Archives de catégorie : La vie de tous les jours

COURTES IMPRESSIONS DU SÉJOUR À ATHÈNES, par Étienne

Billet invité. Il y a quelques semaines, le blog de Paul Jorion s’est associé à l’initiative d’Étienne d’un webdocumentaire radiophonique sur l’austérité en Europe. Étienne livre ici (ainsi que sur son blog) ses premières impressions depuis son arrivée en Grèce

Me voici depuis presque une semaine à Athènes, découvrant la réalité de la situation. Au premier regard, et sans avoir de connaissances antérieures de la ville, rien ne semble bien différent d’une autre grande métropole, mis à part de petites affichettes jaune et rouge. Et ce n’est pas une surprise, la vie continue ici, bien entendu. Mais avec un arrière-goût amer. C’est en discutant avec les gens, rencontrés au hasard, qu’on se rend compte de l’incroyable de la situation. Apparemment, c’est depuis l’été dernier que tout s’accélère : c’est ma plus grosse surprise, moi qui croyais que la crise progressait constamment depuis deux ans.

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CE QUE NOUS AVONS EN COMMUN

Ce que nous avons en commun, c’est que nous avons fait toute notre école primaire dans la même classe et que nous nous aimions bien. Nous habitions à deux pas l’un de l’autre et nous allions lire des bandes dessinées l’un chez l’autre.

Ayant vu mes petites vidéos, il me dit que ma gentillesse est toujours la même, lui en tout cas est toujours aussi drôle qu’il l’était à six ans. Son humour n’était pas du goût de Mme Renée Dautreppe, qui nous a appris à lire et à écrire et qui a pris sa retraite après nous avoir eus dans sa classe – j’ignore si nous en sommes responsables, lui ou moi.

Ça fait vraiment plaisir de retrouver des copains d’enfance.

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LA VIE VA, par Jean-Pierre L. Collignon

Billet invité

La vie va ! Comme aime à le dire une mienne amie. Cette formule, on peut la prendre pour une manière de fatalisme ou comme l’expression de la banale surprise que constitue le fait d’être tout simplement au monde. La vie va ! Pour chacune et chacun, autour de chacun et de tous, oui, elle va, la vie et elle continue d’aller, il ne peut pas en être autrement. Il y a ces petits et gros scandales, qui font un petit bruit dans le vacarme dominant ; il y en a qui s’offusquent, qui hurlent et trépignent devant l’inaction des pouvoirs publics devant la misérable condition faite à ces gens, hommes, femmes et enfants venus d’ailleurs, expulsés d’un hall de gare vers un jardin public et pour qui, sûrement, la route risque encore d’être longue.

Il y a ces gens qui vont et viennent de nulle part et puis, les milliers d’autres qui savent où aller, qui ont leurs repères assurés, un toit où s’abriter et se réchauffer et qui devant le spectacle désolant de cet abandon, détournent le regard, pensent très vite à autre chose, se dépêchent pour aller chercher leurs gosses à l’école, rentrent chez eux préparer le souper ; et puis s’endorment devant leurs téléviseurs. Et moi, quand je me balade en ville, je me fais arrêter tous les cinquante mètres par des types dépenaillés, qui me demandent une pièce, ou une cigarette. Souvent je m’arrête, je sors de ma poche ce que je peux, je roule une clope et je l’allume pour celui-ci ou cet autre. Parce que sa mine me fait pitié. Et parfois, oui, parfois ils m’énervent, il y en a trop, je peux pas vider mes poches à chaque fois, je ne roule pas sur l’or, non plus, loin s’en faut.

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PREMIERES BRIQUES DE LA PROCHAINE MAISON, par François Leclerc

Billet invité.

Les manifestations les plus exemplaires et massives se poursuivent depuis des semaines en Israël et au Chili. Que peuvent-elles avoir en commun, vu leurs contextes si éloignés, qui fait aujourd’hui écho aux indignés portugais et espagnols ?

En premier lieu, d’exprimer avec persévérance et la force du nombre, sur une longue période, l’exigence d’une justice sociale mise en cause par la logique du capitalisme financier, ses réalisations comme ses promesses réaffirmées.

