« Fin du monde ! Fin du mois ! », le 19 mai 2019 – Retranscription

Retranscription de « Fin du monde ! Fin du mois ! », le 19 mai 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le dimanche 19 mai 2019 et le thème aujourd’hui, c’est « Fin du monde ! Fin du mois ! ». Vous avez entendu ce slogan qui a été inventé par quelqu’un. C’est une bonne idée. Ça a des allitérations. Ça essaye de suggérer l’idée d’une convergence des luttes, que les gens qui se battent contre la destruction de l’environnement, le réchauffement climatique, etc. et les gens qui vont dans la rue non sans raison aussi, parce que la situation leur est impossible dans le contexte actuel, que ces gens pourraient défiler ensemble et représenteraient à ce moment-là une masse critique de gens qui veulent autre chose.

La difficulté est que ce n’est pas clair qu’il y ait une convergence de fait dans les revendications et surtout, ce qui est clair en tout cas, c’est que le cadre autour pousse ces personnes dans des directions opposées, les manipule pour les envoyer dans des directions opposées où ils ne pourront que s’affronter. Je vais vous expliquer un peu pourquoi : ce qui rendra cette convergence extrêmement difficile. Il y a des gens qui le tentent. Je vois M. Lalanne, je vois M. Ruffin. C’est bien. C’est une bonne idée ! C’est très difficile. Est-ce qu’on peut le faire sans avoir – je dirais – un peu démonté d’abord rapidement le cadre autour pour montrer la difficulté ? C’est ce que je vais essayer de faire peut-être un peu ce matin.

Fin du monde, environnement, réchauffement climatique, ce sont toutes des questions qu’il faudra que l’on résolve tous ensemble. Je prends un exemple. On ne peut pas interdire les pesticides entièrement au Luxembourg si autour, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et en France, on continue à le faire. Vous avez compris : c’est un petit pays. Vous me direz, il a une industrie locale, d’accord [rires]. Je reviendrai sur ce sujet-là. Même chose pour l’atmosphère. Vous connaissez la blague du nuage de Tchernobyl qui s’est arrêté à la frontière française. Ce n’est pas comme ça que ça marche.

Qu’est-ce qu’il nous faut pour traiter ces problèmes-là ? Il nous faut – attention, tenez-vous bien, vissez-vous bien sur votre chaise – il nous faut un Nouvel Ordre Mondial ! Eh oui ! Il nous faut un nouvel ordre mondial. Alors, pourquoi est-ce que je rigole ? Bien sûr, c’est cette image du Nouvel Ordre Mondial. C’est le cauchemar des extrêmes-droites ! Les extrêmes-droites sont sur le repli nationaliste, sur le repli identitaire, sur le repli du sang, de la religion, et ainsi de suite. On peut même tomber au niveau régional sans difficulté : il n’y a pas de limites dans le plus bas ! Le plus bas, c’est la maison dans laquelle on est et encore, là, on peut encore diviser les chambres en parties antagonistes. Qu’est-ce qu’il nous faut ? Il nous faut un ordre mondial.

Pourquoi est-ce que cette image fait peur ? Vous le savez, tout ça, ça renvoie à un certain M. Eustace Mullins qui est une personne qui, à la fois, est un des fondateurs du Parti néo-nazi américain, qui a été un des grands propagandistes de la création monétaire par les banques commerciales et qui a été aussi la personne qui a créé ce monstre de paille du Nouvel Ordre Mondial qui va tous nous tuer. Ce livre n’est pas lu – je ne crois pas que vous le lisiez – encore qu’il est traduit en français. Bien sûr, il a été écrit en américain au départ. Ce monsieur est un Américain, un extrémiste des années [50]. C’est encore lu. Ça s’inspire en particulier, bien entendu, de Mein Kampf, mais ça a une influence souterraine : il y a des tas de gens qui vous citent des trucs qu’il y a là-dedans sans même savoir que tout ça vient du même bonhomme, de ce M. Eustace Mullins. Je ne vous encourage pas à aller le lire [rires] ! … si ce n’est par curiosité !

Voilà ce qu’il nous faut. Il nous faut… Ce n’est pas un gouvernement, ce n’est pas un machin international où, encore, les nations les plus grandes auraient un droit de veto. Non, par définition, il faut que l’on soit tous d’accord. Il ne faut pas non plus une règle de l’unanimité parce que ça, ça permet à n’importe qui qui est acheté par la firme machin de mettre un veto et d’empêcher que ça se passe. Il ne faut pas non plus une représentation en fonction du montant des cotisations parce que ça, on a déjà vu : c’est aussi le moyen de trier les riches des autres. Et ainsi de suite. Non, il faut créer une instance absolument indépendante – dans le bon sens du terme – de gens qui sont choisis, pas nécessairement que des scientifiques pointus, mais des gens qui vont plancher là-dessus et qui vont proposer des solutions qui doivent s’appliquer à tout le monde. Il faut qu’il y ait un accord sur le fait que tout le monde va suivre les instructions qui seront données. Ce n’est pas donné d’avance : vous connaissez les « marchands de doute » : les grandes firmes qui paient des scientifiques pour falsifier leurs résultats, pour faire de la propagande, dans un sens plutôt que dans un autre, faire de l’agnotologie comme on le dit parfois : produire de la méconnaissance, de la fausse connaissance délibérément, contre rémunération. Il y a malheureusement, dans tous les métiers, des gens véreux qui sont prêts à faire ça.

Donc, « Fin du monde ». On voit dans quelle direction il faut que ça se fasse. Il ne faut pas que ça se fasse au niveau international, il faut que ce soit au niveau universel : il faut que ce soit au niveau de tout le monde, que la moindre frontière n’ait pas d’importance dans la manière de faire ça sinon, ça ne passera pas. Sinon, cela ne marchera pas. Sinon, on ne pourra pas rassembler toutes les ressources qui doivent être mobilisées. Ça n’ira pas dans cette direction-là.

Alors, « Fin du mois ». Fin du mois, c’est plus compliqué parce que vous avez un cadre général qui est celui de vos gouvernements, de nos gouvernements qui vont dire qu’il n’y a pas de problème de l’emploi, que donc, il n’y a pas de concurrence entre les gens qui cherchent des emplois. Il suffit de traverser la rue bien entendu pour trouver un emploi ! Donc, « C’est quoi cette histoire qu’il y aurait des migrants qui seraient des concurrents sur des postes, qu’il y aurait des gens qui viendraient voler l’argent des Français – le pain des Français – des gens qui viendraient vous retirer des choses de la bouche et ainsi de suite. Tout ça, c’est des trucs de ploucs. Il ne faut pas faire attention, etc. »

Et en même temps, pendant ce temps-là, on vous encourage à tenir ce type de discours parce qu’on ne s’intéresse pas aux problèmes de l’emploi qui disparaît, on ne s’intéresse pas au cadre général, on ne s’intéresse pas au cadre de l’État-de-bien-être, encore appelé État-providence. On vous dit simplement qu’il n’y a plus de sous ! On n’a jamais été aussi riches au monde mais on n’a plus de sous, on ne sait pas pourquoi. Ah si, peut-être parce que l’on fait parfois des chèques de plusieurs milliards à des entreprises sur la promesse qu’elles vont créer des emplois alors que ce type de grosses entreprises qui gagnent beaucoup d’argent, maintenant, ce ne sont plus des entreprises qui créent de l’emploi. Il faut bien le savoir.

