Comment concevoir le travail, par Jean-Marie Ghiot

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Oubliant un moment l’aspect financier du sujet, je considère que le travail devrait avoir deux objectifs : celui, moral, d’apporter une contribution à la communauté et celui de réaliser une ambition personnelle. Quand le politique ne lui donne comme seul horizon que de contribuer au plein emploi, il méconnait sa mission sociale.

Tout au long de sa vie chacun parcourt un labyrinthe professionnel. Dès le départ certains jeunes ont choisi une carrière précise et une formation longue comme la médecine, sans doute inspirées par leur famille. D’autres malheureusement n’auront jamais aucune aspiration professionnelle et c’est alors le rôle considérable de proches, parents et enseignants de motiver et d’encadrer. Mais certains pourront ou devront se réorienter soit parce que le choix initial ne leur convient plus, soit parce que mondialisation ou mécanisation ont fait disparaître leur emploi, les obligeant à une reconversion.

Paradoxalement cette fragmentation de carrière pourrait être une réponse à la pénibilité de certaines tâches. Si le début du parcours s’avère ardu, des solutions raisonnables devraient permettre d’en alléger le poids et en même temps valoriser l’expérience accumulée en proposant un poste supérieur.

Est-ce alors un objectif raisonnable que d’arrêter un plan de carrière rigide dès la scolarité alors que l’étudiant ne connaît rien du contexte qu’il va rencontrer dans son cursus : savoir accepter une ambiance de travail, composer avec d’autres intervenants (dirigeant, collègues ou syndicat), subir les contraintes d’une activité indépendante, s’adapter à la demande du moment, se réorienter en fonction des découvertes, tirer profit de ses expériences et de la spécialisation accumulés tout au long de son parcours.

Dans beaucoup de métiers la formation scolaire ne peut être que relative. Elle est indispensable pour inculquer les connaissances de base, elle doit surtout apprendre à apprendre. Si on considère les technologies innovantes, l’école est bien incapable de former puisque celles-ci sont trop pointues que pour être enseignées ou elles évoluent de telle manière qu’au moment d’entrer sur le marché, l’enseignement que le candidat aura reçu est déjà dépassé. L’entreprise qui recrute pour mettre en œuvre un procédé innovant est souvent la seule à connaître ses formules d’où la technique ne peut être enseignée que par elle-même.

Ce rôle pédagogique devrait être l’orgueil de toute entreprise qui veut motiver ses collaborateurs. Or on constate souvent la frilosité de firmes qui préfèrent trouver un employé déjà formé ailleurs. Le seul critère que le recruteur devrait appliquer dans son choix serait la probabilité de réussite du candidat dans une fonction qu’il pourra dominer à terme. Le rôle d’organismes comme Pôle Emploi ou Forem consiste alors à déceler dans la population des requérants ceux qui présentent ce profil précis. C’est ce qu’ont compris les sociétés d’intérim beaucoup plus proches de l’entreprise et qui assurent elles-mêmes une sélection.

Pour mettre en concordance ces éléments avec le marché de l’emploi un organisme devrait assurer la construction d’une base de données suffisamment détaillée où employeur et employé rassembleraient leurs particularités et leurs souhaits. La rencontre des offres et des demandes serait alors facilitée par un processus automatisé au lieu des procédures inquisitrices actuelles qui traumatisent les chômeurs. On pourrait de plus élaborer des fonctions d’intelligence artificielle qui assortiraient les profils   correspondants. Il faut pour cela que les entreprises et les organismes d’orientation jouent le jeu.

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63 réflexions sur « Comment concevoir le travail, par Jean-Marie Ghiot »

  1. Juste une idée simple pour que l’offreur ne soit pas en position d’humilier le demandeur :
    Toute offre aurait comme « doublure » une offre juste « un cran » en-dessous (en salaire, compétence, qualification) , même pas forcément dans la même boite, juste dans le grand cerveau d’IA.

    Ce n’est pas plus clair que ça, mais le but serait qu’un refus ne serait pas un « non, allez vous faire voir ailleurs », mais prendrait davantage l’allure d’un « non mais ». A voir si le « ticket » est défini d’avance, si il existe une aide à ceux qui accepte de « renforcer la dignité » en se positionnant en « seconde chance » s’il vont jusqu’à l’embauche, tout en randomisant assez pour qu’il n’y ait pas entente, etc.

    En réalité, je crois que je marche, nolens volens, sur les traces de notre ami PSDJ (Pierre Sarton du Jonchay) en couplant flux monétaire/salarial et flux « sémantique » que PSDJ met sous divers vocables (vérité, démocratie) et sous la succession de génitif dont il maitrise mieux que moi l’arrangement et le sens.

    1. La réflexion de votre dernier paragraphe est aussi celle que j’ai eu , en lisant dans ce billet : offre – demande – marché du travail .

      La « conception » du travail proposée par Jean-Marie Ghiot , pour vaste qu’elle soit , est déjà bien « encadrée » donc .

      En quoi l’offre et la demande évoquées peuvent elles être l’expression des besoins nécessaires et des désirs plus ou moins superflus , dont la mise en dynamique « supportable » ne peut selon moi n’être l’apanage que du débat démocratique ?

