Archives de catégorie : La vie de tous les jours

ARS AMANDI, par Bertrand Rouziès-Leonardi

Billet invité

Peut-être serait-il temps, à présent que le gros de bataillons hostiles à l’union des personnes de même sexe a regagné ses casernements, abandonnant aux escarmoucheurs les plus endurants le soin de continuer la lutte à bas bruit, jusqu’au prochain regain, de redonner à l’institution du mariage la plasticité anthropologique que les traditionnalistes lui ont déniée avec fracas. Bien avant que l’affaire, à l’occasion du vote, n’enflât aux proportions d’un marqueur sociétal absolument clivant, un absolu relatif, du reste, l’effet de masse ayant cette vertu miraculeuse de transformer un élan minoritaire en force irrésistible, le projet du candidat, puis du président Hollande avait donné lieu, dans différents médias et sur différents supports, à quelques analyses pointues, argumentant pro et contra, que n’émoussaient pas encore les passes d’armes haineuses et caricaturales auxquelles nous avons assisté ces derniers jours. Il vous sera aisé de les retrouver et vous aurez même plaisir à les (re)lire, fussiez-vous en désaccord avec leurs conclusions. Les esprits sont las d’avoir été sommés de prendre position en des termes qui leur font injure. Vous n’aurez donc pas droit au texte virulent que m’avait inspiré la débauche de discours imbéciles, voire factieux, proférés par les chantres de la Manif’ pour tous et leurs soutiens du parlement, qui avaient visiblement oublié que le divorce de l’Église et de l’État a été prononcé il y a un peu plus d’un siècle et que cela ne s’est pas fait exactement par consentement mutuel. Le plat que je vous sers est moins relevé, plus scolaire, mais il sort de la même cuisine. Non pas que je me réclame d’un camp précis – mon éducation républicaine m’incline à la sympathie davantage qu’à l’adhésion partisane –, mais il me semble que le mariage mérite mieux, en fait de louanges, qu’une bordée d’exclusives – et je dis cela à l’adresse des chrétiens assez familiers des Évangiles pour en extraire des principes de savoir-vivre humanistes.

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QUESTION DE TAILLE

La brume combinée aux effets d’un printemps tardif font que la végétation que j’aperçois par la fenêtre du train ressemble davantage à de la moisissure qu’aux arbres, arbrisseaux et buissons qui la composent en réalité. Et je m’imagine alors haut de cinq kilomètres et considérant tous ces chênes altiers et séquoias vénérables qui ont un jour fait mon admiration comme moisissures diverses, semblables à celles qui ont parfois retenu mon attention à la surface d’une pomme blette.

Mais, que vois-je ? De la vermine s’agite au sein de toute cette pourriture ! Regardons de plus près (cette bestiole est vraiment minuscule !) Ah ! ce n’est rien : simplement moi à ma taille véritable !

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WEST HOLLYWOOD DOMESTIC PARTNERSHIP

Quand, il y a une dizaine d’années, nous nous sommes retrouvés Adriana et moi devant ces deux fonctionnaires de la mairie de West Hollywood à Los Angeles, ils nous ont regardés un peu de travers : « Vous êtes… euh… de sexes différents ? » On a dit : « Oui, on espère que ça ne cause pas de souci… ». C’était une première : tous les couples qui étaient venus avant nous pour obtenir un Domestic Partnership de West Hollywood City étaient de même sexe. Le fait que nous ne l’étions pas ne nous a pas empêchés d’aller fêter ça dans le bar gay d’à côté, comme tous les couples heureux qui nous avaient précédés.

Alors voilà : j’ai déjà expliqué que je ne vois pas trop à quoi ça sert de se marier (voir mon billet de novembre dernier : Le loulou de Poméranie) car je l’ai fait plusieurs fois et je me demande maintenant pourquoi, mais si vous faites partie de ces personnes qui aviez envie de vous marier et qui ne pouviez pas parce que la loi vous l’interdisait sous un futile prétexte, eh bien, ce soir, je suis très content pour vous, et je trinque à votre santé : tous mes vœux de bonheur !

