouvrières. Il est elles en ont fait tout autre chose. Bravo l’artiste. Il a plié boutique comme des milliers d’autres.

      2. Est-ce que tous ces modestes « Marx en puissance » ont bien gardé à l’esprit que le capital c’est de l’argent, un bien, qui manque à la place où il pourrait servir dans la production, la distribution, la consommation, et qui parce qu’il manque là où il est nécessaire, doit être rémunéré, et que cette rémunération se fait aux dépens de la planète ?

        S’ils y ont pensé, bravo ! Mais s’ils y ont pensé, ils se seront rendu compte que rendre éthique une logique de prédation est 1° très difficile, 2° ne nous sauvera pas.

      3. Monsieur Jorion
        Evidemment qu’ils le comprennent puisqu’ils cherchent à gagner de l’argent. Ils ne le font pas pour le plaisir mais pour en tirer des revenus, pour vivre ! pas pour être milliardaires. Capitaliser, si je ne m’abuse, c’est transformer en capital (comme la fourmi non prêteuse de la Fontaine, ou comme les bourdons et les abeilles qui font de la culture pour plus de profits et se prémunir des disettes en hiver) ce n’est pas QUE amasser de l’argent pour en faire des milliards. L’argent est un moyen à la base. La dégénérescence du capital (et de la concurrence) remonte à très loin, bien avant qu’il soit nommé capitalisme. Vous le savez mieux que moi. Ce dont vous parlez ce sont les dérives du capital(isme).
        Entendez mon idée ! Je me ferai mieux comprendre. Ce que je peux vous apprendre (que vous ne connaissez sûrement pas) peut vous donner des clés pour mieux comprendre en dehors de la finance.
        Un ancien golden boy de la City, ami de ma fille depuis très longtemps, m’a dit un jour alors qu’il était en pleine déprime qu’il en avait marre de vendre de l’argent (en gros, je résume à ma manière). Connement je lui ai répondu pour lui remonter le moral qu’il n’a qu’à le voir comme un produit semblable à un autre (je méprise l’argent mais j’en ai besoin comme tous). Il m’a rétorqué que non, c’est un produit plus dangereux…… Mais bon, on ne va pas refaire du troc quand même ! Avec lequel tous les pauvres bougres qui ne savaient pas évaluer la valeur de ce qu’ils échangeaient se faisaient encore plus avoir par les plus malins qui, eux, savez évaluer…

      4. Vous confondez manifestement « capital » et « épargne ». Un capital n’existe en tant que capital que s’il a été prêté (s’il a bougé), une épargne n’existe que si elle a été thésaurisée (n’a pas bougé).

        Contrairement à ce que vous dites, le « capital » n’a pas précédé le « capitalisme » : le jour où il y a eu capital il y a eu capitalisme, un rapport de force déséquilibré entre le propriétaire du capital (le prêteur qui s’enrichit en collectant des intérêts) et la victime du capital (l’emprunteur qui s’appauvrit en payant les intérêts).

        Mais vous me faites comprendre a posteriori les propos d’un certain Dutartre qui a répété ici pendant des années que le capitalisme a toujours existé. Je me suis toujours gratté la tête à essayer de comprendre ce qu’il essayait de dire or il devait faire comme vous : « Les humains ont toujours été capitalistes » = « Les humains ont toujours stocké du grain dans des greniers ».

        Ce qui est sans doute vrai, mais il n’y a aucun rapport entre ça et le capitalisme.

      5. le capital ce n’est pas que l’argent. En Afrique dans certaines tributs quand quelqu’un prête par exemple 10 poules -pour une noce par exemple – il faut lui en rendre 12 ou13, ou 10 + un agneau). C’est en Afrique que j’ai appris ça. Ils font (ou faisaient) cela depuis des temps immémoriaux.

      6. Suite : L’épargne (ou la réserve) permettait précisément de prêter comme mon exemple ci-dessus. On ne peut prêter que le surplus, on ne prête pas ce dont on a besoin (je prête beaucoup de mes outils, d’ailleurs ils ne me reviennent pas toujours – je devrais demander des intérêts , lol -)

      7. A noter que la rémunération du capital est théoriquement la compensation du risque encouru par le prêteur de perdre tout ou partie de son argent. Je dis « théoriquement » parce qu’en pratique, il y a de nombreuses formules qui lui permettent de limiter fortement son risque, par exemple le système de l’obligation plutôt que l’action.

        Une piste de réforme me semblerait pouvoir être l’interdiction de l’usure… et oui, je suis au courant que ça sonne très moyenâgeux ou bien « finance islamique » 🙂

        En pratique, à partir du moment où le prêt à intérêt serait interdit, ne resterait plus pour le détenteur de capital que l’option d’investir directement dans une société ou activité – par l’achat d’actions – ce qui lui interdirait d’espérer un gain sans risque proportionnée. Joint à des règles suffisamment strictes de partage entre rémunération du travail (salariés) et rémunération du capital (actionnaires) afin que les premiers ne soient pas systématiquement comprimés au profit des seconds, cela pourrait constituer une combinaison intéressante.

      8. Jac, vous n’êtes pas une capitaliste selon moi, commencez à vous convaincre de ça, puis reprenez tous vos raisonnements à partir de là.
        Si vous vous considérez une capitaliste, personne sur ce blog ne vous en voudra. Mais pour argumenter sur le blog de PJ il est plus commode de critiquer la définition du capitalisme de PJ.

      9. Un lecteur.

        Bien sûr que je ne suis pas capitaliste, même quand je gagnais bcp. Mais je connais le capitalisme, Paul Jorion dans la finance (et l’économie, etc) moi dans la mode. L’ai côtoyé de très très très près. J’y ai même contribué (à ma façon)

    2. Oui et c’est pas gagné ! 50 ans de propagande à nous expliquer que c’est le meilleur système économique, et que d’ailleurs, tous les autres ont échoués, et qu’il n’y en a aucun autre possible….ça laisse des traces.

      Souvent notre résignation est totale. Par exemple à Blois en ce moment, Dior a décidé d’afficher partout la photo de son mannequin vedette, pour faire la pub de son parfum…(vous savez, c’est la même nana qui sort en tête de la piscine d’un harem, avec deux copines ! ). Là sur l’affiche elle elle est assise par terre sur son séant, sa robe dorée et courte laisse voir ses longues jambes, qui sont légèrement entrouvertes et écartées, ce qui devrait théoriquement nous laisser voir sa culotte…On ne voit que du noir, mais c’est tout de même une invitation à y plonger le regard…

      Le voyeurisme, pourtant sévèrement condamné par la loi – récemment, des petits rigolos s’amusant à photographier sous les jupes des filles avec leur smartphone, dans le métro s’en souviennent – est manifestement parfaitement toléré par tout le monde, quand il s’agit de gagner de l’argent. Même les associations féministes n’ont rien à redire, en tout cas, je n’en entend aucune protester.

      A Dior je voudrais dire ceci : que cette publicité me dissuade d’acheter quoi que ce soit de la marque. Cette fille je la trouve moche, elle a l’air conne en plus, et donc je ne vois pas pourquoi elle se permet de telles familiarités avec moi. Je trouve ça insultant.

      Ensuite à tous ceux que ce genre de messages visuels ne choque pas, je veux dire que vous êtes sous influence, et que si nous ne nous libérons pas de ce genre de choses, le capitalisme nous fera bouffer ces pollutions culturelles (tout comme les autres), jusqu’à la nausée, et puis après…ben jusqu’au collapse.