      En quoi une IA , qui a de fortes chances d’être plus douce et efficace que la compétition sauvage actuelle , peut elle mieux répondre au choix par l’espèce humaine de sa destinée , si tant est que notre espèce se souhaite une destinée .

      Une IA peut certainement accéder à une sagesse philosophique inégalée , et devenir le meilleur économiste possible . C’est sans doute le rêve et l’ambition des philosophes les mieux intentionnés qui veulent se faire Prince .

      Mais en quoi cela peut il réjouir de simples et irremplaçables « mortels » ?

      1. @Tout va bien :

        J’imaginais une IA vraiment autonome , comme Paul Jorion nous la promet .

        Pour le reste , le sablier , les tocsins et la pointeuse , n’ont pas attendu l’IA , via la maîtrise des temps , pour conforter le pouvoir du fort sur le faible .

      2. Juan;  » Une IA vraiment autonome ?  » 🙂 ( Jorion, dans un excès lyrique la souhaite, mais ne nous la promet certainement pas. Oubliez ! ne vous rendez pas malheureux. La vie terrestre est déjà un miracle, il ne faut pas trop en demander.

      3.  » Imaginer » n’est pas forcément rêver ou désirer .

        Ce qui pourrait me rendre malheureux ( et encore ) ,c’est de ne plus imaginer .

      4. Juan, ne plus imaginer ne serait-il pas être déjà mort – quoiqu’un fantôme pourrait parler ainsi. L’imagination ce dont manque l’IA me fait douter de ce qu’elle pige à se frotter au concept d’autonomie, simulacre d’un dieu du néant

      5. @Toutvabien :

        On va dire que l’imagination , c’est un des trucs qui peuvent  » réjouir de simples et irremplaçables mortels » .

    2. @Timiota

      On pourrait peut-être en finir une bonne fois pour toute avec cette inversion lexicale fumiste (et déjà dénoncée plusieurs fois sur ce blog) des chômeurs « demandeurs d’emploi » et des employeurs qui émettent des « offres d’emploi ».

      Un chômeur en tant que vendeur de sa force de travail ne procède en rien de la demande, il constitue l’offre (de main d’oeuvre). Réciproquement, l’employeur en tant qu’acheteur de travail ne détermine jamais l’offre mais la demande (toujours de main d’oeuvre).

      Cette inversion rend illisible la loi de l’offre et de la demande sur le marché du travail, et du même coup ses effets sur la variation du prix, aka le salaire: Sur un marché en état d’offre (la vraie, celle proposée par les chômeurs) surnuméraire, la variation du prix (le salaire) doit être négative.

      Lorsqu’on entretient cette confusion entre offre et demande, les effets de leurs variations respectives sur celle du salaire disparaissent dans un flot inconsistant de blabla marketé.

      On perd ainsi opportunément de vue que toute la politique gouvernementale depuis plusieurs décennies consiste à fausser le marché du travail à la faveur exclusive des employeurs, en contraignant les chômeurs à maintenir une offre de main d’oeuvre aussi haut que possible (via la conditionnalité des aides sociales relatives au travail, assurance chômage et rsa) dans un contexte où la demande évolue plutôt en sens inverse, conduisant à une baisse tendancielle des salaires, ou pour le dire en termes plus « jorioniens », l’ensemble des dispositifs de « réinsertion » pèse systématiquement en faveur des employeurs dans le rapport de forces qui les oppose au reste de la population active.

  2. Merci beaucoup pour cette réflexion sur le « comment concevoir le travail ». De prime abord, elle appelle pour moi les quelques remarques suivantes (en vrac) :
    – Je n’ai pas du tout l’impression que le politique (au pouvoir) donne sa pleine mesure à l’objectif de plein emploi – il suffit pour cela de constater l’écart existant entre les données du chômage réel et les emplois vraiment disponibles. Certains voudraient faire passer ça pour un simple problème conjoncturel (et appliquer quelques recettes de type « réglages de compétitivité » tels que la « flexibilisation », la baisse des « charges sociales » et la pression sur les « demandeurs d’emploi »), alors même que la masse et la pérennisation de la situation tendrait à démontrer qu’il s’agit plutôt d’un problème structurel (mais un tel diagnostic impliquerait de remettre en cause le cadre actuel et en particulier tous les avantages qu’ils procurent aux tenants du néolibéralisme).
    – La notion de « carrière » tend à exploser complètement : là où la génération passée (disons jusqu’à celle des années 60) pouvait encore espérer pouvoir mener une « carrière » dans le même secteur d’activité et de groupe d’entreprises, dans le même bassin géographique, ou dans le même métier, en pouvant, en sus, escompter une progression régulière le long du parcours professionnel validant l’ancienneté, aujourd’hui ça n’a tout simplement plus rien à voir, et ça bouleverse complètement le modèle (mental)….
    – Cette accélération devrait changer complètement la façon d’appréhender à la fois la formation initiale, et celle qui sera forcément nécessaire tout le long de la vie professionnelle.
    – « Apprendre à apprendre » : l’expression est très juste, mais comment faire au juste dans la traduction concrète ? Est-ce la direction que prend, par exemple, l’enseignement supérieur ?
    – Enfin votre ambition pour Pôle Emploi est tout à fait pertinente mais (encore ?) à des années-lumières de l’état actuel de l’organisation….(du vécu).

