Fin du monde ! Fin du mois !

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30 réflexions sur « Fin du monde ! Fin du mois ! »

  1. Superbe vidéo! Très didactique!
    Sur quelques points je ne serais pas tout à fait d’accord mais en gros je suis en phase.
    J’ai l’impression que cette idée d’exterminalisme fait son chemin. Pour le moment, elle prends l’apparence d’une idée toute anodine. Ici et là on commence à parler de natalité…..Je l’ai encore entendu ce matin sur France Inter
    ==>https://www.franceinter.fr/emissions/la-personnalite-de-la-semaine/la-personnalite-de-la-semaine-19-mai-2019
    L’invité était Antoine Buéno et il parlait d’un « Permis de procréer » . Attention, je vous invite à l’écouter et de ne pas le juger hâtivement car il sait qu’il marche sur des œufs. Il essaye de prendre des précautions mais…
    Voilà, on commence avec cette idée que le probléme c’est le surnombre et à la fin quand les tensions deviennent extrême. On élimine ce surnombre….

    Alors j’ai envie de terminer sur une note positive. Depuis quelques mois, je fais du bénévolat et cela me fait un bien fou. Je sais que je ne changerais pas le monde mais d’être un peu en action cela permet de tenir le coup et de ne pas sombrer face à ce monde qui ne cesse de s’assombrir.
    Donc je n’aurais qu’une chose à dire. Si ce n’est pas déjà fait, forumer du blog: Engagez vous! Quelque soit le sujet qui vous porte.

  2. Pas encore vu la vidéo, mais j’infère que le livre suivant a un rapport :
    Expulsions. Brutalité et complexité dans l’économie globale
    Livre de Saskia Sassen

  3. Changer de cadre pour survivre, c’est d’abord s’en prendre au capitalisme. C’est d’accord !
    Changer le cadre c’est donc renoncer à la société thermo-industrielle qui, pour dégager des profits, induit gaspillage de ressources limitées, production de déchets, artificialisation et mort des sols agricoles, pollutions diverses etc… ( La liste est bien plus longue ) et aussi, je ne veux pas l’oublier, une extrême injustice sociale et une grande misère matérielle, intellectuelle, spirituelle .
    Ainsi renoncer à une société thermo-industrielle, ce n’est pas demeurer dans le cadre capitaliste, c’est le rejeter, c’est faire autrement et comme l’a déclaré Aurélien Barrau  » il n’y a aucun autre choix que d’inventer ce qui n’a jamais été. » Cela ne veut donc pas dire qu’il conviendrait d’imaginer un néo-capitalisme ou une néo-sociale-démocratie. Surtout pas. Ben oui, faut inventer.
    Au passage, regardez un peu la télévision et vous y verrez de la publicité magnifiant la vie du « peuple des terrasses » et des reportages dont le projet est de montrer des tentatives supposées prévenir la catastrophe annoncée mais qui ne sont que soumission à l’éco-blanchiment. Pour que nous demeurions dans le cadre rassurant à l’intérieur duquel chacun pourra s’adonner encore et toujours à la compétition et à l’accomplissement de ses névroses.
    Mais enfin ne pourrait-on pas commencer pas se poser la question principale que tout être, un peu frotté de philosophie, doit se poser :  » Qu’est-ce que je suis venu faire sur cette terre ?  » et enchaîner par :  » Quel sens puis-je donner à ma vie ?  » Qu’est-ce qui me rendra heureux ?
    Travailler, consommer, posséder ? Ah que non ! Bon alors quoi ?
    Et si l’effondrement tant redouté était au fond une chance réelle de vivre enfin, de vivre vraiment ? L’occasion de tout arrêter, ce qui nous blesse, nous maltraite, nous exploite et nous tue ? Et si nous refusions – peuples du monde – que les dirigeants de nos États et de nos entreprises imaginent pour nous, encore et toujours, de nouvelles formes de servitudes. Sous toutes sortes de prétextes. N’en avez-vous pas assez ?
    Et si le chemin à suivre était tout simplement celui de l’écolo-anarchisme ? Chemin d’amour, de rêves et de poésie ?
    En tous cas, moi ça me dit… Et dimanche aussi.

    PS : Prenez votre temps, vous verrez, l’idée fera son chemin.