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LES ÉTATS MAFIEUX, PROGÉNITURE DES SOCIÉTÉS TRANSNATIONALES par Jean-Luce Morlie

Billet invité.

Dans son billet Les forces politiques sans nom nées de simples conjonctions de fait, rédigé à propos du billet de zébu : Todd ou Stiegler, ou les deux ? Jeanne Favret-Saada constate que « Nous avons appris à nous méfier de la pensée conspirationniste et c’est bien. » Mais pour ajouter aussitôt « nous sommes très peu entraînés à admettre que des conjonctions de fait dans des situations ponctuelles, et une suite de hasards, dans une situation de désintégration générale, puissent faire ‘prendre’ une force politique sans nom ».

§

« Une force politique sans nom »

Le vide idéologique, laisse en effet la place (sic) à un « principe de Maupertuis » selon lequel le politique se laisserait aller à la plus grande pente, la ligne de moindre action ! (le cas chypriote semble exemplaire de ce point de vue).

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L’actualité de demain : L’IRRÉVÉRENCE S’IMPOSERAIT-ELLE PARFOIS ? par François Leclerc

Billet invité.

Le suspens est à son comble dans l’attente de la diffusion dimanche sur BBC Radio one de son hit parade intitulé « The Official Charts Show ». « Ding Dong! The Witch is Dead » (La sorcière est morte) devrait y figurer comme le veut le principe, car ses ventes ont explosé. Or le disque est rien moins qu’une actualité puisqu’il s’agit d’une chanson chantée par Judy Garland, encore adolescente, à partir d’une scène de The Wizard of Oz, l’un des premiers films en couleur, sorti sur les écrans en… 1939 !

Les milieux comme il faut crient à la manipulation politique, en raison de la transparence de l’allusion à la disparition de Margaret Thatcher, surnommée durant toute sa carrière politique, « The Wicked Witch » : la méchante sorcière, par la partie de la population britannique qui n’appréciait guère celle que l’on appelait chez ceux qui, au contraire, l’aimaient, « The Iron Lady » : la dame de fer.

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La matière noire ou l’inversion de la réalité, par Francis Arness

Billet invité

Je m’appelle Phil Smith, et je n’existe pas. Je veux dire : je suis un personnage de fiction. Je suis ce qu’on appelle un prête-nom de société financière offshore, dans les paradis fiscaux. Légalement, je dispose de centaines de comptes dans le monde partout dans le monde, à Singapour, Londres, Genève, aux îles Vierges. Je suis très riche, toujours plus même, lis-je régulièrement dans les données informatiques qui m’entourent, puisque je ne suis qu’un être de mémoire digitale. Je n’ai donc ni corps ni esprit. Je n’ai pas de vie, pas d’existence, chère lectrice, cher lecteur. Je suis un être issu de l’imagination d’un juriste qui lui-même travaille pour une personne juridique, une société anonyme, qui n’existe pas, en même temps qu’elle a des droits, et bien plus qu’une personne réelle. Je suis quelque chose, chère lectrice, cher lecteur, à la fois de faux et d’inexistant, et pourtant j’existe dans ma fausseté et mon inexistence, par et pour elle : par et pour la fausseté du juriste qui m’a inventé, par les milliers de juristes qui nous inventent, par l’immense machine juridique, informatique, étatico-économique qui nous invente, moi et tous mes avatars fictionnels, entreprises, personnages, produits de consommation, etc. Le corps du roi, il y a bien longtemps, qui nous faisait dire : « le roi est mort, vive le roi ! » ; le corps du roi aussi donc était une fiction. Rien de plus puissant que ce qui n’existe pas et se répand, lie le monde, comme le corps du roi qui habitait tout, décidait de tout.

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PÉREMPTION DU DÉCLIN, par Bertrand Rouziès-Leonardi

Billet invité.