      Vincent Rey
      findutravail.net

      1. « Le voyeurisme, pourtant sévèrement condamné par la loi »

        Il me semble que ce n’est pas tout à fait ça. Ce qui est condamné par la loi, c’est l’absence de consentement. Or, tandis qu’il n’y a évidemment pas consentement quand quelqu’un photographie à son insu les parties intimes d’une femme, le mannequin qui a posé pour Dior était consentante – car bien entendu rémunérée.

        En l’occurrence, il s’agit plutôt d’exhibition, et là les limites sont mobiles en fonction des mœurs de la société en général, qui se sont clairement déplacées dans les dernières décennies, qu’on le déplore ou qu’on s’en réjouisse. Il serait aujourd’hui – et peut-être pas demain ? – refusé d’afficher dans une publicité un sexe masculin en érection par exemple, mais les interdits qui demeurent sont désormais peu nombreux.

      2. @ Jacquot

        C’est une façon de voir les choses. Moi je prétends qu’on m’impose une attitude de voyeurismes, en me placardant cette affiche aux 4 coins de la ville. Au point que cela m’indispose. Difficile de regarder ailleurs. elle est partout.

  4. Bonjour,
    « Se débarrasser du capitalisme pour survivre! »
    Si hier soir au cours du débat politique sur les Européennes, vous aviez lancé un tel slogan, qui vous aurait suivi?
    Même Place Publique dont vous avez un temps essayé de joindre les rangs, ne me donne pas l’impression d’y croire vraiment… Le capitalisme a colonisé les esprits avec une telle force ….. C’est « l’hégémonie culturelle » d’Antonio Gramsci.
    Ceci dit, il ne faut pas se démoraliser mais il faut savoir qu’on part de loin dans le combat idéologique contre le capitalisme.

    1. j’ajoute encore . Ok, se débarrasser du capitalisme soit. Mais pour quoi à la place ? Des théories fumeuses ???? Qu’il faudra des décennies voire un siècle minimum à peaufiner, corriger, retoucher… pour que cela soit plausible ? Alors que tout le monde est d’accord pour dire qu’il y a urgence sinon « fin du monde » voire « fin de notre espèce » (réjouissant !) Réfléchissez dans l’urgence et si vous avez de bons résultats, vous êtes un génie ou un extra terrestre. Je ne lis ni n’entends quelconque « solutions » dans les débats de théoriciens (en sont-elles ?) si ce n’est par ci par là quelques petites « solutions » existantes ou ayant existé, décousues les unes des autres, qui n’ont pas donné tant de si bons résultats que ça.
      Je répète (l’ai plusieurs fois écrit) on ne peut rien imaginer à partir de rien (c’est une douée en « imagination » qui vous le dit). Alors si on veut des résultats rapides (dans l’urgence) il faut se servir de ce qui existe en le modifiant drastiquement dans le sens inverse escompté (quand on peut lancer un ballon dans un sens, on peut le lancer en sens inverse). Mais pour cela il faut le connaître toutes disciplines confondues. Perso mon « idée » je n’ai pu l’avoir que parce que j’étais la plus pro de ma profession (reconnue par les pros, pas par les amateurs), c’est-à-dire que je savais à peu près tout faire, certaines très bien d’autres approximativement mais dont je connaissais les techniques, et que j’étais excessivement éclectique ; y compris au delà de ma profession, ce qui me permettait de faire (ou de voir) le lien d’une chose à l’autre. Il y en a beaucoup ainsi parmi les spécialistes qui débattent et planchent sur le problème ?

      1. « il faut se servir de ce qui existe en le modifiant drastiquement dans le sens inverse escompté »
        Pas si sur.
        Comment serions nous passé de la flamme de la lampe à huile ou de la bougie à l’ampoule électrique ?
        Laisser les ressources énergétiques carbonées dans le sous-sol (condition sine qua non pour rétablir un taux de CO acceptable dans l’atmosphère) implique non pas une amélioration de l’existant mais bien une bifurcation, un changement de paradigme.

      2. jac
        Si vous commenciez par lire les articles de Paul jorion ainsi que ses livres, et même pourquoi pas si vous écoutiez attentivement ses vidéos où inlassablement il explique en quoi consiste le capitalisme, et les solutions qui s’offrent à nous, instruit des erreurs du passé, vous sauriez de quoi il parle, et pourquoi il ne dit pas à la légère que se débarrasser du capitalisme est une question de survie.
        Jorion a fait l’effort de lire à peu tout ce qui s’est écrit d’important sur l’économie solidaire depuis le XIXème siècle, époque lors de laquelle une réflexion et surtout des pratiques alternatives au capitalisme sont apparues, il en a tiré quelques enseignements, notamment le fait que l’on ne pouvait créer une économie solidaire si l’environnement capitaliste persiste. De même il s’est démarqué de la solution marxiste, car oui, je vous l’apprends, Jorion n’est pas marxiste. Si vous ne savez encore rien de son apport théorique critique aussi bien du capitalisme que du marxisme, il est encore temps de rattraper le temps perdu.
        Bref l’alternative au capitalisme qu’il propose n’est ni un retour à l’économie solidaire du XIX ème siècle (qui pourtant s’était développée dans des proportions inégalées par aux époques postérieures très indigentes de ce coté là) ni un retour à la dictature du prolétariat.

        Vous écrivez : « Alors si on veut des résultats rapides (dans l’urgence) il faut se servir de ce qui existe en le modifiant drastiquement dans le sens inverse escompté .. »

        Quand Paul Jorion propose de modifier le système financier en modifiant en quelques endroits certains dispositifs, par exemple un article de loi concernant la spéculation, il fait exactement ce que vous dites.
        Quand Paul Jorion propose de réforme le système monétaire international à partir des chambres de compensation existantes pour leur faire jouer un autre jeu, équitable cette fois, il fait également ce que vous dites.
        Non, Jorion n’a pas attendu votre venue sur le blog pour prendre prendre à bras le corps toutes les questions essentielles qu’il nous faut résoudre pour sauver notre espèce humaine.

      3. Qu’est ce qu’il y a de fumeux dans :

        – la fin de l’usure, et la dépréciation des capitaux au profit du fisc, s’ils ne participent pas à l’économie réelle
        – la fin de la production d’aliénation consumériste, en mettant fin à la propagande de masse
        – la fin du « produire n’importe quoi pourvu que ça se vende », en instituant un taux de tva différencié en fonction de critères définis démocratiquement.

        faisons cela, et nous changeons totalement de société, sans quitter l’économie de marché…