    1. @Peska(19/5 à 15h16) écrit ces termes :
      … » tentatives supposées prévenir la catastrophe annoncée mais qui ne sont que soumission à l’éco-blanchiment « …
      ET
      … » le chemin à suivre était tout simplement celui de l’écolo-anarchisme « …

      Pardonnez mon ignorance et voulez-vous bien un peu détailler ce que vous entendez par les expressions que j’ai sélectionnées en « grasses »… Merci.

  4. Bonjour
    Bravo , je suis d’accord dans l’ensemble……Mais, mais
    Voilà il y a quelques mises aux point , à clarifier
    1 -Beaucoup ne croient pas à la fin du capitalisme, à son agonie
    2- beaucoup ne croient pas a la disparition du travail
    Je pourrais rajouter d’autres points
    Mais arrêtons nous, sur cela, car c’est plus important sur le « débat »….. fin du monde, fin du mois
    Pourquoi, parce que dans les milieux populaires et surtout à gauche, dans les partis politiques et syndicats
    on ne pense pas que le travail disparaît, et que le capitalisme agonise!!??
    C’est une question a ce poser ?
    Parce que, dans l’ensemble, gilets jaunes ou pas, syndicats, partis de gauches, ils veulent du travail, du revenus, du salaires (qui augmente ). ils ne se placent pas dans une perspective de fin du travail , ou de fin du capitalisme….
    le principal frein il est là!
    Ils veulent de la croissance, de la productivité, de l’emploi ; et si possible sur la base des 40 H , et du plein emploi, qu’ils disent.
    Et les gouvernants ‘(droite/gauche) , vont dans leur sens…. vous voulez de l’emploi, très bien, eh bien acceptez n’importe quel travail,…. précaire, flexible……
    Et nos gouvernants , font le tour de force de faire disparaître le chômage (statistiquement), sans dire que c’est de plus en plus de l’emploi, précaire, flexible, mal payé….d’ou l’augmentation de la pauvreté.
    Mais , voilà , nos politiques vont dans le sens de la demande populaire. Du Travail, du Travail, du travail !!!
    Pour cela les gouvernement les plus libéraux , ont parfaitement réussi, particulièrement , en GB, ou USA (tout partis confondus). Trump en rajoute, , si vous voulez des emplois , du travail, il faut reprendre le travail que les étrangers nous ont pris, aussi bien les Chinois, que les immigrés amérindiens, mexicains…
    Chez nous aussi , on tiens le même discours.
    Cette folie du travail, de la croissance sans fin , quand cela s’arrêtera t’il?
    A une époque, le travail était critiqué, mêmes a l’époque de la première internationale
    Citons Paul Lafargue (le droit a la paresse) et aussi la « religion du capital »
    dans les années 68, aussi, et pendant un temps « le mot d’ordre « travailler tous, moins , autrement’ circuler, dans les partis et syndicats, bon on ne le scander pas très fort, puis cela a disparut.
    Il n’y a pas que la peur du chômage, je pense.
    On parler aussi, plus du revenu minimum, ou d’autres termes
    et jacques Duboin ‘économie distributive) en parler déja dés les années 1930
    Maintenant , la personne au RSA, est pointé comme un profiteur…..
    Grosses régression politique, qui a de multiples explications, mais pour moi des partis de gauches et syndicats qui n’ont pas fait leurs mutations a temps,, vivant sur le culte du travail, et de l’emploi , désarmé par l’idéologie libérale…;;
    Dans ce programme mondiale, il faudra préparer les gens , a ces grande mutations sur le travail, et avoir aussi un programme politique, et social, qui accompagne ces mutations.
    Et la question écologique, poser par certains , fait disparaître, la question social ou la détourne , la pervertisse.
    Ah ce fameux capitalisme vert!!, travaillons , mais vert, créons des emplois , mais vert, produisons mais vert.
    Les riches, les puissants, ne veulent pas , se coltiner ce programme qui leur sera défavorable, de toute façons, ils préfèrent donc tirer le rideaux…….mais aussi pas mal de gens qui tirerons en arrières, particulièrement chez certains « petits blanc », mais cela est un autre débat.

