Les attitudes possibles devant la menace d’extinction (III.a.) La frugalité individuelle

Ouvert aux commentaires. Rappel : options I et II I. Déni de l’extinction II. Acceptation de l’extinction III. Malthusianisme III.a.…

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33 réflexions sur « Les attitudes possibles devant la menace d’extinction (III.a.) La frugalité individuelle »

  1. Bonjour Paul. En guise de provocation bienveillante à ton égard, je te pose cette question : ton oubli de citer la frugalité collective est-il de la mauvaise foi criante à l’égard du mouvement de la décroissance ?
    Ou alors c’est pour le prochain billet ?

    😉

    1. Sorry je suis un peu abrupt, c’est parce que j’en ai assez qu’on caricature le mouvement de la décroissance et que le mot « malthusien » utilisé comme péjoratif m’exaspère. Comme si l’autorégulation et la régulation n’étaient pas partie intégrante de la vie, de l’humanité et de la politique. A nouveau c’est l’idée de limite qui est tournée en dérision. Peut-être n’était-ce pas l’intention ici. Le focus sur la « frugalité individuelle » me semble rester dans une logique néolibérale (« there is no such thing as society » de Tatcher) notoirement invalidée par les faits anthropologiques, sociologiques, politiques, comme tu le soulignes.
      Mais jamais le mouvement de la décroissante n’a été individualiste et naïf sur le caractère nécessaire social, normatif, institutionnel, structurel, de toute « métamorphose ».

      Bref, je serais très heureux que figure dans ton inventaire des thèses, la thèse de la frugalité collective.
      (car à mon sens, c’est la clef, désirable, démocratique, éthique, libérale, sociale, écologique, etc.)

      On ne deviendra une véritable Humanité que lorsque nous serons capables de nous auto-limiter démocratiquement, collectivement, de manière autonome.

      Je ne crois pas personnellement que le post ou transhumanisme consistant à passer le relais à nos successeurs artificiels ou semi-artificiels ou biologiques, permettent d’une quelconque manière de résoudre la question de l’auto-limitation, inéluctable, même pour des machines héritières de nous.

      1. Sous ma plume, malthusianisme n’est pas péjoratif ! C’est un autre mot pour « respecter la capacité de charge de l’espèce par rapport à son environnement ».

        Tu l’auras deviné, le thème de l’ouvrage que Vincent et moi terminons c’est « Être sage et débrouillard ne nous sauvera pas. Qu’est-ce qui a encore une chance de sauver la mise ? » Nous vexerons sûrement des gens de bonne volonté. Leur seul tort : ne pas arriver à convaincre chacun 10.000 de leurs voisins (à partir du nombre pour les Quakers).

    2. Cédric, tu sais que je n’aime pas être cruel, même accidentellement ! Quand je vivais aux États-Unis, j’étais très proche des Quakers. Jusqu’aux années 1970, les seuls (à part les ordres monacaux) à prôner la frugalité volontaire. Ils sont 80.000 en ce moment, soit 2 dix millièmes de la population US.

      Je n’ai pas les chiffres pour le mouvement pour la décroissance, sois gentil de me les transmettre. Si tu ne me les communiques pas, j’en tirerai la conclusion que toi aussi tu crains la cruauté involontaire.

      1. Je peux te communiquer ces chiffres-ci : 90% des gens en Europe respectent les limitations de vitesse à +-10% de la valeur nominale de la limite de vitesse. C’est ça, la frugalité collective et ce que j’entends par décroissance portée au niveau de la collectivité, soit l’Etat. C’est ce mécanisme-là qu’il faut activer d’urgence : la puissance de la multitude incarnée dans l’Etat, auquel le peuple souverain a prêté son pouvoir, et auquel chaque individu se soumet en retour, par contrat social, par le bras contraignant de l’Etat au besoin.

        Autre exemple mythologique : Ulysse vs les sirènes. Ulysse demande à être enchaîné au mat du navire et les marins demandent à ce qu’on coule de la cire dans leurs oreilles.
        A quand une population qui demande à ne plus être soumise à la publicité omniprésente ? Et que cette volonté soit sanctionnée au niveau de l’Etat ?