Il faut trouver une autre solution, une autre approche. Il faut dissocier la question des revenus des gens ordinaires – qui ne sont pas des « capitalistes », des détenteurs de capitaux – et la survie immédiate sinon, qu’est-ce qu’il va se passer ? Il va se passer ça [P.J. montre le livre Four Futures de Peter Frase]. Four Futures, c’est un livre dont je vous ai déjà parlé, d’un certain M. Peter Frase. Il y a une partie de ce livre dont tout le monde parle, c’est la partie sur l’exterminisme.

Qu’est-ce que c’est l’exterminisme ? C’est le fait de se débarrasser des gens qui continuent à gueuler, qui ne comprennent pas qu’il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi, qui croient qu’il y a des difficultés à boucler les fins de mois simplement parce que… De quoi est-ce qu’ils manquent ? « Ils manquent de force de caractère et du sens de la responsabilité ! ». Vous n’aviez pas compris ? Vous croyiez que cela avait quelque chose à voir avec la politique, avec le système capitaliste, etc. ? Non, c’est une question de force de caractère, de détermination et de sens de la responsabilité, n’est-ce pas ?

Le danger est qu’un jour, les gens qui ont des sous – qui ont la violence de leur côté [remontre Four Futures] – peuvent se débarrasser de ceux qui sont devenus des gêneurs parce qu’ils n’ont pas compris des choses aussi élémentaires que la force de caractère, la détermination et le sens de la responsabilité. On pousse, on fait semblant d’ignorer qu’il y a des rivalités pour l’emploi et que ces rivalités vont augmenter parce qu’il y a de moins en moins d’emploi. Pourquoi est-ce que l’on met ça entre parenthèses ? Parce que ça aide quand même un petit peu ! Ça aide dans les négociations puisque les syndicats perdent du pouvoir au fur et à mesure que les emplois deviennent de plus en plus rares. Quand il y avait encore un certain rapport de force favorable aux gens qui étaient des « offreurs de travail », devant des « demandeurs de main d’œuvre », il y avait encore un rapport de force qui était relativement favorable. Maintenant, ça devient très difficile.

Qu’est-ce qu’il se passe en ce moment ? Ça, c’est le 2ème livre que je veux vous montrer. Ça m’est arrivé cette semaine. J’ai commencé à le lire. Il est très très intéressant [P.J. montre Dying of Whiteness. How the Politics of Racial Resentment is Killing America’s Heartland de Jonathan M. Metzl]. « Mourir de sa blanchitude : comment la politique du ressentiment racial est en train de tuer l’Amérique profonde ». C’est un médecin. Qu’est-ce qu’il a découvert ? Qu’est-ce qui a attiré son attention ? Qu’est-ce qui lui a donné envie de s’intéresser à ces choses-là ? C’est le fait d’avoir constaté qu’il a affaire à des gens dans des situations absolument abominables et que ces gens, quand ils doivent voter, quand ils doivent prendre une décision, quand ils doivent participer au processus politique, ils votent contre leurs intérêts. Pourquoi est-ce qu’ils votent contre leurs intérêts ? Ils votent systématiquement contre leurs intérêts, ils raccourcissent délibérément leur durée de vie parce qu’ils ont trop peur que des mesures d’intérêt général bénéficient à un certain type de personnes. On est aux États-Unis, c’est-à-dire essentiellement les Noirs et les Mexicains. Qu’est-ce qu’on appelle « Les Mexicains ? Je vous ai déjà traduit ça en français : « Mexicain », ça veut dire Amérindien, personne d’origine « précolombienne » comme on dit nous, des Amérindiens d’Amérique centrale. C’est ça qu’on appelle « Les Mexicains » aux États-Unis. Ce sont les « Indiens », ce sont les « Peaux-rouges » d’autrefois, qui reviennent. Ils ont disparu quasiment entièrement de l’endroit où on était mais ils reviennent par la frontière sud. Et c’est pour ça qu’il faut envoyer l’armée, n’est-ce pas M. Trump ? de peur que les « Indiens » ne reviennent. Vous vous souvenez, j’ai fait une première analyse de la muraille de M. Trump en appelant ça « Les cowboys et les Indiens » ?

Ces gens, que ce M. Metzl interroge – parce qu’il y a beaucoup d’interviews dans son livre – ce sont des gens qui préfèrent, qui veulent, qui tiennent à tout prix dans leur misère à ce qu’il y ait des gens qui leur soient inférieurs. Quels sont les gens qui leurs sont inférieurs ? Bien sûr, les descendants des gens qui ont été amenés là en tant qu’esclaves – c’est écrit dans les faits – et puis, bien sûr, les ploucs que l’on a déplacés, assassinés, détruits par les épidémies que l’on apportait – pour ceux qu’on n’a pas assassiné carrément – qu’on a mis dans des réserves, qu’on a mis dans des endroits paumés où il n’y avait rien à faire : il n’y avait pas de mines, pas de champs à [cultiver], etc., et les voilà qui reviennent par la frontière sud. « Je préfère crever que de penser qu’il n’y a pas de gens qui soient inférieurs à moi ». Ce sont les électeurs de Trump, n’est-ce pas ? Vous savez qu’aux États-Unis, ça représente 40 % de la population et, dans beaucoup de pays, on pourrait facilement réunir des gens autour d’opinions de ce type-là également, autour d’une idée de ce type-là. C’est la politique de certains gouvernements qui ignorent les problèmes mais qui ne les ignorent pas par stupidité mais délibérément, en sachant que ça arrange leurs affaires.