    1. Le capitalisme ne disparaîtra pas, il a une capacité formidable d’adaptation. L’avenir s’annonce par rose pour les employés/ouvries du segment moyen/inférieur. Vous savez que tout augmente, trouver un logement à un prix abordable est devenu une loterie………. et ainsi de suite. On a l’impression que la pauvreté (ou la pauvreté « relative, comme on aime dire) ainsi que le chômage de très longue durée sont en train de devenir une sorte de délit.
      Je ne dirais pas que la chute de la classe moyenne correspond à une volonté politique, mais ce processus (donc quelque chose de dynamique) est considéré comme le prix à payer pour soutenir la mondialisation économique, pour maintenir le système néolibéral et la domination du capital. C’est la raison pour laquelle les élection ne servent pas à grande chose, d’autant plus qu’il n’y a pratiquement plus de différence entre les conservateurs et des « socialistes » ou sociaux-démocrates en Europe – c’est un seul combat pour le maintien du système.

      1. Je ne dirais pas que la chute de la classe moyenne correspond à une volonté politique, mais ce processus (donc quelque chose de dynamique) est considéré comme le prix à payer pour soutenir la mondialisation économique, pour maintenir le système néolibéral et la domination du capital

        Je dirais en allant plus loin : « le prix à payer pour que quelques uns aient le droit de vivre ». Car ce système n’a même plus l’ambition de faire vivre tout le monde.

        Et quelle est cette chose qu’on appelle économie, si elle n’a pas pour objet de faire vivre tout le monde ? Notre organisation sociale est en train de rompre avec le rôle ancestral de l’économie…

        De plus en plus de subventions publiques pour parer aux situations de chômage
        De plus en plus de subventions publiques pour aider les entreprises à créer de l’emploi, ce qu’elles ne font pas. (140 milliards d’€ par an selon Darmanin, plus de la moitié du PIB de 1973 qui était de 260 milliards de $ selon l’OCDE)

        Une fois acceptée l’idée que le travail disparaît, on ne s’étonne plus de payer de plus en plus d’impôts, de taxes, de charges, ni du fait que les Etats soit endetté jusqu’au cou…

      2. Le premier rôle des détenteurs du pouvoir, c’est de maintenir la structure sociale qui est l’origine de leur pouvoir.
        Les détenteurs du pouvoir sont les plus mal placé pour inventer/promouvoir des nouvelles structures sociales adaptées à l’environnement. Ils ont trop à perdre, ils sortent de leur rôle.
        Les politiciens et le président sont les garants de cette structure sociale. L’ensemble des organes de l’État sont inféodées à cette structure sociale.
        Nous autre, les Occidentaux, vivons dans un monde à structure capitaliste depuis longtemps. Demander de discerner à un citoyen dans ses comportements quotidiens son origine structurelle va demander un effort humain titanesque.
        Si notre créativité culturelle et sociale est au point mort, notre génie technologique nous a gratifiés du plus vaste et rapide réseau de communication, encore à peu près libre…

    2. Je n’ai vu aucun gilet jaune avec une pancarte « on veut de la croissance » ni avec une pancarte « on veut de la productivité » « ni vive le travail ».
      ils veulent juste vivre mieux. Or quand on a pas beaucoup d’argent, l’urgence c’est d’avoir assez d’argent pour pouvoir vivre jusqu’à la fin du mois. On ne peut pas demander à des gens qui sont dos au mur de traiter en même temps l’urgence et la remise en cause du cadre.
      Cependant, ma conviction c’est qu’il est absurde d’opposer les deux aspects, et c’est ce que n’a pas compris une partie de la gauche.
      D’abord parce que pour sortir du cadre, il faut encore que des gens se cognent violemment contre le cadre, qui ne leur renvoie comme toute réponse que des tirs de LBD, sans ces gilets jaunes qui n’ont pas eu peur d’aller se cogner contre le cadre, comment les gens peuvent-ils réaliser qu’il y a bien un problème avec ce cadre pas seulement pour l’environnement, mais pour la société comme telle ?
      D’autre part, le mouvement des gilets jaunes a évolué, on ne le souligne pas assez.
      De la simple révolte contre les taxes, on est passé ensuite à des revendications beaucoup générales, qui n’étaient pas loin de la remise en cause du cadre. Le RIC était une façon de remise en cause du cadre, puisqu’il s’agissait de pointer du doigt le fait que la démocratie représentative échoue désormais à s’emparer des causes essentielles, et à traiter même l’urgence sociale, ce qui était pourtant bien le moins pour un Etat que de s’occuper des questions urgentes. AU départ révoltés contre l’Etat et ses représentants, les gilets jaunes ont compris que l’argent était dans les paradis fiscaux, dans les sociétés du CAC 40. Le cadre contre lequel on manifeste a pris une plus grande dimension.

