Les attitudes possibles devant la menace d’extinction (IV) Le progrès l’emportera

Ouvert aux commentaires. Rappel : acceptation ; frugalité ; eugénisme et exterminisme. IV. Le progrès l’emportera  Quatrième option : IV.…

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8 réflexions sur « Les attitudes possibles devant la menace d’extinction (IV) Le progrès l’emportera »

  1. Il y a 2 choses à prendre en compte, si tu mises sur la technologie et l’innovation  pour régler les questions d’ordre physique ( energie, ressource, pollution,  bref : capacité de charge du système TERRE )

    1 ) la première s’appelle le paradoxe de Jevons, et c’est une loi qui s’applique aussi implacablement que celle de la gravitation, dans notre système économique et politique actuel.

    En quelques mots :

    Au XIX, des inventions ont été apportées à la machine à vapeur, qui doublaient voir triplaient sont rendement.
     Logiquement,  les inventeurs ont imaginé que cela permettrait de diminuer la consommation de charbon.
    Hors c’est le contraire qui s’est produit :
    Non seulement cela a rendu l’achat de machines possible pour de nouveaux marchés,  mais en plus, cela a permis de brûler de nouveaux types de charbons.

    A partir de cet exemple, Jevons a mis en évidence que l’efficience technique conduit systématiquement à l’extension du champ où elle peut s’appliquer, ce qui dans une économie de marché correspond à une augmentation de l’activité en général.

    Quelques exemples actuel :

    Aujourd’hui,  si la voiture à 1l aux 100 était inventée,  cela couvrirait l’afrique de véhicules,  tandis qu’en Europe, la puissance des voitures serait augmentée pour des arguments de vente. Bilan en conso pétrole global, une augmentation.

    Le frigo des années 50 de 50 litres, mal isolé,  consommait beaucoup, certes, mais aujourd’hui,  notre Thomson classe A fait 300 litres, il est doublé d’un congélateur etc…

    Conséquences : un pays comme la France qui devraient voir sa conso elec baisser, augmente chaque année de 2% et plus…ce qui est exponentiel.

    Bref, la technologie sans régulation c’est open bar sur les ressources.

    2) Deuxième facteur à considérer c’est ce qui s’appelle  » les rendements décroissants « .

    Là encore, je résume :

    Quand on augmente la performance de quoi que soit à l’infini, vient un moment où le coût global du progrès devient exorbitant.

    Quelques exemples :

    Train : Lorsque le train a été mis en place au XIX, le temps de trajet Bayonne Paris est passé de 10 jours à 10 heures ( divisé par 25 !! ) , et la capacité voyageur / jour a elle aussi été grandement augmentée.

    Cent ans plus tard pour gagner 2 heures sur ce trajet ( Passage du train Corail au TGV ) , c’est une nouvelle voie, une infrastructure énergie qui implique la nécessité du nucléaire,  des coûts d’entretien de ballasts multipliés par 10, un cout de trajet réel hors de contrôle.

    Avion : Les avions jusqu’à l’an 2000 sont en aluminium, en fin de vie, on les broie simplement avec une machine, et on fait fondre pour récupérer le metal.

    Aujourd’hui,  le kevlar, le carbone on pris place sur toute la cellule de l’avion, fuselage, ailes. C’est très  solide et plus léger,  cela consomme  moins de kérosène. En fin de vie, aucune machine ne sera capable de briser ces structures de 60 mètres,  et rien ne pourra être fait avec la matière qui en resulterait, melange composite de colle, résine et fibre de carbone.

    Idem pour tous les milles feuilles composites que nous fabriquons pour les batteries, les panneaux solaires,  les vêtements….

    Ça marche même avec la selection génétique.

    A chaque fois un gain ponctuel, et de fortes contre parties dans le long terme. On peut CROIRE que la technologie reglera ces problèmes, mais la réalité est une accumulation de questions sans réponses.

    Globalement,  l’idée de gain sans contre partie est une croyance assez toxique.

    1. L’image qui me vient, c’est celle qu’on dessine aux enfants pour expliquer le mur du son :

      L’avion avec autour les ondes sonores en cercles non concentriques, présentant devant le nez de l’apareil l’empilement des ondes à traverser.

      Ben voilà, la société doit traverser, la, maintenant, comme un mauvais élève à la veille des examens, l’empilement des problèmes qui ont été remis à plus tard.

      Sans en rajouter une couche.

    2. Le paradoxe de Jeanson a pour conséquence claire qu’aucun progrès technique ne saurait suffire A LUI SEUL à éviter le dépassement des limites. Il faudrait nécessairement le combiner avec des restrictions volontaires, qui ne peuvent être basées que sur la Loi.

      En revanche, je suis persuadé que certains progrès techniques sont indispensables comme COMPOSANTE d’une solution d’ensemble. Sinon, il faudrait supposer une réduction volontaire – c’est le mot-clé… – de la prospérité à une échelle qui me paraît incroyable.