        Donc il faut sortir de l’exemple des Quackers et des individus décroissants, et plutôt prendre l’exemple de Roosevelt : il a imposé démocratiquement, avec les autres élus, une décroissance à l’ensemble du peuple américain, pour toute une série de productions et de consommations. Un taux d’imposition marginal à 90% sur les revenus, une excess profit tax sur les entreprises, l’interdiction pure et simple de la production et de la vente de certains biens (dits de luxe), etc. etc.

        Il faut que les citoyens portent au pouvoir un gouvernement « quacker » et acceptent de se soumettre aux décisions de cet Etat.

        Il faut donc clairement des citoyens autonomes au sens de Castoriadis : capables de se fixer à eux-mêmes leurs propres lois. Non pas naïvement comme les Quackers et les décroissants individuels, en espérant que chaque individu les imitent vertueusement, mais via l’institution de la vertu par la norme collective sanctionnée par l’Etat et ses lois. Ulysse et les sirènes.

        Donc le scénario : frugalité collective.

      2. « 90% des gens en Europe respectent les limitations de vitesse à +-10% de la valeur nominale de la limite de vitesse. C’est ça, la frugalité collective »

        Ah d’accord, moi j’appelais ça la Loi.

      3. Je donne toujours l’exemple de la suppression des sacs de caisse. On en a parlé, on a milité, et finalement cela a basculé un peu par la loi, beaucoup par les commerçants qui y avaient leur intérêt aussi (grandes surfaces). Et l’exemple de l’arrêt devant les passages cloutés où un passant demande le passage. C’était improbable et c’est adopté presque partout. Puis il y a eu les papiers non blanchis, recyclés, etc. et les bois issus de forêts gérées etc. Bref un comportement vertueux collectif est possible, pour autant que la restriction de confort soit limitée. Pour aller plus loin, il faut un dirigeant courageux et très légitime…

  2. Et si on ne parvient pas à un gouvernement démocratique de type « Rooseveltien », on aura la dictature ou le totalitarisme néolibéral. Pas besoin d’avoir 100% d’adhésion, 51% ou 66% (pour modifier la constitution) suffisent.
    Aucune dictature à mon sens ne parviendra à effectuer la transition écologique.
    Donc la minorité agissante doit devenir hégémonique et convaincre le ventre mou de voter pour des partis « rooseveltiens ». Et on doit avoir une autre trempe de politiques qui acceptent de prendre les mesures nécessaires : interdire les SUV, interdire le diesel à terme, taxer le carbone, créer des assemblées citoyennes dotées de pouvoirs constitutionnels en complément (démocratie semi-directe à la suisse), rationner les vols en avion, etc.

    Si on sait faire ça pour la vitesse sur les routes (décroissance collective de la vitesse érigée en loi, en norme sociale et en institution, avec bras sanctionnateur : Etat et gendarmerie), en restant en démocratie, on peut le faire pour tout le reste.

    1. Corbyn a essayé au UK. Les citoyens n’ont pas voté assez pour lui. Ocasio-Cortez voudrait le faire mais elle est trop jeune pour la présidentielle US. Le labour australien avait aussi des ambitions, mais a perdu contre la Coalition climatonégationniste.
      Donc la clef réside au niveau de l’électeur : il doit sanctionner favorablement un programme politique rooseveltien.

      (et non croissantiste, à l’inverse de Roosevelt, là Ocasio-Cortez doit faire gaffe à son Green New Deal)

  3. Merci Paul. Oui je ne sais pas si « frugalité collective » est la bonne expression, c’est plus pour sortir la frugalité de l’individualisme que j’écris ça à chaud. J’essaie de reformuler ma première impression. Evidemment ça ne vaut qu’a priori sur le contenu que tu nous as déjà envoyé.

    « III. Malthusianisme
    III.a. La frugalité individuelle
    III.b. L’eugénisme
    III.c. L’exterminisme »

    Si le chapitre « Malthusianisme » s’arrête-là, son inventaire logique est selon moi non exhaustif. On peut « respecter la capacité de charge de l’espèce par rapport à son environnement » autrement que par la « frugalité individuelle », « l’eugénisme » et/ou « l’exterminisme » : notamment par la « frugalité collective », au sens de « frugalité » = façon de vivre simple et sobre et de « collectif » = passant par les institutions, normes, lois, etc. soit l’Etat. L’Etat impose (démocratiquement) à tous les citoyens la frugalité, et non des citoyens (infiniment minoritaires) choisissent la frugalité pour eux-mêmes alors que la majorité s’en fout.