En second, de faire preuve dans leur soudaineté d’une grande détermination et de mobiliser bien au-delà des frontières de la protestation traditionnelle pour rassembler et unir des foules combatives.

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APHORISMES (III), par Jérôme Grynpas

Billet invité.

55. Entretenir les évidences comme monuments classés.

59. L’Histoire est un mélange d’idées qui viennent trop tôt ou trop tard.

60. Le savoir a moins à offrir que l’idée qu’on se fait de son usage.

68. Être soi-même ? Une vie entière n’y suffirait pas.

69. Obstination : même trahi par moi-même, jamais je n’abandonnerai.

74. La peur médiatisée absout les gouvernants.

77. Les petits bonheurs quotidiens rendent inapte au travail.

83. Les idées mènent le monde… à la va-comme-je-te-pousse !

84. Curieuse époque, culpabilisée par le passé et révulsée par l’avenir.

85. Si tous pouvaient saisir leur chance, qui se colletterait aux travaux pénibles, répétitifs, instables et mal payés ?

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NUMÉROLOGIE BRITANNIQUE

Dans le cadre de l’enquête sur les piratages téléphoniques et corruption de policiers liés à News of the World (News Corp., empire de presse Murdoch), Scotland Yard vient d’arrêter « un homme de 38 ans ». J’ai couru vers Wikipedia, voir l’âge de James Murdoch, héritier du tröne.

Bingo ! comme on dit en Angleterre : 38 ans !

Il peut évidemment s’agir d’une simple coïncidence.

P.S. : 15h18. C’est un autre James ayant 38 ans : James Desborough. J’avais juste sur deux points : l’âge et le prénom. Ce n’est déjà pas si mal !

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GROSSES ENTREPRISES ET GOUVERNEMENTS : LE CAS DE LA GRANDE-BRETAGNE

J’indiquais tout à l’heure que le thème de mon intervention sur France Culture ce soir est : « Un axe constitué de grosses entreprises et de gouvernements s’est-il constitué pour faire régner l’ordre sur l’internet ? »

Il n’y a pas que l’internet, puisqu’on apprenait il y a deux heures à peine l’arrestation en Grande-Bretagne, pour écoutes téléphoniques et corruption de policiers, de Rebekah Brooks, rédactrice en chef du magazine défunt – car sabordé en raison d’un scandale d’écoutes téléphoniques – News of the World, et l’une des dirigeantes, jusqu’à sa démission vendredi, de l’empire de presse de Rupert Murdoch (de double nationalité australienne et américaine).

Cette arrestation, après deux semaines de péripéties (dont la démission hier de Les Hinton, directeur de la division Dow Jones de l’empire Murdoch – l’éditeur du Wall Street Journal), n’en restera certainement pas là, vu les nouvelles informations qui émergent semble-t-il de minute en minute. L’affaire contribuera certainement à mettre en lumière l’intrication présente de la gestion des grosses entreprises et des gouvernements dans un climat devenu généralisé d’irrespect du cadre juridique des États, en Grande-Bretagne – et probablement ailleurs aussi.

Affaire à suivre…

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TOUS COMPLICES, par zébu

Billet invité.

Tous ?