  3. Je me permets de republier ce billet en en ayant corrigé des fautes, etc, avec mes excuses pour le médiateur.

    Lorsque les entreprises, en tant que propriétés privées assistées sans contreparties (à frauder entre autre avec l’optimisation…), propriétés privées des savoirs, de leurs enseignements que certain.e.s souhaiteraient privatiser (avec la propriété intellectuelle entre autre,voire les « grandes marques » déposant leurs brevet dans les pays « moins disant »…), et propriétés des bénéfices, dividendes indécents… s’arrogent le droit de fixer leur vison de la propriété privée des « coûts du travail », de la formation, du chômage, de la santé publique, de la retraite, etc… par les « réformes » à coup « d’ordonnances » et 49.3 en s’en prenant aux droits du code du travail, et des protections sociales de la jeunesse entre autre (au sens entre autres des conventions de l’OIT sur l’apprentissage et l’exploitation des enfants)… derrière la gestion purement « mathématique » de « l’offre et de la demande » du marché du travail… est-ce la faute au manquement du politique ou de la politique… ?

    Lorsque ces propriétés privées tentent de dissocier du « modèle financier » ce « qu’en même temps » elles fixent comme objectif du travail, de l’emploi (« mission sociale ») et de leurs formations, qui selon l’auteur devraient être privatisées pour certaines, est-ce que seul.e le et la politique instrumentaliseraient la vision idéalisée d’atteindre le mythe du « plein emploi », quand lorsqu’elles auront suffisamment segmentés les métiers sous leurs responsabilités (« externalités négatives » et délocalisations de productions de certaines petites, pour les assembler sur le sol national et mettre le « label » « made in… », comme en Allemagne) lorsqu’elles les auront réduits à la tâche, de telle sorte que leur « ubérisation et ordinisation » défiscalisée pourront être envisagée, les inégalités et la précarisation et paupérisation des revenus du travail seront comme l’auteur fait, dissociées diluées, dédramatisées… ?

    Que restera t-il des services publics de l’enseignement des métiers (du simple CAP remplacé par un automate, aux métiers d’ingénieries, remplacé par des algorithmes,logiciels etc), d’un pan entier de l’éducation national d’un « Etat providence », et de la pluridisciplinarité des compétences administratives, scientifiques (sociologie, etc), et de la recherche publique… que le et la politique ont en charge, mais qu’une IA pourrait soit disant surpasser… ?

    La « mission sociale » n’existe t-elle pas dans l’établissent et la gestion politique, économique, financière, de « d’ordre social » d’un modèle social, d’un vivre ensemble se souciant de l’intérêt général, « ordre » hiérarchisant des « mérites » de « l’élite », jusqu’à l’alignement des bas salaires, vers les « moins disant fiscaux, sociaux, environnementaux… les plus « compétitifs » quoi… pour ne pas encombrer (pour cacher la misère d’une guerre entre classe sup et l’oligarchie) le nombre se restreignant de places au sommet pour cause de disruptions du travail et de l’emploi, de l’économie, de la monnaie, et des partis politiques… ?

  4. Résumons-nous, sur la base d’un parti pris chez moi assumé, bien que :

    Vous considérez que le travail doit avoir deux objectifs : celui, moral, d’apporter une contribution à la communauté capitaliste, celui de réaliser une ambition personnelle dans ce cadre.

    Tout au long de sa vie, désormais, chacun parcourt un labyrinthe professionnel, la mondialisation ou mécanisation faisant disparaître leur emploi, nous sommes obligés de nous plier à une reconversion permanente.

    Un organisme automatisé ( IA) devrait assurer la construction d’une base de données suffisamment détaillée à l’intention de l’employeur afin de suivre en temps réel le marché du travail.

    Parce que, penser et travailler à l’adaptation d’un monde cruel et cupide d’exploitation, oui ; maintenir les procédures inquisitrices actuelles qui traumatisent les chômeurs, non ! On peux vouloir être moderne, et en même temps rester humain !

    Question: Qu’est ce qu’il y a de charitable, a inviter les patrons a s’appuyer sur les technologies innovantes, pour mieux fliquer les travailleurs ?

    Le travail, où plutôt l’exploitation du travail, dans un système économique concret, le capitalisme, n’a pas pour morale, d’apporter une contribution à une communauté idéale de gentils bisounours, (le marché libre, du travail entre employeur et employés libres est un mythe) , contrairement à ce que vous affirmez, il a pour fonction uniquement de faire faire de l’argent à la bourgeoisie.

    Vous, sous le prétexte fallacieux du bien être du travailleur, vous voulez parfaire le système, et conseiller Macron, que dans sa volonté de fliquer les chômeurs, (ne jouant pas assez le jeu de la flexibilité et de la communauté des hommes libres ), il lui faut s’appuyer sur l’intelligence artificielle (IA).

    Pour sûr, votre proposition va faire un tabac à Pole Emploi !

    « Mesdames et Messieurs le personnel, grâce à l’ingéniosité de Jean Marie, on vous remercie ( pas remercier dans le sens amabilité, mais plutôt dans le sens: « au revoir ! ») !
    Nous ne sommes plus loin des lettres de recommandation des compagnons du moyen age. Avec une traçabilité pareille , fliquer les chômeurs cela va se faire – tranquille- à l’économie et sans vous !  » .