      1. Oui ! il vient ce moment où l’on peut commencer à comprendre la définition de la différence entre démocratie et dictature:
        – La dictature : tais-toi
        – La démocratie : cause-toujours

        définition que chacun peut /doit passer au crible des événements actuels…

      2. Bonjour
        Parce que , ils non pas étaient jusqu’au bout de leur idées , de leur raisonnement, sa logique et ses conséquences. ils ont principalement réclamer des sous. je dis pas tous , une minorité a compris que c’est a tout un système économique , qu’il fallait s’en prendre. Mais j’ai bonne espoir , que c’est tout le système qui est a revoir. Rappel aussi , si les gilets jaunes n’étaient pas assez radicaux , ils fallait les rejoindre, cela c’est fait, par endroit, mais les idées du NPA, LO, PCF, FI ou autres …ont-elle du succès ?!. Comme pour les syndicats?
        Globalement, en gros cette révolte est resté dans le cadre du capitalisme, pas de sa remise en cause.
        Mais , la révolte des gilets jaunes est une bonne chose, elle a ébranlé le système, les élites s’inquiètent , les gens se réveillent, se remettent a réfléchir….après des années de sommeil

      3. bob

        « … la révolte des gilets jaunes est une bonne chose, elle a ébranlé le système, les élites s’inquiètent , les gens se réveillent, se remettent a réfléchir….après des années de sommeil »

        Entièrement d’accord.

    3. Et puis, franchement, si on trouvait que les gilets jaunes n’étaient pas assez radicaux dans leurs revendications (question cadre), il suffisait de se joindre à eux dans les manif’.

      1. Comme disait Guitry,

        Les critiques sont comme les eunuques, ils savent comment , mais ils ne peuvent pas !

        🙂

      2. @Thomas
        Bien vu, cela peut aussi concerner les énarques, les experts technocrates, mais également une grande partie du personnel politique. En théorie ils savent tout, ils vous font des superbes présentation powerpointées, mais un plan de réalisations concrètes (comment et par quel chemin, quel moyen) n’est pas au rendez-vous.

    4. D’abord merci à Paul Jorion, pour cette utile présentation. (Vous n’avez pas mis les références des personnes et livres cités, ce serait chouette).
      Je réponds à Bob avec qui je suis assez d’accord. Les travailleurs veulent du travail, car c’est une socialisation, une identité, une réalisation de soi (surtout pour les mâles). Et dans un collectif plutôt que dans la réussite individuelle (vive les sports d’équipe comme image de soi). Ils ont une culture qui permet peu de passer à autre chose (les gens qui se recyclent dans l’alternative sont souvent des bobos, autre culture). Et le salaire, le gain d’argent est une réponse symbolique à leur réussite, et elle s’exprime par des signes extérieurs de richesse : de grosses bagnoles qu’il faut payer (difficilement) durant 48 mois. Les travailleurs sont ambivalents sur les aides sociales : c’est un acquis pour lequel on a cotisé, mais à condition de n’en « profiter » que le temps nécessaire. Et les autres, ils exagèrent. Par ailleurs les travailleurs sont les premières victimes de l’hyper-consommation entamée depuis les années ’60. Ils sont dans l’addiction et ne conçoivent pas d’en être privés. L’écologie (éco-taxes, interdictions, autres normes et enchérissement des produits) perturbe cette addiction. En ce sens, la fin du mois fait clash avec l’écologie depuis le début (années ’70). La propagande des gouvernants fait réponse à cette demande. Mais, comme dit Jorion, en taisant que l’emploi est une fausse promesse et même un bien qui disparait et en taisant que cela crée des problèmes qui divisent les travailleurs (les patrons charbonniers ont fait venir les italiens pour les exploiter à moindre salaire alors que la main d’oeuvre manquait dans nos régions après-guerre et donnait un rapport de force favorable aux mineurs, mais le travail ne manquait pas alors).
      Cette idée de Metzl que la division de la classe en hiérarchie « blancs/immigrés » est entretenue par le système pour REGNER (même avec Marine Le Pen s’il le faut), est en train de se vérifier, et nous manquons d’armes et d’idées pour renverser la vapeur, dire qu’on « se trompe d’ennemi ». C’est à creuser.