Non.
Quelques millions seulement : les ‘rentiers’.
Non, pas ceux qui ont suffisamment de revenus pour ne pas sentir l’haleine visqueuse de la crise, que ce soit en salaire et/ou en revenus mobiliers. Pour ceux-là, si l’enfer doit arriver, il arrivera bien assez tôt pour ne pas profiter dès maintenant de ces revenus.
Ne parlons pas non plus des ultra-riches, ceux qui ont hérité ou qui ne savent plus quoi faire de leur pognon durement acquis ‘sur les marchés’. Ils se délocalisent aussi bien que leurs capitaux.
Non.
Les fumeuses ‘classes moyennes’, celles qui n’ont que leurs salaires comme revenus et dont le reliquat, ce qui reste quand la crise n’a pas tout bouffé, est ‘placé’.
Attention, ce ne sont pas non plus ‘les épargnants’ : ceux qui versent le ‘reliquat’ sur des comptes d’épargne réglementée.
Ceux là savent que ce qu’ils versent n’est qu’un supplément pour les vieux jours comme le petit chocolat avec le café, pour les coups durs de la vie, juste pour pouvoir avoir la bouche à la surface de l’eau, si nécessaire.
Rien à voir avec ceux qui ‘placent‘, le plus souvent en assurance-vie (mais ce peut aussi être dans l’immobilier locatif défiscalisé, …) : rentable, défiscalisée, sûre.
Ceux là, ils escomptent le surplus que produit l’intérêt pour pallier les faiblesses ou aux absences des salaires qu’ils ont, pour pallier aussi les faiblesses des retraites qu’on leur promet et même pour pouvoir payer les études, de plus en plus chères, des gamins. Et si tout va bien, léguer, en sus, d’un patrimoine immobilier durement payé durant de longues années, un surplus dont ils espèrent qu’il permettra à leur descendance de survivre plus confortablement face à la compétition généralisée de tous contre tous.
Ceux là
comptent sur les intérêts produits par leurs contrats, comptent sur la sécurité qu’on leur garantit, comptent sur la défiscalisation pour adoucir l’impôt (qu’ils payent) et comptent sur l’absence de droits de mutation sur ce patrimoine en cas de décès.
Et quand on a autant de gens qui
comptent, on ne fait pas le nombre : on s’incline.

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L’actualité de la crise : ESTAMOS PENSANDO…, par François Leclerc

Billet invité.

«  Maintenant, nous sommes illégaux ! » ont scandé les quelques 28.000 madrilènes (selon la police), présents sur la Puerta del Sol et dans les rues avoisinantes vendredi alors que sonnaient les douze coups de minuit, avant de lancer comme annoncé un « cri muet », la bouche barrée d’un scotch.

Samedi matin, des centaines de manifestants se réveillaient sous les bâches tendues, après avoir discuté et joué de la musique jusque tard dans la nuit.

Y faisant écho, des dizaines de milliers d’Espagnols avaient répondu à la clameur de l’Acapamento del Sol dans d’innombrables villes d’Espagne, de Vigo en Galice, à Bilbao au Pays Basque et Barcelone en Catalogne, où la protestation s’amplifiait.

Répondant à un autre appel, celui des autorités qui manifestaient leur intention de faire preuve de « compréhension », les forces de police continuaient de se faire discrètes, en dépit de l’interdiction formulée par la Commission électorale.

« Estamos pensando » (nous pensons) ont également scandé les manifestants de la Puerta del Sol, tournant en dérision la vocation officielle de ce week-end électoral destiné à la réflexion… Elle est aujourd’hui stimulée par un programme prévoyant un concert, des ateliers de clowns et des musiciens des rues, pour ne pas donner de prétexte à une intervention et préparer le rendez-vous de lundi.

Il devrait y du monde, ce soir !

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L’actualité de la crise : L’ACAMPADA DEL SOL, par François Leclerc

Billet invité.

En énumérant dans sa causerie du vendredi la succession ininterrompue d’événements que nous traversons, si divers dans leur nature mais ayant en commun de nous surprendre, Paul Jorion a eu raison de dire que leur vision panoramique mettait en évidence l’importance du grand tournant en cours. Que reste-t-il ensuite à faire, sinon à les suivre et tenter de les comprendre ?

La Puerta del Sol est à son tour devenue le centre de l’attention. A la manière de l’occupation de la place Tahrir du Caire, la place historique des grandes manifestations est depuis mardi dernier le village ou le campement des jeunes madrilènes, l’acampada del Sol. Bravant la pluie et le soleil, ou le manque de sommeil, des milliers d’entre eux y campent comme ils peuvent et s’organisent, ne manquant pas de faire résonner de vieux souvenirs dans la tête des anciens occupants de la Sorbonne. Cuisine, infirmerie, bureau des objets trouvés, service juridique, cordon de sécurité, panneaux affichant les besoins, toiles de tente tendues et matelas, rien ne manque aux manifestants organisés en commissions d’organisation ouvertes à toutes et à tous à la faveur d’appels au volontariat au mégaphone.