      4. Pierre-Yves Dambrine

        Rassurez vous et Paul Jorion aussi, je sais bien. J’ai lu, j’ai compris. Mais j’aime faire un peu de provoc comme on fait la danse du ventre. Pas pour provoquer ni séduire (à mon âge!), mais pour un peu chambouler, pour diriger les certitudes vers un autre regard. Pour que les raisonnements ne s’installent pas dans l’auto satisfaction (personne n’a jamais vraiment raison, ça n’existe pas, la « raison » pour se généraliser s’impose par bourrage de crâne). Je vois comment des jeunes sont à contre courant de tous les discours et toutes les tendances (imposées) en ce moment ; ils inventent une forme de retour en arrière mais pas dans le passéisme, sans exclure le progrès de la modernité. Ils sont de plus en plus écologistes sans écouter les arguments surfaits des bobos écolos ; avec récup hors mode (non « vintage », s’en moquent), vrai bio gourmandise en toute simplicité, non intégristes comme certains écolos partisans qui imposent par la culpabilisation. Ils parlent de plaisir, plaisir d’être ensemble, de partager, de mélanger les générations & les origines & nationalités, de faire de la musique, de la danse, de l’art (sans chercher à faire encore de l’art contemporain mais en revenant vers le passé des grands Maîtres) comme un renouveau après les longues années sida de chocottes. Il y a de la douceur, un retour au paisible. Ils mélangent cela avec l’électro, le high tech. J’ai créé la mode pour les jeunes, j’avais et ai encore « le nez » pour les tendances en germe ( pas celles imposées par la publicité puisque j’anticipais) c’était mon métier et je sentais (et sens encore on ne se refait pas) comment évolue une fange de la jeunesse et de plus en plus, à part des conditionnements dictés par le profit (qui manipule encore la plupart des jeunes); ils créent leur monde d’aujourd’hui et de demain. ils donnent le la.
        Je n’écris pas (à ma manière) les choses au hasard même si cela vous choque. Mais cela ne va pas contre ce qu’explique Paul Jorion. Simplement les choses se font d’une autre manière si on les laisse faire. Et c’est bien ! Ce n’est pas pour eux de la théorie, ni même de la politique, c’est de la pratique. Vous ne les verrez pas dans les manifs. Les réactions ou revendications partisanes n’ont aucun effet chez eux. Ils font comme ils le sentent et il faut leur faire confiance. Mais ce n’est pas rose, c’est dur souvent, ce n’est pas « peace and love » des années 60 : ils sont 100% lucides.
        Si j’étais encore dans la mode (à succès) , je ferais du mélange de genres et de l’ultra diversité, écolo, en petites séries (bien fait pour les multinationales de la mode, pourraient pas suivre). Chacun pourrait assumer son style pour être à l’aise dans ses « baskets » et son identité (c’est déjà de plus en plus le cas malgré les intégrismes de tout poil). Encourageons les et çà, ça ferait vraiment du bien à la planète.

        https://www.youtube.com/watch?v=-rKFhv15a-M
        https://www.youtube.com/watch?v=6LQhamwJcVY
        https://www.youtube.com/watch?v=3hGSqqhhokE

      5. tiens ! en voici un (moins jeune, mais le cœur et l’humour plein de jeunesse, salut Olivier ! ) qui a résisté au raz de marais survêt (lol) mais s’est expatrié aux USA. S’en fout de la mode il fait la sienne comme il aime avec toujours le même enthousiasme et le même talent.
        (Chut ! je vous le dis à l’oreille pour qu’on n’entende pas, il fait ses teintures tout seul, indigo, et ne fait pas fabriquer chez les exploiteurs d’esclaves. Mais jeunes et moins jeunes achètent. Bravo ! N’a pas attendu comment faire pour changer « l’économie »)

        https://www.wgsn.com/blogs/exclusive-interview-with-olivier-grasset-of-dr-collectors/

      6. @Jac
        merci pour vos liens musicaux
        Il s’y trouve pratiquée une langue plus « efficace » que l’esperanto !

      7. Re Pierre-Yves Dambrine

        « Quand Paul Jorion propose de modifier le système financier en modifiant en quelques endroits certains dispositifs, par exemple un article de loi concernant la spéculation, il fait exactement ce que vous dites. »

        J’avais bien évidemment remarqué. C’est pour cela que je l’apprécie tant. Parce que lui étant spécialiste de la finance, sans que nous nous connaissions ni d’Eve ni d’Adam, il propose des « solutions » dans sa discipline comme moi j’allais dans ce même sens (retour en arrière et on corrige pour repartir en avant autrement) dans ma spécialité, la mode, énorme secteur d’activité parce que tout le monde s’habille, alors que pas tout le monde spécule. Mais les 2 sont liées, même l’art où il n’y a jamais eu autant de spéculation. Ma « solution » à moi, j’allais la mettre en place (par l’exemple – la pratique-, pas par la théorie) début 90 = AVANT que cela dégénère de façon irrémédiable. TOUT EST LIE. On ne peut considérer une chose à part des autres, sinon c’est voué à l’échec. Or, comment toutes les spécialisations, toutes les disciplines, peuvent-elles se rejoindre dans le « comment faire » ? Quand on les a tant découpées en morceaux pour +++++++ de performances – et rentabilité-, tant isolées derrière des cloisons hermétiques et dans des jargons spécifiques…. Alors les uns ou les autres ne savent plus que proposer encore plus taxes (TVA), alors qu’elles tuent l’économie depuis 1976 et encouragent les paradis fiscaux. Ce n’est pas si loin 76 pourtant dans l’histoire ! Déjà tout le monde est conditionné ???
        Paul Jorion et moi au moins pourrions nous rejoindre. Il peut faire plus que moi aujourd’hui comme je pouvais faire plus que lui il y a plusieurs années (mais je ne peux plus que parler, écrire -mal- aujourd’hui depuis mon petit coin, je n’ai plus aucun moyen de faire ; et je ne veux pas être « célèbre », je ne l’ai jamais voulu).

    2. Le problème du slogan « Se débarrasser du capitalisme » c’est que ce slogan n’inclut aucune suggestion de ce qu’il serait souhaitable de mettre à la place. Je ne dis pas qu’aucune solution n’existe que la doxa économique actuelle. Et je suis au courant que Paul Jorion a fait des propositions nombreuses en ce sens ! Le problème dont je parle est essentiellement une question de communication.

      Si on dit « se débarrasser du capitalisme », on suscite d’abord l’incompréhension il me semble. Ainsi que la critique contre celui qui « ne propose rien » voire « doit être nostalgique de la dictature du prolétariat, et on sait où tout ça mène ». Certes, le tout est basé sur une incompréhension. Certes, il est possible de lever cette incompréhension en lisant livres ou vidéos de Jorion… mais justement, s’il y a dès le départ une incompréhension de ce calibre, on ne sera pas du tout incité à faire l’effort – assez important – consistant à prendre connaissance de ce qu’on pourrait appeler le « corpus jorionien » ! A moins bien sûr d’y être porté dès le départ par une préférence partisane : d’où il me semble la limitation de la pénétration des idées de Jorion non seulement à la gauche, mais encore même à la « gauche fervente » les personnes les plus attachées émotionnellement à la gauche. Il y a sans doute des exceptions, j’en suis une, mais franchement ceux qui s’intéressent à tout ou partie des idées de Jorion sans être dès le départ « très à gauche » ne semblent pas être bien nombreux…

      Une autre « stratégie de communication » envisageable pourrait être de mettre en avant des propositions qui, même si elles constitueraient des changements profonds, d’une part sont beaucoup plus faciles à justifier y compris auprès de gens pas nécessairement fondamentalement de gauche, d’autre part sont formulées autrement que comme une injonction à éliminer un système (le capitalisme) dont la plupart des gens savent qu’ils dépendent, même s’ils peuvent à l’occasion râler contre, bref autrement que comme une injonction qui suscite immédiatement l’inquiétude adressée à l’utopiste.