    Nous tournons en rond camarades.

    A ne pas accepter l’idée, qu’historiquement le progrès a une caractérisation de classe indépassable, nous nous amusons à assaisonner l’intelligence artificielle à toutes les sauces, et nous ne comprenons pas que, si les ouvriers dans la passé brisaient les machines, c’est que dans les mains des capitalistes malveillants, le progrès pour le travailleur signifiait la mort !

    Contradiction forte si l’en est ! Paradoxalement la machine et l’intelligence artificielle sont les gages absolus de notre émancipation !

    La discussion continue, et plus je visite l’excellent blog de Paul Jorion, plus je me rends compte qu’une fois le blog fermé, les choses ne vont certainement pas s’arranger !

  5. Je ne comprends pas le sens de tels articles. La France a un problème particulier, celui dela formation scolaire et professionnelle primo, et secundo son élitisme dépassé; un jeune qui sait à 20 ans qu’il ne fera jamais une brillante carrière, en pantoufles ou pas, c’est décourageant. Car à cet âge il sait s’il pourra intégrer une « grande école » ou se contenter de suivre une voie de combattant. En Angleterre ainsi que dans les pays scandinaves et germanophones je rencontre des dirgeants d’entreprise ayant une formation initiale très variée, pratique surtout. Ceci est dû aux méthodes en matièrede formation pratique, propre à chaque pays.
    Un problème, plus vaste celui-ci, c’est que la France ne peut se comparer à un pays comme l’Allemagne, alors la doctrine européenne ouevre pour une « uniformisation » (néologisme de ma part) de l’Europe. La France a une structure économique et sociale différente par rapport aux autres pays de l’Europe, mais elle doit affronter une concurrence non seulement intereuropéenne, mais aussi, comme on sait, mondiale.

  6. « Je ne comprends pas le sens de tels articles.  »
    Mais si, mais si, le sens est fléché: En avant doucement, à droite.

    J’ose espérer quelque chose comme un passage à vide, un sens de l’équilibre défaillant, un bonne foi surprise ( c’est ce que dit ma banque quand je suis à découvert…), ou pour rester marin, un pilotage délicat entre des écueils cachés à marée haute.
    Au demeurant, la bonne volonté ne fait pas défaut et les antécédents sont solides.

  7. Pourquoi encore parler du travail salarié, alors que c’est bientôt une denrée éteinte ?

    La recherche forcenée du travail, pour subsister, c’est aussi un problème. Cela invite à la création d’activités toujours nouvelles, alors qu’on aurait plutôt besoin de ralentir cette activité, qui travaille maintenant contre l’Homme.
    Il y a d’ailleurs des activités qui se créent sont totalement inutiles, par exemple cette société vue il y a quelques jours, que tout le monde avait l’air de vénérer sur BFM je crois, qui travaillait sur des « Chat Bot » (robots parleurs), destinés à remplacer les opératrices des centres d’appel.
    C’était déjà pas gai de travailler dans un centre d’appel, mais qui a envie de travailler à l’élaboration de robots, destinés à remplacer ces opératrices , autant dire travailler à accroître le chômage ?
    Ni les centres d’appel, ni les Chat Bots ne devraient exister. Ou peut être juste les Chat Bots, à condition qu’ils s’occupent de quelque chose d’utile, comme donner des indications routières intéressantes par exemple.

    Ce blog s’arrête bientôt , et la dernière vidéo « le temps qu’il fait » de Paul étant totalement désespérée (je résume, on sera tous rôtis, alors il n’y a plus qu’à canaliser les bonnes énergies des jeunes, en attendant le collapse en 2100 ou 2200…tout ça risque pas de nous sortir d’affaire), alors si vous n’êtes pas décidés à crever comme des poissons qu’on a sortis de l’eau, et étalés au soleil, venez sur de869.ispfr.net/findutravail . C’est un blog ouvert que je tente de monter, que j’ai intitulé « Liquidation totale avant fermeture ». Vous n’y serez pas dépaysés je pense.

  8. Dans l’état d’invraisemblance morbide dans lequel se trouve la société actuelle, je mets un point d’honneur à y contribuer le moins possible. Chacun a l’éthique qu’il peut…

  9. Assumons un instant que le travail est le nom du rite que la majorité d’individu accompli en coupant les liens avec sa famille pour s’accomplir socialement et individuellement.
    Le travail n’est plus une abstraction avec son marché et ses règles issus de l’organisation sociale ambiante mais des choix personnels pour s’insérer dans le monde réel avec ses représentations.
    Cette manière de penser le travail à l’avantage d’être agnostique de la structure sociale.

    1. La relation entre émancipation et « travail » , qu’il s’agisse de l’émancipation des enfants , des femmes , ou de groupes sociaux , est très intéressante à creuser ( ça a déjà été abordé par pas mal d’auteurs dont anarchistes ou philosophes -Montesquieu ).

      Cette approche est en tous cas autant nécessaire que celle par la « finance » , que Jean Marie Ghiot voulait exclure en se limitant bien étroitement à deux autres .