Arranger leurs affaires, ça nous conduit à mon 3ème livre que je vais vous montrer [montre un livre]. C’est un livre de M. Pierre-Henri Castel, Le mal qui vient ». J’ai été – vous vous souvenez peut-être – dans une émission à France Culture, si j’ai bon souvenir, dans un débat avec M. Castel. Je ne lui ai pas donné tort, certainement pas. Moi, je mets l’accent un peu sur autre chose que lui. Qu’est-ce que lui dit ? Il dit : « L’intérêt des riches, maintenant, est de vider la caisse avant qu’on ne baisse le rideau, avant que ce soit la fermeture du magasin ». Ils n’ont aucun intérêt à participer à une solution globale. Ils ont simplement intérêt à tirer le maximum de ce qui se passe en ce moment, de vider la planète, d’enlever tout ce qui reste dans la caisse, etc., et on fait la fête tant que ça marche, tant qu’il y a de la musique, on continue de danser et on essaye, quand on est un peu con parmi ces gens-là, d’avoir des solutions survivalistes comme d’acheter 3 îles quelque part en Micronésie et de les faire fonctionner en circuit fermé, en se disant qu’« On aura peut-être le temps, mes enfants, mes petits-enfants, mes arrière-petits-enfants, que tous les autres crèvent autour et qu’on n’aura peut-être même pas besoin de l’exterminisme : ils vont s’assassiner entre eux à partir des rivalités que leurs dirigeants leurs instillent comme valeurs, et on va peut-être s’en sortir de cette manière-là ! ».

Alors, j’y ai pensé au départ : comment est-ce que je vais terminer mon histoire « Fin du monde ! Fin du mois » ? Ce qui m’est venu à l’esprit, c’est que j’allais montrer un 4ème livre et ce 4ème livre, heureusement, il est déjà écrit. Le voilà [P.J. le montre], vous le connaissez peut-être : Se débarrasser du capitalisme est une question de SURVIE, d’un certain Paul Jorion. Il y a beaucoup de conseils dans ce bouquin. Je regardais la table des matières. Elle est bien. Ce sont des chroniques. Ce sont des chroniques qui sont parues dans Le Monde et dans Trends-Tendances, dans L’Écho en Belgique. Ça a été rangé par thème. J’ai fait les introductions à chaque partie, sur les thèmes particuliers et si vous vous souvenez, ça se termine par un programme de gouvernement, un programme de gouvernement qui est à ce point, je dirais, « bien fait », qu’il a provoqué la terreur de tous les gens à qui j’ai parlé en vue de me présenter éventuellement aux élections européennes [rires].

Ça prouve deux choses bien entendu : 1° ça prouve que le Parlement européen, ce n’est peut-être pas l’endroit où discuter de ces choses-là, et que 2° c’est peut-être dans la rue, au niveau de « certaines rébellions » à propos de « certaines extinctions », que c’est peut-être par la désobéissance civile que l’on va arriver à quelque chose : je ne désespère pas que tous les gens qui ont de bonnes raisons d’être fâchés soient fâchés ensemble et que l’on obtienne autre chose mais il faut attaquer le cadre dans lequel on nous impose de parler de ça, et c’est ce cadre où simplement… c’est par le silence ! C’est en haussant les épaules quand vous dites que l’emploi disparaît !

Ça fait quelques années que je dis que l’emploi disparaît. Les chiffres sont partout. Les chiffres de l’OCDE sont un peu plus faibles que ceux produits par les grands cabinets de réflexion, les grands bureaux d’étude. Ça n’a pas d’importance. Tout le monde le dit sauf … les ministres, sauf le Premier Ministre, sauf le Président aux États-Unis, qui disent, eux, le contraire. Pourquoi ? Parce que, peut-être, ils se disent naïvement que [P.J. remontre le livre Le mal qui vient] « On trouvera la solution pour nos gosses à nous et qu’il n’y a pas de problème ! », et que si ça ne marchait pas, on pourrait toujours choisir l’exterminisme [P.J. remontre le livre Four Futures] parce qu’on aura des Robocop, on aura des munitions intelligentes – c’est-à-dire en fait qui travaillent toutes seules – et qu’en attendant, on peut laisser les gens crever [P.J. remontre le livre Dying of Whiteness] à se dire que « C’est sûrement mon voisin qui est responsable ! » parce qu’on ne sait pas où se trouvent les vrais responsables. On peut dire vaguement « Les GAFAMI [Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, IBM] mais ça ne dit pas grand-chose : on ne sait pas où ça se trouve !

Alors, qu’est-ce qu’il faut faire ? Education populaire ! Réfléchir tous ensemble ! Vous pouvez venir m’écouter à Montpellier la semaine prochaine [demain mercredi 21 mai]. J’en discutais avec la journaliste qui va organiser le débat. On était un peu furieux tous les deux parce que le débat, au départ, j’avais le sentiment qu’on allait parler de L’effondrement et puis ça a été transformé en Les effondrements. C’est une astuce rhétorique. C’est une manière de nous dire « Un grand effondrement ? Non, il y a de petits effondrements ici ou là ». C’est une manière de disperser. C’est une manière de diluer le sentiment de l’urgence : « On va pouvoir s’occuper de tous ces petits effondrements séparément ! ».

Non, hélas : ce n’est plus comme ça que ça marche ! Oui, il y a eu de petits effondrements avant mais, maintenant, on est dans l’effondrement généralisé ! Quand je vous parle du Grand Effondrement, je vous parle en même temps de M. Trump à la tête des Etats-Unis, du Brexit en Grande-Bretagne – il faut mettre tout ça ensemble ! – de la polarisation qui monte dans l’ensemble des pays. Tout ça, c’est le même effondrement qui est en train de se manifester.

Bien sûr, le Grand Effondrement se manifeste d’abord par des petits mais, regardez, c’est en train de se passer partout exactement de la même manière. Nous avons eu un peu de chance, si vous voulez, hier, en découvrant que les extrêmes-droites complotaient toutes ensemble et que, quand ça apparaît en surface en Autriche, le gouvernement s’effondre parce que c’est quand même un peu dur de voir, dans un pays comme l’Autriche, que des dirigeants importants – parce que, quand l’extrême-droite arrive au gouvernement, ça devient des gens importants – que ces gens, en fait, sont aux ordres d’un autre pays à l’étranger. Cette histoire d’Autriche rend un peu d’actualité à l’histoire de la collusion de M. Trump avec la Russie. Mais ne nous laissons pas distraire par le fait que c’est l’intérêt d’untel ou untel en ce moment de pousser à l’effondrement plutôt chez les autres que chez soi-même. Cet effondrement qui vient, il vient chez tout le monde ! Et le danger essentiel c’est le désintérêt des nantis parce qu’ils ont l’impression – dans un survivalisme à eux – qu’ils vont s’en sortir et qu’ils ont l’arme secrète, qu’ils ont l’atout, le jour où il faudra l’atout de… l’exterminisme [Remontre une dernière fois le livre Four Futures où l’un des 4 avenirs est représenté par une tête de mort]. Ne dites pas – c’est ce que dit Peter Frase » – ne dites pas que « Ça n’existe pas ! ». Ça a déjà existé ! On a déjà vu l’exterminisme ! Ça peut encore revenir ! C’est en train d’ailleurs de fonctionner en ce moment.

Allez, à bientôt !

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40 réflexions sur « « Fin du monde ! Fin du mois ! », le 19 mai 2019 – Retranscription »

  1. Oui Paul.
    Tout est tellement juste.
    Et le temps tellement court. Et les pointillés si difficiles à relier pour tant de gens.
    C’est seulement tous ensemble qu’on a une chance.
    Comment nous rassembler?
    Comment??