      Par exemple, l’interdiction du pari sur le prix de quelque chose que l’on n’a pas acheté :
      – Est justifiable par la référence au passé, puisque la levée de l’interdiction date de la fin du XIXème siècle et peut être présentée comme une expérience qui s’est avérée avoir échoué
      – S’appuyant sur le passé « ça a déjà marché », ne peut être attaquée pour utopie
      – Ne suscite aucune question du type « mais vous voulez mettre quoi à la place », puisqu’elle se présente comme la répression d’un comportement socialement néfaste
      – N’est perçue que comme une attaque contre la finance la plus « avancée », dont la plupart des gens ne comprennent pas au juste l’utilité ni en quoi ils en dépendent, à la différence du « capitalisme » qui désigne le type de système économique dont ils savent dépendre
      – Attaque une activité consistant en gros à faire des paris toute la journée, ce qui a une dimension morale que toutes sortes de gens peuvent trouver critiquable, pas seulement « de gauche »
      – On peut même exprimer cette proposition au niveau Café du commerce « Mais qu’est-ce qu’ils f…ent toute la journée eux, qu’on les mette au boulot nom de Dieu ! » elle reste parfaitement compréhensible – et même pas forcément fausse

      Je citerais encore l’idée que l’ensemble du produit d’une entreprise doit être partagé entre travailleurs et actionnaires plutôt que de considérer les travailleurs comme un coût et une variable d’ajustement. Elle est peut-être un peu plus difficile à expliquer au niveau Café du commerce – quoique ? – mais :
      – Elle reste très compréhensible
      – Elle ne suppose pas une utopie ni la destruction d’un élément familier du paysage, mais plutôt un équilibre ou une lutte entre forces pour négociation, ce dont chacun a l’expérience et qui n’attire pas de critique pour « irréalisme »
      – Sans être exactement un « retour au passé », elle peut être appuyée sur des exemples existants ou des dispositifs partiels de type participation
      – N’est pas si clairement connotée politiquement, au moins pas au point où elle serait un repoussoir pour des gens connotés « droite ». La participation était d’ailleurs une ambition gaulliste, malheureusement abandonnée ou laissée au niveau de dispositifs très insuffisants

      On peut encore parler des taux marginaux d’impôt sur le revenu très élevés (voisinage de 90%) qui étaient la règle lorsque le général Dwight Eisenhower était président des Etats-Unis. Bref un Républicain des années 1950, pas précisément le gauchisme le plus poussé !

      Et sans doute d’autres choses encore…

      Ma conviction personnelle est que nous vivons une époque fondamentalement conservatrice et anti-utopique. Visiter l’excellente exposition « Rouge » au Grand Palais à Paris, qui intègre l’art des premières années suivant la révolution russe, permet d’apprécier à quel point l’utopisme et la conviction de pouvoir manipuler l’humain pour créer la cité idéale sont loin de nous. Cela date d’à peine un siècle, mais quelle distance avec l’esprit actuel ! Aujourd’hui, c’est le goût pour l’ancien, le local, l’éprouvé, parfois même le vieillot. L’utopie n’existe plus guère que chez les techno-futuristes les plus déchaînés de la Silicon Valley et autres lieux semblables, là où l’on vaticine au sujet du « transhumanisme » et autres utopies caractérisées par leur extrême inégalitarisme voire anti-humanisme. Ce ne sont même plus des utopies décrivant un monde idéal fantasmé au nom duquel on s’autorise à commettre des crimes atroces (Lénine et Staline), cela fait penser à un monde idéal dont la définition même suppose des crimes atroces avant même de parler des moyens de le mettre en oeuvre (Hitler).

      Dans un tel contexte culturel, on ne défend pas efficacement une proposition ou un changement par ses qualités utopiques, on la défend en la présentant comme un retour à l’ancien, au bon vieux temps et à ce qui est éprouvé, ou comme une application du bon sens, ou la défense de tout ce qui est beau et bon et que chacun connaît – et qu’est-ce qu’est l’écologie sinon la réaction contre tout ce qui met en danger la nature c’est-à-dire à la fois ce qui est le plus beau et le plus éprouvé !

      Tout cela porte un nom bien sûr. Cela s’appelle la réaction. Loin de moi l’idée d’insulter qui que ce soit, et je sais que le qualificatif de « réactionnaire » peut être perçu comme une insulte, surtout par des gens se situant à gauche de l’échiquier politique 🙂 … mais d’une part l’écologie est fondamentalement une forme de réaction – et qui contestera qu’il faut être réactionnaire au moins sur ce sujet ? – d’autre part et surtout à notre époque dont je maintiens qu’elle est culturellement « réac » on ne peut guère défendre des réformes qu’en les présentant comme au moins en partie des réactions voire des restaurations.

      La stratégie peut être réformiste… la tactique à mon sens doit être conservatrice voire réactionnaire pour s’adresser à notre époque.

      1. L’espèce humaine a ceci de particulier qu’elle tente depuis 10 000 – 8 000 ans de crever le plafond de la capacité de charge en modifiant et en enrichissant son environnement afin qu’il produise plus. Évolution non linéaire, par à-coups et soubresauts, dont les conséquences ont été une alternance de phases de croissance puis de rétraction, dont les aléas climatiques de l’Holocène constituent un des facteurs déclenchant (mais pas que). La nouveauté des XXe et XXIe siècles de notre ère est que les méthodes d’enrichissement à court terme (une génération) se révèlent destructrices à moyen terme.

      2. Medellín, le 24 mai 2019

        Oui, et ce n’est pas facil de l’écrire, de le dire, ou de le citer, mais parfois la seule solution est une intervention bien déterminée, mortale, à fin de protéger des espèces menacées.

        Pour reprendre les mots d’Erich Fromm:  » Sans effort et sans volonté d’éprouver de la douleur et de l’anxiété, personne ne grandit, en fait personne n’accomplit quoi que ce soit qui en vaille la peine « .

        Alors dans de telles situations d’urgence: à bas les chats, les rats, les chèvres et les cochons!

        https://www.birdlife.org/worldwide/news/want-prevent-131-extinctions-focus-these-islands

  5. Au sujet de la disparition de l’argent, on pourrait ajouter qu’organiser collectivement « la gratuité pour l’indispensable » est très certainement le meilleur moyen par lequel la multitude devrait parvenir à se soustraire durablement de l’emprise de tout maître ou de toute caste de maîtres. Et c’est également, je crois, le chemin de la suppression effective du « salariat ».

    Ce sont notamment pour ces raisons que l’idée de la gratuité sera combattue avec la dernière violence par notre maître, le capital, consubstantiel au salariat et dont la prédominance dans les rapports de force du moment lui assure bien des moyens de jeter de la poudre aux yeux de la malheureuse multitude.

    Par exemple il acceptera en théâtralisant ce qu’il lui en coûte (il l’accepte déjà…) le revenu universel assorti des garde-fous censés empêcher les pauvres d’aller boire leurs pécules ! Remède avec lequel il est loisible de contenter suffisamment de monde pour faire apparaître la radicalité de la gratuité comme un extrémisme dangereux !

    Et combien de temps ce manège durera-t-il ?