Mes chers compatriotes, nous déclinons. La France n’est plus ce qu’elle était. La nouvelle n’est pas neuve. Le chef de chœur des déclinologues, Nicolas Baverez, décline le déclin sur tous les tons depuis qu’il est entré dans l’âge mûr, comme s’il fallait que toute chose autour de lui se marquât plus profondément des signes de la péremption qu’il observe sur lui-même. Convenons néanmoins que ce penchant se manifeste avec une constance on ne peut plus rectiligne : Les trente piteuses, La France qui tombe, Nouveau Monde, vieille France, à quoi fait suite, formant chiasme, Vieux pays, siècle jeune. Réveillez-vous ! est le dernier branle de tocsin en date, car, non content de décliner, le Français somnole et se laisse rouler mollement jusqu’à la tombe. Mais attention, « Réveillez-vous ! » ne signifie pas « Indignez-vous ! » Il ne faudrait pas casser la machine à concentrer les richesses, dont les rendements suivent une progression ascendante inédite. « Réveillez-vous ! » signifie « Remettez-vous au boulot, feignasses ! » L’approche décliniste, outre qu’elle pense trouver la confirmation de ce qu’elle projette dans le fait qu’elle ne voit jamais finir la pente, passe assez vite sur la localisation dans la chronologie de l’apogée économique, politique et sociétal à partir duquel le déclin est censé s’amorcer, car cet apogée risquerait fort de ne pas se rencontrer dans les parages de la République, ni même dans quelque parages que ce soit.

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LA FABRICATION DES RADEAUX

J’ai déjà eu l’occasion de raconter mes dernières semaines chez Countrywide, grand émetteur de titres subprimes devant l’éternel, période durant laquelle les ordres venant d’en haut se tarirent peu à peu : les réunions mensuelles étaient annulées, puis vint le tour des réunions hebdomadaires, enfin les rencontres avec les supérieurs hiérarchiques. Un silence de plus en plus pesant retombait en cascade des hautes sphères, silence qui ne fut interrompu un beau matin que par la venue d’une équipe des « ressources humaines » annonçant les licenciements.

Je me souviens de la bonne dame, prête à bondir de son siège pour éviter l’uppercut qu’elle craignait que je ne lui décoche à la mâchoire. Quand je lui ai dit avec un grand sourire : « Merci, c’est une délivrance ! », elle a jeté un regard éberlué à mon supérieur immédiat assis tout penaud un peu en retrait.

J’ai rapporté aussi qu’entre collègues, durant cette période, nous nous expliquions ce silence qui avait fini par tout envahir en disant : « Ils n’ont plus la moindre idée de ce qu’il faudrait faire et ils s’activent du coup à la construction de leur radeau ».

Pourquoi est-ce que je rappelle cela aujourd’hui ? Sans raison précise. Oui, honnêtement : sans aucune raison précise !

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BRÈVE DE COMPTOIR, par Un Belge

Billet invité.

A force d’entendre parler de Chypre, j’ai eu envie de visiter moi aussi un « havre fiscal » (tax haven). Pas assez riche ni romantique pour faire voile vers Cythère, j’ai pris le train pour Luxembourg. La mer, ce sera pour une autre fois, me suis-je dit, songeant à toutes ces îles si accueillantes qu’il me restait à découvrir.

Au moment d’acheter mon billet dans l’espace « réseau international » de la Gare du Midi (Brussels, Belgium), je me suis retrouvé face à un employé sympathique… dont j’étais séparé par un comptoir étonnamment haut. Je ne mesure qu’un mètre septante-cinq, mais tout de même : il m’a fallu pratiquement lever les coudes jusqu’aux oreilles pour déposer mon obole.

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CHYPRE : LE TRIPLE AVERTISSEMENT

Un triple avertissement est adressé par Chypre aux gens suffisamment nantis pour avoir un compte en banque, ce qui représente encore Dieu merci, un nombre significatif d’entre eux dans les pays où l’on a pris l’habitude de me lire.

