Archives de catégorie : Brexit

Le revirement de Mme May

Theresa May n’envisage plus qu’une extension du Brexit à la fin juin. L’éventualité que le Royaume-Uni soit obligé quand même d’organiser des élections européennes ayant fait péter les plombs de certains des membres de son gouvernement, elle a dû faire machine-arrière quant à la proposition d’un report de 21 mois.

L’ennui, c’est qu’en faisant cela elle sape de fait l’engagement pris la semaine dernière qu’il n’y aurait pas de « no-deal » Brexit, de divorce sans accord, faisant péter les plombs d’autres membres de son gouvernement. Sans même parler des partis d’opposition.

Affaire à suivre donc 😀

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Faisons le point, le 17 mars 2019 – Retranscription

Retranscription de Faisons le point, le 17 mars 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le dimanche 17 mars 2019 et mon exposé va s’intituler « Faisons le point ». 

Mais avant, si vous êtes à Lille, demain, le 18, à 18 h, venez écouter Bruno Colmant, le fameux économiste belge, et Paul Jorion. Nous débattrons à 18 h à La Catho sur le sujet – on nous avait demandé de le déterminer il y a longtemps, alors nous n’avons pris aucun risque. On avait appelé ça « 2019, l’année de tous les dangers ». Vous voyez, cela s’avère très très approprié. Alors, à 18 h. Il faut s’inscrire. Si vous n’êtes pas inscrit, au 60, Bd Vauban. Il y a quand même une entrée à droite qui s’appelle « Visiteurs » et on vous laissera quand même entrer si vous vous enregistrez. Voilà. 

Faisons le point. Il sera question d’effondrement, de collapsologie. Il sera question essentiellement des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la France et de la Nouvelle-Zélande. Les thèmes sont légèrement différents. Etats-Unis : la paralysie. Royaume-Uni : l’ingouvernabilité. La France : la polarisation qui monte, qui monte, qui monte. Et enfin, le drame de la Nouvelle-Zélande, la guerre de religions entre ce qui reste de la chrétienté – j’aurai pas mal de choses à dire là-dessus – et le monde musulman. 

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John Bercow a cessé de faire rire

Même si vous ne suivez pas les séances du parlement britannique (comme je le fais ces temps derniers pour vous en informer ici) vous savez sans doute que John Bercow en est le Président. Circulent en effet sur l’Internet de petites vidéos où on le voit répéter en boucle « Ôôôôrder ! », ses rappels à l’ordre très hauts en couleur à l’intention de ses collègues parlementaires et où on peut admirer ses cravates très hautes en couleur elles aussi.

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Les parlementaires britanniques rejettent l’option d’un Brexit sans accord

Mme Yvette Cooper, Travailliste, relance au bond un amendement Conservateur. Vous n’ignorez pas qu’elle bénéficie (ce qui l’aide sans doute 😉 ) de toute mon admiration.

Vous la voyez ici, le 27 février.

Commentaire à l’instant de Laura Kuenssberg‏ commentatrice politique de la BBC :

Traduction : « … franchement les choses sont tellement chaotiques que tout ceci pourrait imploser accidentellement. »

Demain, vote sur un report de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, prévue à l’heure qu’il est le 29 mars.

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Brexit : c’est entre aujourd’hui et demain que ça passe ou ça casse

J’ai suivi le débat en direct.

Jeremy Corbyn, leader des Travaillistes : le Parlement devrait reprendre le pouvoir (autrement dit « remettre la question entièrement à plat ») et dire Non à la Premier ministre.

Le représentant du Parti nationaliste écossais, indépendantiste, Ian Blackford, réaffirme leur opposition au Brexit. Son fils a vécu en Europe (« le Continent ») : « Nous volons des opportunités à nos enfants ». Il reproche à la Premier ministre de rire quand il dit ça. Il réclame un nouveau referendum

Laura Hughes, du DUP (Democratic Unionist Party), protestant d’Irlande du Nord, ne soutiendra pas Theresa May.

Défaite majeure à nouveau pour la Premier ministre : 391 votes contre 242. Au mieux, elle espérait une défaite de 20 votes au plus. Ce soir, c’est 149.