      Emancipation est un mot à retenir , car il s’agit bel et bien de vérifier si le travail émancipe encore , ou si s’émanciper du travail est une des conditions d’une émancipation plus réelle et large , et , si on le croit , déterminer pour quel horizon on remet le « travail » en question , quelle nouvelle Liberté .

    2. Le travail disparaît…

      Le problème central, capital, d’un bon capitaine d’industrie, c’est qu’il est propriétaire de ses ouvriers (il les a loué ou acheté sur le marché du travail) et en même temps il doit leur verser un salaire pour qu’ils consomment la camelote que commercialise son usine. (On est bien loin de la vision de Henry Ford)
      Tout rentre dans l’ordre en robotisant/IAisant son usine, le reste du monde étant une externalité au sens de la « science économique ».
      Le capitalisme est une machine à éliminer le travail.

      Pour info : https://www.abolishhumanrentals.org/

      Est-ce-que quelqu’un peut me trouver un site internet qui parle de la part en paiement d’intérêt compris dans le prix de toutes marchandises ? je n’y arrive pas, google fait du refus d’obstacle.

  10. Nous sommes, à l’échelle de la planète, dans un contexte d’épuisement des ressources et de changements climatiques essentiellement dû à l’ensemble des activités humaines, logiquement et surtout impérativement celles-ci doivent diminuer.
    Il y a des éléments de l’économie actuelle qui doivent diminuer drastiquement voir disparaître et revenir au concept de base du travail afin de pourvoir à l’alimentation et le logement tout en conservant une honnête qualité de vie et plus nous allons tarder à faire ce virage moins cette qualité de vie optimal indispensable à la paix sociale et à la protection environnemental sera possible…
    L’obsession du plein emploi doit transmuter vers le partage des emplois restant vraiment essentiels à la vie donc moins de travail pour plus de personne au-delà du capitalisme, du socialisme et du communisme nous devons aller vers une quatrième théorie économique, une nouvelle civilisat

    1. Outre que vous avez de la peine à aller jusqu’au bout de la civilisat(-ion) , je trouve étrange ,mais révélateur de la victoire du marché sur la démocratie , que vous appeliez le socialisme et le communisme des « théories économiques » .

      Pour le capitalisme , je renvoie aux efforts de Paul Jorion pour qualifier correctement capitalisme , économie de marché et libéralisme .

  11. « D’autres malheureusement n’auront jamais aucune aspiration professionnelle et c’est alors le rôle considérable de proches, parents et enseignants de motiver et d’encadrer. Mais certains pourront ou devront se réorienter soit parce que le choix initial ne leur convient plus, soit parce que mondialisation ou mécanisation ont fait disparaître leur emploi, les obligeant à une reconversion.
    Paradoxalement cette fragmentation de carrière pourrait être une réponse à la pénibilité de certaines tâches. Si le début du parcours s’avère ardu, des solutions raisonnables devraient permettre d’en alléger le poids et en même temps valoriser l’expérience… » Dès cette quatrième phrase, je refuse de planer avec vous. Non, on est pas ouvrier par manque d’ambition et parents non motivants. Non, on ne peut pas échapper souvent à l’emploi pénible (où on a acquis une compétence) et la suppression de l’emploi ne permet pas une réorientation avantageuse. L’exclusion sociale, cela commence à l’école et cela continue dans l’emploi autant que dans la société. Parlez-nous des mauvais emplois, des gens qui bricolent entre petits jobs et petites prestations, de taximan à artiste intermittent. Choisit-on vraiment d’être exploité par Uber ?

  12. J’aimais bien le début du texte:
    – chacun aspire sans doute à une ou plusieurs activités qui en même temps est appréciée par la personne qui l’effectue et qui est socialement utile.

    Mais bon, pour le reste…le plein emploi ne peut plus être un objectif, pour les deux raisons citées ad nauseam ci-dessus: il faut d’urgence diminuer l’empreinte écologique des activités humaines, et les besoins en heures de travail à production économique donnée ne vont qu’en diminuant.

    Pour moi la question principale est: si nous n’avons plus besoin/ne pouvons plus (pour les deux raisons citées ci-dessus) que « travailler », disons au pif, 10h par semaine chacun (en moyenne), qu’allons-nous faire le reste du temps?

    Clairement, on ne peut pas rester juste à ne rien faire, ou regarder la télé par ex. L’objectif doit toujours être d’avoir une vie intéressante.

    Cette ligne de réflexion mène assez naturellement à la conclusion que les activités culturelles au sens général du terme devront être développées:
    – les arts de la scène, la sculpture, la peinture,…
    – les sports ne nécessitant pas un équipement onéreux, et qui se pratiquent localement
    – l’éducation, le jeu, la discussion
    – le jardinage
    -….

    Tout ça me fait penser à « The climbing wave », un roman/nouvelle écrite il y a 65 ans par M.Z. Bradley.

      1. Le terme de décroissance n’a à mon avis pas beaucoup de sens, parce qu’on a l’impression que tout doit décroître, ce qui est fondamentalement mortifère.

        Il faut mieux déterminer les activités qu’on veut bien faire croître, et les activités qui doivent décroître. Je sais que c’est plus ou moins évident pour les défenseurs de la décroissance, mais ça ne l’est pas pour tout le monde.