      Le rendement décroissant des nouvelles technologies quelles qu’elles soient n’interviendrait pas avant longtemps s’agissant de technologies nouvelles, développées spécifiquement dans l’objectif de revenir dans les limites de la planète sans (trop) toucher à la prospérité.

      1. le revenu universel serait instantanément avalé par le système capitaliste de concentration des richesses

        De la même façon,  tout progrès technologique sera mis au service du même système,  et son bénéfice pour l’humanité sera capté en amont.

        Toutes ces propositions formidables seront aspirees dans le grand tourbillon.( c’est presque du Debord, mais je suis optimiste Paul !! )

        Donc, je ne dis pas non, juste que dans l’état actuel  ( du plan comptable et de plein de trucs  du genre structurel ) ce sera du temps perdu.

        On a tendance a être fascinés par la techno, hors là,  il faut rester froid et méthodiques !

  2. Le progrès technique pourrait être une composante fondamentale – je dirais même indispensable – d’une solution au présent dépassement des limites, pensant à deux directions en particulier :

    1) L’efficacité, en permettant d’obtenir un résultat donné avec moins d’énergie et/ou moins de matière. Par exemple, un véhicule consommant 3 litres d’essence aux 100 km plutôt que 5 ou 7, ou encore le recyclage des machines permettant la réutilisation des métaux qui les composent, notamment métaux rares. Un niveau donné de prospérité pourrait ainsi être assuré au prix d’une moindre dégradation de la nature ou consommation de ressources non renouvelables.

    Cette efficacité supérieure permettrait alors au mieux de demeurer dans les limites de la planète en n’acceptant qu’une moindre diminution de prospérité voire aucune diminution, d’où une meilleure acceptation sociale y compris par des gens disant « Je veux bien faire un effort, mais un petit seulement ». Au pire on serait toujours en dehors des limites, mais on ralentirait du moins la marche au désastre, donnant ainsi davantage de temps à la mise en place d’autres solutions.

    ===> Il existe des recherches visant à davantage d’efficacité, mais elles ne sont motivées que par le facteur financier – devenir plus compétitif économiquement. On va donc beaucoup, beaucoup moins loin en général qu’on ne le pourrait, c’est-à-dire si les Etats se mettaient dans la partie.

    2) Le développement de sources d’énergie ne polluant pas ou très peu en gaz à effet de serre, et cependant en même temps concentrées et permanentes, donc utilisables à grande échelle en remplacement des 85% de l’énergie de l’économie mondiale qui provient actuellement des carburants fossiles pétrole gaz et charbon.

    Ces sources n’existent pas aujourd’hui, parce que :
    – Les « nouveaux renouvelables » solaire et éolien ne sont ni concentrés ni permanents, et les batteries actuelles ne permettent pas d’y pallier car leur capacité est beaucoup trop faible
    – Les « anciens renouvelables » essentiellement l’hydraulique ne peuvent guère être développés davantage qu’ils ne le sont déjà, car les sites propices ne sont pas si nombreux
    – Le « nucléaire classique » est concentré et permanent, mais ne peut être mis à la bonne échelle, car il n’utilise que les matières fissiles dont les réserves sont bien trop limitées

    ===> Il existe des pistes sérieuses pour trouver des sources qui répondent à ce « cahier des charges ». Cependant, toutes sont techniquement difficiles, voire très difficiles… et surtout, aucune ne reçoit des crédits adéquats, c’est-à-dire en rapport avec l’urgence de la question !

    Pour un panorama de ce qui me semble être les quatre pistes principales – deux à base nucléaire, deux à base solaire – je renvoie à cet article de forum http://www.air-defense.net/forum/topic/19441-effondrement-%C3%A9cologique-et-civilisationnel-en-ce-si%C3%A8cle/page/22/?tab=comments#comment-1245058

  3. Autre sorte de « progrès » : Clustered Regular Interspaced Short Palindromic Repeats associated protein 9, en bref CRISPRap9 ou Cas9. Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Cas9

    Un grand bond en avant dans la facilitation des manipulations génétiques en tout genre – certaines agréables, sans doute, mais d’autres… Que dirait une petite équipe de suprémacistes blancs d’un supervirus aussi mortel que la rage et aussi contagieux que la grippe, ciblant uniquement des types humains indésirables à leurs yeux ? C’est juste un exemple.

    J’imagine bien notre problème d’excédent démographique se régler par ce genre de moyen.

  4. L’humanité a raté ce que la forêt (primaire) a réussi: le communisme. « L »intelligence » collective de la forêt primaire est supérieure à toutes autres performances intellectuelles, techniques ou autres, fussent-elles éblouissantes sur le plan de la performance individuelle. Elle aurait survécu si l’homme affublé de toutes sortes d’intérêts si particuliers n’était apparu…

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