  6. Paul Jorion : En introduction, j’aimerais rappeler que la plus grande part de la transmission n’est pas matérielle. Elle est de l’ordre du savoir, ce qui signifie qu’elle s’est principalement effectuée dans une culture de l’oral, même si l’écriture a rendu cette transmission plus pérenne par la suite ….
    Yes.
    Ajoutons donc notre pierre dans le jardin des doléances…le « droit fondamental d’être informé », considération-base de l’expression de toute prise de position démocratique…sera-t’il bientôt à « géométrie variable »..?
    Ainsi pose question le billet du jour de D.SCHNEIDERMAN dans son A.S.I. -« le Matinaute » , accès payant, mais dont l’intérêt justifie selon moi , une présentation « en clair » de la principale partie…
    ((Tout commentaire autre que mes « grasses » me semble superflu..))
    ————————————————————————————————————————
    23/05/19
    La tyrannie, c’est les autres

    La démocratie ne fait plus rêver, alerte dans « Le Monde » l’éditorialiste Alain Frachon, spécialiste des questions internationales. Partout dans le monde, l’idéal démocratique est en recul, tandis que progresse l’attrait de la tyrannie . Pas toujours sous forme aigue, notez bien. Il existe aussi, comme en Hongrie ou en Pologne, des «  »formes plus ou moins bénignes du virus autocratique ». »
    Perspicaces remarques. utile article.

    Le même jour, on apprend que la journaliste du « Monde » Ariane Chemin , qui a révélé le scandale du nervi de l’Elysée A.Benalla, est convoquée la semaine prochaine par la DGSI, sur demande du procureur nommé par le gouvernement (après les journalistes de « Disclose », que nous recevions la semaine dernière). Il lui est reproché d’avoir publié des informations « qui pourraient conduire, directement ou indirectement, à l’identification d’une personne comme membre des unités des forces spéciales « .
    Le même jour, toujours dans « Le Monde », on apprend aussi par exemple que le pouvoir, paniqué par la menace d’un référendum d’initiative partagée sur son projet de privatisation d’Aéroports de Paris, manigance de restreindre encore ce recours aux référendums : aucun référendum ne serait plus possible dans les «  »trois ou quatre ans » » après l’adoption d’une loi….
    Une porte à peine entrouverte, c’était déjà trop
    . ….(suite de l’article)…
    ——————————————————————————————————————————-

  7. Tout le monde sait qu’il y a trop de monde dans le monde. On ne peut une fois de plus qu’être ramené à cette citation d’un anonyme, recueillie par André Blavier dans son anthologie des fous littéraires :
    « S’il n’y avait personne, tout le monde serait heureux. »

    1. La mère de mon ancien patron m’a dit un jour lorsque nous rentrions ensemble dans le hall principal de la société :
      « Regardez J…, tous ces gens (les salariés qui se dispatchaient vers les divers bureaux) qui prennent l’argent de mon fils (le pauvre….) » Autrement dit, s’ils n’étaient pas là, il aurait gagné plus…. Le connaissant bien (son fils) tout seul je ne sais pas alors ce qu’il aurait pu faire. Même mon travail le dépassait. Pourtant il était censé être le « créateur »…….. (moi je n’étais que le torchon et lui la serviette lol)

  8. Encore moi (tant à dire !)
    Déjà avant de vouloir cette prétention suprême de remplacer le capitalisme, il faudrait mettre à la poubelle les spécialisations mono-disciplinaires que l’éducation nationale (donc le gouvernement) met en place dès la troisième, sabrant comme si c’était inutile la culture générale (très générale) ce qui ne fait que le jeu de ce capitalisme tant décrié. Ce que je pense des « spécialistes », techniciens comme scientifiques ? Je les apprécie beaucoup (ils m’intéressent dans mes recherches pour peu que je parvienne à comprendre leur jargon) et j’en ai connu plusieurs en personnes . Ces derniers, super cracks dans leur discipline, très chouettes, très intelligents, étaient d’une naïveté extrême pire que la mienne pour tout ce qui concernait autre que leur matière : politique, économie, philosophie, culture générale autre que « anglais »… (j’étais super crack à côté d’eux). Alors comment peuvent-ils faire le lien dans les « débats » entre les diverses disciplines ?
    Donc, réintroduire la culture très générale en second cycle (pas qu’avec des profs formés par l’éducation nationale qui n’est « spécialiste » qu’en pédagogie) et n’enseigner les spécialisations progressivement qu’ensuite. Il y aurait plus d’éclectiques capables d’appréhender le monde dans sa diversité et capables d’avoir des idées. Ce serait facile à faire, plus vite fait que changer le capitalisme, mais c’est sûr, cela emmerderait considérablement les ultracapitalistes qui ne recherchent que des ultra spécialistes faciles à manipuler et à jeter après « usage intensif ».

    1. @Jac

      Théoriciens d’un coté (très respectés), praticiens de l’autre (peuvent toujours causer…)
      Oui, oui … C’est très en vogue aujourd’hui, on pourrait vraiment parler de découplage des compétences…
      L’informatique y est pour beaucoup… Mais faut pas le dire… C’est pas bien.
      Et puis l’occasion est trop belle de créer plein d’organismes de contrôle pour relever les conneries!
      Et hop! Encore une couche de théorie…!
      Et chacun rejette ses responsabilités sur l’autre c’est tellement plus pratique!.
      Alors pensez que supprimer la propriété suffira à rendre les citoyens respectueux de la planète…
      Ou supprimer le capitalisme ?
      Quelle blague!
      On sait ce que ça donnera: Les plus vertueux (par nécessité) seront spoliés du peu qu’ils ont…
      C’est d’ailleurs déjà en cours…
      Les gilets jaunes le savent très bien, eux…
      Supprimer la propriété, Macron en rêve! Mais il n’est pas suicidaire…
      Et Paul Jorion lui donnerait un coup de main?
      Pas idiot, après tout pour provoquer une révolution!
      Voire une guerre civile!
      Ah, ah, ah! Excellente idée finalement!
      Eric.

      1. Torpédo

         » pensez que supprimer la propriété suffira à rendre les citoyens respectueux de la planète… »:

        Vous ne parlez pas de moi là j’espère ! Je ne le pense pas du tout. D’ailleurs ça n’a pas marché en URSS, les russes n’ont jamais autant pollué qu’avec leur « productivisme ». Décidément je suis très mauvaise avec les mots pour me faire comprendre. J’étais bien meilleure quand je pouvais faire (très convaincante).

        « l’occasion est trop belle de créer plein d’organismes de contrôle pour relever les conneries! »:

        Dans mon idée, les entrepreneurs (restant propriétaires de leur entreprise, très important, on prend mieux soin de son outil de travail – donc source de revenu- quand il nous appartient) n’auraient pas eu besoin de quelconque organisme de contrôle, ils se seraient contrôlés tout seuls (chacune dépendant des autres, cela aurait été, naturellement, leur intérêt).

  9. Je rejoins l’idée que nous devons entrer dans un nouvel ordre économique. Le capitalisme a eu ses heures de gloire et comme feu le communisme, il tend à disparaitre. Ceux qui le défendent aujourd’hui, luttent pour survivre en nous faisant croire qu’il est encore notre devenir. Il est obsolète. Pourquoi? Début 1900, avec 1,5 Milliards d’habitants, il y avait environ 5 hectares de terres cultivables par personne. Aujourd’hui, il n’y a plus que 1 hectare par personne. Il devient impossible dans un monde où les richesses sont limitées, d’avoir pour soi des richesses illimitées sans mettre en péril une bonne partie de l’humanité. Avez vous remarqué que nous connaissons tous Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde mais nous ne connaissons pas la personne la plus pauvre? Pourquoi car elles sont des millions… Aujourd’hui quand un riche nait, des dizaines de pauvres apparaissent. Ce n’est plus possible! Accumuler des richesses ne peut plus se faire de façon matérielle. Quelqu’un qui crée une entreprise, peut en devenir propriétaire jusqu’à à un certain point. Ce point se définit quand le créateur devient dispensable… Mark Sukerberg est un génie d’Harvard mais Facebook ne devrait plus lui appartenir car passé un stade, il a perdu le contrôle de ce GAFA qui s’est fait malgré lui grâce à des hommes et des femmes qui ont donné de leurs compétences.
    Transmettre est un non sens. Un homme ne devient pas riche sans que la société le lui permet. A sa mort, il est légitime de rendre à la société ce qui lui appartient. Tant que nos sociétés raisonnent pour l’intérêt individuel au détriment de l’intérêt général, elles se tromperont de chemin. La fin des lobbyings est nécessaire. Il est aberrant de forcer les gens à acheter des voitures électriques. D’abord parce que technologiquement nous sommes incapables de mettre un réacteur nucléaire derrière chaque station service (avec 30 min de recharges, cela parait fou surtout en période de vacances ;-)) Pa railleurs, la voiture, les routes servent aux entreprises pour faire venir les travailleurs. Il me parait plus vertueux, écologiquement parlant, de développer le digital. La révolution de la mobilité est l’immobilité!
    Notre société marche à l’envers pour le plus grand bonheur d’une minorité!