    1. Autant envoyer en enfer un bon tiers de l’humanité !

      Mais l’avis de pédagos aguerris et blanchis sous le harnais, serait sans doute plus juste que ma première approximation .

      1. Les activités culturelles que vous voulez développer , c’est exactement le discours qui était tenu il y a 65 ans avant l’horizon idyllique de l’an 2000 .

        Discours qui a failli , peut être parce que l’horizon n’était pas le bon , mais surtout parce que selon moi , les « activités culturelles  » ne passionnent pas , très naturellement , tout le monde , et que pas mal d’humains et d’humaines veulent du concret , du hard , de « l’utile » ,créatif ou pas …où ils peuvent heureusement développer leurs aptitudes naturelles qui n’ont pas à se plier à la check-list des bons comportements .

      2. @Juannessy

        Bah, tout le monde fait ce qu’il veut, à partir du moment où cela ne monopolise pas des ressources limitées pour du loisir.

        Je veux dire, quand je croise des gens dont le rêve c’est de faire du jet-ski au Nicaragua (sic!), ou de s’acheter je ne sais pas quelle dernier modèle de voiture, je suis désolé, mais ça ne va pas.

        Je ne veux surtout pas décider pour quiconque ce qu’il convient de faire pour lui, les activités que je listais étaient là à titre d’exemple.

      3. Vous citez des contre-exemples de « gens qui veulent consommer » .

        Ceux que je visais étaient tout bêtement « des gens » qui veulent faire et ont des compétences et goût pour ça .

        « Faire des choses » qui ne plaisent pas forcément aux « autres « .

  13. Comment concevoir le travail?

    Paradoxe de ces temps modernes , le travail disparaît alors qu’il y aurait tant à faire..
    Le rôle de l’état devrait être de cerner les besoins de la société afin d’y répondre , mais à la vérité, celui ci ne fait que gérer un cheptel de « demandeur ».J’emploie le mot cheptel parce que la tendance actuelle est plutôt d’aller au travail comme on va à l’abattoir.

    P’têt bien qu’à terme , Il nous faudra remplacer l’état.
    Genre des collectifs de citoyens qui proposent et réalisent. ce que les grandes multinationales ne proposeront jamais , trop effrayées de ne plus disposer de «  travailleurs «  de plus en plus taillables et corvéables, la crainte du chômage obligeant.

    1. Curieux raisonnement qui avance d’abord que l’Etat devrait organiser ( ce qu’il ne fait plus , ou que de loin, depuis l’abandon des plans « ardentes obligations » , et l’asséchement plus ou moins volontaire des fonds publics ) , puis qui énonce qu’il faut que des collectifs de citoyens remplacent l’Etat pour …faire des choses que les multinationales ne font pas .

      Ça tombe bien , les multinationales ont de moins en moins besoin de main d’œuvre ,et on a souvent dit ici pourquoi , et elles ne risquent pas d’être concurrencées sur les projets massifs et qui s’emparent du futur , pour cause de nécessité de mobilisation énorme de capital que jamais le crow-funding citoyen ou à peu près ne pourra réunir .

      Le travail dans sa version « industrielle » futur a donc des chances de se répartir entre ceux qui maitriseront ce qu’il peut advenir , et ceux qui gèrent le « présent » .Dans cette deuxième catégorie seront admis les collectifs citoyens à couleur industrielle ou pas .

      Et la maîtrise du futur , c’est le nerf du pouvoir .

      1. Ce qui oblige à remettre son nez dans la maitrise d’ouvrage de la recherche fondamentale ( longtemps le seul et heureux apanage de la puissance publique ) et de la recherche « appliquée » ( où la puissance publique , à défaut d’en être , doit absolument rester maîtresse de l’éthique et du faire savoir )

  14. Tenter de maîtriser le futur sans prendre en compte ce qui est au cœur des problémes , à savoir l’humain ( et donc son besoin d’autonomie à travers le travail )est voué à l’échec.

    L’ére industrielle est en fin de cycle ne serait que pour cause de mépris de la nécessité écologique.
    Le rejet de l’humain finira le processus de destruction.

    Au contraire , ce qui est à dimension humaine à toute les chances de survivre au chaos climatique annoncé.
    Tout celà n’est pas sans rappeler la période des dinosaures.
    Il va falloir être fort , et étrangement, c’est dans la faiblesse que réside l’espoir.

    1. C’est pas plutôt courage et résistance qu’il conviendrait de mettre en avant ? Je pense notamment à la violence d’Etat contre son bras armée et ses multiples formes d’asservissements, la dernière en date étant la guerre numérique.
      Enfin la « faiblesse » ne s’apparente t-elle pas à un non-vouloir, un lâcher prise, à mettre le moi le plus possible entre parenthèses et selon son propre degré d’exigence et de savoir ? Franchement je ne crois pas que l’Occident soit le mieux placé pour donner des leçons dans ce sens, mais je sais pertinemment que l’art peut tirer le meilleur parti de cette vacuité de l’être. Il faudrait aussi parler d’une école de la co-responsabilité et non faire une école de la division (pour mieux régner) : n’est-ce pas messieurs les politiques dans vos ministères et vos tours d’ivoire.