  2. Bonsoir le blog,
    Alors Dimanche, que faut il voter pour l’Europe, pour soi disant relancer l’Europe. Pourquoi relancer l’Europe ?
    Que faut il voter pour relancer le travail pour tous.?.
    Vivre est une exigence pour les familles.
    Travailler pour vivre est bien l’ultimatum lancé.

    1. Pour certaines listes, il faudra télécharger son billet sur internet, on est mal barrés. Bonjour le principe d’égalité !
      Ce n’est pas une fraude, mais une faute par omission.

      1. Lisez bien ce quil est écrit sur les multiples professions de foi des divers candidats pour remplir la mission incombant aux acteurs politiques. Procéder par élimination ce qui est inutile.

    2. Votez côté coeur, pas côté foie, ce sera déjà très bien, Bernadette.

      Personnellement, quand j’ai une décision importante à prendre, j’écoute toujours le même Opéra de Puccini, celui qui parle de Manon…Manon Lescaut, bien sûr, qui d’autre ? 😉

  3. « il faut créer une instance absolument indépendante – dans le bon sens du terme – de gens qui sont choisis, pas nécessairement que des scientifiques pointus, mais des gens qui vont plancher là-dessus et qui vont proposer des solutions qui doivent s’appliquer à tout le monde. Il faut qu’il y ait un accord sur le fait que tout le monde va suivre les instructions qui seront données »

    C’est là l’idée de la dictature bienveillante. Les hommes obéiraient à une instance autocratique qui leur serait bénéfique – car à la fois bienveillante et compétente. C’est encore l’idée du pouvoir unique gouvernant tous les humains, ici combinée avec l’idée de la dictature bienveillante.

    Cette idée non seulement est impraticable, d’autre part même si elle l’était elle serait presque certainement condamnée à échouer.

    1. Elle est impraticable parce que le pouvoir n’est obéi que s’il est légitime. Or aucune légitimité n’existe qui soit reconnue par l’ensemble de l’humanité, et l’on ne peut créer une légitimité de toute pièce : elle est vécue et ressentie, ou elle n’est pas, on ne peut pas la matérialiser en se contentant de la désirer ou de la poser

    La légitimité aujourd’hui, dans le monde réel qui est le seul qui nous soit donné, existe principalement dans le cadre des nations, les petites comme les (très) grandes. A part les nations, on peut citer quelques éléments de légitimité plus petits dans le cadre de certaines religions – par exemple, la parole du pape a un certain poids aux yeux des catholiques, qu’il ne faut toutefois pas exagérer. Il existe également des éléments partiels de légitimité dans une structure régionale située en Europe et qui s’appelle l’UE. Voire à la limite dans certaines alliances militaires, par exemple l’OTAN.

    Aucune nation, aucune confession, aucune structure régionale ne rassemble davantage que 20% de l’humanité.

    2. Même si une autocratie gouvernait le monde – qu’elle soit fixée sur une personne, sur un comité ou sur quelque institution que ce soit – elle échouerait presque sûrement. Ceci précisément parce qu’elle définirait des solutions uniques.

    Ce serait prendre le risque absolument monstrueux d’une erreur qui engouffrerait tous les efforts de l’humanité pour trouver une voie propre à préserver son environnement dans une direction néfaste ou inefficace. Voir la fameuse Energiewende, la décision allemande d’appliquer à la fois passage à grande échelle aux énergies renouvelables et sortie du nucléaire… avec pour résultat un bilan carbone rapporté à la production économique ou à la population très supérieur à celui de la France !

    D’autre part, le fait même de considérer la question à l’échelle de la planète, et encore d’être une technocratie ou une autocratie même bienveillante garantirait presque que les solutions ne pourraient véritablement être mises en oeuvre, car leurs conséquences négatives quelles qu’elles soient – et il y en aurait, n’étant pas la contrepartie de décisions prises démocratiquement ne seraient pas acceptées.

    Si les Jacques discutent et définissent entre eux d’une manière de faire, peut-être s’y tiendront-ils. Si c’est leur seigneur et maître qui la leur impose, pour peu qu’elle soit trop dure… c’est la jacquerie qui menace !

    1. On entend tout le temps des alertes comme « il faut prendre conscience..etc.. » ou « si nous ne comprenons pas rapidement ceci ou cela…etc »… or aujourd’hui tout le monde, du moins une grande majorité des gens a très bien compris, que nous sommes sur une trajectoire d’extinction.

      Ces appels désespérés à la prise de conscience s’accompagnent en général d’un appel tout aussi désespéré à la vertu individuelle (écoutez Yann Arthus Bertrand, et vous comprendrez de quoi je parle).

      Or il faut maintenant exposer le véritable problème : notre incapacité à enrayer le délire consumériste qui s’est imprimé au plus profond de nos cerveaux, délire mental que des firmes se chargent de renforcer et d’étendre à la surface de la Terre, par divers moyens, allant du soutien à des partis politiques ultra-libéraux dépourvus de ce genre de scrupules, à la publicité comme par exemple de donner à chaque chinois l’idée de venir le plus vite possible en France faire du tourisme, ou à chaque retraité de s’acheter un camping-car, etc.

      Si bien que tant qu’on aura pas résolu de supprimer la publicité (1), on n’aura pas avancé d’un pouce, parce que cela voudra dire qu’on aura pas compris que c’est dans nos cerveaux que ça se passe, et l’ordre politique qui en découle.

      cf mon article « La vertu écologique n’existe pas » sur findutravail.net (quand le serveur sera sorti de maintenance…)

      (1) On n’a absolument pas besoin de la publicité, au contraire, elle nous embête ! Si on la garde alors, pourquoi ? on serait masochistes ?

      Vincent Rey
      findutravail.net

  4. Sur un tout autre sujet, en l’occurrence le vocabulaire qui voyage, je remarque la formule terminant cet article qui critique les prétendus « intégristes » de l’environnement – article qui mérite beaucoup de critiques soit dit en passant mais ce n’est pas le sujet
    https://www.atlantico.fr/decryptage/3572188/la-liberte-est-elle-climaticide–la-question-folle-que-ne-sont-pas-loin-de-se-poser-les-nouveaux-integristes-de-l-environnement-laurent-alexandre-yves-michaud

    Quelle formule ? Eh bien celle-ci qu’écrit Yves Michaud : « Et puis qui restera le dernier pour éteindre la lumière ? »

    M’est avis qu’il ne l’a pas trouvée tout seul, celle-là… je soupçonne même qu’elle a pour origine un certain Paul 🙂

  5. Pendant que j’y suis… un petit sondage dans la population française, qui certes date de 2017, mais qui fixe certains ordres de grandeur https://fr.statista.com/statistiques/797965/existence-changement-climat-selon-francais/

    Q = Pensez-vous que le réchauffement climatique est une réalité ?