  10. Notre survie ne dépend-elle pas, aussi, de notre aptitude à inventer une civilisation post-carbone ?
    Développer la gratuité, instituer des communs, oui, mais sans émission de CO², voila le défi.
    Le choix du tout nucléaire en France dans les années 70 illustre le fait qu’une volonté politique forte peut obtenir des résultats probants en un laps de temps réduit.
    Cette volonté politique forte est désespéramment absente chez nos gouvernants et peut-être pas sans raisons !
    Quelles solutions pourraient-ils promouvoir ?
    Sommes-nous prêts à envisager une civilisation post-carbone ?
    Nous rendons-nous bien compte de ce que cela pourrait signifier ?
    La question est vertigineuse.

    1. « j’ai mis en évidence que ce sont les rapports de force derrière l’argent qui définissent le pouvoir. Selon moi, l’argent en tant que tel est un outil neutre. »

      Votre prémisse me semble erronée.
      Supprimer l’outil, l’instrument, ne supprimera pas le pouvoir, et l’usage qui en est fait, que celui-ci soit vertueux ou perverti. Pas plus que les rapports de forces, qui ne définissent certainement pas le pouvoir, quoi qu’il en soit, mais en sont une des manifestations externes. À ce titre, jetons et bazardons tous nos outils et ce quels qu’ils soient, même s’ils sont pratiques et utiles. Ce qui est parfaitement idiot.
      Par contre, la neutralité de l’outil, l’argent, voire de l’instrument démontre clairement que c’est l’individu (ou un groupe, etc..) qui en fait usage qui est en cause, et non l’outil, qui est bel et bien, de fait, instrumentalisé, soit à des fins constructives, soit détourné de façon inappropriée.

      1. « Pour rompre avec ce jeu d’influences je prône – et l’idée n’est pas de moi – une société sans argent, pour que la tentation de faire intervenir des rapports de force en arrière-plan de la monnaie soit éliminée. »

        Les rapports de forces ont toujours existé, indépendamment de l’argent, ils ne définissent pas le pouvoir, ils en sont une des manifestations externes. En supprimant l’outil, vous ne supprimez ni le pouvoir, ni l’instrumentalisation voire le détournement d’usage qui en est fait; vous ne supprimez pas non plus les rapports de forces. L’outil est neutre, que fait celui qui s’en sert et a quelle fin, dont l’outil n’est qu’un des moyens ?

      2. Dundee
        Excellente réponse. Je suis tout à fait d’accord avec vous.
        (Elle est excellente de mon point de vue, évidemment ! Celui qui a ou aurait 100% raison n’existe pas encore. Il y en a qui attendent le retour du Messie pour ça ! et si c’était une Messie pour une fois ? Je rigole……)

      3. « Dundee
        Excellente réponse. Je suis tout à fait d’accord avec vous.
        (Elle est excellente de mon point de vue, évidemment ! Celui qui a ou aurait 100% raison n’existe pas encore. Il y en a qui attendent le retour du Messie pour ça ! et si c’était une Messie pour une fois ? Je rigole……) »

        Merci Jac ! Les messies c’est fini, autre temps , autres moeurs. Ceux qui bougent comme vous dites, s’organisent, s’assemblent et prennent leur vie en main , et s’organisent eux m^mes .
        Je vous apprécie itou et j’apprécie et je partage votre humour et votre optimisme actif, entre autres , et votre énergie lucide enthousiasmante.

        « Je n’écris pas (à ma manière) les choses au hasard même si cela vous choque. Mais cela ne va pas contre ce qu’explique Paul Jorion. Simplement les choses se font d’une autre manière si on les laisse faire. Et c’est bien ! Ce n’est pas pour eux de la théorie, ni même de la politique, c’est de la pratique. Vous ne les verrez pas dans les manifs. Les réactions ou revendications partisanes n’ont aucun effet chez eux. Ils font comme ils le sentent et il faut leur faire confiance. Mais ce n’est pas rose, c’est dur souvent, ce n’est pas « peace and love » des années 60 : ils sont 100% lucides. »
        « Si j’étais encore dans la mode (à succès) , je ferais du mélange de genres et de l’ultra diversité, écolo, en petites séries (bien fait pour les multinationales de la mode, pourraient pas suivre). Chacun pourrait assumer son style pour être à l’aise dans ses « baskets » et son identité (c’est déjà de plus en plus le cas malgré les intégrismes de tout poil). Encourageons les et çà, ça ferait vraiment du bien à la planète. »

        Idem ! Et pas que les jeunes, les idées et les initiatives ne manquent pas !

  11. L’immatériel a permis de casser les services publiques. L’État obèse s’est aminci en supprimant des services utiles à la société. Je ne pense pas que l’immatériel soit une bonne chose

  12. « L’argent est…..un outil neutre »
    Certes, tout comme le capitalisme. On peut comparer le capitalisme avec un révolver qui repose dans un tiroir. Tout dépend de l’usage que l’on en fait: on peut se défendre en cas de danger, en cas cas famine chasser des lapins ou – faire un hold-up dans une banque. C’est là où réside le problème: nous sommes des êtres curieux, dotés d’un cerveau extraordinairement développé, mais en même temps guidés par des pulsions, des refléxes qui n’ont pas changé depuis de début de l’humanité.
    Tant le public dans son ensemble n’aura par compris l’enjeu dont Jorion parle dans cet article, rien ne changera. Il faut intégrer le fait que les populations, du moins en Europe, sont assez conformistes, plutôt obéissant au système; et le système travaille systématiquement pour une division sociale du monde: ceux qui profitent des nouvelles technologies, de la globalisation économique, et d’autre part ceux qui restent au bord de la route. A mon avis on va vers une monde impitoyable, où « le système » contrôle tout, voit tout, décide pour tous. Il suffit regarder la Chine, ca fait froid dans le dos.

    1. L’argent n’est pas utilisé, en revanche les transactions le sont comme payer les courses au supermarché ou l’essence par carte bancaire.
      Les chèques bancaires sont de moins en moins autorités. La généralisation de l’usage de la carte bancaire se développe.
      La monnaie n’est pas utilisée. Il y a plus de transactions virtuelles à partir du compte courant.

      1. N’oubliez pas l’objectif de notre président: supprimer le cash à l’horizon 2022 !
        http://lemonde-emp
        https://www.med

        Mais il ne faut pas s’en inquiéter: nous pourrons toujours payer avec notre puce implantée 🙂
        ** il semble que le filtre n’apprécie pas les liens !?