  5. Vous pouvez profiter de ce changement en pluriel « les effondrements », en effet assommoir, Par exemple Commencer par le réchauffement bien drue pour les mettre dans le bain –finance– politique – vivant- votre vie qui s’effondre.
    Ils en auront pour leurs déplacements :/

  6. Une vidéo très forte : merci Paul !
    La phrase de conclusion a un fort impact pour moi. Je suis né sept ans après la fin de la IIe Guerre mondiale. Adolescent, ça faisait donc à peine vingt ans que cette terrible période était achevée… Un jeune de 30 ou 40 ans peut trouver que deux décennies ce n’est pas rien, mais vous verrez, jeunes lecteurs, le temps passe si vite, le temps subjectif se raccourcit. Adolescent, j’ai découvert les images de l’extermination des Juifs et en particulier grâce à « Nuit et Brouillard ». Devenu jeune adulte, je pensais que je vivais désormais dans un monde où le meurtre de masse dans des usines était un cauchemar du passé, que le progrès était irréversible.
    Et puis j’ai vu avec sidération et effroi arriver les négationnistes : les Le Pen, Faurisson et autres inqualifiables personnages. Je verrai au début du XXIe siècle une invention fantastique, l’Internet, permettre d’amplifier cette abominable idéologie. Comme pour permettre de refaire de exterminations de masse. Songez-y : la victoire posthume des Nazis est de continuer à faire accroire que les Allemands juifs (et pour beaucoup qui ne se sentaient même plus comme tels, autrement que dans un héritage culturel [cf. « LTI » de V. Klemperer] n’étaient pas des Allemands, tout simplement. Ce fait prouve que nous sommes tous éligibles, nous qui ne sommes pas des premiers de cordées, nous qui ne sommes pas dans la compétition de tous contre tous, nous qui ne sommes « rien » ─ éligibles à l’extermination.
    Oui, se réveiller, reprendre le pouvoir, c’est une question de survie ! Mais comment réveiller des zombies à smartphones et à écouteurs ? (Voir la précédente courte vidéo de Paul Jorion.)

    1. @Jacques Seignan

      Très bon livre de l’historienne Annette Wieviorka sur la transmission de la mémoire de la Shoah:
      https://journals.openedition.org/questionsdecommunication/5776

      « Enfin, l’auteure s’interroge sur l’impact d’une visite au musée d’Auschwitz-Birkenau. On peut le visiter pour diverses raisons : filiation familiale, appartenance à une communauté menacée et donc internée. D’un point de vue politique, on peut chercher à véhiculer des messages (devant les caméras), et pour répondre à un objectif pédagogique, expliquer la barbarie à des classes de lycéens. Or, pour avoir participé à plusieurs de ces voyages – dont le premier organisé en France en 1988 – l’historienne pense que le choc et la prise de conscience sont minimes, voire inexistants, tant les propos des lycéens sonnent creux à ses oreilles. Les discours et gestes polis de ces derniers correspondent à ce que les adultes en attendent et ne font que répéter ce que les aînés ont dit. Selon Annette Wieviorka, le lieu ne les toucherait pas réellement. »

      Cette recension est courte mais j’ai le souvenir que dans le livre la question des zombies à smartphone est évoquée. J’ai ressenti des impressions similaires à chaque fois que j’ai fait visiter les champs de bataille et les cimetières de la Grande Guerre à des scolaires.

      1. Ma nièce est allée à Auschiwitz avec sa classe de terminale, elle en est dégoûtée par ce qu’elle y a vu : les gens se prenaient en selfie dans l’enceinte du camp, l’atmosphère générale ressemble plus à celle d’un site touristique qu’à celle d’un lieu de mémoire où l’on se recueille. Quand Paul évoque les gens qui se baladent ou courent avec des écouteurs et n’entendent plus le chant des oiseaux, c’est un même phénomène de déréalisation du monde qui est à l’oeuvre. On ne pas interdire aux gens de courir avec des écouteurs, mais à Auschiwitz un minimum de code de bonne conduite s’impose. Les baladeurs, smartphones et autres appareils photos devraient être déposée à l’entrée, pour marquer au moins une rupture symbolique.