Jeremy Corbyn, pour le Parti travailliste, déclare que la Premier ministre a perdu la confiance de la nation et doit appeler à de nouvelles élections.

Petite remarque : j’ai trouvé toutes les interventions excellentes, celles en faveur du Brexit aussi bien que celles contre, on est loin de l’allure de petites frappes qui caractérise ces jours-ci certains parlementaires américains Républicains. Malheureusement ce splendide sens de l’État de ces représentants du peuple britannique ne semble pas protéger leur nation davantage que les États-Unis de l’ingouvernabilité dans laquelle elle sombre.

Dans son discours de clôture Theresa May évoque trois possibilités à débattre demain et jeudi : accepter la possibilité d’une sortie de l’UE en l’absence d’accord (« no deal »), un report de la sortie le 29 mars ou … un nouveau referendum.

La Premier ministre reprendra jeudi la proposition de la Travailliste Yvette Cooper de limiter les dégâts en reportant l’application de l’article 50 de sortie de l’Union européenne.

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Retranscription de L’embourbement, le 30 janvier 2019

Retranscription de L’embourbement, le 30 janvier 2019.

Bonjour, 

Nous sommes le mercredi 30 janvier 2019 et, aujourd’hui, un exposé dont le titre sera « L’embourbement ». Je vous parlerai essentiellement de 3 grands pays : de la France, du Royaume-Uni et des Etats-Unis d’Amérique. 

Je vais commencer par autre chose. Je vais commencer par vous parler de ce compte-rendu, de la traduction en allemand, de « Le dernier qui s’en va éteint la lumière ». C’est paru dans une revue allemande qui s’appelle « Rubikon », le Rubicon, qui est une revue de gauche. J’ai lu avec attention ce long compte-rendu non pas pour essayer d’apprendre des choses – j’ai écrit le livre moi-même – mais pour voir comment il est perçu, comment le lecteur lit ce qu’il lit. J’ai été relativement surpris quand même parce que, de la même manière que quand j’avais fait une émission qui s’appelait « Sciences critiques » et où le titre qui avait été mis par la personne qui m’interrogeait était « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie », qui n’était pas une chose que j’ai dite, je n’ai pas le souvenir d’avoir dit ça mais c’était la conclusion que la personne qui m’interrogeait avait tirée de ce que je dis et en avait fait le titre. C’était bien vu, au point que j’en ai fait, moi, le titre d’un recueil de chroniques parues dans différents magasines et, en particulier, dans le journal « Le Monde ». 

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Le « backstop » irlandais, kèzako ?

Sur le Brexit, et la chose qui a achoppé hier à la Chambre des Communes : le « backstop » irlandais, que les journaux tentent de vous expliquer aujourd’hui, je vous rappelle que je vous en ai informé dès le vote du referendum du Brexit.

Le Monde / L’Écho – Les Britanniques peuvent-ils vraiment se passer du continent ? le 11 avril 2017 :

La procédure chirurgicale de sortie de l’UE est-elle seulement envisageable ? Le risque de complications est infini. L’Écosse entend demeurer dans l’UE et voit dans un vote d’indépendance – après celui de 2014 où les séparatistes recueillirent 44% des votes – le moyen de s’y maintenir. Une telle amputation du Royaume-Uni marquerait bien sûr sa fin. Le Brexit réintroduirait aussi une frontière « dure » entre l’Irlande et l’Ulster, tragique pas en arrière si l’on pense au sang versé avant d’atteindre la paix en Irlande du Nord.

Trends – Tendances, Brexit et Catalogne : quelle est la taille idéale de l’« entre soi » ?, le 30 novembre 2017 :

Mais le nuage le plus menaçant aujourd’hui était évident avant même que ne soit lancé le referendum : le statut de la frontière entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande. L’absence de frontière dure entre les deux fut consacrée par l’Accord du Vendredi saint de 1998, accord passé à l’époque entre deux composantes de l’Union européenne. Le retrait hors de celle-ci du Royaume-Uni remettrait l’accord en question et obligerait à redéfinir une frontière « dure » à un endroit ou un autre : soit entre les deux Irlandes, soit entre l’île entière et la Grande-Bretagne. Et sur ce point, le désaccord est absolu, la République d’Irlande mettant son veto à la première option, et le Royaume-Uni, à la seconde.