    Pour moi le mot « Loi » n’égale pas « frugalité collective » car il ne comprend pas le sens de « frugalité » même s’il comprend le sens de « limite collective ». Je pense que le cadre légal actuel ne fournit pas les lois qui limitent effectivement l’activité humaine pour « respecter la capacité de charge de l’espèce par rapport à son environnement ». Il y a plein de limites collectives en tout genre, mais très peu qui limitent effectivement l’empreinte écologique collective en auto-contraignant à la fois les individus et le collectif.

    1. Je suis d’accord : on aimerait bien pouvoir résoudre le problème de l’extinction « entre nous » sans se préoccuper de « structures », d’États, etc. Ce serait super-sympa, je n’en doute pas une seule seconde.

      MAIS j’ai travaillé dans de TRÈS grosse banques, j’ai été (gaspation !) fonctionnaire des Nations-Unies, et PIRE que cela ENCORE … j’ai été formé par d’excellents professeurs comme anthropologue et sociologue et je sais que (si vous avez vu Interstellar, pensez à LA vague), il y a quelque chose que j’ai appelé Le soliton il y a quelques années (environnement, économie prédatrice et théorie économique à mettre aux chiottes, complexité qui nous dépasse), qui fait que nos petites courgettes sur le balcon et nos petits vélos, nos petits avions que nous ne prendrons pas (après avoir pesé le pour et le contre) … comptent pour du beurre. Et qu’il faut de VRAIES solutions. Because le facteur d’échelle dont tous les braves gens n’ont aucune notion !

  4. Je ressens la même frustration que Cedric dans votre discours et depuis plus longtemps que ce billet. L’exemple des Quakers ne constitue pas une demonstration, même si elle n’incline pas à l’optimisme. Je crois beaucoup plus en Mlle Occasio Cortez qu’en Corbyn même s’il ne sont pas comparables ne serait ce que parcel’une est inspirante, l’autre non hélas pour lui.
    On est désolé du résultat en Grande Bretagne mais ça partait très mal pour le labour, leur dernier congrès il y a deux mois etait décrit comme catastrophique.
    Pour en revenir à la discussion sur les possibilités de la frugalité collective tout dépend des processus d’émergence de la « masse critique »et de destruction des écosystèmes,l’un étant à priori une rétroaction négative face au premier.

    1. Arnaud, il est trop tard pour les voeux pieux que les gens voteront plus nombreux pour le Labour la prochaine fois (j’ai dû avoir ma carte du Labour entre 1974 et 1984 et il y a eu la mort des dinosaures entre-temps).

      Urgence : U-R-G-E-N-C-E !!!

  5. Tout en étant d’accord sur l’insuffisance du comportement IIIa, je me demande tout de même si certaines actions bien ciblées, pourvu qu’elles prennent suffisamment d’ampleur, ne pourraient pas parvenir à déclencher le meilleur moyen expérimenté à ce jour pour baisser les émissions de GES : une bonne crise économique modèle effondrement de l’URSS.

    Je songe à un boycott des viandes de ruminants, dont l’élevage est un très gros émetteur de méthane. En mettant brutalement cette filière par terre, avec tout ce qu’il y a en amont et en aval, est-ce qu’on n’aurait pas une chance de faire tomber une série de dominos, aboutissant à mettre en crise globale une économie mondiale qui est globalement plutôt fragile ?

    Cette action aurait l’intérêt de se combiner à des préoccupations de santé publique et de bien-être animal, et de sensibiliser les gouvernements à la nécessité de prévoir des dispositifs compensatoires pour les nombreuses branches d’activité qui seront mises en difficulté par les mesures de réduction des émissions de GES (quand on se décidera à en mettre en oeuvre).

    Qu’en pensez-vous? Voyez-vous d’autres pistes du même type ?

  6. À l’appui de l’insuffisance de la sobriété individuelle : vous pouvez lire « FAIRE SA PART ? POUVOIR ET RESPONSABILITÉ DES INDIVIDUS, DES ENTREPRISES ET DE L’ÉTAT FACE À L’URGENCE CLIMATIQUE » à l’adresse https://www.carbone4.com/wp-content/uploads/2019/06/Publication-Carbone-4-Faire-sa-part-pouvoir-responsabilite-climat.pdf

    Prenons de l’avance sur IIIc : en ordre de grandeur, les 10% les plus riches causent 50% des émissions de GES. On sait donc qui il faut, soit exterminer, soit ramener dans les 90% les moins riches. Ce ne serait d’ailleurs même pas suffisant pour stabiliser le climat au 21ème siècle, mais ce serait tout de même un bon début.