    65 % – Il est certain que c’est un problème causé principalement par l’activité humaine

    25 % – On ne sait pas encore si le réchauffement climatique provient de l’activité humaine ou des rayons solaires

    6 % – On n’est même pas encore sûr que le climat se réchauffe

    4 % – Le réchauffement climatique n’existe pas, c’est une thèse avant tout défendue par des politiques et des scientifiques pour faire avancer leurs intérêts

    1. @Jacquot(21/5 à 19h28)
      Sauf « erreur de lecture » de ma part… :
      Selon votre entrée : LA QUESTION était….  » Pensez-vous que le réchauffement climatique est une réalité ? » Bien exact et complet??….OUI?….alors :
      ++ Question parfaitement stupide, un exemple-type qui classe immédiatement celui(celle) qui la pose au top10 des incompétents sur les méthodes de sondage… Je ne continue pas ..ça n’en vaut pas la peine..si vous y réfléchissez un instant.
      ++ Quant aux réponses …comment dire..? je lis:
      ( 65%) & (25%) …AUCUN rapport avec la question posée ! (relisez la question et les deux « réponses » , à haute voix….voilà …oui…gagné! y a un « détail » qui change tout….. .
      (6%) A nouveau « à côté »…(de la question) …Mais c’est déjà plus réfléchi…Les répondants ont dû lire par un malencontreux hasard l’un ou l’autre « hérétique »…(scientifique of course..)
      (4%) Enfin une réponse plausible, et l’UNIQUE en lien complet avec la question …mais… réponse hélas probablement glanée sur « Fesse de bouc » ou assimilé…..en tout cas ni chez les « orthodoxes » ni chez les « hérétiques »…
      Alors… vous voyez où je veux en venir sur la validité de vos lectures… et/ou de vos interprétations..!
      ((Ne me dites surtout pas maintenant que vous avez « un peu » arrangé les termes , et de « la » question, et des réponses à votre sauce..ce serait pas bien de m’avoir fait perdre mon temps..quoique..? une lueur peut-être?))

      1. @ Otromeros,

        Je n’ai pas déformé la question ni les réponses, voyez le lien que je donnais j’ai fait une copie exacte.

        Je ne vois pas ce qu’il y a de stupide dans la question du sondage. S’enquérir de l’opinion des citoyens sur la réalité du réchauffement climatique, c’est mesurer le degré d’acceptation du consensus scientifique sur le sujet, ce qui est une préoccupation ô combien valide pour qui souhaite convaincre ses concitoyens de la nécessité d’une action forte.

        Quant aux réponses, les deux premières sont des variations autour du « Oui », la troisième c’est « Peut-être » et la quatrième « Non ». Si vous voyez là un problème, soyez plus explicite s’il vous plaît parce que je ne comprends pas.

        La différence entre les deux premières versions c’est naturellement la réponse à cette deuxième question posée en même temps que la question du titre et implicitement : s’il y a réchauffement, est-ce de notre fait ? Là encore le consensus scientifique est clair, là encore le degré d’acceptation dans le corps social est très intéressant à mesurer.

    2. @Jacquot(22/5à 9h40)

      Content d’abord que votre réaction soit explicite et argumentée.
      Il est clair que vous faites partie des « convaincus » et de plus vous êtes « actif » …Rien à dire . Sauf que..
      Ce qui m’énerve..et je ne suis pas le seul sur ce blog… c’est la manière dont les choses sont présentées , dont les éventuelles questions d’ « enquêtes » sont formulées de manière « vague » , ambigüe, de manière à aboutir au résultat escompté et non à « se renseigner » objectivement.

      Je prendrai 1 seul exemple, le plus parlant dans votre lien…. le « réchauffement climatique ».
      Je pense que plus personne de vraiment sérieux ne met en doute que la phase « actuelle » soit orientée vers une augmentation de la température moyenne (ce qui, localement, n’a aucune signification de prévision..) , disons « planétaire », pour faire simple.
      Cette phase « actuelle » peut durer encore 1 ?an ,10? ans, 100? ans.. (10 exposant x ?années)…nul ne sait..NI ne peut prévoir..! (mais on vous « extrapole » sur 10 ans,20ans, fin de siècle…froidement..)
      On peut raisonnablement penser (donc, admettons..) que cette phase, SI elle dure..?., s’accompagnera AU MOINS inévitablement de l’apparition de phénomènes-météo « anormaux  » ((=dans certaines (les nôtre en particulier) régions du monde)) inusités ou très rares jusqu’à hier)) …pas besoin d’énumérer.
      L’alternance chaud/froid (dans le passé) semble établie .

      Quelles sont les causes plausibles de ce réchauffement? Une seule? Plusieurs? Avec quel impact pour chacune?
      DONC la seule valable question à poser est :  » le changement climatique (réchauffement) actuellement observé est-il (principalement/accessoirement ?) dû à l’activité humaine  » ? (==>Cause « anthropique » …. majeure/mineure?)
      [[ Vous admettrez sans doute que si quelqu’un pouvait (dé)montrer que le réchauffement est fonction, mettons, de cinq causes principales (A/B/C/D/ Origine anthropique) , le « reste » pouvant être considéré comme « négligeable » (=0,0001)… et soit (deux cas suffisent pour expliciter..) :
      ^^^^ soit que A+B+C+D = 95% d’impact….!….(reste donc un impact de 4,9999% pour l’O.Anthropique…)
      ^^^^ ou que A+B+C+D= 30% d’impact…..!…..(reste donc alors un impact de 69,9999% pour l’O. Anthr.)

      Selon …la situation du « décideur « politique ne serait évidemment pas la même… ]]
      « Décideur » politique confronté en fait au fameux dilemme lié au « principe de précaution » , confronté aussi en parallèle à une opinion publique alertée de façon univoque et non multivoque… la partie de cette opinion « ayant pris une attitude active » étant réellement inquiète.. (rappel..peut-être justement.?.) , promouvant des gens porteurs de thèses variant du « minimum syndical » jusqu’à la « décroissance » brutale, coercitive.

      Pour en terminer, je vous propose de vous replonger dans le fil précédent ultra éclairant : https://www.pauljorion.com/blog/2019/05/15/le-loup-du-politique-deguise-en-agneau-de-la-neutralite/#comments
      en suivant la courte « conversation » depuis [[ @Tout me hérisse (16/5 à 23h40) jusqu’à et y compris @adoque(18/5 à 16h09) ]]

      Retenez surtout ceci , que je reprends sans autorisation…mais puisque c’est public et sur ce même blog…d’auteurs différents: (reprise brute, sans commentaire)
      ———————————————————————————————
       »  »  »
      Ce qui nous éloigne des élucubrations véhiculées par certains d’une planète future uniformément chaude et sèche (ce que ne dit d’ailleurs pas le rapport du GIEC, pour ceux qui prennent le temps de lire autre chose que le résumé de 40 pages à l’intention des décideurs).