      2. @Pierre-Yves Dambrine(21/5 à 9h39)
        Je confirme hélas les dires de votre nièce… (2018)Quel désastre.. Et dire qu’on (est obligé de) s’inscrire(et payer à l’avance..) via internet … Un problème de gestion de « files d’attentes »….ou de « rentabilité »….
        « La rentabilité n’a aucun sens dans ce cas d’histoire » me direz-vous…. Hélas à nouveau..il semble que ce soit « le prix à payer » pour conserver vaguement intact ce souvenir impérissable pour l’humanité toute entière…
        Un rappel de mon meilleur ami polonais… fervent patriote comme il se doit, et intelligent et cultivé(musicien pro et accordeur d’orgue…) « La Pologne, en tout cas les polonais de l’époque n’ont rien à voir avec les camps nazis.. c’est bien triste qu’ils nous en aient imposé la construction pas trop loin de leur frontière sur notre territoire.. »
        Rappelez-vous le coup des « religieuses » et de la « croix » plantée quasi à l’entrée du camp…
        Qu’ajouter..

  7. 400 ingénieurs signent une carte blanche pour dire que si on ne change pas de système en faisant disparaitre ce consumérisme effréné, on va droit au mur et que l’innovation technologique n’y pourra rien changer : https://www.lalibre.be/debats/opinions/l-illusion-techno-optimiste-reponse-a-corentin-de-salle-et-damien-ernst-5cd44d85d8ad586a5a0a2772

    Réponse affligeante de ceux à qui les ingénieurs s’adressent :

    https://www.levif.be/actualite/belgique/sortir-du-pessimisme-ecologique-reponse-aux-400-ingenieurs/article-opinion-1139477.html
    Un bel exemple de « messe » de la religion de la « pseudo-science » économique :

    « Le désaccord porte en réalité sur le point suivant : c’est, disent-ils, « le système consumériste qu’il faut remettre en cause afin de réduire la production de biens et d’énergie pour se recentrer sur ce qui est vraiment essentiel à notre confort de vie ». … c’est à chaque individu qu’il appartient de tracer la frontière entre ce qui lui est nécessaire et superflu. Notre thèse est qu’il est dangereux et contreproductif de contraindre les gens à consommer moins ….. La croissance économique est, il est vrai, la cause historique de l’aggravation de la pollution mais elle en est surtout la solution.  »
    Si on laisse l’humain en roue libre, on voit bien ce que ça donne : destruction, accumulation des richesses, etc

    « contrairement à ce qu’on affirme souvent, la croissance n’est pas en elle-même sa propre fin, une volonté d’accumuler pour accumuler »
    Ce qui est contredit dans les faits, vu l’accaparement et l’accumulation des richesses par une minorité au détriment de la majorité.

    « Ce que ces ingénieurs oublient, c’est que le mécanisme des prix dans une économie libre est le meilleur régulateur. »
    Ils devraient lire Paul Jorion, ils comprendraient peut-être mieux la formation réelle des prix et le fonctionnement du marché….ah oui c’est vrai, ça contredirait le dogme de leur religion économique…

    « …tourner le dos à la croissance, comme nous y invitent certains, est le moyen le plus rapide et le plus sûr de nous conduire à la pénurie et aux conflits dans un monde de 8 milliards de personnes. Les premières victimes en seraient les populations du tiers monde … »
    Oh comme c’est gentil, ils pensent aux populations du tiers-monde….on doit rire ou pleurer face à ça ? Quand on sait comment le capitalisme voit réellement ces populations, càd une main d’oeuvre bon marché exploitable à merci ?

    Franchement désespérant de lire des choses pareilles, heureusement, nous avons « Le seul Blog optimiste du monde occidental » pour nous remonter le moral et nous encourager à continuer à lutter contre ça…