Des modérateurs animent des débats animés et sans fin dans des petits groupes, comme cela a été le cas à Barcelone sur les Ramblas, quand Franco est mort, sur le Rossio de Lisbonne, quand les militaires ont fait chuter la dictature, sur la place Omonia à Athènes, quand les colonels sont tombés… On n’en finirait pas.

Les besoins essentiels sont couverts, la solidarité aidant. Celle des habitants et des commerçants, dont certains viennent de loin pour apporter leur soutien matériel, car l’argent n’est pas accepté. D’autres visites aussi sont enregistrées. Non seulement celles de familles qui viennent au grand complet, mais aussi de personnes âgées, qui tiennent à en être aussi, pour encourager la jeunesse et en souvenir de leurs propres luttes contre une dictature qui pour ne pas être aussi crûment celle de l’argent n’en était pas moins féroce. Citée par El Pais, une vieille dame de 70 ans a déclaré dans la journée d’hier à la journaliste : « Cela fait longtemps que les jeunes n’ont pas bougé. Cela aurait dû arriver depuis longtemps, et je suis émue. A mon époque, c’était plus difficile parce que nous avions Franco, aujourd’hui ce n’est pas facile non plus. » 

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SIDNEY LUMET (1924 – 2011)

Un grand défenseur du p’tit gars qu’a pas eu d’chance est mort aujourd’hui, un défenseur des « hommes sans étoile », comme les appelait Simenon. Un grand adversaire des machines à broyer les individus, un grand adversaire de la corruption, et des « gens sans inquiétude », comme les appelait cette fois Jacques Brel.

On regardera toujours cela avec plaisir – enfin moi en tout cas.

Network (1976)

Twelve Angry Men – Douze hommes en colère (1957)

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S’ARRÊTER TOUT NET, par François Leclerc

Billet invité

Une chose toute simple a un grand besoin d’être dite à propos de Fukushima, sans attendre la suite incertaine de la catastrophe en cours.

Que les rejets radioactifs se poursuivent en restant au niveau où ils en sont, ou qu’ils atteignent des sommets à la faveur de nouveaux événements non maîtrisés, ou bien même qu’ils diminuent progressivement ; que les vents les poussent vers la mer, ou qu’ils les rabattent sur le continent ; la peine en sera plus ou moins lourde – et il n’est pas exclu qu’elle le soit énormément – mais cela ne changera rien à une constatation atterrante.

Au nom du progrès scientifique et de l’humanité, ainsi que des bienfaits de la croissance économique, il a été construit et exploité là où il ne le fallait particulièrement pas – dans un pays périodiquement soumis à des cataclysmes naturels intenses – une machine dont le moteur est alimenté par une fission nucléaire contrôlée  … jusqu’au jour où elle ne l’est plus, échappant au contrôle de ses exploitants qui cherchent ensuite à le rattraper du bout des doigts.

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BFM RADIO, LUNDI 20 DECEMBRE A 11h39 – LE CONSOMMATEUR DESARME

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Les crises ont cet effet que des choses jusque-là invisibles apparaissent soudain en surface. Il en va ainsi du déséquilibre qui devient désormais très palpable entre les droits du consommateur et ceux du prestataire de service. Ainsi, dans un cas très récent, le fait que l’organisation d’initiative citoyenne WikiLeaks, s’est vue refuser les services de Visa, Mastercard et Paypal, sans autre justification que le fait d’avoir « peut-être » agi illégalement en publiant des informations communiquées par des « whistleblowers », des employés dénonçant les pratiques scandaleuses de leur employeur, qu’il s’agisse d’une firme ou d’un gouvernement.

Hier, alors que la presse avait signalé il y a quelques jours que Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, s’apprêtait à divulguer des informations relatives à Bank of America révélant « des manquements à l’éthique » au niveau de sa direction, la banque a décidé de refuser de traiter les dons faits à WikiLeaks. Comment imaginer que ce refus de service soit sans rapport avec l’annonce faite dans la presse ?