  15. @ Béber.
    « c’est dans la faiblesse que réside l’espoir. »

    Mais alors je ne comprends absolument pas pourquoi le monde vit actuellement une telle dépression, un tel manque d’espoir, parce que de la faiblesse dans ce monde, il y en a à foison !

      1. Entre Eninel et Béber , ce serait donc une nouvelle illustration de l’opposition entre « planification  » et « spontanéité  » .

        Pour n’en rester qu’aux plantes ( je me méfie des associations anthropomorphiques rapides ) , ça dépend un peu du jardinier , de la vocation qu’il se donne ( son rapport à la plante ) , et de son talent dans la culture et le soin aux plantes . Je ne sais pas s’il y a des Keynes ( ou médiateurs ) jardiniers .

        PS : dans la contradiction Corps vs Conscience , il m’est venu hier cette illustration portée par les fumeurs invétérés : le corps dit oui , la conscience dit non , le corps l’emporte .

        Le corps et la conscience crèvent prématurément .

    1. @ Juannessy & Béber.

      Avez-vous vu l’excellent dernier film d’Eric Toledano, Olivier Nakache : « Le sens de la fête » ?

      Vous avez là un excellent rapport entre l’organisation et la spontanéité.

      Il en faut de la planification pour que la spontanéité d’une fête prenne son plein essor.

      J’ai connu dans ma vie des fêtes préparées ratées, des formidables aussi, grâce à un petit comité anticipant les problèmes à venir, rarement voir jamais des fêtes spontanées réussies.

      A quelque un on peut espérer vivre un moment sympa complètement imprévu, mais à partir d’un certain nombre, et fatalement à l’échelle d’un collectif, il faut un plan.

      Il y a quelques rencontres dans la vie où la vérité et la simplicité sont le meilleur manège du monde, et ce moment c’est le plan.

  16. @ Mathieu VV : oui le terme « décroissance » est connoté négativement…mais je (et beaucoup d’autres) n’ai pas trouvé de meilleure alternative, sauf à édulcorer le concept fondamental, radical du changement de la forme de produire et consommer.. donc les rapports sociaux qui en découlent. Car la « décroissance » porte en elle des ferments « destructeurs » de nos sociétés occidentales…mais par, par une révolution par en « haut » (les grands soirs bien connus et douloureux de l’histoire), mais par des glissement subtils, légers mais « individuellement » compromettant, en commençant par « en bas », sans plans pré-déterminés…mais le chemin est long = difficile dans cette société « court termiste ».

    1. « je (et beaucoup d’autres) n’ai pas trouvé de meilleure alternative, sauf à édulcorer le concept fondamental »

      Mieux que décroissance il vaudrait mieux des termes qui traduirait le caractère holistique souhaité dans l’organisation de notre société, en harmonie avec la nature.

      1. @Armelle
        « le caractère holistique… »

        Oui, on a vraiment du mal avec cette habitude à vouloir analyser en décomposant… Cela a été le cas avec la science qui nous a amené la notion de « pureté », d’abord chimique puis alimentaire:
        le sucre, le riz,… blancs, purs étaient le summum. Et on se privait des oligoéléments, des vitamines…
        En transposant à notre société, nous devrions tirer la leçon: elle doit faire, comme la nature, place aux éléments rares (couramment ostracisés, tout comme certains oligoéléments qui sont poison à forte dose)…
        Mais est-t-il besoin d’analyser dans toutes ses composantes, par exemple le raisin, pour en apprécier ses vertus ?
        Analyser a posteriori pourquoi pas ? Mais compter là-dessus pour solutionner des problèmes globaux… je pense que c’est plutôt nuisible.

  17. @ Juan
    « PS : dans la contradiction Corps vs Conscience , il m’est venu hier cette illustration portée par les fumeurs invétérés : le corps dit oui , la conscience dit non , le corps l’emporte .

    Le corps et la conscience crèvent prématurément . »

    Je suis souvent surpris par l’ humanité de vos réflexions. Elles ne sont pas sans éveiller des associations d’idées parfois étranges.
    Par exemple quand l’une dit « oui » et que l’autre dit « non », c’est Johnny, forcément. Le pauvre, RIP.

    Mais l’ herbe à Nicot , c’est plus sérieux. L’un dit oui, l’autre dit non et les 2 en crèvent prématurément, comme vous le dites si justement.
    Pour ma part, les 2 disent oui, c’est plus confortable et moyennant quelques précautions, ils sont toujours là même si non sans quelques amoindrissements. Car le vice est ce qui nous distinguent des autres mammifères. La preuve: vous avez déjà vu un (vieux) phoque fumer?

    1. Un phoque , non , mais un singe oui .

      C’était l’animal favori du chef d’ équipe ferrailleurs , sur un chantier au Gabon , il y a plus de cinquante ans maintenant . Il lui avait appris , après que l’animal lui ait chapardé un paquet de cigarettes , à fumer . Le singe y a pris goût . Il est mort trois mois plus tard , mais on n’a pas fait d’autopsie pour vérifier si c’était d’un cancer ou d’une pneumonie .

      Quand on parle de « précautions » , on est déjà en négociation entre corps et conscience . C’est déjà ça .

  18. En choisissant soigneusement un impossible phoque, j’espérais me mettre à l’abri de témoignage barbare.
    Ah que, ah que, c’est raté.
    Triste équateur.