    Mais attention ! c’est au niveau mondial : êtes-vous bien sûr, cher lecteur européen de l’ouest, de ne pas être dans les 10 % ?

    1. Mais attention ! c’est au niveau mondial : êtes-vous bien sûr, cher lecteur européen de l’ouest, de ne pas être dans les 10 % ?

      Pour quelle raison ? Jenny Marx avait plein d’ronds et Friedrich Engels encore bien plus. Ça n’a pas empêché Karlo et Friedo de se mettre à la place des damnés de la terre !

      1. D’accord, cher Paul : vous avez droit à une dispense avec autorisation de prendre l’avion pour recevoir votre futur prix Nobel* à Stockholm, ayant assez donné pour les bonnes causes pour largement compenser vos émissions de GES, quelles qu’elles soient !

        * vous préférez la paix, la littérature ou le pas-tout-à-fait Nobel d’économie ?

  7. II.a.1 Le deuil privé de l’humanité (par anticipation bien entendu) s’identifie à une attitude stoïque s’il s’agit de l’aboutissement d’une réflexion approfondie à la lumière de la conclusion rationnellement atteinte…
    Ok je prends, avec « dissonance cognitive ».
    Ouf, je rentre dans une des cases du catalogue 😉
    Pourquoi cette-là ?
    -Ma profession, qui m’immerge dans le temps à la fois très long et très court de l’histoire de l’espèce et de ses nombreux aléas ayant pour conséquence un certain fatalisme sur notre destin.
    -Un reliquat d’éducation chrétienne (car tu es poussière et tu retourneras en poussière).

  8. Là, je crois qu’on est entrés dans un débat vraiment passionnant.
    Néanmoins, un mot m’a surpris dans le titre de ce dernier billet de Paul Jorion :
    « Les attitudes possibles »… Possibles !, pourquoi avoir dit possibles ?
    Cela sous-entendrait-il que, si nous allions voir du côté des « attitudes impossibles », eh bien peut-être, y aurait-il derrière la menace d’extinction, une « ouverture » ?!
    Par exemple, vous savez quoi, je ne l’aurais pas cru si on m’avait dit en 2018 qu’un jour…
    https://dyw7ncnq1en5l.cloudfront.net/news/14/144793/de016b53-le-pouvoir-de-la-jeunesse-le-time-choisit-greta-thunberg-comme-personnalite-de-l-annee-2019.jpeg

      1. Fake news ! Selon Aristote deux choses seulement peuvent être dites avec certitude sur l’avenir : de l’impossible, qu’il n’arrivera pas, et du nécessaire, qu’il aura lieu.

        Le possible arrivera ou non ; le contingent aura lieu ou pas.

      2. En effet, il était bon de rappeler qu’Aristote avait depuis longtemps parfaitement planté le décor.

        Aussi, en tant que cinéphile, vous vous souvenez certainement, Monsieur Jorion, du film Interstellar (film sur le rêve) de Christopher Nolan. Ainsi, l’histoire commence par un cauchemar. Cooper rêve que sa navette spatiale (à cause d’un ordre reçu…), tombe brusquement en panne. Impuissant, il se trouve dans l’impossibilité de redresser sa navette. Enfin la sensation de tomber (première d’une longue série de chutes), finit par provoquer son réveil.

        Et donc deux choses m’intéressent ici. La première est qu’il est certain que l’homme est dans l’impossibilité de voler par lui-même. La seconde est qu’il lui est nécessaire de « concevoir » une machine qui puisse le faire pour lui.
        En somme, nous avons l’impossibilité (de l’homme) incluse dans la possibilité (de la machine).

        J’en extrapole donc que l’impossible peut être absorbée par le possible tout en restant impossible. D’un point de vue cosmique, je trouve que ça ouvre de nouveaux horizons. Mais l’horizon, me direz-vous…

        L’horizon n’existe pas
        Pourtant l’avenir est là
        Une ouverture sur le monde
        Au-delà des courbes rondes
        –Julia Maguéro

  9. J’ai rêvé, ou pensé je ne sais plus trop la différence, que la France allait inventer l’embryon de la nouvelle civilisation. Avec toutes les nouveautés et plus encore Envers et contre tous avec un incroyable succès. Durant l’agonie. C’était une pensée très agréable.