Or, même si des personnalités politiques américaines appellent à l’assassinat d’Assange et de ses collaborateurs, et si le Vice-Président Joe Biden le qualifie de « terroriste high-tech » et laisse entendre que l’on s’active en ce moment à fabriquer les preuves qui permettront de l’inculper de « complot » (on doit s’étonner que les personnalités politiques d’autres pays s’abstiennent de commenter une telle agitation hystérique), son statut se limite à l’heure actuelle à ce qu’une cour suédoise veuille l’entendre sur des faits qui relèvent de la vie privée et qui impliquent la validité du témoignage d’une personne endormie au moment des faits. L’existence d’un tissu de lois tatillonnes permet semble-t-il aux autorités d’exercer désormais des représailles contre tout individu dont le comportement les irrite.

Une justice privée de mauvais aloi est en train de se mettre en place, fondée sur l’intimidation et qui ne juge pas même nécessaire de se justifier. Les firmes qui refusent leurs services à WikiLeaks se contentent de dire que son fondateur a « peut-être » commis des actes illégaux ou, de manière plus nébuleuse encore, qu’une infraction à été commise à l’un de leurs règlements – qu’elles s’abstiennent de préciser. On pense à Kafka : « Vous serez probablement convoqué prochainement pour que nous évoquions ensemble une affaire dont nous vous ferons connaître l’objet en temps utile… »

Or des firmes comme Visa ou Mastercard, Paypal, vu la nature des services qu’elles offrent, se trouvent en position de monopole ou d’oligopole. La loi dans certains pays oblige les sommes importantes, comme les salaires, à transiter par les banques. Que se passerait-il si les banques refusaient de vous ouvrir un compte parce qu’elles n’aiment pas vos opinions ou vos agissements – bien qu’ils soient légaux ? Une compagnie téléphonique pourrait-elle résilier votre abonnement parce qu’elle n’aime pas ce que vous dites publiquement – et qu’elle soupçonne que vous pourriez éventuellement le répéter au téléphone ? À l’inverse, le particulier s’est vu refuser dans de nombreux pays la possibilité d’appeler au boycott des compagnies qui se conduiraient de manière arbitraire envers lui, le boycott ayant été interdit par la loi.

Aux États-Unis en particulier, où les représentants du peuple sont toujours élus mais sont indirectement rémunérés par des compagnies privées et où le droit pour ces dernières d’injecter des sommes d’un montant illimité dans les campagnes électorales leur permet de fait d’exercer un véto contre les candidats qui n’ont pas l’heur de leur plaire, une réponse commence à apparaître au sein de réseaux de vigilance citoyenne qui traquent l’asymétrie entre consommateur et prestataire de service. Ces réseaux sont ainsi parvenus récemment aux États-Unis à bloquer une proposition de loi (le Président Obama a opposé son véto à HR-3808) qui, en accordant statut légal aux documents produits par une association d’établissements financiers accordant des prêts hypothécaires, aurait encore aggravé l’asymétrie de traitement entre eux et leurs clients. Et ils attirent en ce moment-même l’attention sur une manœuvre de la Federal Reserve, la banque centrale américaine, qui s’apprête, à la demande de ces établissements de crédit, à éliminer la procédure de recours pour invalidité contre la saisie d’un logement, dite « rescision », pour couper l’herbe sous le pied du Consumer Financial Protection Bureau qui sera mis en place en juillet de l’année prochaine. D’autres initiatives citoyennes agissent dans le même esprit à l’échelle mondiale, ainsi, l’organisation canadienne Avaaz.org, créée en 2007, et qui affirme compter déjà plus de six millions de membres.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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LA GUERRE CIVILE TECHNO

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Paypal et Mastercard ont cessé de transmettre les dons à WikiLeaks parce que le site se livre, je cite : « à des activités illégales », et font du coup l’objet d’attaques dites de « déni de service » par des vengeurs masqués qui rendent leurs sites toile inaccessibles. Le site WikiLeaks faisait déjà lui-même l’objet d’attaques du même genre depuis la divulgation des dépêches diplomatiques américaines.

« Sites miroir » contre « déni de service » : la guerre civile mondiale a commencé, et c’est une guerre techno : personne dans les rues.

Personnellement, je regretterai les « Un million de manifestants selon les syndicats, cinq cent cinquante, selon la police », mais eh ! faut être de son temps !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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