    Le chantier, c’était un pont? sur quel fleuve?

    1. Trois ponts en fait ( Ogoué près de Franceville , sur la Lekedi et la Lebambi ), de 90 ,60 et 30 mètres de portée . Structure métallique type Callender Hamilton ( équivalent anglo -saxon de nos ponts Belley ) . Je ne sais pas s’ils sont encore debout .
      Beaucoup d’emmerdes sur le chantier Ogoué en particulier
      ( inondation des culées en phase de bétonnage) .

      1. Pardon à Jean -Marie Ghiot pour ces digressions .

        Pour rester dans le sujet , je dirai que déjà à l’époque je me demandais avec angoisse « comment concevoir le travail » sur ces chantiers là en particulier , qui , dans les conditions d’aujourd’hui , auraient nécessité des tas de compétences dont on s’est finalement passé .

      2. Ce qui tendrait à confirmer que pour agir à peu près efficacement , il faut à la fois le sens de l’organisation et celui de l’allégresse dans l’improvisation .

        Ce qui , appliqué au « travail » est proprement « scandaleux » pour un anglo -saxon ( américain en particulier ) ou un allemand , ou un japonais . Les français , ça dépend des jours , les chinois je sais pas trop . Pour les africains , ceux que j’ai connu et ça commence à dater , ça n’est pas un élément vital .

        Je me sens de plus en plus africain .

      3. Belley, sous-préfecture de l’Ain? une charmante petite ville, chargée d’histoire.
        Me semble qu’y a erreur.
        Mes fugaces souvenirs militaires sont justes:
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Pont_Bailey
        Brit donc.
        J’avais vu une vidéo montrant une petite section de Légionnaire poussant son pont avec entrain, après montage sur la rive.
        Par ailleurs, en Cochinchine, les ponts Eiffel sabotés par les Viets (1200 à 1500) étaient remplacés par du Bailey, dispo. à foison. Selon un vieux du Génie,ça ne les valait pas.
        Peut-être le double pont Bailey sur le Fier entre Annecy et Meythet est-il issu des stocks indochinois et d’origine US.

        Mais vrai, Bailey, Eiffel ou autre, faut du béton ou de la pierre pour les culées.
        L’ère des bâtisseurs, avec pelle pioche et huile de coude, s’estompe.

      4. @Daniel :

        Merci de la correction ! Il y a un pont orthographique qui s’est mal fait dans mes vieux synapses .

        Ceci étant le pont Bailey était bel et bien le format adopté par le Génie depuis longtemps ( la plupart des ponts de secours de ce type était stockés au camp de la Valbonne près de Lyon dans l’Ain ) et par les équipes de secours spécialisées des ponts et chaussées . L’avantage était que chaque pièce du mécano était assez légère pour être transbahutée par un homme seul ( pas trop freluquet quand même ).

      5. Pour revenir sur la sensibilité africaine , comme j’ai pu la percevoir, tout en restant dans le sujet , il me semble qu’il y aurait sans doute à apprendre ( ça a d’ailleurs sans doute déjà été traité ) sur la signification du travail en examinant ,en anthropologue , comment ce rapport au réel s’est comporté dans d’autres cultures , et en particulier au travers , quand il y en a eu un , l’application de code du travail dans les pays africains .

        De ma petite vision , j’avais retenu que le travail y était ( il y a cinquante ans ) considéré comme une nécessité et positif , pour autant qu’il permette de s’affranchir d’une nature pas toujours facile , de faire la preuve de sa solidarité au groupe .

        De ce point de vue les us coutumières sinon le droit coutumier , prévalaient ( en moins ou en plus ) sur les simples applications au pied de la lettre du code du travail ou du contrat d’embauche . C’est d’ailleurs pour avoir compris ça assez vite ( sans doute parce que je n’étais pas assez vieux pour être borné ) , que j’ai pu cohabiter et « travailler  » en équipe sans esclandre , et finalement dans le timing , bien que le rapport au temps et à ses « exigences » soit bien différent .

        J’y ai aussi découvert que la culture de communauté , de solidarité , d’hospitalité ( se loger sur trois sites distincts n’avait pas été difficile) y était des atouts pour la vie du chantier . Mais parfois des obstacles , quand j’ai du me fâcher pour imposer le maintien d’un chef coffreur camerounais ( donc pas gabonais bakota ) , ou plutôt finir par comprendre qu’il faudrait en passer par une rallonge à l’équipe pour que l’honneur de la tribu soit sauf .

        La notion de hiérarchie était aussi très naturelle voire revendiquée … tant qu’elle s’exerçait sur des faits de « travail » .

        Je me demande ce que la mondialisation uniformisatrice a pu provoquer dans ces lieux qui ont contribué à me faire .

  19. Léo Ferré – Thank you Satan
    https://www.youtube.com/watch?v=eIiu1xF92Qo
    “ Il y a quelque temps… je dédie cette chanson à de jeunes hommes qui sont morts le poing dans la gueule et dans le ventre et dont on a déjà oublié le nom cependant qu’il y a des noms qui font tout pour ne pas se faire oublier au moins momentanément et heureusement… la mère Thatcher tu connais ? ”
    Aucun rapport avec le sujet – mais – réveille-toi camarade !  

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