      2.  » Supprimer le cash « …ah! Et au nom d’une noble cause….empêcher la fraude fiscale (TVA) des paiement « noirs »..royaume des « petits » des « sans dents »… L’évasion fiscale??..l’optimisation fiscale « agressive », celle qui tord exagérément les trous des mailles du filet..trous calibrés par les pré-écrivains des amendements (de nuit) pour correspondre pile-poil aux exigences de telle ou telle corporation…TROP COMPLIQUÉ…pas de temps à perdre dans ces régions marécageuses pour le fisc, souvent hélas en pure perte car à la recherche d’astuces fiscales déjà connues des grands spécialistes fiscalistes à l’origine/à la correction préventive des textes.. Complétons vite et facilement nos statistiques d’efficience personnelle dans le service en « coffrant » trois ou quatre « menu-fretin » qui n’auront pas eu de veine cette année(fiscale)-là…
        ET SURTOUT…CHûûûTT…ne répandez pas … cerise sur le gâteau..offrir en pâture au Système bancaire l’ensemble du corps social des citoyens-clients de comptes bancaires…, il est vrai SEULEMENT en troisième position dans l’ordre des futurs spoliés lors du prochain et gigantesque « crash » financier, après les actionnaires qui, avertis bien à l’avance par des « vents favorables » interdits en principe…mais a-t’on déjà vu un vent maîtrisé en cas de « sauve qui peut »…, laisseront prudemment quelques miettes dans leurs livres-garants en première position de la bonne santé du groupe bancaire concerné…et laissant au second groupe de moutons vaguement alerté « presqu’à temps », parvenant à limiter les dégâts …puis enfin la cascade (de « défilement » devant leurs responsabilités…) « ruissellera », mais alors là.. VRAIMENT.. sur vous et moi ( à qui « on » aura expliqué jusqu’au bout, par tous les moyens, que « ça » va s’arranger)…ET ,selon moi, plus question de « faire la file » (à la grecque/à la chypriote/…) pour récupérer…ce fameux « cash » devenu fruit défendu.
        Pour satisfaire les optimistes, les confiants, vu que j’ai l’air vraiment pessimiste..je vous en propose cet extrait de la version(de la cascade..) OPTIMISTE rédigée clairement par Derek PERROTE dans le quotidien « Les échos » en mars 2017…
         »  »  »
        L’effet épouvantail est efficace car basé sur une partie de la réalité. La directive européenne sur la résolution bancaire de 2014 (directive BRRD) – premier pilier de l’Union bancaire et en vigueur depuis le 1erjanvier 2016 – prévoit bien la possibilité de ponctionner en dernier recours les comptes de dépôts des clients pour contribuer au sauvetage de leur banque. Mais le discours du FN est caricatural. Tout d’abord, parce que Bruxelles n’a en la matière rien imposé de nouveau. Avant son intervention, « les particuliers étaient déjà exposés au risque de perte de leurs dépôts en cas de faillite bancaire », rappelle Jean-Guillaume de Tocqueville, avocat associé au sein du cabinet Gide.

        Surtout, madame Michu ou monsieur Dupont n’ont en réalité pas à s’inquiéter pour leur PEL, leur livret A ou leur bas de laine : depuis 1999, les dépôts bancaires sont garantis en France, via le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR), financé par les banques. En 2010, le montant garanti a même été augmenté de plus de 30 % pour atteindre 100.000 euros par déposant et par établissement. Ce plafond a été repris et généralisé à toute l’Europe par la fameuse directive BRRD. En dessous de ce seuil de 100.000 euros, les déposants sont donc protégés quoi qu’il arrive.

        Seules les personnes disposant de plus gros dépôts encourent un risque de pertes, soit une part très limitée des Français. En théorie, ces derniers peuvent toujours tenter de contourner le risque en disséminant leur capital dans divers établissements. En pratique, c’est laborieux et cela contraint à une gestion peu optimale.

        Contrairement à ce que sous-tend le discours frontiste, le dispositif n’a pas non plus été bâti pour que les viles puissances de l’argent puissent si besoin détrousser en toute impunité les honnêtes citoyens. Au contraire, « la directive BBRD protège en réalité mieux les déposants qu’avant, en clarifiant la hiérarchie des créanciers et en les y plaçant à la toute fin », explique-t-on au FGDR. Les dépôts de particuliers ne peuvent ainsi être mis à contribution qu’après que soient déjà passés à la caisse tous les créanciers et les actionnaires.

        C’est une vraie nouveauté : pendant la crise financière post-Lehman, les investisseurs ont été protégés et ce sont les Etats qui ont été appelés systématiquement à la rescousse pour éviter une crise bancaire systémique. Si bien que le dispositif mis en place par l’Union européenne vise en réalité à protéger madame Michu et monsieur Dupont d’avoir à systématiquement payer, via leurs impôts, pour les faillites des banques de leurs voisins. « L’objectif est de pouvoir restructurer les banques au bord de la faillite sans que le contribuable doive mettre la main à la poche pour préserver la stabilité financière», expliquait la Commission européenne au lancement de la directive. C’est toute la philosophie des procédures de « bail in » (« renflouement interne ») calibrées par l’Europe pour éviter les recours au « bail out », le renflouement par les Etats, qui pénalise alors tous les contribuables, pas seulement les plus aisés.

        Ce n’est certes pas une garantie tout risque. Dès 2013, avant la directive BRRD, la Banque centrale de Chypre avait même créé crée un précédent : dans le cadre d’un plan européen de sauvetage du secteur financier de l’île, elle avait accepté des ponctions de 47,5% sur les dépôts de plus de 100.000 euros à la Bank of Cyprus, provoquant la colère des résidents et une précipitation collective vers les distributeurs automatiques.

        L’exemple récent de la banque italienne Monte Dei Paschi Di Sienna rappelle qu’une faillite d’un établissement majeur reste possible en Europe. Mais l’épisode a aussi montré que Bruxelles, marqué par l’épisode chypriote, était prêt à une lecture très souple de ses textes pour éviter une ponction des dépôts si jamais celle-ci risquait de déstabiliser trop fortement le système bancaire : la Commission a ainsi laissé l’Etat italien sauver la banque via une aide publique déguisée sur laquelle elle a fermé les yeux.