  10. Un exemple de sobriété parmi tant d’autres: le covoiturage. J’apprends que la 3ème voix de circulation créée par les autorités belges entre Arlon et Sterpenich , en vue de fluidifier le trafic automobile vers le Grand-duché ( seuls les véhicules occupés par 3 passagers sont autorisés à emprunter cette nouvelle voie qui leur est spécialement dédiée), est un flop. Pourquoi? Le nombre important de voitures de sociétés en est selon moi une des causes principales: ce n’est pas en accordant de tels avantages en nature aux employés que ceux-ci seront incités à covoiturer, au contraire. On voudrait donc voulu atteindre collectivement un résultat par un changement d’attitude des individus sans pour autant supprimer l’avantage en nature qui leur est accordé personnellement? Qui pourrait donc être incité à covoiturer si la société qui l’emploie lui procure un véhicule personnel au titre d’avantages en nature? Cherchez l’erreur.

    1. la voiture de société, les chèques-cadeau, -brico, -resto, le teléphone,l’ordi, etc. : autant de trucs pernicieux qui vous donnent un salaire « dédié » et détaxé à vous et pas au commun des mortels qui ont des patrons aux moyens plus limités. ET qui sabotent la sécurité sociale, cad la solidarité entre travailleurs. Vous croyez que vous avez un privilège mais vous donnez votre cerveau, coeur et vie quotidienne à l’extinction.

      1. Chabian, vous prêchez un converti. Tant sur le plan personnel, sociétal, que sur le plan environnemental, c’est tout sauf positif bien sûr. Il y a une raison à cela bien sûr: la pression fiscale.
        Mais en amont, la fameuse compétitivité des entreprises et la sacro-sainte concurrence n’y sont pas étrangère, et comme…on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, les travailleurs sont séduits avec de la camelote…Résultat des courses: ils perdent leur temps sur les routes, polluent, et stressent à mort: comment leur expliquer cela?

  11. « 90% des gens en Europe respectent les limitations de vitesse à +-10% de la valeur nominale de la limite de vitesse. C’est ça, la frugalité collective » « Ah d’accord, moi j’appelais ça la Loi. »
    Oui c’est une loi, mais pourquoi Nicolas Sarkozy est arrivé à nous l’imposer, et ses prédécesseurs non ? parce que le temps a passé, qu’on se disait tous qu’en effet ça ne pouvait plus durer comme cela (il y a eu en 1972, le pic, 16545 morts sur les routes de France, une vrai guerre ), que chaque famille a eu un mort ou des blessés graves, alors un jour on se laisse imposer des restrictions justifiées, indispensables.
    Il se pourrait qu’il en soit de même pour la réorganisation radicale de la société telle que nous le souhaitons. Aujourd’hui c’est trop tôt, mais ça viendra et plus vite qu’on ne le pense. Les informations sont disponibles depuis 1972, le rapport Meadows du MIT « The Limits To Growth », le Club de Rome, puis 1974, la campagne de René Dumont, un verre d’eau à la main, assis jambes croisées sur son bureau, nous disant les yeux dans les yeux que cette eau serait un jour plus importante que le pétrole, puis il y a eu les rapports de l’ONU, du GIEC, etc.
    Dans un premier temps on est pas informé, dans un deuxième temps on est informé mais on y croit pas, c’est trop énorme, et puis on pense qu’on y échappera (aujourd’hui l’opinion majoritaire des personnes âgées…), puis, les catastrophes s’empilant de plus en plus vite, on commence à se faire du souci. Et un jour tout bascule, on passe de la négation et de l’inertie à la demande forte à l’état « de nous sauver ». L’état ne peut rien, coincé entre trop de dettes, les lobbies, et le chômage – la décroissance se traduit par 5 millions de chômeurs de plus et la guerre civile. Nos sociétés trop riches ne font de la pseudo croissance qu’en fabriquant et en vendant des choses inutiles que les gens achètent avec de l’argent qu’ils n’ont pas.
    Relisons ou lisons pour les plus jeunes « L’An 01 » de Gébé, le film est pas mal non plus. Et préparons l’après chaos avec enthousiasme ; de toutes façons ceux qui auront survécus seront tellement contents d’être encore là…

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