Le navire sombre de la fière Albion, le 16 novembre 2018 – Retranscription :

Zizanie absolument totale. Elle était prévisible, c’est pour ça que j’en ai parlé dès le vote en disant que ce Brexit était impossible, en réalité, à mettre en œuvre. Parce qu’il allait produire des catastrophes d’ordre économique : trop d’imbrication, trop d’implication du Royaume-Uni dans l’Union Européenne. Et surtout, facteur que j’ai mentionné immédiatement – et j’ai peut-être un certain mérite à l’avoir mentionné immédiatement parce que ce n’est venu dans les discussions qu’un peu plus tard (6 mois…, un an plus tard) mais c’est revenu au centre des discussions – remettre en question l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union Européenne, c’était remettre en question le statut de l’Irlande, et en particulier l’absence de frontière dure, en ce moment, entre l’Irlande du Nord, qui faisait partie (sous le nom d’Ulster) du Royaume-Uni (et en fait toujours partie) et de l’Irlande, qui a obtenu, dans une guerre de libération, son indépendance – une partie, la partie inférieure, la partie la plus importante, la partie sud [de l’île] d’Irlande. On a fait disparaître la frontière de fait entre les deux : il n’y a plus de contrôle. C’est comme à l’intérieur, voilà, de la zone de Schengen, et cela a mis fin à une guerre d’indépendance, à une guerre civile dans la partie nord. Pourquoi guerre civile dans la partie nord ? Parce que les catholiques, qui étaient en majorité dans les provinces du Sud, ce qui avait permis de créer une république irlandaise – sous forte influence de l’église catholique, à l’époque. Dans la partie nord, il y avait une majorité – et c’est encore le cas, mais ça va basculer rapidement pour des raisons démographiques – il y avait majorité de protestants. D’où venaient ces protestants ? C’était essentiellement des colons venus d’Écosse, ce n’est pas des gens qui étaient en Irlande depuis des temps immémoriaux. C’étaient des gens qui, si je me souviens bien, au cours des 17°, 18°, 19° siècles, étaient venus s’installer là, avec leur religion d’origine qui était le protestantisme, et leur allégeance – bien manifestée dans leurs manifestations – à la Maison d’Orange, une référence à l’époque où un roi, Guillaume, a été à la fois roi d’Angleterre et des Pays Bas, ? de là ? appartenant à la Maison d’Orange – la ville bien connue du midi de la France.

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L’embourbement

France – Royaume-Uni – États-Unis

Rubikon, Avant l’extinction, le 26 janvier 2019

Place Publique – Morbihan, jeudi 31 janvier à 18h

Gilets jaunes à Commercy, le 27 janvier 2019

Le Brexit en direct, 29 janvier 2019

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Le Brexit en direct

Je regarde bien entendu en direct le nouveau débat à la Chambre des Communes sur le Brexit.

Plusieurs amendements visant à sauver la situation échouent lamentablement.

Extrait d’un article récent :

The Digital Maginot Line

November 28, 2018 By Renee DiResta

« Certains trolls sont parrainés par l’État, ils déstabilisent la société dans certains pays et rendent dans d’autres tous les canaux d’information inutilisables, à l’exception des médias publics. Ils opèrent selon les souhaits des dirigeants, souvent par le biais de bureaux militaires ou du renseignement. […] D’autres fois, les trolls dépassent les frontières pour manipuler la politique à l’étranger, comme ce fut le cas avec le Brexit et l’élection présidentielle américaine de 2016. […]

Les combattants de la guerre de l’information visent sans aucun doute le changement de régime : il est raisonnablement permis de soupçonner qu’ils ont réussi dans quelques cas (Brexit) … »

Si l’on prend cet article au sérieux, le Royaume-Uni pourrait décréter qu’une part substantielle (« material  ») du vote Leave est la conséquence d’un « acte de de guerre ».

Le Premier ministre n’a pas gagné mais elle n’a pas été défaite. Elle tire la conclusion du débat que le « no-deal » est unanimement rejeté mais souligne qu’il ne suffit pas de le dire, il faut encore s’assurer que ce ne soit pas le cas. Elle a mandat pour renégocier avec Bruxelles mais on ne sait pas quoi ni comment.

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