Le premier avertissement est adressé aux personnes ayant un compte en banque dans un pays de la zone euro. Il dit ceci : « On vous avait dit que les premiers 100.000 euros étaient protégés contre toute perte possible, eh bien on s’était trompé (ça arrive !), on voulait dire, les premiers 93.250 [100.000 – (6,75% x 100.000)], 6,75% étant le niveau de la « taxe exceptionnelle » de restructuration de la dette cypriote ». Et ce premier avertissement se poursuit de la manière suivante : « Quant aux sommes dont vous disposiez en plus et dont il vous reste encore 90,1% (100% – 9,9%), de quoi osez-vous vous plaindre puisqu’à leur sujet, on ne vous avait rien promis du tout ! »

Le deuxième avertissement s’adresse aux « non-résidents » qui placent leur argent dans un paradis fiscal, parce que Chypre est un paradis fiscal (je ne vais pas vous expliquer cette fois-ci pourquoi – essentiellement parce qu’il est 3h20 du matin) : « Oui, on dit : « paradis » mais c’est une expression, il ne faut pas prendre cela au pied de la lettre, c’est d’ailleurs une mauvaise traduction de l’anglais « haven », qui veut dire « port » mais qu’un Français qui croyait comprendre l’anglais (ne riez pas : il sont très nombreux !) a un jour confondu avec « heaven », qui est lui le vrai mot pour paradis. En fait, il faudrait dire « centre financier international », ce qui signifie simplement que même s’il y a des élections de temps en temps, le pays est dirigé en réalité par le club de golf et le yacht club où l’on n’accepte que des juristes et des comptables passés par des Bizness Schools très bien notées. Eh bien, la finance n’est plus ce qu’elle était, vous avez dû lire cela dans les journaux : pour une personne honnête comme vous, on trouve aujourd’hui un nombre étonnant de filous, et nous sommes désormais obligés, à notre très grand regret, d’en tenir compte, d’où le prélèvement par nous de 9,9% de l’argent qui se trouvait sur vos comptes ! ».

Le troisième avertissement s’adresse à tous les habitants de la zone euro dont le pays dont ils sont le citoyen est un paradis fiscal, oups ! un « centre financier international » et je ne pense pas bien entendu ici seulement aux Cypriotes mais à ceux d’un certain nombre d’autres pays ou de parties de pays (dont je ne dresserai pas la liste parce qu’il est 3h20 du matin et que je ne veux en plus me fâcher avec personne), et cet avertissement, c’est celui-ci : « Vous avez jusqu’ici été très satisfait que dans votre ville, les rues soient propres et les nids-de-poule rapidement bouchés et que dans les parcs, les pelouses soient bien arrosées et vous vous êtes souvent dit : « Savoir pourquoi exactement c’est comme cela, ce n’est pas mon bizness ! À chacun son métier ! » Mais quand vous vous réveillez un matin pour constater que tout euro dans votre compte en banque ne vaut plus que 93,25 centimes, vous ne devriez pas vous en étonner : la richesse dans vos banques, ce sont essentiellement des reconnaissances de dette et, quand tout va bien, une reconnaissance de dette, cela vaut effectivement le chiffre qui est écrit dessus, mais quand tout ne va pas aussi bien, cela ne vaut plus qu’une somme dont le montant se situe quelque part entre le chiffre qui est écrit dessus et zéro. Et c’est exactement cela qui pourrait arriver à votre argent à vous : quand vous l’avez mis à la banque (quand vous le lui avez prêté), la banque vous a donné en échange un relevé, qui n’est rien d’autre qu’une reconnaissance de dette, et le jour où vous voudrez aller rechercher votre argent elle vous dira peut-être : « Ceci est la somme que vous m’avez prêtée et celle-là (d’un montant malheureusement plus réduit) est celle que je peux vous rendre, parce que, hélas, tous ceux qui m’avaient promis à moi de me rembourser, ne l’ont pas fait, ce n’est pas plus compliqué que cela ! Les temps sont durs, mon bon Monsieur ! Et… bonjour chez vous ! »

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L’ORGUE DE BARBARIE

Mais ! qu’est-ce que j’entends ? Un orgue de barbarie ! Dans ma rue ici à Bruxelles !

Et je suis repris de la même fébrilité qu’il y a si longtemps : vite, vite, des pièces ! du papier journal ! Non, le papier journal ne sera pas nécessaire : j’habite aujourd’hui au rez-de-chaussée !