        Reste que le risque de faillite apparaît bien contenu en France : dans les derniers tests de résistance des banques en cas de choc majeur, dévoilés fin juillet 2016 par l’Autorité Bancaire européenne, les banques hexagonales font toutes figures de bonnes et solides élèves. « Il n’y a pas eu de faillite bancaire en France pendant la crise. La régulation y est forte et protège bien les épargnants », insiste Jean-Guillaume de Tocqueville .
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  13. Avec ma femme, on se rappelle tout le temps d’éviter d’utiliser le mot anglais « should » (on se parle en anglais) quand on parle de la société, des gens…
    Après une bonne dizaine d’années à m’impliquer de mon mieux dans les sociétés civiles (France, Suède) par divers moyens (travail en asso, interventions en centre social, interviews à la radio et télévision, réalisation d’un projet financé par le FSE, animateur jeunesse et handicapés mentaux…)… j’ai eu une fille. Elle s’appelle Mila, elle est intelligente, déterminée, mais aussi généreuse, et affectueuse. Une petite merveille…
    Depuis, nous avons déménagé en Bulgarie. Ici tout le monde se moque de la manière dont est organisée la société, ils savent très bien que quel que soit le système en place (ils en savent quelque chose, 500 ans d’occupation ottomane, 50 ans de communisme, et 30 ans de capitalisme) de toute manière, il n’est pas conçu dans leur intérêt…
    J’ai rarement vu des gens qui attendent aussi peu d’un modèle économico-politico-social. Ils bossent dur toute la semaine pour 300 euros par mois, le weekend ils sont au potager. Ils se chauffent au bois qu’ils coupent et fendent eux-mêmes, font leurs conserves pour l’hiver, leur vin, leur eau-de-vie, cueillent des herbes pour des infusions, réparent presque tout eux-mêmes, le tout avec énormément d’entraide.
    Les nouvelles générations, malheureusement, commencent à s’habituer à ce que tout leur tombe tout cuit dans le bec, à la grande tristesse de leurs aînés.
    Eh oui, le capitalisme, c’est pas bien, mais c’est teeeeeeeeeeellement confortable…
    Essayez d’extirper les gens de leurs canapés et de leurs smartphones, moi j’ai autre chose à faire, une maison à retaper, une fille à parenter, une femme à aimer, une grand-mère à héberger, un jardin à travailler…

    1. @Pierre B
      votre description pourrait être celle d’un monde transitoire faisant suite à l’effondrement « lié à » la disparition du capitalisme… dans une option optimiste.
      Option optimiste: l’extinction du capitalisme à une vitesse telle que ses moyens s’avèreraient insuffisants pour activer la solution habituelle de la destruction généralisée.
      Cette option aurait aussi cet effet de bord d’une limitation drastique des désordres environnementaux et de l’épuisement des ressources…

      Ensuite (ensuite seulement) faire pire ou mieux que maintenant !

    2. Merci de votre témoignage.
      A propos des smartphones, regardez sur cette photo ces petits tubes et les minerais précieux qu’ils contiennent.
      Et si le capitalisme en définitive ne devait sa survie immédiate qu’à ces minerais rares dont l’exploitation ne tient qu’à un fil ?

      1. @Pierre-Yves Dambrine
        La Corée du Nord fait courir le bruit depuis une décennie que son sol contient d’importantes réserves de terres rares. Ce potentiel n’apparait pas dans le graphique de l’article certainement parce que l’information n’est pas vérifiable et que le dynastie Kim nous a habitué au bluff.
        Cela-dit, les tentatives du jeune Kim de se réconcilier avec ses voisins et de neutraliser les USA sont peut-être à interpréter comme un désir d’intégrer le marché mondial et de s’enrichir considérablement avec ces minéraux.

  14. Bonjour
    le débat sur la fin du capitalisme est sans fin, entre ceux qui veulent le maintenir et ce qui veulent sa disparition…mais attention , entre vouloir, désiré, croire et la réalité il y a un fossé énorme. il y a différente écoles, de pensées.
    Le capitalisme se reproduit -il aussi bien qu’avant?, fait-il autant de profit, de création de richesses, tout en assurant la prospérité , pour le plus grand nombre?, et tout en ne détruisant pas la planète.J’ai l’impression que non.
    Pour maintenir c’est taux de profit , il lui faut maintenant, détruire les stocks aussi bien matériel, humains, et environnement .Il ne peut plus assurer , une relative prospérité et sécurité pour tous, comme pendant les années dites des trente glorieuses. des tas d’usines, de producteurs lui sont inutiles, des tas d’ouvriers, d’employés aussi.
    Il pompe, saigne la planète encore plus,pétrole, métaux rares, forêt et j’en passe.
    Car pour lui, c’est cela maintenir c’est profits, la plus value, sinon , il meure, les actionnaires le savent bien….
    Tant qu’il fait des profits , le capitalisme est vivant, si les rendements sont de plus en plus décroissant , il est trés mal. dans ces cas là , il cherche des parades, d’ou les attaques contre le monde du travail.
    Dans une éventuel hypothèse de transition au capitalisme (vert ou pas), si les taux de profits sont maintenue ,, le capitalisme continue à exister, si les taux de profit chutes ou disparait, le capitalisme disparait aussi.
    Pour l’instant , on ne peut pas dire que le capitalisme disparait, mais il est a un stade sénile, ou la crise est chronique , permanente, les capitalistes (et leurs alliés)cherchent a le maintenir en vie, le rajeunir, le relancer, mais avec énormément de mal, et en attaquant de plus en plus le monde du travail, en détruisant la planète, et en accentuant les conflits commerciaux, économiques, géopolitiques. Donc il est mourant, mais sa décomposition peut durer longtemps, mais après le remplacer par quoi ?

    1. Bob,

      Sérieux, Bob, vous n’avez pas encore eu vent du programme que Jorion a écrit noir sur blanc, qui se trouve notamment en postface de son livre « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » ? ;=)

      Il me semble que écrivez cela par fausse naïveté, pour que d’autres sur le blog vous rappellent qu’on ne part pas de rien.
      Les solutions existent, et les choses sont relativement simples : il faut faire tout ce que le capitalisme ne fait pas, et on peut être certain qu’on partira sur de meilleures bases. Là où il y une logique de profit, il faut établir une logique de partage ; là où il y a une logique de prédation des ressources naturelles fondées sur la propriété privée, il faut établir des communs ; là où il y a une finance qui concentre les richesses, il faut une finance qui permet à l’argent d’aller là où on en a le plus besoin ) …

      Le chantier est immense, je vous l’accorde volontiers, mais la difficulté n’est vraiment pas dans le « quoi », mais dans le « comment » y parvient-on, pacifiquement.

      1. J’ai bien compris tout cela.
        Je pense que si les élus locaux se tourneraient davantage vers la population sans infliger un ordre moral ce serait possible.

  15. Pour le comment le débat est ouvert, je n’aie pas voulu , relancer , ici,la polémique, mais je suis d’accord avec vous…;
    le constat se fait sur fin du capitalisme ou pas.
    Mais il ne faut pas oublier la forte résistance des capitalistes et leurs alliées, qui font tout pour retarder l »échéance fatal pour eux …..
    Pour faire un parallèle humoristique, les capitaliste sont dans le « laisser nous vivre »sont contre l’euthanasie , le suicide assisté…ils sont pour vivre 1000 ans, avec les technologies, l’intelligence artificielle…

  16. Déjà il faut bien comprendre ce que signifie  » survie  » , c’est à dire que la majorité des gens n’auront plus accès à une simple tranche de jambon , même pas les éleveurs , ces produits rares seront réservés à une minorité , un peu comme avant l’avènement de l’agriculture intensive et encore , à l’époque il n’y avait pas 8 milliards de personnes sur terre mais 800 millions et la plupart ne vivaient pas en milieu urbain …

  17. Hum…

    Il y a de quoi être pris de lassitude. J’ai l’impression que nous refaisons les débats (plutôt les confusions) d’il y a quelques années au sujet de l’argent, de l’économie de marché, du capitalisme…

    Même s’il est possible de faire des recherches par mot clé sur le blog ou (un peu plus long) de lire quelques livres de Paul Jorion (et d’autres) je suggère la mise en place d’un glossaire réunissant le minimum à lire avant de poursuivre, une sorte de mode d’emploi, histoire au moins d’interjeter de temps en temps RTFM!) .

    Ce serait incommensurablement charitable (également de la part de ceux qui débarquent, si toutefois, pour eux, il ne s’agit pas uniquement de troller les débats).

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