  8. Au final, la quasi-totalité des discours actuels concernant les dégâts infligés à la planète, par les puissants, les riches, se ressemblent en ce qu’ils font l’impasse sur la dimension psycho-pathologique des ces agissements. Mettre en avant le seul supposé cynisme de ceux-ci est à mon sens, très insuffisant, parce qu’il s’arrête aux apparences. Mais derrière ce cynisme, comment pourrait-on totalement ignorer que se cache une radicale impuissance à agir autrement ?
    La boulimie ne consiste pas uniquement dans le fait de se gaver de nourriture, sans pouvoir trouver un frein à cette pulsion de dévoration. Symboliquement parlant, elle est le symptôme de tout individu qui n’arrive pas à trouver de satisfaction dans le simple fait de vivre. A qui il faut sans cesse de nouvelles compensations, de nouveaux dérivatifs pour combler quelque chose comme le néant de son être. Pour combler un manque. Et le cercle vicieux s’installe car le gouffre à combler est toujours renaissant.
    De s’obstiner à considérer les riches comme de vilains cyniques qui s’en tireront toujours, c’est rester aveugle sur le fait qu’en pillant boulimiquement la planète, c’est également leur propre tombe qu’ils creusent avec leur dents. Exactement comme le « boulimique lambda » qui au final, n’en a que faire de prolonger indéfiniment une vie, serait-ce la sienne, qui n’a plus de sens.

    Les riches symboliquement boulimiques n’en ont rien à faire de préserver la santé de la planète et la vie en générale.
    Et est-on vraiment certain que la santé de leurs enfants (et a fortiori de leurs petits enfants…) leur importe vraiment ? J’en doute fort. Le fait d’éprouver de la compassion pour ses enfants n’est pas forcément quelque chose qui va de soi. Quand elle n’est pas canalisée, quand elle n’est pu l’être pour différentes raisons, la pulsion est la plus forte. Elle emporte tout sur son passage…
    Alors… qui est prêt à se pencher un peu plus sérieusement sur la pathologie des riches ?? (dans la neutralité, car… il est un peu facile de les considérer comme les éternels « méchants »…).

  9. Bonjour
    je le redis, beaucoup de gens ne pensent pas que le capitalisme est à l’agonie, certains diront qu’il mute, se transforme , se déplace (il s’efface chez nous, mais se dévelloppe en Asie). il y a plusieurs écoles…..
    Je pense , mais c’est mon point de vue, que le capitalisme a atteint son stade sénile, il est en crise chronique permanente, je rejoins la dessus plus Paul Jorion, mais nous sommes peu nombreux.
    Sur le travail idem, souvenons nous des débats sur la crise du travail des années 80/90, le groupe krisis « Manifeste contre le travail », depuis ces débats son marginalisé.

  10. …/… c’est pas clair qu’il y ait une convergence de fait dans leurs revendications …/…

    Voici quelques extraits des attendus du « Vrai débat » organisé par des Gilets jaunes.
    https://www.le-vrai-debat.fr/wp-content/uploads/2019/04/top_100_traite-1.pdf

    4. Des revendications écologiques très présentes
    Contrairement à l’opposition rebattue entre « fin du mois » et « fin du monde », on observe une aspiration forte à la préservation de l’environnement, souvent conçu comme un bien commun de toute l’humanité.
    Interdiction de l’emploi du glyphosate ; soutien à l’agriculture bio ; sanction pour les entreprises pollueuses ; circuits courts ; interdiction des emballages non recyclables ou non biodégradables; stopper le projet minier « Montagne d’or » en Guyane (une des rares propositions qui concerne les DOM).
    **********
    Ces revendications récurrentes et significatives sont porteuses, dans les domaines concernés, d’une vision renouvelée de la société et du fonctionnement politique. Elles sont réalistes, au sens où elles s’accompagnent d’un souci constant de faire apparaître les possibilités de leur financement (voir notamment §3, justice fiscale).
    Elles indiquent des sentiments essentiellement constructifs : la colère qui s’exprime lorsque sont évoqués privilèges, injustices et fraudes sert ici à penser des solutions de transformation.
    **********
    6. Écologie et politique énergétique (4 % du corpus)
    La demande de construction de nouvelles centrales nucléaires pour « permettre la transition l’électrique » et l’envoi des déchets radioactifs dans l’espace essuient un refus sans appel (90 %) tout comme l’exploitation du gaz de schiste. La sensibilité écologiste s’exprime ici pleinement.

  11. Ce même 21 mai, il y a 148 années, débutait l’écrasement de la Commune de Paris; elle était le germe de nombreuses avancées sociales et également un autre type d’organisation de la représentation du peuple.
    Le gouvernement ‘légal’ de l’époque ne s’est pas contenté d’utiliser des LBD ou des grenades lacrymogènes, mais bien des armes létales tels que fusils Chassepot, canons et mitrailleuses : 30000 citoyens parisiens y laisseront la vie.

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