Parce que remonte ainsi des profondeurs de la petite enfance, la mémoire de la jouissance sans borne qui accompagne le geste de lancer de la fenêtre de l’appartement au cinquième étage, des pièces de monnaie au joueur d’orgue de barbarie, que l’on a entendu et que l’on aperçoit là maintenant, au milieu de la rue.

Emballer la pièce dans du papier journal au cas où l’on raterait son coup et qu’elle tombe sur le toit d’une voiture (occurrence à la probabilité encore faible à l’époque, en raison de la rareté bienheureuse des automobiles rangées le long du trottoir). Enfin la lancer à bonne distance, tenu à bout de bras par une mère complice dans l’ouverture vertigineuse de la fenêtre ! Si Papa savait qu’on fait ça pendant qu’il est au bureau, il nous tuerait tous !

L’orgue de barbarie : le sport extrême quand on a cinq ans !

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STÉPHANE HESSEL (1917 – 2013)

Je ne l’ai pas connu, ni rencontré, ni jamais vu, et tous ceux pour qui ce fut au contraire le cas évoqueront la personne qu’il était bien mieux que moi.

Je n’ai moi qu’une question à poser : « Comment pourrait-on ne pas être aussi joyeux qu’il le fut ? quand on repense à quatre-vingt-quinze ans de sa vie en se disant, comme il a pu lui le faire, pour chacun de ses épisodes : il n’était malheureusement pas possible de faire davantage ! » La recette de la sérénité, c’est tout simple, elle est là !

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L’actualité de demain : « NOUS SOMMES NOMBREUX, NOUS SOMMES LES PLUS FORTS ! » par François Leclerc

Billet invité.

« Les partis dehors ! », « Nous sommes nombreux, nous sommes les plus forts ! », « Stop à la mafia ! » : des dizaines de milliers de Bulgares ont manifesté aujourd’hui dimanche dans toutes les villes du pays, répondant à un appel relayé par les réseaux sociaux d’une trentaine d’organisations de la société civile. Dans un pays de moins de 7,5 millions d’habitants, ils étaient selon un sondage Gallup soutenus par 92% de la population.

Les protestations se succédaient depuis une quinzaine de jours, à la suite d’une brutale augmentation des tarifs d’électricité des trois grands monopoles étrangers, dont la nationalisation est demandée, aboutissant à la démission du gouvernement de centre-droit de Boïko Borissov. Une fois encore, les manifestants ont réclamé une nouvelle constitution garantissant « une participation plus active de la société civile dans les institutions de l’État », exigeant notamment un moratoire sur le paiement des factures d’électricité, la suppression de la TVA sur celles-ci, et l’ouverture d’enquêtes sur les privatisations et l’utilisation des fonds européens. La moitié des sièges du Parlement devraient être, selon la plate-forme des organisations mise au point lors d’une réunion la veille, réservés aux représentants de la société civile et les députés devraient pouvoir être révoqués avant la fin de leur mandat.

« Nous sommes chargés d’une tâche inhabituelle pour la société civile : nous attaquer aux problèmes qui se sont accumulés depuis la chute du communisme il y a 23 ans, et qui ont transformé les gens en mendiants », a déclaré l’un des organisateurs.

 

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L’actualité de demain : LES TIFOSI, AVEC NOUS ! par François Leclerc

Billet invité

Même le foot, ce noble sport d’équipe du ballon rond, relativement épargné jusqu’ici par l’argent, est
truqué ! Dans la patrie des tifosi, l’un des membres du réseau soupçonné d’avoir arrangé plus de 700 matchs vient d’être arrêté à l’aéroport de Milan, en provenance de Singapour où ses dirigeants sont réfugiés, car il n’y a pas d’accord d’extradition avec cette juridiction pour ce genre de délit, qualifié de « fraude sportive » par le parquet de Crémone qui a engagé des poursuites en décembre 2011. Même des matches de la Ligue des champions et de qualification de la Coupe du Monde auraient connu ce sort.

Dès que des paris sont en jeu, certains font ce qu’il faut pour gagner à tous les coups. Tout parallèle avec l’activité financière ou le négoce de la viande serait malvenu. Pourvu que l’élection du pape ne soit pas truquée…

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