      Source:

      « Les tendances observées à l’échelle du globe concernant les
      périodes de sécheresse bénéficient d’un degré de confiance
      faible en raison du manque d’observations directes, du fait que
      les tendances inférées dépendent de la définition de la sécheresse
      retenue et d’incohérences géographiques dans ces tendances.
      Le degré de confiance est également faible s’agissant de l’attribution
      de la modification des périodes de sécheresse sur les terres
      émergées du globe depuis le milieu du XXe siècle, à cause des mêmes
      incertitudes qui entachent les observations et de la difficulté de dégager
      la variabilité décennale des tendances à long terme. {GT I tableau
      RID.1, 2.6.2.3, 10.6, figure 2.33, GT II 3.ES, 3.2.7}

      GIEC, 2014: Changements climatiques 2014: Rapport de synthèse. Contribution des Groupes de travail I, II et III au cinquième Rapport d’évaluation
      du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat [Sous la direction de l’équipe de rédaction principale, R.K. Pachauri et L.A. Meyer].
      GIEC, Genève, Suisse, page 56.  »

      Le rapport complet (du GIEC, je présume..) dont vous livrez un extrait entier (que personne n’a sûrement jamais lu, à part des « pointus » comme vous..et des « empêcheurs de tourner en rond » comme moi…)
      mentionne explicitement : ( deux fois , c’est à dire, pour éclairer les mal-voyants ou les « bornés de constitution », à CHAQUE affirmation … que : (je cite:)
      … » bénéficient d’un degré de confiance faible « … !!! Pas moins…pas plus..!!
      Pour les indécis qui liraient par hasard ces échanges, peut-être eût-il mieux valu que le « scientifique » (ou, selon, le chargé de communication..) qui rédigeait… écrive (pour ne pas utiliser plus correctement l’obsolète « écrivasse » = souligne clairement une action qui n’a eu lieu, ce qu’on regrette ..) ceci:
      … » n’offrent qu’un degré de confiance faible » …
      ou mieux , mais plus dangereux parce que « n’importe qui » pourrait « comprendre », voire « comprendre ET transmettre »…. Horreurrr..!
      … » souffrent d’un degré d’incertitude élevé à très élevé … ce qui est immédiatement bien plus… , disons, lumineux! Ce qu’appréciaient mes étudiants de l’époque.
      Voilà tout. Rien de moins, rien de plus

       »  »  »
      ——————————————————————————————–
      BAV

      1. @Otromeros
        « ^^^^ soit que A+B+C+D = 95% d’impact….!….(reste donc un impact de 4,9999% pour l’O.Anthropique…)
        ^^^^ ou que A+B+C+D= 30% d’impact…..!…..(reste donc alors un impact de 69,9999% pour l’O. Anthr.)
         »

        J’ai adoré les 4 chiffres après la virgule 🙂

    3. Merci pour ces chiffres Jacquot . Ces 65% qui sont certains que c’est un problème causé par l’Homme, on peut dire que c’est une large majorité. Si nos émissions de carbone continuent d’augmenter en France, difficile d’en rendre uniquement responsables les autres 35% …

      Il y a donc autre chose, chez ces 65% aussi… voilà ce que doivent découvrir Yann Arthus Bertrand ou Nicolas Hulot…

  6. Vous savez ce qu’il faut faire. Peut être avez vous raison mais vous savez aussi que cela ne se fera pas.
    Les zélites riches sont lancés dans leur processus sauve qui peut et moi d’abord, il n’y va donc rienvacattendre d’eux, aucune possibilité de faire appel à leur raisonnement ou leur intelligence. Ils ont décidés de les mettre au service de leur seule survie.
    A chacun de nous de savoir en tirer les conséquences

  7. Bernadette a lancé le sujet « Pour qui voter dimanche ». Ce n’est pas le sujet ! MAis le sujet a été discuté déjà sous la vidéo.
    Soulignons avant tout que les Européennes ne sont pas un enjeu important. On ne désigne que quelques dizaines de personnes, pour la plupart inconnues. Le changement de système ne viendra pas du parlement de Stransbourg/Bruxelles. Mais quelques tribuns ont pu émerger de là (Farage, Lambrechts…) ou hors de là (Jorion, Varoufakis….) sans rien changer au vedettariat des Commissaires placés là par les gouvernements (et dont les noms sont plus connus). Mais le vote de dimanche est une répétition pour 2022, et c’est en fonction de cela qu’il faut voter en France. En Belgique, où trois élections sont plus cruciales, comment voter pour le climat et aussi pour le pouvoir d’achat ? Je voterai extrème-gauche (PTB) parce qu’il n’y a pas de liste « extrême-climat ».
    Mais la question essentielle de l’intervention de Paul est : comment rapprocher Pouvoir d’achat et Pouvoir sur la lutte contre l’effondrement climatique ? Alors que toutes les forces externes prennent le chemin de la manipulation et la division pour que rien ne change ?

  8. Cher Paul,

    Il y a beaucoup de choses dans votre billet, et j’ai deux observations.

    D’abord, je m’inscris totalement en faux qu’un pays, aussi petit soit-il, ne peut prendre des mesures seul. Surtout si ce pays est riche, c’est à dire constitue un marché jamais négligeable pour les puissances financières et économiques, qui n’en n’ont jamais assez, des marchés. Ce serait aussi une force d’exemple et un soutien réel à tous ceux qui luttent où qu’ils soient, et un appui inévitable à l’imposition de mesures équivalentes ailleurs.
    L’obligation de n’agir qu’à un niveau transnational, soit européen soit mondial, est clairement un argument qui produit de la passivité et un report à plus tard, sinon à jamais. Qu’un homme comme Jacques Attali soit un ardent partisan d’un gouvernement mondial à ses heures en dit assez sur l’effectivité de cette pseudo-recommandation. J’attends le niveau interplanétaire.

    Deuxièmement, s’agissant des « fins de mois », je vous engage à suivre votre cœur, votre empathie, et vous avez montré à l’envi que vous en avez. Ces gens des fins de mois, connus comme mouvement social sous le label « gilets jaunes » en France, ailleurs encore aussi invisibles dans les médias que nombreux, sont des citoyens exemplaires, en ce sens qu’ils ne s’épargnent aucun effort pour se construire une vie digne et satisfaisante, mais que les choses étant ce qu’elles sont, ils ne connaissent que l’humiliation devant leur frigo vide le 20 du mois et devant leurs enfants qu’ils ne peuvent élever à hauteur de tout ce qu’un enfant mérite, où qu’il soit. On a vu leurs budgets mensuels sur tous les plateaux et c’est un désastre. Cela ne porte qu’un nom, c’est la souffrance sociale, et c’est un crève-coeur. Jamais dans l’histoire humaine on n’a vu de sociétés aussi riches sur le plan matériel, et elles produisent ça !
    Supprimons la souffrance sociale, et il n’y a plus d’extrême-droite nulle part. On se plaint des grèves ça et là, par exemple dans mon pays celle des aiguilleurs du ciel, encore loin j’espère de l’état de « gilet jaune », et aucun agent souffrant des conséquences fâcheuses de ce mouvement ne pense à dire: « Payez-les correctement, assurez-leur des conditions de travail décentes, et nous ne souffrirons plus de ces mouvements sociaux. » C’est tellement simple ! Mais non. Ce ne sont que déclarations de prises en « otage », appels à la résignation et actions en justice, et c’est désespérant.
    Les sociologues ont été obligés de créer, d’abord aux Etats-Unis, ensuite partout dans le monde riche, la catégorie des « travailleurs pauvres ». Celles-ci et ceux-ci travaillent à temps plein, satisfont donc un article cardinal de la propagande contemporaine, et pour récompense ils restent pauvres, humiliés, malheureux, n’ayant souvent qu’un logement indigne, et parfois pas de logement du tout.
    La fin de mois de cette part énorme de nos concitoyens n’est pas une formule, c’est une tragédie. Et si en tant qu’humains ou frères et sœurs humaines nous disposons de cette qualité d’empathie partagée avec d’autres espèces animales, nous nous devons de placer cette question de justice sociale, de dignité dans l’égalité, en priorité de toutes nos volontés, de toutes nos revendications. Aucune préconisation politique au sens vrai du mot ne peut être définie sans être liée au corps, dans l’ADN, à un fort et réel souci de réponse à l’inégalité économique et symbolique.
    Pour en appeler à mon tour à quelques livres, l’auteur qui a le mieux lié comme consubstantiels les rapports sociaux et les rapports à la nature est à ma connaissance Murray Boockchin. Car dans sa vision, une réponse humainement cohérente aux défis environnementaux et climatique ne se conçoit pas sans une radicale réorganisation des rapports sociétaux entre les humains eux-mêmes.
    Bookchin ou un autre, c’est ce qu’il nous faut : une pensée qui lie indissolublement les rapports des humains entre eux et à la nature. Il s’agit aujourd’hui d’être autre chose qu’une seule espèce terrienne mettant en péril immédiat un million d’autres espèces, et se mettant par surcroit et de la sorte elle-même suicidairement en danger.
    En français, Qu’est-ce que l’écologie sociale est une bonne et courte introduction à la pensée incoutournable de Murray Bookchin.

    1. On atteint le niveau zéro de l’analyse : « Jacques Attali supporte cette idée, donc elle est mauvaise ». Alors qu’il ne fait qu’additionner deux et deux : il y a une asymétrie entre la globalisation économique et le caractère local des contre-pouvoirs politiques. Il suffit d’observer la saga Huawei pour se rendre compte à quel point l’idée de réaligner le fonctionnement de l’économie à l’échelle de chaque pays isolé dans son coin est une aberration.

      Et plus loin on creuse : « supprimons la souffrance sociale et il n’y a plus d’extrême-droite nulle part ». La nature humaine vous remercie pour le twist, spin doctor !

      1. C’est marrant…l’interpellation s’adresse à Paul …et c’est….?….Julien qui répond… (accessoirement comme dab, en cherchant à ridiculiser le commentateur… j’ai bien écrit « en cherchant à.. » !!)
        Comment dire.. Bref, stop pour ce soir , « Otroméros, mêle-toi de tes oignons »…c’est plus « intelligent »..
        Évidemment.

      2. @ Otromeros

        Et zut, moi qui pensais que ma saillie était argumentée, avec même un exemple d’actualité à l’appui. Mais je sais que l’art de synthèse perd en chemin les rédacteurs de tartines.

      3. Je crois que résumer l’argumentaire de Guy Leboutte à « Jacques Attali supporte cette idée, donc elle est mauvaise » est beaucoup trop rapide, et franchement injuste. Il y avait bien d’autres choses dans son commentaire.

        Asymétrie entre globalisation économique et localisme des contre-pouvoirs politiques, oui bien sûr, mais il ne s’ensuit pas qu’un gouvernement mondial serait quelque chose de souhaitable, sans parler d’être moindrement réaliste. Il y a deux voies de réponse possibles, dont aucune n’implique de gouvernement mondial, et chacune a plus de chance de pouvoir être concrétisée dans la réalité :

        1. Globaliser les contre-pouvoirs, par liens entre mouvements sociaux par exemple

        2. Renforcer les pouvoirs locaux, afin d’y augmenter l’efficacité des contre-pouvoirs, cette deuxième voie pouvant se déclinant suivant les circonstances ou les préférences partisanes en :
        a) Renforcement national
        b) Renforcement régional, par exemple pour nous au niveau de l’UE

        Concernant Huawei, je note d’une part que la question de la technologie 5G ne résume pas à elle seule toute la question sociale et économique, loin s’en faut. D’autre part que l’existence de deux géants, deux superpuissances rivales Etats-Unis et Chine renforce la main des tierces puissances, qui peuvent négocier ou monnayer leur soutien à l’un ou l’autre Gros… justement parce que chacun d’eux est fixé sur sa rivalité avec l’autre. La situation géopolitique mondiale est ainsi plus favorable à une distribution plus large du pouvoir effectif aux tierces puissances qu’elle ne l’était il y a vingt ans, lorsqu’on pouvait désigner les Etats-Unis comme une « hyperpuissance » à la domination sans remède.

        Soit le projet de construire une « souveraineté européenne » suivant l’expression de Macron s’avérera réaliste, ce qui mènerait à l’émergence d’un troisième Gros, soit s’il ne l’est pas – et dans la mesure où il ne le sera pas – des pays au deuxième rang de la puissance, comme la France – ou le Japon, l’Inde, l’Allemagne, la Russie… – pourront avantageusement jouer les deux Gros l’un contre l’autre.

        De Gaulle pouvait dire dans les années 1960 que c’était une excellente chose que les Etats-Unis existent, pour faire face à l’Union soviétique… et l’Union soviétique, pour faire face aux Etats-Unis 🙂

      4. 1. Globaliser les contre-pouvoirs, par liens entre mouvements sociaux par exemple

        Vous me permettrez de respectueusement pouffer, parce que rejeter un accord politique au prétexte que c’est irréaliste et nous pondre un accord entre « mouvements sociaux » quand on voit qu’en France, 10.000 péquins en chasuble fluo sont pas capables de se mettre d’accord sur quoi que ce soit. Je mets ma pièce dans un accord politique des lustres avant.

        Pour le reste, même lubie, même antienne éculée : mon pays/ma région/mon village/mon coin de rue/ma maison/.

        Sinon pour le reste assez d’accord sur Huawei et sur le principe de vie ou de mort de l’émergence de la souveraineté européenne comme contrepoids aux deux grands blocs mondiaux constitués.

      5. @Julien
        Ça ne m’étonne pas que les Gilets Jaunes n’arrivent pas à se mettre d’accord, ils ne comprennent pas encore l’étendue du problème, mais ils progressent…comme en témoigne le slogan « fin du mois, fin du monde ». Ça explique qu’ils se dispersent dans leurs revendications, auxquelles il manque un fil conducteur.

        ensuite tu dis : « l’idée de réaligner le fonctionnement de l’économie à l’échelle de chaque pays isolé dans son coin est une aberration ». Est-ce si certain ?

        Sans verser dans le protectionnisme, comme le montre l’actualité Huawei, l’abandon de la publicité par exemple (et l’économie qui en résulterait pour les firmes) ne pourrait pas s’étendre au reste du monde ?

        Et la gratuité sur la nourriture en France par exemple, où l’on consomme majoritairement des produits alimentaires français, ça ne produirait pas une sorte de relance keynesienne, maintenant que l’on sait que beaucoup de gens ne « remplissent pas le frigo » ?

  9. Que Trump respire encore avec tout le mal qu’il est en train de faire c’est un signe que l’argent domine et que plus personne ne croit en rien. Ma foi

    1. Mais bien sûr ! Paul Jorion, c’est le nouveau Keynes ! Je le dis sans aucune ironie, et c’est malheureusement ce que Place Publique n’a pas compris !

  10. « C’est le fait d’avoir constaté qu’il a affaire à des gens dans des situations absolument abominables et que ces gens, quand ils doivent voter, quand ils doivent prendre une décision, quand ils doivent participer au processus politique, ils votent contre leurs intérêts. Pourquoi est-ce qu’ils votent contre leurs intérêts ? Ils votent systématiquement contre leurs intérêts, ils raccourcissent délibérément leur durée de vie parce qu’ils ont trop peur que des mesures d’intérêt général bénéficient à un certain type de personnes. « .

    Je ne partage pas cette analyse. Pour moi , vivre dans le confort ou dans des conditions de merde ne changent pas la donne, quant aux réflexes de protection. L’organisation sociale me paraît pour chaque personne une extension de la famille, au travers de laquelle elle a développé ses repères et sa personnalité. Le nationalisme, ce serait une projection du cocon familiale, c’est à dire un foyer (un territoire) et une langue (maternelle…). Le repli national est tout naturel quand ça va pas. On rentre à la maison.

    Donc quand le peuple crie misère, il se replie naturellement vers ce qui est la cause de cette misère: la famille ou la nation.
    Ca irait un peu dans le sens d’une programmation pour l’auto destruction, mais bon, tant que la famille règnera…

  11. Je ne veux pas être mesquin, mais je tiens à dire cette chose, que j’ai jusqu’à ce jour épargnée aux lecteurs du blog de Paul Jorion: depuis des années, et à peu près sans faille ou tout à fait sans faille, Julien Alexandre supprime de mon nom le lien vers mon site.
    Une question?

  12. Humour Britt, le retour. Version désespérée…

    Les Britt ne sont pas sortis de leur piège. Yzont même augmenté l’épaisseur de la glu. Ils se la fabriquent eux-même selon une recette dont ils ont le secret.

    1-May va démissionner. C’est sûr (?) . Un comité des sages en charge de l’intérêt du Parti en a décidé ainsi et l’a convaincue, au bord des larmes. Qui va la remplacer comme chef des Conservateurs?
    Les augures sondagières disent Boris Johnson!
    Selon les résultats, Boris est une «Personnalité appréciée» pour 77%, il est « Un gagnant électoral»: 70%, «A la hauteur de la tâche» : 67%, «Meneur fort»: 69%, et enfin «Compétent» pour 61%.
    Michael Gove, Sajid Javid, Rory Stewart et d’autres favoris sont loin derrière.

    Boris est possédé par 2 obsessions et c’est peu de dire qu’elles sont catastrophiques pour les Britt en Europe :
    A) -Il veut un brexit dur, sans concession, une sorte de divorce avec un max de dommages mutuels, dont la fière Albion sortira naturellement triomphante et libre… On ne peut exclure une subtile tactique pour des négociations futures. Cependant, la plupart des observateurs pensent qu’il n’a rien compris et que de tout façon, il s’en fiche parce qu’il est bien au-dessus de ces questions. Et en effet, ses accomplissements passés inclineraient à éliminer la finesse. De plus, il n’est pas tout à fait impossible que le mot ‘négociation’ lui soit inconnu.
    B)- En second lieu, une étroite alliance politique et militaire avec les USA est la condition d’une renaissance des Britt dans le monde. Justement, Trump est son copain… Et LA Queen Elisabeth II ( she, ‘HMS QEII’, c’est un porte-avion sans avions et elle est du genre féminin) a besoin des F35B des US Marines pour aller patrouiller sans rire en mer de Chine du sud afin de sauver la Liberté du monde. Surtout la liberté de commercer. Big stick and free trade, as usual, style canonnière du 19.ième siècle, actualisé. Rule, Brit(t)ania, rule the waves!

    2-Elections européennes: Farage (‘Nigel’) est un leader heureux et courtisé: son nouveau parti attirerait 30% des électeurs. Le nom du parti? Tout simple: «Brexit». Tous les partis traditionnels sont (seraient) en perte de vitesse. L’ancien de Farage, Ukip, aussi.
    Nigel et Boris partage la même idée: un ‘No_deal’ ou Brexit dur est bien plus fun que suivre tous ces règlements européens à la con.

    Comme le dit le Guardian, un second référendum est l’espoir des gens raisonnables. Théoriquement. Passeque avec un «Brexit» triomphant et des partis traditionnels laminés, un renversement de l’opinion est peu crédible, sinon improbable. Sans oublier que le parti Conservateur, tout laminé qu’il serait, est largement dominé par les brexiters. Ce qui précède suppose des résultats de sondage vraisemblables.
    En tout cas, les 3 refus du Parlement à un Brexit ordonné, proposé par May, loin d’être ‘une révolte du Parlement contre le peuple’, comme l’avait proposé un humoriste, seraient un reflet des sentiments des électeurs.
    Un journaliste notait la lassitude générale devant ce truc à rallonge. Pas bon signe quand les Brexiters durs hurlent le plus fort et ont beaucoup du nerf de la guerre…

    Je serais Bruxelles, je me poserais sérieusement la question: «Mon Dieu! Que nous leur avons donc fait? Nous ne méritions vraiment pas cela.»

    C’est pas comme cheux nous, en France, où la diversité des listes électorales va à peine écorner les 3 extrêmes droites, sûres d’elles-même et dominatrices quand il s’agit de privatiser et bétonner à tout va. Les petits oiseaux n’ont pas de chance.

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